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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 12:20

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Par Pierre Rousset le Mardi, 12 Mars 2013

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La triple catastrophe du 11 mars 2011 constitue un tournant majeur dans l’histoire contemporaine du Japon – sa portée politique n’est cependant pas univoque.

 

Elle a provoqué une rupture radicale dans la façon dont bien des Japonais perçoivent les autorités et les institutions de leur pays. Elle a nourri une révolte citoyenne profondément progressiste. Mais elle s’est produite alors que la situation géopolitique en Asie orientale s’avère de plus en plus instable : le sentiment populaire d’insécurité se double ainsi d’une grande incertitude quant à l’évolution régionale des rapports de forces entre puissances ; ce qui suscite un dangereux renouveau de mouvements militaristes et nationalistes réactionnaires.


Le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars 2011 ont eu d’importantes implications sociales et économiques, avant tout dans le nord-est directement frappé.

 

Or, une population massivement sinistrée se retrouve en situation d’impuissance, de dépendance. Les réseaux institutionnels, sociaux et familiaux traditionnels sont dévastés.  Le choc psychologique est profond, alimenté par la disparition physique d’espaces communautaires (villages, quartiers…), la perte des proches, le manque d’information fiable, la solitude, le sentiment de n’avoir plus prise sur son avenir. Face à l’incroyable impotence administrative dont à fait preuve l’Etat en ces temps d’urgence, des organisations militantes régionales (syndicats, associations...) ont fait un travail remarquable pour porter les premiers secours et offrir des cadres d’activité collective aux réfugiés. Elles ont bénéficié à cette fin de réseaux d’aide nationaux et internationaux, mais leurs moyens sont restés sans commune mesure avec l’ampleur de la catastrophe. Quant au mouvement ouvrier japonais dans son ensemble, il était trop affaibli (et bureaucratisé) pour porter dans l’ensemble du pays les enjeux sociaux révélés ou provoqués par le désastre. De ce fait – et vu aussi vu l’extrême gravité de l’accident dans la centrale de Fukushima –,  c’est la question nucléaire qui a dominé la scène politique dans la période qui a suivi le 11 mars.


Le consensus pronucléaire qui prévalait jusqu’alors au Japon a été brisé.

 

Les aveux de personnalités impliquées dans ce secteur économique et la publication de documents inédits ont montré comment, à chaque étape, ce consensus avait été construit sur le mensonge, la corruption, la connivence privé-public ; sur la négation des risques liés à la radioactivité et de la possibilité d’accidents majeurs. Cette politique du mensonge s’est perpétuée pendant et après la catastrophe – au point que les mères, dans les zones contaminées, ne savent plus quelles précautions doivent être prises pour protéger leurs enfants (plus sensibles que les adultes aux rayonnements à relativement faible dose).

 

Hier avant tout local (un collectif citoyen contre chaque centrale), le mouvement antinucléaire a pris une dimension nationale, mobilisant parfois des dizaines de milliers de personnes, ce qui ne s’était jamais vu dans l’archipel. Pour des raisons diverses, les centrales ont été mises à l’arrêt l’une après l’autre, si bien qu’en mai 2012 aucune n’était plus en service ! En juillet, Naoto Kan, Premier Ministre au moment de la catastrophe, s’est déclaré pour un Japon libéré du nucléaire. En 2012, nombre de sondages donnaient une très large majorité en faveur d’une sortie du nucléaire. Pourtant, début février 2013, les sondés se sont déclarés à 56% en faveur de la politique de relance des centrales prônée par le nouveau gouvernement de Shinzo Abe. Comment expliquer ce retournement ?

 

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 12:02

 

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Dans un communiqué, le syndicat Force Ouvrière-Gad  

« appelle les salariés de tous horizons, les producteurs, les éleveurs, les artisans, les commerçants et la population à un rassemblement massif contre la suppression d'emplois », samedi à 13 h 30, devant la mairie de Lampaul-Guimiliau. Les manifestants défileront ensuite dans les rues de Landivisiau.

 

C'est la première action sociale des salariés de l'entreprise Gad SAS (abattoirs porcins), placée en redressement judiciaire depuis le 27 février dernier. Elle dispose de six mois pour trouver une solution. Durant cette période, Olivier Le Bras, délégué central Force Ouvrière a été désigné représentant de l'ensemble des 1 700 salariés, répartis sur les sites de Saint-Martin-des-Champs (siège), Josselin, Lampaul-Guimiliau et Saint-Nazaire.

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http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/abattoirs-gad-manifestation-samedi-landivisiau-finistere-13-03-2013-89005
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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 11:40

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14 mars 2013

 

Non au déménagement de Le Goffic à Ker-Uhel ! Et non au « chantage » du Département et de la mairie ! Hier soir, au cours du premier débat organisé par le Collectif laïque de défense du collège public au centre-ville de Lannion, des oreilles ont dû siffler...

« On est mené en bateau depuis douze ans. Cela ne peut plus durer ! » Tandis qu'à Rome, la fumée blanche consacre un nouveau pape sud-américain, ça tousse sévère, à l'Espace Savidan. Réunis, hier soir, par le Collectif laïque de défense du collège public au centre-ville de Lannion (ravivé par Hervé Chuberre et Alain Prigent), une trentaine de profs, de parents d'élèves, d'élus, ou encore l'infirmière scolaire libèrent leur parole. « Choqués » d'avoir appris par voie de presse l'intention du Département et de la mairie de déménager à Ker-Uhel le collège Le Goffic, lassés par les atermoiements entourant la piste Nod-Huel (aujourd'hui abandonnée), les uns et les autres font part de leur courroux, voire de leur indignation. Un feu nourri où « l'opacité » entourant le dossier et le « manque d'écoute » supposé des élus sont autant de griefs fermement brandis.

« État lamentable »

Si elle n'est pas la première à intervenir, et si elle ne revient pas sur la nécessité exprimée par d'autres de ne pas laisser le centre-ville aux seuls soins de l'enseignement privé, Sylvie Lanconner, représentante des parents d'élèves (FCPE), plaque un constat sans ambages. « Cela fait trois ans que je suis élue au conseil d'administration du collège et rien n'est fait. On a atteint une limite. Le collège va être déserté ; c'est une publicité catastrophique ». Déplorant l'état « lamentable » de pas mal de locaux, notamment sportifs (dixit Catherine Rocacher, documentaliste et élue SGEN, qui rapporte au passage qu'une enseignante d'EPS se serait blessée hier en glissant sur un sol humide), l'assemblée pointe du doigt l'absurdité à continuer de chauffer les pigeons. « Vétuste », le collège quinquagénaire n'en pourrait tout simplement plus d'attendre un sérieux coup de frais ou un remplaçant.

Urgence à agir

« Quand on interrompt des enseignements à cause de la température, c'est inacceptable ! Les enfants ne sont même plus en condition de travail », tempête Michel Le Filou, membre du conseil d'administration. « Le Goffic a connu l'effondrement d'un toit. Le problème n'est plus politique, il est humain », ponctue le syndicaliste de la FSU, qui témoigne d'une urgence qui ne date pas d'hier, comme le rappelle Jean-Pierre Lecoq, prompt à rappeler paroles et engagements des dernières années. Alors que l'infirmière scolaire fait valoir qu'un déménagement sur les hauteurs de Lannion éloignerait non seulement les élèves de la médiathèque ou du cinéma, mais aussi du CIO (centre d'information et d'orientation) et des services d'écoute, Gilles, prof de sport, monte au filet.

Pression

Il craint que s'opposer au déménagement à Ker-Uhel renvoie le nouveau collège, une nouvelle fois, aux Calendes grecques. « Ne pas céder au chantage et ne pas avoir de scrupules », lui signifient d'une même voix plusieurs collègues, qui soulignent que « la situation n'est pas de notre fait ». Alors que le débat s'achève, Alain Prigent, co-organisateur de la soirée, profite d'une petite page d'histoire pour faire monter la pression sur les élus. « Dès sa construction, en 1960, le lycée (devenu collège) Le Goffic avait provoqué une crise municipale et la démission du maire », se plaît-il à rappeler. Dans la salle, Claudine Féjean, adjointe aux affaires sociales, qui s'est dite en phase avec l'assemblée (et donc un peu moins avec son maire), avait là matière à réflexion.

  • Arnaud Morvan

http://www.letelegramme.com/local/cotes-d-armor/lannion-paimpol/ville/college-le-goffic-non-au-chantage-14-03-2013-2034552.php

 

Commentaire: Tout cela se base (pour une partie de la gauche) sur l'idée que privé-public c'est pareil, voire que le privé est plus performant.  Si le privé est un meilleur service public alors il faut lui faire de la place et lui  assurer un monopôle en centre ville.

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 11:24

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14 mars 2013 à 10h45 -

 

La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a considéré que la France avait bafoué la liberté d'expression en condamnant à une peine symbolique pour offense à Nicolas Sarkozy un homme qui avait brandi une affichette "casse-toi pov'con" en marge d'un déplacement présidentiel en 2008

 

Pour la CEDH, la phrase en cause était "littéralement offensante à l'égard du Président de la République", mais elle ne constituait pas pour autant "une attaque personnelle gratuite". Les juges estiment qu'il s'agit plutôt d'une critique "de nature politique" de la part de ce militant de gauche, à laquelle un homme politique s'expose "inévitablement et consciemment".


En reprenant une phrase prononcée par le président lui-même, M. Eon a par ailleurs "choisi le registre satirique", a ajouté la Cour. "Sanctionner pénalement des comportements comme celui de M. Eon est susceptible d'avoir un effet dissuasif sur des interventions satiriques qui peuvent contribuer au débat sur des questions d'intérêt général", a-t-elle poursuivi. Et le recours à une sanction pénale était donc "disproportionné", a-t-elle conclu.

 

Renvoyer l'investive lancée par le président lui-même


Hervé Eon, un militant de gauche, avait détourné l'invective lancée quelques mois plus tôt par Nicolas Sarkozy lui-même à un visiteur du Salon de l'agriculture qui refusait de lui serrer la main.


1.000 € d'amende


Dans le cas d'Hervé Eon, le parquet avait requis 1.000 euros d'amende pour délit "d'offense au chef de l'Etat" (passible de 45.000 euros), mais le tribunal avait préféré opter pour une peine "de principe" de trente euros avec sursis, un choix confirmé en appel. L'avocate d'Hervé Eon, Me Dominique Noguères, y voit elle aussi "une question de principe".  "Même si la condamnation a été très légère, il est ahurissant que ce monsieur ait été arrêté et poursuivi en justice" pour offense au chef de l'Etat, estime l'avocate, rappelant que "le nom du président de la République n'était même pas cité" sur la pancarte litigieuse.

 

Un privilège exorbitant


Les juges de Strasbourg avaient déjà poussé la France à abroger en 2004 un délit similaire, celui "d'offense à chef de l'Etat étranger". Dans un arrêt de 2002 concernant le quotidien Le Monde, ils avaient en effet estimé qu'il revenait "à conférer aux chefs d'Etats étrangers un privilège exorbitant", car leur seul statut leur permettait de se soustraire à la critique.
Un argument repris par les détracteurs du délit d'offense au chef de l'Etat, qui y voient une survivance du crime de lèse-majesté et ont tenté à plusieurs reprises de l'abroger, au Sénat et à l'Assemblée nationale.

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http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/france/casse-toi-pov-con-delit-d-offense-au-chef-de-l-etat-ou-liberte-d-expression-14-03-2013-2035244.php

 

http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_--Casse-toi-pov-con-.-La-cour-europeenne-des-Droits-de-l-Homme-condamne-la-France_6346-2173177-fils-tous_filDMA.Htm


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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 10:23

De plus en plus de Portugais entonnent l'hymne de la révolution des œillets en guise de protestation.

 

Comment une chanson enregistrée en France en 1971 est devenue le symbole de la résistance à l'oppression, hier de la dictature, aujourd'hui du marché. Tout a commencé le 17 mai 1964. La Société musicale Fraternité ouvrière de Grândola [ville située à une centaine de kilomètres au sud de Lisbonne] organise un concert à 22 heures dans sa salle des fêtes. José Afonso [plus connu sous le nom de Zeca Afonso] est annoncé en deuxième partie. Il est déjà considéré comme un "innovateur" : "Dans ses ballades transparaît la dimension poético-tragique de la sensibilité de notre peuple", peut-on lire dans le programme. Cette soirée dans l'Alentejo allait marquer le trentenaire José Afonso pour la vie. 

 

Un poème devenu chanson


Dans son livre José Afonso, le visage de l'utopie [paru en 1999 au Portugal], José Salvador cite une lettre qu'il écrit à ses parents, quelques jours après le concert. "Je leur ai offert une chanson composée la veille [Cantar alentejano], une sorte d'évocation de la terre d'Alentejo et de son symbole encore vivant dans la mémoire de l'homme du peuple : Catarina Eufémia, une paysanne de Baleizão tuée par les gendarmes [en 1954, à l'occasion d'une grève pour de meilleurs salaires] (...). Si un jour je dois quitter ce pays, c'est le souvenir de ces hommes que j'ai rencontrés à Grândola et dans d'autres lieux identiques qui me fera revenir."


Quelques jours après le concert, le responsable de la Société musicale reçoit par courrier un poème dédié à Grândola, écrit par Zeca Afonso. Ainsi était née Grândola, vila morena. Publié en 1967, le poème devient une chanson dans l'album Cantigas do Maio [Chansons de mai], sorti en 1971. Le producteur est José Mário Branco [un des plus célèbres chanteurs engagés contre la dictature] et l'enregistrement se fait à Hérouville [dans le Val-d'Oise]. C'est là que José Mário Branco a l'idée de transformer Grândola, vila morena en une chanson qui obéit à la structure traditionnelle du registre alentejano : chaque strophe est répétée en sens inverse. Une caractéristique qui peut embrouiller tous ceux qui aujourd'hui entonnent la chanson sans avoir au préalable bien regardé les paroles ou qui ne l'ont pas écoutée suffisamment...

 

Le signal de la révolution


Grândola n'avait pas été écrite pour être particulièrement révolutionnaire. Paradoxalement, c'est d'ailleurs pour cette raison-là qu'elle a conquis une place importante dans l'histoire du Portugal. José Afonso avait vu plusieurs de ses chansons interdites par la dictature [1926-1974], mais ce n'était pas le cas de Grândola. D'ailleurs, il la chante le 29 mars 1974 à l'occasion de la première Rencontre de la chanson portugaise à Lisbonne.

 

Ce jour-là, rares sont ceux qui savent que le processus révolutionnaire est en cours. Les militaires qui préparent la chute du régime sont confrontés à un problème : les communications du système militaire portugais ne sont pas suffisamment efficaces pour garantir un signal audible et fiable dans tout le pays. Le commandant Almada Contreiras, responsable des communications de la marine, avait lu un ouvrage sur le coup d'Etat de Pinochet du 11 septembre 1973 au Chili, qui racontait comment les mouvements de gauche avaient choisi comme signal l'émission de certaines chansons sur les ondes de stations de radio civiles. L'idée séduit les militaires portugais.

 

Ils choisissent de le faire le 25 avril à l'aube, dans l'émission Limite, sur Radio Renascença [qui appartient à l'Eglise]. Carlos Albino, un journaliste en délicatesse avec le régime, est en charge de la programmation musicale. Par prudence, la veille de la révolution des œillets, il achète l'album, de peur que celui de la radio ne soit rayé ou ne disparaisse. Aujourd'hui, Carlos Albino est conscient du fait que Grândola est "devenue un symbole national de libération face à l'oppression, mais également de participation et de maturité citoyennes en démocratie".  

 

ENGAGEMENT  Un monument de la chanson

José Afonso (1929-1987), est l'une des figures les plus marquantes de la chanson portugaise engagée. Il débute sa carrière comme chanteur de fado à Coimbra avant de privilégier les ballades pour évoquer la terre, les traditions, la résistance du peuple. Devenu professeur, il enseigne au Mozambique puis au Portugal, avant d'être expulsé de l'éducation nationale portugaise pour motifs politiques. Dans les cinq années précédant la chute du fascisme, il fait appel à la pédagogie du chant et de la parole pour éveiller les consciences et entretenir l'espoir d'un changement dans les villages, les quartiers populaires ou encore à l'étranger, parmi les immigrés.

 

José Afonso est emprisonné quelque temps dans la prision politique de Caxias. Après la Révolution des Œillets, il continue à arpenter le pays, tel un troubadour engagé, et se produit une dernière fois sur scène à Lisbonne en 1983. Auteur de quatorze albums, il repose au cimetière de la cité ouvrière de Setúbal et son souvenir reste vivace dans les cœurs de nombreux Portugais qui n'ont jamais oublié la première strophe de Grândola Vila Morena :

 

Grândola, ville brune

Terre de fraternité

Seul le peuple ordonne

En ton sein, ô cité

En ton sein, ô cité

Seul le peuple ordonne

Terre de fraternité

Grândola, ville brune

 

http://www.courrierinternational.com/article/2013/03/13/grandola-le-peuple-retrouve-la-voix

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 10:02

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Le groupe Doux, en redressement judiciaire depuis juin 2012, a obtenu du tribunal de commerce de Quimper qu'il prolonge sa période d'observation pendant trois mois encore. Pour convaincre le tribunal, le PDG de Doux a expliqué que son entreprise était de nouveau rentable, affirmant qu'« après de nombreux mois d'efforts soutenus, le groupe Doux affiche un nouveau visage ».


Compte-t-il parmi ces « efforts soutenus » la liquidation du pôle frais – partiellement repris par d'autres entreprises – qui s'est soldée en septembre par un millier de licenciements ? Ou bien, dernièrement, la baisse des prix payés aux éleveurs de volaille ? Doux vient en effet de leur imposer une baisse de 40 à 50 euros par tonne de poulets fournie. Sur l'année, cela représente une perte de près de 30 000 euros en moyenne pour un élevage. Ce sont entre 200 et 300  aviculteurs qui vont subir ces pertes dans le cadre de contrats d'intégration avec Doux sur lesquels ils n'ont aucune prise. Le principal concurrent de Doux, Tilly Sabco, a décidé d'imposer une baisse des prix similaire à la centaine d'éleveurs qui travaillent pour lui.


Le prétexte de ces baisses imposées est l'annonce d'une importante diminution des restitutions européennes dont bénéficient Doux et Tilly Sabco, seuls exportateurs européens de volaille congelée vers le Moyen-Orient.

 

Ces restitutions, censées compenser la différence de compétitivité entre les industriels français et leurs concurrents mondiaux, leur rapporteront tout de même plusieurs dizaines de millions d'euros l'année prochaine, même diminuées de moitié. Et pendant des dizaines d'années, elles ont représenté une véritable manne pour ces deux groupes volaillers et contribué à faire la fortune de leurs actionnaires.


Cela n'empêche pas les deux groupes de crier misère auprès des pouvoirs publics, alors que leurs usines tournent à plein du fait de la hausse de la demande de poulets surgelés au Moyen-Orient, et que les bénéfices sont au rendez-vous : 8,5 millions d'euros pour le dernier trimestre 2012 chez Doux, plus de deux millions d'euros pour l'année 2012 chez Tilly-Sabco.


Le jour de la convocation de la direction de Doux au tribunal de commerce de Quimper, près de 125 ouvriers de l'abattoir de Pleucadeuc, dans le Morbihan, avaient eux aussi fait le déplacement pour crier leur ras-le-bol.

 

Dans le cadre du redressement de l'entreprise, Doux a en effet décidé de se débarrasser de cet abattoir de dindes, unique rescapé de la branche frais, qu'il avait cédé à sa filiale Galina en août dernier, en licenciant au passage 270 ouvriers. Aujourd'hui, les 147 restants sont de nouveau sur la sellette, car il est peu probable qu'un repreneur se présente.


Prendre à la gorge les éleveurs de volaille, licencier par milliers les ouvriers de ses usines, voilà la recette de Doux pour renouer avec les bénéfices, ce qui n'empêche pas le gouvernement d'être aux petits soins pour cette entreprise. Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture, a en effet annoncé qu'il entendait compenser la perte des restitutions européennes en faisant bénéficier les groupes Doux et Tilly Sabco du crédit d'impôt compétitivité et emploi (CICE), cette subvention conçue par le gouvernement socialiste et présentée comme une solution pour doper la compétitivité des entreprises et... protéger les emplois !


Valérie FONTAINE

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http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2328&id=23

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 09:54

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Mercredi 13 mars, le Parlement européen était appelé à se prononcer sur la réforme de la Politique agricole commune (PAC). C'est la première fois qu'une telle responsabilité incombe aux députés du fait du traité de Lisbonne entré en vigueur en 2009, alors qu'elle était auparavant du ressort du conseil européen réunissant les États membres.


Il s'agit essentiellement de répartir les aides de l'Union européenne aux agriculteurs. Ces aides sont votées pour sept ans et représentent pour la prochaine période, allant de 2014 à 2020, quelque 373 milliards d'euros, soit un peu plus de cinquante milliards par an.


L'essentiel des discussions devrait tourner autour de la transparence des subventions, de leur équité et notamment du plafonnement aux plus grandes exploitations puisqu'aujourd'hui 80 % du montant des aides vont à moins de 20 % des exploitations, les plus grosses.


Le problème n'est pas nouveau.

 

Depuis la fondation de la Communauté européenne, la PAC a pour ambition d'assurer « un niveau de vie équitable à la population agricole ». Belle ambition qui est cependant loin de la réalité. En effet, depuis que les États ont pour obligation de publier la liste des bénéficiaires de la PAC, on a pu constater qu'y figuraient en bonne place la reine d'Angleterre et le prince de Monaco, grands propriétaires terriens s'il en est, de même que de très riches industriels de l'agro-alimentaire, comme le patron de LVMH, grand producteur de cognac.

 

Autant de « pauvres » qui encaissent les aides pendant que nombre de petits exploitants en sont à mettre la clé sous la porte. Et on peut parier que, sur ce plan, pas grand-chose ne va changer.


Sophie Gargan

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2328&id=14

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 09:22

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À Djibouti, une répression sauvage s'est abattue sur les manifestants qui contestaient la victoire du parti présidentiel aux élections législatives du 20 février. La police a tiré à balles réelles dans la foule et tué au moins dix personnes. Plus de 900 opposants sont actuellement incarcérés en centre de rétention ou en prison.

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Les principaux leaders de l'opposition ont été arrêtés. Tout cela se déroule dans un silence complice de la part de la France et des USA, dont les principales bases en Afrique sont implantées dans ce petit pays.


La dictature règne en fait, dans cette ancienne colonie française, depuis l'indépendance proclamée en 1977. Le même parti y a toujours occupé le pouvoir, le Rassemblement populaire pour le progrès, qui fut même pendant longtemps proclamé parti unique. C'est aussi la même famille qui est à la tête de l'État, celle de l'actuel président Ismaël Omar Guelleh, qui a succédé en 1999 à son oncle Hassan Gouled. La pratique de la torture par la police est régulièrement dénoncée par les opposants et les associations des droits de l'homme. En février 2011, des manifestations massives avaient eu lieu dans le pays, au moment où la population se soulevait en Tunisie et en Égypte. Là aussi la police avait tiré dans la foule, arrêté, torturé et tué.


La population, d'environ 800 000 habitants, vit dans la misère. Dans le nord et le sud-ouest du pays, un blocus alimentaire et sanitaire est imposé depuis 1991 aux populations nomades, et actuellement une épidémie de paludisme s'y propage.

Cette dictature féroce se perpétue à l'ombre des bases étrangères. Pour la France, Djibouti est la plus importante de ses bases en Afrique, selon un accord négocié en 1977 avec l'oncle de l'actuel président. 2 900 hommes y sont positionnés, prêts à intervenir sur tout le continent. Les USA y maintiennent également une base de taille équivalente. Mais ils ne sont pas les seuls. Sous prétexte de lutter contre la piraterie, l'Allemagne, le Japon et dernièrement l'Italie ont installé leurs propres équipements militaires.


Si Djibouti est un cauchemar pour la population, et particulièrement pour les opposants, elle est un « paradis stratégique » pour les puissances impérialistes. À ce titre, son gouvernement a droit à toute leur indulgence pour les crimes qu'il perpètre.


Daniel MESCLA

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2328&id=34


Rassemblement à Brest


 Samedi prochain 16 mars à 16 heures, place de la Liberté à Brest.

 

                              

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 09:13

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Le film-documentaire Công Binh, la longue nuit indochinoise du réalisateur Lam Lê évoque le sort de milliers de travailleurs indochinois exilés de force par l'État français en 1939, puis exploités dans les usines de la métropole et les rizières de Camargue, au travers des témoignages de quelques-uns d'entre eux encore en vie.

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À la veille de la Seconde Guerre mondiale, le ministre des Colonies, Georges Mandel, recruta 20 000 Indochinois, arrachés à leurs villages, pour remplacer les ouvriers français partis sur le front allemand. L'Indochine faisait alors partie de l'empire colonial français et depuis des décennies, les Michelin et autres capitalistes français continuaient à construire leur fortune sur la sueur et le sang du peuple vietnamien.


Ces Công Binh, ouvriers soldats comme on les appelait, une fois en France, furent parqués dans des camps, surexploités, très mal payés et parfois pas payés du tout. Ces travailleurs n'avaient quasiment aucun droit : pas de tenues de travail, très peu de nourriture, des brimades, des punitions, le cachot et les coups. Certains furent aussi exploités dans des conditions très dures dans les rizières en Camargue. Cela dura de 1939 à 1952.


Environ mille d'entre eux sont morts à force de mauvais traitements ou de maladies pendant les années passées à travailler sous le gouvernement de Daladier, qui mit en place ce recrutement de la Main-d'œuvre indigènes, MOI, dès mai 1939, puis sous Pétain.


Ce film, qui donne la parole à des messieurs qui ont aujourd'hui plus de 90 ans et dont quatre sont morts depuis le tournage, lève ainsi le voile sur un des méfaits du colonialisme français qui, comme tout ce qui touche au passé colonial, a été occulté des dizaines d'années durant.


Aline RETESSE


Ce film passe en ce moment au cinéma La Clef à Paris, 34, rue Daubenton dans le 5e arrondissement. Il sera aussi au programme du cinéma à la fête de Lutte ouvrière à Presles les 18,19 et 20 mai prochains

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2328&id=42

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 09:06

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Staline est mort il y a soixante ans, le 5 mars 1953, mais son esprit ne s'est pas tout à fait éteint, comme en témoigne l'article publié dans L'Humanité du premier week-end de mars. L'auteur en est un historien, Martelli, qui fut membre un temps de la direction du PCF.


Certes, le PCF n'en est plus à présenter Staline comme le firent ses dirigeants Duclos, Thorez ou plus près de nous, Georges Marchais, qui s'inscrivaient dans un délirant culte de la personnalité envers celui qu'ils appelaient « le petit père des peuples », et ne pouvaient prononcer son nom sans y accoler le terme « génial ». Ceci ne serait qu'anecdotique si, dans le même le temps, le PCF, comme tous les partis communistes liés à l'URSS, n'avait pas été complice de la politique stalinienne.

 

Ainsi, pour Martelli, Staline qu'il qualifie d'« intelligent, travailleur, rusé, et déterminé » – ce qui contredit tous les témoignages sérieux sur le personnage – aurait été convaincu que « l'Octobre russe ne sera pas suivi de la révolution mondiale espérée par les communistes russes jusqu'en 1923 ». Staline aurait donc fait preuve de plus de réalisme, même si Martelli lui reproche de « s'être engagé dans une longue phase de volontarisme échevelé ». Très bon sur l'orientation, moins sur la méthode, conclut donc le professeur Martelli.

 

L'histoire réelle est bien éloignée de cette version stalinienne soft et guère sérieuse que nous livre Martelli.

 

Il est faux en effet de laisser croire que Staline et ses partisans auraient été les maîtres d'œuvre de la construction d'une puissante industrie devenue sous son règne la deuxième du monde. Le choix dit du « socialisme dans un seul pays » fait et imposé par les staliniens à l'URSS a eu, au contraire, des conséquences tragiques pour l'URSS née de « l'Octobre 1917 », à la fois pour le peuple soviétique et pour le mouvement communiste international et l'ensemble du mouvement ouvrier.

 

Car Staline et les siens ne se sont pas contentés de se désintéresser de ce qui se passait au-delà des frontières de l'URSS pour mieux construire l'industrie soviétique. Alors que des mouvements révolutionnaires se développaient, ils ont saboté leurs possibilités de vaincre et de donner un élan nouveau au jeune État ouvrier soviétique.

 

Il en a été ainsi, par exemple, vis-à-vis de la Révolution chinoise entre 1922 et 1927.

 

La politique stalinienne s'y traduisit par le soutien ouvert au dirigeant nationaliste, Tchang Kaï-Cshek, jusqu'à ce que ce dernier se retourne et massacre les militants communistes chinois insurgés, en les faisant jeter vivants dans les chaudières des locomotives, à Shangaï. Une volte-face qui était prévisible, prévue et dénoncée par Léon Trotsky.

 

Ce ne fut pas le seul exemple de cette politique consistant à freiner les élans révolutionnaires, à les détourner pour les faire échouer. En Espagne aussi, entre 1936 et 1939, l'appareil stalinien mit tout son poids pour que ce qui était véritablement une révolution se transforme en une simple guerre civile pour la défense d'une République bourgeoise.

Ces exemples – et il en existe de nombreux autres – montrent que le volontarisme que Martelli met au crédit de Staline n'a pas aidé à la construction d'une puissante industrie mais a au contraire multiplié les handicaps et les obstacles. Cette construction s'est faite au prix d'un gâchis économique astronomique dont le bilan humain – des millions de morts, des centaines de millions de déportés dans les camps – a été monstrueux.

 

Car Staline et les siens ont commandé un massacre sans nom, dont les premières victimes furent les communistes eux-mêmes. À commencer par ceux qui, aux côtés de Lénine, œuvrèrent au renversement de la bourgeoisie sur un territoire immense, représentant le sixième du globe.

 

Non, la dictature de Staline n'a pas été la simple déviance d'un individu par ailleurs bien intentionné, comme voudrait nous le faire croire Martelli, mais l'expression d'une réaction sanglante contre la révolution et les révolutionnaires. Le pire à mettre à son bilan est sans doute la façon dont il a profondément discrédité, auprès de millions de travailleurs du monde entier, l'image du communisme et, de ce fait, a donné au monde capitaliste un très long, trop long, sursis.

 

Jean-Pierre VIAL

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