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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 09:09

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La justice couvre les crimes franquistes

Le 7 avril dernier, la plus haute cour de justice espagnole, le Tribunal suprême, a retenu la plainte déposée par des organisations d'extrême droite et inculpé le juge Baltazar Garzon pour délit de prévarication -c'est-à-dire d'abus de pouvoir - qu'il aurait commis en 2008.

À cette époque, en tant que juge de la plus haute cour pénale d'Espagne (dite Audiencia nacional), il s'était déclaré compétent pour enquêter sur les crimes commis pendant la guerre civile (1936-1939) et la dictature franquiste (1939-1975).

 

Ses déclarations, qui brisaient la loi du silence concernant la violence et l'ampleur de la répression menée par les troupes puis le régime franquistes, qui frappa des dizaines de milliers de personnes, avait suscité une levée de boucliers dans les milieux de droite, politiques comme judiciaires.

 

Tous ceux qui depuis des décennies ne voulaient pas que la vérité sur cette période soit connue invoquaient, et invoquent toujours, la violation de la loi d'amnistie d'octobre 1977, selon laquelle nul ne pouvait être poursuivi pour des crimes politiques commis dans le passé pendant cette période longue de quarante ans, à l'exception des actes terroristes. C'est sous la pression du parquet qu'en 2008 le juge Garzon avait fini par renoncer à sa démarche, laissant le soin des enquêtes sur les « disparus du franquisme » aux tribunaux locaux.

Aujourd'hui, cette affaire rebondit parce que le Tribunal suprême envisage de juger voire de condamner Garzon, en s'appuyant sur une des multiples plaintes déposées contre lui par des organisations comme Manos Limpias (Mains Propres), un syndicat judiciaire dont le président est un ex-dirigeant du parti d'extrême droite Fuerza Nueva (Force Nouvelle) et de la Phalange, historiquement impliquée directement dans ces crimes. Voilà qui en dit long sur le camp dans lequel se rangent la haute magistrature et les forces politiques de droite espagnoles.

Le juge Garzon n'est pas un petit juge. C'est un haut fonctionnaire qui centralise à la Cour pénale suprême aussi bien les dossiers de terrorisme, de criminalité organisée que ceux concernant les crimes contre l'humanité. Si ce « super-juge », comme il est souvent désigné, est connu pour ses enquêtes sur les crimes contre l'humanité (il avait obtenu en 1998 l'arrestation de Pinochet, l'ex-dictateur chilien présent à Londres), il l'est aussi pour être un des responsables de la lutte impitoyable contre les séparatistes basques, en particulier ceux de l'ETA. Mais en brisant « le pacte du silence » concernant les crimes du franquisme, il a osé faire ce qu'aucun magistrat espagnol avant lui n'avait osé.

Le bras de fer juridique continue donc entre d'un côté Garzon et les associations de défense des droits de l'homme, et de l'autre ce que les classes dirigeantes espagnoles comptent de plus réactionnaire. Aujourd'hui dans l'opposition, le Parti Populaire (le PP) dirigé par Rajoy se reconnaît dans ces positions les plus réactionnaires.

 

Plus de trente ans après la fin de la dictature, le PP s'appuie sur tous ceux qui, d'une façon ou d'une autre, ont profité du régime. Et il se montre d'autant plus agressif qu'il est empêtré lui-même dans des affaires de corruption impliquant un nombre non négligeable de ses dirigeants. Alors il n'hésite pas à harceler et à porter plainte, en particulier contre le juge Garzon, qui est chargé aussi d'instruire ces scandales.

Hélène GRILLET


Espagne : les leurres de la loi d'amnistie de 1977

Le « pacte du silence » ou « pacte d'oubli » est cet accord tacite scellé par l'ensemble des partis politiques espagnols dans les années qui suivirent la mort de Franco pour ne pas remettre en cause le passé.

En 1975, Franco avait, juste avant sa mort, désigné le roi Juan Carlos comme son successeur. Mais, après quarante ans de dictature, une grande partie de la classe politique avait compris que la libéralisation organisée du régime était le meilleur choix pour les intérêts de la bourgeoisie, qui comptait d'ailleurs intégrer la Communauté européenne. Elle agit donc pour opérer une transition en douceur, une « transition démocratique », comme elle l'a appelée.

Les forces politiques issues du franquisme, ralliées à une évolution vers un régime parlementaire, négocièrent avec les partis de gauche. On ouvrit les prisons, les exilés purent revenir en Espagne, les crimes politiques furent amnistiés. Il fallait, disait-on, « oublier » pour assurer l'avenir. Effacer le passé et ses atrocités commises par l'État franquiste.

 

Le dernier parti politique à être légalisé fut le Parti Communiste Espagnol, en avril 1977. En juin, des élections furent organisées, auxquelles tous les partis politiques purent participer. L'Assemblée constituante ainsi élue vota la loi d'amnistie de 1977, celle qui est évoquée aujourd'hui. La plupart des groupes - et tous ceux de gauche - votèrent cette loi qui constituait, selon eux, un instrument de « réconciliation nationale ». Elle visait en réalité à garantir la paix sociale pour la bourgeoisie.

En contrepartie des mesures d'amnistie déjà en vigueur, la loi était destinée à instaurer l'impunité pour les actes de violence institutionnelle effectués sous la dictature. En réalité, elle interdisait de juger les crimes franquistes. Ce fut donc une sorte de « point final » sur ce passé qu'acceptèrent les dirigeants de gauche, déjà prêts à faire allégeance à la monarchie intronisée par Franco.

Cette transition permit le passage sans dérapage d'une dictature à un régime parlementaire présentable, sans même que les dirigeants des principales institutions civiles et militaires héritées de la dictature soient écartés. La gauche, au gouvernement ou pas, a continué à cautionner cette politique. En 2001 Felipe Gonzalez, ancien président socialiste du gouvernement espagnol, la justifiait en ces termes : « Nous avons décidé de ne pas parler du passé. Si c'était à refaire, (...) je le referais. »

 


Espagne : la « récupération de la mémoire historique » contre la loi du silence.

La position du juge Baltazar Garzon n'est pas isolée. Depuis une dizaine d'années, les voix sont de plus en plus nombreuses à se faire entendre pour faire connaître la vérité sur le passé. Que ce soit les victimes oubliées de la période du franquisme, ou leurs familles, il y a de plus en plus de personnes et d'associations qui exigent que justice soit faite pour une réparation morale ou économique de cette dictature.

 

Les témoignages, les récits se sont multipliés dans la presse. Les victimes ou leurs descendants ont commencé à s'organiser. L'Association pour la récupération de la mémoire historique (ARMH), en hommage aux 114 266 victimes recensées à ce jour, disparues entre 1936 et 1951, entreprenait en août 2002 une action en justice internationale pour pousser les autorités espagnoles à prendre en charge les exhumations des fosses communes et permettre aux familles d'enterrer dignement leurs morts.

Mais rien n'a été fait. Les députés se sont satisfaits, trois mois plus tard, de voter à l'unanimité une déclaration condamnant l'insurrection militaire du 18 juillet 1936. Quant aux socialistes, de retour au gouvernement, ils ont simplement promulgué en 2007 une loi sur la mémoire historique qui laissait le soin aux familles de se débrouiller pour retrouver leurs morts. C'est dans ce contexte que le juge Garzon avait accepté la requête de ces familles de pouvoir mettre à jour 19 fosses communes. Cet appui qu'il apporte en tant que haut fonctionnaire de l'État à un mouvement qui fait éclater au grand jour les crimes du passé vaut au juge Garzon la hargne de ceux qui ont profité de la loi du silence et cherché à enterrer la mémoire.

H. G.

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