Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 11:37
bandeau-cher5b14-4adbb
Tokyo a reconnu que l’accident de Fukushima est du niveau le plus élevé
19 avril 2011

Tokyo a reconnu que l’accident de Fukushima était de « niveau 7 », mais seulement une fois les élections locales passées. Quant aux autorités nucléaires internationales, elles prétendent que la crise nipponne n’a rien à voir avec celle de Tchernobyl, il y a 25 ans. Les calculs politiques l’emportent une nouvelle fois sur les droits des citoyens à l’information, à la protection, à la démocratie.

 

Vous pensiez que l’évaluation de la gravité d’un accident nucléaire était rigoureusement scientifique ? Vous aviez tort ; c’est (aussi) une affaire éminemment politique. Ainsi, ce n’est qu’après les élections locales du 10 avril que le gouvernement japonais a reconnu que celui de Fukushima Daiichi atteignait le « niveau 7 », [1] le plus élevé sur l’échelle INES [2].

 

Tokyo avait tout d’abord annoncé, contre toutes évidences, qu’il ne s’agissait que d’un accident de niveau 4 (qui ne produit que des « rejet mineur de matières radioactives n’exigeant probablement pas la mise en œuvre de contre-mesures prévues autres que la surveillance des aliments locaux »). Ce classement a été maintenu du 12 mars au 18 mars, pendant toute la phase de rejets intenses de radioactivité (dégazage, explosions, incendies..) ! Puis, Tokyo a longtemps prétendu qu’il ne dépassait pas le niveau 5 (soit des rejets radioactifs « limités »). Cette succession de mensonges n’a pas empêché le parti gouvernemental de perdre les élections locales (cependant, sa défaite aurait peut-être été encore plus sévère si la vérité avait été dite plus tôt). Le gouvernement doit maintenant préparer la population à une crise nucléaire durable : l’entreprise responsable du site, Tepco, annonce en effet – sans garantie ! – qu’il lui faudra de 6 à 8 mois pour mettre à l’arrêt la centrale (quant au démantèlement des installations, nul ne sait ce qu’il en sera).

 

Les autorités nucléaires françaises, jouant l’apparence de la transparence, laissaient depuis longtemps entendre que l’accident de Fukushima était de niveau 6. Pourtant, au lieu de se réjouir de la franchise tardive de leurs homologues nippons, elles font aujourd’hui la fine bouche.

Tout est en effet dans le symbole. Nul ne « visualise » ce que signifie le niveau 6 de gravité (« plus que 5, moins que 7 » a finement répondu un expert interrogé à ce sujet à la télévision). On peut donc prétendre espérer encore que la « catastrophe » sera évitée. En revanche, le niveau 7 évoque immanquablement Tchernobyl. Force est alors de reconnaître que la catastrophe est là ; et depuis les tout premiers jours.

Force est aussi d’avouer qu’une catastrophe nucléaire peut se produire dans l’un des pays technologiquement les plus avancés du monde…

 

Quelles que soient leurs imperfections (voir plus loin), les informations fournies au Japon justifient pleinement la requalification de l’accident au niveau 7 de l’échelle INES. Pourtant, signe de l’importance qu’accorde à cette question le lobby nucléocrate, l’Association internationale de sûreté atomique (AIEA) s’est mobilisée. L’aveu de Tokyo a été suivi d’une véritable offensive médiatique pour dire que l’on ne pouvait en rien comparer Fukushima à Tchernobyl [3], car la radioactivité libérée jusqu’à aujourd’hui (qu’en sera-t-il demain ?) ne serait que de 10% de ce qui s’était produit en 1986.

 

Il est bien difficile de comparer les niveaux d’émission de radioactivité quand les chiffres officiellement fournis manquent à ce point de crédibilité et sont aussi incomplets. Les autorités japonaises n’ont pas communiqué les hypothèses et calculs qui fondent leurs conclusions. Seuls les rejets atmosphériques ont été pris en compte et pas les très importants rejets marins. La virulence de la radiotoxicité ne peut être estimée, car trop peu de radioéléments sont pris en compte. Il est vraiment urgent qu’au Japon, des associations puissent effectuer des mesures indépendantes, comme le fait en France la Criirad [4]. Les réseaux antinucléaires internationaux devraient les aider à se doter du matériel nécessaire.

 

Par bien des aspects, ceci étant dit, Fukushima est plus grave que Tchernobyl. Parce qu’il implique dans un même temps quatre réacteurs et non un seul (un cas de figure qui n’avait jamais été envisagé par les autorités internationales). Parce que le tonnage du combustible nucléaire présent sur les installations de Fukushima Daiichi est bien plus important (1760 tonnes au lieu de 180 tonnes pour le réacteur n°4 de Tchernobyl).

 

Parce qu’il ne peut pas être imputé à l’irresponsabilité d’ingénieurs-apprentis sorciers (comme on l’a fait en 1986). Parce qu’il a fait mentir toutes les assurances données sur les risques encourus (la possibilité d’un tremblement de terre de force 9 dans cette partie du Japon avait été écartée). Parce qu’il dure beaucoup plus longtemps – et ne cesse de libérer de la radioactivité. Parce qu’il se produit 25 ans après l’expérience traumatique de Tchernobyl, dans une centrale censée être bien mieux sécurisée – et au Japon, pas dans un Etat en crise comme l’était alors l’Ukraine soviétique.

 

En mentant pendant un mois sur la gravité de l’accident, le gouvernement japonais n’a pas pris quand il l’aurait dû des mesures de protection de la population et des travailleurs intervenant sur le site [5]. En noyant le poisson, les autorités nucléaires françaises et internationales tentent d’interdire tout réel débat sur la politique énergétique. Un véritable déni du droit à l’information et au choix démocratique. Voilà les véritables problèmes.

 

Le 3 avril, le militant Kazuyoshi Sato s’est adressé à un rassemblement tenu non loin de la centrale en crise. « Je me suis engagé voilà 20 ans dans le Réseau de Fukushima pour la Dénucléarisation ; et nous voici aujourd’hui confrontés à une catastrophe nucléaire en cours. » [6] Nous ne voulons pas avoir à tirer le même constat amer devant d’autres centrales, que ce soit en France, au Japon ou ailleurs. Il faut sortir du nucléaire. Maintenant.

 

Pierre Rousset


Notes

[1] Voir à ce sujet le communiqué de la Criirad, reproduit sur ESSF (article 21101) : L’autorité de sûreté nucléaire japonaise considère que les accidents survenus à la centrale de Fukushima Daichi doivent être classés au niveau 7, le plus élevé.

[2] International Nuclear Event Scale – Echelle internationale des événements nucléaires.

[3] pour affirmer aussi que Tchernobyl, finalement ce n’était pas si grave.

[4] http://www.criirad.org

[5] Concernant ce dernier point, voir sur ESSF (article 21123), Pierre Rousset : Fukushima ou l’inhumanité capitaliste.

[6] Voir sur ESSF (article 21130), « I have engaged in the activities of our Fukushima Network for Denuclearization for more than 20 years, but we are now confronted with the ongoing nuclear disaster ».

* Une version courte de cet article va paraître dans TEAN du 21 avril 2011.

Partager cet article
Repost0
20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 11:33
054086-london-student-protest
1er février 2009

 

Réagir. Le réchauffement climatique menace la planète et les êtres qui la peuplent. Les pauvres en seront les premières victimes. Aller au-devant de cette « barbarie » à venir ne pourra passer que par une remise en cause du capitalisme. Entretien.



Marion Rousset – Pollutions, pesticides, gaz à effet de serre, dérèglement climatique, disparition d’espèces... Prend-on aujourd’hui la mesure de la situation ?


Isabelle Stengers. Si « prendre la mesure » signifie « commencer à se rendre compte », je répondrais oui : il me semble que, en quelques années, il y a une forme de savoir commun, qui ne cesse de devenir plus lourd. L’idée que les générations qui viennent vont devoir affronter des problèmes énormes s’est finalement imposée, alors que, il n’y a pas si longtemps, on dénonçait les « catastrophistes ». Mais si « prendre la mesure » signifie « identifier et tirer les conséquences », la réponse est non. En gros, on joue les autruches. Pour prendre le cas du réchauffement climatique, le GIEC [1] annonce que, par rapport à 1990, les émissions des pays développés devraient diminuer de 20% à 40% d’ici une bonne dizaine d’années, et que ce ne sera qu’un petit début car d’ici 2050, ce devrait être de 80% à 95%. Mais aujourd’hui il faut relancer l’industrie automobile.

 

Qu’y a-t-il au bout du chemin ? Qu’est-ce que cette « barbarie qui vient » ?


I.S. Je ne suis pas prophète quant au bout du chemin, mais en ce qui concerne la barbarie, il n’y a pas besoin d’être prophète. Ce qui s’est passé à la Nouvelle Orléans après Katrina est un assez bon exemple. Là aussi, on savait et on n’a rien fait. Et ce sont les pauvres qui ont vécu l’horreur. La barbarie qui vient, nous en avons aussi le goût, déjà, avec le traitement des sans-papiers. Cela commence avec un gros soupir impuissant face à toute la misère du monde, contre laquelle il faut bien se défendre. Et puis viennent le cynisme et le ricanement face aux « idéalistes » qui ignorent les réalités économiques. La barbarie sera installée lorsque le « malheur aux pauvres », qui fait déjà partie de notre réalité, n’aura même plus besoin de se dissimuler derrière des discours hypocrites à propos d’une justice sociale à venir.

 

Un capitalisme « vert » est-il possible ? Peut-on penser la question du réchauffement climatique sans remettre en cause le capitalisme ?


I.S. Le capitalisme vert est déjà là, avec les biocarburants par exemple, et l’extension de leur monoculture aux détriments de l’agriculture locale, comme au Brésil. Grâce à lui, nous pourrons continuer à rouler en voiture et à prendre l’avion, alors qu’il y aura des émeutes de la faim un peu partout. Le capitalisme est synonyme de développement non durable parce qu’il ne peut faire autrement qu’aborder un problème en tant que source possible de profit, un profit aveugle aux ravages qu’il produit. Lui faire la moindre confiance nous condamne à la barbarie.

 

Vous dénoncez la fable du progrès scientifique. Que répondez-vous à ceux qui verraient dans ce discours une forme de régression, voire d’obscurantisme ?


I.S. La question n’est pas le progrès scientifique, mais la fable selon laquelle il constitue notre ressource face à l’avenir qui menace. Des savoirs scientifiques peuvent jouer un rôle crucial, mais la plus grosse partie de l’effort de recherche est désormais plus que jamais soumise aux impératifs de la compétition économique. Les chercheurs sont sommés de travailler en partenariat avec l’industrie, d’aboutir à des prises de brevet. Avec ce qu’on appelle l’économie de la connaissance, la recherche est en train de perdre ce qu’elle avait d’autonomie. S’il y a régression, elle est là.

 

Vous affirmez qu’il est devenu inutile de s’indigner. Que voulez-vous dire ?


I.S. S’indigner, c’est encore et toujours espérer que ceux qui indignent pourraient, s’ils le décidaient, faire autrement. C’est leur faire trop d’honneur, car nos gouvernants ne savent pas comment ils pourraient faire autrement. Il me semble plus intéressant de les démoraliser, de les amener à quitter la posture de responsables qui nous demandent d’avoir confiance et de ne pas paniquer. Les démoraliser, c’est ne pas se borner à revendiquer, comme si tout dépendait d’eux, mais apprendre à nous mêler de ce qui n’est pas censé nous regarder. Cela ne veut pas dire abandonner la lutte au niveau politique, les grèves ou les mouvements de désobéissance civile qui s’adressent à eux comme effectivement responsables de la situation. Cela veut dire qu’il faut réussir à articuler les temps de la lutte et les temps des productions de savoirs et de pratiques autonomes, qui ouvrent l’imagination à des possibles qu’ils sont bien incapables de concevoir.

 

En quoi l’expérience de la lutte contre les OGM est-elle fondatrice ?


I.S. Elle est plutôt annonciatrice. Nos responsables se sont heurtés à un refus qu’ils ne prévoyaient pas, comme si la population était plus lucide qu’eux sur l’avenir qui se prépare. Leur désarroi est patent. Les OGM devaient apparaître comme un progrès permis par la science, porteur de croissance et bénéfique pour l’humanité. La contestation a favorisé des productions de savoir, des pratiques d’alliance et des convergences de lutte qui ont secoué toutes les routines. Beaucoup de gens ont commencé à s’intéresser à la manière dont se font les choix de ce qu’on appelle le développement, depuis les orientations de la recherche scientifique, et tout ce qu’on ne cherche pas trop à savoir, toutes les questions qu’on ne pose pas, jusqu’aux modes de production agricole en passant par l’empire des brevets. Et toute une série de pratiques ont vu le jour, avec notamment la réhabilitation des semences traditionnelles, ou les nouveaux liens entre producteurs et consommateurs, qui ont une dimension politique forte. Il s’agit de se réapproprier ce que le capitalisme a détruit, tant une agriculture qui ne dépende pas des engrais et des pesticides, qui ne détruise pas systématiquement les sols, que les pratiques de coopération qui sont seules capables de produire un avenir qui ne soit pas barbare.

 

Vous soulignez l’intérêt des nouvelles formes de lutte, initiées par des usagers. Sont-elles force de proposition, au-delà du refus dont elles sont porteuses ?


I.S. L’intérêt des luttes des usagers est qu’elles allient refus et apprentissage du fait qu’il y a moyen de définir une situation autrement. Les usagers apprennent de la situation qui les réunit au lieu d’être définis par des intérêts en conflit. Comme toute production d’intelligence collective, c’est un processus difficile, sans garantie. Mais c’est le leitmotiv de mon livre : nous devons apprendre à ne plus demander de garantie, établissant que quelque chose est bon en soi. Il s’agit d’apprendre l’art de faire attention, l’art d’expérimenter les façons de faire et de penser ensemble, tout ce que nous avons été menés à désapprendre.

 

Que vous inspire le mot « décroissance » ? Pourquoi lui préférez-vous l’expression « objecteurs de croissance » ?


I.S. Trop de théoriciens font de la décroissance « la » solution à un problème posé de manière quasi-arithmétique, et ils jouent sur la culpabilité, comme si c’est de « notre » égoïsme qu’il s’agissait. Il s’agit d’inventer ce que signifie la décroissance, c’est une question d’invention pratique collective, qui peut être porteuse d’un autre rapport aux autres, aux choses et au temps, qui peut créer de la joie comme chaque fois qu’on se réapproprie une capacité dont on s’est séparé. Les « objecteurs » s’inscrivent dans ce mouvement, ils fabriquent et inventent ce qui, sinon, est un triste mot d’ordre.

 

Propos recueillis par Marion Rousset



Notes

[1] Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat.

* aru dans Regards n°59, février 2009 :
http://www.regards.fr/idees/isabell...

Partager cet article
Repost0
20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 11:28
cartoon180311 580181a
15 avril 2011
 

Attention, danger ! C’est vers la piscine de l’unité n°4 de Fukushima que les regards convergent aujourd’hui avec une nouvelle inquiétude.

 

S’y déroulent des réactions en chaîne dégageant une très forte radioactivité ! Des niveaux « 100 000 fois supérieurs à la normale », selon l’agence de sûreté nucléaire japonaise NISA. C’est ce que l’on peut comprendre après l’annonce postée ce 14 avril sur son site [1] par l’opérateur TEPCO de la centrale de Fukushima.

 

L’opérateur y présente en effet les résultats d’une « analyse de 200 ml d’eau prélevée le 12 avril dans la piscine n°4 » (où 195 tonnes d’eau ont été injectées le 12 avril selon l’AIEA [2]). Ces résultats, obtenus le 13 avril et annoncés ce 14 avril montrent que, outre du césium 137 et du césium 134 découverts dans cette eau, de l’iode 131 y a été retrouvé. Or l’iode 131, rappelons-le, a une demi-vie de 8 jours seulement. Autrement dit, si on le retrouve en quantité - ce qui est le cas, 220 000 Bq/litre - cela signifie qu’il a été créé depuis peu de temps (à noter qu’une mesure dans cette même piscine faite le 4 mars, c’est-à-dire avant le démarrage des événements catastrophiques, n’en avait pas détecté). Et s’il a été créé depuis peu de temps, cela signifie que des réactions de fission ont lieu dans le combustible qui est entreposé.

 

Rappelons que le réacteur n°4 était à l’arrêt avant le séisme puis le tsunami. Tout le combustible usagé du réacteur avait été déposé dans la piscine. Et l’on a appris aujourd’hui [3] qu’outre ce combustible usagé, du combustible « neuf » s’y trouve aussi : « 204 barres de combustible non usagé » (outre 1331 barres de combustible usagé). Des niveaux qui pourraient être également dus, a-t-elle estimé, à l’injection dans la piscine d’eau de pluie contenant des quantités de particules émettrices de radioactivité.

 

Interrogé à ce sujet, l’ingénieur nucléaire américain Arnie Gundersen (que nous avions cité dans le blog du 15 mars [4]), nous a dit voir dans la présence d’iode 131 dans la piscine n°4 une « énorme annonce » (« BIG news »). De même que la présence de combustible neuf, car il peut devenir « critique » (connaître des réactions de fission) « plus facilement que le combustible usagé ». Selon lui, ce pourrait être « la raison pour laquelle cette piscine n’est plus remplie d’eau. Des changements mineurs dans la géométrie des casiers (dans lesquels sont normalement contenues les barres de combustible) pourraient être la cause de la reprise de criticité dans le combustible neuf. Je le sais, car mon groupe de travail a fait des calculs de criticité dans ce type de casiers pendant des années ».

 

Devant la dangerosité de ces barres de combustible, on se demande bien comment l’opérateur va pouvoir manipuler ce combustible, afin de le confiner et stopper le relargage de radioactivité qui doit avoir lieu en ce moment même. Il a été annoncé « le déploiement d’un petit drone (hélicoptère) pour voir s’il est possible d’extraire ce combustible » (selon TEPCO, ce survol a été effectué ce 14 avril entre 10h17 et 12h25). La tâche est rendue extrêmement difficile vu les niveaux de radioactivité : rayonnements gamma, mais aussi et peut-être surtout bouffées de neutrons extrêmement dangereuses dont il est très difficile de se prémunir (de même qu’il est difficile de mesurer exactement le niveau de rayonnement au moment où il est émis, lors ds réactions de fission). Sans oublier le phénomène d’ « effet de ciel », déjà cité dans ce blog, sorte de rebond du rayonnement sur les couches atmosphériques qui peut le rabattre vers le sol en des endroits imprévus.

 

Outre les énormes difficultés d’évacuation de dizaines de milliers de tonnes d’eau radioactive, les travailleurs dans la centrale se retrouvent donc aujourd’hui avec un problème majeur à régler sur l’unité n°4. Sans que l’on connaisse, par ailleurs, jusqu’où peut aller le relargage de produits de fission particulièrement dangereux.

 

Dominique Leglu
directrice de la rédaction de Sciences et Avenir


Notes

[1] http://www.tepco.co.jp/en/press/cor...

[2] http://www.iaea.org/newscenter/news...

[3] http://english.kyodonews.jp/news/20...

[4] « Lanceur d’alerte » qui a fondé une entreprise baptisée Fairewinds Associates, et qui a participé à en particulier aux enquêtes sur la centrale de Vermont Yankee, de même type que celle de Fukushima (réacteur à eau bouillante construit par General Electric). http://sciencepourvousetmoi.blogs.s...

* Sciences et avenir, blog, 15 avr. 2011 12:00 CDT
hhttp://fukushima.over-blog.fr/ext/h...

Partager cet article
Repost0
20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 11:14

 

no-facho2
mercredi 20 avril 2011

Après être montée à coup de communiqués, la pression vient de retomber. Tri Martolod va livrer l'association.

Dans notre édition du mercredi 13 avril, nous relations le fait que la société coopérative Tri Martolod (Concarneau) et son établissement secondaire, An Alarc'h (Huelgoat) avait décidé de cesser de livrer un client considéré comme indésirable. De fait, l'association identitaire Ti Breizh de Guerlesquin, appartenant à l'extrême droite, était montée sur ses grands chevaux. Affirmant, de droit que le refus de vente « pourrait entraîner des poursuites judiciaires résultant d'un refus de ventre aggravé à caractère politique ».

Manquait au dossier, la preuve écrite de la commande. Elle est parvenue le jeudi 14 avril par courriel, « confirmée par lettre recommandée avec accusé de réception que nous avons reçue vendredi 15 avril » indique-t-on du côté de la brasserie. De fait, celle-ci va se plier à contrecoeur à la règle « Bien qu'on soit loin de la commande du siècle (NDLR 2 fûts), et nos conditions générales de ventes ne prévoyant qu'un minimum de 80 € hors taxe, nous sommes donc contraints et forcés d'honorer cette commande ». Tout en précisant qu'il n'a « jamais été question pour la Scop d'utiliser la bière comme un produit politique ».


C'est précisément « ce genre de récupération dont Tri Martolod ne veut pas » affirment les brasseurs. Répondant ainsi à Ty Breizh qui la semaine passée indiquait dans un communiqué » qu'il « était hors de question de se laisser traîner dans la boue et diffamer alors que nous avions choisi de faire travailler un artisan local, conformément à notre volonté de promotion du localisme (sic) ». Ces deux-là ne sont pas prêts à trinquer ensemble au comptoir.

 

Françoise LE BORGNE
Note: Ces dangereux miltants d'extrême droite comptent comme l'an passer venir perturber les manifestations du 1er Mai, nous appelons donc à la vigilance et à la mobilisation.
Partager cet article
Repost0
20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 11:03


Jean-Pierre Gauffre - Hier, 06:57  

Réduire le champ des métiers ouverts aux étrangers et former des chômeurs de Pôle Emploi pour les exercer, voilà une bonne idée de notre ministre du Travail...

 

La chronique de Jean-Pierre Gauffre  (2'02")
 

Croyez-moi ou pas, mais vouloir former des chômeurs de chez nous à certains métiers plutôt que de faire appel à de la main d’œuvre étrangère, c’est formidable… Et Xavier Bertrand, notre ministre du Travail, a vraiment là une très bonne idée… Ca porte un nom, ce qu’il veut faire… Je sais plus lequel, mais ça va me revenir… Et pour ça, il veut réduire ce qu’on appelle la liste des métiers en tension… C’est un joli nom, en politiquement correct… En français de chez nous, c’est les métiers pourris… Ceux que personne ne veut faire… Et c’est pour ça qu’on fait appel aux étrangers…

Ca s’est toujours fait… Sauf qu’au fil du temps, les métiers ont changé… Avant, c’était codifié… Les mineurs étaient polonais, les bonnes à tout faire espagnoles, les concierges portugaises, les manœuvres de chantier maghrébins et les éboueurs maliens… C’était les métiers que les Français ne voulaient pas faire… Mais aujourd’hui, on s’y perd… Y a des Sri Lankais à la plonge dans les restaurants, des Roumains qui travaillent la vigne, des Sénégalais qui font le ménage, des Vietnamiens qui réparent des ordinateurs…

Ce qui veut dire que les métiers en tension ont changé… Mais y a toujours pas suffisamment de Français pour les exercer… Y en a trente, au total… Ils sont dans une liste mûrement réfléchie, établie en 2008 par les énarques du ministère du Travail… En plus, c’est pas la même liste en fonction des régions… C’est normal… On n’a pas besoin d’employés de téléski aux Sables-d’Olonne, ni de ramasseur de sel marin dans le Cantal… Quand je vous dis que c’est mûrement réfléchi… En revanche, toutes les régions ont besoin de spécialistes du bâtiment… Ce qui m’étonne quand même… Chez nous, les bâtiments, ils tiennent… Alors que quand on fait venir des conducteurs de travaux grecs, égyptiens ou mexicains, on prend des risques… C’est plein de ruines, là-bas… Ils construisent pas solide…

C’est pour ça que Xavier Bertrand a raison… Formons mieux nos spécialistes du bâtiment pour leur permettre de trouver du travail et laissons chez eux les constructeurs de ruines… Comme ça, en plus, Claude Guéant sera content, lui qui veut réduire le nombre d’immigrés légaux, on fera d’une pierre deux coups…

Ah, ça y est, ça me revient… Comment s’appelle ce que veut faire Xavier Bertrand… La préférence nationale… Voilà… C’est quand on dit qu’on préfère que ce soit quelqu’un de chez nous qui décroche un boulot plutôt qu’un immigré… Mais c’est pas nouveau, j’ai déjà entendu l’idée quelque part… Mais alors qui en a parlé ? J’ai oublié… C’est terrible, la mémoire… Mais ça va me revenir, je vous le dirai une prochaine fois… Evidemment, vous n’êtes pas obligés de me croire…

Partager cet article
Repost0
19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 11:23

Communiqué du 15 avril 2011 des 7 associations (AE2D, BV, CLCV, ERB, GMB, SDNC, VMA*)

 

Le courrier de demande de débat public, envoyé le 27 novembre 2009 par le président de la Commission Locale d’Information de Brennilis (CLI) au Ministère de l’Ecologie, étant resté sans réponse, une relance fut à nouveau faite en février 2011 à la demande du collège des associations.

La réponse de la Ministre de l’écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet vient d’être faite à Pierre Maille, président de la CLI :

Elle n’envisage aucunement de saisir la Commission Nationale du Débat Public (CNDP),

considérant que la consultation du public faite par l’Autorité de Sûreté du Nucléaire (ASN) en avril 2008, sur une doctrine imposant le démantèlement complet immédiat, est amplement suffisante. Or la quasi-totalité des messages postés réclamaient justement la tenue d’un débat public sur la question globale du démantèlement des installations nucléaires.

 

.

 

Les associations dans leur courrier du 8 mai 2008 à la ministre de l’écologie -qui ne leur a jamais répondu- écrivaient justement que

la consultation de l’ASN ne peut en aucun cas dispenser de la tenue de ces débats publics.

Visiblement les autorités font la sourde oreille. Faut-il encore le rappeler ? Un débat public sur une question aussi importante s’avère incontournable depuis l’entrée en vigueur de la Convention d’Aarhus et de la modification de la directive 85/335**. Ces deux textes imposent en effet que l’Etat donne la possibilité au public de participer « à un stade précoce » au processus de décision lorsque toutes les options sont encore possibles. Les projets de démantèlement des centrales nucléaires sont par ailleurs visés explicitement à leurs annexes.

 

L’Etat montre ainsi son mépris pour le processus démocratique de participation du public en considérant qu’elle puisse se réduire à une consultation par internet d’une option déjà arrêtée par l’ASN.

Ce débat est impératif alors que l’option de précipiter un démantèlement complet est probablement la pire en l’absence de destination pour les déchets les plus radioactifs et de l’exposition aux radiations des travailleurs bien plus forte que si on attendait la décroissance de la cuve du réacteur pendant 50 ans.

Une fois de plus, la démocratie est bafouée. Le nucléaire est toujours un sujet tabou. Démantèlement, parlons-en le moins possible.

Que craignent les autorités en refusant le débat ?

Sûrement que la population prenne conscience que les démantèlements sont déments et qu’il faut sortir du nucléaire !

Les recours en justice concernant le démantèlement du réacteur du Bugey et le stockage provisoire des déchets de démantèlement à l’ICEDA du Bugey aboutiront-ils pour permettre de faire ouvrir enfin ce débat sur le démantèlement des installations nucléaires ?

 

*Agir pour un Environnement et un Développement Durables, Bretagne Vivante, Consommation Logement et Cadre de Vie, Eau et Rivières de Bretagne, Groupement Mammologique Breton, Sortir du nucléaire Cornouaille, Vivre dans les Monts d’Arrée

 

** Convention sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement signée par la France à Aarhus le 25 juin 1998, et modification intervenue en 2003 de la directive n°85/337CEE « concernant l’évaluation des incidences de certains projets publics et privés sur l’environnement »

Partager cet article
Repost0
19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 11:18
1301844364
18 avril 2011

Dans une série de billets écrits après le désastre nucléaire japonais, le Dr Abraham Behar, président de l’Association des Médecins français pour la Prévention de la Guerre nucléaire (AMFPGN), s’interrogeait : « Qui se soucie des manutentionnaires de Fukushima ? : « Des voix s’élèvent pour évoquer le sort des 50 techniciens qui font ce qu’ils peuvent dans la centrale hautement radioactive. Mais qui se soucie des quelques 300 manutentionnaires préposés aux basses besognes, aux cotés des pompiers et leur jet d’eau dérisoire, et qui sont de fait les “liquidateurs” japonais ? » . [1]

 

« Les conditions de travail sont affreuses » reconnaissait Thierry Charles, directeur de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), cité par Catherine Vincent dans un article du 18 mars [2]. Il était alors encore difficile pour les journalistes de vérifier à quel point ce jugement était justifié. Le sort des « soutiers » du nucléaire – les employés des entreprises de sous-traitance – restait en particulier « mal connu » notait le 23 mars Philippe Pons, correspondant du Monde qui vit depuis plusieurs décennies dans l’archipel. Le sociologue Paul Jobin, spécialiste de cette question, en savait pourtant assez pour prévenir : « Sans renforts, les ouvriers de Fukushima sont condamnés » [3].

 

Les doses de radioactivités reçues par ces travailleurs du nucléaire sont-elles aussi dangereuses que l’affirme Paul Jobin, « potentiellement mortelles » pour reprendre les termes de la Criirad, qui critique la façon dont opèrent les autorités japonaises ? [4] Bien des « experts » prétendent que non, en s’appuyant sur les données officielles (notoirement incomplètes) et sur des « niveaux » d’expositions aux radiations légalement autorisés – en oubliant de rappeler que ces niveaux sont définis en tenant compte des besoins des industries concernées plus que de critères médicaux : la preuve, ils changent en fonction des urgences et des pays, comme si les effets des radiations variaient selon le lieu et le moment ! [5]

 

Ainsi, le 19 mars, les autorités japonaises ont relevé le maximum légal jusqu’à 250 millisieverts afin de pouvoir continuer à envoyer des salariés sur le front de Fukushima et réduire les évacuations de population. Paul Joubin note « [qu’en] temps normal au Japon, le maximum légal d’exposition est de 20 millisieverts (mSv) par an en moyenne sur cinq ans, ou un maximum de 100 sur deux ans, ce qui est déjà très élevé, mais on peut traduire cette décision “d’urgence“ comme un moyen de légaliser leur mort prochaine et d’éviter d’avoir à verser des indemnités à leurs familles, car les risques de cancers augmentent à proportion de la dose encaissée. Avec des doses de 250 mSv, les risques de cancers, d’atteintes mutagènes ou sur la reproduction sont très élevés. » [6]

 

Au-delà des chiffres un peu abstraits, la condition faite aux « soutiers » du nucléaire à Fukushima devrait convaincre quiconque douterait encore que la santé des êtres humains n’est pas la préoccupation première des industriels et gouvernants ! Elle a notamment été décrite par le correspondant du Monde Philippe Mesmer [7], de l’AFP [8] ou du quotidien nippon Asahi [9]. Tous les employés de Tepco – l’entreprise responsable du site –, pompiers et soldats qui interviennent dans la centrale courent des risques importants ; mais ce sont les salariés des entreprises de sous-traitance qui font le travail le plus dangereux (ce qui les a notamment amenés à patauger dans des flaques d’eau très radioactive) : « Les sacrifiés de Fukushima […] tirent des câbles pour rétablir l’électricité, dégagent les débris encombrant les sites, aspergent les réacteurs privés de systèmes de refroidissement et tentent de relancer le fonctionnement d’équipements. ».

 

Histoire de rogner sur les coûts et malgré la dureté de la tâche, les « travailleurs du risque » sont mal nourris ! « Nous mangeons deux fois par jour. Au petit-déjeuner, des biscuits énergétiques, au dîner du riz instantané et des aliments en conserve » explique Kazuma Yokota, un surveillant de la centrale à une équipe de télévision nippone. Pas de déjeuner à midi. Dans les premiers jours de la crise, chaque intervenant ne recevait qu’un litre et demi d’eau en bouteille. Ils dorment (brièvement) dans des conditions précaires sur le site même de Fukushima dans un bâtiment prévu pour résister en partie aux radiations, sur une natte et avec un drap de plomb, censés les protéger : « Les employés dorment en groupe dans des salles de réunion, les couloirs ou près des salles de bain. Tout le monde dort à même le sol », [10]

 

Les « gitans du nucléaire » comme on les nomme au Japon (ils se déplacent de centrale en centrale, de chantier en chantier, au gré des besoins – on parle en France aussi des « nomades du nucléaire ») vivent donc 24 heures sur 24 dans un environnement contaminé. Or, les équipements de protections ont fait cruellement défaut. Ils n’avaient souvent qu’un dosimètre pour deux – en effet, selon la Tepco, après la catastrophe du 11 mars, il ne restait que 320 dosimètres en état de marche sur les 5.000 officiellement en magasin ! [11]. Ils se sont retrouvés chaussés de bottes de caoutchouc ou de bottines en plastique ! « Les conditions de travail étant de plus en plus dangereuses, je ne pense pas pouvoir trouver d’autres salariés qui accepteraient d’y aller », a confié un sous-traitant au journal Asahi. [12]

 

Le mouvement antinucléaire – et pas seulement les syndicats – doit faire sien la défense des salariés en danger. Comme le note Abraham Behar, « […] seuls les travailleurs ont un double risque, celui des fortes doses liés aux accidents et celui des faibles doses comme toute la population exposée et contaminée. […] Pardonnez à un vieux réflexe de médecin qui fait de la vie de chaque patient “le bien le plus précieux”, et qui s’interroge : quelle solidarité peut-on, doit-on, mettre en œuvre pour les obscurs précaires Japonais ? Le mouvement syndical a su se mobiliser pour les intérimaires du nucléaire et l’union européenne a pris quelques dispositions projectives, et nous, que faisons-nous ? »


N’en déplaise aux apologues du nucléaire, la gravité du danger couru par les intervenants à Fukushima ne fait aucun doute. Le ministère de la Santé, du Travail et du Social [13] au Japon l’a lui-même reconnu à sa façon : « il n’est jamais bon d’avoir n’importe quel type de travail qui exige de mettre sa vie en danger » à déclaré au quotidien Asahi l’un de ses hauts fonctionnaires, « néanmoins, l’importance qu’il y a à régler la situation à la centrale nucléaire va au-delà du cadre de la politique sociale. Je ne peux pas être confiant [pour juger] si c’est cela ou la sécurité des travailleurs qui devrait avoir la priorité. » Même si la chose est exprimée dans une langue un peu contournée, on ne peut être plus clair. [14]

 

Plus le travail est précarisé et plus pèse sur les salariés le chantage à l’emploi ainsi que sur les entreprises de sous-traitance le chantage au marché. Paul Jobin note que dans ces conditions, « ces ouvriers travaillent souvent en deçà des normes de protection. Le patron d’une petite entreprise résidant à proximité de Fukushima 1, qui avait travaillé pour le compte de fabricants de réacteurs nucléaires (General Electric, Hitach,…), m’avait montré en 2002 le cachet “pas d’anomalie“ qu’il avait utilisé pendant des années pour falsifier le carnet de santé des ouvriers dont il avait la responsabilité, jusqu’à ce qu’il soit lui-même atteint de cancer et rejeté par Tepco. » [15]

 

Le risque nucléaire est partout occulté, à commencer par en France. Vu les circonstances, les décrets gouvernementaux du 30 mars sur les conditions permettant à des travailleurs de bénéficier d’une retraite anticipée [16] prennent valeur de symbole. Les rayonnements ionisants (radioactivité) cancérogènes, mentionnés auparavant, « ont été discrètement retirés de la liste », alors qu’ils « figuraient dans le projet de décret présenté le 23 février. »

« Ainsi, les personnels de l’industrie nucléaire, par exemple, et notamment les salariés des sous-traitants qui subissent les plus fortes expositions, “sont mis à l’écart d’une disposition valable pour toutes les expositions professionnelles à des cancérogènes“, dénonce Michel Lallier, représentant CGT au haut comité pour la transparence et à l’information sur la sécurité nucléaire. “C’est un non-sens et une injustice flagrante.“ » [17]

 

Le scandale ayant publiquement éclaté, les travailleurs intervenant sur la centrale en crise obtiennent de meilleures conditions de protection et d’indemnités – en espérant que les employés de la sous-traitance bénéficient aussi de nouvelles mesures. Mais tout cela en dit long sur l’état d’impréparation de l’industrie nucléaire et du gouvernement à un accident majeur. La Tepco a dû avouer qu’elle n’avait, même en ce qui concerne ses propres employés, pas défini un niveau de prime correspondant à la crise présente, n’ayant « jamais envisagé une situation dans laquelle les travailleurs devraient intervenir de façon continue au milieu d’un haut niveau de radiations. » [18]

 

Tout cela révèle aussi l’inhumanité du quotidien capitaliste pour qui la santé et la vie des travailleurs – ou des populations avoisinantes, victimes des pollutions –, n’est qu’une variable ajustable, comme le salaire. Ainsi, au nom de l’intérêt des actionnaires, Tepco avait refusé de mettre en œuvre des mesures de sécurité pourtant légalement exigées et avait négocié à la baisse les contrats d’assurance. Elle se déclarera demain en faillite s’il le faut, pour laisser à l’Etat la charge des indemnisations.

 

Or, la Tokyo Electric Power Compagny (Tepco) n’est pas un représentant marginal du monde des affaires.

Fondée en 1951, cette multinationale japonaise est devenue le plus grand producteur privé mondial d’électricité. Rien que cela ! Ainsi, la politique de Tepco jette une lumière crue sur l’envers du décor, sur la nature du capitalisme réellement existant.

 

 ROUSSET Pierre

Notes

[1] l’Humanité du 21 mars 2011. Voir sur ESSF (article 20978) : Fukushima, manutentionnaires, radiations, seuils et désarmement.

[2] « Les “liquidateurs“ de la centrale travaillent dans des conditions “affreuses“ », Le Monde daté du 19 mars 2011.

[3] Le Monde daté du 24 mars 2011. Paul Jobin, sociologue est spécialiste du Japon, maître de conférences à l’université de Paris-Diderot. Il a étudié la situation des ouvriers du nucléaire dans l’Archipel et en particulier à la centrale 1 de Fukushima.

[4] Criirad : Commission de Recherche et d’Information indépendante sur la Radioactivité. Voir notamment sur ESSF (article 21101) son récent communiqué du : L’autorité de sûreté nucléaire japonaise considère que les accidents survenus à la centrale de Fukushima Daichi doivent être classés au niveau 7, le plus élevé.

[5] Sur les conséquences pour la santé des radiations nucléaires, voir notamment sur ESSF Annie Thébaud-Mony (article 20786), Nucléaire : la catastrophe sanitaire et Paul Benkimoun (article 20795), Fukushima : irradiation, contamination... – tous deux initialement parus dans Le Monde.

[6] op. cit.

[7] « Le quotidien radioactif des « liquidateurs » de Fukushima », Le Monde daté du 2 avril 2011.

[8] Voir sur ESSF (article 21122) : Fukushima : L’insupportable quotidien des liquidateurs de la centrale nucléaire.

[9] Voir notamment sur ESSF (article 20992) pour son édition de langue anglaise du 5 avril Fukushima : Worker safety takes back seat in dealing with nuclear crisis.

[10] AFP, op. cit.

[11] Asahi, op. cit.

[12] AFP, op. cit.

[13] Ministry of Health, Labor and Welfare

[14] Asahi, op. cit .

[15] Philiipe Pons, op. cit.

[16] à savoir une retraite à taux plain à 60 ans.

[17] Francine Aizicovici, « L’exposition à la radioactivité est exclue des critères pour la retraite anticipée », Le Monde, 15 avril 2011.

[18] Asahai, op. cit.

Partager cet article
Repost0
19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 11:16
1301211604
18 avril 2011
 

Chaque jour nous apporte des nouvelles plus terrifiantes de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Pour la deuxième fois de son histoire, le peuple japonais est victime de la folie nucléaire. On ne sait pas encore l’étendue du désastre, mais il est évident qu’il s’agit d’un tournant. Dans l’histoire de l’énergie nucléaire, il y aura un avant et un après Fukushima.

 

Après Tchernobyl, le lobby nucléaire occidental avait trouvé la parade : c’est le résultat de la gestion bureaucratique, incompétente et inefficace, propre au système soviétique. « Cela ne pourrait pas avoir lieu chez nous ». Que vaut cet argument aujourd’hui, quand c’est le fleuron du capitalisme japonais – en fait, comme le rappelle dans un article récent Pierre Rousset, rien moins que « le plus grand producteur privé mondial d’électricité » ! - qui est concerné ?

 

Les médias ont mis en évidence l’irresponsabilité, l’impréparation et les mensonges de la Tokyo Electric Power Company (TEPCO) – avec la complicité active des organismes de contrôle et des autorités locales et nationales – plus préoccupée de rentabilité que de sécurité. Ces faits sont indiscutables, mais à trop insister sur cet aspect, on risque de perdre de vue l’essentiel : l’insécurité est inhérente à l’énergie nucléaire. Le système nucléaire est fondamentalement insoutenable, les accidents sont statistiquement inévitables.

 

Tôt ou tard, d’autres Tchernobyl et d’autres Fukishimas auront lieu, provoqués par des erreurs humaines, des dysfonctionnements internes, des tremblements de terre, des accidents d’aviation, des attentats, ou des événements imprévisibles. Pour paraphraser Jean Jaurés, on pourrait dire que le nucléaire porte la catastrophe comme la nuée porte l’orage.

 

Ce n’est donc pas étonnant que le mouvement antinucléaire soit en train de se remobiliser en grande échelle, avec quelques résultats positifs, par exemple en Allemagne. Le mot d’ordre de « Sortie immédiate du nucléaire » se répand comme une trainée de poudre. Cependant, la réaction de la plupart des gouvernements – notamment en Europe et aux USA – c’est le refus de sortir du piège nucléaire. On tente de calmer l’opinion publique avec la promesse d’une « sérieuse révision de la sécurité de nos centrales ». La M.O.A.N., Médaille d’Or de l’Aveuglement Nucléaire mérite d’être attribuée au gouvernement français, dont l’un des porte-paroles, le sieur Henri Guaino, a récemment déclaré : « L’accident nucléaire au Japon pourrait favoriser l’industrie française dont la sécurité est une marque de fabrique ». No Comment

 

Les nucléocrates – une oligarchie particulièrement obtuse et imperméable – prétendent que la fin du nucléaire signifierait le retour à la bougie ou à la lampe à huile. La simple vérité c’est que seulement 13,4% de l’électricité mondiale est produite par les centrales nucléaires. On peut parfaitement s’en passer… Il est possible, probable même que, sous la pression de l’opinion publique, dans beaucoup de pays on réduise considérablement les projets délirants d’expansion illimitée de l’industrie nucléaire et de construction de nouvelles centrales. Mais on peut craindre que cela s’accompagne d’une fuite en avant dans les énergies fossiles les plus « sales » : le charbon, le pétrole offshore, les sables bitumineux, le gaz de schiste.

 

Le capitalisme ne peut pas limiter son expansion, donc sa consommation d’énergie. Et comme la conversion aux énergies renouvelables n’est pas « compétitive », on peut prévoir une nouvelle et rapide hausse des émissions de gaz à effet de serre. Le premier pas dans la bataille socioécologique pour une transition énergétique c’est le refus de ce faux dilemme, de ce choix impossible entre une belle mort radioactive ou une lente asphyxie par le réchauffement global. Un autre monde est possible !


LOWY Michael
Partager cet article
Repost0
19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 11:08

tapie-trois187.jpg

Dans les méandres de la nouvelle affaire Tapie, il est parfois un peu compliqué de s’y retrouver, d’autant qu’il faut d’abord se familiariser avec quelques termes techniques abscons tels que « structure publique de défaisance » ou encore « tribunal arbitral »… Essayons donc de faire simple !


Depuis une quinzaine d’année, une série impressionnante de procédures judiciaires oppose Bernard Tapie au Crédit Lyonnais ou, plutôt, au CDR, la structure chargée d’apurer les comptes de l’ancienne banque publique. À l’origine, il y a le mandat confié au début des années 1990 par Tapie au Crédit Lyonnais : vendre ses sociétés, afin de pouvoir devenir ministre de François Mitterrand. La banque va alors vendre la société Adidas, le fleuron du groupe Bernard Tapie, en dessous de sa valeur et surtout se la vendre en partie… à elle-même ! Avant de mettre en faillite et en liquidation le groupe Tapie. Depuis cette époque, Tapie crie à l’escroquerie et tente par tous les moyens de récupérer ses sous.

 

Entre-temps, le Crédit Lyonnais a été privatisé, en 1999. Une fois de plus, la règle « nationalisation des pertes, privatisation des profits » est appliquée : via le CDR, c’est à l’État qu’il appartiendra d’éponger actifs pourris, créances douteuses et éventuelles indemnités pour préjudice qui pourraient être décidées par la justice. Le ministre qui signe ce potentiel chèque en blanc au détriment des finances publiques n’est autre que Dominique Strauss-Kahn. Côté procédures judiciaires, les rebondissements ont été nombreux : les différentes instances judiciaires donnent alternativement raison (partiellement) à Tapie ou le déboutent.


En 2007, Tapie se prononce vigoureusement en faveur de Nicolas Sarkozy qui, une fois élu, va lui manifester toute sa gratitude. Car, c’est à ce moment que survient la décision à l’origine du scandale qui vient d’éclater. La « justice de la République » – comme ils disent… – est dessaisie au profit d’une justice privée, un « tribunal arbitral »… qui va s’empresser, en juillet 2008, d’accorder à Tapie le jackpot : 390 millions, dont 45 pour préjudice moral ! Grande générosité et sens de l’humour…


Deux ans plus tard, un rapport d’information parlementaire ainsi qu’un rapport de la Cour des comptes révèlent le rôle de premier plan joué par la ministre de l’Économie. Ainsi, Christine Lagarde a autorisé le recours à la procédure d’arbitrage et, une fois l’arbitrage rendu, laissé le CDR renoncer à tout recours en annulation, avant d’assurer elle-même dans les médias le service après-vente d’une décision qui oblige à puiser dans les finances publiques – pourtant exsangues, non ? – pour arroser le nouvel ami de Sarkozy… Pour faire bonne mesure, les rapports révèlent également quelques falsifications de documents de la part d’un dirigeant du CDR.


État de classe, président des riches


Quelques mois après l’explosion de scandales politico-financiers ayant accompagné les derniers mois de présence au gouvernement d’Éric Woerth, le mauvais feuilleton de l’indemnisation de Bernard Tapie a donc un immense mérite pédagogique : éclairer pour un large public la nature de l’État et de ses sommets, ainsi que leur fonction dans la société capitaliste. Traditionnellement, conservateurs, libéraux et partisans du système présentent l’État comme une institution neutre, garante de l’intérêt général. À quoi, ceux qui se réclament de la pensée critique socialiste – notamment marxiste – rétorquent qu’il n’en n’est rien et que l’État défend en réalité non l’intérêt général mais des intérêts privés, minoritaires qui plus est : ceux de la classe dominante. C’est-à-dire, sous le capitalisme, ceux de la grande bourgeoisie, propriétaire des grands moyens de production. Encore, dans cette approche, le terme « intérêts privés » est-il en général pris dans un sens global, quasi abstrait : l’État est chargé de garantir l’ordre social, le maintien des conditions de l’exploitation capitaliste et, partant, la pérennité des profits pour la bourgeoisie dans son ensemble, en tant qu’être collectif.


Avec le pouvoir sarkozyste et ses dérives mafieuses, l’avantage est que l’abstraction, le « collectif » et le « global » – qui se cachaient sous les expressions « classe dominante » ou « bourgeoisie » – s’incarnent en quelques personnages, peu nombreux mais emblématiques, dont la principale caractéristique est d’être riches. Très riches, même. Et avides de le devenir plus encore ! Désormais, le terme « intérêts privés » est donc à prendre au pied de la lettre, dans son acception quasi individuelle : le pouvoir d’État tout comme les ressources publiques sont entièrement mobilisés au service de la défense des appétits et des intérêts matériels et financiers immédiats – et considérables – des amis du président. Au détriment, évidemment, des salariés et des contribuables. Et au bénéfice des Bernard Arnault, François Pinault, Liliane Bettencourt, Martin Bouygues, Vincent Bolloré, etc. Et, plus récemment, de Bernard Tapie, donc. Allez : pour un peu, on en deviendrait… anticapitaliste !

 

François Coustal

Partager cet article
Repost0
19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 08:10
Partager cet article
Repost0

Contactez le NPA du Finistère

 

faou

 

UNE-190.JPG

 

cgt-gg.jpg

 

affiche_Peillon_Fioraso_BAT_0_0.preview.jpg

 

encart npa taille normale

 

 

nukleel-nam-bo-ket.jpg

accueil
*

Brest

06 42 22 96 37

brest.npa@gmail.com

 

Quimper

06 59 71 42 21

quimper.npa@gmail.com
 

Le blog sur les

questions maritimes

L'autre grenelle de la mer

 

Le blog de solidarité avec

les camarades arabes

Revolution arabe 

 

fermoez-fesse.jpg

Recherche

Actions !

Pour plus de détails voir les liens: 

 

diapo prisonnier palestine

Soirée prisonniers palestiniens

AFPS Brest

mardi 16 avril

20H30

Maison des syndicats

 

sortir-copie-1.jpg


manifestants-hopital-SUD-copie-1


Quimper Gourmelen

Rassemblement

vendredi 19 avril

8 h 45


foto2-205-ebf3f

 

Fermez Cofrents

(pays Valencian)

 

 

laniion.jpg

  Concert à Lannion

 

no nuk

 

Dimanche 28 avril

Brennilis

anti-r-1-r-copie-1.jpg

 


robertbelle5mai13DZ

 

 

Mardi 7 mai

 Yves-Marie Le Lay,

Président de

Sauvegarde du Trégor

  Douarnenez

Librairie l'Ivraie à 20h00

 

nddk.jpg

 

yy.jpg

 

st nnonon

 

grece.jpg