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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 12:44

 

Esther Vivas

 

La terre est une source de profit pour quelques uns, que ce soit ici ou à l’autre bout de la planète.

 

Dans l’Etat espagnol, le boom immobilier a laissé un héritage d’urbanisations en ruines, d’aéroports pratiquement sans avions, de villages fantômes, de grandes infrastructures en désuétude… Une réalité dont la photographe Julia Schulz-Dornburg a brillamment tiré le portrait dans son livre/inventaire « Ruines modernes, une topographie du profit ». Dans les pays du Sud, la soif du profit avec la terre expulse des paysans, des peuples indigènes et impose la monoculture pour l’exportation, de grandes infrastructures au service du capital ou la spoliation des ressources naturelles.


L’oligarchie au pouvoir en tire profit et négocie dans l’ombre des combines urbanistique, signe des projets d’aménagement du territoire et transforme le sol rustique en sol urbanisable. Les cas de corruption se multiplient. La culture du pot-de-vin est à la mode. Il se développe ainsi un nouveau caciquisme qui réalise de grandes affaires sur le dos et aux dépens des citoyens et du territoire. Sous d’autres latitudes, l’histoire se répète. Les gouvernements corrompus sont les meilleurs alliés des investisseurs qui veulent acquérir rapidement des terres bon marché. D’après un rapport de Intermón Oxfam, on vend à des investisseurs étrangers tous les six jours une superficie équivalente à la taille de la ville de Londres.

 

C’est la fièvre de la terre.


La privatisation et l’accaparement des terres sont à l’ordre du jour. Qu’y a-t-il de plus profitable que ce dont nous avons besoin pour vivre et pour manger ? Comme l’a amplement documenté l’organisation internationale GRAIN, la crise alimentaire et financière qui a éclaté en 2008 a donné lieu à un nouveau cycle d’appropriation des terres à l’échelle globale. Dans l’objectif d’assurer au-delà de leurs frontières la production de nourriture pour leurs populations, des gouvernements, des entreprises de l’agro-industrie et des investisseurs (fonds de pensions, banques), avides d’investissements nouveaux et rentables, achètent depuis lors des terres fertiles dans les pays du Sud. Une dynamique qui menace l’agriculture paysanne et la sécurité alimentaire des pays concernés.


Les peuples indigènes expulsés de leurs territoires constituent le fer de lance du combat contre la privatisation de la terre.

 

Une lutte qui n’est pas nouvelle et dont Chico Mendes, « seringueiro » (ouvrier cueilleur de latex), célèbre pour son combat en défense de l’Amazonie et assassiné en 1988 par des latifundistes brésiliens, fut une des principales figures emblématiques. Chico Mendes impulsa l’Alliance des Peuples de la Forêt, rassemblant des indigènes, des seringueiros, des écologistes et des paysans contre les multinationales du bois et revendiqua une réforme agraire accordant la propriété communautaire de la terre et son exploitation en usufruit par les familles paysannes. Comme il le disait souvent : « Il n’y a pas de défense de la forêt sans défense des peuples de la forêt ».


Sans aller plus loin, ici, dans l’Etat espagnol, le Syndicat des Ouvriers de la Campagne (SOC), qui fait partie duSyndicat Andalou des Travailleurs (SAT), est l’une des principales références quant à la lutte pour la terre et en défense des droits des travailleurs agricoles journaliers. Depuis plus d’un an, ils occupent et exploitent la propriété de Somonte, à Palma del Río (Cordoue), une terre que la Junta de Andalucía se disposait à vendre en dépit du fait que 1.700 personnes sont au chômage dans cette localité.


L’objectif des occupants est que cette propriété soit exploitée par des coopératives de journaliers au chômage au lieu de passer dans les mains de banquiers et de grands propriétaires terriens. Somonte est un symbole de la lutte du SOC et du SAT, tout comme l’est également la municipalité de Marinaleda et tant d’autres projets dont ils sont à l’initiative.

En Catalogne, aujourd’hui, un exemple très éclairant de la manière dont les intérêts privés s’imposent au détriment des besoins sociaux et collectifs dans l’utilisation de la terre, est offert par la masía (ferme traditionnelle catalane, NdT) Can Piella, avec ses terres attenantes et qui se situe dans les rares zones rurales qui subsistent dans la région métropolitaine de Barcelone. Abandonnée depuis plus de dix ans, elle a été occupée par un groupe de jeune qui a créé une association qui compte aujourd’hui 2.000 associés. Ils ont restauré la ferme, relancé l’activité agraire avec un potager communautaire, revitalisé son environnement et l’ont ouverte aux villages voisins : La Llagosta, Santa Perpètua de Mogoda et Montcada i Reixac. Actuellement, après trois ans et demi de fonctionnement, un ordre d’expulsion menace le projet. La compagnie immobilière qui, pendant une décennie a abandonné la ferme et qui n’a aucun projet pour elle, la réclame.


Au début du XXe siècle, Emiliano Zapata, paysan et symbole de la Révolution mexicaine, exigeait « La terre à ceux qui la travaillent ». Plus de cent ans ont passé et ce mot d’ordre conserve toute son actualité.


Source :


http://esthervivas.com/2013/03/11/la-tierra-para-quien-la-trabaja/
Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera

 

http://www.avanti4.be/actualite/article/la-terre-a-ceux-qui


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