Partager l'article ! Nantes. Des soixante-huitards encore actifs (Le Tél): 13 février 2012 à 08h26 - ...

13 février 2012 à 08h26 -
Depuis trois ans et demi, une centaine de «cheveux blancs», pour la plupart ex-soixante- huitards, se relaient tous les jours, à Nantes, devant la mairie, le conseil général ou la permanence du Parti socialiste, pour protester contre le projet d'aéroport à Notre-Dame- des-Landes.
Ils s'appellent Dominique, Michel, Marcel, Yves ou Agnès, sont presque tous retraités et, depuis octobre2008, ils donnent une à deux
journées par mois et affrontent alors, parfois héroïquement, le froid ou la pluie pour tenir leur «vigie citoyenne». Accompagnés d'un chariot sur lequel est écrit «Aéroport, un de plus, non!»,
une pancarte autour du cou, ils battent le pavé alors que la presque totalité d'entre eux n'a pas de terres à Notre-Dame-des-Landes, la commune où doit être construit le projet.
Aux passants qui s'arrêtent, ils expliquent: «Ce projet est inutile et coûteux. Nous voulons que l'argent public soit employé à des choses utiles», martèle
Dominique, 65 ans, que sonmari, aujourd'hui décédé, emmena manifester contre la centrale nucléaire de Plogoff, dans les
années 70.
Des «citoyens vigilants»
«Il y a plus de passagers mais pas plus de vols qui atterrissent à Nantes aujourd'hui qu'il y a dixans: l'aéroport n'est pas saturé et il n'est pas dangereux»,
ajoute Michel, 67 ans. «Mes enfants savent que je me bats toujours pour plein de choses, je me sens indigné», reconnaît-il. «Nous sommes aujourd'hui une centaine à être actifs. Et il y a toujours
des "nouveaux"», se félicite Yves Riou, 70 ans, coordonnateur de la «Vigie citoyenne».
«Certains sont ou étaient socialistes, d'autres écologistes, alternatifs ou du Parti de gauche, syndicalistes, ou pas encartés. Tous se revendiquent "citoyens
vigilants"», ajoute-t-il. Presque tous égrènent des parcours personnels qui recoupent quarante ans de l'histoire récente des combats politiques français : Algérie, Mai68, lutte contre l'extension
du camp militaire du Larzac, contre les projets de centrales nucléaires au Pellerin (44), à Plogoff, au Carnet(44)...
«J'ai encore un bout de GFA (groupement foncier agricole) du Larzac», s'amuse Bertrand Pinot, 76 ans, élégant doyen à barbe blanche de la «tracto-vélo», des
opposants à l'aéroport qui sont allés manifester à Paris en novembre2011. «Moi, j'ai un bout de GFA de Plogoff», déclare fièrement Agnès Belaud, 59 ans, ancienne enseignante, très active dans les
associations anti-aéroport et qui, pour l'heure, essaie de se réchauffer par moins 5 degrés devant le conseil général de Loire-Atlantique.
Militants à vie
Pour le Larzac, Le Pellerin et Plogoff, une même issue: le candidat socialiste à la présidentielle, François Mitterrand, s'engagea à y mettre fin et tint parole
après 1981. L'histoire, cependant, ne pourra pas forcément se répéter, même en cas d'élection du candidat socialiste à la présidentielle, en mai prochain.
Car, cette fois, le Parti socialiste et son candidat, François Hollande, soutiennent le projet d'aéroport, déjà déclaré d'utilité publique, attribué par l'État au
groupe Vinci fin 2010 et ses financements ont été votés par les collectivités locales concernées (Nantes, Rennes, conseils généraux et régionaux). Il en faut plus néanmoins pour entamer la
ténacité de ces militants à vie: «Pour nous, ce n'est pas complètement bouclé, s'obstine Dominique. Je ne veux pas que mes enfants et mes petits-enfants payent pour un truc inutile».

Brest
06 75 43 55 61
brest.npa@gmail.com
Quimper
06 59 71 42 21
Le blog du comité
NPA de Châteaulin
Le blog sympathisant
de la région de Carhaix
Le blog sur les
questions maritimes
Le blog de solidarité avec