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Lignes : Pourquoi un parti, qui semble une forme datée, et non pas quelque chose de plus souple, de moins centralisé, de plus en rapport avec les formes souples contemporaines de réseaux ?

Daniel.Bensaïd : Parti, mouvement, ligue, alliance… Peu importe le mot. Ce qui importe en revanche c’est l’efficacité pour l’action et les principes de vie démocratique. Nous voulons une organisation de militants, et non de simples adhérents, qu’on ne voit que les jours de congrès. Ce n’est pas par nostalgie d’un mythe bolchevique, mais bien d’abord et avant tout par souci démocratique. Dans sa campagne, Ségolène Royal a beaucoup parlé de démocratie participative, mais un parti d’adhérents à 20 € - qui adhèrent non pour militer, mais pour voter, en se contentant de cliquer sur internet - c’est une forme de démocratie passive, au mieux consultative, au pire plébiscitaire.

Nous voulons au contraire une organisation qui résiste, en créant son propre espace démocratique, aussi bien aux logiques du pouvoir économique qu’aux logiques du pouvoir médiatique. Il y a démocratie active quand la délibération la plus libre aboutit à des décisions collectives qui engagent chacun et permettent de tester ensemble, à l’épreuve de la pratique, les choix opérés. Une délibération qui n’engage à rien est un simple échange d’opinion. Il n’y a pas besoin de partis pour cela. Une amicale ou un comptoir de bistro suffisent. Le dénigrement de la forme parti participe de la dégradation plébiscitaire de la vie politique, de sa personnalisation croissante, de son évolution vers un rapport fusionnel entre l’individu charismatique médiatisé et la masse inorganique, au mépris de toute médiation politique, partisane ou autre. Or, la politique est précisément un art des médiations. La montée en puissance spectaculaire du « je » au détriment du « nous » lors de la dernière campagne présidentielle est symptomatique de cette tendance préoccupante. Il n’y a pas d’organisation sans un minimum de règles communes, et il n’y a pas de droit sans un certain formalisme juridique. Non seulement les partis, mais les syndicats, les associations, ont des statuts qui sont en quelque sorte la charte constitutionnelle sur laquelle repose l’adhésion volontaire de leurs membres. Certes, le centralisme démocratique, désormais identifié au centralisme bureaucratique, a fort mauvaise presse. Mais la démocratie et un certain degré de centralisation ne sont pas antinomiques. Au contraire ils sont la condition l’une de l’autre. La démocratie n’est jamais parfaite, mais toutes les formules prétendant à plus de souplesse informelle s’avèrent moins démocratiques et aboutissent en fait à déssaisir le collectif militant de sa propre parole (et du contrôle de ses porte-parole). La démocratie d’opinion, autrement dit la démocratie de marché, isomorphe à l’économie de marché, propice à toutes les démagogies, on en a hélas souvent fait l’expérience, de sorte que notre préoccupation puisse aujourd’hui être entendue à condition de s’expliquer clairement. Parler d’un parti de militants, et non de simples adhérents-votants, n’implique ni rythme d’activité effrénée, ni hyper centralisme, ni discipline de fer. Chacun peut contribuer à l’activité commune selon ses capacités, ses contraintes, son temps disponible, l’important étant que les décisions auxquelles il prend part l’engagent personnellement et pratiquement. La communication transversale que permettent aujourd’hui les technologies téléphoniques ou internet permettent de briser le monopole de l’information qui fut l’un des fondements des pouvoirs bureaucratiques. Les difficultés et les obstacles sont nombreux. Nous devons le savoir. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas essayer. On nous reprocherait, et nous nous reprocherions les premiers, de ne pas l’avoir fait, quand il en était temps

Critique co

Au vu du bilan du siècle dernier, il est indispensable de revenir sur les rapports de la tradition marxiste et de la démocratie. Certes, au prix que l'on connaît, des courants se réclamant de Trotski, et plus généralement du marxisme révolutionnaire, ont opposé au totalitarisme stalinien et au monolithisme du " parti unique ", la libre discussion, le pluripartisme et la démocratie des conseils ouvriers. Mais l'on ne peut se contenter de se réclamer de cette tradition, il faut revisiter l'héritage légué par Marx ou celui de la période des années 1920 de la jeune révolution russe. Il faut prendre la mesure de ce que signifie l'avènement de la démocratie moderne, de l'affirmation de l'égalité citoyenne entre tous les individus et se son corollaire : le suffrage universel. Et ce retour critique sur les rapports de la tradition marxiste et de la démocratie ne relève pas d¹un seul travail sur l'histoire passée. Il éclaire également les perspectives actuelles : la démocratie doit être au centre du nouveau projet d'émancipation qu'il s'agit de formuler. Certes, la démocratie politique n'est pas suffisante, il faut également une démocratie économique, comme en traitera un prochain Cahier. Mais elle est indispensable. C'est autour de ces thèmes que s'organisent les divers textes de ce livre. Il est introduit par un texte d'Antoine Artous qui revient sur la portée historique de l'avènement de la démocratie moderne (émancipation politique), opère une opère un retour critique sur la façon dont Marx l'a analysé, sur la perspective de la démocratie des conseils ouvriers que les marxistes critiques ont opposé stalinisme et la place que doit occuper aujourd'hui la démocratie dans les luttes d'émancipation.

 

 

Pour une démocratie socialiste autogestionnaire

Les libertés politiques et l’égalité des droits constituent un progrès historique.

Le pluripartisme et la libre confrontation des programmes sont nécessaires pour résoudre les contradictions sociales et  les conflits d’intérêts qui n’ont pas disparu.

Le  pluripartisme politique, et la distinction entre partis, syndicats et État exigent une codification institutionnelle (une Constitution) des conditions de fonctionnement, d’expression, et de participation à l’exercice du pouvoir. À la lumière de l’expérience historique, l’indépendance des syndicats et des mouvements sociaux envers l’État et les partis, la liberté de la presse, la liberté en art, l’autonomie de la justice, la garantie du pluripartisme, le droit à l’autodétermination des nationalités constituent autant de principes fondamentaux. Il en va de même des garanties des droits individuels vis-à-vis des pouvoirs publics et des différentes institutions.

 

 

Un système d’assemblées élues

L’égalité des droits et le suffrage universel sont des éléments clés de toute démocratie. Toutefois, une démocratie socialiste autogestionnaire devramultiplier les formes d’organisation en vue de gérer démocratiquement l’ensemble des aspects de la vie sociale et économique. Il serait vain de vouloir décrire d’avance en détail les multiples formes d’organisation qui peuvent naître de la lutte et de l’expérience. Personne n’avait imaginé la Commune de Paris avant qu’elle naisse de l’imagination collective.

Dans ses fondements, cette démocratie vise à représenter réellement les citoyens et les producteurs, selon le principe  « un homme/une femme égale une voix », à travers un système d’assemblées élues à la proportionnelle, au niveau central comme local, et sur les lieux de travail.

Une démocratie socialiste autogestionnaire devrait aussi lutter contre « les dangers professionnels » du pouvoir en développant des formes de responsabilité et de révocabilité des élus par leurs mandants, en interdisant le cumul des mandats électifs, en limitant leur renouvellement et en plafonnant le salaire des élus au niveau d’un salarié qualifié. Elle devrait promouvoir une réelle égalité politique entre individus, en particulier entre hommes et femmes. Elle devrait développer les formes de contrôle des mouvements populaires sur les assemblées, à travers des comités de quartier, des assemblées de citoyens, et le recours possible aux référendums d’initiative populaire.

 

La socialisation du pouvoir contre l’étatisation de la société

La démocratie socialiste autogestionnaire met donc l’accent non sur l’étatisation de la société, mais sur la socialisation du pouvoir. Elle articule aux assemblées représentatives une démocratie sociale et économique. Elle ne peut être décrétée par en haut mais relève d’un processus historique qui dépend notamment d’une transformation radicale de la division sociale du travail. La réduction du temps de travail, l’existence de réseaux modernes de communication directe peuvent favoriser l’intervention permanente des intéressés, permettre de réduire les délégations de pouvoir et l’autonomie de l’État.

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