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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 11:26

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  On nous dit que notre alimentation n’a jamais été aussi sûre qu’aujourd’hui, que les aliments n’ont jamais été aussi contrôlé jusqu’à maintenant.

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Cependant, de manière périodique surgissent de nouveaux scandales alimentaires, le dernier en date étant celui de la viande chevaline. L’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments est, théoriquement, chargée de veiller à la sécurité sanitaire de ce que nous mangeons. Mais qu’y a-t-il derrière cette agence qui joue un rôle clé dans l’autorisation de milliers de produits, comme les pesticides, les transgéniques et les additifs alimentaires qui finissent dans nos assiettes ? Voyons cela d’un peu plus près.


L’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments se présente sur sa page Web comme « la pierre angulaire de l’Union européenne (UE) pour ce qui concerne l’évaluation des risques relatifs à la sécurité des aliments ».

 

L’Autorité a été créée en 2002 à la suite d’une série de scandales comme celui de la « Vache Folle » à la fin des années 1990. Son objectif : améliorer la sécurité alimentaire, restaurer et maintenir la confiance dans l’approvisionnement des aliments. Selon ce qu’elle indique, son engagement est « d’offrir des avis scientifiques de manière indépendante et objective ». Vraiment ?


La Cours des Comptes Européenne ne semble pas très d’accord avec ces affirmations comme il en ressort de son rapport « Management of conflict of interest in selected EU Agencies » [Gestion des conflits d’intérêts dans les Agences de l’UE sélectionnées], de septembre 2012 et dans lequel on affirme que l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments, ainsi que trois autres agences européennes analysées, « ne gère pas de manière adéquate les situations de conflit d’intérêts ». Le rapport ajoute que ces « risques de conflits d’intérêts sont incrustés dans les structures mêmes de ces agences (…) et dans la dépendance envers les recherches réalisées par l’industrie ». C’est clair comme de l’eau de roche.


En guise d’anecdote, les conclusions du rapport de la Cours des Comptes Européenne contrastaient avec les éloges contenus dans l’évaluation réalisée peu de temps avant par une société d’audit privé Ernst&Young, qui fut bien entendu engagée par cette même L’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments.


Mais les critiques concernant l’absence de neutralité de l’Autorité ne sont pas neuves.

 

Les organisations« Corporate European Observatory » et « Earth Open Source » ont publié, en février 2012 à l’occasion du dixième anniversaire de l’institution, un rapport au vitriol intitulé« Conflicts on the menu : a decade of industry influence at the European Food Safety Authority » [Conflits dans le menu, une décennie d’influence de l’industrie sur l’ L’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments]. Dans ce travail de recherche, on remet en question l’indépendance de l’Autorité et on souligne les liens étroits entre ses experts et les entreprises du secteur.


Quelles sont les conséquences de tout cela pour les consommateurs ?

 

On peut trouver un exemple dans la régulation des produits alimentaires. Quand une entreprise veut introduire une nouvelle substance ou un produit dans le marché, elle doit présenter à l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments et aux institutions de l’Union européenne un dossier sur l’évaluation du risque sanitaire de ces produits. A la demande de la Commission européenne, un panel de scientifiques de l’Autorité examine ce dossier et publie une opinion scientifique à partir de laquelle les représentants des Etats membres prennent une décision.

 

Le problème c’est que, fondamentalement, l’Autorité base ses évaluations sur des études menées à bien par l’industrie elle-même,

 

qui espère bien entendu retirer de juteux profits avec la commercialisation de ses produits. Les rapports scientifiques indépendants ne sont pas pris en compte. En conséquence, ce mécanisme favorise sans l’ombre d’un doute les intérêts des grandes industries du secteur au détriment des intérêts sociaux.

Ainsi, selon des rapports scientifiques indépendants, des substances et des produits que nous trouvons dans le marché comme l’aspartame, un édulcorant non calorique, ou le bisphénol A (BPA) dans le plastique des emballages alimentaires, affecteraient négativement notre santé. Ces études n’ont jamais été prises en compte par l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments. La situation n’est pas nouvelle. Combien d’études faisant l’éloge des vertus du tabac et financées par l’industrie de la cigarette n’ont-elles pas été réalisées dans le passé ? Elles ne sont plus aujourd’hui, heureusement, que des chiffons de papier.


Derrière le poids de l’industrie, il y a la dynamique des « vases communicants ».

 

Des employés et des experts de l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments finissent, après un certain temps, par travailler dans des entreprises de l’agro-industrie ou de la biotechnologie et vice-versa, ce qui provoque une situation évidente – sauf à leurs propres yeux semble-t-il – de conflit d’intérêts. Les exemples abondent. Suzy Renckens, coordinatrice scientifique du panel sur les transgéniques de l’Autorité a, en 2008, laissé son poste pour celui de directrice du lobby de la multinationale Syngenta pour l’Union européenne. David Carlander, employé de l’Autorité, chargé d’élaborer les lignes directrices pour l’utilisation des nanotechnologies dans les aliments est devenu, en 2011, le directeur du lobby de la Nanotechnology Industries Association à Bruxelles. Laura Smillie, engagée en 2010 par l’Autorité afin de développer de nouvelles lignes de communication sur les risques alimentaires provenait de l’European Food Information Council (EUFIC), un think tank financé par des entreprises de l’industrie agro-alimentaire telles que Coca-Cola, Danone, Kraft Foods, McDonald’s, Nestlé, Unilever.


Dans l’Etat espagnol, l’Agence Espagnole de Sécurité Alimentaire et de Nutrition semble suivre l’exemple de sa « grande sœur ». Il suffit de voir le curriculum de sa directrice actuelle, Ángela López de Sá Fernández, anciennement directrice des affaires et des normes scientifiques chez Coca-Cola Iberia, et qui, pour occuper son nouveau poste à la tête de l’Agence espagnole a demandé un congé sans solde et n’a donc pas démissionné. Un pied des deux côtés. Cela se passe de commentaire.


Dorénavant, quand on nous dira qu’il ne faut pas nous inquiéter, que notre sécurité alimentaire est dans de bonnes mains, nous demanderons : « de bonnes mains, oui, mais pour qui ? ». Car, au vu de ce qui précède, ces « bonnes mains » ne le sont certainement pas pour la majorité d’entre nous.


Article publié dans « Público.es » le 19/03/2013.


Source :http://esthervivas.com/2013/03/19/quien-garantiza-nuestra-seguridad-alimentaria/


Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera

 

http://www.avanti4.be/actualite/article/qui-garantit-notre

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 11:18

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Ni « Marées citoyennes », ni « Plateformes contre l’austérité ». « Que la Troïka aille se faire foutre » (en portugais : « Que se lixe a troika », NdT). Directement.

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C’est avec ce nom explicite qu’un collectif citoyen formé par des dizaines de personnes est parvenu à mobiliser à plusieurs reprises des centaines de milliers de Portugais depuis le mois de septembre dernier dans l’intention de renforcer la lutte contre l’austérité. « Il ne suffit plus de dire ce que nous ne voulons pas, il faut désigner les coupables de tant de souffrances, qui sont le FMI, la BCE et la Commission européenne », affirme Joao Camargo, membre de l’organisation.


Les coupes imposées par le gouvernement conservateur de Passos Coelho jettent dans la pauvreté une grande partie de la population portugaise. Les écoles ont dénoncé le fait que près de 10.000 enfants arrivent dans les établissements scolaires avec la faim au ventre. Après les mobilisations massives, « Que se lixe a troika » estime qu’il faut faire un pas en avant et coordonner la lutte dans tous les pays du sud de l’Europe. Dans le but de réaliser un premier rapprochement, trois membres de l’organisation - Joao Camargo, Luisa Ortigoso et Helena Dias – sont arrivés ce week-end à Madrid pour se réunir avec des représentants des « Marées citoyennes ». Rien n’est encore décidé, mais ils préviennent qu’il faut se dépêcher : « Il est urgent que nous donnions une réponse conjointe ». (lamarea.com)

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Quelle est la nature de votre collectif « Que se lixe a troika ? » et comment est-il né ?

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Luisa Ortigoso: Nous sommes un groupe très hétérogène. Certains sont membres de partis, d’autres non ; certains sont membres de syndicats, d’autres pas ; certains travaillent, d’autres pas ; il y a des étudiants, des jeunes et des moins jeunes, comme tu peux le voir ici (rires). On a de tout.


Joao Camargo : Le collectif est né au moment de la cinquième évaluation de la Troïka, en septembre 2012. Nous voulions faire une protestation ayant un objectif politique basé non seulement sur le fait de dire que l’austérité est une mauvaise chose, que le gouvernement est mauvais, mais aussi pour indiquer clairement qui sont ceux qui tirent les ficelles, qui nous obligent à prendre ces mesures. Autrement dit, notre adversaire est la Troïka. Dans le collectif, nous provenons de nombreux mouvements, partis et syndicats, mais nous y participons de manière individuelle. Nous avons commencé avec à peu près 30 personnes, dans le but de préparer une manifestation le 15 septembre dernier.


Cela faisait plusieurs mois que rien ne se passait. Tout était très calme, avec uniquement quelques actions ponctuelles. C’étaient des activités importantes, mais il n’y avait pas un mouvement massif dans la rue, au niveau national. Le 15 septembre fut la première grande mobilisation, la plus grande manifestation dans le pays depuis celle du 1er Mai 1974, juste après la Révolution des Œillets. Ce fut une date très importante puisque le gouvernement a du reculer par rapport à plusieurs mesures annoncées. Cependant, il les a remplacées par d’autres.


L.O. : Ensuite, le 13 octobre, nous avons organisé une manifestation culturelle, avec des spectacles, de la musique, des bals, pendant huit heures sur la Place d’Espagne à Lisbonne. Avec la place remplie de monde pendant des heures, avec les médias retransmettant en direct. Ce fut important. C’était une manière de dire que nous ne voulions pas de ces politiques, que nous ne voulons pas de la Troïka. Maintenant, le collectif est composé de 120 personnes. Nous y sommes tous à titre individuel et il est clair pour tous que nous ne représentons personne. Nous sommes là pour revendiquer et motiver le peuple.


Vous êtes-vous organisés également en « marées » (marches représentants différents secteurs en lutte et qui convergent ensuite en une seule manifestation ou rassemblement, NdT) ?


L.O. : Lors de la dernière manifestation, le 2 mars dernier, nous avons essayé cette forme d’organisation de la manifestation, avec une marche de l’éducation, une autre de la santé, une féministe, une pour les pensionnés (au Portuga, on appelle ces derniers la « marée grise »), etc. Mais il se fait qu’il y avait tellement de monde que ces marées se sont un peu diluées !


Où en est le mouvement après plusieurs mois de mobilisation ?


J.C. : Il est en train de croître. C’est ce qui s’est passé lors de la dernière manifestation, qui a été encore plus massive que celle du 15 septembre. Et pourtant, ils avaient tout tenté pour qu’elle soit plus petite ! Le gouvernement devait présenter un paquet de mesures d’austérité, dont une coupe de 4 milliards d’euros, mais il a retardé l’annonce et il continue encore à le faire aujourd’hui. On a également tenté de convaincre les gens qu’il s’agissait d’une manifestation contrôlée par des partis politiques, parce que le collectif « Que se lixe a troika » a été rejoint par des membres du Bloc de Gauche, du Parti Communiste Portugais et même des gens du Parti Socialiste - mais ces derniers sont très minoritaires au sein de leur formation, qui est en faveur de la Troïka et de l’austérité. Enfin, on a également tenté de convaincre les gens que la manifestation allait être violente.

 

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 09:41

psu

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25 mars 2013 

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Le droit de vote de tous les étrangers aux élections locales figure au coeur d'une réunion publique, ce soir, à 20 h, aux Halles. Vincent Rebérioux, vice-président de la Ligue des droits de l'homme, l'animera avec la conviction qu'il faut l'instaurer pour 2014.

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L'extension du droit de vote à tous les étrangers aux élections locales ne figure pas dans les questions promises à une révision constitutionnelle. Votre réaction ?

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Nous sommes inquiets mais ne renonçons pas, persuadés qu'il faut le faire avant les élections municipales 2014. C'est important pour la démocratie.
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Pour quelles raisons ?

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C'est un combat permanent pour l'élargissement du suffrage universel. Les femmes ont dû attendre un siècle, entre 1848 et 1944, pour pouvoir voter, après des combats extrêmement durs. Le vote dès 18 ans est intervenu en 1974. Le Traité de Maastricht (1992) a permis aux résidents de l'Union européenne de voter aux élections locales, à partir de 2001. Comment comprendre que des gens qui vivent en France depuis des années, dont les enfants nés ici sont français, ne puissent donner leur avis sur la gestion courante des affaires de la commune ? Ces gens-là, qui ne sont pas devenus français pour des tas de raisons ? c'est d'ailleurs de plus en plus difficile de le devenir ? sont citoyens pour tous les actes de la vie quotidienne, sauf pour élire leur maire. Qui peut comprendre cette discrimination ? Les étrangers sont comptabilisés, ce qui joue pour les contributions d'État aux collectivités, mais ils ne peuvent émettre leurs points de vue en votant !

Voyez-vous un facteur d'intégration dans ce droit ?


C'est un puissant levier, symbolique, même s'il ne répondra pas à toutes les questions liées à l'intégration. Ce serait un message fort donné à toute la société, car c'est la question du vivre ensemble qui est posée.

On assiste souvent à un débat caricatural en France entre ceux qui pensent que ça va contribuer à solidifier le socle républicain et ceux qui y voient un péril ?


C'est typiquement français. On stigmatise. Seize des 27 pays de l'Union européenne appliquent, avec des variantes, ce droit de vote de tous les étrangers. Ça rien modifié sur le plan du comportement électoral. Aucun argument sérieux ne va dans le sens d'un renforcement du communautarisme. Lors d'un colloque scientifique à Paris fin 2012, nos interlocuteurs européens nous ont confirmé que les étrangers se répartissent exactement de la même façon que les nationaux sur l'échiquier politique, de l'extrême gauche à l'extrême droite.

 

Or, ce droit crée de la dignité et de la reconnaissance. Au nom de qui parlent les maires dont les communes abritent un grand nombre d'étrangers, qui ne peuvent pas voter, et qui sont confrontés à une forte abstention de ceux qui pourraient voter ? Ça concerne des maires de gauche comme de droite. On marche sur la tête ! Ce qui crée le communautarisme, c'est de renvoyer des gens à eux-mêmes en leur disant : « Vous n'avez pas votre place car pas les mêmes droits ».

Face à ces réalités et études, comment expliquer la frilosité des politiques ? L'absence de majorité au Congrès ? Il manquerait 35 voix !


Les modifications constitutionnelles se font toujours à quelques voix près : deux voix en 2008 pour l'introduction des référendums d'initiative parlementaire et populaire, dont on attend toujours l'application de la loi. Il manquerait 30 à 35 voix si on en fait un débat droite gauche. Pour moi, c'est plutôt un débat entre autoritaires et libéraux. Il y a à droite et au centre (très européen) des élus qui ne sont pas sur la même ligne, qui n'ont pas toujours dit la même chose, comme MM. Borloo ou Sarkozy. Je crois que c'est un débat de démocratie.

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On en reprend pour vingt ans si la question n'est pas posée. Il n'y a jamais eu une telle conjonction politique d'adhésion au droit de vote de tous les étrangers. Si ça ne se fait pas, l'exécutif enverra un message extrêmement dur à la société. Ce serait une faute politique ! L'engagement ne serait pas tenu, trente ans après celui de Mitterrand.

  • Recueilli par Bruno Salaün

http://quimper.letelegramme.com/local/finistere-sud/quimper/ville/etrangers-le-vote-cree-de-la-dignite-25-03-2013-2046651.php

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 13:33

"Oh le beau navion à tuer les rouges!"

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Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 187 (21/03/13)

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En moins de 15 jours, l’Église catholique a provisoirement résolu la crise majeure qui la secouait.

 

Empêtrée dans des scandales aussi graves que celui des prêtres pédophiles, la corruption avérée d’importants responsables de la Curie, et la suspicion chaque jour plus précise envers la banque du Vatican qui ne serait qu’un vulgaire paradis fiscal, il lui fallait trouver rapidement une issue crédible aux yeux de millions de fidèles.

 
C’est le sens de la démission de Ratzinger et de la rapide transition aboutissant à l’élection du pape François. Pour cette occasion, nous avons dû une nouvelle fois supporter une incroyable OPA sur l’information de la part des médias, avec leurs flots d’experts en Vatican et autres laudateurs patentés, censés nous faire partager leur ferveur, et leur ébahissement devant « l’énorme surprise » du choix effectué par le conclave d’élire un pape argentin… et jésuite !


Plus ça change, plus c'est la même chose…


Ce choix n’a pourtant rien à voir avec une quelconque volonté de « modernisation » de l’institution, encore moins d’une rupture avec la ligne réactionnaire de Ratzinger. Âgé de 76 ans, Jorge Mario Bergolio n’a pas hésité, dans son propre pays, à s’engager dans une bataille contre le gouvernement social-démocrate de Cristina Kirchner sur la question ô combien édifiante de la loi autorisant le mariage homosexuel… comme il l’avait fait également précédemment contre le droit à l’avortement.

 

Il s’agit là d’un positionnement classique de la part de l’Église catholique. Mais c’est son passé complice avec la dictature féroce des militaires qui aujourd’hui le rattrape. Proche de Vidéla, fréquentant les criminels au pouvoir, il n’avait pas hésité à dénoncer deux prêtres connus pour leur engagement auprès des pauvres qui, suite à leur arrestation, furent torturés dans les locaux de la tristement célèbre école militaire ESMA.


Nous sommes très très loin d’une quelconque proximité idéologique avec la fraction la plus éclairée du clergé sud-américain, adepte de la théologie de la libération. La nomination exotique de ce nouveau pape vise à parer au plus pressé en dépaysant – comme on dit en jargon judiciaire – les dossiers les plus pressants. Elle entend redorer le blason d’une institution en perte de vitesse en mettant à sa tête un représentant du continent où l’Église catholique compte encore le plus de fidèles. La ligne de cette église ne saurait être autre que l’acceptation des programmes d’ajustement structurels imposés par le FMI, pas le soutien aux révoltes sociales.


Alain Pojolat

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 12:31

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Par Ivan du Roy (22 mars 2013)


La réforme bancaire est toujours en discussion au Parlement. Et – surprise ! – elle pourrait contenir au moins une véritable avancée : l’obligation pour les banques de publier toutes leurs données concernant leurs activités dans les paradis fiscaux. De quoi faciliter la lutte contre l’évasion fiscale et les dissuader de trop recourir à d’obscures opérations financières, au risque de ruiner totalement leur réputation.

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Heureusement que certains députés et sénateurs sont plus offensifs que le gouvernement. Le Parlement est en train de durcir – un peu – le projet de réforme bancaire, en tout cas sur la question des paradis fiscaux. Les députés socialistes et écologistes ont, en février, voté l’obligation pour les banques de publier chaque année la liste de leurs filiales, avec effectifs et chiffres d’affaires, malgré les réticences du ministre de l’Economie et des Finances, Pierre Moscovici, et du Président de la Commission des finances, Gilles Carrez (UMP). « Mais pourquoi ne pas en profiter pour demander le montant des profits réalisés par chaque filiale ou celui des impôts payés ? », interrogions-nous alors (lire notre article). Cela aurait permis de mettre en lumière les filiales qui réalisent des profits, avec peu de salariés et sans payer d’impôts. Bref, de lutter vraiment contre l’évasion fiscale et les manipulations comptables.


C’est désormais chose faite : à l’initiative des groupes EELV et socialiste au Sénat, un amendement, voté le 21 mars, oblige les banques à publier leurs bénéfices, impôts et subventions dans toutes leurs filiales à l’étranger. Y compris celles présentes dans les territoires « à fiscalité réduite », des Îles Caïmans à Hong-Kong en passant par le Luxembourg. « Cette mesure permettra de détecter non seulement les territoires qui abritent d’éventuelles filiales fantômes, mais surtout les transferts artificiels des bénéfices depuis les pays à fiscalité normale vers les paradis fiscaux », explique le CCFD Terre Solidaire qui anime de longue date une campagne pour lutter contre l’évasion fiscale. Des détournements de fonds qui pénalisent les citoyens européens comme ceux des pays en développement.


Un effet très dissuasif


La victoire est double : cette obligation concerne toutes les filiales, et pas seulement les 18 territoires considérés par Bercy comme des paradis fiscaux. Exit donc les pressions politiques ou diplomatiques qui visent à toujours réduire la liste noire. Surtout, les informations seront rendues totalement publiques, dans le cadre des rapports financiers que les banques se doivent de publier chaque année. Toutes les parties prenantes de l’entreprise financière – salariés, syndicats, investisseurs, clients – y auront accès.


« Cela aura un effet dissuasif. Telle banque sera forcée d’expliquer pourquoi elle dispose de filiales aux Îles Caïmans. Cela nuira à leur image et à leur réputation. Elles seront contraintes de faire le ménage dans leurs activités les plus obscures », positive Mathilde Dupré, en charge de la campagne contre les paradis fiscaux au CCFD. Cette obligation de transparence aidera également les administrations fiscales, françaises et étrangères, à mener leurs contrôles.


Après les banques, les multinationales ?


On attend avec impatience les communicants de BNP-Paribas se démener devant leur clientèle pour justifier leurs 22 filiales aux Îles Caïmans, les 17 succursales que la banque compte sur l’île de Madère (Portugal), les 9 structures qu’elle a ouvertes sur les îles anglo-normandes (Jersey et Guernesey) ou les 61 qui quadrillent le Luxembourg ! Car la plus puissante banque française est aussi celle qui compte le plus de filiales dans des territoires à fiscalité réduite : 360 (25% de ses filiales) contre 104 pour le Crédit Agricole (20%) et 49 pour la Société Générale (18%).

L’amendement des sénateurs a finalement reçu un avis favorable du gouvernement, malgré l’intense lobbying de la Fédération bancaire française. Il devrait donc, en toute vraisemblance, être validé par les députés, d’autant qu’il précède une directive européenne imposant la transparence des banques pays par pays. S’il entre en vigueur comme prévu en 2015, il constituera l’une des très rares avancées de l’une des réformes les plus attendues du quinquennat hollandais, qui, sur les autres sujets, ne résout aucun des problèmes posés par les dérives du secteur (lire notre analyse).

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Cet amendement ouvre également un horizon intéressant : la possibilité d’étendre cette obligation de transparence à l’ensemble des grandes entreprises multinationales, et pas seulement au secteur financier. Cela permettrait de combattre, entre autres, les mises en faillite artificielle. Comme à Goodyear par exemple ?

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Ivan du Roy

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http://www.bastamag.net/article2994.html

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 12:15

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Carmela samedi 23 mars 2013 - 21h3

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Croulant sous les dettes et menacé d’expulsion, Michel Madec demande au Crédit mutuel de Bretagne (CMB) de reconnaître 
sa responsabilité. Il entame son quinzième jour de grève de la faim. (18 ce jour, note du blog )

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Carhaix (Finistère), correspondance. Une grande carcasse déjà bien émaciée par le jeûne vient ouvrir la porte du petit appartement dans le centre de Carhaix (Finistère). Immédiatement, l’entrain de Michel Madec contraste avec la gravité de sa situation. Mais il ne veut pas que l’on se méprenne  : «  Je suis soulagé depuis que j’ai entamé ma grève de la faim. Depuis 2009 et l’aggravation de ma situation financière, je vis quasiment reclus, j’ai coupé les ponts avec plein de monde. Je n’ai plus de vie. Aujourd’hui, enfin, je n’ai plus honte de raconter mon histoire. J’aimerais qu’elle serve de leçon à tous ceux qui crèvent à petit feu dans l’indifférence. Ma démarche n’est pas suicidaire, c’est un acte politique.  »


Conseillé jusqu’à la faillite


L’histoire de Michel pose une question  : comment un adulte qui perçoit une simple pension d’invalidité (moins de 700 euros) a-t-il pu souscrire autant de crédits et les enchaîner, conseillé par une banque, jusqu’à la faillite  ? Si Michel n’est pas le dernier à payer une tournée générale lors des périodes fastes, il avoue pourtant ne pas savoir ce qu’il a fait de cet argent. Un coup d’œil à son appartement ne donne pas de réponse. Le lieu est si brut qu’on pourrait penser qu’il y a emménagé la veille. «  À cinquante ans, je n’ai pas de voiture, je ne vais jamais nulle part mais je n’ai jamais maîtrisé la valeur de l’argent.  » Les banquiers auraient au moins pu l’aider sur ce dernier point.


Dès 2005, il pousse la porte du Crédit mutuel de Bretagne pour sortir d’un endettement déjà insupportable. La banque lui conseille alors de vendre sa maison pour solder ses dettes et lui fournit, via un prêt-relais, de quoi réinvestir dans un petit appartement. Mais les crédits revolving qui ont été remboursés sont redevenus des réserves dans lesquelles Michel peut piocher pour supporter une situation financière plus que tendue. Lorsqu’il retourne au CMB en 2008, il est de nouveau surendetté et la banque trouve une autre solution.

 

Elle regroupe tous ses crédits en cours dans un prêt à la consommation, résultat  : plus de 60 % de ses revenus partent chaque mois dans les remboursements, sans qu’on lui conseille à l’époque de déposer un dossier de surendettement. Me Élodie Tuaillon-Hibon, l’avocate parisienne qui a pris son dossier en main, pointe déjà du doigt ce chiffre, incontestable, et la responsabilité de la banque. Contactée par téléphone, la direction du CMB semble très occupée… Finalement, une responsable de la communication explique que «  le dossier de Michel Madec est suivi personnellement par Jean-Pierre Le Tennier, le directeur, et que le CMB souhaite l’accompagner pour l’aider à clarifier sa situation tout en l’aidant à garder son appartement  ». Une réponse automatique qui n’a guère porté ses fruits après quinze jours 
de jeûne.


Une manifestation est prévue ce samedi


En attendant, les copains de Carhaix s’organisent. Il y a ceux qui ont lutté avec Michel en 2008 contre la fermeture de l’hôpital de la ville, il y a aussi les copains du NPA où il a un temps milité. Une manifestation est prévue ce samedi à Carhaix. Certains passent le voir, comme son médecin, inquiet pour sa santé, qui tente de le conseiller. Quand il est en forme, Michel donne des nouvelles sur son blog hébergé par Mediapart. En 2011, le CMB a porté plainte pour diffamation en découvrant ses écrits mais ses deux plaintes ont été classées sans suite. Alors, Michel continue d’informer avec sa plume aussi passionnée que spontanée. Il réfléchit aussi. «  J’ai des angoisses métaphysiques face à la mort qui rôde mais au moins maintenant, je ne suis plus tout seul et si je m’en sors, je ne serai plus le même  !  »


La plaie des crédits revolving Fin 2012, 776 000 ménages étaient suivis par la commission de surendettement. Principaux accélérateurs de ces banqueroutes individuelles, les prêts immobiliers, les prêts à la consommation et les frais bancaires sont responsables de dettes qui s’élèvent en moyenne à 38 500 euros. Gros prédateurs de la stabilité financière des ménages, les crédits renouvelables (ou revolving) sont présents dans 75 % des dossiers enregistrés et, même s’ils n’ont pas été interdits, depuis 2010, leur attribution est encadrée par la loi. Pourtant, les banques peinent à revoir leurs pratiques...

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Valérie Gozdik

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http://bellaciao.org/fr/spip.php?article134270

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 11:49
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Entretien. Mardi 12 mars, le gouvernement français a annoncé un prochain passage de relais à l’ONU, avec un probable vote en avril d’une résolution sur une dite «  opération de maintien de la paix  ». En attendant, les opérations militaires continuent… Rencontre avec Mohamed Diarra, responsable de la section France du parti malien Sadi (Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance).

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Paul Martial – Peux-tu nous présenter Sadi  ?

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Mohamed Diarra – Sadi est un parti créé en 2001. Avant cela, c’était une association fondée en 1996, qui a évolué en parti politique. Ce parti se situe clairement à gauche, particulièrement actif dans la vie politique malienne et dans l’opposition face aux pouvoirs qui se sont succédé. Depuis 2002, Sadi se présente aux élections.

Son militant phare est le docteur Omar Mariko élu député en 2007. Au mois d’août 2012, après le coup d’État, alors que le mandat de l’Assemblée nationale est arrivé à terme, au titre de la Constitution puisque un mandat ne peut pas être prolongé, il a donné sa démission.


Quelles sont d’après toi les causes de la crise au Mali  ?


Sadi ne cesse de dénoncer la corruption, les privatisations, les malversations, la collusion de certains politiques et militaires avec le trafic de drogue au nord du pays. Le problème du nord a toujours été récurrent. Nous avons tiré la sonnette d’alarme lorsque la guerre de Libye a commencé, guerre que l’on a publiquement dénoncée. Nous avons dit que notre pays serait la prochaine cible de l’impérialisme.


Donc, face au drame malien, nous n’avons pas arrêté de dénoncer cet impérialisme. Vu le taux d’analphabétisme au Mali, le niveau de méconnaissance de la vie politique, c’est un combat qui est très difficile. Ajoutons le travail de sape des médias au service du néocolonialisme…


Avant même que des islamistes ne débarquent au Mali, Sadi a défendu une solution malienne, même s’il devait y avoir la guerre, mais les impérialistes et leurs alliés de la Cedeao ont tout mis en œuvre pour que l’armée malienne ne résiste pas. Ils ont bloqué la livraison d’armes dans les ports de la région, ils ont créé des dissensions, des conflits internes en son sein afin qu’elle ne puisse pas remplir sa mission régalienne qui est la défense de l’intégrité territoriale du Mali. En fait, au nord, l’armée malienne a été abandonnée et livrée à elle-même.


Et quand l’intervention militaire est arrivée à un moment où la population souffrait, Sadi a dénoncé tout cela, mais on ne pouvait pas aller à l’encontre de la volonté des populations qui étaient contentes de la libération.


Peux tu faire un point sur la situation  ?


Les populations sont les premières victimes. Les Touaregs constituent la majeure partie des réfugiés. Cette population a dû fuir le Mali parce qu’elle a peur d’être assimilée par l’armée malienne aux terroristes et à des djihadistes. Quand j’entends dire que le MNLA se bat pour instaurer un État de l’Azawad avec les Touaregs, je pense que le MNLA aurait pu faire l’économie de cette guerre. La population au nord est dans sa grande majorité formée des Songhaï, les Peuls, et ceux-ci n’aspirent qu’à une chose, le retour de la paix et à leur vie d’avant. On peut résoudre ce problème du nord du Mali dans une décentralisation très poussée avec des transferts de compétences, transfert de ressources de l’État pour essayer de déconcentrer l’État central.


La France a fait le boulot le plus facile pour l’instant car elle n’a fait que repousser les djihadistes qui ne sont pas défaits. Ils sont dans les grottes, dans les montagnes du massif de l’Adrar des Ifoghas le long de toute la frontière avec l’Algérie.


Quelle est votre analyse sur les djihadistes  ?


Les djihadistes sont alliés avec les impérialistes, voire soutenus, ils ont les mêmes objectifs qu’eux, souvent ils travaillent ensemble. On pouvait très bien faire l’économie de cette guerre, en faisant pression sur leurs bailleurs de fonds que sont le Qatar et l’Arabie Saoudite à travers leurs mécénats. Ces pays sont des alliés stratégiques (et économiques) de la France, celle-ci aurait pu intervenir pour qu’ils arrêtent de cautionner et d’aider les djihadistes.

Nous avons toujours été contre une intervention militaire étrangère parce qu’on sait quand cela commence, mais on ne sait jamais quand cela se termine. Les djihadistes et le MNLA ont, à un moment donné, été des alliés, ils ont combattu ensemble l’armée malienne, donc on ne sait même plus qui est qui. La France demande aux autorités maliennes de discuter avec le MNLA et on ne sait pas où cela va nous mener.


Dans cette situation il y a des débats à l’intérieur de la gauche française sur la revendication du retrait des troupes françaises du Mali. Qu’en penses-tu  ?


Notre position est claire, c’est avant tout une solution malienne. On voulait une armée malienne assez forte, qui soit aidée. Son armement date des années 60 et pour se battre, il faut avoir des armes. Pendant un an de crise, la France n’a rien fait pour aider cette armée malienne, elle a plus créé de problèmes.


Au Mali, il y a eu tellement de hargne médiatique à l’égard de ceux qui sont contre l’intervention française au Mali que le débat n’est pas possible. Les opposants n’ont pas le droit à la parole, ils se font traiter d’apatrides, de rebelles du sud. Tout ce qui va à l’encontre de cette intervention militaire française ne passe plus dans les médias. Vu la souffrance de nos populations à cause des djihadistes, nous n’avons pas condamné l’intervention. Mais cette intervention est loin de résoudre le problème de l’effondrement de l’État. En plus, elle a permis de conforter un système, celui-là même qui a mis le Mali en lambeau.


Un pays comme le Mali a besoin d’une guerre contre la pauvreté pour qu’il y ait à manger pour tout le monde.

 

La guerre contre la misère, la pauvreté, la maladie, le manque d’éducation, cela doit être la préoccupation majeure de toutes les populations. Pour le Mali, la situation est grave, entre les forces djihadistes d’un côté et les forces néocolonialistes de l’autre.


Propos recueillis par Paul Martial

 

* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 187 (21/03/13).

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 11:36
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Mardi 12 février, l’Assemblée nationale a adopté la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de personnes de même sexe, avec 329 votes pour et 229 contre.

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Le texte sera examiné au Sénat à partir du 2 avril.Les socialistes se targuent d’avoir fait faire un grand pas à la société… Leur hésitation et leur frilosité ont fait plutôt avancer les homophobes et les réacs. Première concession, exit l’ouverture de la PMA aux couples de femmes (légalisée pour les couples hétéros), et les trans, comme toujours, sont oubliéEs.


Sans revenir sur les propos tenus par tous les réacs de la terre, des religieux aux politiques en passant par les «people», le gouvernement laisse le temps aux opposants de s’organiser, de polémiquer, d’insulter les homos et les trans. Jamais une «  minorité  » n’aura été autant attaquée ces dernières années, hormis peut-être les musulmans et les Roms. Et même si l’homophobie est sanctionnée par la loi, l’idée qu’une différence ne donne pas droit à l’égalité s’est répandue tranquillement. Au lieu de se sentir confiants, les homos et les trans ont dû, au mieux polémiquer, au pire faire le dos rond et encaisser. SOS Homophobie a enregistré un afflux record d’appels (plus de 30 % d’augmentation) durant toute la période des débats.


Pour un mouvement antihomophobe


Avec le vote devant le Sénat, les homophobes continuent leur logorrhée. Un des derniers exemples est Sarkozy lui-même en nostalgie de vedettariat  : «  Avec leur « mariage pour tous », la procréation médicalement assistée, la gestation pour autrui, bientôt ils vont se mettre à quatre pour avoir un enfant. Et, plus tard, quand il demandera qui sont ses parents  ? On lui répondra  : « désolé, il n’y a pas de traçabilité » (…) Le sujet du moment, c’est la traçabilité du bifteck. Tout le monde veut savoir s’il y a du cheval dans ce qu’on mange  ». (Dans Valeurs actuelles, le 7 mars).


Les partisans de la si mal nommée «  manif pour tous  » se préparent à défiler le dimanche 24 mars et à faire sit-in. Frigide Barjot affirme  : «  on ne partira pas tant qu’il ne se passera pas quelque chose  », «  nous resterons jusqu’à être entendus  ». Nous entendons nos ennemis. La question est de s’organiser pour les combattre. Pour cela, un «  mouvement  anti­homophobe  » constitué d’associations, politisées ou non, avec diverses radicalités, s’est déjà formé le 27 janvier dernier. Il s’agit de continuer ensemble.

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Manue Mallet

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* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 187 (21/03/13).

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NPA QUIMPER - dans LGBT
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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 11:31
karl
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Eliminer tout ce qui pourrit nos vies, instaurer de nouveaux modèles de société qui ne soient plus basés sur l’exploitation et l’aliénation, rechercher le bonheur, n’est-ce pas là ce qui motive tous les anticapitalistes ?


L’exploitation capitaliste revêt de multiples formes. Qu’elle s’exerce sur les lieux de travail ou à domicile, qu’elle soit pratiquée par les États ou par des firmes multinationales, qu’elle s’opère sur les hommes, les femmes, les enfants, les animaux ou sur la nature, l’exploitation est inscrite dans les fondements même du capitalisme.


Seule une augmentation coûte que coûte des profits, et donc de la rentabilité et de la compétitivité, peut permettre au système capitaliste de survivre. Cette logique de croissance infinie de la production ne peut que mener à une exploitation de plus en plus destructrice. La classe dominante n’a que faire de la dégradation des conditions de vie de l’immense majorité des êtres humains et de la destruction progressive de la biosphère.


Lutter contre le capitalisme implique de prendre en compte toutes ces formes d’exploitation et oblige à investir tous les terrains où elles s’exercent. Sortir de ce système est maintenant une urgence absolue, à l’heure où nous assistons au réchauffement climatique, et à ses conséquences catastrophiques, et à un écocide tel que la Terre n’en a pas connu depuis la disparition des dinosaures. L’écosocialisme permet de répondre à cet impératif.

Qu’est-ce que l’écosocialisme  ?

Nous reprenons l’explication de Michael Löwy [1]  : «   C’est un courant de pensée et d’action en rupture avec l’idéologie productiviste du progrès (dans sa forme capitaliste et/ou bureaucratique) et opposé à l’expansion infinie d’un mode de production et de consommation destructeur de la nature (…) C’est une tentative originale d’articuler les idées fondamentales du socialisme marxiste avec les acquis de la critique écologique  ».


Être écosocialiste c’est faire le lien entre la transformation des rapports de production, de l’appareil productif, des modèles de consommation dominants et la sauvegarde des équilibres écologiques de la planète. En effet, l’affaire climatique nous rappelle qu’aucun projet émancipateur ne peut faire l’impasse sur la prise en compte des limites et des contraintes naturelles.


Être écosocialiste implique de poser les bonnes questions. Celles proposées par Daniel Tanuro [2] sont fondamentales  :


– de quels biens et services avons-nous besoin  ?

– que devons-nous produire, comment, en quelles quantités  ?

– qui va décider  ?

– dans quel environnement voulons-nous vivre  ?

–  comment prendre en compte les impacts de nos choix sur la biosphère  ?

–  quelles seront les conséquences de ces choix, comment les gérer  ? etc.


Qui dirige  ?


Nous ne pouvons faire l’impasse sur ces questions qui posent la nécessité d’une transformation radicale de la société et la redéfinition d’un nouveau projet, d’un choix de civilisation et osons le mot, d’une nouvelle utopie.


Être anticapitaliste ce n’est pas seulement exproprier les possédants, collectiviser les moyens de production, mettre en place la planification économique, c’est aussi prévoir le contrôle démocratique organisé pour permettre à la population elle-même de prendre les décisions qui la concernent et d’en contrôler les effets.


En aucun cas ce contrôle ne pourra être fait par l’État. L’exemple de l’URSS et de sa planification étatiste et bureaucratique nous rappelle que l’État ne peut être neutre. Seul l’exercice du pouvoir de décider, de contrôler par la population est la garantie d’une gestion réellement démocratique. Une divergence que nous avons avec le Parti de gauche de Mélenchon pour qui l’État est le garant de l’intérêt général.

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 11:27

goutal

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L’analyse que nous faisons du capitalisme nous conduits à penser qu’il n’est pas compatible avec la dimension écologique de la crise.


En effet, le capitalisme cherche à faire profit de tout. De par sa propension au toujours plus de profit, il génère une accumulation de biens, de produits qu’il faut vendre, même s’ils sont inutiles, même s’ils polluent, même s’ils détruisent…


Le capitalisme cherche à faire rentrer dans la sphère marchande un maximum de biens. Même ceux qui sont indispensables à l’entretien de la vie, comme l’eau, sont sources de profit. Les multinationales de l’eau qui accaparent ce bien vital et siphonnent nos factures l’ont bien compris.


C’est pourquoi, sans la suppression de la propriété privée des moyens de production, sans l’expropriation des grands groupes capitalistes, nous nous heurterons toujours à la liberté et au pouvoir des possédants, des propriétaires de capitaux prêts à produire n’importe quoi, toujours plus, où ils veulent, comme ils veulent, quand ils veulent, en fonction des profits escomptés.

 

Les laisser faire nous conduirait à la barbarie. Nous reprenons volontiers le slogan de Rosa Luxembourg «  socialisme ou barbarie  » auquel nous ajoutons le préfixe «  éco  » qui s’impose aujourd’hui et qui nous oblige à redéfinir un nouveau projet de société.


Voilà pourquoi nous divergeons avec les écologistes qui refusent de remettre en cause le capitalisme, de pointer ses responsabilités écrasantes dans le dérèglement social et climatique subi par la majorité des populations, et qui acceptent des arrangements avec le système. Un écologiste ne peut qu’être anticapitaliste. Tout comme un anticapitaliste ne peut qu’être écologiste.

Répondre à la crise climatique, sociale et économique

L’écosocialisme repose sur la satisfaction des besoins sociaux tout en préservant l’écosystème qui permet à notre espèce d’exister. La publicité en créant des besoins artificiels n’a pas sa place dans ce système. Les vrais besoins sociaux sont ceux qui existent en l’absence du lavage de cerveaux que constitue la publicité.


De nouvelles formes de démocratie doivent émerger pour pouvoir rendre le pouvoir aux travailleurs tout en permettant à l’ensemble de la société de participer aux choix de production.


Les écosocialistes préconisent d’exproprier les grands groupes capitalistes, d’étendre les services publics aux domaines du logement, de l’énergie, de la santé, de l’éducation, des transports… pour sortir du système marchand tout ce qui est nécessaire à nos vies. Nul ne doit pouvoir faire du profit avec ce qui est indispensable à l’entretien de la vie. Le tout avec des garanties de fonctionnement réellement démocratique.


Le capitalisme est en bout de course et ne permet pas de relever les défis actuels posés par la crise climatique, sociale, économique. «  Un autre monde est possible  », ce slogan est plus que jamais d’actualité. La tâche des écosocialistes est de regrouper toutes celles et tous ceux qui n’ont pas renoncé à combattre le capitalisme et à fonder les bases d’une autre société fondée sur la satisfaction des besoins sociaux et non des profits d’une minorité de prédateurs, tout en prenant en compte les limites de la planète.


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