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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 08:59

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Pour le PCF, l’année 2012 aura été celle de l’alliance stratégique dite du Front de Gauche (FDG). Quant à 2013, la position du PCF est moins marquée Front de Gauche. Il navigue entre ni participation au gouvernement ni opposition réelle à celui-ci. Et pour cause, la campagne des élections municipales est désormais ouverte. De tous les partis de la 5èmerépublique, le PCF est le 3ème parti municipal, en termes d’élus municipaux et de maires. Or, l’existence de ce capital fondant comme neige au soleil est aujourd’hui le résultat d’une alliance stratégique avec le PS. Capital qui est aujourd’hui la principale des recettes de fonctionnement du PCF.

 

Dans cet article, nous interrogerons les alliances et les stratégies du PCF dans la perspective des prochaines municipales, au regard des présidentielles et municipales de 2012. Méfiant quant aux prédictions électorales, nous n’oublierons pas qu’à l’issue des présidentielles de 2007 la droite était hégémonique, le PS affaibli, le PCF décédé et dépassé par la LCR, enfin le FN et les écologistes marginalisés.

 

Le Front de gauche de 2009 à 2011

 

Le Front de Gauche  est une alliance de diverses formations dont la citation exhaustive n’a pas d’intérêt ici. Il convient juste de souligner que les 2 principaux partenaires ou poids lourds sont le PCF et le Parti de Gauche. Ce front  « s'inscrit dans le meilleur des traditions du mouvement ouvrier, des combats républicains, des mouvements sociaux et de l'écologie politique. Il vise à rassembler l'ensemble des forces qui entendent promouvoir une véritable politique de gauche, les acteurs et actrices du mouvement syndical, social, altermondialiste et associatif qui sont disposés à s'engager dans cette démarche, les citoyens et citoyennes qui partagent cette ambition. ».

 

En 2009, il a essuyé ses 1ers plâtres électoraux lors des européennes avec 6,5%, 1 114 000 suffrages et 5 élus. L’année suivante aux régionales, le FDG enregistre 6,95% dans 17 régions, 170 000 voix de plus qu’aux européennes, avec 97 élus, dépassant le Modem et le NPA.

Cette stratégie se poursuit lors des présidentielles et législatives de 2012.

 

Les présidentielles de 2012

 

Quelques jours seulement avant le 1er tour des élections présidentielles de 2012, Jessica Sainty, docteure en Science politique écrivait un article intitulé « Le PCF entre ancrage local et déclin national : le cas d’Échirolles », pour la revue Métropolitiques. Elle y soulignait que l’offre partisane du PCF ne fait plus sens pour une large majorité des électeurs lors des consultations nationales. Il ne s’agit d’ailleurs pas là d’une lecture iconoclaste. Le journal le Monde du 4 juillet 2007 s’interrogeait ainsi « Le Parti communiste serait-il en train de devenir un parti de militants sans électeurs ? ». Il ajoutait « Selon une étude interne de l’historien Roger Martelli, les dernières élections – tant présidentielle que législatives – confirment une baisse quasi généralisée des scores du PCF. Et une « dénationalisation du vote communiste », soit une perte d’influence nationale, comme l’explique l’historien communiste ».

 

Or, au lendemain du 1er tour de la présidentielle de 2012, le Figaro écrivait que « le Front de gauche s’affirme en force incontournable à gauche ». Rappelons-nous qu’en 2007, le PCF avait obtenu 1,93 % des suffrages et seulement 707 327 voix, soit un passage sous la barre fatidique du million.

 

Un mandat de Sarkozy plus tard, le PCF principal actionnaire du FDG en termes de militants et d’élus réalise dans le cadre de cette alliance stratégique 11%, un score à deux chiffres, et rassemble 4 millions d’électeurs. C’est là une véritable résurrection christique autour d’un homme ou plus exactement un phénomène médiatique construit, remplaçant lui-même celui qui avait en 2007 cette fonction, Olivier Besancenot. Rôle que son poussif successeur officiel, mais néanmoins sympathique, Philippe Poutou, ne pouvait endosser faute de charisme personnel.

 

Le FDG est ainsi personnifié par le Georges Marchais de 2012, Jean-Luc Mélenchon ancien trotskyste de l’OCI (comme Alexis Corbière secrétaire national du PG) et ancien du PS dont-il a été ministre et sénateur. Au-delà, du personnage, l’aventure est collective. C’est celle du FDG qui comme le reconnait Roland Muzeau, ancien Président du groupe communiste à l’Assemblée nationale, « a réussi à faire entendre notre discours durant la présidentielle ».

   

Il s’agit bien d’une percée. Entre 17 % et 21 % des 18/24 ans, de 19 % à 21 % des ouvriers, de 12 % à 16 % des professions intermédiaires, de 12 % à 15 % des cadres, 21 % des habitants en HLM et 39 % des sympathisants de la CGT auraient voté Front de gauche. Les plus grands espoirs sont donc permis pour les législatives qui se profilent.

 

Les législatives de 2012

 

Au soir du 1ER tour, le FDG atteint 1 780 000 voix et 7%. Pour beaucoup, un sentiment de gueule de bois s’installe, au regard des espoirs nés des résultats des élections présidentielles. Entre les deux scrutins le FDG a perdu plus de 2 millions d’électeurs et 4 points. Roland Muzeau, précité, constate avec amertume. « C’est profondément injuste (…) On a réussi à faire entendre notre discours durant la présidentielle, mais tout s’est évaporé trois semaines plus tard. (…) nous avons été broyés face à n’importe quel “candidat du président” ».

 

Las du sarkozysme, les électeurs sont tombés dans le piège du PS et ont voulu lui donner une large majorité pour mettre en œuvre sa « promesse » très évasive et vague de changement. Mais les électeurs ont également « voté utile » ou  plus exactement « crédible ». Ils ont apporté leur soutien à ceux qui avaient le plus de chance d’être élus au sein d’une majorité présidentielle et dont la formation politique participe au gouvernement.

 

L’offre du FDG aux présidentielles portée et personnifiée par un tribun contestataire, construit comme un produit médiatique, n’est pas celle du même au FDG aux législatives. Même des élus locaux installés depuis longue date comme Braouzec et Brard en paient le prix, celui de leur fauteuil de député. Philippe Subra souligne note ainsi qu’avec « 10 membres, lors de cette nouvelle législature, le PCF - et son allié du Parti de gauche - est revenu aux basses eaux de 1958. Pour former un groupe parlementaire (15 membres, selon les dernières règles que s'est fixée l'Assemblée), il va s'allier avec des députés d'outre-mer » (« De la banlieue rouge à la banlieue rose. 2012, année paradoxale pour le PCF », Métropolitiques, 02/07/2012).

 

L’alliance stratégique du FDG se traduit une nouvelle fois par une perte d’élus pour le PCF : 50% de ses députés. Aux régionales, la même stratégie avait conduit à la perte de 83 conseillers régionaux communistes du fait de la rupture de l'alliance avec le PS au premier tour dans une majorité de régions. Autre parallèle à établir, celui entre la vague Mitterrand de 1981 et la vague Hollande de 2012 qui toutes deux mettent à mal le communisme municipal. Toutefois en rester à ce niveau de lecture serait insuffisant.

 

Des législatives et des présidentielles ne sont pas comparables. Comparons donc les législatives de 2007 à celles de 2012. En 2007, le PCF avait recueilli 6% pour 1 115 719 voix. En 2012, il atteint dans le cadre du FDG 7% et 1 780 000 voix. Le nombre de ses électeurs augmente de 50%. Il progresse dans 90% des circonscriptions. Tandis qu'en 2007 l'essentiel des circonscriptions étaient en-dessous des 5%, seul un cinquième d'entre elles l'est cette fois-ci. Le Front de gauche accroche 11% des jeunes diplômés principalement au détriment du NPA/LCR, 9% des ouvriers, 7% des professions intermédiaires et 6% des cadres, sans pour autant mordre sur les abstentionnistes.

 

Ainsi à la lumière des alliances stratégiques nouées par le PCF depuis 2008, il apparait ceci :

-          L’existence d’un nombre important d’élus locaux communistes procède d’une alliance avec le PS.

-          Le renouveau électoral du PCF procède d’une alliance nouée au sein du FDG, principalement avec le PG, qui se traduit par une progression électorale en termes de nombre de suffrages recueillis et en pourcentage, pour des élections équivalentes, mais aussi paradoxalement par une réduction du nombre d’édiles communistes. Voilà le cadre dual et schizophrénique dans lequel le PCF s’apprête à s’engager dans une voire plusieurs formes d’alliances pour les municipales de 2014.

 

Les municipales de 2014

 

Les municipales de 2014 constituent pour le PCF un enjeu vital et une croisée des chemins. Il est le 3ème parti en termes d’élus locaux. Sur ses 130 000 adhérents, 13 000 seraient des élus locaux, soit 10% de ses effectifs. Sur le plan strictement municipal, il dirige 28 villes de plus de 30.000 habitants et 50 villes de 10.000 à 30.000 administrés. 791 des 36 000 maires sont communistes.

 

Mais plus que tout, ces élus locaux rapportent 15,9 millions d’€ au PCF contre seulement 4 millions pour les financements publics, 3 millions pour les cotisations de ses membres. 50% de ses recettes proviennent donc du communisme municipal. Le PCF peut-il s’en priver quitte pour les préserver à vendre son âme au PS à l’échelon base de la démocratie de base bourgeoise qu’est la commune ? D’autant que ce capital rentier se réduit comme une peau de chagrin à travers un processus de lente désagrégation comme le note Martelli, dans l’Archipel communiste reposant sur l'arrêt de l'expansion du groupe ouvrier, sa base sociologique, la chute de l’URSS, l'apparition d'une concurrence protestataire (NPA, FN), le phénomène abstentionniste, son incapacité à mobiliser le nouveau prolétariat immigré.

 

Pour Sainty (précitée) l’hypothèse d’un vote d’adhésion aux idéaux communistes, qui serait appuyé sur l’affiliation partisane et sur la structuration de l’espace politique local par le parti, semble donc désormais largement remise en cause. Elle constate dans ce sens que les relais locaux du parti se sont effrités au cours des années 1980 et 1990 dans de nombreuses villes communistes sous les effets conjugués de la professionnalisation des élus, des transformations de la sociabilité locale et de la précarisation de fractions croissantes des classes populaires. Le résultat est là.

 

Le PCF ne contrôle plus de ville de plus de 100 000 habitants. Il a perdu le Conseil général de Seine-Saint-Denis au profit du PS alors qu'il était dirigé par le PCF depuis sa création en 1968. Ce cas d’espèce exemplifie le mécanisme de cannibalisation de l’espace municipal ou territorial communiste par le PS. Aux municipales de 2008, il passe de 806 maires à 791, de 13 000 élus locaux à 11 600 officiellement. Mais l’Association Nationale des Elus Communistes et Républicains (ANECR) comptabilise seulement 6 849 élus communistes. Le cumul des données fournies par les  Associations Départementales des Elus Communistes et Républicains (ADECR) totalise 9 483. Depuis 1977, le PCF a perdu 75% de ses élus locaux.

 

Pour préserver sa principale source de recettes (16 millions d’€), le PCF est donc impliqué dans une alliance stratégique avec le PS. Lors de son 36e congrès, début février 2013, le chef de la délégation du PS, le n° 2 du parti de la rue de Solférino, Guillaume Bachelay, a été clair : « Nous avons une culture commune de gestion des collectivités locales. Il serait dommageable de brader ce qui marche. Il faut s'inspirer de ce qui marche au plan local pour l'appliquer au plan national ».

 

16 millions d’€, les recettes tirées de l’alliance stratégique avec le PS

 

Les membres du PCF serait inspirés de lire l’article de Philippe Subra « De la banlieue rouge à la banlieue rose. 2012, année paradoxale pour le PCF » (Métropolitiques, 2 juillet 2012). En effet, il y pose une question extrêmement pertinente : « Le « communisme municipal » semble encore résister dans certaines communes de la banlieue rouge, mais cette expérience politique est-elle compatible avec la radicalité du projet de contestation sociale porté par le Front de gauche ? La recomposition du PCF peut-elle se faire au prix du « sacrifice » de ses élus locaux ? »

 

Le PG a certes déjà tranché en annonçant des listes autonomes du PS dans 60 grandes villes. Mais le PG, et ses 12 000 membres (10 fois moins que le PCF) n’a pas grand-chose à perdre puisqu’il ne dirige que 8 communes de plus de 3.500 habitants. Pour le PCF, il est temps de mettre fin à une posture schizophrénique (ou dite du cul entre deux chaises). La question est la même que celle posée en décembre 1920, celle de la rupture avec les sociaux – traitres, pour faire vivre l’idée révolutionnaire et son incarnation dans une organisation de lutte des classes, contre la forme que le capitalisme revêtait au 20ème siècle.

 

Sans pour autant aller jusqu’à l’explosion en vol qui permettrait à un Mélenchon opportuniste (la matrice intellectuelle et le conditionnement psychique imposés par l’OCI à un esprit ne s’effacent jamais entièrement) prêt à ramasser et rassembler les décombres pour rebâtir sur nos ruines.

Quelques jours après l’élection présidentielles, Pierre Laurent déclarait « Nous avons multiplié durant la campagne présidentielle les appels pour que soient prises en compte nos propositions. Mais la réponse a toujours été que les socialistes s’en tiendraient au seul projet présidentiel... Les conditions de notre participation ne sont donc pas réunies ».

   

En le paraphrasant, nous pouvons conclure qu’aujourd’hui, le PCF peut multiplier durant la campagne des municipales les appels pour que soient prises en compte ses propositions. Mais la réponse sera toujours que les socialistes s’en tiendront à leur  projet, à savoir l’austérité étendue désormais aux collectivités (réduction des dotations d’Etat, acte III de la décentralisation, extension des intercommunalités, casse des services publics locaux). Les conditions de la participation des communistes à des exécutifs majoritairement socialistes ne sont donc pas réunies.

   

L’heure est à la rupture politique complète. Son coût est ridicule 16 millions d’€. Ce n’est rien face aux valeurs d’émancipation que représente le communisme face au capitalisme du 21ème siècle générateur de violence et de souffrance économique et sociale sans précédent. Si le PCF ne saisit pas cette chance, d’autres, notamment le FN (1erparti ouvrier et 2ème parti fonctionnaire sur le plan électoral), capteront la colère qui monte et la pervertiront.

   

Socialisme (Communisme) ou barbarie, le slogan demeure d’actualité.

 

http://gauchebdo.over-blog.org/article-municipales-2014-les-alliances-et-strategies-du-pcf-a-l-epreuve-116872338.html

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