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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 13:19

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Éliminer l’OLP


Après la guerre de 1973, les États arabes semblent reconnaître l’OLP.

 

La montée en puissance des pays pétroliers et du Maghreb est un moyen de pression pour les Palestiniens sur les États arabes riverains. Ceux-ci - l’Égypte, la Jordanie et la Syrie - sont directement concernés par la question palestinienne, alors qu’a contrario cette dernière est un moyen d’une solidarité arabe « à peu de frais » pour les États arabes lointains, du Golfe persique ou du Maghreb.

 

Lors du sommet arabe de Rabat tenu en octobre 1974, l’OLP est ainsi reconnue par tous les pays arabes comme le seul et légitime représentant du peuple palestinien sur tout territoire libéré. Il ne s’agit donc plus de réaliser l’unité arabe avant de réaliser l’indépendance palestinienne.


Ces années consacrent l’habileté diplomatique d’Arafat.

 

Fort de son poids dans les opinions arabes, il peut jouer des divisions du monde arabe et monter les différents blocs arabes les uns contre les autres. Cela lui permet de rechercher l’autonomie de décision vis-à-vis des gouvernements. Cette campagne pour une reconnaissance régionale s’élargit à la scène internationale à la suite du fameux discours de Yasser Arafat à la tribune des Nations unies en novembre 1974.


Cette reconnaissance n’exclut pas cependant certains États arabes, comme la Jordanie ou le Maroc du roi Hassan II, de poursuivre une diplomatie secrète avec Israël.

 

Cela n’empêche pas non plus la question palestinienne de rester une question marginale pour les États arabes, malgré le soutien de leurs opinions publiques. La question de Palestine n’est pas le but de guerre des Arabes en 1973, ce n’est pas elle qui entraîne l’Égypte, la Syrie dans la guerre contre Israël en octobre 1973. Si l’Égypte et la Syrie entrent en guerre, ce n’est pas pour libérer la Palestine mais bien pour libérer les territoires syriens et égyptiens occupés par l’État hébreu. Les états-majors syriens et égyptiens ne prévoyaient d’ailleurs aucune offensive au nord du Sinaï.


Le monde musulman montre les mêmes ambiguïtés vis-àvis de la question palestinienne depuis la création de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) après l’incendie de la mosquée d’Al-Aqsa en 1969 par un Australien pro-israélien. L’OCI s’intéresse à la Palestine mais essentiellement à la question de Jérusalem et ne cherche pas à défendre le droit des Palestiniens à une patrie indépendante. Au-delà des discours diplomatiques ou à l’égard de leurs opinions publiques, les États arabes cherchent donc à contrôler ou à écarter, si ce n’est à éliminer l’OLP.


Les États arabes, en particulier les États riverains de la Palestine, cherchent à prendre le contrôle du mouvement palestinien.

 

Cela accompagne la radicalisation idéologique du Baas qui prend le pouvoir dans ces années-là en Syrie et en Irak. En Syrie, s’est constituée la Saïka. Des groupuscules, plus ou moins révolutionnaires, sont aidés par la Syrie afin de contrer la domination du Fatah au sein de l’OLP. Le groupe d’Abu Nidal, Fath-Conseil révolutionnaire, est ainsi manipulé à la fois par l’Irak, la Syrie et la Libye, par opposition à Yasser Arafat. Se constituent donc des organisations vassales aussi bien que des projets d’élimination physique des dirigeants de l’OLP. Certains d’entre eux sont assassinés, comme le représentant de l’OLP à Paris, Ez. Kalak, assassiné en 1978 par le groupe Abu-Nidal inspiré par l’Irak.


L’hypocrisie des États arabes se cache aussi derrière les malheurs palestiniens.

 

L’exemple le plus criant est celui de la chute du camp de Tall al-Zatar au Liban en 1976 après un siège terrible. La guerre du Liban a montré la volonté d’éliminer l’OLP. Lors de l’offensive israélienne de 1982, tout le monde s’oppose au Fatah, contre ce qu’on a appelé le « Fatahland », c’est-à-dire l’emprise de l’OLP dans le sud du pays, Israël en premier, mais aussi les États arabes coalisés de manière tacite contre l’OLP.

 

La question palestinienne est évidemment au cœur de la guerre civile libanaise déclenchée en 1975, bien que ce ne soient pas les Palestiniens qui aient déclenché la guerre. Les facteurs politiques, sociaux et économiques internes ont en effet été décisifs dans une société fragilisée par le conflit régional. Depuis 1975, les forces « palestino-progressistes » affrontent les Kataëb.

 

De facto, en 1982, les maronites de Bechir Gemayel se sont alliés à Israël en faveur d’un Liban chrétien contre les Palestiniens.

 

L’épisode de Sabra et Chatila se comprend ainsi. L’État libanais, qui n’est plus qu’une fiction et qui est contrôlé par les Kataëb, tente de liquider la résistance palestinienne. Avec le siège de Beyrouth-Ouest conduit durant l’été 1982, il cherche aussi à liquider la présence palestinienne au Liban. Il ne s’agit plus seulement des fedayin, qui sont obligés de quitter le Liban, mais aussi de la population civile avec le massacre, le 14 septembre 1982, de Sabra et Chatila.

 

Tout se passe avec la passivité la plus complète des dirigeants arabes.


Cette tentative de liquidation se poursuit avec la guerre des camps. La Syrie utilise une dissidence palestinienne, apparue en mai 1983 et dirigée par Abu Moussa, pour chercher à inféoder le mouvement palestinien. La Syrie lance les dissidents palestiniens à l’assaut des camps de l’OLP, dans ce qu’on a appelé la « bataille inter-palestinienne » de Tripoli à la fin de l’année 1983.

 

C’est la Syrie et non Israël qui pousse Yasser Arafat hors du Liban en 1983.

 

Cette bataille des camps se poursuit à Beyrouth en 1987. Ce ne sont pas alors les Israéliens qui assiègent les camps palestiniens, ni même les chrétiens. Ce sont les chiites libanais, d’abord ceux du parti Amal soutenu par la Syrie, puis le Hizbollah. Rappelons que le siège des camps de Beyrouth a fait plus de huit mille morts !


Faut-il donc s’interroger sur le pragmatisme ou la « trahison » des pays arabes ?

 

Il ne faut cependant pas oublier le poids de la pression américaine, comme le montre le plan de Fès adopté en 1982. Sous les pressions des États-Unis, les États arabes reconnaissent alors pour la première fois la coexistence de deux États en Palestine. La question de Palestine avait été le grand oubli des accords de Camp David. Un deuxième accord-cadre prévoyait pourtant de fixer le sort de la Cisjordanie et de Gaza dans de futures négociations à mener avec la Jordanie et l’Égypte, mais n’envisageait qu’une simple autonomie des territoires palestiniens.

 

En fait, cet accord- cadre n’a même pas été appliqué, car les Égyptiens ne se considèrent pas liés par le volet palestinien, la priorité de Sadate étant de libérer le Sinaï. De toute façon, les Palestiniens se montrent hostiles à cet accord-cadre tout comme les États arabes opposés à une négociation sur la Cisjordanie, les États arabes alliés de l’URSS en premier lieu. L’URSS, ignorée dans le processus de négociation ouvert par Sadate, récuse en effet toute négociation avec Israël.


La défection de l’Égypte reste un coup dur pour l’OLP.

 

Elle marque la rupture de la solidarité arabe. Pour l’OLP, elle représente surtout la perte d’un allié précieux, d’un médiateur auprès des États-Unis. Elle livre enfin pieds et poings liés l’OLP à la Syrie. Cette dernière apparaît comme la championne des intérêts arabes et va utiliser l’OLP à sa convenance. On pourrait évoquer la presse égyptienne au lendemain du voyage de Sadate lancée dans une diatribe contre l’OLP et même contre les Palestiniens « qui ne méritent pas une terre qu’ils ont vendue aux sionistes ».


Dans ces années 1980, l’OLP ne garde que des soutiens marginaux, de la part de la Tunisie, où elle est installée depuis 1982, du Yémen, du Soudan, de l’Algérie ou de la Libye. Elle conserve également l’appui permanent de l’Irak. L’Irak étant le frère ennemi de la Syrie, ce secours est néanmoins coûteux et provoque des pressions accrues de la Syrie sur le Fatah. Tout cela explique finalement le rapprochement de l’OLP avec la Jordanie en 1984, même si celui-ci est interrompu dès 1986, la Jordanie voulant aussi se présenter comme la garante de la cause palestinienne.

À la veille de la première Intifada, le mouvement palestinien est dans une impasse.

 

La Jordanie réaffirme ses ambitions sur la Cisjordanie et présente un plan de développement économique, visant à une coopération économique israélo-jordanienne sur les Territoires occupés. Le royaume hachémite prévoit même d’intégrer au Parlement jordanien les habitants de Cisjordanie et des camps de réfugiés palestiniens et de prendre sous son patronage les immigrés palestiniens du Golfe. Les Arabes se désengagent de la question palestinienne, celle-ci n’est même pas à l’ordre du jour du somment arabe d’Amman en 1987.

 

L’OLP, qui ne peut rien sans la solidarité arabe, se retrouve donc dans une impasse. En même temps, la solidarité arabe se montre tout à fait impuissante si bien que le mouvement national palestinien ne va trouver son salut que dans la société des Territoires occupés. La lutte s’est déplacée de l’extérieur vers l’intérieur.

 

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