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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 13:31

Par LCR-Web, Hossam El-Hamalawy, Atef Saïd, Sellouma le Dimanche, 13 Février 2011


 

 

Tant dans les processus révolutionnaires en Tunisie qu'en Égypte, la majeure partie des médias a focalisé l'attention sur le rôle de la jeunesse et des classes moyennes utilisant Internet et ses « réseaux sociaux », présentés comme les acteurs principaux de la révolte.

 

 Cette image ne correspond que partiellement à la réalité, mais surtout elle occulte complètement le rôle décisif joué par les travailleurs en tant que classe dans la fuite de Ben Ali et dans la poussée finale pour mettre Moubarak hors circuit en Égypte.


Ainsi, en Tunisie, on oublie le rôle fondamental joué par les grèves soutenues par la centrale syndicale semi-indépendante UGTT (Union générale des travailleurs de Tunisie). C'est dès la fin du mois de décembre 2010, les travailleurs tunisiens ont commencé à rejoindre les soulèvements provoqués par l'immolation de Mohammed Bouazizi – jeune chômeur diplômé qui tentait de survivre dans le secteur informel comme vendeur ambulant de fruits et légumes. Si la révolte était née au sein des secteurs de la jeunesse précarisée et marginalisée, malgré le caractère collaborationiste de sa direction, la base  du syndicat et certaines sections régionales et locales ont par contre joué un rôle moteur dans l'animation et la coordination des luttes - dans plusieurs localités, ce sont ainsi les locaux de l'UGTT qui servaient de point de départ pour les manifestations -,  avant de déployer pleinement la capacité d'action des travailleurs par l'arme de la grève.

 

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Le rôle de la classe ouvrière dans la chute de Moubarak

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 13:28
 
Par Olivier Roy, Hossam Tammam, Patrick Haeni le Dimanche, 13 Février 2011


 

 

Tout comme il servait à justifier les dictatures de Ben Ali et de Moubarak, à fermer les yeux sur leurs crimes et faire taire toute critiques à leur encontre, l'épouvantail du « danger islamiste » est aujourd'hui à nouveau désespérément agité par les médias et les gouvernements impérialistes afin de minimiser la portée des révolutions tunisienne et égyptienne.

 

Il s'agit, ni plus ni moins, que de susciter la peur et la crainte afin de redonner vie à la fumeuse théorie du « choc des civilisations » pour le moins déstabilisée par l'irruption démocratique des masses arabes. Le but est bien entendu d'empêcher la solidarité et la jonction entre ces dernières et leurs luttes et celles des travailleurs d'Europe. Or, que ce soit dans les processus en Tunisie ou en Égypte, le rôle des partis islamistes — dont les orientations sont d'ailleurs extrêmement contrastées d'un pays arabe à l'autre et en leur sein même — a été pratiquement nul dans le premier cas et, dans le second, pour le moins contradictoire, tardif et surtout non hégémonique. Si, pour la gauche, ces partis sont clairement des adversaires politiques sur les questions des droits des femmes, sociales ou économiques, cette même gauche doit absolument plaider pour qu'ils puissent pleinement participer aux confrontations démocratiques et jouir des mêmes droits politiques.

 

Au-delà des oppositions programmatiques fondamentales entre la gauche et ces courants, il faut surtout comprendre leur réalité afin de les replacer à leurs justes dimensions et démystifier les stéréotypes intéressés que l'on tente actuellement d'imposer vis-à-vis de la révolution arabe. Sans pour autant partager toutes ses conclusions ou analyses, l'opinion d'Olivier Roy, l'un des principaux spécialistes de ces questions, offre un éclairage global intéressant, tandis qu'Hossam Tammam étudie plus particulièrement le cas du « clergé » islamique et des Frères musulmans dans la révolution égyptienne et les positionnements de ces derniers face à la question sociale. (LCR-Web)

 

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Dossier: Révolution arabe, « péril islamiste » en la demeure?

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 10:16


REPRISE d’ARTICLE

Le Comité pour l’annulation de la dette du Tiers monde

 


(CADTM) invite les gouvernements africains à suivre l’exemple de certains pays de l’Amérique du Sud qui ont refusé de payer la dette illégitime, réclamée aux pays en développement. De l’avis de Eric Toussaint, ‘c’est parfaitement possible pour un pays de refuser de payer sa dette’. Et les exemples sont légion dans le monde.


Equateur, Argentine, Paraguay. Voilà autant de pays qui ont refusé de payer leurs dettes à la Banque mondiale, au Fmi, au Club de Paris et aux banquiers. C’est le Belge Eric Toussaint, le président du Comité pour l’annulation de la dette du Tiers monde (Cadtm) qui l’a révélé, hier, au cours d’une conférence de presse à l’Ucad dans le cadre du Forum social mondial. ‘Si je vous donne tous ces exemples, c’est pour vous montrer que c’est parfaitement possible pour un pays de refuser de payer sa dette. Et que contrairement à ce qu’on fait passer comme message, cela ne produit pas le chaos. L’Argentine connaît un taux de croissance de plus de 8 % depuis 2003. L’Equateur connaît un taux de croissance de 3 à 4 %. Ces pays n’ont pas connu le chaos. Bien au contraire, ils ont enregistré une amélioration des salaires, des pensions et des conditions de vie des populations’, soutient Eric Toussaint qui a participé à l’audit de la dette de ces pays.


Ce qui lui fait dire que cela peut inspirer les pays africains à qui on réclame une ‘dette illégitime et illégale’. Parmi toutes ces expériences, sources d’inspiration en Amérique latine, le plus intéressant, c’est l’Equateur où le Cadtm a directement participé à l’audit de la dette. ‘Un nouveau président a été élu fin 2006 qui s’appelle Raphaël Corréa à la tête d’un processus qu’il appelle lui-même révolution citoyenne. Immédiatement il s’est engagé à faire l’audit de l’endettement de l’équateur de 1976 à 2006 par une commission de dix-huit experts en dette dont moi-même. Après quatorze mois de travaux, après avoir épluché des dizaines de milliers de dossiers et des centaines de contrats, nous avons soumis nos recommandations au gouvernement. Et après avoir identifié que 80 % de la dette publique de l’Equateur était de la dette illégitime, et sur la base de nos recommandations, le gouvernement a unilatéralement décidé de suspendre le paiement de la dette sous forme de bons’, renseigne Toussaint.


Il s’agit, dit-il, des titres de la dette publique vendus sous forme de bons sur les marchés financiers, en particulier à Wall Street. Des bons qui venaient à échéance entre 2012 et 2030 pour un montant de 3 230 millions de dollars. ‘Il y a eu donc un acte souverain unilatéral de suspension du paiement de la dette. Du coup, les détenteurs de ces titres de la dette, qui étaient des banquiers nord-américains, se sont mis à les vendre sur le marché à 20 % de leur valeur. Finalement, le gouvernement équatorien est arrivé à racheter 91 % des titres pour un coup total de 900 millions de dollars. Ce qui fait une économie, si on calcule le stock de capital racheté à bas prix et les intérêts qui ne sont pas payés jusqu’en 2030, d’où un bénéfice de plus de 7000 millions de dollars. Ce qui a permis au gouvernement très concrètement de faire passer dans le budget de l’Etat le service de la dette qui était de 32 % à 15 % et de faire passer les dépenses sociales qui représentaient 12% à 25% du budget. Donc, il y a une inversion des priorités’, informe-t-il.


Eric Toussaint révèle que ‘l’Equateur, et vous n’en avez pas entendu parler, a expulsé le représentant permanent de la Banque mondiale. Parce que la Banque mondiale ne veut pas qu’on sache qu’on peut expulser ses représentants. L’Equateur a mis dehors le Fmi qui avait ses locaux au sein de la banque centrale. L’Equateur a quitté le tribunal de la banque mondiale qui est le Centre international de règlement des différends. Ce que la Bolivie a fait, deux ans auparavant. Donc nous pensons que cet exemple, qui s’est passé en Equateur, peut parfaitement se passer dans la majorité des pays en Afrique. Cela devrait être reproductible en Grèce, par exemple, qui est confronté à une crise terrible de la dette’.


Le temps des audits de la dette


Autre exemple servi lors de cette conférence : l’Argentine. D’après Toussaint, ce pays a suspendu en 2001 le paiement de la dette, justement après un mouvement social un peu comparable à celui de la Tunisie de janvier 2011. ‘L’Argentine a suspendu le remboursement de 1000 milliards de remboursement de titres de la dette de décembre 2001 à mars 2005. L’Argentine a également suspendu les remboursements de la dette au Club de Paris qui est un des principaux créanciers des pays d’Afrique subsaharienne avec le Fmi et la Bm... L’Argentine a suspendu le paiement de sa dette à l’égard du Club de Paris pour un montant de 6 milliards de dollars de 2001 jusqu’à aujourd’hui. Il n’y a aucun journaliste qui a entendu parler de cela. Parce que le Club de Paris ne veut pas qu’on sache ailleurs dans le monde qu’on peut refuser de le payer. Le Club de Paris ne dit rien et fait tout pour que cela ne se sache pas. Après dix ans de non paiement, l’Argentine dit qu’on peut recommencer à dialoguer avec le Club de Paris, mais le Fmi n’en fera pas partie. Le Club de Paris a accepté ; alors que d’habitude, il exige la présence du Fmi’, fait-il remarquer.


Le dernier exemple qu’Eric Toussaint a donné, c’est le Paraguay qui a répudié sa dette à l’égard des banquiers suisses en 2005. ‘La Suisse n’est pas contente et a porté plainte contre le Paraguay qui a dit : "on s’en fout de ces condamnations. Mieux que cela, nous allons déposer une plante à la Haye contre la Suisse qui protège ses banquiers suisses." "Et la Suisse ne dit rien non plus", ajoute-t-il. Avant de souligner qu’il donne cet exemple, pour qu’on sache qu’il y a d’autres sources d’inspiration pour d’autres gouvernements. ‘Les gouvernements sous la pression des mouvements sociaux doivent lancer des audits de la dette. Et prendre des mesures unilatérales de non-paiement de la dette’, commente Toussaint. Il pense que la Tunisie pourrait suivre l’exemple ‘si on a un gouvernement dont sont absents les représentants du Rcd, un gouvernement réellement en rapport avec les mouvements sociaux pourra mettre en place une commission d’audit de la dette et à l’issue des résultats décider la suspension du paiement’.


Mamadou SARR (Quotidien « Walfadjri » Dakar)

Source : http://www.walf.sn/international/su...

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 10:01
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5 février 2011
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La Voie Démocratique appelle les masses populaires marocaines à la lutte pour un changement démocratique radical


Le secrétariat national de la Voie Démocratique s’est réuni, le samedi 05/01/2011, dans une réunion ordinaire à Casablanca, pour discuter la situation révolutionnaire en Tunisie et en Égypte et son impact sur les pays arabes et en l’occurrence le Maroc.

A l’issue de cette réunion, la Voie Démocratique :


1) Salue les révolutions tunisienne et égyptienne et la résistance et la détermination populaires pour en finir avec la tyrannie et la dictature, s’incline devant leurs martyrs qui ont tracé, avec leur sang, la voie de la liberté et de la justice sociale, et appelle à intensifier la solidarité avec les deux révolutions.


2) Considère ces mouvements populaires comme un tournant qualitatif et fondamental dans l’Histoire de la région ouvrant de nouvelles perspectives aux luttes des ces peuples animés par la volonté de libération de la tyrannie, de l’impérialisme et du sionisme ,appelle à la vigilance contre toute usurpation des objectifs et symboles de la révolution par l’impérialisme ou les classes dominantes locales réactionnaires afin de consolider leurs intérêts et perpétuer leur hégémonie avec d’autres moyens.


3) Considère que la réalisation des revendications légitimes des deux peuples pour la liberté, la démocratie, la justice sociale et la libération nationale nécessitent la chute des pouvoirs des classes dominantes et leurs régimes, et la destruction de leurs structures capitalistes dépendantes. Celles-ci ne sont possibles que grâce à la direction des fronts des classes populaires par la classe ouvrière pour la prise du pouvoir afin de réaliser les objectifs de changements démocratiques radicaux avec des perspectives socialistes.


4) Considère que le Maroc n’est pas à l’abri de ce qui se passe en Tunisie, en Egypte et dans d’autres pays arabes, parce que les conditions et les causes des révolutions tunisienne et égyptienne sont les mêmes dans la majorité des pays de la région (avec des disparités concrètes propres à chaque pays). Ainsi le Maroc connait aussi une tyrannie politique, une autocratie absolue, la domination du capitalisme dépendant et les choix néolibéraux, le monopole par une poignée de familles puissantes, et à leur tête la famille royale, du pouvoir et des richesses, alors que la majorité écrasante des marocains souffrent de la pauvreté, du chômage, de la misère, de l’oppression et marginalisation.


5) Les révolutions en Tunisie et en Égypte confirment l’échec des illusions des réformes et changements de l’intérieur des structures officielles, ces mêmes illusions répandues au sein de nombre de forces politiques démocratiques de notre pays. Ces révolutions montrent l’urgence d’un changement radical grâce à la lutte populaire organisée et consciente qui garantit la libération, la démocratie et le socialisme et rompt avec la politique des coulisses, des compromis par en-haut et des mémorandums adressés au roi et conseils qui lui sont prodigués.


6) Précise qu’un changement radical de ce type nécessite :


- le démantèlement des structures makhzaniennes [1] de l’État, notamment celles des appareils de répression secrets et parallèles, et la transparence et l’État de droit pour assurer la sécurité, le démantèlement du ministère de l’intérieur et sa reconstruction de sorte qu’il cesse son hégémonie sur les autres ministères et organismes publics et qu’il soit au service des citoyens.

La déstructuration et la restructuration du système judiciaire qui garantit son indépendance vis-à-vis du pouvoir politique.

La démission du gouvernement et la dissolution du parlement parce qu’il ne représente pas le peuple.

- le jugement des responsables des crimes politiques liés aux graves violations des droits humains, et des crimes économiques qui consistent dans le vol des richesses du pays et le gaspillage de l’argent public et la confiscation de leurs biens.

- un changement radical de la constitution avec l’établissement d’une constitution démocratique qui incarne la volonté populaire en tant que détentrice de la souveraineté et source de tous les pouvoirs, garantissant la séparation réelle des ces derniers, reconnaissant la culture et la langue amazighes [2] en tant que culture nationale et langue officielle, assurant l’égalité, entre l’homme et la femme dans tous les droits et les devoirs et dans tous les domaines politique, économique, social et culturel et garantissant les droits propres de la femme en tant que femme et mère.

Une constitution qui sépare l’État de la religion et interdise l’exploitation de cette dernière à des fins politiques élaborée par une assemblée constituante élue démocratiquement et honnêtement.

- l’instauration de pouvoirs locaux, régionaux et nationaux sur la base d’élections dans le cadre d’un État de droit et la réalisation d’une régionalisation démocratique qui permet aux régions d’avoir un pouvoir de décision, négocié avec le pouvoir central et le pus possible d’autonomie aux niveaux économiques, politiques et culturels, aux régions qui se caractérisent par une spécificité constituée au cours du processus historique de formation de notre peuple , exemple : Rif, Zian et souss.

- La construction d’une économie nationale autonome qui rompt avec celle des rentes et des privilèges indépendante de l’impérialisme et ses institutions financières.

Une économie se basant sur une planification économique nationale libératrice avec un vaste service public, ce qui implique la nationalisation toutes les industries et mines stratégiques qui ont été privatisées, la nationalisation des banques et des plus importantes institutions financières.

La constitution des collectifs ouvriers dans le secteur public et privé pour contrôler la gestion et la production.

Une politique agricole qui satisfait les besoins fondamentaux des citoyens et garantit la sécurité alimentaire, la sauvegarde des richesses naturelles, la protection de l’environnement et le développement équilibré, ce qui rend indispensable une réforme agraire radicale.

La garantie des services publics fondamentaux : éduction, santé, transport, des logements décents et les emploies.

L’indépendance de la presse de l’État et de tous les monopoles et le développement de toutes les composantes culturelles du peuple marocain et son ouverture sur le patrimoine culturel humain.


Le secrétariat national de la Voie Démocratique :


7) Se félicite des luttes des ouvriers et des masses populaires, appelle à leur approfondissement, leur unification et leur intégration à la lutte générale pour la démocratie.

Appelle particulièrement les centrales syndicales UMT et CDT à dépasser leurs divergences, à entamer un processus d’unité de lutte, et assumer leur responsabilité dans la défense de notre peuple et sa classe ouvrière contre les licenciements, le chômage, la hausse des prix, la dégradation des services publics et pour le droit du peuple marocain à la liberté, la dignité et la démocratie.


8) Apelle la gauche marxiste de notre pays à prendre ses responsabilités historiques pour la réhabilitation et la défense de l’alternative démocratique, laïque et socialiste.

9) Appelle toutes les forces démocratiques politiques, syndicales sociales, de droits humains , des femmes , culturelles , amazightes, associatives, les intellectuels, les artistes honnêtes et les personnalités nationales à saisir ce moment politique et commencer immédiatement la construction d’un front national pour la démocratie et la justice sociale sur la base d’une plateforme démocratique minimum et d’un programme de lutte élaborés et adoptés collectivement.


La Voie Démocratique


Secréterait national, Casablanca le 05/02/2011


Notes

[1] Régime autocratique moyenâgeux et traditionnel.

[2] Composante berbère de la société marocaine.

* Traduit, de l’arabe, par le comité local Paris.

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 11:24

 

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 11:16

Communiqué du NPA.

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Le peuple égyptien, les jeunes, les travailleurs mobilisés quotidiennement depuis plusieurs semaines ont eu raison du dictateur Moubarak en place depuis 30 ans.

La répression sanglante, l'épreuve de force, les manoeuvres démagogiques ne sont pas venus à bout des millions de manifestants qui, dans la foulée de la révolution en Tunisie, se sont mis en marche pour ne pas s'arrêter.

Le vent de l'histoire souffle en faveur des révolutions sociales et démocratiques en réponse à la crise économique, sociale et écologique qui lamine les conditions de travail et de vie des couches populaires.

Le NPA sera aux côtés du peuple égyptien en lutte pour sa libération.

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NPA QUIMPER - dans NPA
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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 10:54

 

Par Ivan du Roy, Jean de Pena (11 février 2011)

Une assemblée des « sans-voix » – petits paysans, habitants des quartiers populaires, femmes du monde rural – s’est tenue dans la banlieue de Dakar. Une manière d’ouvrir, un peu, le Forum social mondial aux populations les plus pauvres et les plus touchées par la crise.


© photos : Jean de Peña / Collectif à vif(s)


« À bas les dirigeants corrompus ! », « Non à la spéculation foncière ! », « La banlieue a droit à un habitat sain et à l’énergie ».

 

Les banderoles accrochées le long du centre culturel de Guédiawaye, dans la périphérie de Dakar, sont sans équivoque. C’est ici, à 45 minutes de bus du centre-ville, que les « No Vox », un réseau regroupant mal logés et précaires du monde entier, rencontrent les « sans-voix » de la banlieue de Dakar. « Nous sommes ici pour que les habitants de banlieue, qui n’ont pas forcément accès au forum, puissent venir échanger idées et expériences », explique Franck, militant camerounais de la Coalition internationale des habitants. « Les gens de la banlieue ne viennent pas au forum.

 

C’est loin, ça coûte cher, au moins deux bidons d’eau », poursuit Annie Pourre, membre du réseau No Vox et d’Attac en France, qui se bat depuis dix ans pour que le grand rassemblement altermondialiste ne soit pas seulement réservé à une élite de militants aguerris, de permanents associatifs et d’experts. Elle est arrivée au forum avec une des onze caravanes de « sans », parties de Rabat, de Bamako ou de Ouagadougou. « L’autre monde, on veut le construire avec ceux qui souffrent », insiste Sidiki Daff, enseignant dans un lycée de banlieue et membre du Centre de recherche populaire pour l’action citoyenne (Cerpac).



 

 

Des femmes d’un « comité de base » local préparent sandwichs et cafés « touba », un café agrémenté de clous de girofle, pour leurs hôtes. Ceux qui souffrent sont bien ici : maraîchères, petits paysans, « déguerpis » (les expropriés de leur logement ou de leur terre), une poignée de jeunes du quartier poussés par la curiosité... « Je suis entré à No Vox quand ils ont détruit ma maison », raconte Alkaly Kante, chauffeur de taxi à Bamako, au Mali. « Le géomètre s’est accaparé ma parcelle avec un faux titre de propriété.

 

Lui a pu prendre un avocat, pas moi. » Les femmes Guédiawaye dressent la liste des problème auxquels est confrontée leur banlieue : les coupures d’électricité, l’eau qui « n’est pas bonne à boire », les routes défoncées et la corruption, qui existe « en pagaille ici ». L’augmentation des denrées de base commence à peser. « Il y a deux ans, le sac de riz de 30 kg était à 15 euros. Aujourd’hui, c’est le double. Le pain a augmenté de 25% », détaille Sidiki Daff. « Et chaque année depuis dix ans l’eau augmente de 3%. » Sans être devenue potable pour autant. C’est le groupe Bouygues qui, en tant que propriétaire de la Société des eaux sénégalaises, gère la distribution d’eau à Dakar.


À la tribune, les témoignages de toute l’Afrique de l’Ouest se succèdent. Une maraîchère décrit son combat pour préserver sa parcelle face à la spéculation immobilière. Une autre évoque les difficultés d’emprunt auxquelles sont confrontées les femmes en milieu rural où la spéculation foncière vient s’ajouter au droit coutumier favorable aux hommes. « Je propose qu’on réduise les taux d’intérêt pour les femmes qui s’organisent en coopérative d’habitat », lance-t-elle. Dans la salle, des paysannes suivent les débats l’oreille collée à un petit poste radio, par lequel passe la traduction en bambara ou en wolof.

 



 

 

On est loin des grandes réunions sur le contre-sommet du G20, la préparation de « Rio +20 » (le prochain sommet de la Terre en 2012) ou la future mobilisation « anti-impérialiste ». « Ici les gens s’expriment avec leur langage, leur imaginaire. Parler crise financière ou crise globale, c’est une abstractions pour eux, c’est un discours excluant », explique Sidiki Daff. « On ne peut pas demander à ces hommes et femmes en lutte d’aller aussi vite dans l’analyse que les experts. Un paysan qui est exproprié de sa terre comprend parfaitement un citadin qui est expulsé de son logement. Mais il faut donner le temps à ces convergences, et obtenir des victoires concrètes », ajoute Annie Pourre.

 

 

Ce décalage est loin d’être spécifique à l’Afrique. « Nous avons choisi de créer No Vox, parce qu’au premier Forum social européen (à Florence, en Italie, en 2003), nous nous sommes aperçus qu’il y avait peu d’acteurs des luttes concrètes, ne serait-ce que pour y témoigner. » Les « sans » doivent donc aussi se battre pour avoir leur place au Forum, et surtout pour que le forum aille vers eux, dans les villes où il se tient.

 

Les dalits, les intouchables, étaient présents en nombre au Forum social de Bombay en Inde, les peuples autochtones amazoniens étaient largement représentés à celui de Belém. Mais Sidiki Daff et Annie Pourre regrettent le manque d’empressement du comité d’organisation pour soutenir ces assemblées délocalisées en banlieue. « Alors que les paysans ici parlent de la terre de manière extraordinaire. À l’intérieur du Forum, trop souvent ils ne sont pas considérés comme des personnalités qualifiées », déplore Annie. La démarche n’a pas été soutenue. Ces réseaux de paysans ou de mal logés ont dû tout payer, comme n’importe quelle organisation non gouvernementale au budget conséquent. « Le comité d’organisation, ce sont essentiellement des ONG, c’est l’aristocratie associative. Leur programme, c’est celui des bailleurs de fonds. Elles se positionnent là où il y a des sous », critique Sidiki Daff.



Partir des luttes concrètes n’empêche pas d’initier une réflexion globale. Dans la salle, on aborde la question de l’eau, qui se pose crûment dans les campagnes. « Les gens qui demandent que l’accès à l’eau soit un droit n’ont pas la force politique et financière de ceux qui veulent en faire une marchandise », explique une militante québécoise. Rajah, une jeune marocaine, raconte la lutte d’un village exproprié suite à l’accaparement de la nappe phréatique par une entreprise d’eau minérale. Au Sénégal ou au Mali, les « branchements sociaux » au réseau de distribution d’eau ne sont pas assez nombreux. Davantage de familles que prévues s’y alimentent. Résultat : les quotas soumis à une tarification sociale – les 30 premiers m3 – sont vite épuisés et l’eau supplémentaire est surtaxée. Pour les participants, une gestion publique et citoyenne de la ressource s’impose donc. Solange Koné, une assistante sociale venue de Côte d’Ivoire, prend la parole : « Nos États vivent sous le poids de la dette. Si on ne permet pas à nos pays de mettre de l’argent dans le social, nos revendications ici resteront un vœu pieux. Il faut annuler la dette ! » Petits paysans, maraîchères et « déguerpis » applaudissent.

Ivan du Roy


Photo : © Jean de Peña / Collectif à vif(s)

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 10:44

Par LCR-Web le Vendredi, 11 Février 2011


 

 

La démission du dictateur Hosny Moubarak représente une victoire colossale et ô combien légitime pour le peuple égyptien.

 

C'est avec une profonde joie que nous saluons cette victoire populaire, car elle est le résultat d'un courage et d'une ténacité extraordinaires, d'une capacité de mobilisation et de résistance inouïes ainsi que d'une rage de vaincre sans égal. Nous nous inclinons également devant les plus de 300 martyrs qui ont donné leur vie pour que cette première victoire soit possible et ouvre de nouvelles perspectives révolutionnaires. Cette victoire est celle du peuple égyptien, payée par son sang, mais elle est également partagée par tous les peuples de la région car elle donnera une impulsion déterminante pour la révolution arabe, initiée il y a quelques semaines à peine avec la chute de Ben Ali en Tunisie.

 

Tout n'est pas terminé en Egypte pour autant, loin de là. Au travers de Moubarak, c'est l'ensemble du régime et de ses institutions, sa corruption et sa soumission face à l'impérialisme et au sionisme, sa distribution inégale des richesses générant misère et chômage, que le peuple égyptien veut mettre définitivement à bas. Et cette victoire lui donne désormais confiance en ses propres forces.

 

Vu l'importance du pays dans le monde arabe et sa position clé dans l'échiquier géostratégique, l'impact de la révolution égyptienne a des dimensions cataclysmiques pour les classes dominantes arabes, pour l'Etat sioniste criminel d'Israël et pour l'impérialisme occidental.

 

Il s'agit enfin et surtout d'une victoire où les travailleurs ont apporté une contribution qui s'est révélée décisive, en menant une vague de grèves massives touchant les secteurs vitaux de l'économie comme le Canal de Suez (voir ci-dessous). Pour ceux qui se sont empressés de lui dire adieu un peu trop rapidement, la chute de Moubarak vient brutalement rappeler que la classe ouvrière est toujours bel et bien là et qu'elle constitue l'élément clé de tout processus révolutionnaire, de par la place qu'elle occupe dans la production des richesses.

 

La chute de Moubarak, chassé par les masses dans la rue, est une leçon exemplaire pour les travailleurs du monde entier: oui, la révolution est possible!

 

En Egypte, en Tunisie et demain en Algérie, au Yémen, au Maroc...: la lutte continue.

Vive les peuples en lutte pour la liberté, la dignité et la justice sociale! 

Vive la révolution permanente arabe! (LCR-Web)



Coordination et revendications sociales

Insensibles à la fatigue et aux intimidations en tous genres, les insurgés de la place Tahrir ne faiblissent ni en nombre ni en détermination. Bien au contraire, après avoir mis en échec, mercredi 2 février, les tentatives des miliciens pour reprendre la place, et après les grandes manifestations du vendredi 4 février dans les plus grandes villes du pays, leur moral est au plus haut. La présence permanente de milliers de Cairotes sympathisants a permis depuis trois semaines de rendre le couvre-feu caduc et d’organiser l’autodéfense permanente de Tahrir, à la fois centre névralgique et laboratoire de la révolution.


Alors que la gauche réformiste, certaines ONG et la direction politique des Frères musulmans négocient leurs places dans un futur gouvernement provisoire, des structures syndicales indépendantes du régime se mettent en place (enseignement, impôts, retraités, techniciens de la santé, notamment). Une coordination politique large, animée (entre autres) par des militants révolutionnaires sortis récemment de la clandestinité, mais aussi par des militants des droits de l’homme, des ouvriers, des écrivains ou des artistes, cherche une issue loin des tractations institutionnelles en cours.


Les revendications portées par le mouvement peuvent se décliner ainsi: une augmentation générale des salaires accompagnée de la mise en place d’un Smic à 1.200 livres, le salaire médian étant aujourd’hui de 600 livres, l’indemnisation du chômage, la défense de la sécurité sociale, le droit au logement, la gratuité scolaire réelle, la reconnaissance du droit syndical. Sur le plan politique: non à la transition, départ immédiat de Moubarak et fin de la dictature, interdiction du PND, dissolution des milices, mise en place d’un processus constituant sous contrôle populaire!



Vague de grèves dans toute l'Egypte

Depuis le 8 février, l'Egypte connaît une explosion de luttes ouvrière. Ce jeudi 10 février, on recensait:


— Rassemblement de protestation contre la compagnie d’électricité dans le Sud du Caire.

— Manifestation des travailleurs des télécommunications dans le quartier d’Ataba, au cœur du Caire. Cela s’ajoute à ceux d’hier et aux travailleurs de la communication qui sont aussi en grève à Banha, dans le Delta.

— Des mécaniciens du secteur ferroviaire aussi en grève.

— Les travailleurs de l’usine Maspero dénoncent la corruption de la direction.

— Les travailleurs de l’entreprise pharmaceutique de Masheya el Bakr ont coupé le pont sur le Canal de Suez.

— Plus de 2000 travailleurs de l’entreprise de filature et de textile Misr ont appelé à une grève à Helwan.

— Les travailleurs temporaires de l’Université du Caire sont aussi en grève.

— Des travailleurs du secteur du fer et de l’acier ont également fait un appel à la grève (National Steel Company, Misr National Steel Company).

— Des entreprises de sous-traitance de l’État sont en grève à Kafr el Dawar, Helwan et Kafr el Diat.

— Plus de 4.000 travailleurs en grève à l’usine de charbon de Helwan (Helwan Coke Company).

— Protestation à Gharbeya, à l’entreprise Sianco.

— Les travailleurs toujours actifs de El Mahalla ont annoncé que, demain, va commencer une grève.

— Un grand nombre de travailleurs du secteur pétrolier est en grève et se rassemblera demain à Nasr City, district se trouvant en dehors du Caire, où se trouve le ministère du Pétrole.

— D’autres techniciens du secteur ferroviaire sont en grève à Beni Suef.

— Plusieurs entreprises sont fermées à Suez, où il y a un important secteur pétrolier et où les batailles de rue ont été les plus dures que partout ailleurs.

— Le Service des transports publics en grève dans trois dépôts. 
Les journalistes des quotidiens contrôlés par le régime sont en trains de se soulever contre leurs employeurs.

— Les employés des transports publics du Caire ont appelé à une grève générale demain. Au moins les dépôts de Nasr, Fateh, Ter’a, Amiriya, Mezzalat et Sawwah Station, paralysant la ville. Il semble que demain ils vont se réunir au siège, à Nasr City, pour former un syndicat libre. Ils ont fait un communiqué demandant la chute du régime (en précisant le Parti national) et la levée de l’état d’urgence.

— Des travailleurs des télécommunications d’Alexandrie ont également manifesté devant le central de Mansheya.

— Des informations parlent également de quatre entreprises d’armement à Helwan.

— L’entreprise Portland, qui produit du ciment à Alexandrie, a également connu des manifestations. Il s’agit de la plus grande usine de ciment dans le monde arabe et l’une des premières dans le monde.

— 1500 personnes sont en grève dans l’usine de coton et de lin de Mahala.

— 2000 sont sorties de l’usine de médicaments de Sigma.

— 250 journalistes se sont réunis afin d’obtenir le quorum pour l’assemblée générale extraordinaire qui permettra de démettre l’actuel président du syndicat, l’officialiste Mohammed Makram, élu l’an dernier lors d’une élection dénoncée comme frauduleuse.

— 3000 travailleurs du secteur ferroviaire demandent une augmentation des salaires, entre autres demandes.

— 6000 travailleurs de l’Autorité du canal de Suez ont manifesté dans les villes de Port-Saïd, Suez et Ismaïlia exigeant de meilleurs salaires et rappelant que c’est l’une des plus importantes sources de revenu du pays. Revenus destinés exclusivement aux dépenses présidentielles.

— Omar Effendi, une sorte Galeries Lafayette locale, a aussi connu des grèves et des mobilisations. Il existe des informations sur celles qui ont eu lieu à Alexandrie.

— Plusieurs centaines de travailleurs de la soie et des filatures à Kafr el Dawar ont fait des débrayages au changement d’équipe pour réclamer le paiement des salaires impayés et des indemnités accrues.

— Les postiers à Sharqeya sont également en grève.

— 3000 habitants du quartier de Zarzara ont brûlé bâtiment du gouverneur de Port-Saïd en découvrant qu’en raison de la corruption, il avait été prévu de transformer leur quartier en décharge.

— 4000 travailleurs du nettoyage ont manifesté aujourd’hui à Alexandrie.

— 800 travailleurs des compagnies pétrolières ont manifesté à Behera, près d’Alexandrie.

— En relation à ceci, un millier de personnes du quartier du Max, à Alexandrie, ont manifesté pour demander que les compagnies pétrolières qui travaillent là, les prennent en considération pour l’indemnisation accordée dans les situations de risque écologique et de santé dans lesquelles ils vivent.

— 500 personnes se sont rassemblées dans un hôpital d’Alexandrie exigeant des augmentations de salaire.

— Les travailleurs des centres d’information, sorte de collecteurs d’informations pour les enquêtes et les statistiques, ont repris la lutte pour des améliorations concernant leur travail. Leur lutte a été l’une des plus importantes et les plus longues l’an dernier de l’année passée.

— 500 centres de santé de soins primaires du Croissant-Rouge étaient en grève contre les dirigeants corrompus de cet organisme.

— Selon Al-Jazira qui l’a annoncé, les postiers au Caire ont rejoint les mobilisations.

— À l’aéroport du Caire, des grèves ont éclaté dans des sociétés de services ou de sécurité.

— Des fonctionnaires du département des statistiques gouvernementales ont également manifesté dans la capitale.

— Des grèves ont également été signalées dans une société gazière dans la région du Fayoum (150 km au Sud-Ouest du Caire).

— Mouvement aussi dans l’usine pharmaceutique Sidna de Quesna
.

—Grève dans les arsenaux de Port Saïd
.

Dans le sud du Pays (Haut-Nil) des manifestations de paysans ont été rapportées. 8000 personnes, dont une majorité de fermiers et d’ouvriers agricoles, ont bloqué la route principale et le chemin de fer avec des barricades de palmiers enflammés (d’après AP). En fin de journée, les affrontements dans la région de El Wadi el-Gedid se poursuivraient…

Vous voyez cela est irrépressible et difficile à quantifier. Je pense qu’il y a beaucoup plus de luttes, mais ce sont celles que j’ai pu trouver pour le moment. Je mettrai à jour au fur et à mesure. Préciser que Helwan est l’un des trois gouvernorats qui divisent le Caire (ou le Grand Caire, comme ils l’appellent).

Bien comprendre aussi qu’une partie de ce soulèvement est le résultat de l’insurrection de Mahala en 2008. Une insurrection entièrement ouvrière qui, avec le mouvement contre la guerre en Irak, a reconfiguré l’activisme égyptien. Aujourd’hui, ils sont en train de recueillir ces fruits. 

Ajouter, avant de clore, que l’Égypte a commencé à voir clairement que le départ du raïs est inévitable. Du moins, c’est ainsi que la rue le sent. Un exemple : la tentative de la pop star Tamer Hosny d’entrer sur la place Tahrir. Au début de l’insurrection, il a exprimé son soutien pour le régime. Comme il a vu que celui-ci vacillait, il a tenté de se rapprocher des rebelles dans un acte d’opportunisme absurde. Les gens, évidemment, l’ont sifflé et il a dû quitter la place en pleurant, comme on a pu le voir à la télévision.


Traduit du catalan (Egipte Barricada, avec sources : 3arabawy, Al Jazeera, Global Voices on Line).


http://juralibertaire.over-blog.com/ext/http

www.egiptebarricada.blogspot.com/

 


Déclaration des socialistes révolutionnaires d’Egypte

Ce qui se passe aujourd’hui en Egypte est la plus ample révolution populaire dans l’histoire de notre pays… et dans celle de tout le monde arabe. Le sacrifice de nos martyres [l’ONU déclare, le 7 février, 300 morts] a construit notre révolution et nous avons brisé toutes les barrières de la peur. Nous ne reculerons pas jusqu’à ce que les «dirigeants» criminels et leur système soient détruits.


Aux travailleurs d’Egypte


Les manifestations et les diverses protestations ont joué un rôle clé dans le démarrage et la poursuite de notre révolution. Maintenant, nous avons besoin de l’engagement des travailleurs. Ils peuvent sceller le destin du régime. Non seulement en participant aux manifestations, mais en organisant une grève générale dans toutes les industries clé et les grands secteurs économiques.


Le régime peut se permettre d’attendre des jours et des semaines s’il n’y a que des sit-ins et des manifestations ; mais il ne peut pas résister durant longtemps si les travailleurs utilisent les grèves comme leur arme. La grève dans les chemins de fer, la grève dans les transports publics, la grève dans les aéroports et dans les grandes entreprises industrielles. Travailleurs d’Egypte, au nom du soutien à la jeunesse rebelle et pour honorer le sang de nos martyrs, rejoignez les rangs de la révolution, utilisez votre pouvoir et la victoire sera vôtre.


Formez des conseils révolutionnaires le plus vite possible. Cette révolution a dépassé nos espoirs les plus grands. Personne ne s’attendait à autant de manifestants. Personne ne s’attendait à ce que les Égyptiens et les Égyptiennes manifestent autant de bravoure face à la police. Personne ne peut dire que nous n’avons pas obligé le dictateur à se retirer. Personne ne peut dire qu’une véritable transformation ne s’est pas faite sur la place de El-Tahrir [place de la Libération].


Ce dont nous avons besoin, c’est de mettre en avant les revendications socio-économiques comme partie intégrante de nos revendications afin que ceux qui sont dans leurs maisons sachent que nous nous battons pour leurs droits…


Nous devons nous organiser nous-mêmes en comités populaires qui élisent des conseils démocratiques plus larges et cela depuis en bas. Ces conseils doivent donner naissance à un conseil général, supérieur, qui intègre des délégués de toutes les tendances. Nous devons élire un conseil suprême du peuple qui nous représente et dans lequel nous plaçons notre confiance. Nous appelons à la formation de conseils populaires depuis la place de la Libération au Caire jusque dans toutes les villes d’Egypte.


Voici notre position, en tant que socialistes révolutionnaires, sur le rôle de l’armée. Chacun nous demande l’armée est-elle avec le peuple ou contre lui ? L’armée n’est pas un bloc homogène. Les intérêts des soldats [conscrits] et des sous-officiers sont les mêmes que ceux des masses. Mais les officiers supérieurs sont des hommes de Moubarak choisit avec précaution afin de protéger son régime corrompu, sa richesse et sa tyrannie. Ce secteur fait partie intégrante du système.


L’armée n’est plus l’armée du peuple. Cette armée n’est plus celle qui a défait les sionistes en octobre 1973. Cette armée est étroitement associée aux Etats-Unis et à Israël. Son rôle est de protéger Israël et non pas le peuple… Oui, nous voulons gagner les soldats à la révolution, mais nous ne devons pas être trompés par des slogans tels que: «l’armée est de notre côté». L’armée soit mettra fin directement aux manifestations ou elle restructura la police pour que cette dernière joue ce rôle.


(1er février 2011, traduit de l’arabe)


Tunisie: « La situation sociale est explosive » selon l'UGTT

La Tunisie est également touchée par une vague de grèves sans précédent. « Le gouvernement est intéressé à entamer rapidement des négociation avec notre centrale syndicale vu que la situation sociale est explosive » a dit à France Presse un dirigeants de l'UGTT.


Abid Briki réagissait ainsi à la déclaration du président intérimaire, Foued Mebazaa, qui avait annoncé ce mercredi soir que des « négociations sociales à l'échelle nationale » allaient s'ouvrir « prochainement ».


Des grèves organisées ou spontannées paralysent plusieurs secteurs économiques depuis la fuite du président Ben Ali le 14 janvier dernier et la colère sociale continue à augmenter parmi les couches les plus défavorisées de la population.


Le gouvernement « de transition » de Mohamed Ghannouchi multiplie en vain les appels à la population, avertissant que le pays court le risque de « couler » si les grèves et les manifestations – avec des heurts de plus en plus violents avec la police - ne cessent pas.

Le dirigeant de l'UGTT a reconnu que « Nous ne contrôlons pas tous les mouvements de grève ». Selon Briki, l'UGTT est « débordée par l'agitation sociale ».


Dans le même temps, la direction de l'UGTT est de plus en plus contestée par un courant de gauche syndicale qui l'accuse de « complaisance avec le gouvernement provisoire » et de corruption. Ce courant organise régulièrement des rassemblements face au siège du syndicat pour exiger la démission de la direction du syndicat.


Source: http://www.gara.net/

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 10:23

 

 

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 10:15

 

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