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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 11:43

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(Photo: L' indispensable livre de Daniel Guérin ) Par Ivan du Roy (11 mars 2013)


Que peut nous enseigner aujourd’hui la Révolution française ?

 

Une crise économique, des privilèges établis, une dette terrible, une aspiration du peuple à l’égalité et au bonheur... La situation de 1789 ferait-elle écho à la nôtre ? Entretien avec Eric Hazan, éditeur et écrivain, qui invite à garder vivante la mémoire de ces moments d’incandescence révolutionnaire, à en préserver l’inspiration, face à ceux qui ne voudraient y voir qu’un « trouble malencontreux venu bouleverser de façon sanglante le mouvement général vers le libéralisme ».

 

Basta ! : Castes privilégiées, classes laborieuses paupérisées, crise économique, caisses du royaume quasi vides, dépenses inconsidérées de la Cour… Autant d’éléments qui font étrangement écho à la situation économique actuelle. La crise a-t-elle été le principal déclencheur de la Révolution ?


Eric Hazan [1] : Si l’on se met dans la peau d’un sujet de Louis XVI, un minimum conscient de la situation en mars 1789, avant la tenue des états généraux : il sait qu’il y a une dette terrible, que le Trésor est en faillite. Les intérêts de la dette mangent la moitié des recettes du royaume ! Il sait aussi que sous Louis XV, la France a déjà fait faillite, et ne remboursait plus la dette tout en augmentant les impôts. Un scénario « à la grecque », dirait-on aujourd’hui.

 

La situation économique n’a cependant pas été le principal déclencheur de la Révolution. Dette ou pas, le trône de Clovis, de Saint-Louis ou de Louis XIV paraissait installé pour l’éternité. Comme l’économie de marché aujourd’hui : c’est comme ça et puis c’est tout. Le Roi de droit divin, on n’y touche pas ! Trois ans plus tard, la royauté était par terre. C’est le principal enseignement de la Révolution : avoir eu lieu. Cela nous montre que les évènements qui semblent les plus improbables, voire impossibles, peuvent survenir. En cela, c’est un événement très encourageant pour aujourd’hui.

 

Distinguez-vous des similitudes entre ceux qui appartenaient aux ordres privilégiés – noblesses, hobereaux de province, ecclésiastiques – et ce qu’on appelle aujourd’hui l’oligarchie ou « les 1% » dénoncés par le mouvement Occupy Wall Street ?


On ne peut pas pousser la comparaison trop loin. On estime le nombre de nobles et de « têtes ecclésiastiques » entre 120 000 et 350 000, ce qui représente environ 1,6% de la population française de l’époque. Les 4 000 familles de la noblesse de Cour profitent de nombreuses largesses : pensions, soldes des officiers, charges de la maison du roi et des princes. L’Eglise perçoit la dîme, payée en nature sur toutes les terres, et liée principalement à la récolte du blé. Mais les privilégiés du temps de Louis XVI ne travaillaient pas. C’est bien ce qui distingue la noblesse à Versailles ou les petits hobereaux de province de tous les autres. Le travail était quelque chose de complètement dévalorisant. Aujourd’hui, à leur façon, les privilégiés travaillent.

 

Les ordres privilégiés de l’époque s’appuient sur les droits féodaux : dîme, droits seigneuriaux, impôts en tout genre. N’a-t-on pas basculé dans une économie similaire, basée sur le versement d’une rente à de puissants acteurs économiques : rente du logement, de l’eau, de l’énergie, du transport ?


Le principal impôt royal est la taille. S’y ajoutent d’énormes impôts indirects, comme la gabelle, la taxe sur le sel, collectée par la ferme générale. Les droits seigneuriaux, c’est particulier. Il y a d’abord le pognon : les paysans, qu’ils soient propriétaires ou non, donnent en argent ou en nature une partie de leur production aux seigneurs. Ils sont aussi soumis à une série énorme de dispositions très humiliantes et vexatoires, énumérées par Tocqueville : droit d’assise sur les animaux servant au labourage, droit des bacs seigneuriaux pour passer les rivières, droit de creuser des fontaines, droit de pêche, droit de chasse…

 

« Ainsi, sur toute force naturelle, sur tout ce qui végète, se meut, respire, le droit féodal a étendu ses prises », écrit Jean Jaurès [2]. Et bien sûr, le droit de corvée. Rien ne ressemble aujourd’hui à la corvée, à part peut-être le salariat ? La nuit du 4 août 1789, une partie de ces dispositions humiliantes sont supprimées : toutes les corvées, tout ce qui ne se paye pas. Ainsi que la dîme, versée à l’Eglise, soit 10% de tout ce qu’on récoltait. Les nobles continuent cependant de percevoir l’argent. Il faut attendre l’été 1793 pour que l’on puisse affirmer que tous les privilèges sont terminés.

 

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