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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 08:38

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Par Alan Thornett le Vendredi, 16 Juillet 2004

 

La grève des mineurs en Grande Bretagne de 1984 a été la plus grande confrontation du mouvement ouvrier britannique avec l'Etat depuis la grève générale de 1926.

 

Pourquoi s'est-elle achevée par un échec et que peut-elle nous enseigner encore aujourd'hui pour contrebalancer le "réalisme" de la bureaucratie syndicale?


Vingt ans après la grande grève des mineurs, le mouvement syndical britannique panse toujours ses blessures.

 

La défaite de la grève de 1984/5 a représenté un coup terrible pour le mouvement ouvrier dans son ensemble. Au cours de ces 20 dernières années, le nombre de syndiqués a diminué de 50% et une partie significative du secteur productif britannique a été démantelée.


Les lois anti-grèves, créées à l'occasion de cette grève sont toujours de vigueur.

 

L'émergence dans le mouvement syndical de l'époque d'une couche de jeunes militants qui s'opposaient au "réalisme" et à la cogestion des directions bureaucratiques n'a pas pu empêcher les dégâts. Pour pouvoir avancer, aujourd'hui, il nous faut poser la question de la responsabilité de l'échec de 1985.


La grève des mineurs imprègne toujours les mémoires: la haine sans borne du Parti Conservateur de Thatcher contre les mineurs qui l'avaient battu lors des luttes de 1974; la détermination des 160.000 mineurs qui ont fait grève pendant un an; les heurts violents avec la police; les nombreux piquets de grèves et les barricades en flammes de Orgreave... La répression fut féroce: quelques 7.500 mineurs ont été arrêtés et 40 parmi eux ont été emprisonnés, dont deux à perpétuité. Deux grévistes ont perdu la vie.


La direction de la lutte, assumée par les leaders Arthur Scargill et Peter Heartfield du syndicat des mineurs NUM, ainsi que le travail du WAPC qui mobilisait 10.000 femmes dans les régions minières qui ont manifesté à Londres en 1984, ont marqué les esprits.


La grève a démarré avec l'annonce de la fermeture des puits de Corton Wood dans le Yorkshire et elle s'est vite étendue dans toutes les régions minières à l'exception notable de la région de Nottingham, aux mains des "jaunes". La droite du syndicat NUM a voulu organiser des élections pour décider de la grève, mais, vu l'hostilité des médias, cela aurait entraîné la fin de ce mouvement hautement spontané. Les mineurs votaient avec les pieds et c'était efficace. Corton Wood fut un conflit-test pour tout le secteur, ce qu'Arthur Scargill n'arrêtait pas de souligner à juste titre.


Le NUM comptait à cette époque 210.000 membres dans 170 mines. Avec la privatisation du secteur de l'électricité et du gaz, le NUM avait perdu beaucoup de membres, le pire recul jamais connu par un syndicat britannique. Le NUM était considéré comme la garde prétorienne du mouvement ouvrier, un syndicat qui a profondément ébranlé le capitalisme britannique au cours deux grandes grèves pour des augmentation de salaires en 1972 et en 1974.


Quand les mineurs ont commencé leur action en 1972, les mines n'étaient plus du tout des bastions militants, mais grâce à une solidarité exemplaire, le gouvernement a été obligé de céder. La grève de 1974 n'était pas moins spectaculaire. Pendant que le pays était paralysé le Premier ministre Edward Heath organisait des élections avec comme slogan: "Qui doit gouverner la Grande Bretagne?". Les travailleurs lui ont fort bien répondu. Ces grèves ont eu une forte influence sur la combativité du mouvement ouvrier britannique dans les années 1970.


L'année 1980 a démarré avec une grève nationale de 100.000 sidérurgistes qui allait durer 15 semaines.

 

Les piquets ont fait figure d'exemple pour les mineurs. Mais, malgré l'obtention d'augmentations de salaire, les sidérurgistes n'ont pu empêcher certaines fermetures d'usines.


Entre-temps, les Conservateurs ont lancé leur plan baptisé "Ridley": des sommes illimitées ont été dégagées pour briser les grèves et la police a été entraînée et mise à disposition en tant que force paramilitaire. Lorsque la grève des mineurs a éclaté, la directive était d'abord de ne pas attaquer frontalement mais d'isoler les grévistes en s'attaquant en premier lieu à d'autres secteurs.


Ainsi, l'offensive répressive contre les mineurs a été précédée par une attaque contre les imprimeurs et leur syndicat, le NGA. La bataille fut rude. Mais le NGA a été trahi par la coupole syndicale TUC (Trade Union Cuncil) qui avait renoncé à se battre contre les lois anti-grève. D'autres défaites ont suivi. Mais la principale victoire des Conservateurs dans les années 80 a été celle remportée sur les mineurs.


Arthur Scargill a été le dirigeant syndical le plus déterminé dans l'histoire du mouvement ouvrier britannique. Il fut le meneur et l'âme de la grève et a lutté jusqu'à la fin amère. Quand les médias le harcelaient en évoquant les grèvistes "violents", il prenait leur défense en déclarant: "Je ne condamnerai jamais des jeunes mineurs courageux qui luttent pour défendre leur emploi". Mais il n'entretenait que de faibles liens avec les dirigeants du TUC et d'autres syndicats. Il n'a pas réalisé grand chose pour obtenir leur soutien.


La grève des mineurs a été menacée dès le début par le danger de son isolement par rapport au reste du mouvement syndical. La plupart des dirigeants syndicaux ont en effet connu une évolution droitière depuis 1979 et le concept de "nouveau réalisme" gagnait de plus en plus de terrain. Selon les principes de ce "nouveau réalisme", les grèves étaient considérées comme une mauvaise option car elles réduisaient les chances du Labour Party de remporter les élections. Les dirigeants du NUM n'ont jamais été bien conscients du danger représenté par cette droitisation.


La stratégie de Scargill consistait avant tout à suivre les même modèles d'action qu'en 1972 et 1974.

 

Mais, à cette époque-là, les mineurs étaient suffisamment forts pour ne compter que sur leurs propres forces. Après quelques semaines de grève, le gouvernement a été obligé de s'asseoir à la table de négociation. Ce n'étaient donc pas la détermination et la solidarité qui ont manqué à la grève de 1984, mais elle a souffert des circonstances beaucoup plus difficiles dans laquelle elle s'est déroulée. Le gouvernement s'était bien mieux préparé et s'était doté de grandes quantités de réserves de charbon.


Cette fois-ci, la question clé était celle de la solidarité du reste du mouvement ouvrier, pour briser l'isolement. Un deuxième front était nécessaire. D'autres syndicats devaient se mettre en grève, non pas simplement en solidarité avec les mineurs, mais pour défendre leurs propres emplois. Le gouvernement a tout fait pour empêcher qu'une telle solidarité se concrétise.


Au début de la lutte, il y avait de nombreuses opportunités pour d'autres syndicats de se joindre à la grève des mineurs. Mais le gouvernement concluait des compromis l'un à la suite de l'autre avec les différents syndicats concernés. Ainsi, un accord de paix sociale a été conclu avec le syndicats des chemins de fer. Certains dirigeants syndicaux ont même déclaré que faire la grève en solidarité avec les mineurs était  une tactique nuisible.


Par la suite, deux grèves ont toutefois éclaté parmi les dockers qui refusaient de décharger le charbon importé de l'étranger par le gouvernement. Cette lutte aurait pu briser l'isolement des mineurs car les dockers luttaient eux aussi pour leur emploi. Mais leur grève s'est arrêtée sans aucun résultat juste au moment où le gouvernement commençait à montrer des signes de panique. Peu après les mineurs, les dockers étaient d'ailleurs à leur tour battus.


Au cours du cinquième mois de grève, grâce à la nouvelle législation anti-grève, les autorités ont saisi les avoirs du NUM dans le sud du Pays de Galles et ce à la veille du congrès du TUC, juste au moment où la nécessité de la solidarité se faisait le plus clairement ressentir, et alors que les syndicats réagissaient contre les lois anti-grève.


Le NUM avait préparé une motion de solidarité avec les mineurs mais, la veille du congrès, Scargill s'est accordé avec la direction pour retirer la motion et la remplacer par un appel au boycott des transports de charbon aux centrales de Nottinghamshire. Même s'il y avait une volonté de boycott, l'action était difficile à mettre en pratique. Le retrait de la motion privait les mineurs du soutien du reste mouvement ouvrier.


La défaite finale du mouvement ouvrier britannique fut très lourde de conséquences et elle a déterminé la situation politique et industrielle du pays pour les vingt années suivantes. La grève a été brisée grâce à l'émergence du "nouveau réalisme" au sein des syndicats, une évolution entretenue par le Parti Travailliste sous la direction de Neil Kinnock, qui a condamné la grève des mineurs entre autres " raisons " parce que "les travailleurs n'avaient pas formellement voté en faveur de la grève"...


Les Conservateurs ont quant à eux immédiatement compris que la défaite des mineurs ouvrait la voie à d'autres lois anti-grève. Celles-ci ont vu le jour sans que la direction de la TUC ne lève le petit doigt. Ces lois anti-grèves sont parmi les plus réactionnaires de tous les Etats membres de l'Union européenne.


Une victoire de la NUM aurait impulsé un renforcement d'une aile de gauche dans les syndicats et aurait consolidé la gauche dans le Parti Travailliste autour de Scargill et Tony Benn. La défaite a par contre été la base de la percée du "New Labour" blairiste au milieu des années 90 et la pratique du "partenariat social" dans les syndicats. Aujourd'hui, le défi pour la gauche et le syndicalisme de combat britannique est grand pour reconquérir tout le terrain perdu. n

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Alan Thornett est rédacteur de la revue “Socialist Resistance”, membre de l’ISG, la section britannique de la IVe International et animateur de la coalition pluraliste de la gauche radicale “Respect”.

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http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?option=com_content&view=article&id=599:1984-la-grande-greve-des-mineurs-britanniques&catid=99:Luttes%20sociales&Itemid=53

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