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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 11:11

7 juin 2012 à 07h25 - 

 

Face au refus de dialogue de la ville, l'assemblée générale de la CGT BMO a décidé, hier matin, la reconduction du mouvement de grève qui touche, depuis dix jours, les services périscolaires (cantines et garderies) des écoles brestoises. La colère monte. Chez les parents d'élèves aussi.


«Sur nos revendications ? la revalorisation du régime indemnitaire? "ils" ne veulent pas négocier. L'exemple de Rennes a été pris. Là-bas, un mouvement de même nature a duré un mois et demi. À l'arrivée, les grévistes n'ont rien obtenu. Monsieur le maire est à Rio. Il a tout verrouillé. "On ne bouge pas", nous a-t-on dit ce matin».

 

Dans la salle où s'est tenue, hier matin, l'assemblée générale suivie par 200 personnes, les remarques ironiques fusent. Éric Pélennec, secrétaire de la section éducation enfance de la CGT BMO, se fait l'écho de l'entrevue accordée un peu plus tôt par Bernadette Abiven, adjointe au maire, en charge du personnel. «Nous sommes conscients des désagréments que cause ce conflit inédit, qui paralyse les restaurants scolaires. Toutest fait pour qu'il dure jusqu'à la fin du mois de juin».

«Nous sommes prêts à aller jusqu'aux vacances»

«La ville joue le pourrissement. L'ouverture des locaux aux parents d'élèves a été permise par le maire. C'est un message fort pour casser le mouvement. Par contre, les enfants sont sous la responsabilité des parents. Que se passe-t-il en cas d'intoxication alimentaire, de dégradations de locaux?

 

Alors, faut-il continuer la grève ou décider d'un mouvement sous une autre forme?», a interrogé le délégué syndical, avant d'inviter à un vote, par les urnes. Yann, 43 ans, témoigne. «Nous sommes conscients de ce que nous faisons vis-à-vis des parents et des enfants. Mais nous sommes prêts à aller jusqu'aux vacances. Il y a un dégoût de nos responsables politiques face à cette absence de dialogue. Je ne comprends pas la position de la mairie. Socialiste, en plus».

 

À une très large majorité, l'assemblée générale a voté la poursuite du mouvement, que devraient rejoindre les autres services de BMO, à l'appel de la CGT.

 

Un débrayage, de 11h à 12h, est prévu demain. Pour d'autres actions à venir? «On ne veut pas dévoiler toute notre stratégie», coupe Éric Pélennec. Le blocage des élections serait envisagé. «Nous, nous débrayerons une heure demain (aujourd'hui, NDLR), de 11h45 à 12h45. Rendez-vous à la mairie à 12h.

 

Nous aurons une demi-heure pour faire le point. En attendant, nous sommes submergés de coups de téléphone de parents. Il faut essayer de trouver un référent dans chaque école, qui transmette les renseignements». Des parents, comme ces mamans isolées, des écoles de Kerhallet et de Quizac, sont très inquiets. «Je viens d'apprendre, parce que j'ai téléphoné, qu'il n'y avait pas de garderie demain matin à Kerhallet, de 7h15 à 9h. Pourquoi n'ya-t-il pas de numéro vert mis en place? Je n'ai jamais vu ça.

 

C'est inadmissible. Il n'y a personne pour prendre les choses en main. C'est à la ville d'informer les parents», dit l'une. «On n'arrête pas de me dire "Trouvez un parent", dit l'autre. Mais, je ne vais pas confier mon fils de 6 ans à quelqu'un que je ne connais». À l'initiative de l'école de La Pointe, un appel à rassemblement des parents mécontents a été lancé pour demain, à midi, sur le parvis de l'hôtel de ville.

  • Karine Joncqueur

http://brest.letelegramme.com/local/finistere-nord/brest/ville/greve-dans-les-ecoles-brestoises-la-colere-monte-07-06-2012-1729221.php

 

Commentaire: Le Maire est à Rio? Agent OSS 117  à Rio ne répond plus!

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 10:49

Un journaliste britannique installé à Beyrouth exprime sans ménagement son dégoût pour la monarchie britannique, justifié en particulier par sa proximité avec les monarchies sanguinaires du Golfe.


04.06.2012 | Alex Rowell | Now Lebanon


Le Royaume-Uni s'est lancé dans quatre jours de festivités en l'honneur de la dictature héréditaire du pays – des réjouissances imposées par l'Etat et à la charge du contribuable. Sa Majesté Elisabeth II (pour utiliser une version très abrégée de son titre officiel*) occupe le trône depuis soixante ans, soit davantage que les règnes de Bachar et Hafez El-Assad réunis, et c'est la raison pour laquelle des millions de ses sujets se rassemblent au cours de ces congés obligatoires pour exprimer leur joie et leur gratitude.

La BBC, dont l'intégrité journalistique sur les questions monarchiques n'a rien à envier à la propagande stalinienne, propose un guide des événements dont l'ennui frise le comique : une flottille d'un millier d'embarcations sur la Tamise, une garden-party, un concert de Gary Barlow, j'en passe et des meilleures. Il y aura même une "messe d'action de grâce" à la cathédrale Saint-Paul, dite par l'archevêque de Cantorbéry, pour qui une "prière spéciale" a été composée "à l'intention de la reine". L'une des invocations de cette prière "remercie et salue" le Tout-Puissant d'avoir "doté" la Grande-Bretagne d'"ELISABETH [sic], notre reine bien-aimée", réaffirmant ainsi cette idée ouvertement théocratique, chère aux despotes de temps immémorial, que le souverain a été désigné par Dieu.

Toutes ces marques de vénération dictatoriale seraient déjà regrettables si elles se limitaient au territoire britannique.

 

Mais il semble qu'il existe d'ignominieux projets d'exportation de cette hystérie vers le Liban, sous l'étiquette de "Britweek". On aurait pu penser qu'à l'heure du "printemps arabe" les représentants des autocraties resteraient un peu en retrait. Ils auraient tort, alors que Liz elle-même donne le mauvais exemple. Ainsi, le mois dernier, on l'a vue déjeuner avec un intime, le sanguinaire roi du Bahreïn, parmi d'autres tyrans.

Certes, cultiver la discrétion au Moyen-Orient n'a jamais été le fort des Britanniques. Mais certains d'entre nous, y compris parmi les Britanniques, gardent un minimum de décence. Nous sommes désolés pour le Liban.

N.-B. : si vous êtes en Grande-Bretagne et que vous vouliez manifester contre ces festivités, retrouvez ici tous les renseignements sur le Mouvement officiel contre le jubilé, organisé par les gens formidables du groupe [britannique] Republic .

 

http://www.courrierinternational.com/article/2012/06/04/assez-de-toutes-ces-marques-de-veneration

 

à lire également
• Sa Majesté adulée par une palette de crétins - The Observer (Londres)
• La reine fait un plaidoyer en faveur de l'Eglise - The Times
• Boutons les Windsor hors du Canada ! - The Walrus
• La monarchie, cette sympathique absurdité - Prospect

 

 

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 10:36

 charles-doux

Le groupe volailler Doux, surtout connu par la marque Père Dodu, vient de déposer le bilan et d'être mis en redressement judiciaire.

 

Une telle situation risque d'entraîner une cession ou des arrêts d'activité dans certains secteurs, ce qui aurait des conséquences dramatiques pour les 3 400 salariés du groupe en France, auxquels il faut ajouter plusieurs milliers de sous-traitants, dont 800 éleveurs.


En 2010 Le groupe Doux a réalisé 1,4 milliard de chiffre d'affaires.

 

Il exporte des poulets dans 110 pays mais, dit-il, serait « plombé » par une dette estimée à 430 millions d'euros. D'où vient cette dette ? D'investissements au Brésil pour près de 300 millions d'euros, d'une hausse des coûts des aliments pour volaille. Toujours est-il que la famille Doux est parvenue à accumuler une fortune estimée à 330 millions d'euros en 2011, en progression de presque 18 % par rapport à l'année précédente.


Charles Doux et sa famille ont accumulé ces millions en exploitant férocement les ouvriers.

 

Leurs usines sont connues pour leurs conditions de travail exécrables. Les salaires stagnent au smic, quelle que soit l'ancienneté. Sur les chaînes d'abattage et de conditionnement des poulets vendus en frais, par exemple, le travail se fait en deux équipes de huit heures, dans des odeurs infectes, à des températures comprises entre 0 et 7°C et à des cadences très élevées. Les maladies professionnelles de type TMS (troubles musculo-squelettiques) sont fréquentes et, après avoir ainsi été abîmés par le travail, bien des ouvriers finissent par être jetés à la porte pour inaptitude.


Chez Doux, il n'y a pas de petits profits.

 

En 2003, le volailler avait décidé de ne plus payer les temps de pause, ce qui revenait à faire travailler les ouvriers 2 h 30 de plus par semaine pour le même salaire. Le groupe a été condamné à plusieurs reprises aux Prud'hommes à payer ces temps de pause, mais aujourd'hui encore, presque dix ans plus tard, il n'a pas obtempéré ! Ainsi, à l'usine de Laval, la procédure judiciaire continue et les ouvriers n'ont encore rien touché.


Depuis dix ans, les fermetures de sites se sont succédé.

 

Plus de 2 000 salariés ont perdu leur emploi. Quant aux éleveurs de volaille qui travaillent pour Doux, ils ne sont pas mieux lotis. Les prix auxquels Doux achète la volaille leur sont imposés et les factures sont payées de plus en plus en retard.


Tout ceci n'a pas empêché les pouvoirs publics d'accorder d'importantes aides publiques à Doux.

 

Le groupe bénéficie en effet chaque année de ce que l'on appelle les « restitutions européennes ». Il s'agit d'aides versées par l'Europe pour compenser le fait qu'il vendrait à bas prix sur les marchés du Proche et du Moyen-Orient. Ces restitutions ont atteint 60 millions d'euros entre octobre 2010 et octobre 2011.

 

On estime que, depuis quinze ans, le groupe a ainsi engrangé plus d'un milliard d'euros d'aides européennes !

 

Cela sans compter les aides publiques provenant du fait que le groupe produit lui-même la nourriture des animaux dans ses propres usines, à base de céréales elles aussi largement subventionnées.


Aujourd'hui, le gouvernement Hollande semble ne pas apprécier que Charles Doux ait choisi le dépôt de bilan plutôt que l'option qu'il soutenait, à savoir le renflouement du groupe par la banque Barclays, qui en aurait ainsi pris en partie le contrôle. Les négociations se poursuivent entre le volailler et les ministères de l'Agriculture et du Redressement productif, qui aboutiront sans doute à de nouvelles subventions publiques, sous le prétexte habituel de sauver l'emploi.

 

Pourtant, le groupe Doux aurait les moyens de maintenir l'activité industrielle et les emplois, ainsi que de payer les producteurs de volaille. Qu'il prenne donc pour cela sur les profits accumulés par la famille Doux et les autres actionnaires !


Valérie FONTAINE

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2288&id=16

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 10:21

 lhumanitc3a9-staline-que-nous-aimons-communisme.jpg

 

Le 1er juin 1962, une forte augmentation des prix de l'alimentation était annoncée pour toute l'Union soviétique : 19 à 34 % sur la viande, 25 % sur les produits laitiers et les œufs. Le mécontentement provoqué par ces hausses prit un tour explosif à Novotcherkassk, ville industrielle du sud de la Russie.


Le Kremlin ne parlait que de hausses provisoires, mais cherchait par tous les moyens à faire rentrer de l'argent dans les caisses. Khrouchtchev et les autres dirigeants de l'époque avaient songé à relever aussi le prix du tabac et de la vodka, avant d'y renoncer, de crainte d'ajouter à une contestation diffuse dont la police politique, le KGB, venait de donner la mesure en haut lieu. Pour le seul début de 1962, le KGB disait avoir saisi trois fois plus de tracts hostiles à Khrouchtchev que durant toute l'année 1961 et avoir démantelé un nombre accru de petits groupes contestant le régime.


SOUS LA CHAPE DE LA DICTATURE, LE MÉCONTENTEMENT


Le KGB avait-il gonflé son bilan pour se faire valoir ? En tout cas, malgré la dictature étouffant toute forme d'expression indépendante, des tracts dénonçant les hausses de prix avaient surgi à Moscou, à Tchéliabinsk, ville industrielle de l'Oural, à Khabarovsk, sur la frontière chinoise. À Léningrad, Tambov, Magnitogorsk, Donetsk, des appels à la grève étaient même apparus sur les murs. À Novotcherkassk, la réaction ouvrière prit un caractère de contestation politique massive et le régime répliqua par une répression féroce.


PRIX EN HAUSSE, SALAIRES EN BAISSE


Dans la principale usine de la ville, NEVZ (construction de locomotives électriques), la direction était en train de réduire d'un tiers la paie des 14 000 travailleurs quand ces hausses de prix entrèrent en vigueur. Pour les ouvriers, dont beaucoup n'avaient pu se loger que dans le privé et qui, les étals des magasins d'État étant vides, n'avaient pas les moyens d'acheter à prix libres au marché kolkhozien, la coupe était pleine. Pas question de prendre le travail.


Le directeur et le chef du parti de l'usine vinrent les sermonner. Sans autre résultat que d'attiser leur colère, quand le directeur déclara que, s'ils ne pouvaient s'offrir de la viande, ils n'avaient qu'à « manger des pâtés d'abats ».

« De la viande, du beurre, la hausse des salaires », « On veut des logements » ou « Khrouchtchev à la casserole ! » répliquèrent les ouvriers sur des pancartes au fur et à mesure que les ateliers cessaient le travail.


Des grévistes partirent faire le tour des usines de la ville pour qu'elles se joignent au mouvement. D'autres bloquèrent la voie ferrée, actionnant le signal de détresse du train Saratov-Rostov dans l'espoir d'alerter les villes voisines. Dans l'après-midi, des milliers de grévistes s'en allèrent débusquer les responsables de l'administration dans leurs locaux, les forçant à dire « comment on peut vivre avec des salaires abaissés et des prix augmentés », tandis que des orateurs dénonçaient la misère à laquelle les autorités contraignaient les travailleurs.


La foule ouvrière balaya les forces de police envoyées « libérer » NEVZ et, après avoir décidé de manifester en ville le lendemain, elle fit un feu de joie avec des portraits de Khrouchtchev.


Le soir, des automitrailleuses étant venues « délivrer » les dirigeants de l'usine, les grévistes bloquèrent les portes et érigèrent une barricade sans que les soldats, éprouvant une sympathie visible pour le mouvement, s'opposent à eux.

Les autorités ayant alerté le Kremlin, Khrouchtchev dépêcha sur place deux membres du Présidium (le Bureau politique), dont Mikoyan. Durant la nuit, des tanks entrèrent en ville tandis que le KGB arrêtait certains meneurs ouvriers.


« PLACE À LA CLASSE OUVRIÈRE ! »


Le lendemain, 10 000 travailleurs gagnèrent le centre-ville, derrière des portraits de Lénine et des banderoles réclamant plus de justice sociale. Trouvant des tanks sur leur chemin, ils scandaient : « Place à la classe ouvrière ! » Les tankistes les laissèrent passer. Même chose de la part des soldats chargés de protéger le siège de l'administration, d'où Mikoyan et ses comparses venaient de fuir.

 

Découvrant sur place que « ses » dirigeants s'apprêtaient à faire bombance de mets dont les travailleurs n'avaient même plus idée, la foule dévasta l'immeuble.


Une délégation de neuf ouvriers se rendit alors au siège du parti et demanda que l'armée évacue la ville, puis s'en alla rencontrer Mikoyan dans l'enceinte militaire où il s'était réfugié. Il promit de faire revoir les normes de salaire, mais déclara ne rien pouvoir faire pour les prix. Le chef de la délégation, l'ouvrier Mokrooussov, menaça : « Nous sommes la classe ouvrière, nous sommes nombreux. »


Des manifestants ayant attaqué un poste de la milice pour libérer leurs camarades arrêtés, les miliciens tuèrent un manifestant.


Peu après, c'est devant le Comité de ville où se pressait une foule compacte que la troupe tira. Pour empêcher que troupe et grévistes fraternisent, les autorités avaient remplacé les conscrits slaves par des soldats caucasiens, dont le russe n'était pas la langue et qui pouvaient plus difficilement se sentir proches de la population locale. Il y eut une cinquantaine de morts et des centaines de blessés. Selon un témoin, « la place était couverte de sang, sur lequel ressortaient les casquettes blanches des enfants écrasées dans une boue sanglante ».


La nouvelle du massacre eut un effet immédiat :

 

les usines qui n'étaient pas encore en grève cessèrent le travail, des dizaines de milliers d'ouvriers envahissant les alentours du Comité de ville.

Le KGB, qui avait photographié des milliers de manifestants, arrêta des centaines de personnes durant la nuit. Le mouvement était décapité. Instaurant le couvre-feu, le régime coupa la ville de tout contact avec l'extérieur après le 3 juin, mais améliora son approvisionnement.


C'était, dit-on en russe, « le pain d'épice et le knout ». Mais entre la carotte et le bâton, c'est de ce dernier que les autorités se servirent le plus. Elles voulaient briser dans l'œuf toute velléité de réaction de la classe ouvrière. Six ans après, le souvenir de la révolution ouvrière de 1956 en Hongrie était encore vif et cuisant pour la bureaucratie russe. Et Mikoyan, qui avait alors été envoyé à Budapest, savait d'expérience quelle formidable force de déstabilisation pour le régime pouvait receler une mobilisation ouvrière. D'ailleurs, de peur que les ouvriers de Novotcherkassk n'aient envoyé des agitateurs dans d'autres centres industriels, le Kremlin se hâta d'envoyer des émissaires dans des régions telles que le Donbass, pour y organiser un contre-feu.


En août, le pouvoir organisa une parodie de procès contre quatorze ouvriers de Novotcherkassk. Traités de « bandits et de provocateurs », sept furent condamnés à mort, les autres écopant de lourdes peines de prison. Il y eut encore des centaines d'arrestations, d'autres procès et condamnations à huis clos en septembre et en octobre. Et la chape de plomb de la censure s'abattit sur cette tuerie, dont presque personne n'entendit parler en Union soviétique, et encore moins au dehors.


EN MÉMOIRE DES COMBATTANTS OUVRIERS


Un des premiers grévistes, l'ajusteur Piotr Siouda, fut arrêté le 2 juin et condamné à douze ans de prison. Il était le fils d'un vieux-bolchevik que Staline avait fait mourir en prison et sa mère avait passé sept ans en camp comme femme d'un « ennemi du peuple ». À sa sortie de prison, Siouda, qui se disait « bolchevik sans parti », s'employa à faire connaître ce qu'il appelait « un des crimes les plus sanglants du parti et de l'État contre Octobre et le bolchevisme-léninisme ».


En 1987, il présenta une demande de réhabilitation des victimes de Novotcherkassk.

 

Malgré la promesse de Gorbatchev de faire la transparence sur les pages sombres du régime, sa demande resta sans réponse. Mais, ayant imprudemment fait savoir qu'il avait découvert où on avait clandestinement enterré les victimes du massacre, Siouda fut frappé à mort en pleine rue, dans la nuit du 5 mai 1990, par des « inconnus » qui lui volèrent des documents qu'il avait recueillis sur ces événements. D'évidence, les héritiers de Staline ne tenaient pas à ce qu'il puisse être dit que, en URSS, la classe ouvrière avait relevé la tête face à la bureaucratie.


Pierre LAFFITTE

 

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2288&id=39

 

Aujourd'hui:

 

 

http://www.lapresse.ca/international/europe/201206/02/01-4531189-russie-modeste-celebration-de-la-revolte-ouvriere-de-novotcherkassk-en-1962.php

 

 



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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 08:50

Photo F.vignette paysage
 
Aujourd'hui mercredi 6 juin, la réquisition envisagée a été effectuée. La maison réquisitionnée se trouve à la Ferme du Braden près des jardins ouvriers au n° 41 rue de l'Ile aux Moutons à Quimper.
 
Pour équiper les lieux nous ferons appel aux associations caritatives mais si vous avez des éléments compris dans la liste jointe, n'hésitez pas soit à livrer directement sur place soit à nous le faire savoir. Des copains disposant d'un fourgon pourront les enlever.
 
Demain soir jeudi 7 juin, pique-nique de solidarité sur place. Chacun apporte un plat ou dessert ou boisson.... selon convenance. Nous partargerons.
Le planning de permanence pour les premiers jours sera à remplir sur place.
 
Venez également avec un petit don pour le Collecctif. Il sera le bienvenu. Les chèques sont à libeller à Christine KERNALEGUEN - URGENCE UN TOIT POUR TOUS.

 

  untoitpourtouscornouaille@hotmail.fr

 

LISTE DES EQUIPEMENTS MANQUANTS     Sommier de 140 Bois de lit de 140 Sommiers de 90 Bois de lit de 90 Commodes Armoires Etagères 1 canapé Table Chaises Machine à laver Téléviseur Séchoir  type Tancarville Assiettes Couverts Verres Plats / Saladiers Marmite ou cocotte Poêles Poubelle Bouteille de gaz Serviettes bain toilette

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 11:15

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Par Ivan du Roy (5 juin 2012)


La conférence de Bilderberg, qui rassemble des PDG, des diplomates, des politiques et même des journalistes, vient de se terminer aux États-Unis, dans un silence général des médias nationaux.

 

Pourtant, outre plusieurs personnalités françaises, étaient présents pas moins de trois commissaires européens. De quoi se poser quelques questions, au vu du contexte actuel, sur ce qui s’y est dit, voire décidé, dans la plus grande opacité.

 

Du 31 mai au 3 juin, s’est tenue à Chantilly, en Virginie (États-Unis), la conférence de Bilderberg. Cette rencontre était présidée par Henri de Castries, PDG d’Axa, numéro un de l’assurance dans le monde. Lancée dans les années 50, le « groupe Bilderberg » rassemble traditionnellement des acteurs jugés influents du monde économique, politique, diplomatique ou médiatique, qui débattent des grands enjeux du moment. Or, on cherchera en vain le moindre article de la presse française sur la conférence qui vient de se terminer.


Parmi les 145 participants de la rencontre de Chantilly, figurent pourtant plusieurs français : Outre Henri de Castries, ami personnel de François Hollande, on retrouve Pierre André Chalendar, PDG de Saint-Gobain, Jean-Dominique Senard, PDG de Michelin, le sénateur UMP Christophe Béchu, Anousheh Karvar, secrétaire nationale de la CFDT, Thierry de Montbrial, de l’Institut français des relations internationales (IFRI), ainsi que deux journalistes : Erik Izraelewicz, directeur général du quotidien Le Monde et Nicolas Baverez, éditorialiste au Point. Sans oublier Pascal Lamy, directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et proche du PS [1].


La teneur des débats qui s’y déroulent est-elle si confidentielle, ou si futile, pour qu’aucun média français mainstream ne s’en fasse l’écho ? Alors que plusieurs quotidiens britanniques n’ont pas hésité à publier des articles sur la rencontre [2]. « Pourtant, les conséquences des discussions qui se tiennent actuellement à Chantilly risquent d’être lourdes pour l’Europe, pour la France et en particulier pour la recherche et l’éducation. Pourquoi un tel silence de journalistes et politiques ? La situation est différente aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Espagne, en Russie... où informer le public sur Bilderberg ne semble pas constituer un tabou », s’interroge Luis Gonzalez-Mestres, chercheur au CNRS qui tient plusieurs blogs [3].


Les rendez-vous de l’oligarchie


Pas moins de quatre responsables de la Commission européenne, dont son vice-Président Joaquín Almunia, étaient également invités à Chantilly. Coïncidence ? Le 31 mai, la veille de la rencontre, la Commission européenne publie ses « Recommandations pour la stabilité, la croissance et l’emploi ». On y lit notamment que les États membres « doivent redoubler d’efforts pour ouvrir de nouvelles perspectives commerciales et exploiter les possibilités de création d’emplois, notamment dans les secteurs des services, de l’énergie et du numérique ».


Les liens entre les Commissaires européens et ces discrètes conférences où se retrouve l’oligarchie n’est pas nouveau. L’homme d’affaires belge Etienne Davignon, vice-président de la Commission européenne de 1977 à 1985, membre de la « Conférence de Bilderberg » et de la « Commission trilatérale » (une autre rencontre annuelle du même genre [4]), a largement influencé les choix européens en matière de dérégulations et de privatisations, notamment dans les secteurs de la sidérurgie et des télécommunications.


Un précédent historique de mauvais augure quand on sait que la dérégulation menée depuis trente ans au nom du triptyque « croissance, compétitivité, emploi » nous a mené dans l’impasse actuelle : régressions sociales, chômage, crise écologique (épuisement des ressources et dérèglement climatique). Les débats qui ont animé le groupe de Bilderberg vont-ils présider à de nouveaux choix de ce type ? Et dans l’opacité la plus totale ?

Là encore, face au silence de la presse dominante, soutenir l’existence de médias libres est essentiel.

Ivan du Roy

Notes

[1] Voir la liste des participants.

[2] The Guardian ou The Independant.

[3] Sur les sites du Courrier International, de Mediapart et du Monde

[4] Elle s’est tenue à Tokyo il y a un mois.

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 10:49
antarsia
4 mai 2012
 

La situation en Grèce polarise l’attention des anticapitalistes et des révolutionnaires de tous les pays. Les événements qui s’y déroulent auront en effet des répercussions internationales profondes. Au plan économique et financier, sur la crise des dettes souveraines et celle de la zone euro. Sur le terrain social et politique, pour la capacité du mouvement ouvrier et des classes populaires à résister et engager une contre-offensive. C’est à juste titre que la déclaration du bureau exécutif de la IV° Internationale en date du 24 mai était titrée « L’avenir des travailleurs européens se joue en Grèce ».

 

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 10:23

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Les étudiant·e·s québécois·es sont en grève contre la hausse des frais d’inscription de 1600 dollars canadien sur 5 ans.

 

Une histoire militante déjà riche est en train de s’écrire : déjà plus de 100 jours de grève, 30 manifestations nocturnes, des milliers d’heures d’assemblée générale. Une proposition du gouvernement aux portes-paroles étudiants, le 27 avril, a été refusée par 115 associations représentant plus de 300 000 étudiant·e·s.


Depuis la démission de la ministre Line Beauchamp le 14 mai, le gouvernement passe à la répression. La nouvelle loi 78, « loi matraque », votée le vendredi 18 mai, entrave le droit de manifester, interdit les piquets de grève et ferme les campus les plus mobilisés jusqu’à mi-août. Face à cette répression la mobilisation s’étend et, en France, un premier rassemblement en solidarité s’est tenu mardi 22 mai à Paris à l’initiative du collectif SoDé-Québec.


D’autres pays connaissent ou ont connu des luttes similaires récemment : en Espagne et au Mexique cette année, en Angleterre et au Chili en 2011, à New York et en Californie en 2010. En France, l’augmentation des frais se discute au ministère de l’économie depuis plusieurs années et a été étudié par l’INSEE dans une enquête1commanditée par la conférence des présidents d’université (CPU). Au-delà de l’aspect directement économique, la  hausse des frais de scolarité participe d’une politique néolibérale de transformation de l’enseignement supérieur. Tour d’horizon de cette politique, en 3 arguments fallacieux2 et 3 procédés insidieux.

 

Arguments économiques en faveur des frais de scolarité et de leur augmentation

  1. « Il est juste d’augmenter les frais puisque ce sont les riches qui vont à l’université »

C’est le premier argument en faveur de l’augmentation des frais de scolarité, sans doute le plus fort : l’accès gratuit (ou bon marché) à l’université est anti-redistributif puisque les étudiant·e·s sont principalement issus des classes sociales favorisées. Donc faire payer l’université, ce serait faire payer les riches. D’autant plus que cette prédominance de l’origine bourgeoise se renforce dans les filières d’élite, souvent les plus chères pour l’État3.


Oui, l’accès à l’enseignement supérieur est inégalitaire, d’un point de vue social, mais aussi en termes de genre ou de race. Mais il faut lutter contre ces discriminations plutôt que de s’y adapter, et rééquilibrer le financement des différentes filières, voire compenser le déficit en capitaux social et culturel du public universitaire par un surcroit de moyens. Au contraire, augmenter les frais de scolarité renforcerait les inégalités plutôt que de les combattre, en ajoutant une barrière économique à la ségrégation déjà existante.


Surtout, cet argument détourne de l’enjeu réel : la fiscalité. En effet, si le financement de l’enseignement supérieur est anti-redistributif, c’est parce que les bénéficiaires aisé·e·s ne sont pas suffisamment imposé·e·s. Il faut donc augmenter les impôts sur le revenu et sur la fortune plutôt que les frais d’inscription, et relever l’impôt sur les sociétés qui profitent des qualifications de leurs salarié·e·s, acquises très largement au sein du système scolaire public.


Par ailleurs, comment ne pas remarquer que cette controverse arrive à contretemps ? C’est justement après une massification sans précédent de l’accès au supérieur que se pose la question d’en relever les frais. Dans la plupart des pays de l’OCDE, c’est au cours des années 1990 que les classes populaires, les femmes et les racisé-e-s ont pu accéder – de manière moins marginale qu’auparavant – au supérieur : en France, il y a 7 fois plus d’inscrits aujourd’hui que dans les années 1960 et, entre les cohortes nés avant la réforme de 1985 (visant à faire parvenir « 80% d’une classe d’âge au niveau du bac ») et celles nées après, la proportion d’enfants d’ouvriers parvenant dans l’enseignement supérieur est passée de 14,6% à 33,3%4. Finalement, l’argument de l’anti-redistribution n’a jamais été aussi faux.

 

  1. « Augmenter les frais, c’est plus de moyens pour l’éducation »

Les pays de l’OCDE consacrent en moyenne 1,5% de leur PIB à l’enseignement supérieur (dont 1% provenant des dépenses publiques). Aux Etats-Unis, où les frais de scolarité élevés sont largement répandus, cette part est de 2,7% (dont 1% publique) alors qu’en France, où seules les écoles de commerce pratiquent des frais importants, elle est de 1,4% (dont 1,2% publique). Pour autant, la situation est très hétérogène aux Etats-Unis même, où il faut distinguer les universités privées (très chères) et publiques (chères) des collèges universitaires (community colleges) moins élitistes et au recrutement plus populaire.


Par ailleurs, il n’y a pas de lien mécanique entre le niveau de dépenses dans l’enseignement supérieur et la qualité de l’enseignement dispensé. C’est le même phénomène que pour la santé : les dépenses par habitant extraordinairement élevée aux Etats-Unis conduisent à une santé comparable5 à celle des habitants de la république Tchèque, où les dépenses sont 4 fois moins importantes. Cette inefficacité du système de santé américain livré au marché se retrouve à l’université. Ce sont les dépenses para-académiques qui explosent avec les frais de scolarité : publicité, initiatives de prestige, recrutement de chercheurs médiatiques, learning centers et équipements sportifs luxueux. Ces dépenses visent plus à gagner en visibilité et à monter dans les classements internationaux qu’à améliorer la qualité de l’enseignement pour le plus grand nombre :


« Le mécanisme des palmarès de type Shanghai pousse à cette spirale inflationniste : plus l’entreprise universitaire est richement dotée, plus elle est en mesure de s’acheter des « stars » de la recherche qui feront augmenter la cote de l’université, et plus il sera facile d’élever les frais d’inscription »6


Le palmarès a alors un effet performatif, puisqu’il pousse les universités à se conformer aux critères du classement et donc à les actualiser, à les rendre objectifs. La hiérarchie des moyens se conforme au classement, les mieux classés touchant à la fois plus de frais de scolarité et plus de contrat de recherche, ce qui assure en retour la validité du classement, cette fois-ci en termes de puissance économique des institutions, et non plus seulement d’ « excellence ».


A ceci s’ajoute une explosion des dépenses d’encadrement, par l’augmentation tant du nombre de managers que de leurs salaires, calés sur leurs équivalents dans le secteur marchand plutôt que sur les revenus de leurs collègues enseignant·e·s-chercheur·se·s7.


Finalement, ce n’est pas la qualité de l’éducation mais son coût qui explose avec les réformes néolibérales : en coût relatif, l’enseignement supérieur en France coûte 9 fois moins qu’en Angleterre, 18 fois moins qu’aux Etats-Unis, 38 fois moins qu’au Chili8 !


A l’inverse, il faut relancer l’augmentation des dépenses publiques dans l’enseignement supérieure, interrompue par le tournant néolibéral, pour le mettre en correspondance avec la massification des études longues et pour rétablir les conditions de travail et le revenu des personnel·le·s. En complément, il est urgent de mettre en place une allocation d’autonomie couvrant les besoins des étudiant·e·s9.

 

  1. « Tout le monde peut payer grâce au prêt à remboursement conditionnel (ou contingent, ou proportionnel au revenu) »

Pour rendre acceptable des frais élevés, les gouvernements instaurent des prêts accompagnés de réduction voire d’annulation en cas d’accident sur le marché du travail : le ou la diplômé·e rembourse en fonction de son revenu. En cas de chômage ou de bas revenu, le remboursement est repoussé ou réduit, voire annulé au-delà d’une certaine durée.


Ce mécanisme, censé combattre « l’aversion à l’endettement », c’est-à-dire lever les réticences à contracter un prêt étudiant, est en pratique d’une rare violence : si jamais après avoir perdu son emploi, avoir été expulsé de son logement, vécu dans la précarité, un·e chômeur·se diplômé·e retrouve un revenu décent, il retrouvera automatiquement sa dette étudiante.


Evidemment, les banques privées ne sont pas disposés à prendre ce type de risque, et c’est l’État qui doit l’assurer, tout en laissant les bénéfices aux établissements financiers. Le coût public de cette assurance peut s’avérer colossal, au point d’être comparable aux frais de scolarité eux-mêmes10.


Le principal avantage réel du recours à l’emprunt est d’accroître le nombre de client·e·s – pardon d’étudiant·e·s ! – capables de payer et de réduire la barrière psychologique en présentant les traites mensuelles plutôt que le coût global (comme dans les publicités automobiles : une nouvelle voiture pour 500€… par mois). On étend ainsi la financiarisation de l’économie, après l’immobilier, l’automobile et la consommation, à un nouveau secteur : l’éducation.

 

Financiarisation, marchandisation et employabilité

 

  1. Financiarisation

Le volume total de la dette étudiante aux Etats-Unis dépasse désormais 1 000 milliards de dollars. Et les diplômé·e·s ne sont pas des débiteur·trice·s comme les autres : si le droit étasunien autorise à se déclarer en faillite pour se défaire d’un prêt immobilier, au prix de la saisie de son logement, impossible de rendre son diplôme… Il n’y a pas d’échappatoire au remboursement de la dette étudiante, même en cas de crise comme depuis 2008. Il s’agit même d’une introduction à la vie-à-crédit, puisque cette première dette sert à étalonner le credit score indispensable pour toute demande de carte de crédit, de crédit immobilier, etc. Mais cet endettement initial a également un effet performatif dans la mesure où il pèse sur le comportement de l’étudiant·e· et du ou de la jeune travailleur·se, mais aussi sur l’image qu’il ou elle se forme de lui-même ou d’elle-même.


« Le développement de l’endettement des étudiants […] ne pourra que consolider le rapport strictement marchand que la plupart des individus “normaux” seront conduits à entretenir avec les institutions d’enseignement, devenues elles-mêmes des instruments de contrôle des individus selon le seul motif de l’intérêt pécuniaire. […] Devoir rembourser ses études pendant vingt-cinq ans change le rapport que l’on entretient avec l’acquisition des connaissances »11.


Cette dette a un effet disciplinant puisqu’elle contraint à penser ses études comme un investissement financier et à se penser soi-même dans une perspective d’investisseur, cherchant à maximiser le rendement financier des études, à court et long terme.

 

  1. Marchandisation

Cette vision des études comme investissement financier est renforcé par la transformation du contenu des cours eux-mêmes. En effet, en mettant un prix sur l’éducation, on en change le sens et le contenu, on en fait une marchandise :


« Cette conception purement économique de la connaissance […] vise précisément à faire l’économie de la connaissance, c’est-à-dire à se passer de la “connaissance” quand elle n’a pas de valeur économique sur le marché. […] Cette forme de la valeur connaissance ne naît pas seulement et directement de la vente possible “de produits et de service cognitifs” sur de vrais marchés complets. […] La forme valeur de la connaissance est l’effet de la normalisation qui lui est appliquée par les outils managériaux de sa gestion et de son évaluation »12.


Hausse des frais de scolarité et nouvelle gestion des personnel·le·s sont donc liées. La marchandisation de la connaissance n’est possible qu’avec une transformation du travail des producteur·trice·s de cette marchandise, les travailleur·se·s des universités. Cette transformation violente de leur travail leur est imposée à l’aide de nouvelles pratiques managériales : par le benchmarking13, pratique d’évaluation et de mise en concurrence des établissements, des départements, des personnel·le·s ; mais aussi par la mise en mise en place de processus qualité et de référentiels d’équivalence, qui visent à « rationaliser » le travail, c’est-à-dire de le mettre en conformité avec des objectifs de rentabilité économique. Les conditions de travail s’en trouvent dégradées, les revenus et les effectifs réduits. Pour renforcer l’autorité du management, comme dans tout service marchand, on fait appel aux consommateur·trice·s : la pratique des questionnaires de satisfaction des étudiant·e·s est généralisée, non pour faire évoluer les cours et les programmes mais pour servir d’alibi aux procédures managériales imposées aux enseignant·e·s14.

 

  1. Employabilité

Les étudiant·e·s souhaitent obtenir un emploi après leurs études, c’est légitime, et pourquoi pas un emploi de qualité (stable, bien rémunéré, etc). Mais en présence de frais de scolarité élevés, le salaire se présente comme la seule finalité des études, finalité impérative puisqu’il faut rembourser le prêt étudiant. Si les études deviennent un investissement financier, essentiellement à crédit, il faut assurer un retour sur cet investissement. Il ne s’agit plus de suivre des cours mais d’accumuler des connaissances et des compétences immédiatement valorisables sur le marché de l’emploi à la sortie de l’enseignement supérieur : du capital humain15. Un capital largement fictif, puisqu’il s’agit d’une promesse de salaire supérieur. Plus encore que dans le cas de la bulle immobilière, ce sont les victimes qui seront tenues pour responsable en cas d’éclatement de la bulle.


On exige donc des diplômé·e·s de faire fructifier ce capital humain, c’est-à-dire se vendre sur le marché du travail, en étant plus employables que les autres. « Ce qu’on cherche à obtenir, ce n’est pas une société soumise à l’effet-marchandise, c’est une société soumise à la dynamique concurrentielle. […] Pas l’homme consommateur, c’est l’homme de l’entreprise et de la production »16. Il s’agit désormais pour chaque salarié·e, non de s’éduquer pour gagner des marges de liberté vis-à-vis de l’exploitation, mais de valoriser au mieux son capital humain ou plutôt d’ajuster ses aspirations à l’obtention et à la valorisation du capital humain auquel il ou elle est invité·e à se réduire. Se vivre comme des auto-entrepreneurs de leur propre capital humain, voilà ce que doivent incorporer les jeunes étudiant·e·s sous le capitalisme néolibéral. Une logique entretenue au cours de la vie professionnelle grâce à la « formation tout au long de la vie ». Quoi de plus simple ensuite que de renvoyer la situation des chômeur·se·s, des précaires et des classes populaires en général à un échec à endosser ce rôle d’entrepreneurs d’eux·elles-mêmes et de leurs carrières.


  • 1. « La répartition des dépenses publiques de l’enseignement supérieur et des aides associées », 8 décembre 2011, Direction des Statistiques Démographiques et Sociales, INSEE.
  • 2. Pour une argumentation plus développée (et plus technique), voir Flacher, Harari-Kermadec et Moulin, Faut-il (vraiment) augmenter les frais d’inscription à l’université ?
  • 3. Les coûts de fonctionnement de l'enseignement supérieur sont sensiblement différents selon les filières : en 2007 ils variaient de 8970 euros à l'université contre 13 880 euros en CPGE. Source : MEN-MESR-DEPP (depuis 2007-2008 et la LOLF, les dépenses des IUT sont intégrées à celles des universités, ce qui a pour effet de les gonfler artificiellement.
  • 4. Voir M. Duru-Bellat et A. Kieffer, « Du baccalauréat à l’enseignement supérieur en France : déplacement et recomposition des inégalités », Population, 63 (1), 2006.
  • 5. ECO-Santé OCDE 2010. Les dépenses totales pour la santé aux Etats-Unis atteignent 7600$ PPA (parité de pouvoir d’achat) 1 900 $ PPA en République Tchèque, pour une espérance de vie équivalente.
  • 6. Laval Ch., Vergne F., Clément P., Dreux G. (2011). La nouvelle école capitaliste, Ed. La découverte , p. 156.
  • 7. Mayol, A. (2011) « vox populi, vox dei », p. 56.
  • 8. Harris, Malcolm. “Bad Education.” n+1 (2011). http://nplusonemag.com/bad-education.
  • 9. Voir Flacher, Harari-Kermadec et Moulin, Financement des études supérieures : capitalisation ou répartition ? Pour une proposition détaillée dans le cas français.
  • 10. Vinokur (2007), p. 221 et Vinokur (2009), p.446-447, pour des références à l’appui de cette affirmation concernant les États-Unis. Voir Thompson et Bekhradnia (2010) pour l’Angleterre.
  • 11. Laval Ch., Vergne F., Clément P., Dreux G. (2011). La nouvelle école capitaliste. Ed. La découverte, p. 172.
  • 12. Ibid., p. 12-13 et Marx, K., Le Capital Livre I, « Quadrige », PUF, Paris, p. 209.
  • 13. Bruno I., Clément P. et Laval Ch., (2010). La grande mutation, néolibéralisme et éducation en Europe, Ed. Syllepse.
  • 14. Detourbe, M.-A., “The Quality of the Student's Learning Experience: A strategic dimension of American and British higher education systems in the early 21st century”. Colloque Higher Education in the UK and the USA since Margaret Thatcher and Ronald Reagan: Converging Models? Université Paris III, Mars 2012.
  • 15. Becker, G. (1964). Human Capital, A Theoretical and Empirical Analysis, with Special Reference to Education, NBER-Columbia University Press.
  • 16. Foucault, M. (2004). Naissance de la biopolitique. Cours au collège de France. 1978-1979, p. 151.
date: 
05/06/2012 - 12:09
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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 10:15

5 juin 2012 à 12h57 

 

Ce mardi matin, une trentaine de faucheurs volontaires se sont donnés rendez-vous, non pas pour faucher un champ, mais pour entamer des discussions avec les responsables de l'antenne de l'Inra, située à Ploudaniel (29).


 

«70 % à 80 % des gens sont opposés à manger des organismes génétiquement modifiés. C'est dans ce cadre qu'on aimerait des consultations citoyennes, a déclaré l'un des faucheurs. L'Inra est un organisme public, qui travaille grâce à notre argent. On vient les interroger sur leurs travaux».


Pas de fauche donc de prévu, mais bien des discussions. «A partir du moment où les essais et les cultures sont réalisés sous serre, nous n'intervenons pas...». Les faucheurs agissent lorsque les cultures d'OGM sont réalisées dans les champs à l'air libre.


"On reste vigilant"

 
A quinze jours du procès en appel de Colmar, qui opposera 60 faucheurs à l'Inra, «on veut montrer qu'on reste vigilant et qu'on continue à mettre la pression».


Une douzaine d'entre eux a été conviée à des discussions avec le directeur du site, Jean-Eric Chauvin, et ses collaborateurs. Un pique-nique était ensuite prévu sur le site et sous la pluie...

 

http://brest.letelegramme.com/local/finistere-nord/brest/lesneven/ploudaniel/ploudaniel-29-des-faucheurs-volontaires-investissent-le-parking-de-l-inra-05-06-2012-1727215.php#

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 10:05
mercredi 06 juin 2012
Au siège de Châteaulin, hier matin, l'espoir était bien mince, mais les salariés continuaient « d'y croire, pour que l'activité dure encore et encore ».
Reportage

« Je travaille pour Doux depuis 37 ans, ça représente tout, toute ma vie, je leur ai tout donné. » Gisèle travaille sur le site de Châteaulin, à l'abattoir. Hier matin, elle n'a pas fait toutes ses heures. Elle est sortie manifester et « montrer son mécontentement » avec une petite centaine de ces collègues. Avec comme espoir que « l'activité continue encore et encore ».


Mais pour beaucoup ici, l'espoir est bien mince. « Que va-t-on devenir ? Qui dit la vérité ? La confiance dans le groupe est totalement perdue. Nous en avons ras le bol ! » La journée d'hier était d'autant plus importante pour les salariés que c'était le jour de la paie. « Mais nos salaires ne sont toujours pas versés. Je vais appeler ma banque... »

Les représentants syndicaux présents au Comité central d'entreprise (CCE) tentent de leur donner des explications mais surtout des informations.


Salaires versés dans la journée


En fin de matinée, un texto de Nadine Hourmant, Force ouvrière, tombe : « Les salaires seront bien versés dans la journée. »


Un premier soulagement pour les salariés mais qui est loin de répondre à toutes leurs questions. « C'est déjà ça, mais le mois prochain, et celui d'après ? Notre emploi n'est pas encore garanti. » Certains le disent franchement : « Dès lundi, je vais chercher un travail ailleurs, je ne sais pas où mais je veux partir. »


Une vague de licenciements annoncée


Et ce n'est pas rien de le dire. À la sortie du CCE, vers 16 h, les représentants syndicaux ont décidé de rompre les discussions. « On nous annonce une première vague de licenciements du côté administratif », explique Nadine Hourmant. Les 130 personnes travaillant au siège de Châteaulin seraient donc les premières visées. « Nous sommes abasourdis. Nous ne pouvons pas cautionner cela », souligne Jean-Luc Guillart, CFDT.


Pour les salariés présents c'est la chute. « Ce matin nous avions confiance, cette après-midi moins », déplore Valérie, salariée depuis sept ans. « Notre travail on se l'approprie, si on nous l'enlève, c'est comme une partie de nous-même qui s'en va aussi. » Nadine Hourmant ajoute « Plus on va, plus le groupe Doux nous casse psychologiquement et physiquement. On a voulu essayer d'y croire, aujourd'hui on n'y croit plus. »


Raymond Gouiffès, CGT, donne rendez-vous aux salariés le 11 juin au siège du groupe Doux à Châteaulin, lors de la venue de Guy Odri (ancien directeur général) et Herrick Pinguet (ancien secrétaire général).


Élodie RABÉ

 

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Quel-avenir-pour-les-salaries-du-groupe-Doux-_40734-2084108------29019-aud_actu.Htm

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