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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 10:26

 

afric 

 

Le 11 janvier 2013, l’armée française intervient pour la 53èmefois en Afrique depuis les « indépendances ». Cela, à peine quelques mois après que François Hollande ait annoncé que « le temps de la Françafrique (était) révolu ».


Mais, nous dit il aussi cette fois ce ne serait pas pareil. Ce serait pour lutter contre le terrorisme. Et la même Hollande prend des accents de Poutine ou de Pasqua pour tonner : « Qu’allons nous faire des terroristes ? les détruire ! »


Ce serait pour des raisons humanitaire, pour les libertés démocratiques et les droits des femmes. Cette affirmation perd toute crédibilité quand l’annonce de l’intervention française est faite aux Emirats Arabes où la lapidation punit l’adultère, l’homosexualité, le blasphème !

Surtout l’expérience nous montre à quel point, à chaque fois, ces interventions militaires, en Irak, en Afghanistan, en Somalie, en Libye… loin de résoudre les problèmes, les ont aggravés.

Puisque les droits des femmes sont convoqués, donnons le paroles aux premières concernées. En novembre 2012, des femmes maliennes, dont Aminata Traoré, lançaient un appel pour dénoncer « l’instrumentalisation des violences faites aux femmes pour justifier l’ingérence et les guerres de convoitise des richesses ».


Pour les femmes, la guerre impose des conditions de vie, de survie, dont elles assument le plus souvent la prise en charge exclusive, empirées. La guerre est aussi souvent synonyme de viols, d’une augmentation de la prostitution et dans des conditions extrêmement précaires, de risques accrus de propagation du SIDA. Pour l’ensemble de la population, la guerre signifie l’explosion du nombre de personnes déplacées et réfugiées. C’est aussi l’exacerbations des conflits et des violences entre les communautés, les exactions des militaires. Amnesty International dénonce celles commises par l’armée malienne mais aussi par l’armée française.

 

Il faut bien sûr chercher ailleurs que dans les motivations humanitaires, les raisons de l’intervention militaire de la France. C’est un militaire, le Général Desportes (ex directeur du collège interarmées de défense) qui vend la mèche :


« Nous ne pouvons pas espérer conserver notre mode de vie et notre prospérité si nous n’allons pas à l’extérieur du territoire national participer à la stabilisation et au règlement des crises »


C’est bien « notre mode de vie », « notre prospérité », enfin ceux de quelques uns, « nos » capitalistes, que protègent les bases militaires permanentes de la France au Gabon et au Sénégal, les troupes déployées au Tchad depuis l’opération « épervier » en 1986, en Côte d’Ivoire, dans le Golfe de Guinée, en Centre Afrique. La France fait le gendarme dans ce qu’elle considère comme «sa » zone, alors qu’elle a soutenu et continue de soutenir toute les politiques qui la déstabilisent. Le Mali est l’un des cinq pays les plus pauvres du monde, il faudrait dire pays appauvris.

  • Appauvri par la dette : la soi-disant allègement de la dette pour les Pays Pauvres Très Endettés n’a rien à voir avec une aide, c’est l’outil des privatisations et de l’ouverture commerciale aux grands groupes capitalistes : l’électricité et l’or pour Bouygues, la téléphonie pour Orange… Comme partout les plans d’ajustement structurels détruisent les systèmes de santé et d’éducation…

  • Pays appauvri et aussi pays qui paie au prix fort la facture de la crise écologique, du dérèglement climatique, de la crise alimentaire…

  • Pays pillé qui vérifie le théorème : « La richesse des ressources minières fait la misère des peuples ».

Le sous sol du Mali recèle de l’or et des diamants. Mais surtout du pétrole. L’intervention coïncide avec le début des forages faits par Total dans un immense gisement découvert au Nord du Mali et de la Mauritanie.

Et plus encore de l’uranium : Depuis 40 ans, la Cogema d’abord puis Areva ensuite, exploitent l’uranium dans la région pour alimenter les centrales nucléaires françaises. Là encore coïncidence du calendrier ce qui pourrait être un des gisements les plus importants au monde a été découvert dans la région d’Imouraren.

Il ne faut jamais oublier que le nucléaire, en plus risque d’accident (Tchernobyl, Fukushima), en plus des conditions de travail et de l’exposition des salariés, en plus d’un mode de développement productiviste et centralisé, en plus de l’ordre policier et de la loi du silence (soutien à Stéphane L’homme accusé par Areva de nuire à son image !), en plus de tout ça c’est le pillage des ressources naturelles et les rapports impérialistes et néocoloniaux qui l’accompagnent. On est loin de l’indépendance énergétique de la France tant vantée par les défenseurs de l’énergie nucléaire !

 

La guerre s’accompagne aussi immanquablement de la fabrication de « l’ennemi intérieur » alors que le déchaînement raciste et islamophobe rend déjà l’air irrespirable. Cela doit encore renforcer notre détermination à construire la mobilisation pour l’égalité des droits, pour la régularisation de tous les sans-papiers, pour le droit de vote pour les résidents étrangers.

 

Il faut que des voix se fassent entendre pour refuser l’union nationale autour de la guerre de la France au Mali. Dans ce sens nous ne pouvons que saluer la réaction des journalistes du SNJ-CGT qui dénoncent une information qui se résume à la communication officielle de l’Elysée, de l’état-major et des experts étoilés. Pour les internationalistes, les anti-impérialistes que nous sommes, quand notre propre impérialistes fait la guerre, nos responsabilités sont immenses. Et elles traversent toute notre activité.


Contre l’austérité nous mettons en parallèle les sacrifices imposés pour réduire le déficit et le coût de l’intervention. Dans la mobilisation antinucléaire et en particulier la chaîne humaine du 9 mars pour sortir du nucléaire, nous faisons le lien avec la guerre pour Areva et les mines d’uranium. Dans notre travail antiraciste et anticolonialiste permanent nous exigeons immédiatement l’arrêt des expulsions et la régularisation des maliens sans-papiers, la suppression de l’exigence des visas pour celles et ceux qui veulent venir en France.

 

Nous devons engager un travail militant intense, pour mener le débat, pour convaincre, pour rassembler et être le plus nombreux et nombreuses possible pour dire :


Non à l’intervention française

Non à la guerre de la France au Mali

Troupes françaises hors du Mali

Troupes françaises hors d’Afrique

Justice sociale et écologique pour les peuples d’Afrique.

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