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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 09:18

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Deux camarades du NPA, dont Olivier Besancenot, se sont rendus à Tunis mardi 25 et mercredi 26 janvier. compte-rendu rapide de ce voyage.

L’avenue Habib-Bourguiba, artère centrale de Tunis, au cœur de la ville, passerelle entre la station des trains desservant la banlieue Est (Carthage, Sidi Bou Saïd, La Goulette) et la médina (vieille ville). Cette avenue est comparée par les médias locaux aux Champs Élysées, de par la largeur de ses trottoirs et le marbre rose de ses dalles. S’y côtoient plusieurs boutiques, restaurants, cafés, hôtels, centres commerciaux et ministères. C’est là que traditionnellement, on sort en famille, en couple ou entre amis. Pour prendre le pouls et sentir l’ambiance tunisoise, « l’avenue », comme les Tunisiens aiment l’appeler, est le baromètre de la capitale et, par ricochet, de tout le pays. C’est la vitrine de l’ancien régime.

« Le peuple est capable de se prendre en charge »

Ou plutôt, elle en était la vitrine, car si les bâtiments sont toujours là, « l’avenue » n’est plus la même. Des attroupements d’hommes et de femmes partout, tout le long on discute politique. « Le gouvernement c’est le même, on n’arrêtera pas tant que Ghanouchi et le RCD seront debout » crie un homme. En face, un autre lui répond : « Le pays doit recommencer à fonctionner sinon ce sera la crise économique. Il faut laisser fonctionner le gouvernement provisoire et les élections feront le tri ». Une bande d’hommes et de femmes armés de balais et alignés le long de la chaussée nettoient la rue et les trottoirs : « Nous sommes ici pour montrer que la révolution, ce n’est pas le chaos mais au contraire, nous voulons montrer qu’on est tous concernés et que le peuple est capable de se prendre en charge ». Cet ensemble de balais passant devant les barbelés et les militaires qui entourent l’imposant immeuble marron du ministère de l’Intérieur, fait dire à un passant que le peuple n’arrêtera pas de balayer tant que l’ancien régime sera là.

Quelque chose a changé

L’effervescence qui anime « l’avenue » est tangible partout. L’ambiance est la même à Tunis et en banlieue.
Dès l’arrivée à l’aéroport de Tunis, on sent que quelque chose a changé : les flics et les douaniers ne sont plus ces cow-boys qui avaient carte blanche et se croyaient au-dessus de tout. En passant la douane personne ne nous demande rien, les douaniers sont là mais ne viennent pas nous questionner sur les raisons de notre voyage. Celui ou celle qui n’est jamais venu en Tunisie ne peut pas mesurer le saut de géant que le peuple a réalisé.
En nous asseyant dans le café de l’aéroport, nous sentons vite que les tunisienNEs ont gagné une des batailles les plus importantes, celle de la liberté d’expression. Tout autour de nous, au milieu de cet aéro­port, les paroles sont politiques. On discute gouvernement, révolution, Trabelsi, Ben Ali, armée, RCD… Il y a dix jours, avant d’évoquer ces sujets, même d’une façon anodine, on regardait autour de soi en prenant soin de vérifier que personne n’entendait. Aujourd’hui, tout le monde parle avec tout le monde, deux personnes qui discutent sont rapidement rejointes par d’autres. On ne demande pas la permission de parler, car la situation actuelle est une affaire collective. Tout le monde donne son avis sans égard au capital social ou politique de chacun, sans regarder l’âge ou le sexe.


Peu de temps après notre arrivée, nous nous sommes dirigés vers la Kasbah où est situé le siège du gouvernement. C’est là que les caravanes parties des différentes régions en lutte ont installé leurs tentes et se sont postées devant les bureaux du Premier ministre. Ils sont venus dans la capitale avec des revendications claires : « Le peuple veut faire tomber ce gouvernement », « RCD, Ghanouchi, dégage », « Personne ne nous volera notre révolution ». C’est « la flamme de la révolution » comme aime le dire Bechir, un syndicaliste de l’enseignement primaire exclu de la centrale syndicale, il y a un an, pour avoir organisé une grève dans son école. Il est bien vrai que cette révolution est la leur, celle de toutes ces régions en marge d’un modèle de développement tourné vers l’étranger, celle de tout ces jeunes diplômés et chômeurs, celle de ces femmes et hommes qui travaillent pour 50 euros par mois.

 

À la Kasbah, l’ambiance est radicale, ce matin Marzouki du Congrès pour la République (CPR) a été prié fermement de partir, tout comme Hamma Hammami, secrétaire général du Parti communistes des ouvriers de Tunisie (PCOT), ou des jeunes islamistes qui tentaient d’improviser des prêches. Ici, nous explique Jalel Zoghlami, un des porte-parole de la Ligue de la gauche ouvrière (LGO), personne ne peut venir donner des leçons ou parler au nom de ces jeunes. Ils sont là et ils ont gagné leur notoriété sur le terrain.


En faisant le tour de la place, nous voyons partout des cercles de discussion. Notre camarade Olivier Besancenot est interpellé par plusieurs personnes. Certaines le remercient pour son soutien, d’autres lui demandent de parler de ce qui se passe ici, se prennent en photo avec lui ou lui demandent des autographes. Une discussion commence entre Olivier, Mohamed Jmour, porte-parole du Parti du travail patriotique et démocratique tunisien (PTPD), Chawki Salah, porte-parole du Parti socialiste des travailleurs (PST) algérien, Jalel Zoghlami de la LGO et des passants. Elle porte sur les problèmes sociaux en Tunisie et le modèle capitaliste du régime. La discussion continue dans des vieux cafés des chawachine au cœur de la médina.

« Ca éclate partout »

Un peu plus tard dans la journée, nous prenons le tramway et une vielle dame nous dit, sans préambule et dans un langage sans artifices, « ça éclate partout, en Égypte et même en Israël, il y a des manifestations pour changer de gouvernement ». Même chose dans un café de quartier à l’extrémité d’une banlieue populaire de Tunis, la jeune serveuse sort de sous son tablier un tract du PCOT. Elle explique qu’elle ne parle que politique aujourd’hui et qu’elle attend de finir son service pour aller passer la nuit à la Kasbah et être avec la révolution.

Écouter les Tunisiens

La délégation du NPA qui était sur place était invitée par la Ligue de la Gauche ouvrière (LGO) fondée tout récemment par des anciens membres du groupe trostkyste OCR, aujourd’hui disparu. Nous avons passé la nuit à discuter avec les animateurs de la LGO, en compagnie de Chawki du PST algérien. Les discussions étaient exaltantes, on a parlé de pouvoir populaire, de contre-révolution, de comment contrer les forces réactionnaires, de la Constituante, de la bureaucratie syndicale. Les camarades tunisiens nous demandaient notre avis, mais face aux problèmes concrets rencontrés dans la réalité, nos théories révolutionnaires ont besoin d’une mise à jour, et nous avons avant tout besoin d’écouter ce que les Tunisiens ont à nous dire.

 

La journée du mercredi a commencé avec des rencontres des syndicats dont les sièges nationaux sont situés dans le même immeuble : les PTT (poste, télé­communication, centre d’appel), l’enseignement secondaire et primaire, la santé. Avant notre départ, le syndicat des PTT a demandé à Olivier, en tant que postier français, de faire l’ouverture de leur assemblée générale. La salle lui réserve une ovation, il est interpellé sur le syndicalisme à la poste et sur les problèmes actuels du secteur. Après deux heures de discussion, nous partons en courant direction El Theatro, un espace culturel dirigé par une des figures du théâtre tunisien, Mohamed Jbali, et Zeineb Farhat. On se retrouve dans une salle comble avec des artistes, des intellectuels, des militants des droits de l’homme, des jeunes. On nous parle révolution, lutte des classes, place de la jeunesse et de la culture dans une société moderne… la question de la laïcité est soulevée. Des jeunes veulent organiser un meeting international avec des jeunes du monde entier. L’ambiance est intense, des journalistes télé, radio et presse écrite sont là. Deux heures plus tard, accompagnés des camarades de la LGO et du PST, une conférence de presse est organisée sur « l’avenue » entre ces trois composantes pour expliquer les motifs de la venue du NPA et pour exprimer la solidarité de notre organisation au peuple en lutte en Tunisie et au Maghreb.


Avant de quitter le centre de Tunis et le temps de faire un dernier saut à la Kasbah, nous rencontrons dans les rues de Tunis des comédiens, des anciens prisonniers politiques, Fahem Boukadous, célèbre journaliste du bassin minier qui a été libéré quelques jours auparavant. Beaucoup demandent à Olivier de participer à des réunions et des rencontres et lui disent qu’il faut continuer de faire pression sur Sarkozy et la gauche socialiste qui a toujours soutenu Ben Ali.

Le rôle des femmes

À 15 heures, nous passons au local de l’ATFD et l’AFTURD, deux associations féministes tunisiennes en lutte depuis plus de quinze ans contre le régime et sa politique à l’encontre des femmes. La salle est pleine de militantes féministes de tous âges. On parle de la Marche des femmes pour l’égalité programmée pour le week-end, de la place des féministes dans le mouvement et de leur rôle à la Kasbah, de l’islamisme... Les discussions sont animées, et les participantEs ne ménageaient pas leurs critiques envers le gouvernement.


Avant de monter dans l’avion, nous allons discuter avec Hamma Hammami à sa sortie de la réunion organisée par l’UGTT avec les partis politiques. Le porte-parole du PCOT nous explique la demande qu’ils viennent de faire au nom du Front du 14 janvier pour la création d’un « Congrès pour la préservation de la révolution » qui se chargerait de former un gouvernement et une Constituante. À ce moment-là, cette proposition était presque réalisable et même très envisageable. Malheureusement le lendemain, le secrétariat administratif de l’UGTT en décidait autrement et donnait carte blanche au nouveau gouvernement.
Même si, au moment où cet article est écrit, le gouvernement est encore en place, d’après ce que nous avons pu voir et entendre, personne ne peut voler cette révolution à cette jeunesse, à ce peuple, ni aux militants syndicaux et associatifs qui sont toujours et encore dans la rue. Pendant les jours et mois à venir, ils seront le souffle de la révolution.
Wassim Azreg

Sur la gauche tunisienne, voir www.europe-solidaire.org/spip.php?rubrique1029 et notamment la plateforme du Front du 14 janvier www.europe-solidaire.org/spip.php?article19928

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 08:48
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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 08:46

Par Chris Den Hond le Jeudi, 03 Février 2011


 

 

Notre camarade Chris Den Hond, journaliste à La Gauche et à Press TV se trouve actuellement au Caire depuis ce mercredi. Il a filmé les affrontements qui se sont déroulés ce jeudi sur la Place Al Tahrir, entre les opposants au dictateur Moubarak et les milices contre-révolutionnaires du régime.

 

Cette place « de la libération » est devenue le symbole de la révolution. Le régime tente donc coûte que coûte d’en chasser les manifestants, à la veille de la  journée nationale de mobilisation du 4 février destinée à chasser Moubarak, et qui s’annonce d’ores et déjà décisive. Mais les manifestants tiennent bon ; ils font preuve d’un courage extraordinaire et d’une capacité de résistance inouïe qui mérite l’admiration des travailleurs du monde entier. Témoignage recueillis par téléphone ce jeudi 3 février après-midi. (LCR-Web)


“Les « hooligans » pro-Moubarak sont composés de flics en civils, mais aussi de criminels libérés et payés. Ils sont bien moins nombreux que les opposants mais ils sont très bien organisés et surtout très violents.


Il m’a fallu 2 heures pour arriver à la place Al Tahrir car les « hooligans » tentent de bloquer toutes les routes d’accès pour empêcher l’arrivée de renforts. Ils prennent particulièrement comme cible les journalistes, surtout ceux qui ont une caméra comme moi. Finalement on a pu passer et atteindre la place.


Les opposants à Moubarak sont aujourd’hui bien mieux organisés qu’hier, où l’assaut des « hooligans »  les avait pris complètement par surprise, ce qui explique le nombre élevé de blessés dans leur camp. Mais malgré tout, ils n’ont pas réussi à prendre la place, le courage des manifestants est incroyable.


Aujourd’hui, j'ai vu à nouveau de très nombreux blessés. Mais il y a désormais 4 ou 5 barricades, gardées en permanence, qui ont été dressées aux endroits stratégiques afin de protéger les manifestants des partisans du régime, qui tentent par tous les moyens d’occuper Al Tahrir avant la mobilisation monstre de demain.

 

Entre deux batailles, on assiste constamment à des meetings politiques, les gens discutent beaucoup, chantent des slogans, d’autres se reposent en attendant de remonter au « front ». Des gens des quartiers autour apportent de l’eau et des fruits pour ravitailler les occupants.


Les affrontements sont particulièrement durs près du Pont du 6 octobre où j’ai filmé sous une pluie de pierres incessantes. Le camarade égyptien qui m’accompagne et tentait de me protéger pendant que je filmais a été blessé en recevant une pierre sur la tête. Ils visent clairement les cameramen. On a ensuite entendu des tirs, mais sans savoir d’où ils provenaient ni qui tirait, mais en tous les cas ce n’était pas les occupants de la place.


Après être sortis d’Al Tahrir, où les choses sont claires et les camps opposés bien délimités, dans les rues de la ville, c’est une autre histoire. L’ambiance est hyper tendue car personne ne sait qui est qui. Tout les 200 mètres, la voiture est arrêtée et contrôlée, surtout quand il s'agit de journalistes. Ce sont soit des policiers, soit des militaires, mais c'est aussi souvent des comités d’autodéfense. Tout le monde se méfie de tout le monde.


À un contrôle, un soldat a voulu me forcer à montrer toutes les images que j'avais filmées dans la journée, j’ai refusé et j’ai dû demander l’intervention de l’ambassade pour éviter l’arrestation. Par contre, ailleurs, un autre soldat nous a aidé en montant dans notre taxi pour nous aider à passer. Ensuite, à nouveau des soldats qui contrôlent et nous disent très clairement les ordres donnés : « la presse égyptienne peut travailler, pas la presse étrangère ».

 

L’armée n’intervient absolument pas, et elle ne serait sans doute pas capable de le faire. Elle tente seulement de s’interposer passivement en postant des blindés entre les adversaires.

On peut affirmer que la détermination des gens sur la place est intacte et que le moral est vraiment très haut. Tout le monde sur la place dit « Demain, il doit tomber ! ». Après l’attaque d’hier, ils sont plus déterminés que jamais à chasser Moubarak. Mais pas seulement le dictateur, le vice-président Suleiman aussi et c’est tout le régime qu’ils veulent éliminer de fond en comble. Ils veulent absolument aller jusqu’au bout. Demain sera une journée décisive, on attend énormément de monde ici.”


Chris Den Hond, au Caire, jeudi 3 février 2011


Propos recueillis par Ataulfo Riera pour le site www.lcr-lagauche.be

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 08:42

Par Yassin Temlali le Jeudi, 03 Février 2011


 

 

La place Al-Tahrir était ce mercredi après-midi la cible d’une attaque organisée par des partisans du régime encadrés par des policiers. Des hommes en dromadaires et à cheval tentent ainsi de faire taire ce cœur palpitant de la révolte égyptienne. Là, l’Egypte, avec ses différences de classes, de confessions, d’idéologies et de looks, se rassemble pour réclamer avec entêtement le départ de Moubarak et de son régime. Reportage écrit avant l'attaque des baltaguis


A l'ombre du « Mogamaâ », gigantesque bâtiment administratif du centre-ville, se trouve Maydan al Tahrir, principal carrefour du Caire. D'ici, on peut aller partout dans la grouillante capitale et, surtout, probablement, vers un nouveau système politique.


La « Place de la Libération » est devenue le cœur battant d'une Egypte qui ne veut plus vivre dans l'injustice, la corruption et l'arbitraire policier. La dernière blague égyptienne ? Une banale annonce qu'on entend dans les galeries du métro : « Si vous allez à Al-Tahrir, changez à Hosni Moubarak ! ».


La place accueille depuis quelques jours les manifestations les plus massives et les plus radicales depuis l'arrivée du président égyptien au pouvoir, en 1981. Les caméras de toutes les télévisions du monde sont focalisées sur son incessant mouvement. Y compris ceux de la télévision publique qui, pour faire (mauvaise) bonne mesure montre, en même temps que le rassemblement qui s'y tient, d'autres, infiniment plus petits et plus éphémères, favorables au chef de l'Etat.


Le sit-in ininterrompu se tient sous bonne garde militaire. Les rues adjacentes, qui abritent plusieurs institutions, dont les deux Chambres du Parlement, ainsi que des ambassades étrangères, sont fermées par des blindés et interdites au trafic automobile. Les soldats et les officiers ne montrent pas de signe de nervosité : on ne leur a jamais offert autant de fleurs et de sourires.


Moubarak a unifié le pays entier contre lui


Rarement un président a suscité contre lui une telle unanimité. Ici, les frontières de classes s'estompent momentanément et font connaissance des gens qui, ailleurs, se tiennent les uns des autres à une distance respectueuse. Les gallabias des paysans frôlent les derniers cris de la mode masculine. Les foulards de couleurs et les niqab réglementaires cohabitent avec les cheveux au vent et les pull-overs négligemment noués autour de la taille, comme dans une promenade paisible au bord du Nil. Des gens de toutes obédiences se parlent et même se sourient. Les libéraux se serrent les coudes avec des militants de la gauche radicale, des Nassériens, des Frères musulmans et des Salafistes. Un écriteau authentiquement marxiste, « Non à la société de classes : nous sommes tous égaux », est paradoxalement arboré par une jeune fille voilée.


Les deux principales confessions du pays, l'islam et le christianisme, sont aussi ostensiblement représentées ici. Les oulémas azharites, avec leur turban blanc enroulé autour de leurs taqias rouges, lèvent vers le ciel le même poing énergique que quelques ecclésiastiques coptes avec leur énorme croix pendant sur leur soutane. Une banderole résume « l'unité interconfessionnelle contre le despotisme » : « Les cheikhs et les qissis (prêtres) contre le raïs (le président) ».


Logistique improvisée mais impressionnante


Le système logistique a beau avoir été mis en place dans l'urgence, le résultat de tant d'improvisations conjuguées est impressionnant d'efficacité. Une commission s'occupe de procurer aux manifestants nourriture et couvertures. A côté d'appelés du contingent épuisés mais affables, des jeunes vigiles des deux sexes fouillent au corps tous ceux qui veulent rejoindre le sit-in. « Nous avons peur que la police nous infiltre », s'excusent-ils. La rupture est totale entre l'armée, qui supervise ces contrôles, et les corps de sécurité dépendant du ministère de l'Intérieur. Elle semble également totale entre elle et la Présidence, à en juger par ces « A bas Moubarak » griffonnés en gros caractères sur les chars et qui n'ont pas trouvé d'officiers zélés pour ordonner de les effacer.


Des vendeurs ambulants font probablement fortune en proposant aux manifestants kochari, sandwichs de toutes sortes et bouteilles d'eau minérale. Les consignes anonymes, circulant de bouche à oreille mais aussi sous forme de tracts, n'ont pas omis le chapitre diététique : les repas gras sont vivement déconseillés et les collations légères recommandées. Comme les abords de la mosquée Omar Makram - et les salles de prière elles-mêmes, où l'on dort à tour de rôle -, les terre-pleins et les pelouses devant le Mogamaâ font office de lieux de repos temporaire. Quelques tentes y sont plantées mais la majorité des dormeurs sont allongés à même le sol.


« Hosni, tu ne pourras plus fermer l'œil »


La convivialité à Al Tahrir se manifeste aussi sous la forme d'une coexistence heureuse entre banderoles et écriteaux divers, qu'on arbore au-dessus de sa tête comme dans une joute rhétorique amicale. A « Nous voulons la fin du régime » a vite succédé ces derniers jours « Le peuple veut la chute du président », celui-ci ayant affirmé, selon la dernière rumeur malicieuse, qu'il ne s'appelait pas « Régime ». Ce slogan se décline en une infinité d'autres, bien plus spirituels : « Nous sommes désolés, votre crédit est épuisé ! », « Attention, la date de péremption du système a été largement dépassée ! », « Va-t-en, j'ai mal aux bras ! » ou l'irrespectueux « Même les bébés-veaux veulent ton départ ! ». Il se décline également en pronostics sur le sort réservé au chef de l'Etat lorsqu'il aura été déchu (l'échafaud ou l'exil, etc.) et sur l'avenir de l'Egypte une fois libérée du « Tyran » : « Elections démocratiques », « Révision de la Constitution », « Etat islamique, égalité et justice », « Ni pouvoir religieux ni pouvoir militaire : pour un gouvernement civil »...


Les Egyptiens n'ont pas perdu leur humour en ces circonstances de crise. Certaines pancartes sont des jeux de mots sur des répliques célèbres. Ainsi, « Hosni, tu ne pourras plus fermer l'œil » rappelle « Avec (la chaîne de télévision) Rotana, vous ne pouvez avoir sommeil » tandis que « Je ne vous ai pas encore compris ! » renvoie au discours désespéré du président Ben Ali annonçant aux Tunisiens qu'il a entendu leurs doléances.


D'autres pancartes moquent les lauriers du chef d'Etat vieillissant, qui a commandé l'aviation égyptienne lors de la guerre d'octobre 1973, lui hurlant que « akher talâa jawia, ila al mamlaka al saâoudia » (Votre dernière sortie aérienne sera pour l'Arabie Saoudite). D'autres encore mettent en évidence ce que les Egyptiens qualifient de « lenteur d'esprit » de l'homme qui dirige leur pays depuis trente ans. Elles lui épellent les revendications comme « I.R.H.A.L. » (Va-t-en) ou les lui rappellent en d'autres langues comme l'inattendu « Log Dof : dégage en nubien ! ».


Par ces temps d'intifada, la place de la Libération ne ressemble pas à ce lieu impersonnel et hostile qu'on traversait au péril de sa vie, au milieu de flux continus de véhicules. Elle n'a jamais aussi bien porté son nom. « J'avais peur, je suis devenu Egyptien », énonce un écriteau qui, une semaine plus tôt, n'aurait pas pu être brandi ici, à quelques centaines de mètres du ministère de l'Intérieur, pas plus que n'aurait pu être dressée cette potence à laquelle pend, au bout d'une corde de fortune, un mannequin effiloché en chiffons à l'effigie du Rais.


Yassin Temlali, Le Caire, 02 février 2011

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 10:14
alliot-marie-matraque.jpg

Ce qui frappe d’emblée le regard dans les révoltes en Tunisie et en Egypte, c’est l’absence du fondamentalisme musulman.

 

Dans la meilleure tradition laïque et démocratique, les gens se révoltent seulement contre un régime répressif, sa corruption et la pauvreté, en revendiquant la liberté et l’espoir de meilleures conditions économiques. La démonstration est faite que l’idéologie cynique du libéralisme occidental - qui part du principe que, dans les pays arabes, le véritable sentiment démocratique se limite aux élites libérales au sens strict alors que l’immense majorité ne peut se mobiliser que sur le fondamentalisme ou le nationalisme - est erronée. La grande question reste malgré tout : que se passera-t-il demain ? Qui émergera en vainqueur politique ?


Quand un gouvernement provisoire a été désigné à Tunis, les islamistes et la gauche la plus radicale en ont été écartés. La réaction des libéraux béats fut : bravo, ce sont bien les mêmes, deux extrémismes totalitaires. Mais les choses sont-elles aussi simples que cela ? Le véritable antagonisme n’est-il pas précisément, sur le long terme, entre les islamistes et la gauche ? Même s’ils sont momentanément unis contre le régime, quand ils approchent de la victoire, cette union éclate et ils se livrent une lutte sans merci, souvent plus cruelle encore que contre l’ennemi commun.


N’avons-nous pas assisté à cette lutte après les dernières élections en Iran ? Ce que les centaines de milliers de partisans de Hossein Moussavi défendaient, c’était le rêve populaire qui avait nourri la révolution de Khomeiny : liberté et justice. Même si ce rêve était une utopie, il signifiait l’explosion saisissante de la créativité politique et sociale, des expériences et des débats parmi les étudiants et les gens ordinaires. Cette authentique ouverture, qui a libéré des forces sans précédent de transformation sociale, un moment où «tout a semblé possible», fut alors progressivement étouffée par la mainmise politique de l’establishment islamiste.

Même dans le cas de mouvements clairement fondamentalistes, la composante sociale ne doit pas être négligée. Les talibans sont régulièrement présentés comme un groupe fondamentaliste qui s’impose par le terrorisme.

 

Cependant, quand, au printemps 2009, ils ont repris la vallée de Swat au Pakistan, le New York Times a écrit qu’ils avaient monté une «révolte de classe qui exploitait le profond clivage entre un petit groupe de propriétaires terriens aisés et leurs métayers». Si on pouvait craindre que les talibans, en «tirant profit» de la situation lamentable des fermiers, «présentent des risques politiques pour le Pakistan, qui restait largement féodal», qu’est-ce qui empêchait les démocrates libéraux au Pakistan, et aux Etats Unis, de tirer profit eux aussi de la même situation lamentable pour venir en aide à ces paysans sans terre ? Les forces féodales du Pakistan seraient-elles les «alliés naturels» de la démocratie libérale ?


La conclusion inévitable est que la montée de l’islamisme radical est toujours allée de pair avec la disparition de la gauche laïque dans les pays musulmans. Quand on présente l’Afghanistan comme le pays au fondamentalisme le plus radical, se souvient-on qu’il y a quarante ans, il avait une forte tradition laïque, grâce à un parti communiste puissant qui avait accédé au pouvoir indépendamment de l’Union soviétique ? Où est passée cette tradition laïque ? Et il est essentiel de lire les événements en cours en Tunisie et en Egypte (et au Yémen et… peut-être, espérons-le, en Arabie Saoudite) à la lumière de ce contexte. Si la situation est «stabilisée» de sorte que l’ancien régime perdure avec une chirurgie esthétique libérale, il faut s’attendre à une poussée de fondamentalisme insurmontable. Pour que puisse survivre l’héritage libéral essentiel, une aide fraternelle de la part de la gauche radicale sera indispensable.


Pour en revenir à l’Egypte, la réaction la plus honteuse et la plus dangereusement opportuniste revient à Tony Blair, rapportée par CNN : un changement est nécessaire, mais cela devrait être un changement stable. Un changement stable en Egypte ne peut que signifier un compromis avec les forces de Moubarak en élargissant légèrement le cercle du pouvoir. C’est pourquoi parler de transition pacifique maintenant est une indécence : en écrasant l’opposition, le raïs a rendu cela impossible. Après qu’il eut envoyé l’armée contre les manifestants, le choix était clair : un changement cosmétique dans lequel quelque chose change pour que tout reste pareil, ou bien une véritable rupture.


C’est donc maintenant l’instant de vérité : on ne peut prétendre, comme dans le cas de l’Algérie il y a dix ans, qu’autoriser des élections vraiment libres équivaut à donner le pouvoir aux fondamentalistes. Israël a fait tomber le masque de l’hypocrisie démocratique en soutenant ouvertement Moubarak. Une autre préoccupation libérale est qu’il n’y a pas de pouvoir politique organisé pour lui succéder s’il s’en va… Evidemment, puisque Moubarak y a veillé en réduisant toute l’opposition à des potiches décoratives - de sorte que le résultat évoque ce roman d’Agatha Christie, And Then There Were None («Et il n’en resta plus aucun», paru en français sous le titre Dix Petits nègres, ndlr). L’argument de Moubarak - moi ou le chaos - joue contre lui.


L’hypocrisie des libéraux occidentaux est à vous couper le souffle. Ils soutiennent publiquement la démocratie et quand le peuple se soulève contre les tyrans au nom de la liberté et de la justice, et pas au nom de la religion, ils sont «profondément inquiets» ! Pourquoi être inquiets au lieu de se réjouir que la liberté ait enfin sa chance ? Aujourd’hui plus que jamais, la devise de Mao Zedong est de mise : «Sous le ciel tout est en grand chaos ; la situation est excellente.»


Où donc devrait aller Moubarak ? Ici, la réponse est claire : à La Haye. S’il y a un dirigeant qui mérite d’y comparaître, c’est lui !


Slavoj Zizek, philosophe.

Traduit de l’anglais par Edith Ochs

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 08:39

 




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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 08:34

 

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 08:03

 

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vendredi 04 février 2011

Pas d'accord disent les militants d'Eau Secours 29 : quand ils font les comptes de l'abonnement, eau et assainissement confondus, il y a bien 47,25 % d'augmentation.

Quatre questions à

Yves le Berre et Henri Guillou, membres d'Eau Secours 29.


Vous contestez la présentation du prix de l'abonnement de l'eau donnée par la municipalité ?

Oui. En 2010, l'abonnement d'eau potable était de 9,33 € par semestre, soit 18,66 € HT par an. Pour 2011, si nous prenons notre facture sur 5 mois et en faisant une règle de trois, nous arrivons à 19,63 € à l'année. Si nous additionnons à cela le prix de 7,85 € HT à l'année pour l'abonnement à l'assainissement -ce qui est nouveau- nous obtenons un résultat de 27,48 € HT. Soit une augmentation de 47,25 % par rapport à 2010. Les usagers en tant que tel n'ont pas été consultés. Les élus nous disent qu'ils fixent le prix de l'eau. D'accord. Mais, le contrat d'engagement du fermier contient une clause de révision : nous verrons bien sur notre prochaine facture, en juin, si le fermier n'augmente pas ses tarifs ?


Vous êtes plus que réservés face au nouveau règlement de l'eau ? Expliquez-vous ?


Eau secours 29 avait effectué un recours gracieux auprès du maire après le vote du 24 septembre. La Commission consultative des services publics locaux (CCSPL) aurait dû être consultée pour ce règlement avant le vote de la délégation de service public, même si son avis n'est que consultatif. Or, elle ne s'est réunie que le 6 décembre, en catastrophe, avant le conseil municipal du 17 décembre qui a approuvé le règlement à l'unanimité. Imaginez que nous voulions attaquer ce règlement devant le tribunal administratif. Nous avions deux mois pour le faire, avant le 17 février, mais en tant qu'usager nous ne l'avons pas reçu. Alors que sur la facture d'eau adressée le 28 décembre, on nous écrit que ce règlement sera transmis au cours du mois de janvier.


Mais encore ? Sur le fond ?


En fait, ce règlement a été fait, non pas pour améliorer la vie de l'usager, mais plutôt pour border le fermier, le délégataire. Au Braden, en 2004, si nous avions porté plainte sur la base de ce présent règlement, nous aurions perdu. Ce règlement est blindé au détriment des usagers. Par ailleurs, nous pensons qu'il y a une clause abusive. Lorsque les usagers paieront leur facture en juin, cela vaudra pour acceptation du règlement de service. Les usagers ne peuvent faire autrement que de payer !


La pression de l'eau ? Là aussi vous réagissez : pourquoi ?


Dans le règlement de service, on rend l'usager responsable de la pression de l'eau qui sort de son robinet. La pression correcte devrait être de 3 bars. Dans le règlement, il est dit qu'elle peut varier de 0,5 à 12 bars ! Cela veut dire quoi : qu'un réducteur de pression peut sauter parce que la pression est trop forte. Ou qu'au dixième étage d'une tour de Kermoysan, la pression peut être de 0,5 bar et que plus rien ne marche. C'est à Véolia de mettre la bonne pression dans le robinet, sous la responsabilité des élus. Il appartient aux élus d'imposer certaines règles aux fermiers. Or, toutes tendances politiques confondues, ils ne le font pas.

 

Recueilli par Christian GOUEROU

 

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Eau-Secours-29-donne-son-prix-de-l-eau-_40884-1680759------29232-aud_actu.Htm

 


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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 07:37

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Planning familial : un gynécologue aurait postulé
vendredi 04 février 2011

Kerigonan, l'un des deux centres brestois, est fermé par le conseil général pour cause affichée de pénurie médicale. Mais une association connaît un médecin qui aurait été candidat...

Le conseil général ferme Kerigonan, l'un des deux centres brestois de planification et d'éducation familiale. Raison invoquée : la pénurie médicale. Aucun candidat pour succéder au médecin parti en retraite il y a deux ans (O.-F. de samedi). « Faux ! » selon le Mouvement français pour le planning familial.

Samedi, cette association d'informations sur le droit des femmes et la sexualité a reçu l'appel « révolté » d'une médecin gynécologue. « Vers le milieu de 2008, elle avait déposé une demande d'emploi pour un poste en septembre. Mais, le 27 mai, le Département a décliné son offre ! » Le départ en retraite de Kerigonan « était pourtant en cours ». La médecin avait exercé dans des centres de planification en région parisienne.

 

La réponse fut : « Aucun poste correspondant à vos compétences n'est actuellement à pourvoir. »


Le Planning familial demande à l'assemblée départementale de revenir sur sa décision. « L'État déjà se désengage. Mais si le conseil général fait de même sur une de ses missions, on ne comprend pas ! »


Kerigonan avait accueilli 300 personnes l'an passé, 1 200 il y a deux ans. Celui de l'hôpital, qui est financé indirectement par le Département, a reçu 3 200 consultantes en 2010. Mais, celui de Kérigonan, situé dans le pôle de santé de la Ville, rue Alexandre-Ribot, aurait des atouts. « Les personnes précaires iront moins facilement à l'hôpital. »

 

L'association met aussi en cause le centre de l'hôpital. Dont « l'hospitalisation systématique, la veille de l'intervention, » des mineures en cas d'IVG (Interruptions volontaires de grossesse), sous « anesthésie générale »... alors que « l'anesthésie locale est possible », et que « les femmes majeures rentrent le matin et ressortent le soir ».


Rassemblements le 9


Le centre serait « fermé le samedi », et « le midi ». Les femmes de plus de 21 ans ne pourraient y consulter pour contraception (stérilet ou implant) alors que la mission de ces centres est d'accueillir de « 15 à 50 ans ». « Et qu'il faut de 6 à 9 mois pour obtenir un rendez-vous chez un gynécologue en ville. »


Mercredi 9, à 18 h, le Planning organise deux rassemblements : place de la Liberté, à Brest ; et place de la Résistance, à Quimper, car il craint aussi que l'un des deux centres y soit en sursis avec son médecin sur le départ en retraite. Une pétition sera à signer.


Pierre Maille, président du conseil général, rétorque : « Je ne peux répondre comme cela. Je n'ai pas connaissance de tout le dossier. » Pour lui, la problématique n'est pas spécifiquement brestoise. « Avec les mêmes moyens, nous voulons un traitement équitable sur l'ensemble du Finistère. Nous réfléchissons à l'ouverture d'une antenne à Lesneven. » Une réunion de travail est prévue la semaine prochaine avec le Département, l'hôpital et les associations.

 

Laurence GUILMO
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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 10:43
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  CULTURE - 

 

Morlaix va t-il devenir un désert culturel? ( Note du blog: Alors vue de Rennes ou de Paris, la Bretagne profonde c'est encore et toujours "désert culturel" hein? Ce festival dure quelques jours et hop, après fini, désert, on rentre chez soi lire Libé en rêvant de Paris où les ploucs eux sont cultivés! ).

 

Celà en prend bien le chemin. Après les difficultés du théâtre de la ville, dues à une baisse drastique des subventions octroyées par la municipalité, c’est maintenant les arts de la rue, qui restaient le fer de lance de la vie artistique et culturelle morlaisienne qui risquent de disparaître. La structure Le Fourneau, organisatrice depuis 1997 du Mai des Arts et du festival national des arts de la rue (FAR) qui animait la ville et attirait chaque été plusieurs milliers de spectateurs a décidé de jeter l’éponge.

 

"On ne peut plus travailler sereinement sur ce territoire", explique t-on au Fourneau, qui était sur le point de conclure une convention pluriannuelle avec l'ensemble de ses partenaires concernant notamment le projet "Théâtre de rue en Pays de Morlaix", convention torpillée en dernière minute par Morlaix communauté.

En février 2010, la convention avait pourtant été adoptée à l’unanimité par le Conseil de Morlaix Communauté. Par un courrier du 1er octobre 2010, son président, Yvon Hervé, annonçait toutefois ne plus vouloir la signer en l’état. Qu’à celà ne tienne, une table ronde, le 24 novembre, remettait tout le monde d’accord.


Las! A la mi-décembre, le président et la vice-présidente à la culture modifiaient la fameuse convention par des inscriptions manuscrites indiquant une baisse progressive des subventions (1): moins 10 000 euros en 2011, puis moins 20 000€ en 2012 et moins 30 000€ en 2013! Il n’en fallait pas plus pour rendre caduque le document et remettre en cause l’ensemble d'un accord déjà paraphé par tous les autres partenaires.


Cette situation est aussi la conséquence de la politique culturelle de la municipalité (apparentée UMP), à laquelle s'ajoute aujourd'hui une conception de la démocratie pour le moins curieuse à la communauté de Morlaix (à majorité PS). En effet, si celle-ci avait compensé les coupes sombres effectuées par la ville en 2009 dans les subventions octroyées au Fourneau (passées de 76 000€ à 10 000€), elle a joué un bien mauvais tour aux arts de la rue à Morlaix (2) en modifiant unilatéralement la convention pluriannuelle concernant le Fourneau.


"Au delà de la convention, c'est aussi la question de la liberté de l'expression artistique dans l'espace public qui était posée, souligne Claude Morizur, directeur du Centre national. A partir du moment où la vice-présidente puis le président ont aussi commencé à critiquer les spectacles, à regretter que certains soient "un peu dérangeants" ou "pas toujours de bonne qualité", ce n'était plus possible pour nous. Ce n'est pas aux élus de décrèter ce qui est bien et ce qui est mal, nous ne serons jamais les valets du roi ou de la reine".


Reste que la décision du Fourneau, qui va devoir renégocier pour sa part une autre convention avec ses partenaires, va priver du même coup le Pays de Morlaix des financements des autres collectivités (pour un montant prévu de 160 000€ en 2010, le budget des Arts de la rue à Morlaix générait 438 000€ d'apport des autres partenaires). Pas sûr au bout du compte que les Morlaisiens seront gagnants. Plus question en tout cas de FAR, un festival qui attirait quelque 40 000 spectateurs sur trois jours, ou de Mai des Arts à Morlaix.


PHA

(1) Selon le Fourneau, un quart de cette subvention est réinvestie dans les hôtels et autres services.

(2) Une quarantaine de compagnies accueillies au cours de l'année entre les festivals et les résidences.

(Photo: "1er Round" de Tango Sumo FAR 2010)

 

http://www.liberennes.fr/libe/2011/02/la-communaute-de-communes-de-morlaix-sabote-les-arts-de-la-rue.html

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