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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 09:44

 

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mardi 24 juillet 2012

Une centaine de salariés de Père dodu se sont mis en grève pour préserver leurs emplois.

Ils sont plus de cent devant le portail de leur usine pour réclamer le maintien de tous les emplois. « Ce qui est fou dans cette affaire, c'est que personne ne doute de la pérennité du site », confie Jean-Luc Guillart, représentant syndical CFDT. En effet, depuis deux semaines, les salariés déclarent que leur usine est remplie de marchandise et qu'ils ne manquent pas de travail. Mais ils sont suspendus à la décision du tribunal concernant les offres de reprise du groupe et en particulier de la marque Père dodu.


Les offres


L'offre verbale faîte par l'entreprise Tilly Sabco, qui reprendrait la moitié des effectifs, n'a toujours pas été actée. Du côté de Terrena, la proposition n'intègre toujours pas le site de Quimper et « il y a très peu de chance que l'offre individuelle de Turenne Lafayette soit retenue par le tribunal », déclare Jean-Luc Guillart.

C'est aujourd'hui que Charles Doux devrait annoncer son projet. Toutefois, les salariés n'y croient pas. « On n'a plus confiance en lui » confie Marie-Louise Balbous, délégué CGT du site de Quimper.


Colère des salariés


Des ouvriers, comme Denis Madelaine-Nicot, expriment leur colère à son encontre. « Il a usé au maximum ses usines pour en retirer des bénéfices et les fermer ensuite. Et maintenant, il ose déclarer qu'il est ruiné et demande aux salariés licenciés de verser leurs indemnités. Il faut arrêter de nous prendre pour des imbéciles. C'est du poker et nous, on est les jetons. » Après s'être rassemblés devant leur usine, les grévistes sont allés occuper le rond-point du Petit Guélen, bloquant par la même occasion l'entrée de la voie express pendant une quarantaine de minutes.


Soutien de personnalités politiques


À ce moment, les hommes politiques venus apporter leur soutien étaient partis. Ainsi, Jean-Jacques Urvoas, député et président de la commission des lois de l'Assemblée, est venu donner son appui, discutant avec les représentants syndicaux et certains salariés. « Je suis le dossier et nous avons une réunion mercredi avec Stéphane Le Foll et Guillaume Garot pour faire le point avant la décision du tribunal. C'est tout de même plus de 200 emplois qui sont menacés sur le site. »


À noter aussi, la présence de Philippe Poutou, porte-parole du NPA, en vacances dans la région, venu lui aussi apporter son soutien aux grévistes. Pour lui, « il faut résister ensemble et c'est à la population en lien avec les élus locaux et les associations de s'opposer aux fermetures. Il faut un rapport de force contre la machine capitaliste. »

 

Côté municipalité, Jean-Pierre Bigorgne (Verts) est venu apporter son soutien « à des salariés qui ont raison de se battre. » Aujourd'hui, le maire Bernard Poignant, rentré de vacances, doit recevoir les délégués syndicaux à la mairie.

 

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Les-salaries-de-Pere-dodu-en-greve-hier-_40884-2098881------29232-aud_actu.Htm

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 09:37

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24 juillet 2012

 

En vacances à Carhaix, Philippe Poutou, ex-candidat du NPA à la présidentielle, est venu hier matin à la rencontre des salariés de Père Dodu. Changement de décor...

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 08:43

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Historien de la répression, acteur des luttes de son temps, Maurice Rajsfus a traversé les dernières décennies sans jamais songer à déposer les armes. Rencontre.

Chroniqueur dans No Pasaran et dans Ras’l’front, auteur de nombreux ouvrages sur la police française ainsi que sur le régime de Vichy, Maurice Rajsfus est un vieux compagnon de la gauche radicale. Toujours attentif, ouvert, définitivement à contre courant d’une époque en proie aux sirènes sécuritaires et à l’individualisme forcené, sa rage et sa volonté de justice nous renforcent.

 

Tu peux nous présenter le bulletin Que fait la police ?


Que fait la police ? existe depuis 1994. On l’a créé un an après l’assassinat de Makomé au commissariat des Grandes Carrières, le 6 avril 1993. Il a duré 12 ans, d’avril 1994 à avril 2006.


« On a créé », ça veut dire que vous étiez plusieurs ?


On était très peu. On était trois au départ, puis deux à l’arrivée. Je me suis retrouvé tout seul au mois de mai 2006, quand mon camarade Alexis Violet est mort. Depuis le mois de juillet, le bulletin est sur internet, à l’adresse http://quefaitlapolice.samizdat.net . Il sort tous les mois avec une ponctualité d’horloge.


Quelle est ton actualité ?


Mon dernier livre s’appelle « La France Bleu Marine », il a paru cet hiver, et présente les discours des ministres de l’intérieur successifs de mai 68 avec Marcellin, à Sarkozy en 2005, croisés avec ceux des syndicats de police. Je sors bientôt une bande dessinée, qui va s’appeler « Moussa et David ». Elle se déroule de part et d’autre de la « clôture de sécurité », comme ils disent, entre Israël et ce qui reste de la Palestine.


Israël, tu y es allé en 1984. Est-ce que tu y es retourné depuis ?


Ma dernière visite là-bas, c’était en 1987, puis je suis allé de l’autre côté de la frontière, sur la rive de la Mer Morte, en Jordanie. Je n’y suis jamais retourné. Ma religion était faite depuis longtemps, si l’on peut dire. Mais je n’ai pas renoncé à m’intéresser au problème, je participe à des débats sur la véritable guerre qui se perpétue là-bas.


Dans un vidéo-reportage réalisé par No Pasaran en 1999, tu disais : « je ne sais pas de quoi sera fait l’avenir de cette région du monde, mais la montée des fondamentalismes réciproques va conduire à une explosion ». Ton regard sur la situation présente ?

 

Les affrontements nationalistes se sont peu à peu transformés, du fait d’Israël, en affrontements interreligieux. Mon regard, c’est que là-bas, tout le monde va dans le mur, et qu’Israël n’hésiterait pas à déclencher un conflit mondial uniquement pour avoir le droit de se protéger. Il y a une histoire que j’aime bien raconter, ça se passe en 1904 durant la guerre russo-japonaise, à Port Arthur, pas loin de la Corée actuelle. Dans la tranchée russe, l’officier ordonne d’ouvrir le feu, tout le monde tire, sauf un petit juif qui est là, et qui regarde. L’officier l’engueule, et lui demande pourquoi il n’a pas tiré, et le petit juif lui répond : « ce n’est pas possible, il y a des gens qui passent là-bas ». Ce sont les arrières-petits-fils de cet humaniste qui ont fait la guerre au Liban, et d’autres guerres avant.


Ça fait soixante ans que tu milites, au moins ?


Oui, j’ai commencé militer en août 1944, date de la Libération. J’ai été raflé par la police française le 16 juillet 1942, avec ma famille, d’où ma grande affection pour la maréchaussée. Ayant eu la chance d’en réchapper, j’ai aussitôt adhéré aux Jeunesses communistes. Parce que j’étais persuadé qu’on allait faire la révolution. J’avais 16 ans, c’est l’âge des grands romantismes. Mais j’avais déjà un passé assez lourd, puisqu’en 1937/1938, mes parents m’avaient mis, avec ma sœur, dans une colonie de vacances du PC, où on faisait de nous, à 10 ans, des petits militants durs comme l’acier.

 

Quand je dis dur comme l’acier, je veux dire comme Staline, parce que son nom signifie l’acier. Et ça laisse des traces d’apprendre à chanter l’Internationale, la Jeune Garde, la Varsovienne. J’adhère donc aux Jeunesses communistes en 1944, et je m’aperçois au bout de deux ans qu’on fait n’importe quoi là-dedans, tout sauf préparer la révolution. Je suis détecté comme un élément incontrôlable, donc dangereux pour l’institution du PC. Je suis méchamment exclu – je dis méchamment parce qu’il y a eu des coups – comme provocateur policier et agent hitléro-trotskyste. C’était le jargon de l’époque.


Je voudrais que tu reviennes sur les années 1942 et 1944. Comment as-tu réussi à survivre ?


Eh bien, je me le demande encore. Je l’ai raconté dans mes bouquins. J’ai été arrêté avec mes parents le 16 juillet 1942 et par un hasard dont je ne m’explique pas encore les raisons, j’ai été relâché le soir avec ma sœur. La circulaire d’application de la rafle spécifiait qu’on arrête ce jour-là uniquement des juifs étrangers de 16 à 45 ans. Or ils ont arrêté 4000 mômes, pratiquement tous français par le droit du sol. Comment j’ai vécu ? Je suis rentré dans le petit appartement de mes parents le soir, avec ma sœur, et on a survécu comme on a pu. Ma mère avait vidé ses poches et avait donné à ma sœur le peu d’argent qu’elle avait. Moi je suis devenu apprenti, je gagnais 4 sous. J’étais sertisseur joaillier, je n’étais pratiquement pas payé, on a vécu très durement la période de la guerre, parce qu’il n’y avait rien à bouffer avec les tickets d’alimentation.


Vous êtes restés dans l’appartement de vos parents ?


Oui, on nous a oubliés. Heureusement d’ailleurs. On n’a jamais entendu parler ni de la Croix Rouge, ni des services sociaux de la mairie, rien. Plus tard, quand j’ai été exclu du PC, j’étais très malheureux, j’ai rencontré les auberges de jeunesse, qui étaient à l’époque un mouvement extraordinaire qui rassemblait des milliers de jeunes. C’était à la fois un mouvement de loisir et un mouvement revendicatif, on y rencontrait des anars et des trotskistes. Moi, j’ai été pêché par les trotskistes.


Lesquels ? Le PCI ?


À l’époque, il n’y avait que le PCI. Le petit groupe qui allait devenir plus tard Lutte Ouvrière était groupusculaire. Je ne suis pas resté longtemps non plus au PCI, je suis arrivé à l’automne 46, et puis j’ai quitté la 4ème Internationale avec le groupe Socialisme ou Barbarie, de Castoriadis, début 49. J’aurais pu faire des choix plus mauvais… Dans les années qui suivent, je tourne un peu en rond, et je recommence véritablement à militer lors de la guerre d’Algérie.

 

Avec deux amis, on a constitué un comité contre le départ du contingent en Algérie. qui a vu s’agglomérer à nous des dizaines de mouvements de jeunesse, et qui est devenu un truc très important jusqu’au moment où on a voulu faire un meeting à la Mutualité, qui a été interdit parce que le PCF nous présentait comme des provocateurs. Une partie de ceux qui soutenaient les réseaux hostiles à la guerre d’Algérie se sont retrouvés dans les mouvements qui ont abouti, en 1960, à la création du PSU. J’ai fondé le PSU à Vincennes, j’en ai été le secrétaire jusqu’en 1965. J’étais même chargé par une direction parallèle et occulte, de surveiller les officiers OAS qui arrivaient d’Algérie. Je dirai pas qui était le général en chef, parce que ça lui ferait du tort, mais c’est un monsieur très convenable maintenant...


Qui ?


Je recevais mes directives d’Alain Geismar. J’ai même gardé des petits mots doux de l’époque, « il faut surveiller le colonel Untel, le lieutenant Machin ».


A cette époque, tu vivais de quoi ?


J’étais journaliste. Après la guerre, j’ai traîné la galère pendant des années parce que je n’avais pas envie de travailler, j’avais juste envie de faire la révolution, c’est original ! Seulement, je n’avais pas encore compris que quand on veut préparer la révolution, on ne peut pas être en marge, il faut travailler, être au côté des autres. Alors pendant presque dix ans, j’ai fait de tout, j’ai été docker à Bercy, j’ai travaillé dans une usine d’outillage où je sabotais le matériel, j’ai été enquêteur à l’IFOP, je faisais aussi des patronages et des colonies de vacance, des petits boulots, quoi ! Et puis j’ai fait du théâtre, j’ai été comédien.


A partir de quel moment t’es-tu mis à faire de la recherche sur l’anticolonialisme, sur la police de Vichy, sur le camp de Drancy ?


J’ai commencé mes recherches à la fin des années 70. Elles concernaient la police française sous l’Occupation. Au CDJC, le Centre de Documentation Juive Contemporaine, je suis tombé sur la pire des choses : les archives de l’Union Israélite de France, qui était un petit organisme de notables, qui a collaboré avec Vichy. J’ai sorti un gros bouquin, qui s’appelle « les Juifs dans la Collaboration », qui m’a valu beaucoup d’ennuis à l’époque. Puis je me suis intéressé au problème palestinien. Et ensuite, j’ai beaucoup écrit, je suis devenu peu à peu, une sorte d’historien de la répression.


Oui, mais un historien contesté par le système…


Bien sûr, parce que je suis pas issu de l’institution des historiens. Et pour leur faire un pied de nez, moi qui n’avais que le certificat d’études - j’ai quitté le collège à 14 ans - en 1992, j’ai passé un doctorat d’État de sociologie.

 

Tu as été parmi les premiers travailler sur la police de Vichy.


J’ai été le premier. Si tu prends tous les livres qui ont été écrits ces dernières années sur la collaboration, tu ne trouves jamais un chapitre sur le sujet, même chez Henri Rousso ou Azema. Mon premier papier sur ce thème a été publié dans Le Monde, le 9 juillet 1982. Il était intitulé : « 40 ans après, je n’ai pas oublié ». C’était la première fois que la presse française publiait un papier sur le rôle de la police sous l’Occupation. Avant, c’était tabou. Ne pas oublier que dans Nuit et Brouillard en 1957, le réalisateur Alain Resnais n’a eu l’autorisation de projeter que parce qu’il avait effacé le képi d’un gendarme présent au camp de Pithiviers.


Est-ce que tu peux nous parler de la collaboration de la Police française, notamment sa participation aux rafles ? Et peut-on établir un lien avec ce qui se passe aujourd’hui ? Une constante de l’attitude policière, en quelque sorte ?


On peut faire le lien, sans faire d’amalgame. Quoi qu’on puisse penser de la police actuelle, et quel que soit son rôle abominable, ça ne conduit plus à Auschwitz. C’est encore une chance. Dès l’automne 40, Pétain a déclaré : « J’entre dans la voie de la collaboration ». Ça n’a pas irrité les 100 000 policiers de l’époque. Ils n’ont pas réagi. Et quand les nazis qui occupaient les deux tiers de la France ont demandé à la police de ficher les juifs de la zone occupée, ils l’ont fait. Donc ordre a été donné à tous les juifs de se déclarer dans les commissariats de police. Et sur la base des déclarations, ils ont fait des fichier, puis des rafles. La question fondamentale est : « Pourquoi est-ce que les gens ont été se déclarer ? ». Et bien, pour une raison extrêmement simple. En 1940, on avait le sentiment qu’on en prenait pour 50 ans d’occupation, et pour l’immigré, il ne faut jamais être en rupture avec la légalité du moment. Alors que les juifs immigrés y sont allés la tête basse et par contrainte, il y a des connards de bons israélites français qui y sont allés par gloriole.


Et tes parents ?


Ils y sont allés. Ils étaient originaires de Pologne. Mon père était arrivé en 1923 et ma mère en 1924. Même les communistes juifs s’y sont rendus, parce qu’on était encore sous le pacte germano-soviétique. En mars 1941, le Commissariat aux Questions Juives a été créé. Le 14 mai 1941, la première rafle dans Paris a correspondu à une vague d’arrestation sur convocation. 5000 hommes ont été convoqués dans leur commissariat d’arrondissement, par un document type « veuillez vous présenter pour affaire vous concernant ». Ceux qui sont venus, environ 3800, ont été immédiatement embarqués par les gendarmes et envoyés au camp de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande, dans le Loiret. La deuxième rafle a eu lieu dans le 11ème arrondissement de Paris, les 20 et 21 août 1941, et là, sans distinction entre Français et étrangers. Lors de la première rafle, il ne s’agissait que d’étrangers. Le 14 mai 41, j’ai deux oncles qui ont été embarqués. Je me souviens qu’ils étaient venus la veille à la maison, à Vincennes, pour en parler avec mon père.


Donc en août 1941…


Les 20 et 21 août 1941, 3000 policiers encerclent le 11ème arrondissement, il n’y pas un seul Allemand sur le chemin. Ils arrêtent 4000 personnes, et ouvrent le camp de Drancy. Le 12 décembre 1941, la Gestapo rafle 800 « notables », avocats, magistrats, médecins. C’était une sorte de coup de semonce donné aux institutions juives pour qu’elles versent une amende d’un milliard à l’armée allemande, et qu’elle constitue cette organisation collaboratrice qui s’appelait « Union Générale des Institutions Juives de France ». C’est la seule rafle organisée par les nazis sous l’occupation.


Ensuite se sont succédé les épisodes : interdiction d’avoir un poste de radio à la maison. Pour nous c’était pas grave, parce qu’on n’en avait pas. À l’époque, un poste de radio, ça coûtait plus cher qu’une télé maintenant. Ensuite, interdiction d’avoir le téléphone, ce qui ne touchait qu’une minorité de personnes. Et puis est arrivée le 29 mai 1942 l’obligation de porter l’étoile jaune, qui est entrée en application le 7 juin 42. Puis la rafle du Vel d’hiv, le 16 juillet 42, où il y a eu 13150 personnes arrêtées dans Paris, dont 4000 mômes.

 

Le 9 juillet, une semaine avant la rafle, une fois qu’on était marqués par l’étoile, il y a eu l’interdiction d’apparaître dans les lieux publics. Nous, on habitait à Vincennes, on avait le droit de traverser le bois, mais pas de s’arrêter. On ne pouvait pas entrer dans un magasin, ni un stade. Dans le métro, on devait utiliser le wagon de queue. Après le 16 juillet 1942, il a fallu que le gouvernement de Vichy insiste auprès de la Gestapo pour que les enfants soient déportés, parce qu’ils ne l’avaient pas demandé. C’était signé Bousquet, un brave homme, futur ami de Mitterrand… N’avaient pas été concernés par la grande rafle du Vel d’Hiv les ressortissants des pays alliés de l’Allemagne. Donc n’avaient pas été arrêtés les Hongrois, les Roumains, les Turcs, et les Grecs. A l’automne 1942, en septembre et en Novembre, il va y avoir la nuit des Grecs, des Roumains et des Hongrois. À chaque fois, 2000 personnes sont arrêtées.


Tout ça à la demande de Vichy ?


Non, à la demande de la Gestapo. Mais c’est la police française qui exécute. Les rafles ont continué ponctuellement dans Paris, parmi les étrangers, en février 43 et à l’été 43, mais également en zone sud, en août 1942. Au final, il y a eu 76000 déportés, dont ne reviendront que 2500 personnes. Quand je pense que Serge Klarsfeld a osé dire que grâce à la population de ce pays, grâce aux Églises, seulement un quart des juifs français ont été déportés ! Il oublie de dire que sur les 76000 déportés, les trois quarts sont des étrangers ! Ça veut dire que les juifs étrangers de France ont été déportés à plus de 50%.


Quant à la police actuelle ?


On n’a pas tiré les leçons de l’histoire. Il n’y a jamais eu de procès de l’institution policière pour son rôle sous l’Occupation. Ce qui a permis De Gaulle, six semaines après la libération de Paris, de décorer la police de la fourragère rouge, pour avoir pris la Préfecture de Paris le 19 août 1944, à la 25ème heure. Très peu de flics ont été réprimés. 4500 ont été jugés par leurs pairs, dans des comités d’épuration. Les plus pourris d’entre eux ont été écartés de l’institution, puis réintégrés pour vice de forme, au fil des années, par le préfet socialiste Beylot. On en retrouvera une partie dans l’état-major de la Police Parisienne, le 17 octobre 61.

 

Un flic qui avait 25 ans en 1942, en a 44 en 1961. Beaucoup ont pu faire les deux opérations, les rafles et le massacre des Algériens. A partir de 1960 vont entrer dans la police des éléments issus des troupes d’Indochine, puis des troupes d’Algérie. Ce qui va conforter la moralité moyenne de la police de ce pays. Il y aura les épisodes qu’on connaît : mai 68, et un certain nombre de provocations abominables, comme la manifestation des sidérurgistes le 23 mars 1979 à Paris, où on voit des policiers en civil lancer des pavés dans les vitrines des banques afin de mettre un peu d’agitation dans la rue.


Et aujourd’hui ?


Le policier de 2006, il n’en a rien à faire de savoir ce que devient la personne qu’il arrête, pas plus qu’en 1942/43 pendant les rafles. Il y a une différence notable quand même, qui est très importante à mon avis : c’est qu’à l’époque le policier était un pauvre type qui n’avait que le certificat d’études, et qui ne voyait pas plus loin que le bout de son nez. Et qui réprimait l’étranger parce que dans la police, on n’aime pas les étrangers. Il faisait quinze jours d’école de police. Maintenant, on rentre dans la police avec un niveau bac, on fait un an d’école de Police, et on est sensé, en sortant, n’être ni raciste, ni brutal, ni sexiste… Quand les flics nous ont raflé en 1942, ils ont été violents, ils ont été ignobles, mais ils ne nous ont pas traités de sales juifs. Quand ils traquent les mômes dans les banlieues maintenant, ils les traitent de sales bougnoules. Ça veut dire que qualitativement parlant, ça ne s’est pas arrangé.


Que dire de tous les flics noirs et arabes ?


Le problème des flics blacks ou beurs, c’est le même problème que celui des femmes flics. Ils ont besoin de prouver qu’ils sont aussi capables que les autres. Du coup, ils en font souvent un peu plus. Par ailleurs, les policiers originaires de la Réunion ou des Antilles n’aiment pas particulièrement les noirs africains. Je crois que la couleur n’a rien à voir avec tout ça. Quand on va à New York, dans Chinatown, tous les flics sont chinois. Dans les quartiers noirs, tous les flics sont noirs. C’était le programme de Chevènement. Il voulait une police qui ressemble à son quartier. C’est pour ça qu’il avait créé les adjoints de sécurité, les fameux emplois jeunes en 1997. L’autre jour, il y en a qui venait geindre à la télévision, et qui disait : « quand je viens dans mon quartier, on me traite de collabo. »

Eh bien oui.


Quel regard tu portes sur la société quand tu observes les trente dernières années ?


J’essaie de mettre des lunettes grossissantes pour voir comment ça se passe. Ce n’est pas rassurant, il y a de moins en moins de projets collectifs. Chacun se replie sur son petit pré carré. Avant de songer à faire la révolution, il faudrait réveiller les vieilles solidarités, ça serait déjà un premier pas très important.


Par lequel de tes bouquins doit-on commencer ?


Il y en a beaucoup qui sont épuisés. « Les Français de la débâcle » raconte les premiers mois de l’Occupation. « De la victoire à la débâcle » relate le cheminement des démocraties dans les années trente, et l’arrivée d’Hitler au pouvoir. « Opération Étoile Jaune » est assez intéressant sur le comportement policier.


Entretien réalisé par Fred et Pâtre.


http://contre.propagande.org/pravda...

Contributor : CREAGH Ronald

To cite this page:
Entretien avec Maurice Rajsfus, What's new: 14 March 2008. [Online].
http://raforum.info/spip.php?article4279
[Accessed on 24 July 2012]



Related topics:


Jean-Marc Berlière, “Une police républicaine sous l’Occupation”, dans “Vingtième Siècle”, n° 94, avr-juin 2007.

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 13:47
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Entretien avec Eric Premel, directeur du festival de Douarnemez dont la 35e édition se tiendra du 17 au 25 août.


Le thème cette année est les communautés autonomes d'Espagne. Peux-tu nous en présenter les grandes lignes ?


De 1932 à 2012, nous allons opérer une traversée des trois communautés historiques par un choix raisonné et forcément subjectif de quelques œuvres documentaires ou fictions qui sont soit en capacité d'interroger la mémoire « historique », l'amnésie, les silences, d'en rendre compte, d'en lire des bribes, sauvages, âpres, soit qui donnent à sentir des failles, des situations sociales, humaines, contemporaines, soit qui nous apparaissent comme révélateur d'écritures cinématographiques dont nous avons aimé les univers, et qui nous semblent être singulières et spécifiques.

 

Ces trois communautés seront lues aussi avec quelques œuvres qui évoquent l'Andalousie, et quelques autres « sans appartenances culturelles et politiques », qui portent des regards d'ailleurs et traversent les époques et l'histoire.


Les regards du dedans et les regards du dehors se croiseront librement, pour suggérer le plus grand nombre de lectures possibles, des points de vue sur des peuples, des communautés, des enjeux, des humanités blessées, rageuses ou révoltées, des villes, des ruralités, des langues aussi.

 

Commencer par Las Hurdes, tierra sin pan de Luis Buñuel et finir par le Mercado de futuros de Mercedes Álvarez, qui était la monteuse du très beau En Construccion, de José Luis Guerin, c'est tirer une ligne imaginaire visionnaire qui permettra de découvrir les fictions réalisées en 36-38 par la CNT, le Casas Viejas de Martin Patino, le Durruti, anarchiste de Comolli, le Yoyes d'Helena Taberna, ou le somptueux Poligono Sur de Dominique Abel, sur les gitans de Séville.


Passer du dernier Bénito Zambrano andalou (La voz dormida) à Roberto Caston (Ander), galicien qui tourne au Pays basque et vit à Barcelone, puis faire entendre les chômeurs désespérés et dignes de Los Lunes al Sol, de Fernando Léon de Aranoa, tourné à Vigo, au côté des Fagor et les Brandt, d'Anne Argousse et Hugues Peyret, c'est au final s'octroyer la diversité des formes et des genres sans ne jamais quitter les destinées humaines.


Il faut savoir que jusqu'à la fin des années quatre-vingt il n'existait quasiment pas de « cinéma documentaire » en Espagne.

 

Puis, les Masters de l' Université Pompeu Fabra et l'Université Autonomme de Barcelona, ont ouvert des brèches pour inventer un cinéma documentaire très spécifique, soutenu par les télévisions des trois communautés. Margarita Léda, galicienne, qui présentera deux documentaires « de mémoire » (Santa Libertade et Liste, prononcer Lister), évoquait dans une rencontre professionnelle le cas espagnol, toujours en rapport avec le sentiment de perte et d'effacement, de disparition : « nous avions perdu la génération républicaine de cinéastes, la génération fondatrice qui part pour l'exil; nous avons perdu la guerre, la mémoire, l'histoire, la capacité d'expression ».


Derrière la Movida, il existe un cinéma puissant, onirique, sensuel, et un désir qui emprunte autant à l'autodérision et l'ironie qu'à la gravité et l'auscultation des âmes, avec la mémoire, douloureuse, tapie dans les replis de l'Histoire.


La crise est passée par là, en témoigne la chute vertigineuse du nombre de productions en 2012. Aujourd'hui, l'Espagne fait la Une au chapitre 'dette' plutôt qu'au chapitre 'Autonomie'; les invités pensent-ils l'autonomie comme une réponse à la crise ?


Nous verrons avec eux ce qu'il en est. Les derniers événements du Pays basque (le processus de paix est toujours une réalité, qui le porte ?) ces jours-ci, qui concernent les prisonniers basques éparpillés dans les geôles françaises et espagnoles, font dire que la crise est loin d'occulter les réalités de chaque communauté.


Ce que viendront exposer Gabriel Mouesca (dix-sept années en détention, dont onze en Maison d'arrêt), pour le Pays basque, qui a présidé l'Observatoire international des prisons, Xosé Manuel Beiras, l'un des fondateurs et leader du Bloque Nacionalista Galego (BNG), en pleine révolution depuis quelques mois, ou encore David Casassas, professeur à l'Université autonome de Barcelone, militant et théoricien de l'allocation universelle (en période de crise, en faire une clef émancipatrice pour universaliser l'accès aux conditions matérielles de la liberté). Plusieurs débats et rencontres traiteront de ces sujets : crises, ripostes, Communautés Autonomes...

Douarnenez, Festival des Indignés ?


Je dirais plutôt Festival des peuples et des communautés humaines, des luttes, des controverses, des initiatives, des mémoires réappropriées, des cultures (la question de la langue par exemple, qui concerne aussi la Bretagne, que nous débattrons avec les amis catalans, basques et galiciens, dont Manuel Rivas entre autre), des initiatives (avec Juan Manuel Sánchez Gordillo, maire de Marinaleda, en Andalousie, qui fonctionne en démocratie participative de sorte que tous les aspects de la vie sociale, politique et économique de la commune y sont discutés et mis en œuvre collectivement par les citoyens, ou avec le film Squat, la ville est à nous, de Christophe Coello, sur Barcelone).


Douarnemez 2012, grande tribu, programmation jeunes publics, ... Des points forts ou des innovations à signaler ?

 

Deux choses majeures :


1/ La continuité du travail réalisé avec les sourds, avec ampleur cette année, puisque quasiment tout le festival sera en accessibilité pour une population spoliée des droits que nous sommes tous censés avoir à l'identique. Pauvre, exclue, méprisée, classée handicapée, dont on dénie la culture, la population sourde trouve ici le terrain de son expression, en partageant ses revendications avec les publics issus de partout. Films, débats, rencontres, cafés-signes, signalétiques...


2/ Une nouveauté : l'accueil de la communauté LGBTQI et des réseaux des personnes lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, intersexués ainsi que le mouvement queer. Ces réseaux, organisés en de nombreuses associations, rendent aujourd'hui, de plus en plus, les revendications, les luttes, les expressions, les cultures de ces identités et communautés.


Les revendications portées par les militantEs LGBTQI s'inscrivent, pour le festival, dans les mouvements sociaux et politiques contre les discriminations, les racismes, les communautarismes, la fixité identitaire, les essentialismes et les prétentions totalisantes. Il y aura cette année ensemble de films, de débats, d'expositions, qui donneront à entendre les LGBTQI. Que les notions de masculinité et de féminité, en tant que catégories immuables, cèdent de plus en plus la place à des identités fluctuantes, n'est pas sans rencontrer ce que ce que nous avons appris à apprendre !


Mais aussi :


Une librairie éphémère géniale. Un salon d'Images (d'Hélène Hazera aux vidéastes bretons d'aujourd'hui, d'œuvres expérimentales catalanes et basques à des films expérimentaux inédits). Un concert final avec Julian Demoraga (El Ultimo Grito), chanteur andalou électro, qui entre messe noire et païenne, renoue avec cette très ancienne tradition des artistes poètes mages et fous. Quatre expositions, dont une sur l'artiste andalou-catalan Helios Gomez, emprisonné dans la prison de Barcelone, sur les murs de laquelle il s'est mis à peindre des fresques extraordinaires.

Cela va être la deuxième édition dont tu es responsable, des impressions ?


Le festival demeure fragile, après 35 ans d'existence, fragile économiquement, parce que largement et indécemment sous-financé par les fonds publics.


Il continue d'être porté, cependant, par une énergie humaine fascinante, inventive, jubilatoire et puissante.

Mais surtout, il mobilise. Il excite aussi. Et enfin, à chaque fois, comme cette année avec l'Espagne, il est au carrefour des tensions de la planète, des révoltes et des prises de paroles fondamentales.


Le fait qu'il place l'art (le 7e ici, bien que croisé avec les arts plastiques, la littérature et la musique) au centre du politique, du social, de l'histoire, de l'humain, de la cité, des peuples, c'est certain, ne facilite pas sa médiatisation, tant il est vrai que la quasi-totalité des événements culturels et artistiques actuels parlent de l'art (la création, les formes, les esthétiques) au prisme soit du divertissement, soit de la consommation (y compris l'érudite), soit du narcissisme individuel (et collectif, ça existe !), soit d'une posture tristement bien pensante, toujours jacobine (oh combien) et bourgeoise où l'on préfère exclure la pensée et la réflexion politique du réel dont parle l'art et de l'expérience que l'on en fait.


Mon avis : Douarnenez est une expérience. Celle de l'art et celle de ce que l'art raconte et dévoile, questionne et dénonce. Si non, à quoi bon ?

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 13:39
dangereux
Verhaeghe | Auteur

Peut-être vous souvenez-vous que Thomas Piketty [économiste proche du PS, ndlr] et consorts, en janvier 2011, avaient proposé une très belle réforme fiscale qui devait inspirer le Parti socialiste. Leur intention répondait à une forte exigence de justice, comme dirait Jean-Marc Ayrault.

 

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 13:32

Photos © Martin Leers) Versailles-Chantiers 08/02/2011 - 7h02
Un train de déchets nucléaires italiens arrive en gare de Versailles Chantiers à côté d’un RER occupé par le public
Transport en cours : Saluggia (It) - La Hague (Fr)

Alors que les arrivées de combustibles usés italiens sur le sol français avaient cessé depuis le mois de mai 2011, suite à de fortes mobilisations dans le Val de Suse, une nouvelle expédition vers La Hague se prépare dans le plus grand secret. Nucléaire et transparence ne font décidément pas bon ménage !


Dans la nuit du 23 au 24 juillet, un train transportant du combustible usé italien hautement radioactif devrait quitter l’Italie pour rejoindre le terminal ferroviaire de Valognes (Manche).


En France, il devrait traverser 12 départements et emprunter une fois de plus les voies du RER en région parisienne. Une fois arrivés au terminal de Valognes, ces déchets seront acheminés par la route à l’usine AREVA de La Hague pour y être - selon le terme employé par l’industrie - "traités".


Ces déchets retourneront ensuite en Italie, probablement entre 2020 et 2025, où aucune solution n’existe pour les accueillir. Plus de 20 ans après l’arrêt de son dernier réacteur, l’exploitation de l’énergie nucléaire dans les années 1980 laisse à l’Italie un lourd héritage...

 

http://groupes.sortirdunucleaire.org/Transport-Saluggia-LaHague


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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 13:14
Affiche_Mouton_2.0.jpg
 

Mercredi 25 Juillet à 20h30 à Run ar Puns, projection gratuite en présence des réalisateurs Antoine Costa et Florian Pourchi
Durée : 77mn
Réalisateurs : Antoine Costa et Florian Pourchi
Date de sortie : 2012

La modernisation de l’agriculture d’après guerre portée au nom de la science et du progrès ne s’est pas imposée sans résistances. L’élevage ovin, jusque là épargné commence à ressentir les premiers soubresauts d’une volonté d’industrialisation.
Depuis peu une nouvelle obligation oblige les éleveurs ovins à puçer électroniquement leurs bêtes. Ils doivent désormais mettre une puce RFID, véritable petit mouchard électronique, pour identifier leurs animaux à la place de l’habituel boucle d’oreille ou du tatouage. Derrière la puce RFID, ses ordinateurs et ses machines il y a tout un monde qui se meurt, celui de la paysannerie.

Dans le monde machine, l’animal n’est plus qu’une usine à viande et l’éleveur un simple exécutant au service de l’industrie. Pourtant certains d’entre eux s’opposent à tout cela …
NOTE D’INTENTION DES RÉALISATEURS
La lutte des éleveurs contre le puçage RFID des moutons peut apparaître comme un combat de plus. Pour certains c’est un combat comme un autre, un combat contre les obligations (la dernière en date étant celle de l’obligation de vacciner contre la FCO[1].) Cependant comme nous l’avons constaté dans nos entretiens avec les éleveurs il ne s’agit pas d’une obligation supplémentaire. C’est une volonté à moitié camouflée d’industrialiser l’élevage ovin et caprin, une volonté de contrôle total afin d’amener l’élevage vers d’autres aménagements futurs, sur le terrain de la génétique notamment. (Voir à ce propos la loi sur les reproducteurs certifiés[2].) Camouflée, car selon ceux qui imposent la puce ( État, autorités sanitaires et vétérinaires ), la puce serait un outil de traçabilité, donc de sécurité pour le consommateur et diminuerait la pénibilité du travail pour l’éleveur.

Pour aborder cette problématique nous avons choisi le secteur ovin, les moutons, l’élevage des agneaux, des brebis… Là où l’imaginaire commun n’arrive pas à se représenter le métier de berger derrière un ordinateur équipé d’un lecteur de données pour contrôler ses bêtes, c’est pourtant cette réalité qui domine l’élevage moderne. C’est probablement ces hommes, éleveurs, bergers, qui historiquement ont le plus résisté contre l’industrialisation du secteur agricole et ce n’est pas anodin si ce sont eux qui se retrouvent moteurs de la lutte contre ces nouvelles obligations qui apparaissent.

Les RFID sont le point de départ du projet de ce film documentaire. Le puçage se généralise autour de nous, les informations se recoupent, la carte d’identité biométrique s’impose. À chaque fois avec de bon prétextes, de bonnes raisons, de bons arguments. Avec la directive européenne concernant le puçage obligatoire des cheptels ovins et caprins, nous assistons à la première obligation d’envergure de puçage du vivant. Une expérimentation grandeur nature dont les industriels se flattent.

C’est dans ce contexte que s’inscrit ce film, mais nous avons volontairement choisi de le laisser en toile de fond. Nous consacrerons la majeure partie du documentaire aux paroles d’éleveurs sans commentaires. Un peu à la manière des tribunes libres dans la presse nous écouterons les récits de ceux qui vivent ces transformations et luttent contre les obligations.


Nous revenons avec chaque éleveur sur les raisons qui les ont amenés à ce métier, à cette passion. Nous partageons avec eux leurs inquiétudes mais aussi leurs espoirs. A l’écoute des bergers, des éleveurs nous tentons de comprendre ce métier ; et à travers leurs regards, nous ouvrons les yeux sur le danger d’une société industrielle et frénétique.


[1] Fièvre Catarrhale Ovine – Le gouvernement français impose la vaccination contre la FCO en 2009/2010 puis retire l’obligation suite à de nombreux effets secondaires sur les bêtes et une forte mobilisation des éleveurs.



[2] Une loi prévoit pour 2015 l’obligation pour les éleveurs de faire certifier ( homologuer ) leurs béliers.
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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 13:04
doux vv
Faits de société lundi 23 juillet 2012

Les salariés du site Père dodu de Quimper sont en grève pour sauver leurs emplois.

Dès 6 h ce matin une centaine de salariés du site Père dodu de Quimper (Finistère) bloquaient leur usine.

« On veut que l’on nous regarde, parce qu’il y a deux belles usines » déclare Jean-Luc Guillart, délégué CFDT. Ils étaient un plus de cent, ce matin, à faire le pied de grue devant le portail de leur usine, afin d’être entendus et vus avant la clôture des candidatures pour la reprise du groupe, ce vendredi.

 

Des personnalités politiques sont venues leur apporter leur soutien. En premier lieu, le député et président de la commission, Jean-Jacques Urvoas, qui pense que « depuis le début, on n’a pas le sentiment qu’il joue franc-jeu. » Référence faite au groupe Doux.


Grève non-prolongée


Philippe Poutou, en vacances dans la région; était lui aussi présent et voudrait « qu’il y ait une mobilisation générale de la part de la population, des élus locaux et des associations, derrière cette casse sociale. »

 

Côté municipalité, Bernard Poignant n’est pas venu, mais devrait recevoir les délégués du personnel demain matin. Seul Jean-Pierre Bigorgne représentait la mairie sur les lieux.


Vers 11 h, l’ensemble des grévistes ont occupé le rond-point du petit Guélen pendant une quarantaine de minutes, en scandant « on veut du travail ! » La grève ne sera pas prolongée dans les prochains jours. « On ne peut pas se permettre de perdre plusieurs journées de salaires », déclare un salarié voulant conserver l’anonymat.

 

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Quimper.-Les-salaries-de-Pere-Dodu-en-greve_40820-2098711------29232-aud_actu.Htm


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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 12:59

-renard

23 juillet 2012 à 11h59 


 

Ce lundi, dès 6 h, une centaine de salariés de l'équipe du matin de Père Dodu a tenu un piquet de grève devant l'entrée de l'usine à Troyallac'h. Un dernier baroud d'honneur avant le dépôt des offres finalisées devant le tribunal de commerce de Quimper vendredi.


Mercredi, un Comité central d'entreprise préparatoire se tiendra à Châteaulin.

 

Les représentants des salariés devraient être informés des dernières améliorations apportées par les repreneurs.
A 11 h, les salariés ont bloqué le rond-point du Petit-Guelen, contraignant les automobilistes à patienter ou à faire demi-tour. Cet après-midi, la grève va se poursuivre avec la seconde équipe de salariés.

 

http://quimper.letelegramme.com/local/finistere-sud/quimper/ville/quimper-les-salaries-en-greve-a-pere-dodu-23-07-2012-1784291.php

 


 


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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 12:55

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23 juillet 2012 à 12h23 

 

Le gouvernement japonais et la compagnie d'électricité Tepco ont ignoré le danger lié à l'énergie nucléaire, ce qui a rendu possible l'accident à la centrale Fukushima Daiichi en mars 2011. C'est ce qu'affirme le rapport final de l'exécutif sur la catastrophe.


Lire également
Retour sur la catastrophe de Fukushima
Centrales nucléaires. "Fukushima est devant nous"


 

"Le problème principal provient du fait que les compagnies d'électricité, dont Tepco, et le gouvernement n'ont pas perçu la réalité du danger, car ils croyaient au mythe de la sécurité nucléaire, au nom duquel un accident grave ne peut se produire dans notre pays", ont expliqué les membres d'une commission d'enquête désignée par le gouvernement.
Les auteurs, dont des ingénieurs, chercheurs et juristes, ont rendu un volume de 450 pages à l'issue d'entretiens avec 772 personnes impliquées avant ou pendant l'accident, dont Naoto Kan, Premier ministre au moment de la catastrophe.

 

"Une gestion de crise déficiente"


A l'image d'un précédent rapport, commandé par le Parlement et rendu début juillet, le texte publié ce lundi critique en des termes assez virulents tant le régulateur public que la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco), gérant la centrale Fukushima Daiichi.


Non seulement, les autorités et Tepco n'ont pas pris de mesures suffisantes pour empêcher cet accident, intervenu après un séisme de magnitude 9 et un tsunami géant qui a submergé les installations, mais leur gestion de la catastrophe a laissé à désirer. Il pointe ainsi un "certain nombre de problèmes internes à Tepco, comme une gestion de crise déficiente, une structure organisationnelle peu adaptée aux situations d'urgence et une formation insuffisante du personnel en cas d'accident grave".

 

Une "confusion" entretenue par le gouvernement


Le rapport accuse aussi Tepco d'avoir traîné des pieds "pour identifier les causes de l'accident", ce qui empêche l'industrie nucléaire nippone de tirer les conclusions adéquates. La compagnie d'électricité continue ainsi de prétendre que rien ne laissait penser qu'un séisme et un tsunami aussi importants frapperaient le nord-est du Japon.

Enfin, le rapport critique les interventions directes du Premier ministre et de son équipe dans la gestion opérationnelle de l'accident : "Elle a fait plus de mal que de bien, car cela a pu entretenir la confusion, empêcher de prendre des décisions importantes et entraîner des jugements erronés".

  • N. A., avec l'AFP

http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/monde/fukushima-un-nouveau-rapport-accable-le-gouvernement-nippon-et-tepco-23-07-2012-1784289.php

 

Commentaire:

Dans la vidéo, encore la thèse du tsunami, or la centrale a été touchée AVANT par le tremblement de terre, et çà...

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