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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 12:10

 

melenchon1

Cette année, l’initiative du PG « Remue-méninges à gauche » était co-organisée par les forces du Front de Gauche. Les organisateurs annoncent 2 000 participants. Le NPA était invité et présent. 
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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 12:09
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Parmi les observateurs, quelle que soit leur opinion sur le Parti socialiste, le diagnostic est unanime : la cuvée 2011 de l’université d’été de la Rochelle n’a été ni un lieu privilégié pour le...
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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 11:55

affiche-restic_18-09-2011.jpg

Dans le cadre des Journées européennes du patrimoine 2011 :

Tout au long des anciens chemins charretiers (notre patrimoine), découverte des ruisseaux, de l’eau qui affleure à de multiples endroits….

Balade bucolique à travers la vallée du Restic, véritable couloir écologique rare sur l’agglomération Brestoise.

Rendez-vous le dimanche 18 septembre à 14h30 sur le parking du restaurant "L’assiette du Ponant"  ZI de Loscoat - 28 rue Nicéphore Niepce à Brest.

 

Le collectif "Pour la sauvegarde de la vallée du Restic" regroupe :
- des citoyen-ne-s, des élu-e-s de Bmo ;
- des associations et organisations : Collectif des riverain-e-s de la vallée du Restic, Agir pour un Environnement et un Développement Durables, Brest à Pied et à Vélo, Bretagne Vivante – SEPNB, Costour poumon vert en Finistère, Eau & Rivières de Bretagne, La Gauche Debout !;
- et a le soutien des Vert-e-s du Pays de Brest et de l'Union démocratique Bretonne.(Et du NPA note du blog)
Contact : Collectif Pour la sauvegarde de la vallée du Restic
10 rue Armand Robin
29 200  BREST

Courriel : collectif.restic@gmail.com

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 11:45

NAIROBI - La Corne de l’Afrique fait face actuellement à ce qui est considéré comme la pire sécheresse depuis 60 ans et on estime que 12,4 millions de personnes ont besoin de nourriture de toute urgence.


Voici quelques faits et chiffres sur la crise alimentaire en cours :

 

Quand faut-il utiliser le mot "F" ? Quoique certains media aient décrit les crises alimentaires du Kenya et de l’Ouganda comme des famines, les Nations Unies disent que seules, cinq régions du sud de la Somalie [ http://www.irinnews.org/fr/ReportFr... ] ont atteint ce niveau. L’ONU utilise un système connu sous le nom de Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) [ http://www.ipcinfo.org/attachments/... ] , qui est un outil standardisé.

 

L’IPC utilise cinq phases pour classer les différents niveaux d’insécurité alimentaire :

 

* Niveau un - situation de sécurité alimentaire générale ;

* Niveau deux - situation d’insécurité alimentaire modérée/limitée ;

* Niveau trois - crise alimentaire aiguë et crise des moyens de subsistance ;

* Niveau quatre - situation d’urgence humanitaire : insuffisance grave de l’accès à l’alimentation, morts provoquées par la faim, malnutrition et épuisement irréversible des ressources animales ;

* Niveau cinq - famine ou catastrophe humanitaire : absence totale d’accès à l’alimentation, famine généralisée, mort et déplacement.

 

Selon le Programme alimentaire mondial de l’ONU (PAM), le Kenya est confronté à une urgence humanitaire mais n’est pas dans une phase de famine. Certaines parties du nord et nord-est de l’Ouganda [ http://reliefweb.int/sites/reliefwe... ] sont en phase deux. Une grande partie du sud de l’Ethiopie[ http://reliefweb.int/sites/reliefwe... ] est dans la phase d’urgence, tandis que les régions du centre et du nord du pays sont réparties entre les phase deux et trois.

Rétrospective - La Corne de l’Afrique a connu 42 sécheresses [ http://www.globalhumanitarianassist... ] depuis 1980, ce qui a affecté 109 millions de personnes ; cette expérience de la sécheresse a concerné 47 millions de personnes rien que dans la dernière décennie. La famine la plus célèbre a eu lieu en Ethiopie en 1984 : selon certaines estimations, le bilan aurait pu être d’un million de morts.

 

Une étonnante fertilité - La région somalienne de Basse-Shabelle, l’une des régions frappées par la famine, était traditionnellement le grenier du pays, sa principale zone de production de maïs. Dans le passé le pays produisait suffisamment de céréales pour satisfaire les besoins essentiels du marché. Cependant la combinaison des conflits, qui ont provoqué le déplacement de nombreux paysans et commerçants, et du manque de pluies dans les dernières années a fait chuter la production de façon dramatique. Ainsi, en 2010, malgré les bonnes pluies de la saison Gu (d’avril à juin), les céréales locales n’ont fourni que 40 pour cent [ http://www.fsnau.org/downloads/Soma... ] des besoins de la consommation nationale.

 

Charité bien ordonnée commence par soi-même - La majeure partie des 2,4 millions de dollars requis pour nourrir les victimes de la crise alimentaire doit venir des pays riches, mais les populations locales et la diaspora participent également. En une seule semaine, l’initiative Les Kenyans pour le Kenya a déjà réussi à obtenir des particuliers plus de 1,3 million de dollars, en utilisant des services de transfert d’argent [ http://www.irinnews.org/fr/ReportFr... ] et en acceptant des donations allant jusqu’à un minimum de 0,10 dollar. Le premier envoi de nourriture est parti de la capitale Nairobi, le 31 juillet.

Selon les rapports des médias, les envois de fonds en provenance de la diaspora vers les zones du sud du pays les plus durement touchées ont augmenté de 10 pour cent.

Nourrir les malnutris - Quand l’aide finit par les atteindre, beaucoup d’adultes et d’enfants ont besoin d’une alimentation thérapeutique pour retrouver leurs forces et reprendre un poids normal. Parmi les produits utilisés par le PAM [ http://fr.wfp.org/photos/gallery/le... ] pour améliorer les apports nutritionnels des victimes de la sécheresse, on trouve :

 

* Les denrées fortifiées : Des mélanges de céréales, de soja, de légumineuses, enrichis en vitamines et en minéraux. Ceux-ci sont en général mélangés à l’eau et cuits comme de la bouillie et fournissent environ 380 kilocalories pour 100 grammes. La denrée fortifiée la plus couramment utilisée est le mélange maïs-soja.

* Les aliments prêts à la consommation : Selon le PAM, ils sont mieux adaptés que les denrées fortifiées aux besoins nutritionnels des enfants jeunes et souffrant de malnutrition modérée. Utilisés principalement au cours des opérations d’aide d’urgence et destinés à être mangés en petites quantités comme complément d’un régime normal, les aliments prêts à la consommation comme le Plumpy’doz [ http://www.irinnews.org/report.aspx... ] contiennent du beurre de cacahuète, de la graisse végétale, du lait écrémé en poudre, du lactosérum et du sucre ; 100 grammes de ces aliments fournissent plus de 500 kilocalories.

* Les biscuits à haute teneur énergétique : Ces biscuits à base de blé, qui fournissent 450 kilocalories pour 100 grammes sont fortifiés avec des vitamines et des minéraux et sont généralement utilisés au tout début d’un programme alimentaire d’urgence, quand les moyens de faire la cuisine ne sont pas encore disponibles pour la plupart des gens.

* Sprinkles (poudre de micronutriments) : C’est une poudre sans saveur qui contient l’apport journalier recommandé de 16 vitamines et minéraux pour une personne. Elle peut être saupoudrée sur la nourriture préparée à la maison, après cuisson.

* Les barres alimentaires enrichies : A base de farine de blé cuite, de graisse végétale, de sucre, de protéine de soja concentrée et d’extrait de malt, ces barres sont utilisées dans les opérations de secours post catastrophes, quand la nourriture ne peut pas être distribuée ou préparée localement. Elles peuvent être consommées en barres, directement du paquet, ou écrasées dans de l’eau et mangées comme de la bouillie ; elles contiennent 250 kilocalories et 8,1 grammes de protéines par barre de 56 grammes.

 

Source : http://www.irinnews.org

 

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Vous n’êtes pas sans savoir que l’Afrique de l’Est appelle à l’aide.  Le peuple Maasaï du Kenya est en grande difficulté.

L’association Breizh Solidarité Maasaï, basée à Quimper en lien avec  l’ONG Neighbours Initiative Alliance (NIA) située à Kajiado au Kenya,  se mobilise pour  venir en aide d’urgence au peuple Maasaï du Kenya.

Keny Matampash porte parole des Maasaï vient à Quimper du 28 Septembre au 3 Octobre.

Deux évènements de soutient sont organisés :

- un concert avec Nolwenn Korbell et Soîg Sibéril le 30 septembre au Chapeau Rouge de Quimper

- une conférence de Kenny Matampash à Pleuven le 1er octobre

L’association BSM lance un appel à toutes les personnes ou organismes désirant soutenir le peuple Maasaï affecté par cette sécheresse et  leur demande de diffuser cette information.

Nous joignions à ce courrier  une lettre d’information, une affiche sur le concert et le programme des manifestations.

Ne doutant pas de votre soutient

Cordialement

Gilles Paugam

Breizh Solidarité Maasaï
53 impasse de l'Odet
29000 QUIMPER
06 84 33 33 42

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 10:14


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Le 23 août, le procureur du comté de New York, Cyrus Vance Jr., a abandonné les charges envers Dominique Strauss-Kahn, ancien directeur du Fond Monétaire International (FMI) et un des hommes les plus puissants du monde, dans une affaire où, pour beaucoup, le système judiciaire a protégé l'élite possédante. Le 14 mai, une femme de chambre nommée Nafissatou Diallo est retrouvée en état de choc par cinq collègues de travail qui la décrivent comme traumatisée et sur le point de vomir. Nafissatou Diallo rapporte que Dominique Strauss-Kahn, à cette époque à la tête du FMI, et séjournant au Sofitel de Times Square, vient de l'agresser. Alors que l'incident lui-même n'a duré que neuf minutes, selon les dires de Diallo, il s'ensuit des mois d'attaques continuelles contre la victime, menées par les médias mais aussi par chacune des branches de la « justice » mises en branle dans cette affaire. Dès que les accusations sont portées contre Dominique Strauss-Kahn – ou DSK comme aiment à le nommer les médias admiratifs, celui-ci entreprend une campagne, abondamment financée, ayant pour objectif de discréditer Diallo. Cette campagne porte ses fruits. Selon Vance, l'accusation n'est alors « plus persuadée – au-delà d'un doute raisonnable[1] qu'un crime a été commis, basé sur les preuves à disposition ».

 

Les charges contre Strauss-Kahn n'ont pas été abandonnées en raison d'un doute sur le fait qu'un acte sexuel ait été commis. Elles ont été abandonnées parce que Vance et l'accusation ont jugé que Diallo était devenue un témoin peu crédible du fait des changements apportés dans les détails de sa version des faits, et parce qu’elle avait menti pour obtenir l'asile aux États-Unis, en arrivant de Guinée. Toutefois, lorsqu'on s'en tient aux déclarations de Diallo, son récit est resté depuis le début celui d'une agression sexuelle. Diallo a déclaré que Strauss-Kahn l'avait attrapée puis forcée à pratiquer une fellation. L’examen médical effectué à l'hôpital Roosevelt de St. Luke a mis en évidence des commotions et lacérations de la zone génitale, une élongation d'un ligament à l'épaule contracté, selon la victime, lorsqu'elle aurait été projetée au sol, ainsi que le sperme de Strauss-Kahn sur son uniforme. En dépit de ces faits, les médias sont parvenus à jeter un doute sur l'existence même de preuves matérielles. Bon nombre d’entre eux ont ainsi relayé les propos des avocats de Strauss-Kahn, Benjamin Brafman et William W. Taylor, qui ont déclaré lors d'une intervention que le rapport hospitalier n'était pas basé sur des examens médicaux mais uniquement sur « la parole de la plaignante ». Le traitement hargneux subi par Diallo et l'hostilité manifestée envers ses dires sont caractéristiques de ce que de nombreuses femmes doivent subir lorsqu'elles se déclarent victime d'une agression sexuelle. Dans le cas de Diallo, le dénigrement a pour origine les avocats grassement payés de Strauss-Kahn, ainsi que les médias dociles qui ont déformé les propos de Diallo, voire tout simplement menti sur ses déclarations concernant son passé et son agression.

 

Le jour de l’abandon des charges envers Strauss-Kahn, Slate Magazine a publié le point de vue de William Saletan, qui dénonçait ce qu'il décrivait comme une « charge contre Diallo » qui voudrait, entre autres choses, que Diallo ait inventé une ancienne agression et ait discuté de l'affaire Strauss-Kahn avec une personne incarcérée. Selon lui, les quatre éléments principaux utilisés par l’accusation[2] pour discréditer le témoignage de Diallo ne tiennent pas la route, et ce selon le rapport même du procureur. En premier lieu, alors que les médias ont répété sans vérification la déclaration de l'accusation – Diallo aurait « entièrement fabriqué » un viol ayant eu lieu dans sa Guinée natale et elle aurait même admis ce « mensonge » – le rapport de l'accusation inclut une « petite note de bas de page » qui indique : « [Diallo] a déclaré qu'elle avait bien été violée par le passé dans son pays natal, mais au cours d'un incident complètement différent de celui qu'elle avait décrit au cours d'entretiens précédents. Nos entretiens avec la plaignante n'ont conduit à aucun moyen indépendant de mener l'enquête ou de vérifier cet incident ». Comme l'écrit Saletan, « en d'autres termes, elle n'a jamais dit que le viol avait été "entièrement fabriqué". Elle en a changé les détails. » Saletan fait de plus remarquer que la note de bas de page est faussement neutre, il ajoute : « Dans une lettre du 30 juin, le bureau du procureur déclarait que Diallo ''serait prête à témoigner avoir été violée par le passé dans son pays d'origine, mais au cours d'un incident différent de celui qu'elle avait décrit au cours d'entretiens précédents''. Dans la motion abandonnant les charges, le bureau du procureur a toutefois décrit son second témoignage au sujet de son ancien viol comme ''complètement différent''. En insérant le mot ''complètement'', le bureau du procureur donne du poids à l’accusation de mensonge. Sur quelles bases le procureur justifie-t-il la surenchère par rapport à son allégation originelle ? L'abandon des charges ne mentionne aucun entretien ultérieur avec Diallo et admet que le procureur n'a ordonné aucune enquête sur le viol présumé en Guinée. La seule base permettant de dire qu'elle aurait menti est sa rétractation, mais nous n'avons aucun moyen de savoir dans quelle mesure la nouvelle déclaration diffère de l'originale. Nous devons avoir accès aux détails. »

 

L'autre allégation largement diffusée au sujet de Diallo concerne la conversation téléphonique qu'elle aurait eue avec un ami incarcéré dans une prison d'Arizona. La version de l'histoire que la plupart des gens ont lu est que Diallo aurait reçu l'appel d'un « petit ami » (elle maintient qu'il s'agit juste d'un ami) le jour suivant l'agression. Les rapports de presse ont suggéré que lors de cette conversation en fulani, Diallo aurait dit « Ne t'inquiète pas. Ce type a beaucoup d'argent. Je sais ce que je fais. » Comme le note Saletan, c'est cette histoire que rapporte le New York Times le 1er juillet, citant comme source « un représentant de l'ordre bien placé ». On retrouve cette traduction de la conversation, avec la même formulation, dans une déclaration sous serment remplie le 22 août par deux assistants du procureur déclarant avoir « capturé » cette conversation sur cassette. Mais Saletan note que lorsque Kenneth Thompson, l'avocat de Diallo, a écouté la conversation avec l'aide d'un interprète du fulani engagé par le bureau du procureur, Thompson en a tiré une interprétation bien différente. Selon Saletan, « [Thompson] a déclaré que 1) Diallo a reçu deux appels mais n'en a passé aucun, 2) elle n'a jamais parlé de la fortune de Strauss-Kahn comme d'un potentiel butin du procès, 3) son ami l'a fait mais elle lui a demandé d'arrêter, 4) elle n'a mentionné la fortune et la puissance de Strauss-Kahn que dans un contexte où elle expliquait le craindre, 5) lorsqu'elle a dit ''Je sais ce que je fais'', elle parlait uniquement de sa sécurité et non pas de stratégie judiciaire. » Ce qui correspond à l'explication donnée par Diallo lors d'un entretien antérieur pour BBC News.

 

Le compte-rendu de Saletan montre l'étendue des déformations auxquelles l'accusation semble avoir dû se livrer pour discréditer la parole de Diallo et semer le doute dans l'opinion publique quant à son intégrité – en dépit du fait qu'elle, et non Strauss-Kahn, était la victime présumée. Il n'est donc pas surprenant que de nombreuses personnes pensent que le bureau du procureur vient de laisser un violeur en liberté sans aucune forme de procès. L'abandon des charges envers Dominique Strauss-Kahn est un message qui annonce que les riches et les puissants n'auront jamais à répondre de leurs actes. C'est une nouvelle injustice envers les nombreuses femmes, humiliées et abandonnées par le système juridique, qu'on a culpabilisées pour leur propre agression ou viol.

 

De manière prévisible, presque toute l'attention publique s’est tournée vers Nafissatou Diallo, qui a, en pratique, fait l’objet d’un procès pour son propre viol présumé. Pourtant, le passé de Strauss-Kahn semble être plus pertinent que celui de Diallo pour éclairer les faits – et n'a que peu retenu l'attention des médias américains. Le « grand séducteur », comme on l'appelle en France, a un long passé d'agressions sexuelles présumées derrière lui. Tristane Banon, une journaliste française, fille d'Anne Mansouret (une responsable du Parti socialiste, aux côtés de Strauss-Kahn) et belle-fille de Brigitte Guillemette (la deuxième femme de Strauss-Kahn), a accusé ce dernier de tentative de viol. En février 2007, une chaîne de télévision française avait diffusé une émission au cours de laquelle Banon avait décrit les tentatives de Strauss-Kahn pour lui enlever son jean et son soutien-gorge lorsqu'elle l'avait rencontré pour un entretien au sujet d'un livre qu'elle était en train d'écrire. [...]

 

Il y a eu aussi le cas de Piroska Nagy, une économiste hongroise, subordonnée de Strauss-Kahn au FMI. En 2008, Strauss-Kahn dut s'excuser publiquement pour « une erreur de jugement » concernant sa relation sexuelle, bien documentée, avec Nagy. Il fut finalement lavé de toute accusation d'abus de pouvoir. Mais après que la troisième femme de Strauss-Kahn, Anne Sinclair a qualifié l'histoire avec Nagy d'affaire « d'une nuit », cette dernière écrivit aux enquêteurs dans une lettre au ton outré : « Je n'étais pas préparée à recevoir les avances du directeur général du FMI. Je ne savais pas quoi faire... me sentant grillée si je les acceptais et grillée si je les repoussais. » Alors que Strauss-Kahn a toujours insisté pour dire que sa relation avec Nagy était consentante, cette dernière a déclaré que son patron s’était « sans aucun doute » servi sa position de pouvoir pour l'engager dans une relation sexuelle. « Je pense que cet homme a un problème » a-t-elle ajouté. Elle démissionna par la suite de son poste au sein du FMI. En 2008, la députée socialiste Aurélie Filipetti a déclaré se souvenir d'une « tentative de drague très lourde, très appuyée » de Strauss-Kahn et qu'elle avait toujours pris soin depuis de « ne jamais se retrouver seule avec lui dans un endroit fermé ». Le soi-disant « problème » de Strauss-Kahn avec les femmes semble être un secret de Polichinelle en France – conduisant Danièle Évenou, une actrice française et femme d'un ancien ministre socialiste, à demander à l'antenne d'Europe 1 : « Qui n'a jamais été coincée par DSK ? ».

 

On pourrait penser, devant la longue liste des charges à l'encontre de Dominique Strauss-Kahn couplée à l’évidence physique des faits, que les accusations de Diallo auraient au moins mérité un procès. En particulier, toute personne se disant de gauche devrait s'insurger à l'idée que l'un des hommes les plus puissants du monde, avec l'aide d'une équipe d'avocat et de spécialistes en relations publiques payés à grands coups de millions, soit laissé libre d'utiliser sa puissance pour déformer les propos de sa victime présumée. Étonnamment, certains à gauche ne semblent pas de cet avis. Le World Socialist Web Site[3], par exemple, a semblé gober totalement la diffamation de Diallo. Dans une série d'articles en ligne, le site web a carrément défendu l'ancien patron du FMI contre la femme de chambre afro-américaine, se réjouissant finalement de l'abandon des charges, vues comme une sorte de victoire pour le commun des mortels.

 

Mais arrêtons-nous un instant sur la logique de ceux qui défendent Strauss-Kahn. Selon leur raisonnement, s'il n'y a pas eu viol, les preuves irréfutables en présence doivent être interprétées comme une « relation sexuelle consentie ». Ainsi donc, une femme immigrée africaine de trente-deux ans aurait décidé, pendant son travail, d'avoir une relation sexuelle de neuf minutes avec un homme blanc de deux fois son âge, qu'elle n'avait jamais rencontré auparavant. A-t-elle simplement agi de manière impulsive ? Pourquoi donc aurait-elle raconté, immédiatement après les faits, à ses collègues et à la police, ce qui venait de se passer ? Nous sommes donc censés croire qu'il s'agissait d'un scénario prémédité de Diallo dans le but d'extirper de l'argent à un homme très puissant. Il n'y a que dans une société imprégnée de sexisme et de racisme que de tels scénarios, aussi tirés par les cheveux, peuvent être concoctés. Alors que la conduite de Strauss-Kahn envers les femmes a été décrite aux États-Unis comme un « phénomène français », le traitement réservé à Nafissatou Diallo montre que la France est loin d'être la seule à ne pas prendre les accusations de viol au sérieux, ou à hausser les épaules devant le comportement de ceux qui pensent que le corps des femmes n'existe que pour satisfaire leurs désirs sexuels. Cette affaire est donc un exemple extraordinaire de la façon dont les femmes ayant été victime d'une agression sexuelle sont traitées aux États-Unis et à travers le monde – comme si elles étaient en réalité les coupables.

 

À suivre la couverture médiatique de l'affaire Strauss-Kahn, on en viendrait à penser que les femmes montent régulièrement des histoires de viols – et que les hommes sont régulièrement victimes de ces machinations. C'est l'opposé qui est vrai. Le Rape, Abuse and Incest National Network[4] estime que 60 % des agressions sexuelles aux États-Unis ne sont jamais rapportées, et qu’à peine 6 % des violeurs passent un jour en prison. Pire encore, on pouvait lire dans un récent article du New York Times : « Des experts ont déclaré que les centres spécialisés dans la collecte des déclarations de viols voient souvent une chute des cas rapportés dans les suites d'une affaire médiatique d'agression sexuelle, en particulier celles dans lesquelles l'accusation échoue, comme le cas des joueurs de lacrosse[5] de l'Université de Duke, ou l’acquittement récent, pour des charges plus que sérieuses, de deux officiers de police de New York qui rendaient visite à une femme en état d'ébriété de manière régulière dans son appartement. »

 

Ceci ne surprendra personne. On montre bien aux femmes ayant subi un viol que porter plainte contre leur assaillant implique que toute leur vie passée soit livrée au grand public. Avec un système judiciaire faisant apparemment bloc contre elles, pourquoi s’étonner que tant de femmes pensent qu’il y a de la sagesse à rester silencieuses ? Alors que les pressions de Strauss-Kahn et ses défenseurs ont abouti à ce que la cour de New York abandonne l'affaire, Diallo et quelques activistes demandent toujours justice. Les avocats de Diallo ont fait appel de la décision de ne pas nommer un procureur spécial pour l'affaire – il sera statué sur cet appel le 30 août. Il est important que les activistes de New York viennent devant le tribunal pour soutenir Diallo dans sa quête de justice.[6] Diallo a aussi engagé des poursuites au civil contre Strauss-Kahn pour préjudices émotionnels, physiques et psychologiques, qui s'ajoutent aux tentatives pour ruiner sa réputation. Nafissatou Diallo devrait être félicitée pour son courage et mérite solidarité et soutien. Heureusement, l'abandon des charges contre Strauss-Kahn n'est pas passé inaperçu. Des manifestants en colère se sont bien fait entendre à l'extérieur du tribunal, où l'accusation annonçait qu'elle jetait l'éponge, attirant l'attention sur le fait que l'ancien chef du FMI utilisait pouvoir et argent pour éviter un procès.

 

Les activistes qui organisaient la Slutwalk[7] de New York, une marche contre les violences sexuelles et la culpabilisation des victimes, ont tenu un rassemblement le matin de l'abandon des charges. Les slogans tels que « Police sexiste, procu sexiste, justice pour Diallo maintenant ! » et « Honte à vous ! » ont longtemps résonné dans les rues voisines. Une manifestante citait le cas de la « joggeuse de Central Park » qui vit cinq adolescents noirs, innocents, condamnés pour viol sans aucune preuve ADN. Bien que les adolescents furent par la suite relaxés, de tels cas mettent en évidence le double standard honteux qu'applique le système judiciaire envers les personnes non-blanches et pauvres. Construire un mouvement contre le sexisme et pour l'égalité des genres était aussi au centre des préoccupation du rassemblement, comme le déclarait Suzy Exposito, membre de la Slutwalk de New York : « À tous ceux qui se sont demandé où était passé le mouvement féministe nous répondons : nous sommes de retour et pour un bout de temps. Pour tous ceux qui se demandent pourquoi il n'y a toujours pas l'égalité ici aujourd'hui, nous répondons qu'il n'y a pas d'égalité sans justice. Et nous ne pouvons pas faire confiance aux politiciens, nous ne pouvons pas faire confiance aux flics, et nous ne pouvons certainement pas faire confiance aux défenseurs du viol comme le New York Post ou le Times pour nous aider à lutter pour la justice. C'est notre combat. »

 

Cette bataille est loin d'être terminée. Comme l'a déclaré Diallo à ABC News, « Je veux la justice. Je veux qu'il aille en prison. Je veux qu'il sache qu'on ne peut pas utiliser son pouvoir quand on fait quelque chose comme ça. » Il est maintenant temps de lutter pour un monde d'égalité véritable, où plus aucune femme ne vivra dans la peur d'une agression sexuelle. Justice pour Nafissatou Diallo !

 

Publié sur SocialistWorker.org le 29 août 2011 – Traduction Yann Lecrivain.

 

http://www.contretemps.eu/

 

 




[1] Dans les procès de ce type aux États-Unis, un jury populaire composé de 12 citoyens doit prononcer à l'unanimité la culpabilité de l'accusé pour que celui-ci soit condamné. Chaque juré devant faire son choix « beyond a reasonable doubt », « au-delà d'un doute raisonnable » [NdR].

[2] Celle de Strauss-Kahn [NdR].

[3] Le site web du « Comité international de la Quatrième internationale » auquel se rattache le courant lambertiste en France [NdR].

[4] Le RAINN (Réseau national de surveillance des viols, incestes et abus sexuels) est une organisation non-gouvernementale américaine [NdT].

[5] Sport initialement pratiqué par les Indiens d'Amérique du Nord et devenu très populaire aux USA comme sport universitaire [NdT].

[6] La Cour d’appel de New York a rejeté l’appel des avocats de Nafissatou Diallo [NdR].

[7] Littéralement : « Marche des salopes » [NdT].

date: 
07/09/2011 - 17:00

Lichi D'Amelio and Natalia Tylim

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 09:45
Gaz-de-schiste2.jpg
Terre Jeudi dernier à 17h21

Par Propos recueillis par Laura Thouny


Le 14 septembre prochain, c'est la rentrée des anti-gaz de schiste. Une loi interdisant l'exploitation de cet hydrocarbure par «fracturation hydraulique» - une technique jugée hautement polluante - a été adoptée en juin dernier, après la révélation que des permis avaient été délivrés en catimini par le ministère de Jean-Louis Borloo en 2010. Le texte donnait deux mois aux industriels pour qu'ils expliquent comment ils comptent exploiter leurs gisements. Ils rendront leurs conclusions dans quelques jours, et pourraient bien en profiter pour contourner la loi, nous explique Marine Jobert, journaliste et co-auteur de l'enquête Le vrai scandale des gaz de schiste. Laquelle dénonce notamment le rôle central du Corps des mines dans ce feuilleton écologique.

 

Dans votre ouvrage, vous montrez l'implication permanente du puissant corps des ingénieurs des Mines (1) dans les décisions relatives aux gaz de schiste. En quoi sont-ils liés à la signature des permis délivrés en mars 2010 ?


Les hydrocarbures non conventionnels attisent l'intérêt du Corps des mines depuis au moins dix ans. En 2006, déjà, ils avaient délivré des permis d'exploration dans le Bassin parisien. Ce sont eux qui décident quelle sera l'énergie de demain pour la France, sans en discuter avec qui que ce soit.

C'est Pierre-Marie Abadie, directeur de l'énergie et du climat au ministère de l'Ecologie, qui paraphe en mars 2010 les arrêtés autorisant l'exploration du sous-sol au nom de Jean-Louis Borloo, alors ministre de l'Ecologie. Pierre-Marie Abadie qui est lui-même est issu du corps des Mines. Je ne dis pas que Jean-Louis Borloo n'était pas au courant. Juridiquement, il devait l'être.

«Tout était déjà dans la presse. Nous ne sommes pas mandatés à perdre du temps à répercuter des informations qui sont déjà dans les canaux classiques», m'a expliqué un membre du CGIET (le Conseil général des  Mines, ndlr) quand je lui ai demandé pourquoi ils n'avaient pas informé le ministère sur les risques. Un comble !

 

Ce sont encore des membres du corps des Mines qui vont se prononcer sur l'éventuelle levée de l'interdiction édictée en juin.


Pour examiner l'avenir «des gaz de roches mère» en réponse au tollé du public, Nathalie Kosciusko-Morizet et Eric Besson — alors respectivement ministre de l'Ecologie et ministre de l'Industrie — ont désigné en avril 2011... des membres du Conseil général des mines et du CGEDD (issu de la fusion des Ponts et chaussées et de l'inspection générale de l'environnement, ndlr). Sans surprise, leur pré-rapport est favorable au gaz de schiste.

Ceux-là mêmes qui avaient délivré des permis l'année précédente ont expliqué que le gaz de schiste ne pouvait pas être abandonné. Et doivent maintenant se prononcer sur l'avenir des permis suspendus en juin pour deux mois par un «moratoire». Ils sont à la fois juge et partie !

D'ailleurs, si un pré-rapport a été rendu en avril, ils devaient rendre leurs conclusions fin juin. Nous sommes le 8 septembre et on l'attend toujours !

 

Dans votre livre, vous évoquez aussi un certain Julien Balkany...


Julien Balkany est le demi-frère de Patrick Balkany. A 30 ans, ce trader a été employé par la société Toréador, en possession de plusieurs permis d'exploration.

ll n'avait pas particulièrement de compétences dans ce domaine et il s'est retrouvé bombardé là avec un poste dont les attributions n'étaient pas très claires : administrateur et vice-président non-exécutif du conseil d'administration.

Dès qu'il a été exposé au plan médiatique (par L'Est républicain, ndlr) et qu'a éclaté la suspicion d'une connivence possible avec le pouvoir, Toréador décide de le changer de poste, et de le reléguer au rang de «conseiller».

Suite à ce changement de casquette, le président de l'entreprise remercie chaudement Balkany pour «sa contribution au développement de Toréador en France». Lorsqu'on  s'adresse à un haut fonctionnaire, la parole d'un Balkany a forcément plus de poids que celle d'un «Duchmol». Lui jure pourtant ses grands dieux qu'il n'a pas usé de son influence.

 

Quid des autres industriels du secteur amis du Président ?


Paul Desmarais et Albert Frère ont des parts dans des entreprises qui fabriquent des produits chimiques destinés à l'extraction des gaz de schiste. Ce sont aussi des amis de Sarkozy, à qui il a remis la grand Croix et qui étaient présents en 2007 à la soirée du Fouquet's.

Paul Desmarais représente une figure paternel pour Sarkozy. Après la défaite de Balladur, il l'a beaucoup soutenu pendant sa «traversée du désert».

Lorsque la mission d'information parlementaire sur le gaz de schiste les convoque, Paul Desmarais et Albert Frère écrivent main dans la main un mot d'excuse. Ils sont d'une manière ou d'une autre liés par leur amitié vis-à-vis de Nicolas Sarkozy.

 

Comment les anti-gaz de schiste ont-ils réussi à faire voter une loi d'urgence ?


C'est une mobilisation exceptionnelle par son ampleur, sa transversalité et sa spontanéité.

Tout a commencé par une réunion spontanée de citoyens de l'Aveyron le 20 décembre 2010. Le mouvement a été repris en Ardêche... Et puis tout à coup cette mobilisation a explosé. Il y avait des collectifs partout. Des réunions tous les soirs, qui rassemblaient jusqu'à 300 personnes même dans les bleds paumés. Les élus étaient complètement stupéfaits par ce qu'ils voyaient.

Le poids de cette mobilisation a réveillé les parlementaires. Le réveil le plus abrupt a été celui des élus de droite, qui se sont rendus compte que des permis avaient été délivrés et ont découvert ce que sont les gaz de schiste et la fracturation hydraulique (cette technique qui consiste à injecter de l'eau et des solvants sous haute pression dans la roche pour extraire le gaz de schiste est accusée d'être hautement polluante, ndlr).

Il y a alors eu des déclaration tonitruantes de ces députés, comme Christian Jacob, patron des députés UMP qui déclare en mars 2011: «Je souhaite clairement que le moratoire soit prolongé ad vitam aeternam». Des déclarations sur lesquelles il va revenir en partie, comme ses collègues, lors de la rédaction de la loi sur le gaz de schiste.

 

Est-ce à ce moment qu'entre en action le lobby des pétroliers ?


Passé le moment de stupeur, les députés ont été bien plus prudents. Ils ont reçu la visite d'industriels qui leur ont expliqué que les gaz de schiste représentaient l'avenir énergétique de ce pays. Ils ont eux-même commencé à croire que l'on pouvait peut-être faire de la fracturation hydraulique «propre» et qu'il ne fallait pas fermer la porte à cette énergie.

 

Pourquoi la loi votée en juin ne règle-t-elle rien selon vous ?


Cette loi stipule que l'usage de la fracturation hydraulique est interdite sur le territoire. Mais elle ne tranche pas, ne dit pas si oui ou non on veut du gaz de schiste. Elle se contente de donner une réponse technique à un problème de société.

Il a été décidé que les industriels ont jusqu'au 14 septembre pour rendre un rapport dans lequel ils doivent expliquer quelles techniques ils comptent mettre en œuvre pour exploiter leurs gisements. Mais ils avaient déjà dit qu'ils utiliseraient la fracturation hydraulique lors de la délivrance des permis ! Et l'exploration comme l'exploitation ne peuvent se faire que par cette technique. Vont-ils l'appeler autrement ? Abandonner d'eux-même? Ou refuser de répondre?

La loi est trop floue, il faut s'attendre à quantité de recours juridiques de la part des industriels visant à prendre ce texte en défaut. Le combat des anti-gaz de schiste n'est pas terminé.

(1) De hauts fonctionnaires issus de la prestigieuse école des Mines. Celle-ci recrute principalement les meilleurs élèves de chaque promotion de l'école Polytechnique. Les membres du Corps des Mines détiennent des postes clés dans les principales branches de l'énergie publique. Ils constituent un réseau extrêmement solidaire et influant sur les choix énergétique du pays.

 

«Le vrai scandale des gaz de schiste», par Marine Jobert, journaliste, et François Veillerette, Président du «Mouvement pour les droits et le respect des générations futures», aux éditions «Les liens qui libèrent».

 

 

http://www.liberation.fr/terre/01012358700-gaz-de-schiste-le-corps-des-mines-est-la-fois-juge-et-partie


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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 09:15

 

Chili 1973. Pinochet noyait dans le sang les travailleurs chiliens

Pour la plupart des médias, le 11 septembre est l’anniversaire de l’attentat contre les tours jumelles du WTC à New York en 2001. Mais le 11 septembre est avant tout un autre anniversaire tragique: en 1973, le général Pinochet renversait - avec le soutien actif des États-Unis - le président Allende et écrasait le mouvement ouvrier chilien.

 

Les travailleurs occupent une place importante dans l’histoire du Chili: la classe ouvrière a en effet participé étroitement aux événements majeurs qui ont fait de ce pays un cas particulier sur le continent latino-américain. Lors de son indépendance en 1810, le Chili était un pays essentiellement agricole. Mais la découverte de gisements de salpêtre, associée à la pénétration du capital britannique, va dès le milieu du 19e siècle contribuer à développer l’industrialisation et le prolétariat.

 

Un mouvement ouvrier de type européen


Dès 1853 les typographes organisent une grève. En 1900 les mutuelles comptent déjà 55.000 adhérents. Une grève générale, appelée "Semaine rouge" va paralyser le pays en 1905. En 1921 Le Parti socialiste a deux députés et la même année le syndicat anarcho-syndicaliste FOCH adhère à la IIIe Internationale.

Au lendemain de la Première Guerre mondiale les capitaux américains prennent la relève du capitalisme britannique, surtout pour l’exploitation des mines de cuivre. Le prolétariat des mines ne sera pas nombreux, mais le cuivre était d’un intérêt stratégique car au début des années 1970 il représentait 70% de la valeur des exportations.

En 1938, le Chili connaîtra une expérience de Front populaire. A la fin des années 60, alors que la plupart des pays latino-américains avaient connu de nombreux coups d’état militaires, de longues périodes de dictature bonapartiste et une tradition de partis populistes (en Argentine, au Mexique, au Pérou), les travailleurs chiliens disposaient d’un mouvement ouvrier "classique" de type européen: un Parti socialiste, un Parti communiste, une centrale syndicale (CUT) et des organisations révolutionnaires dont la plus connue était le Mouvement de la Gauche révolutionnaire (MIR).

 

Victoire électorale d’Allende en 1970

A l’automne 1970, Salvador Allende (PS), candidat de l’Unité populaire (PS, PC et radicaux), remporte les élections présidentielles avec 36,4% des voix. Allende est un vieux routier de la politique: en 1938 il était déjà directeur de cabinet du Premier ministre dans le gouvernement de Front populaire. Ministre en 1942, sénateur en 1945, il sera le candidat du Front populaire à trois reprises avant de l’emporter en 1970.

Le score d’Allende en 1970 n’est pas beaucoup plus élevé que celui du président sortant, le Démocrate chrétien Eduardo Frei (36,3%). Le Parti national (droite conservatrice), la CIA, la multinationale américaine ITT, le journal de droite El Mercurio et certains cercles de militaires conspirent dès le début pour empêcher Allende d’accéder à la présidence. Le 22 octobre 1970, deux jours avant la prestation de serment d’Allende, l’armée tente (déjà!) un putsch manqué.

 

Les masses se radicalisent


Aux yeux des travailleurs, des paysans et des couches plébéiennes des bidonvilles, l’élection d’Allende représente une victoire sur la bourgeoisie et un pas en avant pour l’élimination de l’exploitation capitaliste. La bourgeoisie redoute plus cette radicalisation incontrôlable des masses que la victoire d’Allende, d’autant plus que l’Unité populaire (UP) est minoritaire au parlement, que les tribunaux donnent presque toujours satisfaction à l’opposition et que l’armée est prête à comploter.

Parmi les premières mesures prises par Allende, il faut noter le doublement des bas salaires et la reprise de la réforme agraire qui avait été initiée par son prédécesseur Eduardo Frei. Cette réforme ne touchait que les propriétés supérieures à 80 hectares.

Cependant les élections municipales d’avril 1971 sont un bon indicateur de la radicalisation des masses: les partis de l’Unité populaire remportent en effet 51% des voix. Une imposante mobilisation populaire commence à se développer, surtout sous l’impulsion du MIR qui élargi son implantation auprès des paysans et parmi les couches pauvres des bidonvilles. Dans le sud du pays, d’importantes usines textiles sont occupées et les paysans commencent à occuper les terres sans attendre la réforme agraire. La plupart du temps, l’UP choisit la répression pour endiguer ces luttes.

 

Polarisation de la société


En juillet 1971, les mines de cuivre (80% des ressources du cuivre) sont nationalisées. Sur le plan international les Etats-Unis utilisent tout leur poids pour faire baisser de 50% les cours du cuivre: l’impérialisme américain est décidé à étrangler coûte que coûte la radicalisation en cours au Chili. Face à l’augmentation du coût de la vie, la petite et la moyenne bourgeoisie mobilisent: des milliers de ménagères des quartiers riches se retrouvent dans la rue lors de manifestations de "casseroles vides", aux côtés de l’extrême-droite.

Face aux mobilisations de la droite, le Parti communiste (PC) en conclut qu’il faut tendre la main à la Démocratie chrétienne (DC) censée représenter la petite-bourgeoisie. C’est ainsi que des négociations s’ouvrent avec la DC en juin 1972 en vue de renforcer le pouvoir afin de juguler les mobilisations ouvrières.. Mais les pourparlers échouent et la Démocratie chrétienne rompt les négociations.

La situation est dans l’ensemble fort semblable à celle de l’Espagne du début des années 30 où la bourgeoisie s’est un moment posée la question de savoir quel serait l’instrument le mieux capable d’arrêter la mobilisation des masses: le front populaire ou le coup d’état militaire. On peut dire qu’après la rupture des négociations de juin 1972 la bourgeoisie chilienne avait pris son parti pour le putsch militaire.

 

Deux blocs prêts à s’affronter


La rupture des négociations par la DC entraîne un glissement à droite des secteurs arriérés qui soutenaient l’UP et une radicalisation importante des secteurs les plus avancés. En juillet 1972 apparaissent les premières expériences embryonnaires de double pouvoir, notamment à Conception.

Le 25 juillet 500.000 personnes manifestent dans la capitale pour "écraser le fascisme".

La droite de son côté mobilise également: les indépendants et les camionneurs mènent une grève du 20 août au 5 novembre. Le Chili est une longue bande de terre, coincée entre l’océan et la montagne, de 200 km de large et de 4.200 km de long: les transports ont donc un rôle stratégique dans l’économie du pays. C’est dans ces conditions que l’état d’urgence est proclamé dans 24 provinces sur 25. En novembre 1972, le gouvernement est remanié et 3 militaires y font leur entrée.

Malgré la mobilisation de la droite les élections de mars 1973 montrent que la radicalisation des masses ne faiblit pas. L’UP obtient 44% des suffrages. Un nouveau gouvernement est formé, sans militaires. Le 21 juin 1973, à l’appel de l’Unité populaire, une grève générale contre la réaction et le fascisme rassemble 600.000 manifestants à Santiago. Quelques jours plus tard, un régiment de blindés entoure le palais présidentiel et tente un putsch. Alertés par Allende, les travailleurs se mobilisent et en particulier dans les faubourgs de la capitale organisés en "cordons industriels". Mais ces "cordons" sont à peu près dépourvus d’armes...

La droite mobilise à son tour en lançant la deuxième grève des camionneurs, suivie par celles des commerçants, des médecins, des cadres des chemins de fer, des compagnies d’aviation. La CUT appelle à la grève contre les transporteurs. Sous couvert de la "loi sur les armes", l’armée perquisitionne dans les usines, brutalise les ouvriers et confisque à l’occasion quelques vieux pistolets.

Le 4 septembre 1973, 1.000.000 de manifestants défilent dans la capitale pour commémorer le 3e anniversaire de l’élection d’Allende, réclamer un "pouvoir populaire" et l’inciter à avoir "la main lourde" à l’égard de la droite.

Allende met au point un plan anti-putsch visant à écarter du commandement militaire les généraux séditieux, avec le concours des syndicats ouvriers. C’est le général... Pinochet qui est chargé d’appliquer ce plan anti-putsch!

 

11 september 1973


Avant de lancer le coup d’état, Pinochet fait d’abord éliminer les éléments de l’armée fidèles à Allende: les marins favorables à l’UP sont arrêtés, emprisonnés à bord de bateaux où ils seront torturés puis exécutés. Le 11 au matin Pinochet proclame le coup d’état. Pour se défendre les ouvriers occupent les entreprises les armes à la main. Mais la partie est inégale car les cordons industriels sont peu armés.

L’aviation bombarde le palais présidentiel et Allende est tué. L’envoyée spéciale du Washington Post relate que le soir même l’ambassadeur américain sable le champagne pour célébrer le putsch.

L’armée va reprendre une à une les usines occupées, fusillant sur place les ouvriers qui résistent. Des dizaines de milliers de travailleurs, de militants politiques, de syndicalistes sont traqués, abattus en rue, enfermés au stade national.

Beaucoup n’en ressortiront pas vivants. Les réfugiés politiques venus de pays voisins où règne la dictature sont pourchassés, abattus ou remis à la frontière.

 

Un bain de sang


La junte militaire va développer une terreur de masse afin de véritablement terroriser les millions de partisans de l’UP. La répression a d’abord été aveugle et massive, avant de devenir plus sélective à l’égard des militants politiques et syndicaux.

En décembre 1973, Bautista Von Schouwen (MIR) est arrêté et meurt sous la torture. Les militaires font disparaître son cadavre. Miguel Enriquez tombera en octobre 1974,les armes à la main. L’héroïsme des militants du MIR a cependant été vain: leurs commandos armés se sont rapidement trouvés isolés car les masses étaient désarmées et n’étaient pas organisées pour prendre le pouvoir.

La répression durera 17 ans et fera des milliers de morts et de disparus. Dans les usines, les conditions de travail et de salaire vont empirer: les grèves et les élections syndicales seront interdites. En 1975 les salaires vont perdre 40% de leur pouvoir d’achat. Tous les services sociaux vont être privatisés. En 1980 la nouvelle législation sur les pensions instaurera un régime d’épargne individuelle basé sur la capitalisation auprès d’assurances privées. Devant la baisse drastique du niveau de vie beaucoup de travailleurs devront faire un deuxième métier pour survivre.

Comble du cynisme, Henry Kissinger, le secrétaire d’Etat américain au coeur du complot contre Allende, recevra le prix Nobel de la Paix en 1973. A l’heure où j’écris ces lignes, il coule toujours des jours heureux. Et aucun tribunal pénal international ne manifeste la moindre intention de traduire en justice ce criminel de guerre civile.

 

En savoir plus:

 

 

http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/cercle-leon-trotsky-62/article/le-chili-de-l-unite-populaire-a-la

 

 

http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/brochures-des-annees-1970-et-1980/article/chili-un-massacre-et-un

 

 

http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1986-1993-trilingue/article/chili-le-parti-communiste-et-la

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=1645&id=27

 

 

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 14:00

Les premières analyses « à chaud » des émeutes qui sont survenues début août dans diverses villes anglaises proposaient deux pistes convergentes :

 

  • D'un côté, David Cameron et les conservateurs n'y ont vu que des « actes nihilistes » d'individus « opportunistes ».

  • Une seconde lecture, « libérale » et « progressiste », s'est penchée sur une génération de jeunes qui exigerait richesse et reconnaissance sans rien contribuer en retour.

     

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Quand la gauche bien-pensante prend peur

Au lendemain de scènes de violence choquantes, les deux camps ont demandé que les fauteurs de troubles soient châtiés de manière exemplaire. La plèbe s'en étant pris à la propriété privée (de familles modestes, par ailleurs), la gauche des beaux quartiers a pris peur, et réclamé l'armée dans les rues de Londres oul'établissement d'un couvre-feu.

Cette gauche-là était prise à son propre piège : n'avait-elle pas martelé depuis des années que le bonheur humain était à la portée de la carte de crédit ? N'avait-elle pas envisagé une « troisième voie » vers un capitalisme douillet et convivial ?

Des tribunaux engorgés travaillant 24 heures sur 24 ont fait comparaître les présumés coupables. Les sentences que d'aucuns n'hésitent pas à qualifier de « politique » ont été effectivement exemplaires :

  • 6 mois de prison ferme pour un jeune sans casier judiciaire qui avait volé deux bouteilles d'eau ;

  • 6 mois de prison ferme pour une femme qui avait reçu d'une amie une paire de shorts volée dans un magasin ;

  • 18 mois de rééducation pour un garçon de 11 ans qui avait volé une poubelle d'une valeur de 55 euros ;

  • 4 ans de prison ferme pour deux jeunes qui avaient appelé sur Facebook au pillage d'un magasin qui n'eut jamais lieu.

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Sociétés inégalitaires, sociétés violentes

Les fauteurs de trouble et les casseurs doivent évidemment répondre de leurs actes devant la loi. Mais une fois que l'on a énoncé une telle évidence, en quoi a-t-on fait avancer le débat ? Une certaine sociologie affirme qu'il faut avant tout « dénoncer avant d'expliquer » ces comportements criminels. Le rôle d'un sociologue ne serait-il pas au contraire de comprendre comment une société moderne a pu en arriver là ?

N'en déplaise aux réactionnaires et aux libéraux effrayés, la carte nationale des émeutiers renvoie à celle des territoires livrés au désordre social et économique. Les procès verbaux des tribunaux indiquent que les émeutiers sont dans leur grande majorité des hommes jeunes, dans une situation d'échec scolaire, sans emploi et issus de familles dysfonctionnelles.

Des études sociologiques ont démontré que les coupes budgétaires dans les services publics nourrissaient indirectement les comportements antisociaux, dont les émeutes.

Ken Clarke, le ministre de l'Intérieur, a beau insister sur le fait que la plupart des émeutiers ont un casier judiciaire, cela n'enlève rien au fait que ces individus sont avant tout le rebut du système éducatif, social et économique britannique.

Il est une question à laquelle les partisans du « tout répressif » ne répondent jamais : comment expliquer que les pays scandinaves soient épargnés par les émeutes ? Pourquoi, inversement, surviennent-elles fréquemment en Angleterre et aux Etats-Unis ?

  • Chez les premiers règne une culture égalitaire, sont mises en œuvre des politiques de redistribution des richesses et on y trouve des services publics décents.

  • Les seconds sont des pays fondamentalement inégalitaires, qui ont fait le choix du capitalisme sauvage.

Il suffit de lire The Spirit Level de Richard Wilkinson et de Kate Pickett (Penguin Books, 2009), tout est là : les sociétés les plus inégalitaires sont aussi celles qui connaissent les taux les plus élevés d'individus obèses, alcooliques, déprimés ou violents. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne sont les deux pays occidentaux classés en bas de tableau en ce qui concerne le niveau de bien-être de leur population.

 

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Pourquoi pas à Glasgow ?

Il est une autre question plus compliquée que l'on ne pose guère et qui pourtant devrait laisser perplexe : pourquoi ces émeutes ont-elles eu lieu dans diverses grandes villes anglaises, et ne se sont pas propagées en Ecosse ou au Pays de Galles (à l'exception de quelques incidents mineurs à Cardiff) ?

Pour avoir relevé le fait, Alex Salmond, premier ministre écossais, s'est fait réprimander par le monde politique et médiatique londonien. Il existe à Glasgow ou à Cardiff des poches de misère qui n'ont d'égales que celles de Londres. Et pourtant dans ces villes, point de trace d'émeutes, ni aujourd'hui, ni hier. Il faut donc recourir à d'autres facteurs explicatifs pour tenter d'y voir clair.

Grosso modo, les Ecossais et les Gallois estiment que le pillage et la destruction de biens publics sont des pratiques… anglaises ; cela n'appartient pas à leur culture, à leur manière de vivre leur citoyenneté. Il règne en Ecosse et au Pays de Galle, une atmosphère égalitaire, « sociale-démocrate », de respect des services publics, qui a largement disparu en Angleterre depuis les années 70.

Les Ecossais sont gouvernés par le SNP, un parti indépendantiste qui a mis en œuvre des politiques sociales auxquelles le New Labour a tourné le dos. En dépit de sérieux problèmes socio-économiques, il demeure en Ecosse et au Pays de Galle des réflexes communautaires (à travers la famille, l'école, les relations de voisinage et d'entraide), absents au sein des populations pauvres en Angleterre.

Le thatchérisme et le blairisme sont des phénomènes anglais. L'Angleterre est le centre politique de l'Union ; le cœur historique de l'Empire. Mais il s'agit de nos jours d'un centre mou, vidé par les lois de la dévolution. Qu'est-ce qu'être Anglais ? Par quel attributs s'identifie la nationalité anglaise ? Autant de questions épineuses auxquelles les commentateurs politiques sont incapables d'apporter une réponse claire et précise.

Quels sont les éléments constitutifs d'une manière de vivre « anglaise » ? Ils sont essentiellement économiques : la mise en valeur de la libre entreprise, du marché, de la compétition, des privatisations (des services publics, des écoles). Sous Thatcher et Blair, cela a donné naissance à une promotion exacerbée de l'enrichissement personnel, du consumérisme à tout crin, du culte des individus riches et célèbres.

La City est à Londres

C'est aussi à Londres que se trouvent les deux mamelles du pouvoir : la City et Westminster. Il y a peu, ces deux institutions ont été le lieu de scènes de pillage de deniers publics : des banquiers sauvages ont englouti des fortunes colossales au frais des contribuables sans subir la moindre sanction financière ou pénale, et des députés ont déclaré des notes de frais exorbitantes ou fantaisistes, également payées par les contribuables.
Dans une économie de pillage généralisé, il faudrait donc juger et condamner tous les pilleurs : les petits pilleurs des centres villes, mais aussi les pilleurs moyens du parlement, et les grands pilleurs de la City. Que la justice réprime tous les pilleurs, faute de quoi les villes anglaises connaitront de nouvelles nuits d'émeute.

 


A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

http://www.rue89.com/philippe-marliere/2011/09/08/pourquoi-des-emeutes-a-londres-et-pas-a-glasgow-221226

 

Commentaire:

 

Pour les camarades du Npa, originaires de Bretagne et d'ailleurs, qui n'ont que cette phrase :

"Mais je me demande bien pourquoi on persiste depuis 30 ans à parler tout le temps de cette soi-disant "ientité bretonne"? C'est quoi çà ? On peut m'expliquer?"

Oh non, gast! C'est trop bon, continue! 

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 13:52


PAR RÉDACTION (9 SEPTEMBRE 2011)


Alors que les mobilisations étudiantes massives se poursuivent au Chili pour unevéritable éducation publique, plus de 80 organisations environnementales viennent d’exprimer leur soutien. Un vaste mouvement, mêlant justice sociale et écologique, est en train d’émerger, avec comme préoccupation principale la question de l’éducation et de la recherche, qui doivent demeurer en dehors des logiques prédatrices privées.
 

Photo : Santiago, 24 août 2011 (source)

 

 

Nous, signataires de cette déclaration, cherchons à contribuer à l’articulation de l’écologie sociale dans le cadre de la situation socio-politique actuelle au Chili.

Nous rappelons que l’irruption massive de manifestants dans les rues du pays, en particulier sur la Alameda de Santiago, provient d’une réaction à l’adoption du projet Hidroaysén en Patagonie chilienne.

Ces mouvements ont comme toile de fond les différentes expressions qui ont émergé ces dernières années contre des méga-projets miniers, forestiers, énergétiques, d’aquaculture, de routes, d’étalement urbain et autres, ainsi que contre les initiatives législatives et gouvernementales qui portent atteinte à la souveraineté et à l’accès équitable aux ressources naturelles comme l’eau, les semences et la biodiversité terrestre et aquatique.

A partir de ces manifestations et de nos rencontres avec différents secteurs sociaux, dans les rues et dans les multiples espaces d’échange et d’apprentissage mutuel, s’est renforcé notre conviction que les problèmes et les conflits environnementaux dans notre pays ont une origine systémique, et qu’il est donc nécessaire de mettre en œuvre des changements structurels dans le modèle de développement.

Le manque de démocratie et une éducation ségrégative sont les conditions qui permettent la poursuite de ce modèle ultra-néolibéral qui promeut l’usurpation des terres et des ressources naturelles, l’agression et le déplacement de communautés, et la destruction des écosystèmes originels, par les grandes entreprises nationales et multinationales et par la subordination du pouvoir politique et de ses décisions aux intérêts des entreprises.

Notre solidarité et notre unité avec le mouvement étudiant sont nées de notre aspiration commune pour un modèle économique et politique socialement et écologiquement juste. Nous aspirons à un pays où l’éducation soit publique, inclusive, démocratique et de qualité.

L’éducation au Chili devrait consister à former des femmes et des hommes, des professionnels, des techniciens, des ouvriers, des artistes et des scientifiques, de manière à ce qu’ils soient solidaires et conscients, et tout aussi respectueux et défenseurs de la nature, des droits environnementaux et culturels des communautés.

Les universités de notre pays, en particulier les universités publiques, doivent immédiatement abandonner la logique de l’auto-financement, qui soumet son activité, à la fois d’enseignement et de recherche, aux objectifs de profit des grandes entreprises, dont les plus injustes et prédatrices du pays.

Nous resterons vigilants et mobilisés par les exigences de justice environnementale dans notre pays et nous renforcerons nos liens avec les étudiants et les organisations sociales mobilisés pour former un vaste mouvement en mesure de coordonner sa lutte pour le grand changement social et politique nécessaire à un Chili juste, démocratique et soutenable.

Justice sociale et environnementale Éducation pour la démocratie et la soutenabilité au Chili

Traduction : Maxime Combes pour Basta !

Lire le texte original et voir la liste des signataires.

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 13:47

7 sept 2011

La Cour de Justice Européenne a confirmé hier, contre l'avis de la société Monsanto, qu'un miel contenant du pollen de maïs OGM doit obtenir une autorisation avant d'être commercialisé.
La société Monsanto a obtenu en 1998 une autorisation pour la culture et pour la consommation de son maïs MON 810 comme denrée alimentaire. Elle a simplement "oublié" de demander l'autorisation pour la consommation de miel contenant du pollen issu de son OGM.


Une telle demande l'aurait en effet obligée à reconnaître qu'elle est incapable d'interdire aux abeilles de récolter le pollen de ses maïs OGM et de contaminer des champs conventionnels ou bio situés à plusieurs kilomètres. Elle aurait été aussi contrainte de prouver que son maïs n'est pas toxique pour les couvains de jeunes abeilles qui s'en nourrissent, alors que plusieurs scientifiques ont déjà souligné ce risque. Elle aurait été contrainte de reconnaître que la coexistence est impossible.


Contre toute évidence, Monsanto a d'abord prétendu que les abeilles ne récoltaient pas le pollen de maïs, puis que pollen et le miel sont des produits animaux exonérés d'évaluation et d'étiquetage, ou qu'il n'y a que de trop faibles quantités de pollen OGM dans le miel pour s'y intéresser. Les autorités européennes ont accepté ces mensonges et ont autorisé son maïs OGM. Hier, les juges européens ont démontré qu'ils sont moins soumis et plus indépendants que les "experts" scientifiques payés par Monsanto.


Contrairement à l'Espagne, la France et de nombreux États européens ont su faire preuve de la même indépendance en interdisant la culture du MON 810 sur leur territoire. Les apiculteurs français ne se retrouvent ainsi pas comme leurs collègues espagnols menacés de se voir interdire la commercialisation de leurs miels contaminés par le maïs OGM.


Monsanto a payé des armées d'avocats pour faire annuler le moratoire français. La Cour de Justice Européenne doit rendre son jugement demain. Quel que soit son avis, la Confédération Paysanne appelle le gouvernement français à maintenir sa clause de sauvegarde ou à la renouveler si elle venait à être annulée pour un simple vice de procédure.


Etant donné l'importance des superficies cultivées en maïs, et que les abeilles vont en chercher le pollen jusqu'à 5 km, et parfois plus, l'autorisation de cultiver le MON 810 interdirait la commercialisation d'une part importante de la production française de miel et une bonne part de l'apiculture française n'y survivrait pas, entrainant un déficit de pollinisation pour de nombreuses cultures.

http://www.confederationpaysanne.fr/monsanto-oublie-indiquer-coexisten-impossibl_23-actu_1867.

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 Yves-Marie Le Lay,

Président de

Sauvegarde du Trégor

  Douarnenez

Librairie l'Ivraie à 20h00

 

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