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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 11:43

 

Pire que les lasagnes à la viande de cheval, le porc aux antibiotiques. On en gave les animaux pour combattre des bactéries... qui résistent parfois.

Dans une récente interview, Fabrice Nicolino, auteur de « Bidoche, l’industrie de la viande menace le monde », évoquait l’existence d’une « bombe sanitaire » bien pire, selon lui, que les lasagnes à la viande de cheval. Son nom : le Sarm (Staphylococcus aureus résistant à la méticilline). Sous ces quatre lettres se cache une bactérie. Plus exactement, un staphylocoque doré ultrarésistant à un antibiotique appelé méticilline. Sa victime préférée : le porc d’élevage intensif, tellement gavé et habitué aux antibiotiques que son organisme ne répond plus de rien. La bactérie, impossible à éradiquer une fois qu’elle a pris ses quartiers, contamine ainsi la viande, et par prolongement, l’homme qui est à son contact et/ou la mange.

19 000 morts aux Etats-Unis

S’il fallait une preuve que tout n’est pas bon dans le cochon, la voici : selon une étude parue en 2007 dans le Journal of American Medical Association, les infections au Sarm sont deux fois plus importantes que ce que les chercheurs pensaient jusque-là. Les chiffres, cités par le New York Times en 2007, font bondir : selon une extrapolation réalisée à partir de l’observation de neuf endroits, près de 95 000 patients auraient été infectés par le Sarm en 2005, et 19 mille  personnes en seraient mortes. Pire que le sida, la maladie de Parkinson ou les suicides, remarque le journal.

Jusque-là vous ne voyez pas bien le rapport avec la bonne cochonnaille made in France. L’Amérique, c’est loin, et tout le monde sait bien qu’on y fait n’importe quoi. D’ailleurs, quatre cinquièmes du total des antibiotiques consommés dans ce pays le sont par des animaux et non par des humains, nous rappelle un article. Pourtant, le gavage aux antibiotiques des animaux et le Sarm nous concernent aussi, bien qu’à une échelle plus petite. Le même Fabrice Nicolino écrivait dans Le Monde la semaine dernière :

« Bien que des chiffres indiscutables n’existent pas, on pense que les trois quarts des 7 000 à 10 000 décès annuels de ce type en France sont le fait de bactéries résistantes aux antibiotiques, au tout premier rang desquelles le Sarm. »

Selon une note du Centre d’analyse stratégique (novembre 2012), au moins 25 000 patients [PDF] décèdent chaque année en Europe d’une infection due à l’une des cinq bactéries multirésistantes (BMR) les plus fréquentes.

Deuxième plus gros consommateur d’antibiotiques vétérinaires du continent, la France est logiquement parmi les pays les plus touchés. L’antibiorésistance est même « une maladie émergente », bien décrite dans ce reportage du Magazine de la santé. Focus sur l’antibiorésistance: Imaginez bien qu’en 2010, les élevages hexagonaux ont consommé 1 011 tonnes de médicaments, soit environ deux fois plus que les humains.

Les antibiotiques : la théorie... et la pratique

Parmi ce millier de tonnes d’antibiotiques, un peu moins de la moitié (44% [PDF]) est destinée aux porcs d’élevage. En théorie, uniquement pour les soigner : l’Union européenne a interdit en 2006 le recours aux antibiotiques pour stimuler la croissance des cochons comme cela se fait aux Etats-Unis. « La France, ce n’est pas les Etats-Unis », assurent tous les vétérinaires spécialisés contactés par Rue89 :

« Quand un antibiotique est prescrit à un porc, c’est pour répondre à une situation sanitaire en évolution, qui se traduit généralement par des pertes d’animaux et des conséquences économiques importantes. »

Ou encore :

« Les antibiotiques, c’est comme pour nous, c’est pas automatique. »

Mais si les antibiotiques sont utilisés avec une telle parcimonie dans les élevages, s’ils sont sans risques pour leur santé ou la nôtre, pourquoi le gouvernement s’est-il engagé [PDF] fin 2011 à réduire de 25% leur utilisation sur les animaux ? Et le plan de prévention européen mis en place contre l’antibiorésistance en novembre 2011 ?

« Le Sarm ? Jamais entendu parler »

En déambulant dans les allées du Salon de l’agriculture, où la mauvaise foi est à l’honneur, Rue89 a interrogé Jean-Michel Serres, le président de la Fédération nationale porcine. Etrangement, il dit n’avoir jamais entendu parler du Sarm. Il appelle à la rescousse Didier Delzescaux, directeur d’Inaporc, l’Interprofession nationale porcine :

« Je n’en ai jamais entendu parler... Ou en tout cas, on n’a jamais rien détecté. On travaille avec l’Agence nationale de sécurité de l’alimentation [Anses] sur les antibiotiques et on a fait baisser leur utilisation de 20%. »

Il précise :

« Il n’y a pas de surconsommation de médicaments. On n’en donne que sur prescription, pas en prévention. »

Pas comme le nuage de Tchernobyl

L’Anses, justement, voit bien de quoi on parle quand on prononce le vilain acronyme de Sarm. Certains ingénieurs de l’agence ont participé à une étude européenne [PDF] sur la bactérie en 2009, et c’est celle-là même que Nicolino citait.

Tandis que nos voisins européens déclarent environ 45% de contaminations de porcs par le Sarm, la France n’en reconnaît que 1,9% de cas. Eric Jouy, ingénieur à l’Anses, nous explique ce résultat :

« Ce chiffre a été confirmé. Il peut paraître étonnant, mais l’étude indique aussi de grandes différences sur les modes d’élevage d’un pays à l’autre, ou les échanges d’animaux vivants entre les pays.

Certains s’étonnent que, comme le nuage de Tchernobyl, l’épidémie se soit arrêtée à la frontière. Mais avec la viande, il y a bien des frontières. »

Contamination

Résumons. D’après la communauté scientifique, et à supposer que ses chiffres soient exacts, la France a donc un taux de contamination par le Sarm minuscule, grâce à un profond respect de la législation en matière d’antibiotiques, et parce qu’elle n’échange pas de bêtes avec ses voisins. Soit. Il n’empêche. La bactérie est bien présente dans notre assiette, ne serait-ce que parce que 35% du porc que nous mangeons provient de pays qui, eux, ont signalé des cas de Sarm animal. D’après « Le porc par les chiffres », une brochure réalisée par l’Institut du porc, la moitié du cochon que l’on importe provient d’Espagne, le reste en grande partie d’Allemagne (17,1%). Des pays qui déclarent respectivement 46% et 43,5% d’élevages porcins contaminés.

*

http://www.rue89.com/rue89-planete/2013/03/02/viens-diner-jai-cuisine-du-porc-aux-antibiotiques-240105

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