Partager l'article ! Une vie de lutte contre l'apartheid... et le sida (OF): Zachie Achmat et Mandela jeudi 25 août 2011 ...

Zachie Achmat et Mandela
TAC, pour Treatment action campaign. Ce mouvement, lancé par Zachie Achmat pour réclamer un égal accès de tous aux traitements anti-sida, est le thème du film de Jack Lewis, présenté cette semaine en avant-première mondiale au 34e festival de cinéma de Douarnenez.
Zachie Achmat, militant
Né dans la working-class, métis et musulman, Zachie Achmat a été un tout jeune militant de la cause anti-apartheid avant de devenir un infatigable combattant. Engagé dans la lutte contre le sida, jusqu'à mettre en péril sa santé.
« J'ai appris de mon père qu'il ne fallait pas faire de mal ni ne jamais juger les autres », dit celui qui a participé, à 14 ans, au soulèvement du township de Soweto (1976), avant de tenter d'incendier les locaux administratifs de son lycée de Cape Town.
Arrêté, condamné à être fouetté, il s'engage très jeune dans l'ANC ou African national congress (1), dont il reste un membre actif. Dès 1985, il est sur le front de la lutte anti-sida dans un pays où, déjà, la maladie fait des ravages alors même que l'homosexualité est toujours illégale.
Cinq ans d'inaction, dix ans de perdus
En Afrique du Sud, le sida s'est propagé très vite. Pourtant très ouvert sur la question, Nelson Mandela fait preuve d'une inaction coupable lors de son accession à la présidence en 1994. Peut-être par peur de bousculer les traditions et coutumes.
Son successeur, Thabo Mbeki, s'enferme dans une attitude incohérente, faisant appel à des charlatans de toutes sortes pour combattre le fléau. Résultat : de 1994 à 2011, le nombre des personnes touchées passe d'un million à 5,4 millions.
De 1998 à 2003, Zachie Achmat, atteint par le virus, refuse de se soigner tant qu'il y a une discrimination dans l'accès aux soins. Enfin, à force de procès et de campagnes, son mouvement obtient gain de cause en partie, avec l'arrivée (contre la volonté des multinationales pharmaceutiques) des médicaments génériques.
Jack Lewis, réalisateur
L'aboutissement de cette lutte est symbolisée par une image très forte : Nelson Mandela revêt alors le tee-shirt « HIV positive ». Malgré le ralliement des églises de toutes confessions, la partie est loin d'être gagnée : seules 1,5 million de personnes infectées ont un accès correct aux soins et 2,5 millions de malades sont en attente de traitement.
Jack Lewis, réalisateur et militant anti-apartheid, fondateur d'Out in Africa en 1994, festival du film gay et lesbien, engagé dans la lutte anti-sida, retrace ces années de combat dans son documentaire TAC, Taking Haart.
Images d'archives et témoignages rendent hommage à ces hommes et ces femmes qui ont consacré toutes leur énergie, leur courage, à ces dix années de lutte. À découvrir également, du même réalisateur Proteus est une fiction co-réalisée avec John Greyson en 2004. Son action se situe en 1718 dans le pénitencier de Robben Island. Une histoire d'amitié et d'amour entre un prisonnier noir et un jeune marin blanc de Rotterdam.
Vendredi 26, à 14 h 30, projection de Proteus, dans l'auditorium de la médiathèque.
(1) Créé en 1912 pour défendre les intérêts de la majorité noire contre la minorité blanche, l'ANC (Congrès national africain), membre de l'Internationale socialiste, a été déclaré hors-la-loi par le Parti national pendant l'apartheid en 1960. Puis, à nouveau légalisé le 2 février 1990. L'apartheid a lui été aboli en juin 1991.

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