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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 13:17

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Pascal Riché | Redchef Rue89
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Dans une interview musclée au Journal du dimanche, Jérôme Cahuzac, ministre du Budget, a défendu la politique, musclée elle aussi, de rigueur budgétaire et fiscale : « Sans cet effort, notre pays perdrait le contrôle de ses finances », juge-t-il.


Au journaliste qui lui demande « vous ne craignez pas de freiner davantage la croissance ? » il répond sans sourciller :

« Le redressement des comptes, par l’impôt ou les économies, a toujours des conséquences récessives à court terme. Mais à moyen terme, il favorisera la croissance. »

Toute la philosophie des politiques d’austérité suivies en Europe est résumée dans ces quelques lignes. Une philosophie imprégnée d’une morale du sacrifice d’un autre âge : il faut d’abord souffrir pour connaître, un jour (« à moyen terme »), la récompense. Il faut, « à court terme » se serrer la ceinture, chasser la cigale qui est en nous, ne plus vivre au-dessus de nos moyens...

Même le FMI s’en est rendu compte

L’expérience montre pourtant que, lorsque la croissance d’un pays va mal, les politiques d’austérités sont vaines : elles accroissent le chômage sans pour autant réduire les déficits. Car les « conséquences récessives à court terme » évoquées par le ministre se traduisent par des recettes fiscales en moins et des dépenses sociales en plus.

Même le Fonds monétaire international (FMI), qui n’est pas l’institution la plus débridée, s’est rendu compte de l’inanité de ces politiques.

 

 

Le plus sage, montre l’expérience, est de rester coulant sur les dépenses et les impôts quand la croissance est faible, quitte à être très rigoureux quand la croissance revient. C’est le pilotage budgétaire le plus efficace pour lutter contre le chômage et restaurer les comptes publics. C’est ce que font actuellement les Etats-Unis : leur déficit public atteint certes le double du nôtre, mais leur croissance est repartie et leur chômage baisse, ce qui permettra de regonfler les recettes fiscales.

Pourquoi l’Europe s’obstine dans l’erreur

Les dirigeants européens s’obstinent pourtant dans l’erreur de l’austérité depuis trois ans. Pourquoi ?


Première hypothèse, c’est ce qu’exigeraient les marchés financiers : renoncer à l’austérité se paierait très cher en terme de conditions de crédit. Cet argument est fragile : les marchés attendent souvent des pays tout et son contraire, la rigueur et la relance, l’austérité et la paix sociale. Par ailleurs, si effectivement les marchés sont un obstacle à la mise en place de politiques raisonnables, il serait bien plus efficace de les empêcher de nuire.


Deuxième hypothèse : c’est ce que demanderait l’Europe. Certes, nos dirigeants européens sauraient tous que l’austérité est une politique erronée, mais se sentiraient obligés de la mener pour « respecter les engagements ». Si c’est la bonne hypothèse, on serait dans une situation bureaucratique ubuesque. Dont il faudrait sortir au plus vite, quitte à provoquer un grand clash.


Troisième hypothèse : nos dirigeants auraient certes conscience des limites de cette politique d’austérité, mais seraient convaincus que c’est la seule possible, un « mal nécessaire ». C’est ce qui transparaît dans l’interview de Jérôme Cahuzac :

« Il ne s’agit pas de faire plaisir à la Commission européenne ou aux agences de notation mais de recouvrer notre souveraineté, aliénée aux marchés ces dernières années. [...]

Nous devons nous libérer de l’emprise de la dette. Notre politique enraye la spirale de l’endettement de la France. Nous sommes le premier gouvernement à le faire. Cela peut être douloureux mais c’est nécessaire. »

On sait combien l’argument dit « Tina » (« there is no alternative ») a conduit de gouvernements dans le mur. Pierre Laval lui-même l’avait brandi fin 1935, devant la Chambre des députés, pour justifier les couples budgétaires brutales qu’il avait engagées pour sauver, déjà, le Trésor « de la faillite » : « Il est facile de parler des décrets de misère... mais nous n’avons pas trouvé mieux », avait-il lancé. L’aveu même que sa politique déflationniste n’était qu’une stratégie de résignation.


Aujourd’hui, il n’y a pas plus de raisons qu’hier de s’enferrer dans de telles stratégies. Les idées alternatives, pour relancer la machine, ne manquent pas : réduction plus progressive des déficits, modification du rôle de la Banque centrale européenne (BCE), annulation de dettes, meilleure répartition de l’impôt pour redonner du pouvoir d’achat aux ménages modestes (qui, à la différence des plus riches, consomment entièrement leur revenu), emprunts européens... Encore faudrait-il les explorer, et se battre pour les faire avancer.

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http://www.rue89.com/rue89-eco/2013/03/11/jerome-cahuzac-nouveau-barde-de-la-politique-du-sacrifice-240455

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