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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 08:54














Pour saluer Georges Guingouin, mort le 27 octobre 2005 et sur lequel tout a déjà été dit clic-clic, la photo de trois de ses hommes du maquis de Haute-Vienne, par l'un d'entre eux, Israëlis Bidermanas, celui-là même qu'on appellera Izis après-guerre. Un autre 27 octobre, dit-on, 1943, les mêmes crapules qui s'acharneront plus tard sur Guingouin faisaient assassiner au maquis de Haute-Loire Abraham Sadek, Maurice Sieglmann, Jean Reboul et Pietro Tresso (Blasco), combattants communistes - mais trotskistes, c'était pire que tout voyez-vous en ces temps déraisonnables.

Le 27 octobre 2005, Georges Guingouin disparaissait. Premier maquisard de France et libérateur de Limoges, il eut également à affronter la répression stalinienne.

 

Guingouin fut un résistant social, qui peut servir d'exemple à tous ceux qui luttent aujourd'hui pour « un juste développement humain ».


Le colonel Guingouin est avant tout connu pour ses hauts faits d'armes. Il sait organiser, entre 1940 et 1944, jusqu'à 20 000 hommes en Limousin et il livre notamment les combats héroïques au mont Gargan contre les unités hitlériennes du général Ottenbacher. Sans son action, qui fixe sur le sol limousin une division blindée entière, le débarquement de Normandie eut certainement été un échec, comme le reconnaîtra lui-même le commandant en chef des forces alliées d'alors, le général américain Dwight Eisenhower. Pour sa contribution à la libération de la France et de l'Europe, Guingouin se voit décerner l'acte de reconnaissance de la nation américaine, et De Gaulle le fait compagnon de la Libération, une distinction rarissime pour un communiste.


Car Guingouin n'est pas qu'un stratège et un patriote, c'est un communiste.

 

Natif de Magnac-Laval, dans la campagne haut-viennoise, il se définit lui-même comme un descendant du mouvement syndical et révolutionnaire du Limousin et de l'Occitanie. Il est fils de ce pays où les bergers lisent Marx, sous l'influence des maçons de la Creuse - des gueux crevant de faim qui, montant à Paris pour survivre, en ont rapporté le socialisme.


« Préfet du maquis »


C'est donc naturellement qu'il s'est tourné vers le Parti communiste (PCF). Il adhère en 1935 au rayon d'Eymoutiers(1), tout près de Saint-Gilles-les-Forêts, où il officie comme instituteur. Et c'est aussi naturellement, comme responsable de son rayon, qu'il prend le maquis, le 18 juin 1940 (sans avoir écouté la radio !), avec quelques-uns de ses camarades. Distributions clandestines de tracts sur le marché d'Eymoutiers, destructions de machines à faire des bottes de foin et sabotages de fabriques travaillant pour l'occupant : on ne compte plus les actions de « Lou Grand »(2) qui se proclame « préfet du maquis ». Cela ne plaît guère à l'occupant. Mais cela ne plaît pas plus au PCF qui, du fait du Pacte germano-soviétique, proscrit tout acte de résistance. Le parti tente de ramener à la raison « le fou qui vit dans les bois », sans succès. Puis, c'est une tentative de liquidation physique. Devant ce nouvel échec, on tente de le mettre au placard en lui proposant une promotion à la direction des Francs-tireurs partisans (FTP) du Puy-de-Dôme. Il refuse.


En juin 1944, alors que le parti estime que toute résistance valable doit être ouvrière et urbaine, et qu'il ordonne aux communistes, par la voix de Léon Mauvais, de prendre les villes, « Lou Grand» ne se soumet pas. Il sait qu'un assaut serait coûteux en vies humaines et que la ville risquerait d'être reprise et soumise à des représailles terribles. Cette nouvelle désobéissance lui est vivement reprochée. À ce moment-là, d'autres villes de la région seront prises par les maquisards, puis perdues, comme Tulle, où 99 otages sont pendus.

 

Encore une fois, les faits ont donné raison à Guingouin contre le parti.

 

Et c'est sans effusion de sang qu'il prends Limoges, au mois d'août, après avoir encerclé la ville et négocié la reddition du général allemand Gleiniger.


À ce moment, Guingouin est au faîte de la gloire et le parti doit se résoudre à le soutenir, au moins publiquement. C'est ainsi que le PCF remporte les élections municipales de 1945 à Limoges, une ville tenue par les socialistes depuis 1912. L'ex-« préfet du maquis » s'installe donc à la mairie et met en pratique ses idées. Il finance de grands travaux (complexe sportif, cités ouvrières, voirie...) dans l'intérêt des classes populaires limougeaudes, et il encourage la vie associative (patronages laïques, « samedis rouges »). Pour faire face aux problèmes du logement, il crée un service municipal, chargé de réquisitionner des habitations privées, et il soutient l'occupation des casernes par les comités locaux, qui comptent y faire des appartements.


L'ancien maire, Léon Betoulle, qui, député, a voté, en 1940, les pleins pouvoirs à Pétain, ne désespère pas cependant de retrouver sa place. Et lorsque, deux ans plus tard, de nouvelles élections sont convoquées, Guingouin est battu, victime d'une union sacrée entre les staliniens et les socialistes. Le vœu du bourgeois attentiste Betoulle est exaucé.

Mais cela ne suffit pas.  

 

Ceux qui l'ont battu politiquement veulent l'abattre, le détruire, casser son prestige.

 

C'est ainsi qu'il sera brisé, au sein du parti, par Duclos et Thorez(3). Comme Marty et Tillon(4), il est écarté des directions, avant d'être exclu, en 1952, comme « titiste»(5) et « ennemi de la pire espèce ». À l'extérieur, les socialistes déclenchent la curée. L'un d'eux, le normalien Jean Le Bail, publie dans Le Populaire du Centre une série d'articles intitulés « Limousin, terre d'épouvante ». Dans ce feuilleton, qui devient quotidien, le dirigeant de la SFIO(6) déterre des affaires classées, et il attribue chaque jour un nouveau crime à la Résistance.


Calomnie


À chaque fois, Guingouin est pointé du doigt. La balle est alors dans le camp de la justice, qui ouvre une instruction et emprisonne le libérateur de Limoges. C'est l'Affaire Guingouin(7) qui commence ! Le héros se retrouve en position d'accusé. On tente même de le « suicider » dans sa cellule de Brive. Il restera plusieurs jours entre la vie et la mort. On tente alors de le faire passer pour fou. Grâce à la détermination de ses proches et de deux jeunes avocats (Roland Dumas et Robert Badinter), il est libéré après quelques semaines. Il mettra tout de même cinq ans à se laver de l'injure et de la calomnie, jusqu'au moment où, en 1959, le procureur du tribunal de Lyon déclare « ne pas comprendre, en son âme et conscience, qu'on ait pu engager des poursuites contre Georges Guingouin ».


Instituteur jusqu'à sa retraite, Georges Guingouin s'est établi près de Troyes. Il revient cependant sur la terre limousine périodiquement, notamment pour assister aux cérémonies du mont Gargan. C'est de là qu'il lance, en 1992, son appel à voter « non » au traité de Maastricht. Dans ses entrevues avec des camarades du cercle Gramsci ou de la LCR de Limoges, il se revendique régulièrement de l'autogestion, se réclamant à la fois de Pierre Leroux qui, en 1845, avait créé la première coopérative en Creuse, de la féministe Pauline Roland ou de Rosa Luxemburg, pour sa critique de la bureaucratie. Analysant la situation actuelle, il s'exprime ainsi, en 2002, après la naissance des mouvements altermondialistes à la suite des rassemblements de Seattle, Gênes et Porto Alegre : « Il y a un foisonnement, c'est certain. Du moment qu'en haut, il y a un échec, à la base, il y a une recherche. Tout le problème, c'est de savoir quand les masses peuvent faire basculer la situation. Mais ça, personne ne le sait. »


Nicolas Vanderlick


1. Un rayon est l'équivalent d'une section du parti à l'échelle régionale.

2. Surnom donné du fait de sa grande taille.

3. Maurice Thorez, alors secrétaire général du PCF, a passé la guerre à Moscou.

4. André Marty, numéro 3 du PCF, et Charles Tillon, chef des FTP ayant organisé le parti dans la clandestinité, sont accusés de « déviationisme ».

5. Du nom de Tito, chef d'État yougoslave.

6. Section française de l'Internationale ouvrière.

7. Lire Michel Taubmann, L'Affaire Guingouin, éditions Lucien Souny, 19 euros.

 

http://orta.dynalias.org/archivesrouge/article-rouge?id=1722

Rouge2133, 10/11/2005

 


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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 08:26

  Georges Guingouin © DR

 

Publié le 02/10/2012 à 17H58, mis à jour le 10/12/2012 à 15H16 Par Linda Belhaoues

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Tourné intégralement en Limousin au mois de mai 2011," Le Grand Georges" de François Marthouret rend hommage à Georges Guingouin, l'une des plus grandes figures de la résistance.
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C'est en tout cas ainsi que le qualifiait le Général De Gaulle. Ecrit par le documentariste, Patrick Rotman, le film sera diffusé en 2013 sur France 3.
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Sa vie ressemble à celle d'un personnage de roman. Georges Guingouin fut le premier maquisard de France. Premier, parce qu'il prit le maquis dès l’été 40. Premier parce qu’à la Libération, il dirigeait dans le Limousin, le plus grand maquis de France avec pas moins de 20 000 hommes.


Ce film est une occasion unique de rendre hommage à celui qu’on appelait « le préfet du maquis » ou le « Tito du Limousin ». Ce jeune instituteur, militant au parti communiste, n'a pas hésité à prendre une position différente de celle de son parti.

 

Malgré un destin exceptionnel, Georges Guingouin n'aura pas eu tous les honneurs de l'Histoire à l'image d'un Jean Moulin ou d'un Raymond Aubrac. Son éviction du PCF donnera lieu à des interrogations. Son action soulèvera également des controverses (souvent exploitées par des journalistes de droite et d'extrême-droite parmi lesquels Henri Amouroux) en raison de présumées exactions commises sous son autorité durant l'« épuration sauvage » de 1944.


Patrick Rotman, signe le scénario. Déjà connu pour ses films d'une grande richesse historique, le scénariste donne ici une nouvelle version de la vie de Georges Guingouin. Un film comme une réhabilitation. Et pour souligner la véracité des propos, rien n'a été laissé au hasard. L'acteur, Xavier Gallais, qui interprète le rôle du Grand Georges lui ressemble étonnament. 

 


Georges Guingouin © DR

Lire aussi: 

 

 

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 14:13

tva

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Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 176 (03/01/13)

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Selon Mediapart daté du 4 décembre, Jerôme Cahuzac, ministre du Budget et héraut de la fraude fiscale, aurait détenu pendant plusieurs années un compte bancaire non déclaré à l’Union des banques suisses (UBS) de Genève.

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Compte fermé en 2010 quelques jours avant de devenir président de la commission des finances de l’Assemblée nationale. Les avoirs auraient été transférés à Singapour. Un nouveau scandale si banal…

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A peine publiées, les informations de Mediapart ont été fermement démenties par le ministre du Budget. Dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale le 5 décembre dernier, il a même été jusqu’à affirmer devant ses pairs, n’avoir

« jamais eu de compte à l’étranger ».


Solidarité de classe

Depuis le début de l’affaire, le gouvernement « fait confiance » à Cahuzac et lui témoigne un soutien sans faille, même si ces derniers jours cette affaire devient de plus en plus embarrassante pour un gouvernement fragilisé de toutes parts. Le Parti socialiste lui-même est monté au créneau et de façon très virulente pour défendre l’une des pièces maîtresses de la rigueur de gauche, allant même jusqu’à dénoncer les informations de Mediapart et ses méthodes.
À l’opposé de leur attitude quand ce même média avait dénoncé les affaires Karachi ou encore Bettencourt sous Sarkozy. Plus surprenant au premier abord, Cahuzac a été également soutenu et défendu par certaines « personnalités » de droite comme Eric Woerth.
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Rappelons que ce dernier en pleine tourmente avait reçu l’appui de Cahuzac qui, au moment de l’affaire Bettencourt, avait dit qu’il n'y avait « ni affaire Woerth ni affaire Bettencourt », estimant même qu’Eric Woerth était « un honnête homme ». Mieux encore, dès sa nomination au Budget, Cahuzac a commandé un rapport à un « expert » soi-disant indépendant sur la vente de l’hippodrome de Compiègne. Un rapport qui, comme par enchantement, blanchi Woerth, alors que celui de la Cour de justice de la République l’accable.

Du même monde…

Cette première affaire politico-­financière sous Hollande montre que le PS est aujourd’hui profondément intégré dans la classe dominante, dans les élites économiques, politiques et administratives. Pour les possédants, les dirigeants socialistes sont des leurs. Ils ont certes parfois des désaccords, des débats avec eux, mais ils sont de leur monde. Cahuzac, entretenant entre autre des relations très étroites avec l’industrie pharmaceutique, en est la parfaite illustration.

Alors que le candidat Hollande avait promis que « l’exemplarité serait le premier changement », cette première affaire montre que les mots ne sont pas suffisants.
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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 14:08

Autocollant NPA - 1

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Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 176 (03/01/13)

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Livrée à Madrid par le gouvernement Hollande suite à un mandat d’arrêt européen (MAE), Aurore Martin, militante de Batasuna (organisation de gauche indépendantiste interdite en Espagne et légale en France), a été libérée le 21 décembre, après avoir passé deux mois dans les geôles espagnoles pour simple délit d’opinion.

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Sa libération était assortie d’une caution de 15 000 euros qui ont pu être collectés en quelques heures dans le Pays basque grâce à un soutien exceptionnel. C’est une forte mobilisation, continue et sans faille depuis plusieurs semaines, qui a permis cette libération conditionnelle. Aurore peut rester en France, mais doit pointer chaque mois au tribunal en Espagne, où il faut qu’elle dispose d’une domiciliation. Il reste maintenant à obtenir le non-lieu.

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La lutte se poursuit pour l’abrogation des lois d’exception et du MAE


Malgré l’arrêt définitif de l’activité armée de l’ETA il y a maintenant plus d’un an, les États espagnol et français refusent en effet tout dialogue et maintiennent la voie répressive : le 19 décembre, le directeur de Gara, quotidien du Pays basque sud, a été inculpé pour apologie du terrorisme suite à un courrier des lecteurs rappelant la mort de deux étarras, il y a 25 ans, dans l’explosion de leur bombe. Son inculpation accompagnait celle des six auteurs du courrier. Le même jour, onze personnes étaient inculpées pour avoir exhibé des photos de presos (prisonniers politiques basques) lors d’une manifestation le 30 juin dernier à Vitoria.


Tel est le contexte dans lequel Herrira (organisation de soutien aux presos et réfugiés basques) appelle à une « mobilisation populaire générale » le 12 janvier à Bilbao.

 

Plus de 100 000 manifestants sont attendus ce jour-là dans les rues de la capitale biscaïenne pour exiger, comme premier pas, le regroupement des presos au Pays basque, la libération des prisonniers gravement malades et conditionnables, et de façon générale le respect des droits des presos. Ils sont aujourd’hui plus de 600, dont 137 dans les prisons françaises.


Le combat continue pour obtenir la libération et l’amnistie pour toutes et tous. C’est bien la rue qui imposera son mot d’ordre aux États espagnol et français : « Presoak etxerat, amnistia osoa ! (Les prisonniers à la maison, amnistie totale !) ».

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Claude Larrieu

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 13:44

aide-alimentaire.jpg

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Par Nolwenn Weiler (2 janvier 2013)

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En France, 3,5 millions de personnes ont recours à l’aide alimentaire, ces produits de première nécessité distribués par les organisations caritatives.

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Financée grâce au budget européen, cette aide est aujourd’hui remise en cause. Les efforts déployés depuis plusieurs années pour améliorer la qualité de ces aliments, et ne pas enfermer les plus précaires dans la malbouffe, seront-ils réduits à néant ?

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 13:07
 

 

Note: Le marbre c'était pour "L'illusion comique" de Corneille par Giorgio Strehler à l'Odéon

 

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 13:01
kokopelli
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VIVAS Esther 1er janvier 2013
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Nous vivons dans un monde d’abondance.

 

On produit aujourd’hui plus de nourriture qu’à aucune autre période de l’histoire. La production alimentaire a été multipliée par trois depuis les années 1960, tandis que la population mondiale, depuis lors, n’a fait que doubler. Il y a donc bien assez de nourriture pour tout le monde. Malgré cela, selon ce qu’indique la FAO, 870 millions de personnes dans le monde souffrent de la faim et, chaque année, on gaspille 1,3 milliard de tonnes de nourriture, soit un tiers de la production planétaire. De la nourriture pour manger ou pour jeter ? Telle est la question.


Dans l’Etat espagnol, d’après la Banque Alimentaire, on jette chaque année 9 millions de tonnes de nourriture en bon état.

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En Europe, ce chiffre atteint 89 millions, selon une étude de la Commission européenne, soit 179 Kg par habitant et par an. Un nombre qui serait même encore plus élevé si on incluait dans ce rapport les résidus des aliments d’origine agricole dans le processus de production ou ce qui est rejeté dans la mer par l’industrie de la pêche. En définitive, on estime qu’en Europe, tout au long de la chaîne agroalimentaire, du champ à l’assiette, on perd jusqu’à 50% des aliments sains et comestibles.


Gaspillage et dilapidation d’un côté et famine et pénurie de l’autre.

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Dans l’Etat espagnol, une personne sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté, soit 21% de la population. Et d’après l’Institut National de Statistiques, on estime qu’en 2009 plus d’un million de personnes avaient des difficultés pour manger le minimum nécessaire. Aujourd’hui, dans l’attente des chiffres officiels, la situation est sans aucun doute pire encore. Dans l’Union européenne, ce sont 79 millions de personnes qui ne dépassent pas le seuil de pauvreté, soit 15% de la population. Et parmi elles, 16 millions de personnes reçoivent une aide alimentaire. La crise transforme le gaspillage alimentaire en un drame macabre où, tandis que des millions de tonnes de nourriture sont dilapidées annuellement, des millions de personnes n’ont rien à manger.


Comment et où jette-t-on une telle quantité de nourriture ?

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A la campagne, quand le prix descend en dessous des coûts de production, ou quand le produit ne répond pas aux critères de taille et d’aspect édictés, il est plus rentable pour l’agriculteur de laisser les aliments que de les récolter. Dans les marchés majoritaires ou dans les centrales d’achat, les aliments doivent passer par une sorte de « concours de beauté » qui répond à des critères établis par les grandes chaînes de supermarchés. Dans la grande distribution (supers, hypermarchés…), qui nécessitent un nombre élevé de produits pour être toujours en permanence remplis, même si une bonne partie deviennent caducs et doivent être jetés, il se produit des erreurs dans la confection des commandes, il y a des erreurs de conditionnement et une détérioration des aliments frais. Dans d’autres points de vente au détail, comme les marchés ou les petits magasins, on jette ce qui ne s’est pas vendu.


D’après un rapport de la Fédération espagnole d’Hôtellerie et de Restauration, dans les restaurants et les bars, où 60% des gaspillages sont la conséquence d’une mauvaise prévision ; 30% des aliments sont dilapidés pendant la préparation des plats et 10% correspond à ce que les consommateurs laissent dans leurs assiettes. A la maison, les produits se gâtent parce que nous avons acheté plus que ce dont nous avions besoin, poussés à acheter de trop par les promotions de dernière minute et les réclames de type 2 pour le prix de 1, ou parce que nous ne savons pas interpréter un étiquetage confus ou par des empaquetages qui ne correspondent pas à nos besoins.


Le gaspillage alimentaire a des causes et des responsables divers, mais, en fin de compte, il répond à un problème structurel et de fond :

 

les aliments sont devenus des marchandises que l’on vend et que l’on achète et leur fonction principale, celle de nous nourrir, est passée à l’arrière plan. Ainsi, si la nourriture ne remplit pas certains critères esthétiques déterminés, sa distribution n’est pas considérée comme rentable, elle se gâte avant terme et on s’en débarrasse. L’impact de la globalisation alimentaire au service des intérêts de l’agro-industrie et des supermarchés, qui promeuvent un modèle d’agriculture énergivore, dépendant du pétrole, délocalisé, intensif, qui entraîne la perte de biodiversité et de la paysannerie, a une grande responsabilité dans tout cela. Peu importe que des millions de personnes souffrent de la faim. L’important c’est de vendre. Et si tu ne peux pas acheter, tu ne comptes pas.


Et que se passe-t-il pour celui que tente de recueillir la nourriture excédentaire ?

 

Il se retrouve soit avec un conteneur fermé sous cadenas - comme l’a décidé le conseil municipal de Girone pour les dépôts face aux supermarchés, prétextant « l’alarme sociale » face au fait que de plus en plus de personnes cherchent de la nourriture dans les poubelles - ; ou bien il faudra payer une amende de 750 euros pour avoir fouillé dans les containers madrilènes. Comme si la faim et la pauvreté étaient une honte ou un délit, alors que ce qui est honteux et criminel ce sont les tonnes de nourriture que l’on jette quotidiennement et qui sont le fruit des diktats de l’agrobusiness et des supermarchés, avec la bénédiction des administrations publiques.


Les supermarchés nous disent qu’ils donnent de la nourriture aux banques alimentaires, dans une tentative de se blanchir.

 

Mais, d’après une étude du Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et de l’Environnement, seulement 20% d’entre eux le font. Et cela, en outre, n’est pas une solution. Donner de la nourriture peut être une réponse d’urgence, un pansement, voir un garrot en fonction de la blessure, mais il est indispensable d’aller à la racine du problème, aux causes qui provoquent le gaspillage et remettre en question le modèle agroalimentaire pensé non pas pour nourrir les personnes mais pour produire le profit d’une poignée d’entreprises.


Nous vivons dans le monde des paradoxes :

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des gens sans maison et des maisons sans gens ; des riches plus riches et des pauvres plus pauvres ; du gaspillage de nourriture et des gens qui ont faim. On nous dit que le monde est ainsi fait et que c’est une question de malchance. On nous présente cette réalité comme inévitable. Mais ce n’est pas vrai. Et en dépit du fait que le système et les politiques actuelles se disent neutres, elles ne le sont pas. Elles sont déterminées par des choix idéologiques clairement réactionnaires : elles cherchent le profit et la survie de quelques uns sur le dos de la grande majorité. Ainsi fonctionne le capitalisme, même lorsqu’il s’agit de manger.

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http://esthervivas.com/francais/de-...

Article publié dans Público, 01/01/2013.


 

 

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 12:44

exil

4 janvier 2013 

 

Mobilisé autour de la situation de deux familles de migrants, «Urgence: un toit pour tous» maintient la pression sur les services de la sous-préfecture. Hier, après une journée d'attente, les familles ont atterri sous la croix de Saint-Louis.

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Depuis deux jours, la situation de deux familles nouvellement arrivées à Lorient est au centre des préoccupations du collectif «Urgence: un toit pour tous» (voir Le Télégramme d'hier). Une dizaine de membres ont investi la sous-préfecture, mercredi, pour accompagner ces deux familles du Kosovo et d'Arménie. Le coup de force a, une nouvelle fois, opposé les militants et les services de l'État, qui ne semblent pas vraiment s'accorder sur certains points de législation. Quand un porte-parole de la sous-préfecture affirmait que les demandeurs d'asile devaient se faire enregistrer à la préfecture de Rennes pour être pris en charge ensuite à Lorient, les membres du collectif assurent qu'il n'en est rien et que la législation a changé depuis un an. Au passage, ils rappellent que «c'est bien l'État qui doit permettre aux demandeurs d'asile de résider en France pendant le temps d'instruction de leur dossier». Un premier rendez-vous a été donné à l'une des familles le 14 janvier. Et les deux familles ont finalement été hébergées à l'hôtel mercredi soir.

La course pour trouver un toit

Une solution temporaire qui n'a, bien entendu, rien résolu. Le lendemain, (hier) les membres du collectif sont revenus aux nouvelles. «Les familles ne sont pas parties vers Rennes comme cela avait été convenu avec la sous-préfecture. On ne sait pas ce qui s'est passé», commente une militante devant les grilles désormais gardées par les forces de police. L'attente s'installe. Un dialogue entre les services de la sous-préfecture, relayés par les agents des Informations générales, se met en place. L'objectif: trouver un toit aux deux familles. «On ne peut pas les laisser dormir dans la rue, il y a des enfants de 4 à 10 ans», s'insurge une militante. Devant les grilles et sous les lumières de la fête foraine, les gamins tentent de conjurer le froid en courant sur les pavés. Leurs parents sont ballottés entre espoirs et fausses bonnes nouvelles. Vers 17h30, les deux familles se rendent à la mairie. Elles sont doucement invitées à quitter les lieux et à repasser.

Sur les bancs de l'église

Retour à la case sous-préfecture. Et, toujours, l'attente d'une réponse pour la semaine, pour un soir... L'agacement des militants se fait sentir. «On sent qu'on nous mène en bateau. La sous-préfecture joue la montre pour nous décourager». La nuit est à présent tombée, accompagnée de son manteau glacial. L'urgence se fait plus présente. Entre les militants, un mot d'ordre est lancé: «On ne peut plus attendre». Un petit groupe se rend à l'église Saint-Louis, demande à discuter avec le prêtre. Repli vers Saint-Louis. La nouvelle tombe bientôt sur l'un des portables: «La sous-préfecture vient de nous avertir qu'ils n'avaient pas de solutions d'hébergement pour ce soir». Colère et cris d'exaspération. Les familles sont épuisées. Squattant les bancs et observant la crèche de l'église, elles semblent se demander ce qu'elles font là.

L'urgence revient demain

Tout aussi dérouté, le Père Gwenaël Maurey fait son apparition. «Je suis bien embêté...», commence-t-il devant cet attroupement, avant de trouver des solutions: les familles sont conduites vers une petite salle paroissiale, à l'arrière de l'église. On repousse les chaises de la salle de réunion, des vivres sont amenés. Bientôt, un petit campement de fortune, avec des matelas, sera installé. «Contrairement à ce que peut dire la ministre, l'église accueille et sait ouvrir ses portes», commente, dans un sourire un peu las, le Père Maurey. La course contre la montre est gagnée pour cette nuit. Demain? C'est une autre histoire.

Le collectif appelle à un rassemblement devant la sous-préfecture ce matin.

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http://lorient.letelegramme.com/local/morbihan/lorient/ville/demandeurs-d-asile-refugies-a-l-eglise-04-01-2013-1962276.php

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http://www.ouest-france.fr/region/bretagne_detail_-Lorient.-Les-neuf-demandeurs-d-asile-trouvent-refuge-a-l-eglise-Saint-Louis_40811-2149642_actu.Htm

 


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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 12:16

 

2012 s'est terminée dans l'euphorie pour les riches et les patrons :

 

la Bourse a clôturé l'année avec 15 % d'augmentation en moyenne pour les actions du CAC 40. Renault frôle carrément les 50% de bonus, la Société Générale les 63%. Le Conseil Constitutionnel, ce ramassis de vieux réactionnaires, a annulé la timide mesure de taxation à 75% des revenus au-dessus de 1 million d'euros prise par le gouvernement Hollande-Ayrault. Par contre, sans vergogne, il a validé le crédit d'impôts de 20 milliards donnés aux entreprises.


Pour les salariéEs, les milieux populaires, dès le 1er janvier, 2013 s'annonce comme une nouvelle année de galère, de racket avec les augmentations des tarifs du gaz, de l'électricité, de la redevance audiovisuelle, des transports urbains... entre autres !

 

Pourtant il devait y avoir « du changement »...


En fait, depuis le mois de mai, c'est une terrible continuité malgré les changements de tête à l'Elysée et à Matignon. Une preuve de plus avec l'exercice habituel « des vœux du président ». On n'en attendait pas grand-chose, on n'a pas été déçus. Beaucoup d'autosatisfaction et une feuille de route pour 2013 tout à fait dans la suite de 2012. Pour répondre à la « crise historique», le président a validé ses grandes décisions de l'année passée : maîtrise des dépenses, mise en place du pacte de compétitivité, soi-disant maîtrise de la finance, le tout évidemment dans un « esprit de justice »...

 

Hollande est formel : « Nous avons engagé le redressement ». Il n'est pas sûr que les millions de chômeurs, les salariéEs licenciéEs ou à l'emploi menacé comme à PSA ou à ArcelorMittal ou les sans papiers de Lille en grève de la faim partagent son appréciation. Renvoyant sans honte dos-à-dos la « peur du licenciement» des salariés et la soi-disant « peur de l'embauche » des employeurs, Hollande se réfugie derrière le « tout pour l'emploi, la compétitivité et la croissance » pour mieux faire passer sa politique d'austérité. Soyons-en assuré, « le cap est fixé» ! Et quoi qu'il en dise, ce n'est pas l'inversion de la courbe du chômage qui nous attend...

 

Nous pouvons inverser la tendance !


2013 doit donc être l'année des mobilisations unitaires pour faire reculer ce gouvernement, le Medef et les classes dirigeantes : pour l'emploi et l'interdiction des licenciements, pour réquisitionner les entreprises qui mettent les salariéEs à la rue et les logements vides laissés à la spéculation, contre les politiques sécuritaires et xénophobes - notamment au côté des sans papiers - pour l’égalité intégrale, que ce soit le droit au mariage pour touTEs ou le droit des vote des immigréEs aux élections, ou encore pour l’abandon pur et simple du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes...

 

Prenons nos affaires en main,

 

comptons sur nos propres forces et engageons notre camp social sur le chemin des contre-offensives sociales et politiques.

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 10:15

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4 janvier 2013 

 

Entre tracteurs et concerts, l'opposition au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes s'annonce bruyante et rythmée en 2013. La discussion voulue par le gouvernement risque fort, elle, de tourner au dialogue de sourds.

*

La centaine d'irréductibles qui campent sur le site prévu pour la construction de l'aéroport du Grand Ouest, à Notre-Dame-des-Landes, relance son mouvement aujourd'hui avec le «Festi-ZAD», un festival de musique de trois jours. Jeudi soir, la préfecture de Loire-Atlantique a annoncé qu'elle interdirait les chapiteaux du festival pour raisons de sécurité.

Les organisateurs ont toutefois répliqué qu'ils passeraient outre à cette interdiction qui, selon eux, compromet la tenue même du festival. Après la grande mobilisation de mi-novembre - entre 13.000 et 40.000 manifestants -, les anticapitalistes de la Zone d'aménagement différé (Zad) reprennent l'initiative sur le terrain médiatique: l'Acipa, la principale association d'opposants au projet, vient d'annoncer une chaîne humaine pour le 11mai et un autre festival musical, les 3 et 4août. Un calendrier favorable selon les opposants. En effet, le gouvernement ayant annoncé fin novembre un report de six mois des opérations de défrichage, les bûcherons ne pourront revenir qu'en juillet-août. «Ce sera l'été, il y aura plein de gens qui pourront être libres pour venir nous soutenir», espère une jeune militante.


Un camping permanent

«Il y aura plusieurs dizaines de milliers de personnes, ce sera un camping permanent. Si l'État décide de passer en force, ce sera très difficile à gérer», pronostique José Bové, l'eurodéputé écologiste, qui voit mal comment les pouvoirs publics pourraient justifier la présence, pendant des mois, de milliers de CRS sur place. Tentant de désamorcer le dossier, Jean-Marc Ayrault, en première ligne en tant qu'ancien député-maire de Nantes et fervent partisan de l'aéroport, a mis en place une commission du dialogue qui rendra un rapport fin mars. Mais le gouvernement a exclu que cette commission puisse retoquer le projet dans son ensemble et certains opposants, comme l'Acipa, ont décidé de boycotter ses travaux.

Vinci n'exclut pas des retards

Du côté des partisans du projet, à savoir l'ensemble des élus PS et UMP de la région, les positions sont tout aussi tranchées. «Ce ne sont ni la violence ni les hurlements qui décident à la place de l'application du droit que le suffrage universel est seul à donner», plaide Jacques Auxiette, président PS du conseil régional des Pays-de-la-Loire. Le groupe Vinci, concessionnaire du projet, n'exclut désormais plus un retard de l'ouverture de l'infrastructure, prévue en 2017, pour un coût qui dépasse 550M€. Pour retarder les travaux, les opposants multiplient les recours juridiques. Pour José Bové, le rapport de la commission du dialogue pourrait permettre au gouvernement de se sortir du dilemme sans se déjuger si les sages reconnaissaient que le projet n'est pas viable économiquement. «2013 pourrait être la fin de ce projet inutile et imposé», espère-t-il.

*

 

http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/cotesarmor/n-d-des-landes-l-opposition-va-faire-du-bruit-en-2013-04-01-2013-1961897.php

 


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