Éducation jeudi 10 décembre 2009 Ouest france
La mairie de Quimper a annoncé mercredi aux parents d'élèves la fermeture de trois écoles (Pommiers, Petit-Parc et Jules-Ferry). La réaction de la Fédération syndicale unitaire ne s'est pas fait attendre.
Les syndicalistes ne décolèrent pas d’avoir appris ces fermetures d’écoles par la bande alors que les conseils d’école se sont tenus le mois dernier: « On a
appris mardi soir qu’il se tramait quelque chose quand les personnels ont été convoqués à une réunion d’information le mercredi matin, retrace Guy Barré (Snu-ipp, syndicat du premier
degré).
Sur le fond, la mairie dit que ce sont des écoles en perte de vitesse. Ce n’est pas vrai pour l’école du Petit-Parc qui refuse des élèves chaque année. Si elle
ne le faisait pas, on serait conduits à demander l’ouverture d’une 3e classe en février prochain.
À l’école Jules-Ferry, on attend plus d’élèves l’an prochain. Sur la forme, les instances n’ont pas été consultées alors que le Conseil départemental de
l’Éducation nationale s’est tenu il y a huit jours. Ça nous ulcère ! La règle c’est que le Comité technique paritaire puis le CDEN sont saisis des ouvertures et des fermetures de classes. Cela
devrait être pareil pour les écoles.»
Guy Barré estime en effet que ces mesures se traduiront par des pertes de classes: «deux classes plus deux classes égalent trois classes dans les regroupements. L’Éducation nationale va récupérer des postes, la mairie va récupérer des locaux, des postes d’Atsem (agents spécialisés). Ceux qui sont en attente de titularisation seront victimes de cette mesure. Il n’y aura qu’une cantine au lieu de deux. Idem pour la garderie…»
La situation des parents d’élèves sans voiture préoccupe le syndicat. Il estime que la disparition des écoles du centre va profiter à l’école Saint-Corentin et que celle du Petit-Parc amènera des familles vers l’école Sainte-Thérèse: « Bernard Poignant, maire de gauche, fait un cadeau à l’enseignement privé. »
Thierry Le Goff (Snu-ipp) parle de «déficit de citoyenneté de la part de la mairie et de marque de mépris de la part de l’Inspection d’académie». Il prend le
pari que sur six classes dans les trois écoles fermées, «on va perdra la moitié des classes.»
Alors que le nombre d’enfants diminue dans le centre-ville, il estime qu’on peut faire «une politique de ville qui revitalise le centre-ville» et ne pas fermer des établissements qui sont «les écoles historiques de Quimper».
En conséquence, le Snu-ipp appelle à une réaction.
Écoles. «Déficit de citoyenneté et mépris»
«Il existe un calendrier, et des instances. Il y a huit jours, un conseil départemental de l'Éducation nationale avait lieu. On nous a parlé de démocratie. Mais pas un seul instant n'a été évoquée la fermeture des écoles quimpéroises!», réagit Thierry Le Goff, du Snuipp.
Avec Guy Barré et Jean-MarcCléry, il rappelle volontiers que les fermetures de classe sont rituellement précédées de visites des inspecteurs de l'Éducation
nationale dans les classes. «Ça se passe en décembre. Ils préparent le terrain sur la perte possible d'un poste. Puis, en janvier, un comité technique paritaire se tient, qui arrête une liste
d'ouverture et de fermeture de classes. Enfin, le comité départemental de l'Éducation nationale arrête grosso modo la carte scolaire au mois de mars».
«Ils ont travaillé dans le dos des parents»
Fi de cette procédure! À la place, «une annonce précipitée. Pourtant, au niveau des Pommiers et de Jules-Ferry, les collègues avaient des propositions. Les enseignants et les parents ne sont pas
obtus. Il aurait été simple de se mettre autour d'une table pour discuter de l'amélioration du système scolaire en centre-ville. Or, l'inspectrice et le maire ont travaillé dans le dos des
parents. C'est un déficit de citoyenneté pour la mairie et une marque de mépris de la part de l'inspection académique. Prendre ses responsabilités, ce n'est pas se couper de la population, des
parents d'élèves et des enseignants».
«Bernard Poignant fait le jeu de l'école privée!»
S'ils concèdent la baisse d'effectifs aux Pommiers et à Jules-Ferry, ils la réfutent pour le Petit Parc, «qui a deux classes bien chargées. À telle enseigne que la directrice orientait les
parents vers les autres écoles du secteur, sans quoi en février prochain, elle en aurait été à demander l'ouverture d'une troisième classe!».
Ils raillent enfin «l'optimisation du réseau scolaire» annoncée par la mairie et l'inspection académique: «Avec eux, 2+2=3. L'inspection va récupérer un poste,
voire plus. Et la mairie va récupérer les locaux, des Atsem et des personnels de cantine qu'elle va redéployer. D'autres personnels, qui attendaient d'être titularisés en seront victimes». Pour
les deux syndicats, les grands perdants sont les familles.
«Un certain nombre n'a pas de voiture. Et dans le centre-ville, entre Stang ar C'Hoat et leur lieu de résidence, il y a une autre école: Saint-Corentin. On peut
prendre les paris: elle va bénéficier de cette fermeture. Idem pour Sainte-Thérèse, située non loin du Petit Parc.
Bernard Poignant, maire de gauche, fait le jeu de l'école privée! En outre, nous sommes désespérés qu'un maire qui se dit progressiste en soit au constat plutôt qu'à la revitalisation du centre-ville. Quant à Ergué-Armel, le quartier commençait à perdre des commerces. On le sinistre un peu plus».
À noter Les parents d'élèves des Pommiers et de Jules-Ferry sont invités à une réunion d'information, mercredi, à 20h, salle des réceptions de la mairie. Pour le Petit Parc, la réunion est programmée jeudi, à 20h également, à la mairie de Ergué-Armel.
- Thierry Charpentier
----------------------------------------
Commentaire: Et comment que çà profite toujours à l'enseignement privé. Ainsi à Brest, les mêmes socialistes ont fermé des écoles exigeant ainsi des parents des
déplacements (vachement écolo!) et ceux-ci sont bien sûr allés dans l'école la plus proche ... privée. Et toujours avec cette assurence: de toute façon ils votent pour nous! Merci
qui?















