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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 09:44

lancelot03.jpg

7 mai 2012 


Les Bretons ont voté massivement pour FrançoisHollande. Avec plus de 56% des voix, il laisse Nicolas Sarkozy près de 13 points derrière lui. Les voix de François Bayrou se sont très majoritairement reportées sur le nouveau président de la République.


La Bretagne confirme son ancrage à gauche. Le premier tour avait placé François Hollande en tête avec plus de six points d'avance sur le président sortant (31,74 contre 25,66%). Le second tour a encore amplifié ce net avantage. Avec 56,35% des voix, François Hollande emporte haut la main son duel en terre bretonne avec le président sortant. L'écart est sans appel. Il faut remonter à l'élection présidentielle de 1988 et la large victoire de François Mitterrand face à Jacques Chirac pour retrouver une telle différence. François Hollande fait, évidemment, nettement mieux que SégolèneRoyal (52,62%) en 2007. Près de 4 points de plus. 

Le grand chelem 

François Hollande l'emporte dans les quatre départements de la Bretagne administrative. Y compris dans le Morbihan où il a confirmé sa première place du premier tour. Il y obtient51,73% des suffrages contre 48,27% à son rival. Le candidat socialiste gagne quasiment trois points par rapport au score de Ségolène Royal d'il y a cinqans. Sans surprise, ce sont les Côtes-d'Armor qui ont donné au nouveau président son meilleur score. Un score très impressionnant avec plus de 59% des suffrages. François Hollande gagne près de quatre points par rapport à 2007. Le Finistère, avec 58,87%, n'est pas très loin derrière. Par rapport à 2007, le gain y est même plus important que dans les Côtes-d'Armor (+ 5 points). Très bon score également de François Hollande en Ille-et-Vilaine avec 55,71% des voix (plus de trois points de mieux qu'en 2007). 

Dans presque toutes les villes 

Ce second tour confirme la forte implantation du Parti socialiste et de la gauche dans les grandes et moyennes villes. François Hollande y réalise des scores vraiment impressionnants, souvent au-dessus des 60%, qui le mettent, en général, cinq points au-dessus des résultats de Ségolène Royal en 2007: plus de 63% à Brest; 61,40% à Landerneau, ville pourtant dirigée par la droite; plus de 68% à Morlaix et à Carhaix; plus de 63% à Quimperlé; plus de 57% à Concarneau. Dans les Côtes-d'Armor, FrançoisHollande dépasse les 68% à Lannion et les 63% à Guingamp et Saint-Brieuc.

 

Dans le Morbihan, le nouveau président flirte avec les 60% à Lorient, dépasse les 65% à Lanester et les 63% à Hennebont. Seule Vannes fait de la résistance en plaçant NicolasSarkozy en tête d'un fil (50,71% contre 49,21). En Ille-et-Vilaine, on notera le score que le nouveau président réalise à Rennes: 66,23%. Ce sont près de quatre points de plus que le résultat de Ségolène Royal en 2007. Même à Saint-Malo, pourtant devancé au premier tour, François Hollande l'emporte (51,05%). Dinard 55,75% pour Sarkozy- et Vitré (53,50%) font toutefois exception. 

Quels reports? 

Il ne fait pas de doute que François Hollande a bénéficié d'un très bon report des voix de François Bayrou. Pour passer de 33% à 59% dans les Côtes-d'Armor, François Hollande a forcément bénéficié d'un renfort très important des suffrages centristes. Il a, aussi, sans doute, bénéficié d'une bonne partie des voix de Marine Le Pen. Dans quelle proportion? Difficile à dire mais sans doute autour de 50%. Ces scores sont évidemment très prometteurs pour la gauche dans la perspective des législatives. Elle peut envisager de remporter, à la lumière de ces résultats, la quasi-totalité des 27 circonscriptions bretonnes. La plupart des députés de droite ont, en tout cas, du souci à se faire. Mais on le sait, il est toujours délicat de reporter les résultats d'une élection sur une autre car c'est sans compter avec les divisions qui pourront apparaître ici ou là.

  • Yvon Corre

http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/bretagne/bretagne-hollande-loin-devant-07-05-2012-1693604.php

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 09:31

tchao

Présidentielle. Bretagne : 56,35% pour François Hollande

Rennes. 67,09% pour Hollande, 32,91% pour Sarkozy

 

Le  Finistère, largement dominé par François Hollande (58,87% des voix).

 

BREST : 63,22 % pour François Hollande 
QUIMPER : 
63,48% pour François Hollande 
MORLAIX : 
68,19% pour François Hollande
LANDERNEAU : 
61,40% pour François Hollande
DOUARNENEZ : 
61% pour François Hollande 
CONCARNEAU : 
57,32% pour François Hollande 
QUIMPERLE : 
63,34% pour François Hollande
PONT-L'ABBE : 
58,90 % pour François Hollande 
CHATEAULIN : 
56,31% pour François Hollande 
CARHAIX : 
68,24%  pour François Hollande 

 

La photo

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 09:20

les_indignes.jpg

 

S'inspirant de la lutte anti-expulsion menée en Espagne, le collectif Juventud Sin Futuro (Jeunesse Sans Avenir) et le mouvement des Indignés mettent sur pied des outils pour combattre le travail informel et dénoncer les exploiteurs.


04.05.2012 | Pilar Alvarez | El País


Rita prend le micro et commence à raconter son parcours. Etudiante en sciences politiques, cette jeune femme de 24 ans vit chez ses parents et n'a pas cessé d'aligner les emplois précaires : hôtesse d'accueil, professeur d'italien en soutien scolaire, vendeuse, serveuse à 5 euros de l'heure... Face à elle, une centaine de personnes rassemblées sur la place du 2 Mai, dans le quartier de Malasaña [à Madrid]. Parmi la foule, des chômeurs, des travailleurs, des grands-parents, des parents, leurs enfants. Certains ont atterri ici juste après la manifestation du 1er mai, d'autres l'ont boudée parce qu'ils ne s'y sentaient pas représentés. Assise sur les escaliers, Rita présente le projet que son association mûrit depuis des mois : la oficina precaria [le bureau précaire].  "L'une des armes des puissants, c'est la peur", explique la jeune femme. Et contre la peur, rien de tel que le fait de témoigner, de dénoncer ces situations. "Nous voulons rendre visibles les lieux où s'exercent les conflits du travail", annonce-t-elle. Cette proposition s'inspire de l'idée du collectif Stop aux expulsions, une organisation associée au 15-M [mouvement des Indignés] et à d'autres mouvements sociaux. Leur démarche: soutenir les familles en instance d'expulsion juste avant l'arrivée du juge et alerter les réseaux sociaux. 

C'est un peu le même principe pour oficina precaria, sauf qu'en l'occurrence le bureau s'adresse aux travailleurs précaires, à ceux qui n'ont jamais vu un contrat de travail. "La plupart des gens que je connais n'ont jamais entendu parler de convention collective", commente Rita. Et la liste est longue : boursiers sur des postes de permanents "à 200 euros", faux indépendants, travailleurs temporaires dans l'illégalité...  Lancé par le collectif Juventud sin Futuro [Jeunesse sans avenir], le projet est ouvert aux assemblées de quartier du 15-M. Un site Web (www.oficinaprecaria.net), un compte Twitter (@ofiprecaria) et une adresse électronique (oficinaprecaria@gmail.com) ont été créés. "Nous voulons entendre vos propositionslance l'étudiante. L'outil doit encore être rodé, mais il fonctionne".

En l'espace d'une semaine, oficina precaria a déjà reçu plusieurs témoignages "qui semblent venir tout droit du XVIIIe siècle". Rita raconte, sans entrer dans les détails, le cas d'une personne qui travaillait dans un petit bar. La première semaine, "à l'essai", elle n'a rien touché. La deuxième, elle a travaillé à temps complet pour 2,5 euros de l'heure. Elle a fini par partir en lançant une bordée d'injures et de menaces, après avoir demandé qu'on lui montre son contrat. Aujourd'hui, les membres du collectif attendent le feu vert de l'intéressée pour protester devant le bar ou révéler l'affaire sur les réseaux sociaux. "Il n'est pas question de mettre qui que ce soit dans l'embarras, souligne Rita. S'ils ne veulent pas que nous intervenions, nous ne le faisons pas". Le nouveau bureau, installé dans un squat du Patio Maravillas (rue Pez), propose un conseil juridique gratuit et des outils pour dénoncer les abus. Il offre aussi la possibilité de créer des emplois en coopérative.

Sur le même escalier, avec le même micro, Abel Martínez présente un autre versant du projet : D comme droits. "Nous voulons obtenir la reconnaissance des boursiers sur le marché du travail, ou revendiquer la hausse du salaire minimum", fait-il valoir.  Ignacio Martín, un avocat de 24 ans, est lui chargé du conseil juridique. "Nous essayons d'agir là où les syndicats majoritaires n'interviennent pas, résume-t-il. Nous ne craignons pas les licenciements, parce qu'on ne peut même pas nous licencier". Lui aussi a été un travailleur précaire payé 2 euros de l'heure dans une boutique de livraison de pizzas, ou secouriste sans brevet dans une piscine. Le dernier volet de la proposition de oficina precaria, c'est la multiplication : il faut que chacun monte son propre bureau. "Nous voulons que l'initiative fleurisse ailleurs", plaide Rita. Dans d'autres quartiers, d'autres villes, d'autres entreprises. L'avenir dira si le succès est au rendez-vous.

 

http://www.courrierinternational.com/article/2012/05/04/vive-l-union-des-travailleurs-precaires

 

COMBAT                          Stop aux expulsions

Frappés par la crise et le chômage, des milliers d'Espagnols ont été expulsés de leur logement - depuis quatre ans, ils seraient 166 700 à être dans cette situation, relate le quotidien El Pais. 2011 constitue un record avec 58 241 avis émis. C'est la municipalité de Valence qui détient la palme avec 13 711 procédures d'expulsion l'année dernière. Afin de lutter contre ce fléau, des associations ont vu le jour, à l'instar de la "Plateforme pour les victimes de l'hypothèque" qui a remporté plusieurs victoires. Né en 2009, le mouvement, rejoint par le                              

collectif du 15-M, est devenu national. Ils soutiennent les personnes incapables de payer leur loyer ou leur hypothèques en menant des actions coup de poing, appelées "Stop-desahucios" (Stop aux expulsions"), ou réclamant un compromis avec les banques. Les membres empêchent physiquement l'expulsion, occupent les banques ou réclament l'effacement de la dette des propriétaires en échange du logement.

 

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 08:56
sarko-poutou.jpg
"On a bien braillé. Je crois qu'on les a énervés". L'ex-candidat du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) à l'élection présidentielle, Philippe Poutou, a fait un passage remarqué à mairie
En milieu de soirée, l'ex-candidat du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) à l'élection présidentielle, Philippe Poutou, a fait une incursion bruyante dans la cour de l'hôtel de ville de Bordeaux puis a été évacué.

"Avec une quinzaine de militants du NPA, on a eu envie de voir la tête qu'ils (les militants UMP, ndlr) faisaient", raconte-t-il. A la mairie, étaient réunis les sympathisants de l'UMP.


"On a passé le premier cordon à l'entrée de la cour et on s'est mis à chanter "L'Internationale" puis "On lâche rien, tout est à nous". On a bien braillé. Je crois qu'on les a énervés", poursuit-il.

L'opération n'aura duré que quelques minutes. Du personnel en charge de la sécurité les a fait sortir "en douceur", précise-t-il, de la cour de la mairie.

 

http://www.sudouest.fr/2012/05/06/philippe-poutou-evacue-de-la-mairie-de-bordeaux-apres-avoir-chante-l-internationale-707922-5210.php

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 08:15

 Photo F.vignette paysage


Communiqué  du 5 mai 2012

 

Aujourd'hui, samedi 5 mai, les membres du  collectif 56 "Urgence un Toit pour Tous - comité Dal" agissent concrètement pour que le droit à l'hébergement d'urgence de Tous soit respecté dans le département. A cette effet, une deuxième réquisition citoyenne a été réalisée à Lorient au 55 rue de Kerlin dans un local vacant.


Depuis 9 mois, partout dans le Morbihan, des citoyens n'ont cessé d'interpeller le Préfet en vain pour dénoncer des situations humaines inacceptables. La diminution des moyens alloués par l’État à l'hébergement d'urgence et à l'accompagnement social des plus démunis, qu'ils soient sans logis ou demandeurs d'asile, a jeté dans les rues de Lorient, de Vannes et de Pontivy des dizaines personnes parfois avec enfants.


En attente de solutions d'urgence, ces personnes, projetées dans l'angoisse, la précarité et la désespérance, se tournent vers les citoyens, les associations  ou le collectif qui n'ont pas vocation à remplacer les services défaillants de l' État .

 

Par lettre ouverte, le 17 avril, les membres du collectif ont demandé encore une fois  à M. Préfet du département « de débloquer au plus vite, des moyens supplémentaires et de réquisitionner des logements vacants pour héberger décemment toutes les personnes qui en font la demande via le 115, d'améliorer leurs conditions d'accueil dans les Centres d'Hébergement d'Urgence du Morbihan et de les orienter très rapidement vers un CHRS avec un accompagnement social adapté à leur situation, jusqu'à leur relogement » 

 

« Aucune réponse satisfaisante et durable n'a été apportée à ce jour. Bien au contraire, partout dans le Morbihan, de plus en plus de familles nous sont signalées. Dans ce contexte nous jugeons légitime la réquisition citoyenne qui a eu lieu au 55 rue de Kerlin et soutenons sa mise en œuvre. Par solidarité avec les résidents installés depuis mercredi 2 mai, nous assurerons la sécurité du site et veillerons à ce que leurs droits fondamentaux soient respectés. Nous attendons que les services de l’État apportent leur concours et rétablissent l'eau, le gaz et l'électricité dans ces locaux.


Nous tenons particulièrement à remercier encore une fois, les compagnons d'Emmaus de Quimperlé pour la solidarité dont ils ont fait preuve, en faisant don dans la discrétion, du mobilier et du matériel nécessaire au quotidien des résidents démunis.

Ceux-ci sont des personnes en demande d'aide pour une réinsertion. Les conditions d'accueil dans les Centres d'Hébergement d'Urgence dénoncées il y a un mois, ne leur apportent pas le cadre stabilisant et serein nécessaire à cette démarches. Par ailleurs nous réfléchissons avec eux à l'accueil de jour des familles de demandeurs d'asile, isolées dans les hôtels avec leurs enfants, sans possibilité de les nourrir correctement et de les scolariser ».



Le collectif rappelle qu'un rassemblement départemental aura lieu devant la préfecture à Vannes le mercredi 9 mai à 18h30 pour demander l'application des lois sur le logement. Pour les départs de Lorient le rendez vous est fixé à 17h30 sur la zone de co-voiturage de Lanester-Caudan, route de Plouay

 

                                                                            contact56@untoitpourtous.net

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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 13:01
186677
5 mai 2012
L’importance du vote pour Marine Le Pen accable et surprend.
On cherche des explications. Le personnel politique y va de sa sociologie portative : la France des gens d’en bas, des provinciaux égarés, des ouvriers, des sous-éduqués, effrayée par la mondialisation, le recul du pouvoir d’achat, la déstructuration des territoires, la présence à leurs portes d’étranges étrangers, veut se replier sur le nationalisme et la xénophobie.
C’est déjà du reste cette France « retardataire » qu’on accusait d’avoir voté non au référendum sur le projet de Constitution européenne. On l’opposait aux classes moyennes urbaines éduquées et modernes, qui font tout le sel social de notre démocratie bien tempérée.
Disons que cette France d’en bas est quand même, en la circonstance, le baudet de la fable, le pelé et le galeux « populiste » d’où nous vient tout le mal lepéniste. Etrange, au demeurant, cette hargne politico-médiatique contre le « populisme ». Le pouvoir démocratique, dont nous sommes si fiers, serait-il allergique à ce qu’on se soucie du peuple ?
C’est l’avis dudit peuple, en tout cas, et de plus en plus. A la question « les responsables politiques se préoccupent-ils de ce que pensent les gens comme vous ? », la réponse entièrement négative « pas du tout » est passée de 15 % de l’ensemble en 1978 à 42 % en 2010 ! Quant au total des réponses positives (« beaucoup » ou « assez »), il est passé de 35 % à 17 % (on se reportera, pour cette indication statistique et d’autres d’un très grand intérêt, au numéro hors série de la revue La Pensée titré « Le peuple, la crise et la politique » et réalisé par Guy Michelat et Michel Simon). La relation entre le peuple et l’Etat n’est pas faite de confiance, c’est le moins qu’on puisse dire.
Faut-il conclure que notre Etat n’a pas le peuple qu’il mérite, et que le sombre vote lepéniste atteste cette insuffisance populaire ? Il faudrait alors, pour renforcer la démocratie, changer le peuple, comme le proposait ironiquement Brecht...
Ma thèse est plutôt que deux autres grands coupables doivent être mis en avant : les responsables successifs du pouvoir d’Etat, de gauche comme de droite, et un ensemble non négligeable d’intellectuels.
En définitive, ce ne sont pas les pauvres de nos provinces qui ont décidé de limiter autant que faire se peut le droit élémentaire d’un ouvrier de ce pays, quelle que soit sa nationalité d’origine, de vivre ici avec sa femme et ses enfants. C’est un ministre socialiste, et tous ceux de droite ensuite qui se sont engouffrés dans la brèche. Ce n’est pas une campagnarde sous-éduquée qui a proclamé en 1983, que les grévistes de Renault - en effet majoritairement algériens ou marocains - étaient des « travailleurs immigrés (...) agités par des groupes religieux et politiques qui se déterminent en fonction de critères ayant peu à voir avec les réalités sociales françaises ».
C’est un premier ministre socialiste, bien entendu à la grande joie de ses « ennemis » de la droite.
Qui a eu la bonne idée de déclarer que Le Pen posait les vrais problèmes ? Un militant alsacien du Front national ? Non, c’est un premier ministre de François Mitterrand. Ce ne sont pas des sous-développés de l’intérieur qui ont créé les centres de rétention pour y emprisonner, hors de tout droit réel, ceux qu’on privait par ailleurs de la possibilité d’acquérir les papiers légaux de leur présence.
Ce ne sont pas non plus des banlieusards excédés qui ont ordonné, partout dans le monde, qu’on ne délivre aux gens des visas pour la France qu’au compte-gouttes, pendant qu’on fixait ici même des quotas d’expulsions que devait à tout prix réaliser la police. La succession des lois restrictives, attaquant, sous prétexte d’étrangeté, la liberté et l’égalité de millions de gens qui vivent et travaillent ici, n’est pas l’œuvre de « populistes » déchaînés.
A la manœuvre de ces forfaits légaux, on trouve l’Etat, tout simplement.
On trouve tous les gouvernements successifs, dès François Mitterrand, et sans répit par la suite. En la matière, et ce ne sont que deux exemples, le socialiste Lionel Jospin a fait savoir dès son arrivée au pouvoir qu’il n’était pas question d’abolir les lois xénophobes de Charles Pasqua ; le socialiste François Hollande fait savoir qu’on ne décidera pas les régularisations de sans-papiers autrement sous sa présidence que sous celle de Nicolas Sarkozy. La continuité dans cette direction ne fait aucun doute. C’est cet encouragement obstiné de l’Etat dans la vilenie qui façonne l’opinion réactive et racialiste, et non l’inverse.
Je ne crois pas être suspect d’ignorer que Nicolas Sarkozy et sa clique ont été constamment sur la brèche du racisme culturel, levant haut le drapeau de la « supériorité » de notre chère civilisation occidentale et faisant voter une interminable succession de lois discriminatoires dont la scélératesse nous consterne.
Mais enfin, nous ne voyons pas que la gauche se soit levée pour s’y opposer avec la force que demandait un pareil acharnement réactionnaire.
Elle a même bien souvent fait savoir qu’elle « comprenait » cette demande de « sécurité », et a voté sans état d’âme des décisions persécutoires flagrantes, comme celles qui visent à expulser de l’espace public telle ou telle femme sous le prétexte qu’elle se couvre les cheveux ou enveloppe son corps.
Ses candidats annoncent partout qu’ils mèneront une lutte sans merci, non tant contre les prévarications capitalistes et la dictature des budgets ascétiques que contre les ouvriers sans papiers et les mineurs récidivistes, surtout s’ils sont noirs ou arabes. Dans ce domaine, droite et gauche confondues ont piétiné tout principe. Ce fut et c’est, pour ceux qu’on prive de papiers, non l’Etat de droit, mais l’Etat d’exception, l’Etat de non-droit. Ce sont eux qui sont en état d’insécurité, et non les nationaux nantis. S’il fallait, ce qu’à Dieu ne plaise, se résigner à expulser des gens, il serait préférable qu’on choisisse nos gouvernants plutôt que les très respectables ouvriers marocains ou maliens.
Et derrière tout cela, de longue date, depuis plus de vingt ans, qui trouve-t-on ?
Qui sont les glorieux inventeurs du « péril islamique », en passe selon eux de désintégrer notre belle société occidentale et française ? Sinon des intellectuels, qui consacrent à cette tâche infâme des éditoriaux enflammés, des livres retors, des « enquêtes sociologiques » truquées ? Est-ce un groupe de retraités provinciaux et d’ouvriers des petites villes désindustrialisées qui a monté patiemment toute cette affaire du « conflit des civilisations », de la défense du « pacte républicain », des menaces sur notre magnifique « laïcité », du « féminisme » outragé par la vie quotidienne des dames arabes ?
N’est-il pas fâcheux qu’on cherche des responsables uniquement du côté de la droite extrême - qui en effet tire les marrons du feu - sans jamais mettre à nu la responsabilité écrasante de ceux, bien souvent - disaient-ils - « de gauche », et plus souvent professeurs de « philosophie » que caissières de supermarché, qui ont passionnément soutenu que les Arabes et les Noirs, notamment les jeunes, corrompaient notre système éducatif, pervertissaient nos banlieues, offensaient nos libertés et outrageaient nos femmes ? Ou qu’ils étaient « trop nombreux » dans nos équipes de foot ? Exactement comme on disait naguère des juifs et des « métèques » que par eux la France éternelle était menacée de mort.
Il y a eu, certes, l’apparition de groupuscules fascistes se réclamant de l’islam.
Mais il y a tout aussi bien eu des mouvements fascistes se réclamant de l’Occident et du Christ-roi. Cela n’empêche aucun intellectuel islamophobe de vanter à tout bout de champ notre supérieure identité « occidentale » et de parvenir à loger nos admirables « racines chrétiennes » dans le culte d’une laïcité dont Marine Le Pen, devenue une des plus acharnées pratiquantes de ce culte, révèle enfin de quel bois politique il se chauffe.
En vérité, ce sont des intellectuels qui ont inventé la violence antipopulaire, singulièrement dirigée contre les jeunes des grandes villes, qui est le vrai secret de l’islamophobie. Et ce sont les gouvernements, incapables de bâtir une société de paix civile et de justice, qui ont livré les étrangers, et d’abord les ouvriers arabes et leurs familles, en pâture à des clientèles électorales désorientées et craintives. Comme toujours, l’idée, fût-elle criminelle, précède le pouvoir, qui à son tour façonne l’opinion dont il a besoin. L’intellectuel, fût-il déplorable, précède le ministre, qui construit ses suiveurs.
Le livre, fût-il à jeter, vient avant l’image propagandiste, laquelle égare au lieu d’instruire.
Et trente ans de patients efforts dans l’écriture, l’invective et la compétition électorale sans idée trouvent leur sinistre récompense dans les consciences fatiguées comme dans le vote moutonnier.
Honte aux gouvernements successifs, qui ont tous rivalisé sur les thèmes conjoints de la sécurité et du « problème immigré », pour que ne soit pas trop visible qu’ils servaient avant tout les intérêts de l’oligarchie économique ! Honte aux intellectuels du néo-racialisme et du nationalisme bouché, qui ont patiemment recouvert le vide laissé dans le peuple par la provisoire éclipse de l’hypothèse communiste d’un manteau d’inepties sur le péril islamique et la ruine de nos « valeurs » !
Ce sont eux qui doivent aujourd’hui rendre des comptes sur l’ascension d’un fascisme rampant dont ils ont encouragé sans relâche le développement mental.
Alain Badiou, philosophe, dramaturge et écrivain

* LE MONDE | 05.05.2012 à 14h46.

* Né en 1937, professeur de philosophie à l’Ecole normale supérieure, Alain Badiou articule pensée formelle et récit littéraire, argumentation conceptuelle et intervention politique. Il est notamment l’auteur d’Entretiens I (Nous, 2011), de La République de Platon (Fayard, 596 p., 24,50 €) et, dans la série « Circonstances », aux Nouvelles Editions Lignes, de Sarkozy : pire que prévu, les autres : prévoir le pire (94 p., 9,50 €).

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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 12:50

candidatsfr2012

 

Par Mauro Gasparini le Dimanche, 06 Mai 2012





Le premier tour des élections présidentielles a donné son verdict. « Comme d'habitude », sommes-nous tentés d'écrire, les sondages n'ont pas donné le résultat définitif. Et malheureusement, c'est l'extrême-droite du Front National qui a fait mieux que prévu, contrairement à la gauche antilibérale et anticapitaliste. Seule lueur dans la grisaille : Sarkozy est en mauvaise position pour se faire réélire. Au vu de l'odeur pourrie de cette fin de campagne électorale, on aurait du mal à tenir une semaine de plus !

 

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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 12:31
euskadi-copie-1

"Jaune, retourne d'où tu viens"

Etat espagnol, Pays Basque

Josu Egireun *

 

Euskal Herria (1) a vécu le 29 mars une journée de grève générale totale dans le sens littéral du mot : une grève à 100 %.


Le secteur de ceux qui ont travaillé a été résiduel et les 30 % de services minimaux imposés par les gouvernements n’ont pas permis non plus de donner l'image de normalité qu'ils souhaitaient. Plus encore, dans le secteur du transport, les salariés réquisitionnés circulaient en annonçant : « Nous sommes en grève — service minimum ».

 

Seulement la Banque présentait une certaine activité interne mais les établissements restaient fermés au public.

Dès les premières heures de la matinée, les piquets de grève ont constaté le succès de la grève dans les différents secteurs et dans les quatre capitales basques (2) : il faut remonter à 1988 (la grève historique contre le Plan emploi des jeunes) pour se souvenir d'une telle participation. Fait significatif, parce qu’il s’agit de références importantes, la fermeture totale de VW en Navarre, de Mercedes Benz à Vitoria, de CAF de Beasain, de La Naval de Bizkaia ou du Groupe coopératif Mondragón.


Cette grève, en outre, a été marquée par une participation très importante du commerce (bars, épiceries, grands magasins, etc.).

 

De façon significative, le centre commercial Corte Inglés de Bilbao — un bastion emblématique contre les grèves — n’a même pas pu ouvrir parce que le personnel était majoritairement en grève. Autre fait remarquable, les piquets de grève n’ont pas eu beaucoup à faire, trouvant clos la majorité des commerces et des entreprises.


Les manifestations furent le couronnement de la journée, très massives tant à midi que dans la soirée. Non seulement la participation a été très importante (jamais auparavant une grève générale n’avait produit une telle marée humaine parcourant les quatre capitales d'Eukal Herria) mais elles regroupaient en majorité des jeunes, qui dès l’aube ont rendu massifs les piquets de grève. Une donnée significative et prometteuse.


Sans doute un des éléments qui a permis d'atteindre ce degré de mobilisation (au-delà de la crise sociale énorme dans laquelle nous sommes plongés et de l'enchaînements successifs des agressions) est la convergence des appels de l’ensemble du spectre syndical, même s’il s’agissait d’appels différents. Il faut rappeler que la majorité syndicale basque — les syndicats ELA, LAB, ESK, STEE-EILAS (enseignement), EHNE (paysannerie) et HIRU (transports) — qui depuis 2009 a déjà organisé trois grèves générales, a répondu le 17 février à la contre-réforme du gouvernement Rajoy en invitant à une grève générale pour le 29 mars.

 

Cet appel était aussi le fait d’un vaste éventail de mouvements sociaux dont ceux qui ont contribué au succès le 25 février d’une mobilisation nationale contre les coupes sociales des gouvernements de la Communauté autonome du Pays Basque (CAPV) et du gouvernement de Navarre.


Les CCOO et l’UGT qui, quatre jours avant le décret de Rajoy, venaient de signer un pacte cadre pour les convention collective (qui en plus du gel de salaires, acceptait le discours selon lequel pour sortir de la crise il fallait augmenter la compétitivité des entreprises et pour cela avancer, entre autres, les flexibilités géographique, fonctionnelle et salariale) et étaient encore engluées dans un « dialogue social » inutile, ont décidé de mobiliser contre cette réforme seulement le 9 mars.


Ces deux éléments — la participation des mouvements sociaux à l'unité syndicale et la convocation d’une grève par les CCOO et UGT le même jour — ont fondé l'ample consensus social qui a permis une grève si massive. Le fait que toutes les forces politiques qui composent la coalition Amaiur (Batasuna, Aralar, EA, Alternativa) appelaient à prendre part activement à la grève a aussi eu un rôle très positif pour la mobilisation, de même que la décision de la majorité du Parlement de Navarre de faire grève ce jour là, et le soutien du Parti socialiste (PSE-EE).


Au-delà de ce succès de la grève, on ne peut pas dissimuler le poids que nous traînons après des années de défaites, ni les difficultés pour relever la tête.

 

La dynamique au niveau des entreprises n’est pas encore à la hauteur des enjeux, les assemblées du personnel ont encore été rares et, contrairement à 1998, la grève générale n’a pas été précédée d'une dynamique de mobilisation au niveau local ou régional, avec des assemblées publiques suivies de mobilisations.


Passée la journée de mobilisation, cette grève pose aussi la question de ses suites. Il paraît clair que CCOO et UGT n’ont pas d’autre objectif que de reprendre le « dialogue social » avec le gouvernement. C’est une perspective assez éloignée de celle de la majorité syndicale basque, pour laquelle cette réforme n'est pas négociable : la seule exigence c’est son retrait. Cela signifie construire un mur social contre ce décret et contre les politiques d'austérité du gouvernement et du patronat ou contre les accords comme ceux signés par CCOO et UGT (le pacte sur les retraites, celui concernant les conventions collectives…).


Il reste à définir comment cette dynamique de confrontation, manifeste le 29 mars, va se concrétiser et comment on pourra répondre au « vide » qui apparaît entre les différentes journées de grève générale, car c’est à ce moment que se construisent les rapports de force et c’est à ce moment que nous devrons faire face à d’énormes difficultés pour mettre un frein aux agressions patronales.


Finalement, pour la majorité syndicale basque, la mobilisation du 29 mars a été, aussi, le moment de réclamer, avec davantage de force, un cadre basque de relations du travail. « Nous vivons ici, nous travaillons ici, nous devons décider ici ». Une revendication qui, vue la configuration du mouvement syndical et politique de ce pays, acquiert chaque fois plus d’importance. ■

 

Bilbao, le 29 mars 2012

 

* Josu Egireun, syndicaliste basque, est membre de la rédaction de la revue Viento Sur, dont nous avons traduit cet article.

 

(traduit de l’espagnol par JM)

 

1. Nom du Pays Basque.

2. Il existe quatre provinces dans le Pays Basque espagnol : le Guipuzcoa (capitale San Sébastian), l'Alava (capitale Vitoria), laa Biscaye (capitale Bilbao) et la Navarre (capitale Pampelune).

 

http://orta.dynalias.org/inprecor/article-inprecor?id=1284

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La conception marxiste de l'État


Origine et developpement de l'état dans l'histoire des sociétés

a) La société primitive et les origines de l'état

L'État n'a pas toujours existé. Certains sociologues et autres représentants de la science politique académique commettent une erreur quand ils parlent de l'État dans les sociétés primitives. En réalité, ils identifient l'État avec la collectivité, avec la communauté. De ce fait, ils enlèvent à l'État ses caractéristiques particulières: l'exercice de certaines fonctions est enlevé à la collectivité dans son ensemble pour être réservé entièrement à une petite fraction des membres de cette collectivité.

 

Lire la suite ici...

 

Pour en savoir plus:

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Marx

 

http://www.ernestmandel.org/new/ecrits/article/emancipation-science-et-politique

 

http://npa29quimper.over-blog.fr/article-la-dette-selon-karl-marx-lcr-belgique-92302394.html

 

 

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=1159:karl-marx-contre-attaque-comprendre-le-capitalisme-oui-mais-pour-le-renverser&option=com_content&Itemid=53

 

 

 

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