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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 09:34

 

 

 

Le combat du pape de la décroissance, Pierre Rabhi, retracé dans un documentaire.


Paysan philosophe. C’est par cette association étonnante que se définit fièrement Pierre Rabhi. Prônant un retour à la terre, il avertit les gens des dangers de l’agriculture intensive et s’illustre comme pionnier de l’agroécologie, méthode de production agricole qui privilégie un compostage naturel aux engrais chimiques et une agriculture qualitative respectueuse de l’environnement. "Au nom de la terre", réalisé part Marie-Dominique Dhelsing, sort ce mercredi 27 mars en pleine polémique sur les dérives de l’industrie agro-alimentaire.


« Les gens me disent mais pourquoi tu continues à te fatiguer à travailler un jardin ? Mais si j’arrête de travailler mon jardin, je meurs » : sur ces mots de Pierre Rabhi s’ouvre le film "Au nom de la terre". Jeudi 21 mars, les deux salles de l’UGC Bercy mobilisées pour la projection de l’avant première étaient pleines à craquer. Militants, jeunes agriculteurs ou simples spectateurs étaient venus recueillir la bonne parole de ce paysan algérien devenu l’un des papes de la décroissance.


"Aimez la terre et elle vous aimera"


Jamais encarté politiquement ou syndicalement, Pierre Rabhi, n’a cessé de marteler son message: aimez la terre et elle vous aimera. Loin du temps où l’homme cultivait ce dont il se nourrissait, son expérience d’ouvrier spécialisé nous rappelle pourtant une vérité évidente: pourquoi travailler pour acheter de la nourriture moins bonne et plus chère que celle qu’on peut faire pousser dans son jardin ? « On voit s'ériger des générations d'enfants qui faute d'un éveil à la vie sont réduits à n'être que des consommateurs insatiables, blasés et tristes » écrit-il dans son Manifeste pour la Terre et l'humanisme.


La fin du "toujours plus"

Pierre Rabhi appelle à « une sobriété heureuse », dans le respect de l’homme et de la nature, loin du mythe de la croissance illimitée. Ses détracteurs le dépeignent comme un doux illuminé dont les méthodes d’agriculture ne seraient pas à même de nourrir une planète de 7 milliards d’habitants. Pour lui, c’est justement le « toujours plus » qui est responsable de la destruction progressive des ressources naturelles. Au-delà des mots, qu’il manie aussi habilement que sa bêche, Pierre Rabhi est un homme d’actions. "Au nom de la terre" retrace l’itinéraire d’une saga, du désert algérien à son expérience internationale en sécurité alimentaire, ponctuée de tous les projets qu’il a initié transmettant, champs par champs, la connaissance et la volonté à d’autres de continuer à soigner la terre nourricière.

"Paysan sans frontière"


L’aventure démarre pour lui avec l’association « Paysan sans frontière ». En 1981, il part transmettre son savoir-faire au Burkina Faso. Quatre ans plus tard, il créé à Gorom-Gorom un centre de formation à l'agroécologie. Créée en 1994 sous le nom des Amis de Pierre Rabhi, rebaptisée en 1999, l’association Terre & Humanisme œuvre pour la transmission de l’agroécologie. Accueillant chaque année plus de 250 stagiaires, plus de 200 bénévoles et des centaines de visiteurs, l’association continue le travail de Pierre Rabhi, notamment en Afrique.

 

Il peut aussi compter sur le mouvement citoyen Colibris, qu’il a crée en 2008, et qui fort de ses 60 000 membres s’engage à inspirer et soutenir tous ceux qui participent à construire un nouveau projet de société. L’association tient son nom d’une légende racontant que lors d’un immense incendie de forêt, tous les animaux terrifiés observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! » Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »


« Ce qui est important, c’est que ça ouvre des pistes de réflexion, des débats, des questionnements», dit Marie-Dominique Dhelsing réalisatrice d’"Au nom de la terre".


Des citoyens engagés


Dans la salle de projection, les différences d’âges s’effacent autour d’une conviction commune : tels les colibris de la légende, les spectateurs semblent persuadés que leurs actions peuvent changer les choses. Certains n’ont pas attendu de voir le film pour le faire.


« J’ai décidé de tout abandonner pour retourner à la terre, je fais de la culture de spiruline [micro-algue commercialisée comme complément alimentaire, ndlr] dans le sud de la France », dit Eric Hervet, un grand barbu l’air sympathique. « J’ai lu pas mal de ses ouvrages et ça m’a conforté dans le choix de revenir à la nature, il m’a aussi beaucoup apporté sur le côté philosophique et littéraire. »


D’autres imaginent ce qu’ils peuvent faire à leur échelle. « Quand on voit la foule de gens qui était là ce soir, il y a un vrai éveil de conscience qui se fait, c’est formidable » s’enchante Anick Bourbard, retraitée. « Après c’est vrai qu’on a peu de possibilité en tant que Parisien, mais ça va déjà avoir un impact sur ma famille et je vais en parler autour de moi. »


Cultiver un potage, un geste politique


Dans le débat qui suit le film, Pierre Rabhi rappelle justement qu’ « il ne suffit pas de manger bio pour sauver le monde » (titre d’un ebook issu de son entretien avec Rue89) et que cultiver un potager, même sur son balcon, est un geste politique. Il nous livre également son intention de s’impliquer encore plus dans le problème de la faim dans le monde dans les années à venir. « On avance, étape par étape, sans préjugés de ce que ça va devenir. On a la volonté de continuer jusqu’à ce que ça prenne et touche un maximum de gens », nous explique Pierre Rabhi à la fin de la projection.


« A nos enfants » : c’est par cette dédicace que s’achève "Au nom de la terre".  Faisant écho à l’une de ses devises : « Quelle planète laisserons-nous à nos enfants, quels enfants laisserons-nous à la planète ? ». Autrement dit les générations futures ont un rôle primordial à jouer. « Je l’espère sincèrement », nous confie Pierre Rabhi, « sinon tout ce que nous avons fait n’aura servi à rien. »


Corentin Courtois pour ARTE Journal

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