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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 10:28
sognanev

Il y a vingt ans, le 22 décembre 1989, la Roumanie mettait fin à son tour au régime mis en place par l'Union soviétique dans les années qui suivirent la Seconde Guerre mondiale.

 Mais contrairement à ce qui s'était passé au cours de l'année 1989 dans d'autres États du bloc de l'Est, où la transition avait été préparée depuis des mois et s'était opérée plus en douceur, la situation avait été rendue explosive en Roumanie par un Ceaucescu qui, malgré la vague de transformations qui traversait l'Europe de l'Est, entendait ne rien céder de son pouvoir, ce qui pouvait laisser aux masses populaires un possible champ d'intervention.

C'est finalement l'armée qui, en changeant de camp, participa à la mise en place d'un régime vite qualifié de démocratique, bien que composé en partie de membres de l'ancienne équipe dirigeante.

Depuis sa création dans ses frontières actuelles après la Première Guerre mondiale, la Roumanie a toujours connu des régimes dictatoriaux. Dans ce pays pauvre, la minorité de privilégiés ne pouvait se maintenir au pouvoir qu'en exerçant une dictature féroce pour étouffer toute tentative de révolte venant de la population.

La différence, dans la période qui suivit la Deuxième Guerre mondiale, entre la dictature roumaine et celle qui sévit dans d'autres pays sous-développés fut que, de par sa situation géographique, elle s'exerça au nom du « communisme », alors qu'elle en était la négation.

Derrière l'étiquette « communiste », la dictature d'une minorité de privilégiés

Faisant partie des pays occupés par l'Armée rouge à la fin de la Seconde Guerre mondiale, la Roumanie fut intégrée à partir de 1948 au sein des Démocraties populaires, qui étaient tout sauf démocratiques et populaires, et fut dirigée par un gouvernement prétendument communiste.

Ceaucescu arriva au pouvoir en 1965, après la mort de son prédécesseur Gheorghiu Dej. Le « génie des Carpathes » ou le « Danube de la pensée », tel qu'il aimait se définir, prit modèle sur le régime stalinien d'URSS en calquant le culte démesuré de la personnalité ou les aspects les plus délirants de la politique menée en son temps par Staline.

 Ceaucescu fut un temps fortement apprécié des dirigeants occidentaux pour son affirmation d'une voie « nationale » prenant ses distances à l'égard de l'URSS et ouvrant le pays à l'Occident, ce qui ne l'empêchait nullement d'exercer une répression constante contre la population, notamment au travers de la Securitate, la police politique omniprésente. En 1968, il recevait De Gaulle à Bucarest, et Nixon l'année suivante, et désapprouva par ailleurs l'intervention des troupes russes en Tchécoslovaquie en 1968.

Le « règne » de Ceaucescu s'engagea dans une industrialisation à marche forcée, dans des projets grandioses censés faire décoller l'économie du pays. En fait, la Roumanie s'endetta auprès des banques occidentales. En 1989, peu avant sa chute, le régime se vantait d'avoir remboursé sa dette extérieure.

 Mais cela n'avait été rendu possible que par une exploitation forcenée de la paysannerie et de la classe ouvrière. Des villages entiers avaient été rasés, les habitants obligés de vivre dans des immeubles collectifs, afin de dégager un maximum de terres agricoles en vue de l'exportation de produits alimentaires.

 Le prix à payer par la population pour cette politique fut le rationnement sur la nourriture, l'essence, l'électricité et l'eau courante. Dans les usines, il était fréquent que les ouvriers travaillent sept jours sur sept. Alors que la population roumaine vivait dans le dénuement, Ceaucescu se fit construire un palais à Bucarest pour lui et ses proches, associés au pouvoir. En 1987, les travailleurs de la ville industrielle de Brasov firent grève contre les bas salaires et le rationnement. Les exportations de produits alimentaires furent arrêtées le temps que se calme la révolte, mais elles reprirent ensuite.

La chute du régime de Ceaucescu

Alors que Ceaucescu venait d'être réélu un mois plus tôt à la tête de l'État avec une majorité de 85 % des voix, une première manifestation se déroula le 16 décembre 1989 à Timisoara, ville industrielle de l'ouest du pays, région qui regroupe différentes minorités. Les manifestants s'opposaient au renvoi vers son pays d'un pasteur hongrois.

 Le lendemain, il y eut 50 000 personnes dans les rues de la ville. Le gouvernement fit donner l'armée, et 93 personnes furent tuées. Loin de calmer la révolte, cette fusillade amplifia les manifestations des travailleurs, les deux jours suivants, et toutes les usines (sauf celles fabriquant du pain) se mirent en grève. Celle-ci s'étendit à d'autres villes de Transylvanie. Des débuts de fraternisation avec les soldats apparurent.

Le 21 décembre, Ceaucescu organisa un rassemblement à Bucarest, pour montrer qu'il avait un soutien populaire. Au lieu du résultat escompté, ce rassemblement se transforma en manifestation d'hostilité envers le régime.

L'armée qui, quatre jours plus tôt, tirait sur les travailleurs de Timisoara, fit alors volte-face. Dans la crainte d'une révolte générale, elle s'allia à d'anciens membres des cercles dirigeants, empressés de se présenter comme opposants sous prétexte qu'ils avaient été rejetés hors du pouvoir par la mégalomanie d'un Ceaucescu.

 Un Conseil du front du salut national fut mis en place, dans le but d'assurer une transition dite « démocratique » au régime de Ceaucescu. Dans le premier gouvernement figuraient des militaires et des anciens dignitaires du régime, tel Ion Iliescu à la présidence de la République. Il avait auparavant été secrétaire au Comité central du Parti Communiste et ministre de la Jeunesse, avant d'être écarté de ses responsabilités.

Le couple Ceaucescu fut jugé le 25 décembre. Dans un procès expéditif de 55 minutes, tenu à huis clos, il fut désigné comme seul responsable de la misère et de la dictature, ce qui dédouanait tous ses complices. Les Ceaucescu furent immédiatement exécutés. Plusieurs dirigeants de la Securitate furent eux aussi jugés, mais la majorité de cette police politique haïe par le peuple a été reclassée dans la nouvelle police ou dans l'armée.

Quelques concessions furent accordées à la population, telles que l'arrêt des exportations alimentaires, la semaine de cinq jours pour les ouvriers, la possibilité pour les paysans de posséder un lopin de terre et, sur le plan politique, la fin de la censure et l'instauration du multipartisme. Cela suffit pour que l'Occident accorde au nouveau régime roumain un brevet de démocratie.

Vingt ans plus tard, la Roumanie connaît une certaine stabilité sur le plan politique et s'est intégrée à l'Union européenne, même si c'est en tant que parent pauvre. Ce n'est pas pour autant que son économie a décollé et que la population a vu une amélioration de son niveau de vie.

 Un million de Roumains, sur une population de 21 millions d'habitants, auraient émigré, en grande partie vers l'Italie et l'Espagne. Avec la crise, la Roumanie ne peut plus faire face à ses dettes et a demandé un prêt de 20 milliards d'euros auprès du FMI, de la Banque mondiale et de l'Union européenne, qui ne lui sera accordé qu'à condition que le régime réduise le nombre de fonctionnaires et baisse les salaires.

La dictature s'est écroulée en Roumanie en 1989, mais pas l'exploitation des travailleurs, accrue par le fait qu'une autre couche de parasites, les capitalistes étrangers, s'est ajoutée aux privilégiés du pays.

Marianne LAMIRAL
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