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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 09:53

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Le sommet international de Copenhague qui se tiendra en décembre prochain sera d’une importance capitale quant à l’avenir de la lutte contre les dérèglements climatiques et leurs conséquences sur les populations du globe. La dernière phase de discussion qui s’est déroulée à Bangkok montre les blocages opérés par les principaux pollueurs de la planète.

 

Alors que le dernier rapport des Nations unies analyse une aggravation des dérèglements supérieure à celle diagnostiquée par le Groupe international d’études sur le climat (Giec) et qu’un récent rapport britannique montre que la température globale pourrait augmenter de 4°C d’ici 2060, les grandes puissances font tout pour ne pas être contraintes à opérer les changements nécessaires.

Ainsi, l’alliance entre les États-Unis et l’Union européenne vise à ficeler un accord sans objectifs contraignants, paré uniquement de belles promesses. D’un côté, ces puissances se fixent des objectifs inférieurs aux plus basses recommandations du Giec (l’Union européenne, par exemple), ou refusent tout engagement, comme les États-Unis, la Russie, le Canada ou la Nouvelle-Zélande. De l’autre côté, les grands pays en développement se disent prêts à s’engager sur des objectifs précis.

De fait, il s’agit là de revenir sur un des principes positifs du protocole de Kyoto, celui de la « responsabilité commune mais différenciée » qui enjoignait aux pays industriels de baisser leurs émissions de gaz à effet de serre en priorité, avant ceux du Sud.

Désormais, il s’agit pour les pays industriels d’imposer un accord impliquant à parts égales tous les États, sans tenir compte ni de leur responsabilité historiques ni des niveaux différents de richesses. Laisser le destin du monde dans les mains des industriels, des multinationales et des gouvernements à leur service ne pourra engendrer que de nouvelles catastrophes.

Qui va payer ?

Au-delà des engagements chiffrés et des moyens pour y parvenir, l’opposition se cristallise entre grandes puissances et pays les plus pauvres, dans lesquels les populations seront les premières menacées, sur la question des financements des fonds d’adaptation nécessaires aux pays pauvres, pour faire face au dérèglement climatique. Là encore, les pays industrialisés refusent d’acquitter leur dette. L’Union européenne propose par exemple que les financements de tels fonds proviennent pour 40 % de l’argent tirés des marchés du carbone, et que le restant des budgets soit à la charge à même hauteur des pays développés et des pays du Sud.

Autrement dit, les États, quelle que soit leur responsabilité, devront payer la même chose, et surtout la majeure partie de ces fonds reviendra à des mécanismes non seulement inefficaces mais qui de surcroît sont un nouvel outil pour l’impérialisme et permettent aux pays industrialisés de se défausser sur ceux du Sud. Les peuples de ces pays sont ainsi doublement piégés : par l’argent qu’ils devront verser et par la délocalisation des réductions de gaz à effet de serre qui seront à leur charge.

Les propositions des pays africains s’orientent vers une autre logique, puisqu’ils proposent de prélever 5 % du PIB des pays développés pour alimenter les fonds d’adaptation.

De plus, les puissances impérialistes souhaitent que ce soient les institutions à leur service et dans lesquelles elles sont majoritaires qui gèrent ces fonds, en particulier la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Quand on connaît les plans d’ajustements structurels imposés par de telles institutions, on ne peut que refuser fermement une telle perspective.

Droits des peuples ou droit du plus fort ?

Ne soyons pas naïfs sur les velléités de nombreux gouvernements du Sud de lutter radicalement contre les changements climatiques. Cependant, il est certain que l’unité des pays industrialisés est une arme de guerre contre leurs peuples et qu’ils ne peuvent accepter passivement ce qu’on veut leur imposer.

Mais désormais, c’est d’abord sur l’alliance des peuples, des indigènes, des mouvements sociaux et environnementaux qu’il faut s’appuyer, en toute indépendance vis-à-vis des États. Une manifestation a eu lieu à Bangkok le 5 octobre qui a rassemblé les populations thaïes menacées par de gros projets industriels (barrages, centrales…), la coalition Climate Justice Now, le réseau Via Campesina et des délégations internationales.

Il est urgent de donner le plus d’ampleur possible à ce type de mouvements pour dénoncer les premiers responsables et pour défendre un plan d’urgence de sauvetage du climat à l’échelle internationale.

Vincent Gay



Copenhague : un sommet sans hauteur
L’urgence du passage à l'action

Les rapports scientifiques se succèdent et confirment qu’au-delà d’une élévation de 2°C de la température moyenne du globe par rapport à l’ère pré-industrielle, les bouleversements, tant pour les populations que pour la biodiversité, seront 
désastreux.

Face à un risque comme n’en a jamais connu l’humanité, le Giec (Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat) estime que, pour éviter une élévation de température supérieure à 2°C, les pays développés devront réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 25 à 40% d’ici 2020, et de 
80 à 95% d’ici 2050, par rapport à leurs émissions de 1990.

Les émissions mondiales devront être passées par un pic avant 2015. Après cette date elles devront impérativement décroître. Au niveau mondial, les émissions de gaz à effet de serre devront être réduites de 50 à 85% d’ici 2050, par rapport à leur niveau de 1990.

Face à ces nécessités impérieuses, l’action concrète est des plus urgentes. Les réponses que donneront les négociateurs internationaux devront être radicales et remettre profondément en cause les moyens jusqu’ici prescrits pour répondre aux 
érèglements climatiques.

Cependant, il y a fort à craindre que ces 
égociations se déroulent dans la droite ligne 
libérale, impérialiste et techniciste) des conférences précédentes.

Une prise de conscience sélective

La situation internationale a évolué depuis le protocole de Kyoto: prise de conscience croissante dans toutes les opinions internationales, consensus scientifique quant à l’urgence, changement de majorité en Australie et surtout aux États-Unis, pression croissante des pays les plus pauvres…

Cependant, nous pouvons d’ores et déjà affirmer que cela ne pèsera pas lourd face aux velléités des dirigeants de prendre le moins d’engagements chiffrés et vérifiables possibles.

Plusieurs éléments sont à surveiller de très près:

1) les engagements chiffrés:

De nombreux États prennent actuellement des engagements qui ne sont pas à la hauteur des préconisations les plus modestes. Ainsi, l’Union européenne, qui veut jouer le rôle de leader en matière de climat, ne s’est engagée à réduire ses émissions que de 20% en 2020 par rapport à 1990 alors que le Giec préconise une réduction de 25 à 40%.

2) la date de référence quant aux réductions affichées:

Certains pays, comme les États-Unis, affichent des engagements qui peuvent paraître ambitieux, mais ils prennent comme référence les émissions de 2005 et non celles de 1990 (beaucoup plus 
aibles).

3) l’extension des mécanismes de flexibilité:

Le protocole de Kyoto introduisait la possibilité des mécanismes d’échanges marchands de droits à polluer et de soutien à des projets non polluants dans les pays en développement, afin d’exonérer les industries du Nord de leurs responsabilités; mais ces mécanismes restaient limités. Le risque est grand de les voir devenir la norme et non 
l’exception.

4) la priorité accordée aux solutions technologiques:

Les tenants du «capitalisme vert» ou du «new deal écologique» veulent donner la priorité aux nouvelles technologies (des agrocarburants, voiture et charbon «propres»…) autant de chimères qui pourront donner lieu à des profits bien réels mais qui ne peuvent être des solutions face aux dérèglements climatiques.

Une mobilisation plus que jamais nécessaire

Si nous ne voulons pas que le cynisme des puissants de ce monde n’entraîne de profonds déséquilibres climatiques, touchant en premier lieu les plus pauvres, il sera nécessaire d’imposer aux dirigeants des engagements ambitieux. Pour cela, une large mobilisation est nécessaire. Au sein de ce mouvement, nous avons pour tâche de favoriser la constitution d’un courant anticapitaliste et antilibéral qui s’oppose résolument aux solutions proposées par les dirigeants des grandes puissances. Ce mouvement devrait alors promouvoir des solutions en rupture avec le système et qui mettraient au premier plan la nécessité d’une réponse aux besoins sociaux des populations par des moyens démocratiquement décidés et prenant en compte les contraintes environnementales.

Damien Joliton

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