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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 09:12

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En l'espace d'une semaine, l'austérité du gouvernement de coalition de David Cameron aura subi un double désaveu : d'abord le 3 mai dans les urnes, lors des élections municipales, puis le 10 mai dans la rue, lors d'une grève nationale de 24 heures de la fonction publique.


Malgré le système de renouvellement quadriannuel des municipalités, le scrutin du 3 mai avait une valeur de test national, dans la mesure où il affectait toutes les villes importantes du pays. Le score combiné de la coalition au pouvoir est tombé de 70 % des voix en 2008 (la dernière élection comparable) à 47 % cette fois-ci.


De son côté, le Parti travailliste est passé de 22 à 38 % des voix, regagnant de grandes villes comme Birmingham, Glasgow ou Southampton. Mais c'est un succès mitigé. D'abord, parce que la mairie du Grand-Londres, l'enjeu le plus médiatisé du jour, lui a échappé de peu.

 

Ensuite parce que, s'il est redevenu le premier parti en terme d'élus, près de 15 % des électeurs ont quand même voté contre l'austérité en choisissant des candidats autres que les siens. Enfin, parce que la participation électorale s'est de nouveau écroulée dans les bastions ouvriers, descendant à 10-15 % dans certains quartiers pauvres, pour une moyenne nationale de 32 % -- la plus basse depuis 2000.


Sans doute cette abstention record, comme la remontée mitigée des travaillistes, sont-elles liées au fait que ce sont les municipalités, y compris celles qu'ils dirigent, qui appliquent le gros de la politique d'austérité, en supprimant des emplois et en limitant l'accès aux allocations sociales, au logement et aux services sociaux. Et puis, après l'avoir eux-mêmes introduite avant 2010, les travaillistes ont-ils jamais remis en cause la prétendue « nécessité » de l'austérité ?


Quant à la journée de grève du 10 mai, elle a apporté un démenti aux ministres de Cameron, qui se vantent d'avoir fait avaler aux travailleurs du secteur public une réforme des retraites qui en réduira le montant de 15 à 25 %, augmentera les cotisations et indexera l'âge de la retraite sur l'espérance de vie, avec un minimum de 67 ans.


Les deux plus grands syndicats du secteur, représentant les municipalités, la santé et la plupart des enseignants, n'y avaient pas appelé, ayant choisi de s'engager dans un partenariat avec le gouvernement pour définir les modalités de cette réforme, chose qui n'augure rien de bon.


Néanmoins, quelque 400 000 salariés ont fait grève.

 

Outre les administrations centrales, celle-ci a touché des secteurs aussi variés que les universités, les services d'immigration, les salariés civils de la Royal Navy ou encore le personnel technique des hôpitaux. Mais ce qui aura le plus marqué cette journée aura été la participation de deux catégories de personnels qui, eux n'ont pas le droit de grève.


Ainsi le personnel pénitentiaire a-t-il participé à des débrayages sauvages dans un grand nombre de prisons. En même temps 30 000 policiers défilaient dans le centre de Londres (pas en uniforme, quand même, ni sur leur temps de travail), à l'appel de leur association professionnelle, pourtant notoirement liée au Parti conservateur. Non sans ironie, ce sont ces deux catégories de personnels, habituellement peu combatives, qui ont été le plus loin dans la remise en cause de l'austérité qui touche tout le secteur public.

 

Car elles ont été les seules à ajouter à la question de la retraite celles des suppressions de postes, du gel des salaires et du passage en sous-traitance privée, sujets que les autres appareils syndicaux évoquent parfois à l'occasion de coups de colère locaux, mais jamais comme des revendications d'ensemble.


On peut penser qu'après la longue période de silence des leaders syndicaux qui avait suivi la grève nationale du 30 novembre 2011, celle-ci aura redonné un peu de moral à ceux qui y ont participé, et peut-être même à ceux qui n'y ont pas été invités. Mais le fait que ces mêmes leaders syndicaux aient d'ores et déjà annoncé qu'ils n'envisageaient pas de suite avant l'automne montre assez que leur seul objectif est de s'assurer eux aussi une place à la table des négociations.


Quoi qu'il en soit, aussi bien le vote du 3 mai que le succès de la grève du 10 montrent que, quoi que puissent en dire Cameron et ses ministres, la population laborieuse ne considère pas leur austérité comme une nécessité et qu'elle ne manque pas les occasions qui lui sont données de le dire.


François ROULEAU

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2285&id=24

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 09:09

 pesticides risques

Un décret publié début mai par le ministre de l'Agriculture permet enfin la prise en charge comme maladie professionnelle de la maladie de Parkinson pour les agriculteurs ayant été exposés au moins dix ans aux pesticides et autres produits phytosanitaires et phytopharmaceutiques dangereux.


En février, au terme de six ans de procédure, la firme Monsanto, qui figure parmi les plus gros fabricants de ces produits, avait été reconnue responsable de l'intoxication d'un céréaliculteur, victime de l'herbicide Lasso, à présent interdit d'usage. Ce dernier est handicapé à 50 % suite à l'atteinte de son système nerveux central.

 

Un documentaire à ce sujet a été diffusé récemment par France 2 sous le titre « La mort est dans le pré ».


La veuve d'un agriculteur décédé à 37 ans d'une leucémie, « empoisonné par les pesticides », dit-elle, y témoignait de longues batailles de certains travailleurs de la terre contre la maladie, d'abord, et contre les groupes capitalistes qui commercialisent ces produits phytosanitaires, terme qu'ils préfèrent employer.


L'un des témoins longuement interrogés dans ce film était un viticulteur de 41 ans, atteint d'un cancer de la vessie dont il est décédé peu après. D'autres victimes de ces produits y racontaient aussi les dangers encourus par les utilisateurs, les atteintes graves qu'ils subissent : l'un d'eux, paraplégique après une tumeur, passe du fauteuil roulant au tracteur, l'autre se bat pour faire reconnaître ses troubles neurologiques comme maladie professionnelle. La narratrice elle-même citait les tentatives d'intimidation, les clôtures sectionnées par une main anonyme et les vaches échappées, les menaces dont elle a été l'objet.


L'agriculture, dans la France de l'après-guerre, a ouvert ses pratiques aux produits phytosanitaires qui, notamment, permettaient une productivité plus grande. Mais la diffusion de plus en plus large des pesticides, herbicides, fongicides n'a pas été accompagnée des mises en garde qui auraient aidé les utilisateurs à se protéger de leurs effets dangereux. Certains ont été interdits depuis, mais les études, à présent encore, sont presque toutes biaisées, comme l'étude Agrican (agriculteurs-cancers) financée par les firmes.

 

La minimisation par les fabricants des précautions à prendre a été de tout temps monnaie courante. « Quand une firme écrit noir sur blanc qu'il ne faut pas de protection vu les faibles doses de monochlorobenzène, c'est criminel », estime un céréalier du Cher qui a subi huit ans de chimiothérapie et trois greffes de moelle.


L'omertà que les témoins dénoncent quant aux risques liés aux pesticides va au-delà de leurs conditions de travail : ils s'interrogent sur les végétaux, oignons, raisins qu'ils produisent, et sur leur innocuité pour les consommateurs. « Je travaille pour faire mourir ? » se demandait l'un des agriculteurs concernés dans le documentaire.


Et en effet un agriculteur, faisant allusion au développement quasi général de l'usage des pesticides, remarquait : « On faisait confiance à la science, on ne s'attendait pas du tout à être pris dans un piège. » À la science, oui ; mais dans les mains des capitalistes ?


Viviane LAFONT

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2285&id=13

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 09:06

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Une polémique a accompagné l'hommage rendu, le jour même de son investiture, par François Hollande à l'homme politique républicain de la seconde moitié du XIXe siècle Jules Ferry, vu comme le symbole de l'école publique et de sa laïcité.


Au jardin des Tuileries de Paris, au pied de la statue de l'ancien ministre, le nouveau président s'est brièvement démarqué de celui qui fut un partisan actif de l'expansion coloniale, y compris dans ses épisodes militaires meurtriers au Tonkin, en Annam et à Madagascar, en déclarant : « Je n'ignore rien de ses égarements politiques. Sa défense de la colonisation fut une faute morale et politique. Elle doit à ce titre être condamnée. »


Hollande n'en a pas moins appelé aux mânes de Jules Ferry en se référant au « grand ministre de l'Instruction publique » dont le nom figure au fronton de multiples écoles du pays.

 

C'est évidemment un message aux parents d'élèves et aux enseignants, en particulier dans le primaire, maltraités par les réductions d'effectifs, les fermetures de classes et les suppressions de postes dans l'éducation. Mais sur ce terrain le plus convaincant des messages serait l'arrêt de la politique de destruction d'emplois dans le service public, et même son inversion immédiate !


Ce Jules Ferry tant célébré fut un homme politique de la bourgeoisie qui, maire de Paris pendant le siège de 1870, fut surnommé Ferry-famine, avant de fuir la ville le 18 mars 1871, au premier jour de l'insurrection ouvrière. Il fut donc aussi l'apôtre de la colonisation comme facteur de développement des puissances capitalistes européennes, teintée, en tant que prétendue mission civilisatrice des colonisateurs, d'un racisme pur et simple, comme lorsqu'il déclarait à la Chambre, en juillet 1885, que « les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures... [et] ont le devoir de civiliser les races inférieures ».


Hollande a parlé de « faute » dans la politique de Jules Ferry. Mais ce n'était pas une faute, c'était une orientation, celle de la bourgeoisie française de l'époque. De même que des prédécesseurs de Hollande, comme Mitterrand déclarant « L'Algérie, c'est la France » et « La seule négociation, c'est la guerre », ou Guy Mollet qui mobilisait le contingent pour la guerre coloniale en Algérie, défendaient les intérêts de l'impérialisme français. Et Hollande, à ce que l'on sache, se réclame encore aujourd'hui de ceux-là et de leur politique.


Viviane Lafont

 

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2285&id=11


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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 09:03

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Le ministère de l'Agriculture vient de publier la liste d'un certain nombre de bénéficiaires des aides versées dans le cadre de la « politique agricole commune » par l'Union européenne.

 

Un constat s'impose : ces subventions ne vont pas à ceux qui auraient vraiment besoin qu'on les aide, ni aux plus petits du secteur agricole, mais bien aux plus gros.


Ainsi, parmi les heureux bénéficiaires figure au premier rang Doux, premier exportateur européen de volailles et l'un des plus importants groupes de l'industrie agro-alimentaire. Il a touché 59 millions d'euros d'aides européennes entre octobre 2010 et octobre 2011, sous prétexte de compenser le fait qu'il vendrait à bas prix sur les marchés du Proche et du Moyen-Orient. Pour leur part, les banques alimentaires ont touché dans le même temps à peu près moitié moins (30 millions d'euros) et les Restos du cœur, seulement 20,8 millions.


Comme quoi, dans cette Europe-là, la crise n'est pas pour tout le monde : ceux qui ont le plus de besoins sont les moins bien servis. Les populations, elles, sont pressurées, mais les patrons, eux, sont subventionnés !


L.P.

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2285&id=10

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 08:54

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En décidant de se présenter face à Marine Le Pen, dans la circonscription de Hénin-Beaumont, que la dirigeante du FN présente avec un certain aplomb comme son fief, Jean-Luc Mélenchon a créé l'événement.

 

Certains commentateurs reprochent même au porte-parole du Front de gauche de se « parachuter », en référence à un usage discutable qui ferait que telle circonscription soit l'apanage de tel ou tel politicien. Comme si c'était exceptionnel ! Cela ne l'est pas plus que de voir le socialiste Jack Lang naviguer d'une région à l'autre.


Et qui se plaindrait que la dirigeante du FN ait un adversaire qui puisse lui rabaisser le caquet, ou réussir à lui barrer le chemin de la députation, la privant ainsi d'une tribune ?


L'essentiel n'est pas là. Car il ne suffira pas d'un duel verbal, même si le candidat du Front de gauche en sortait vainqueur, pour faire rentrer sous terre le FN et surtout pour réduire l'influence de ses idées dans l'opinion populaire. De tels duels ont eu lieu par le passé. Bernard Tapie, du temps où il passait pour un compagnon de route du PS, en fut l'un des protagonistes, affrontant Le Pen père. À la différence de Mélenchon qui, lui, s'attaque à Marine Le Pen plus justement sur le terrain social, critiquant cette milliardaire qui ose se dire la représentante des intérêts des pauvres, Tapie, lui, se limitait aux reproches moraux. L'influence du FN n'en fut nullement entamée.


Et pour cause. Car si ses idées se maintiennent au plan électoral autour de 19 %, ce n'est pas l'effet du bagout de sa porte-parole.

 

Mais c'est dû au fait qu'à son électorat traditionnel s'ajoute une frange de l'électorat ouvrier. Si la déception, la rancœur, la désespérance d'une fraction des travailleurs leur ont fait choisir le FN comme moyen d'expression, c'est parce que ceux qui se disaient leurs représentants, à gauche, non seulement ont fait défaut mais, et c'est bien pire, ont mené une politique tout entière dévouée aux capitalistes lorsqu'ils étaient aux affaires. Ce sont eux qui ont privatisé plus que ne l'avait fait la droite. Eux qui ont été les responsables parfois directs du chômage, comme dans la sidérurgie lorraine. Et dans ce bilan, Mélenchon a joué son rôle, en tant que notable socialiste, solidaire au point d'avoir été l'un des ministres de Jospin.


Aujourd'hui, il s'apprête à rejouer ce rôle, même s'il reste extérieur au futur gouvernement, en soutenant la politique de la majorité qui se constituera autour de François Hollande.

 

Une politique qui ne peut être qu'une politique d'austérité, à l'égard des classes populaires, créant une situation que la droite, l'extrême droite incluse, ne manquera pas d'exploiter pour attirer le mécontentement populaire.


Oui, il faut contester les idées du Front national sur tous les terrains, là où on en a les moyens. Mais il faut surtout lui disputer l'influence qu'il a gagnée sur les classes populaires et les travailleurs. Pour cela, il ne faut pas apparaître comme le porte-voix, même « critique », de cette austérité de gauche que la majorité va mettre en place. Il faut que se développe au sein de la classe ouvrière, et sur ses objectifs de classe, une opposition tout aussi radicale et déterminée que l'extrême droite sait l'être... en paroles.


C'est un des enjeux de la période que les communistes révolutionnaires auront à assumer.


Jean-Pierre VIAL

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2285&id=2

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 17:11

autocollant-gaspare 19-02-2011

 

mercredi 16 

réunion publique

20h30

salle polyvalente 

Plouvorn

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 16:00

3 jours

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 14:09

denis-godard.jpg

Denis Godard, militant du NPA à sa sortie du commissariat du 3è Arrondissement Paris, menotté par la BAC pour ivresse. S'il est encore vivant c'est qu'il d'origine gauloise?

 

Par Karim Benzidani, Sophie Chapelle (16 mai 2012)


Les uns pleurent un frère ou un ami tué par un policier.

 

Les autres défendent leur corporation, même au prix de bavures mortelles. Basta ! était à Noisy-le-Sec, au sein de la marche blanche pour Amine Bentounsi, et sur les Champs-Élysées, parmi les policiers « en colère ». Et constate la gravité de la fracture qui sépare les policiers des citoyens. Un dossier très chaud pour le futur ministre de l’Intérieur.

 

Deux mondes qui s’ignorent, et ne se confrontent qu’au moment d’un drame. D’un côté, des familles et amis qui pleurent un mort et réclament justice. De l’autre, des policiers sous pression qui se crispent sur la défense de leur corporation, revendiquant même une « présomption de légitime défense », perçue comme un permis de tuer.


Les premiers sont vêtus de tee-shirts blancs, avec une photo d’Amine Bentounsi et l’inscription « que justice soit faite ». « La marche blanche qui est organisée aujourd’hui, le 5 mai à Noisy Le Sec, a pour but de rendre hommage à ce petit frère qu’on a assassiné froidement dans le dos », énonce Amal, la sœur aînée d’Amine. Le 21 avril dernier, en tentant d’échapper aux policiers, Amine, armé d’un révolver, lance une grenade – finalement factice – avant d’être abattu. Le policier invoque la légitime défense. Mais selon l’autopsie, le coup a été tiré dans son dos. Le policier est depuis mis en examen pour homicide volontaire. « Quiconque a vu la scène doit se rapprocher de notre avocat », insiste Amal dont les parents ont décidé de se porter parties civiles.


« Ce n’est pas parce qu’on a un casier judiciaire qu’on doit laisser passer ça, poursuit Amal. Ça voudrait dire que demain, dans la rue, n’importe quel policier peut tirer dans le dos sur n’importe quel citoyen. » Pour elle, cette marche blanche ne s’inscrit pas dans « un esprit de vengeance », mais comme une réponse aux manifestations de policiers dont certains réclament la présomption de légitime défense. « Nous disons non à ce permis de tuer que des syndicats de police réclament, non à ces flics qui se permettent de jouer les cowboys et de se faire justice eux mêmes », martèle Amal. Au bout de cette marche, elle espère que la procédure judiciaire ira à son terme et que le policier sera bel et bien jugé.


L’affaire Bentounsi est devenue le catalyseur d’un mouvement de colère dans les rangs de la police. Les policiers s’attendaient à une mise en examen de leur collègue pour « violences ayant entraîné la mort », voire pour homicide « involontaire » mais certainement pas « volontaire ». Le soir-même, plusieurs centaines de policiers de Seine-Saint-Denis prenaient la direction des Champs-Élysées, gyrophares allumés et sirènes hurlantes. Plusieurs rassemblements à Paris, Lyon, Marseille, Nice, Bordeaux et Pau se sont depuis succédés, les mots d’ordre circulant par SMS et les réseaux sociaux. D’après la banderole qui s’affiche en tête de la manifestation à Paris le 4 mai, les contraintes qui encadrent l’usage des armes ne laisseraient qu’un choix au policier : « la mort ou la prison ». Se faire tuer, ou être jugé coupable d’avoir tué.


La présomption de légitime défense divise


La présomption de légitime défense divise les syndicats de police, d’où des appels à manifester distincts. Alliance, réputé proche de l’UMP, milite pour la reconnaissance de ce principe, et a d’ailleurs lancé une pétition à ce sujet dans les commissariats. « Ce n’est pas un permis de tuer mais nous en avons assez que le policier soit présumé coupable » et « mis en examen de manière inacceptable, » souligne Jean-Claude Delage, secrétaire général d’Alliance. Dans un communiqué du 26 avril, ce syndicat « regrette qu’aux yeux de certains magistrats minoritaires activistes, les policiers soient toujours coupables avant même que les faits n’aient été précisément établis ».


Une position partagée par la Fédération professionnelle indépendante de la police (FPIP), un petit syndicat proche de l’extrême droite [1]. « On le voit trop souvent, dans notre pays, la vie d’un policier ne vaut pas cher et les criminels, eux, n’ont pas d’hésitation ni aucun scrupule », dénonce la FPIP. « Il n’est pas acceptable que des délinquants ou criminels aient le droit de nous tirer comme des lapins, et que nous, nous soyons contraints d’attendre que notre intégrité physique soit atteinte pour nous défendre », écrit ainsi le syndicat sur son site. Pour ces fonctionnaires, tout policier en présence d’un individu armé doit être reconnu en état de légitime défense.


Juste une question de moyens ?


« Nous ne sommes pas opposés à la présomption de légitime défense par principe », relève de son côté Unité police SGP-FO, le premier syndicat de gardiens de la paix. « Nous constatons juste son inefficacité au vu du nombre de gendarmes qui se font condamner malgré le régime spécifique qui est le leur sur l’emploi des armes. » Les règles de légitime défense ne sont pas identiques pour les policiers, soumis au droit commun, et les gendarmes, qui peuvent utiliser leurs armes après sommation [2]. Classé à gauche, le syndicat Unité police SGP-FO milite en revanche pour une présomption d’innocence renforcée. « Un policier mis en examen doit pouvoir continuer à travailler, peut-être dans un autre service, et toucher la totalité de son salaire, sinon c’est antinomique avec la présomption d’innocence », estime Nicolas Comte, secrétaire général d’Unité SGP Police.


La création d’un nouveau concept juridique peut-elle être une solution ? « Si l’empilement des lois suffisait à endiguer la montée de la violence, alors les Policiers confrontés à l’insuffisance de moyens humains et matériels le sauraient. » Unité police SGP-FO cible-là le gouvernement sortant en exigeant « l’arrêt » de la Révision générale des politiques publiques (RGPP), qui a réduit de 12 000 en cinq ans les effectifs de police, et demande de nouveaux recrutements. Dans son programme, François Hollande s’est engagé à créer 1 000 postes supplémentaires par an pour la justice, la police et la gendarmerie.


Quid de l’éthique du « gardien de la paix » ?


Ce malaise policier est inquiétant pour la société. Au-delà de la question des moyens, une certaine vision de l’action policière, jusque-là cantonnée chez les fonctionnaires d’extrême-droite, semble insidieusement progresser dans les commissariats et les casernes de CRS.

 

Elle vise à justifier le fait de tuer un individu par son profil, son casier judiciaire ou son état. Suite à la mort, au cours de son interpellation, de Wissam El-Yamni à Clermont-Ferrand, début janvier, le syndicat Synergie-Oficiers (CFE-CGC) « rappelle que ce délinquant était très alcoolisé, sous l’emprise du cannabis et d’une forte dose de cocaïne lors de son arrestation, alors qu’il était dans un état d’excitation extrême et s’en était pris aux policiers en leur lançant des projectiles ».

 

Dans le cas d’Amine Bentounsi, le simple fait qu’il soit « multirécidiviste » (plusieurs fois condamnés pour dégradations ou braquages) et considéré comme un « petit caïd » semble justifier la balle qui l’a tuée. Dans les communiqués syndicaux, il n’est plus question de déplorer la mort d’une personne interpellée ou poursuivie, quel que soit « son casier ». L’abattre semble être devenu une option parmi d’autres. Banale.


Côté policiers, plutôt que de percevoir tout recours à la violence mortelle comme un échec, on préfère accuser la « politique du chiffre » mise en place en 2002 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur. Malgré leurs orientations politiques différentes, Unité SGP-FO et Alliance demandent conjointement de stopper cette évaluation uniquement quantitative de leur métier. Pour les syndicats, la logique des quotas, notamment en matière d’infractions routières, est contre-productive et génère une pression hiérarchique insupportable. Cette pression est-elle responsable de l’augmentation des bavures policières de tout ordre ? Difficile de le savoir après cinq années de sarkozysme.


La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), qui recueillait et vérifiait les plaintes pointant les abus et bavures policiers (de l’insulte à l’encontre d’un citoyen à la bavure mortelle) a ainsi été supprimée en 2010. Elle aurait pu être le lieu où citoyens, élus, magistrats et policiers évaluaient régulièrement les actions des forces de l’ordre, pour mieux combattre ses dérives. Le prochain ministre de l’Intérieur saura-t-il appréhender ces enjeux, et la fracture qui se creuse ente policiers et citoyens ?

Notes

[1] Plusieurs de ces fondateurs viennent de l’Œuvre française. En 1989, cinq policiers de la FPIP, proches du PNFE, un groupe néo-nazi, sont mis en examen et révoqués de la police nationale suite à un attentat contre des foyers de travailleurs immigrés. La FPIP réalise traditionnellement de bons scores électoraux dans les villes où le FN est très implanté.

[2] Selon le règlement général d’emploi de la police, l’usage de l’arme « est assujetti aux règles de la légitime défense et aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur ». L’article 122-5 du code pénal est la référence : « N’est pas pénalement responsable la personne qui, devant une atteinte injustifiée envers elle-même et autrui, accomplit, dans le même temps, un acte commandé par la nécessité de la légitime défense. » Les gendarmes, militaires, sont assujettis à l’article L2338-3 du Code de la défense : il prend en compte les « menaces » pour « déployer la force armée ». Le texte dit aussi – ce qui n’est pas le cas pour les policiers – que lorsque les personnes invitées à s’arrêter par des appels répétés de « halte, gendarmerie » (...) cherchent à échapper à leur garde, il peut y avoir usage de la « force armée ». Source

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 12:48

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 12:38

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Des immigrés clandestins espagnols ont été interceptés à la mi-avril sur la côte algérienne. Le quotidien libanais L'Orient-Le Jour imagine la discussion des gardes-côtes algériens qui ont procédé à leur arrestation.


11.05.2012 | Emilie Sueur | L'Orient-Le Jour

 

Hassan et Omar, gardes-côtes algériens, en patrouille en mer sur la façade maritime Ouest.
HASSAN : Dis-moi Omar, comment se porte ton frère à Saint-Denis ? 
OMAR : Ça va. Il est content que Sarkozy fasse ses valises. Il commençait à en avoir marre d'être l'extrémiste, le terroriste, le mangeur de halal et le prieur de rue de service.
— Ouais... Je ne sais pas si Hollande va changer grand-chose. Et puis il y a la grande blonde, la fille de son père, celle qui a un nom bleu...
— Marine ? Pas bon Marine effectivement.
— Omar, passe-moi les jumelles.


Omar passe les jumelles à Hassan. 
HASSAN : Encore des harragas [migrants clandestins originaires de l'Afrique du Nord, ou littéralement ceux qui "brûlent" (sous-entendu leurs papiers)].
OMAR : Combien sur la barque ?
— Quatre.
— C'est peu ça pour des harragas. C'est du voyage intime.
— Attends, mais elle ne va pas dans le bon sens la barque...
— Comment ça, elle ne va pas dans le bon sens ? 
— Bah oui, ils reviennent au pays au lieu d'aller vers l'Europe. Ils ont oublié d'embrasser leur mère avant de partir ou quoi ? 
— Passe-moi les jumelles !


Hassan lui donne les jumelles.
OMAR : Mais tu as raison, ils viennent vers nous. Et qu'est-ce qu'on fait dans ce cas-là ? Moi je sais gérer les départs, pas les arrivées.
HASSAN : Appelle Bachir !

Omar appelle Bachir, le chef des gardes-côtes algériens.
OMAR : M. Bachir, c'est Omar, garde-côte sur la façade Ouest. Salamaleik.
BACHIR : Salam Omar.
— Comment ça va ? 
— Ça va.
— La famille, ça va ? 
— Ça va.
— Et la santé, ça va ? 
— La santé, ça va aussi.
— Bachir, on a un petit problème ici avec des harragas.
— Depuis quand les harragas sont un problème ? Tu fermes les yeux et ça passe.
— Oui, mais là, ils viennent chez nous.

BACHIR : Comment ça : "Ils viennent chez nous" ? La définition du harraga, c'est le Maghrébin qui part. Le Maghrébin qui revient, c'est soit un fils de responsable au bord de la retraite, soit un vieux, soit un fou, mais pas un harraga.
OMAR : Oui, mais là on a quatre types sur un bateau, ils ont pas l'air frais, et ils viennent vers nous.
— Omar, ne te fous pas de moi.
Wallahi [par Dieu], on a quatre types dans une barque qui viennent vers nous !

Hassan hoche la tête, alors que la vedette des gardes-côtes rejoint la barque.

 

HASSAN : Et ils n'ont pas l'air maghrébin.
OMAR : Comment ça ? 
BACHIR : Comment ça : "Ils n'ont pas l'air maghrébin" ? 
HASSAN : Pas l'air maghrébin dans le sens qu'ils ont l'air européen.
OMAR : Un harraga européen ?! 
BACHIR : J'appelle le ministre.

Bachir appelle le ministre de l'Intérieur.
BACHIR : Monsieur le Ministre, c'est Bachir, chef des gardes-côtes. Salamaleik M. le Ministre.
LE MINISTRE : Salam Bachir.
— Comment ça va ? 
— Ça va.
— La famille, ça va ?
— Ça va.
— Et la santé, ça va ? 
— La santé, ça va aussi.
— Monsieur le ministre, on a un problème. On a des harragas européens qui viennent vers nos côtes.
— Bachir, harraga et européen, c'est pas compatible.
— Je suis d'accord M. le Ministre, mais là on en a quatre. 
— Bachir, ne te fous pas de moi.
Wallahi, Monsieur le Ministre. Ah, et Hassan vient de me dire, sur l'autre ligne, qu'ils les ont fait monter sur leur vedette. Un instant... M. le Ministre, ils disent qu'ils n'ont pas de papiers, mais ils le disent en espagnol. Ils disent aussi qu'ils veulent travailler à Oran, qu'il n'y a plus de travail chez eux, sans dire où c'est chez eux, ils disent que c'est à cause de l'euro, de la Grèce, de l'austérité...
— Bachir, tu es en train de me dire que des clandestins espagnols ont été arrêtés sur nos côtes par Hassan et Omar ? 
— Euh, oui. Et le problème, c'est que là on ne connaît pas la procédure à suivre.
— La procédure ? 
— Bah oui, on en fait quoi des types ? On les envoie en centre de détention ? 
— Bachir, tu me les envoies immédiatement au bureau. On ne les touche pas. On va les renvoyer vite fait chez eux, mais avant, je veux prendre une photo. Sinon, ma femme ne va jamais me croire. Des clandestins européens... Il faut que j'appelle le président.

Le ministre appelle le président.
LE MINISTRE : Monsieur le Président, c'est le ministre de l'Intérieur. Salamaleik.
LE PRÉSIDENT : Salam.
— Comment ça va, M. le Président ? 
— Ça va.
— La famille ça va ? 
— Ça va.
— Et la santé, ça va ? 
— La santé, ça va aussi.
— Monsieur le Président, on a un problème. On a des harragas européens qui sont arrivés sur nos côtes.
— Monsieur le Ministre, ne vous foutez pas de moi.
Wallahi, Monsieur le Président ! Et après interrogatoire, il semble que beaucoup d'autres Européens s'apprêtent à débarquer chez nous. Rapport à l'euro, la Grèce, l'austérité... 
— Quand il y en a un ou quatre, ça va. Mais s'il y en a beaucoup, ça va faire des problèmes.
— Monsieur le Président, si je peux me permettre, il faut réagir avant de se faire bouffer. Ils vont venir avec leur bière et comment appelle-t-on ça, le jamon iberico, et leurs femmes dénudées. Si on n'y prend pas garde, à force d'immigration, on aura le sentiment de ne plus être chez nous, de voir des pratiques qui s'imposent à nous et qui ne correspondent pas aux règles de notre vie sociale.
— Le drame de l'Europe, c'est que l'homme européen s'est fait cannibaliser par la finance. Le trader européen ne connaissait que l'éternel recommencement de la spéculation, rythmé par les cours de la Bourse. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine ni pour l'idée de progrès. 
— Bien dit Monsieur le Président.
— Il va falloir rassurer nos compatriotes sur ces migrations de populations. Après tout, remettons-les dans les bateaux ! 
— D'accord Monsieur le Président. Mais tout de même, Monsieur le Président, où va le monde ?

CONTEXTE

"L'information est de taille et ne passe pas inaperçue puisqu'il s'agit de harragas... espagnols qui ont été récemment appréhendés par les gardes-côtes algériens de la façade maritime ouest. La crise économique mondiale qui frappe de plein fouet l'Espagne a poussé quatre jeunes espagnols de chercher du travail sur les terres africaines. C'est sur une embarcation qu'ils ont été interceptés alors qu'ils tentaient de fouler le sol algérien. Ces jeunes ont été attirés par les débouchés de travail compte tenu de la présence à Oran de nombreuses sociétés espagnoles. [Ils] avaient perdu leur travail dans leurs sociétés en faillite et avaient introduit une demande (infructueuse) de visas d'entrée en Algérie.", relate le quotidien algérien Liberté dans son édition daté du 17 avril 2012.

 

http://www.courrierinternational.com/article/2012/05/11/traverser-la-mediterranee-dans-l-autre-sens

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