Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 13:40
logomanca.jpgvendredi 4 mai 2012 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 147 (03/05/12)

A Manca appelle à voter François Hollande au deuxième tour.


Dans un communiqué, l’organisation corse précise sa position :

 

« Il ne s’agit en aucune façon de donner un chèque en blanc à un programme dont nous connaissons les limites, y compris sur le thème de la Corse, mais bien de faire barrage aux équipes de Nicolas Sarkozy. Ce sont les relais de Nicolas Sarkozy en Corse qui en dix années ont creusé les inégalités et créé les conditions d’un marasme économique, social et culturel sans précédent.

 

La poursuite de cette politique au niveau de l’État français sonnerait le glas pour le peuple corse. Les conséquences de cette politique ont aussi conduit à faire de la Corse un bastion lepéniste. »

 

En effet, le FN a fait l’un de ses plus gros scores dans le département. Marine Le Pen est arrivée en deuxième position derrière Hollande et devant Sarkozy à Bastia et Ajaccio, dépassant les 25 % dans ces deux villes.

Selon A Manca, « il n’aura échappé à aucun observateur que de nombreux électeurs du mouvement national ont voté pour l’extrême droite. Nous demandons à l’ensemble des organisations patriotiques et nationalistes de se positionner sur cette crise politique grave et de préciser si elles entendent faire un travail d’explication.

 

Ce travail de mise en œuvre pédagogique d’un « riaquistu puliticu « est nécessaire et urgent pour expliciter en quoi le vote Le Pen est absolument incompatible et opposé aux intérêts fondamentaux du peuple corse. »

 

http://www.npa2009.org/content/la-position-d%E2%80%99-manca

Partager cet article
Repost0
4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 13:26
2012-04-24T070527Z_1_APAE83N0JP500_RTROPTP_3_OFRTP-FRANCE-P.JPGjeudi 3 mai 2012 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 147 (03/05/12)

Cette année la nouveauté était le meeting de Sarkozy qui s’ajoutait à la manifestation du Front national.

Dans son rassemblement du Trocadéro, devant environ 40 000 personnes, bien loin des 200 000 revendiquées, Sarkozy a essayé de reprendre un peu de hauteur (« gaulliste » selon une certaine presse) tout en se recentrant sur un discours de droite traditionnel : l’hostilité au « socialisme » (comme si cela pouvait être une menace incarnée par Hollande…) et aux syndicats décriés comme « politisés » (CGT, FSU, Solidaires) parce qu’ayant appelé à voter contre lui, ce qui est pourtant la moindre des choses.

 

« Déposez le drapeau rouge » et choisissez de « défendre la France », leur a-t-il intimé.


Quoique plus importante numériquement, cette réunion du candidat de l’UMP n’a cependant pas éclipsé celle, pourtant fort peu nombreuse (quelque 6 000 participants ?), tenue le même jour par le Front national. Marine Le Pen y a en effet repoussé toutes les avances du président sortant, en choisissant de dénoncer avant tout celui qui « défend aujourd’hui des thèses qu’il a combattues pendant cinq ans » et « tente de se travestir en candidat du peuple et en amoureux de la nation », une « escroquerie électoraliste ».

 

Pour elle, l’enjeu du second tour se résume à savoir « qui de Nicolas Sarkozy ou François Hollande appliquera le mieux la politique de rigueur de la Troïka », lequel des deux « sera le meilleur employé de la Banque centrale européenne ».

 

Le public clairsemé de la place de l’Opéra a entendu un discours combinant une démagogie sociale exacerbée (Le Pen en championne du pouvoir d’achat et de l’emploi contre les banques et les multinationales…) avec un discours d’extrême droite violent antisyndical et anti-immigrés. La dénonciation conjointe du « Medef et de la CGT, de l’UMP et du PS, des communistes révolutionnaires et des grands patrons du CAC40 » apportant une touche indispensable de nostalgie fascisante…

 

La direction du FN, qui se pose en recours (« nous sommes le rassemblement national, le parti de la réconciliation de tous les Français »), mise ainsi de façon très claire sur une défaite de Sarkozy, laquelle, à son avis, pourrait lui permettre de jouer ensuite un rôle central dans une recomposition politique de la droite et de l’extrême droite. Une possibilité qui a en fait été préparée par la politique de Sarkozy lui-même, qui pendant cinq années a œuvré à banaliser et légitimer les thèmes de propagande du FN.

 

Si, comme nous l’espérons au côté de tant d’autres, Sarkozy dégage le 6 mai, ce grand bol d’air pour les salariéEs et les pauvres n’empêchera pas que l’on se trouve face à une situation compliquée et lourde de dangers. L’un d’entre eux et non le moindre sera la menace représentée par le FN, ou le regroupement politique qu’il parviendrait à former après l’explosion de l’UMP sur laquelle il mise. Il n’y a qu’une voie pour s’y opposer efficacement : construire un front unique victorieux contre toutes les politiques d’austérité y compris de gauche, et renforcer une option anticapitaliste indépendante face à toutes les orientations capitalistes et de collaboration de classes.

 

Jean-Philippe Divès


http://www.npa2009.org/content/sarkozy-le-pen-je-t%E2%80%99aime-moi-non-plus

Partager cet article
Repost0
4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 13:20
blog -nucleaire facon Hollande jeudi 3 mai 2012 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 147 (03/05/12)

 

La fin de campagne de Hollande ne surprend pas. Le candidat PS se garde bien de faire la moindre promesse pour son possible quinquennat.

Au moment où Sarkozy dérive et délire à l’extrême droite, Hollande se dit « confiant » et « cohérent ». Autrement dit, il se prépare tranquillement à gagner au centre et gouverner à droite.

Encore un procès d’intention envers « le candidat de toute la gauche », comme il se présente lui-même ? Lisons plutôt ce qu’il dit dans le Parisien du samedi 29 avril. C’est à l’image de toute sa campagne.

 

Finance

 
Sur d’éventuelles réactions de la finance à son élection : « Il faudra simplement être clair, comme je le suis, vigilant, sérieux sur nos engagements. Pour être transparent, j’ai annoncé que je demanderai à la Cour des comptes un audit des finances publiques réelles et déterminerai si des corrections sont nécessaires. » Chirac avait fait cela en 1995 pour expliquer que la « fracture sociale » devrait attendre pour être réduite…

 

Hollande insiste :

 

« Je veux connaître la situation dont nous hériterons pour que les Français soient éclairés. Les derniers mois de campagne coûtent généralement cher aux comptes publics compte tenu des promesses qui aboutissent parfois à des distributions dispendieuses. » Après nous avoir promis de ne rien nous promettre, il dit maintenant qu’il effacera dès le 7 mai les promesses qu’il ne fait pas !

 

Sur « la règle d’or budgétaire inscrite dans la Constitution » : « Je n’y suis pas favorable. Une telle règle ne doit pas figurer dans la Constitution, mais dans une loi organique qui pourrait être votée dès juillet. »
Sur le Smic : « Un coup de pouce est nécessaire, il est attendu. » Mais : « Son ampleur doit être limitée compte tenu de la situation économique, notamment celle de beaucoup de petites entreprises. »

 

À la question : « Pour créer 60 000 postes dans l’Éducation nationale, où baisserez-vous les effectifs ? » Il répond : « Il y aura effectivement une stabilité globale des effectifs de la fonction publique. La règle aveugle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux sera terminée. » Et à la question : « Dans quels ministères les effectifs baisseront-ils ? » : « Nous avons trois priorités : l’éducation, la justice, la police et la gendarmerie. Les autres ne sont pas prioritaires. » Comme le disait le socialiste Hamon pendant les primaires, les créations de postes de profs et de policiers seraient bien financées par des suppressions de postes d’infirmières.

Cas par cas


Que les électeurs de Bayrou se rassurent donc : Hollande n’est pas plus à gauche que le Monsieur Plus de la rigueur budgétaire ! Mais que les électeurs du FN se rassurent aussi : sur la sécurité et l’immigration, il est désormais presque plus à droite que le Béarnais !

 

« Aujourd’hui il existe déjà des régularisations au cas par cas : 30 000 par an. Je ne dis pas pour autant que ce sont des régularisations massives ! Prétendre que le cas par cas appliqué partout selon les mêmes critères dans toutes les préfectures serait un changement de nature, c’est faux. Ce changement apportera plus de transparence, plus de justice mais n’entraînera pas plus de régularisations qu’aujourd’hui. Ce sera le même ordre de grandeur. Simplement les critères seront appliqués partout de la même manière. Ces critères seront : la durée de séjour qui ne sera pas abaissée, la situation de famille, le travail. »

 

Même ordre de grandeur ? Hollande refuse ici de donner un nouveau coup de hache dans le droit d’asile ou le regroupement familial, au contraire de Sarkozy. Mais il ressert en même temps la cuvée Sarkozy… 2007 de « l’immigration choisie ». Sur RTL : « en période de crise la limitation de l’immigration économique est nécessaire ». Il propose que le Parlement fixe chaque année des quotas d’immigration de travail, et précise qu’on devrait sans doute passer de 30 000 (aujourd’hui) à 20 000 visas de ce type.

Austérité


Reconnaissons-lui une vertu : il est encore plus clair que ses prédécesseurs impétrants socialistes à la présidence. Il mènera une politique d’austérité, fera payer la crise aux classes populaires, maintiendra la chasse à l’immigré, ne fera rien contre les licenciements et les bas salaires.
Le 6 mai, chassons Sarkozy. Mais de toute façon, le 7 mai, le combat continue.

 

Yann Cezard

Partager cet article
Repost0
4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 12:53
Policiers-sanctionnes-apres-l-agression-contre-un-reporter_.jpg
Augustin Scalbert | Journaliste Rue89

Jeudi 3 mai, pour la troisième fois depuis le début de la campagne, des journalistes ont été agressés par des militants de l’UMP. Ruth Elkrief et Thierry Arnaud, de BFM-TV, couvraient en direct le meeting de Nicolas Sarkozy à Toulon.

« Il y a une atmosphère assez désagréable tout autour de nous, les militants nous agressent, nous prennent à partie », a d’abord déclaré à l’antenne Ruth Elkrief. Puis le direct a dû être interrompu.

La journaliste raconte :

« On nous a traités de vendus, de collabos, il y a eu des crachats, quelqu’un disait “on est de droite et fiers de l’être”. Le service de sécurité de l’UMP est intervenu quelques minutes plus tard, mettant fin à l’incident. »

Sarkozy : « Que chacun comprenne »

Cet incident a, pour la première fois, suscité une réaction de Nicolas Sarkozy.Interrogé sur Europe 1, il a clairement condamné ces agressions :

« Je condamne toute personne qui s’en prendrait verbalement ou physiquement à un journaliste. »

Mais le candidat UMP a aussi souhaité que chacun « comprenne l’attitude des gens qui sont exaspérés par une forme d’intolérance et de parti pris » de la part des journalistes.

Citée par 20Minutes.fr à propos de l’agression d’une journaliste de Mediapart le 1er mai, sa porte-parole Valérie Rosso-Debord est sur la même ligne :

« Ce n’est pas quelque chose qu’il faut cautionner loin de là. Mais les militants engagés à l’UMP peuvent tenir des propos excessifs car ils se trouvent caricaturés dans la presse. La violence est inacceptable mais elle témoigne de la souffrance dont ils voient notre candidat traité par la presse. »

Estrosi : « Vous volez le contribuable »

« Intolérance », « parti pris » qui provoqueraient de la « souffrance »... Mais aussi « vol du contribuable ». C’est ce qu’a déclaré l’ancien ministre Christian Estrosi à Nice, le 22 avril. Avec Eric Ciotti, autre membre de la Droite populaire, il s’en est pris à une équipe de France 3 Côte-d’Azur :

« Que vous n’ayez pas couvert le meeting de Nicolas Sarkozy, de la part du service public, c’est honteux ! Vous volez le contribuable. »

Les journalistes ont eu beau expliquer que le temps de parole était respecté, les militants étaient surexcités, selon un représentant du syndicat SNJ-CGT :

« Dans une permanence UMP, donc avec un public de militants chauffés par la harangue d’Estrosi, nos journalistes se sont sentis menacés. Un militant UMP a voulu porter un coup. Il a été stoppé par la journaliste-caméraman. »

RSF : « Les mots ont un sens »

Reporters sans frontières (RSF), qui dénonce « un climat délétère pour les médias », voit un lien évident entre les prises de position des responsables politiques et les agressions des militants. Par exemple avec celle de la journaliste de Mediapart :

« Contester les conclusions d’une enquête journalistique est une chose ; multiplier les attaques publiques contre un média et ses collaborateurs en est une autre.

Les mots ont un sens. L’excitation des esprits n’est pas sans conséquence : après le déversement d’insultes à l’encontre de Mediapart ces derniers jours, une journaliste de ce site d’information a été agressée. »

Sur son blog, le rédacteur en chef de LExpress.fr, Eric Mettout, note que cette agressivité n’est pas l’apanage de l’UMP : le Front national ou le Front de Gauche se sont aussi montré violents. Une journaliste de son équipe a été « brutalement prise à partie » par des mélenchonistes ; le 1er mai, Jean-Luc Mélenchon en personne a d’ailleurs traité des journalistes de Canal + de « fachos ».

Le FN et le FDG aussi, pas le PS ou le MoDem

Mettout remarque que d’autres partis n’agressent pas les journalistes :

« François Bayrou a beaucoup dénoncé l’ostracisme médiatique dont il serait victime, aucun membre du MoDem n’a jamais agressé, oralement ou physiquement, un journaliste ; le PS peut, à juste ou mauvais titre, se plaindre du Figaro ou du traitement déséquilibré que lui réserveraient les chaînes “amies” du Président, aucun participant à un meeting socialiste n’a jamais arraché l’accréditation d’un JRI de TFI ou Direct 8.

Ce genre de comportement indigne était jusqu’à présent le monopole du Front national. »

Commentaire: A notre connaissance, ni la LCR, ni le NPA n'ont jamais été concernés.

Partager cet article
Repost0
4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 12:40
larzac.jpg

PAR AURÉLIE TROUVÉ (4 MAI 2012)


L’agriculture est l’une des grandes absentes du débat. Le secteur est pourtant en proie à de profondes interrogations économiques ou sanitaires, et la réforme de la Politique agricole commune se profile à l’horizon 2013. De quoi agacer l’économiste Aurélie Trouvé, co-présidente d’Attac, qui décrypte pour Basta ! les programmes des deux candidats.

 

Puisque les commentaires pleuvent sur le débat du 2 mai entre les deux prétendants à la couronne présidentielle, j’ai décidé d’en faire aussi. Pas sur ce qu’ils ont dit, mais sur ce qu’ils n’ont pas dit. La première grande absente, c’est l’écologie. Qu’importent le réchauffement climatique et la dégradation irréversible des ressources naturelles, qu’importent les conséquences pour des générations de notre production et de notre consommation ! Oubliées les mascarades du Grenelle de l’environnement ou du sommet de Copenhague, même plus besoin de faire semblant : le score d’Eva Joly frôle le plancher et l’écologie est passée de mode… Le calcul électoral est vite fait.


Les deuxièmes victimes de ce calcul électoral, sans doute liées à la première, ce sont le rural et l’agriculture. Là aussi, les numéros de claquettes au salon de l’agriculture ont vite été oubliés. Ce n’est pas faute d’enjeux : la France doit finir de négocier une réforme d’ampleur de la Politique agricole commune après 2013, qui pose des questions fondamentales. Continue-t-on de déréguler les marchés agricoles et de favoriser la mise en concurrence des agricultures et le productivisme ?

 

Continue-t-on de favoriser la suppression des emplois, l’intensification en intrants et par hectare, la concentration géographique qui augmente la pression sur l’environnement, les atteintes à la santé des producteurs et des consommateurs ? Ou s’oriente-t-on vers une rupture, pour une agriculture pourvoyeuse d’emplois et respectueuse des ressources naturelles, une alimentation saine et de proximité (à l’heure du made in France) ?


Le marché en lieu et place de la régulation publique


Faute de réponse dans le débat présidentiel, tournons-nous vers les programmes. Côté UMP, il faudra se contenter de quelques lignes sur la promotion de « l’indépendance et la sécurité alimentaires », aucune proposition claire hormis deux ou trois formules incantatoires sur l’installation et la « défense des terres contre la spéculation » et l’encouragement au développement des instruments de marché (en lieu et place de la régulation publique), comme les instruments de gestion des risques (entendez par là des assurances privées, des marchés à terme…). Jusque là rien d’étonnant de la part de l’UMP.


Tous les espoirs se portent alors vers le PS. Simple alternance ? Ou véritable alternative pour un secteur en crise ? Le projet commence bien : il dénonce « le modèle productiviste intensif, qui fait de la France le plus gros consommateur de pesticides d’Europe ». Il propose de soutenir les agriculteurs « qui veulent rompre avec l’usage systématique de pesticides et d’engrais, le gaspillage de l’eau et des énergies fossiles », l’agriculture biologique, celle de montagne… A ce moment précis, le lecteur avisé se dit : je vais enfin trouver des propositions fortes pour le changement maintenant. Surtout qu’il nous est proposé de défendre « une réforme juste de la PAC, non pour son démantèlement ». On n’en saura malheureusement pas plus.


Que propose par exemple le PS face à la suppression de la fixation des prix et des quotas laitiers, entérinée par l’Union européenne et qui a chamboulé la production laitière, en la vouant à l’instabilité des prix mondiaux et à la mise en concurrence internationale ? Que propose concrètement le PS quant à la distribution des aides de la PAC, qui ont perdu toute légitimité environnementale et sociale ?


Le PS osera-t-il désobéir au carcan néolibéral ?


Deux propositions concrètes attirent néanmoins l’attention : la réorientation de« la commande publique (État, collectivités territoriales, entreprises publiques) vers l’achat de produits de l’agriculture de proximité ». Comme les règles de concurrence européenne empêchent d’inscrire dans les marchés publics un critère lié à la localisation, on se met à rêver : le PS osera-t-il désobéir au carcan néolibéral de l’Union européenne ? Rien n’est moins sûr.


On lit ensuite qu’il faut « mettre en place un régime particulier, juste et équitable, pour l’agriculture dans le cadre de l’OMC ». On se met à rêver d’un PS courageux qui rompt avec le dogme libre-échangiste… Mais tout à coup on se rappelle les politiques agricoles du PS au pouvoir avant 2002 et les votes des socialistes au Parlement européen. Et on se dit que dans ce projet, en agriculture comme dans bien d’autres domaines, il y a des objectifs très beaux sans engagement précis. Et que cela dépendra surtout de la capacité des paysans, des consommateurs, des écologistes et bien d’autres de faire bouger les lignes dans les années qui viennent. L’horizon sera plus ouvert avec le PS au pouvoir, mais le changement ne viendra pas sans la pression des mouvements sociaux.


Aurélie Trouvé, économiste, ingénieur agronome et co-présidente d’Attac France

 

http://www.bastamag.net/article2364.html


Partager cet article
Repost0
4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 12:21

philippedum_garde_vue_police_interr_.jpg

PAR SOPHIE CHAPELLE  (4 MAI 2012)


Environ 200 policiers ont manifesté le 3 mai à Lyon, pour la troisième fois en quelques jours. Aux cris de « policiers en colère », ils étaient là pour dénoncer« la politique du chiffre » et la dégradation de leurs conditions de travail mais aussi, et surtout, pour soutenir leur collègue de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) poursuivi pour homicide volontaire.

 

L’autopsie d’Amine Bentounsi a établi que le jeune homme de 28 ans a été mortellement touché « par une balle entrée à l’horizontale dans son dos ». Depuis la mise en examen de leur collègue, les manifestants revendiquent la « présomption de légitime défense », rebondissant sur l’annonce faite par Nicolas Sarkozy, qui reprend à son compte une des propositions du Front National.


Avec cette proposition, rappelle l’avocat-blogueur Maître Eolas, « il y a atteinte à l’égalité. Un policier est un citoyen comme un autre, mais avec un flingue ; il n’y a aucune raison de lui accorder des privilèges, au sens étymologique de loi privée ». Même dans les rangs de l’UMP, on hésite. En janvier 2012, Claude Guéant avait dénié la validité de cette proposition en craignant qu’elle octroie« un permis de tuer ». Pour le magistrat honoraire Philippe Bilger, cette proposition « ferait disparaître ce qui est fondamental pour la sauvegarde éthique et pratique d’une police républicaine : le contrôle qu’elle doit d’abord exercer sur elle-même ».


La plupart des affaires d’homicide par des policiers se sont soldées ces dernières années par des non-lieux ou des peines légères. Le Collectif de solidarité lyonnais énumère la longue liste de celles et ceux qui ont été tués par balles, rien que dans la ville de Lyon. « Nous ne pouvons plus cautionner ces crimes commis à l’occasion de contrôles d’identité, d’interpellations ou de garde à vue, souligne le collectif. Nous voulons prévenir la répétition de ces drames. » En 2009, une hausse de 50 % de dépôts de plaintes à l’encontre de policiers pour ces mêmes faits a été observée.

 

Lire aussi :
Partager cet article
Repost0
4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 12:12

feminism.jpg

3 mai 2012 BLANCHARD Sandrine

 

Combien sommes-nous à avoir pris la pilule, à l’âge de l’adolescence, sans en parler à nos parents ?

 

Combien sommes-nous à avoir « béni » le Planning familial de nous avoir permis, à l’âge des premiers amours, de gérer librement notre sexualité ? On est trop vite passé sur la déclaration de Nicolas Sarkozy, jeudi 26 avril, lors de la matinale de France Inter : « Est-ce qu’on peut donner la pilule à une adolescente sans demander l’avis des parents ? Ça, c’est un débat. Je pense que les parents doivent être associés d’une manière ou d’une autre, et ça ferait tout drôle, me semble-t-il, aux parents d’apprendre que quelqu’un a donné la pilule à leur fille mineure sans avoir un dialogue. »

 

On s’est trop vite contenté du « rectificatif » de Nathalie Kosciusko-Morizet affirmant que son candidat « ne souhaitait pas remettre en cause » l’accès anonyme, mais précisant que « ce dispositif ne devait pas empêcher un dialogue confiant avec les parents ».

 

On s’est trompé en indiquant que la déclaration de Nicolas Sarkozy signait « un retour en arrière de dix ans », car c’est depuis la loi du 4 décembre 1974 que les centres de planification familiale sont autorisés à délivrer gratuitement un contraceptif aux filles de moins de 18 ans qui désirent garder le secret. Trente-huit ans que cette liberté est acquise. La loi de 2001 est venue compléter le dispositif en autorisant les médecins de famille à réaliser une prescription sans autorisation parentale mais payante.

 

J’ai eu la chance, adolescente, de vivre à côté d’une grande ville. J’ai eu la chance de pouvoir disposer, grâce au Planning familial, de la pilule quand j’ai estimé que c’était le bon moment. Nous étions en 1981 ; c’était hier pour certains, c’était il y a un siècle pour les jeunes d’aujourd’hui.

 

Cela aurait été impossible d’en parler avec ma mère, encore moins avec mon père ; et je ne voyais pas en quoi cela les concernait. Le médecin a été formidable, attentif et compréhensif. Comment peut-on, en 2012, considérer que l’accès à la contraception pour les mineures sans le consentement des parents est « un débat » ? Comment peut-on croire que dans toutes les familles un « dialogue confiant » est possible sur ce sujet ? Si c’est juste une nouvelle perche tendue à l’électorat le plus conservateur, c’est pitoyable ; si c’est une volonté de changer les règles, c’est grave.

 

Après les « IVG de confort » de Marine Le Pen, ce nouveau coup de boutoir aux droits des femmes est insupportable. Et pour les préservatifs, les garçons aussi doivent avoir un mot des parents ?

 

* LE MONDE | 02.05.2012 à 14h17 • Mis à jour le 02.05.2012 à 18h11.

 

Partager cet article
Repost0
4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 11:54

antarsia.gif

 

Antarsia est une coalition anticapitaliste grecque 3 mai 2012 MITRALIAS Yorgos

 

Dépourvue de traditions et des pratiques antifascistes, la gauche grecque, pratiquement toutes tendances confondues, assiste impuissante et désemparée à la répétition dans son pays du drame de la République de Weimar non pas comme une farce mais très probablement comme une tragédie annonciatrice de grands malheurs européens.

 

Les faits récents en témoignent : après avoir investi, pendant ces derniers mois, ses espoirs dans cette gauche se situant à la gauche de la social-démocratie néolibérale (PASOK), la petite bourgeoisie grecque ruinée et aux abois s’en détourne en un temps record et est maintenant en train de chercher a l’autre extrémité de l’échiquier politique les solutions radicales à ses problèmes historiques et cataclysmiques…

 

Lire ici la suite...

 

 

Partager cet article
Repost0
4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 11:43

imagrrges

GODARD Denis 26 mars 2012

 

Il y a dix ans nous étions des dizaines de milliers à descendre dans la rue dès l’annonce des résultats pour nous opposer à Le Pen qui était qualifié pour le second tour des présidentielles avec 4,8 millions de voix . Puis des millions le 1er mai 2002. Au second tour Le Pen obtenait 5,5 millions de voix. Dix ans plus tard sa fille, à la tête du même parti, obtient 6,4 millions de voix. Comment cela a-t-il pu arriver ?

 

Lire ici la suite

Partager cet article
Repost0
4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 10:54
Soviet_Anti_American_Communist_Propaganda_Posters.jpg

Munif Mulhem *

 

La confrontation est ouverte en Syrie entre, d’une part, les masses populaires qui se sont soulevées pour la liberté et la dignité, et, d’autre part, le régime dictatorial répressif qui impose, depuis quatre décennies, sa chape de plomb au pays.


Les ingérences régionales et internationales — ou ce qu’on peut appeler l’internationalisation de la confrontation en cours — ne font pas suite à une demande de partis de l’opposition syrienne, dont le Conseil national syrien serait le ténor. Par ailleurs, l’opposition ferme à toute intervention militaire d’autres partis de l’opposition, essentiellement la Commission de coordination nationale, n’explique pas la non-intervention en Syrie.


Les immixtions régionales et internationales et les antagonismes autour de la Syrie n’ont pas cessé depuis l’accès du pays à l’indépendance en 1946. Il suffit de rappeler que la Syrie d’aujourd’hui, ou la République arabe syrienne, n’est que ce qui reste de la Grande Syrie que l’accord Sykes-Picot (1) avait partagé entre le Royaume-Uni et la France au début du siècle dernier. L’enchevêtrement des relations entre la Syrie et ses voisins (Liban, Irak, Palestine et Jordanie) et le contentieux égypto-saoudien pour l’influence en Syrie perdurent depuis. Des projets et alliances impérialistes ont tenté de la contenir, dont les plus fameux sont le plan Eisenhower (2) et le Pacte de Bagdad (3). Ces tentatives se sont accrues dans la dernière décennie, notamment après l’invasion américaine de l’Irak, l’émergence de l’axe Téhéran-Damas et l’acharnement américain à encercler l’Iran sous prétexte de son programme nucléaire.


En réalité, l’intervention ou l’absence d’intervention étrangère ne dépend que des intérêts des États occidentaux et de leurs conditions internes, régionales et internationales, qui ne sont pas favorables aujourd’hui à ce genre de manœuvres. Quant à l’avis des Syriens, c’est le dernier de leurs soucis, car ils n’ont besoin de l’accord de quiconque pour intervenir et trouveront suffisamment de justifications et de prétextes, même les plus futiles, quand ils souhaiteront le faire. En dernier ressort, les positions du régime syrien, son attitude, sa situation et l’état de la Syrie à un point donné du développement de la révolution constituent les principaux facteurs — voire les seuls — à même de fournir les conditions et les prétextes pour une intervention militaire.

 

revolution_seule_solution.jpg

 

L’opposition syrienne, de l’hésitation au marketing des illusions

 

Des mois après que le peuple syrien se soit soulevé et ait fait face, le torse nu, à la machine de répression infernale lancée par le régime contre la révolution — qui commence à se propager et se répandre horizontalement et verticalement, entraînant des milliers de morts et des dizaines de milliers d’arrestations — le Conseil national syrien s’est constitué avec en son sein des courants politiques religieux et libéraux, avec une nette prédominance des premiers.

 

Le mouvement populaire a salué cette initiative et exprimé son soutien à ce Conseil. Non parce qu’il était d’accord avec les modalités de sa constitution ou avec sa structuration interne, mais parce qu’il avait besoin, pendant les premiers mois, d’unifier et de centraliser sa lutte au sein d’une structure représentative de tous les courants pour donner au mouvement plus d’élan, de force et de soutien.


Cependant le Conseil national, au lieu d’orienter ses efforts pour soutenir, activer et unifier le mouvement populaire, en a détourné les yeux. Il a versé dans le marketing des illusions en se tournant vers les puissances internationales influentes. Voulant s’inspirer de l’expérience libyenne — sans prendre en considération les différences et les contrastes — il a exposé sur le marché international les atouts et points forts de la position géopolitique de la Syrie.


Depuis la demande d’un embargo aérien jusqu’à la sollicitation réitérée d’une zone tampon, en passant par sa position hésitante à l’égard de l’Armée syrienne libre et sa demande d’une protection des civils et de voies sécurisées, le Conseil national s’est révélé incapable d’offrir une orientation tangible à la révolution, qui boucle sa première année sans aucun besoin de commercialiser des illusions.

 

 

Concomitamment à la formation du Conseil national, sur l’autre versant de l’opposition, s’est constituée la Commission de coordination nationale.

 

Elle regroupe des partis et personnalités s’étant opposés au régime et ayant subi la répression et les poursuites durant plus de trois décennies. Toutefois, de par son discours adressé à la rue insurgée ou sa structuration, elle s’est avérée une opposition molle. Elle s’essouffle derrière le mouvement des masses révoltées et, à chaque étape de la révolution, ne parvient pas au niveau atteint par les masses. Dès sa création, la Commission de coordination nationale s’est focalisée sur l’intervention militaire — alors que cette question n’était pas, et n’est toujours pas, posée — au lieu de se concentrer sur la chute du régime. Elle a paru plus soucieuse d’affronter le Conseil national, qui demande l’intervention, que de lutter contre le régime. En réalité, le discours de la Commission de coordination nationale a été l’expression de la catégorie de Syriens effrayés, hésitants et silencieux plus que celle de la rue révoltée.

 

189787_web_APTOPIX-Mideast-Leban_Ball.jpg

 

Les communistes et la révolution

 

Le champ politique syrien se singularise de celui des autres pays arabes par le fait de ne pas avoir connu d’autres partis communistes que le parti communiste traditionnel (stalinien). Ce dernier a été créé dans les années 1920 et a conservé son unité jusqu’au début des années 1970. Puis, il a commencé à se diviser et à se fractionner, pour donner naissance au début des années 2000 à quatre partis. Trois sont restés fidèles à Moscou et ont rejoint l’appendice de la dictature, soit en adhérant au « Front du parti Baas » au pouvoir, soit en formulant de l’extérieur des critiques très timides des politiques économiques du régime. Après le déclenchement de la révolution, ces partis n’ont pas compris l’exigence de changement radical, même si certains de leurs militants et sympathisants participent au mouvement populaire, sans l’accord de leurs directions. Le quatrième parti issu de cette division s’est démarqué du régime depuis le milieu des années 1970 et a rejoint l’opposition, s’exposant ainsi à la répression et aux poursuites durant les décennies passées. Dans les années 2000, il est devenu un parti libéral, dénommé le Parti démocratique du peuple, et il fait aujourd’hui partie du Conseil national syrien.


A la fin des années 1970, un nouveau parti communiste s’est constitué, sous le nom de Parti de l’Action Communiste (PAC). Il comptait dans ses rangs des courants staliniens révolutionnaires et même un courant trotskiste. La question de la chute du régime fut posée depuis l’année 1979, exposant ce parti à des vagues successives de répression, de poursuites et d’arrestations continues, qui ont provoqué, au début des années 1990, la paralysie de son activité politique et organisationnelle.

 

Le PAC a fait de nouveau parler de lui au début des années 2000, lorsque des éléments de sa direction furent libérés de prison (certains y avaient passé plus de 17 ans). Il a connu des déchirements et des transformations idéologiques, allant du libéralisme à l’engagement révolutionnaire, en passant par le stalinisme. Certains de ses membres ont pu reconstruire le parti et former une coalition avec d’autres organisations issues de la tradition communiste — le Regroupement de gauche marxiste — qui est aujourd’hui l’une des composantes de la Commission de coordination nationale. Dans le cours de la révolution et du mouvement populaire des formes d’organisation de la gauche sont également apparues, mais elles restent limitées en termes d’action et d’influence.

 

affiche_meeting_revoltes_pays_arabes.JPG

 

La militarisation de la révolution et l’armée libre

 

En dépit de l’intensité de la répression et des meurtres perpétrés par le régime, le mouvement populaire est resté pacifique durant les premiers mois. Si les manifestants ont eu occasionnellement recours aux armes, il s’agissait de réactions individuelles provoquées par la folie meurtrière des appareils de sécurité, que les dirigeants du mouvement avaient la possibilité de maîtriser.


Les services de sécurité ont manœuvré pour pousser le mouvement à s’armer afin de chercher à justifier les meurtres de révolutionnaires pacifiques et de convaincre l’opinion publique qu’ils ont affaire à des « bandes armées ». Pour ce faire ils ont eu recours à deux procédés :


le premier a consisté à faciliter l’accès des citoyens aux armes légères bon marché par le biais des connexions entre les marchands d’armes et les services de sécurité ;

le second, de loin le plus dangereux et le plus onéreux pour le mouvement populaire, a consisté à décapiter le mouvement civil et pacifique, par la liquidation de sa direction, des assassinats lors des manifestations, des exécutions dans les prisons, le maintien des dirigeants en détention.

 

Ceci a permis l’émergence de nouveaux dirigeants plus enclins à l’affrontement armé avec les services de sécurité, qui commettent meurtres et exactions sans fin. Le mouvement aurait pu rester civil et pacifique si, d'une part, des composantes de l’opposition à l’étranger ne l'avaient pas poussé à s’armer et si, d'autre part, il n'y avait pas eu des désertions de plus en plus importantes dans les rangs de l’armée qui ont abouti à la création de l’armée libre.


Les unités et les directions de l’armée syrienne ont été structurées à l’époque du président Assad père, rendant difficile toute mutinerie ou insoumission collective. Face au rôle qui leur était assigné — réprimer les protestations populaires pour protéger le régime, exerçant sur eux et sur les populations toutes les formes sauvages de répression et de discrimination — les éléments de l’armée syrienne n’avaient pas d’autre choix que de se révolter à titre individuel ou par petits groupes, en emportant ou non leurs armes, ce qui s’est souvent produit.


Si elle était restée confinée aux déserteurs (leur nombre, selon les estimations les plus optimistes, ne dépasserait pas quelques milliers), l’armée libre n’aurait pu représenter un danger pour le régime. Mais l’essentiel du corps de l’armée libre est aujourd’hui constitué de civils, qui ont volontairement rejoint ses rangs, en raison de leur enthousiasme envers la révolution, ou parce qu’ils font l’objet de recherches des services de sécurité pour avoir participé aux manifestations. La plupart des civils volontaires dans l’armée libre sont issus des couches sociales marginalisées.


On estime actuellement l'effectif de l’armée libre à des dizaines de milliers et il est important de souligner que le régime perd jour après jour sa confiance dans l’armée et qu’il est contraint de renflouer ses unités par des éléments affidés, dont certains sont subordonnés aux appareils de sécurité. Précisons également que le nombre de militaires incarcérés dans les prisons du régime en raison d’une présomption de sympathie pour la révolution se compte en milliers, dont une majorité d’officiers. Cela donne une idée de la situation de l’armée du régime, tant au niveau de sa mobilisation que de son moral.

 

Les couches sociales liées au régime par des intérêts économiques se détachent progressivement de ce dernier. Certains quittent le navire face à l’accélération du blocus international, d’autres gardent un pied à l’étrier du régime et l’autre à celui de la révolution. Lentement, l’armée du régime se délite. Bientôt il ne pourra plus s'appuyer que sur ses clients les plus directs et sur ses instruments de répression. Il s’agit là des appareils qui par leur structuration ressemblent plus à des milices qu'à des unités militaires régulières. Ces appareils pourraient être un problème pour la révolution, si le régime faisait le choix de Samson (4).


Reste le danger que constitue pour lui l’armée libre. Son efficacité dans la révolution est pour le moment restée limitée. Mais si elle venait à être soutenue et armée par une puissance extérieure (la Turquie en serait le tenant principal sur décision américano-européenne plus que turque), elle jouerait un rôle effectif dans la chute du régime.

 

Face à la révolution… le régime passe de l’attaque à la défense

 

La campagne militaire déclenchée ces derniers jours dans les villes et villages semble être une offensive visant à étouffer la révolution. Pourtant, la réalité révèle que le régime, qui voit chaque jour se propager l’incendie de la révolution à de nouvelles villes et de nouvelles régions (Damas, Alep), veut défendre le statu quo sur le terrain en asphyxiant la révolution dans les régions qui se sont embrasées en premier (Homs, Deraa, Hama), tentant de saper le moral des régions nouvellement ralliées à la révolution et de remonter le moral de ses partisans, dont la confiance dans la possibilité du maintien du régime a été ébranlée. Il s’agit aussi d’avoir des cartes en main lors de négociations avec ses alliés (plus particulièrement la Russie). Les propos du président Assad, lors de sa rencontre avec le vice ministre des Affaires étrangères chinois le 19 février 2012, sur la guerre civile et la partition qui menace la Syrie, n’en sont que les premiers indices.


Aujourd’hui on peut dire que la révolution syrienne a franchi le Rubicon et qu’il n’y aura pas de retour en arrière. Le régime qui a gouverné la Syrie pendant plus de quatre décennies touche à sa fin. Quand et comment ? Il est difficile d’y répondre précisément, les régimes de même nature que celui-ci ou qui lui ressemblent ont étonné les observateurs quant aux modalités de leur chute (Chah d’Iran, Europe de l’Est).


Un autre danger pour la révolution et son avenir, ce serait que le champ syrien se transforme en zone de luttes d’influence et d’intérêts entre les grandes puissances. A mon sens, les circonstances ne s’y prêtent pas, au moins pour la Russie, en dépit du fait que la politique américaine souhaite vivement faire durer le conflit en Syrie, non pour anéantir le régime, mais pour anéantir la Syrie, dans l’intérêt d’Israël au premier plan. C’est ce que doit comprendre et empêcher l’opposition syrienne, car la chute du régime doit se faire par les forces du peuple syrien. C’est le chemin le plus court — fût-il long — et le moins coûteux, même si la cote de situation de la Syrie s’élève dans le bazar des forces internationales. ■

 

Syrie, le 21 février 2012

 

* Monif Mulhem est un marxiste révolutionnaire syrien, qui a passé plus de quinze annnées en prison sous la dictature de la famille Assad, à la suite de son arrestation en août 1981. Militant engagé dans le processus révolutionnaire actuel, il avait été membre du Parti d'action communiste (PAC) et un des fondateurs du Groupe altermondialiste en 2003. Cet article a été publié dans le journal du Courant de la gauche révolutionnaire en langue arabe, La ligne de front, n° 3 (Traduit de l’Arabe par LT et RK).

  1.  Signés en secret le 16 mai 1916, les accords Sykes-Picot prévoyaient un dépeçage de l’Empire ottoman au Moyen-Orient, créant des zones d’influence et d’administration directe française (la « Grande Syrie » et une partie de l’Anatolie) et britannique (Palestine, Transjordanie et Mésopotamie). Après quelques modifications — pertes françaises à la suite de la révolte kémaliste en Anatolie, session de Mossoul et de Kirkouk aux britanniques par la France à la suite d’un accord pétrolier — le partage du Moyen-Orient établi par les accords Sykes-Picot sera entériné par la Société des Nations lors de la Conférence de San Remo en 1920.
  2. 2. Le plan Eisenhower (janvier 1957) autorisait le gouvernement états-unien à fournir une aide financière aux pays du Moyen-Orient et à y utiliser les forces armées « en cas d’une attaque militaire communiste ».
  3. 3. Le Traité d'Organisation du Moyen-Orient, plus communément appelé Pacte de Bagdad, a été signé le 24 février 1955 par l’Irak, la Turquie, le Pakistan, l'Iran et le Royaume Uni. Les États-Unis rejoignent le comité militaire de l'alliance en 1958. Le pacte sera rebaptisé Organisation du Traité central (Central Treaty Organisation) ou CenTO, après le retrait irakien en 1959. La CenTO a été dissoute en 1979.
  4. 4. Allusion au personnage biblique, doté d'un force herculéenne, qui, prisonnier des Philistins, aurait écarté les colonnes d'un palais, le faisant s'effondrer sur lui et sur plusieurs milliers de ses ennemis, choisissant de mourir tout en les tuant.
Partager cet article
Repost0

Contactez le NPA du Finistère

 

faou

 

UNE-190.JPG

 

cgt-gg.jpg

 

affiche_Peillon_Fioraso_BAT_0_0.preview.jpg

 

encart npa taille normale

 

 

nukleel-nam-bo-ket.jpg

accueil
*

Brest

06 42 22 96 37

brest.npa@gmail.com

 

Quimper

06 59 71 42 21

quimper.npa@gmail.com
 

Le blog sur les

questions maritimes

L'autre grenelle de la mer

 

Le blog de solidarité avec

les camarades arabes

Revolution arabe 

 

fermoez-fesse.jpg

Recherche

Actions !

Pour plus de détails voir les liens: 

 

diapo prisonnier palestine

Soirée prisonniers palestiniens

AFPS Brest

mardi 16 avril

20H30

Maison des syndicats

 

sortir-copie-1.jpg


manifestants-hopital-SUD-copie-1


Quimper Gourmelen

Rassemblement

vendredi 19 avril

8 h 45


foto2-205-ebf3f

 

Fermez Cofrents

(pays Valencian)

 

 

laniion.jpg

  Concert à Lannion

 

no nuk

 

Dimanche 28 avril

Brennilis

anti-r-1-r-copie-1.jpg

 


robertbelle5mai13DZ

 

 

Mardi 7 mai

 Yves-Marie Le Lay,

Président de

Sauvegarde du Trégor

  Douarnenez

Librairie l'Ivraie à 20h00

 

nddk.jpg

 

yy.jpg

 

st nnonon

 

grece.jpg