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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 12:36
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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 12:25

 

Par Eros Sana (31 janvier 2011)

Comment se construit la transition démocratique en Tunisie ? Vincent Geisser, chercheur à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman, analyse le rôle que jouent les différents acteurs tunisiens – opposants politiques, anciens du régime de Ben Ali, parti « islamiste », armée, police – ainsi que les puissances étrangères. Il décrit les scénarios possibles de la consolidation démocratique dans les prochaines semaines. Entretien.

 

 

Basta ! : Où en est la révolution tunisienne ? Quelles sont les stratégies des forces en présence pour construire la « transition démocratique » ?


Vincent Geisser [1] : Les « démocrates » tunisiens qui ont soutenu et accompagné la révolution sont profondément divisés sur le devenir du mouvement protestataire. Il y a ceux qui pensent qu’il faut renforcer la démocratie naissante en mettant fin définitivement au processus contestataire. Ils sont partisans d’une certaine normalisation sécuritaire, basée sur un compromis historique entre les « colombes » de l’ancien régime, les opposants indépendants et les représentants du syndicat unique UGTT (Union générale tunisienne du travail). Ils souhaitent consolider la transition démocratique, notamment en transigeant avec l’armée et les parties les plus « saines » de l’appareil sécuritaire, ainsi qu’avec certains anciens caciques du régime réputés pour leur « ouverture ». C’est la position défendue par Néjib Chebbi (Parti démocrate progressiste), ancien opposant à Ben Ali et actuellement ministre du gouvernement de transition.


D’autres veulent éradiquer toute trace de l’ancien régime et de l’État-parti, et rejettent tout compromis. C’est le cas des partisans de Moncef Marzouki (Congrès pour la République) et des membres du Parti des ouvriers communistes tunisiens (POCT). Et bien sûr des leaders du mouvement des « diplômés chômeurs » de l’intérieur du pays. Ces derniers souhaitent pousser jusqu’au bout la « révolution démocratique », afin de donner naissance à un nouveau régime politique, économique et social. Ces deux camps n’ont pas une réelle différence de culture politique, ils sont animés par des idéaux démocratiques. Ce qui les sépare fondamentalement, c’est la stratégie de rupture et surtout l’« agenda démocratique ».


Que reste-il de l’ancien régime ?


Il y a une certaine désillusion aujourd’hui des acteurs protestataires, tout à fait compréhensible – je pense notamment aux jeunes « diplômés chômeurs ». Mais il n’existe pas de risque objectif de retour à l’ancien régime ou de restauration du système mafieux. Une rupture a bien eu lieu. Le dictateur est parti. C’est un élément primordial lorsque l’on sait que tout en Tunisie tournait autour de lui, avec une personnalisation extrême du pouvoir. Les clans mafieux et affairistes – les familles Ben Ali, Trabelsi et autres – ont fui. Les segments les plus obscurs de l’appareil sécuritaire ont été largement démantelés.


Si l’on peut légitimement comprendre la déception des « démocrates radicaux », comme Marzouki, Hammami, Nasraoui, et des diplômés chômeurs qui ont le sentiment que la révolution leur est volée, l’ancien régime est bien déchu. Nous sommes dans une phase de transition. Mais cette transition peut aboutir à un régime bâtard qui verrait un candidat indépendant accéder au pouvoir présidentiel, avec des éléments nouveaux mais aussi avec des éléments de l’ancien régime. Ce qui conduirait à conforter une sorte de « démocratie autoritaire » ou d’« autoritarisme démocratique ».


Quel rôle l’armée tunisienne a-t-elle joué dans la révolution et quel rôle peut-elle jouer à l’avenir ?


L’armée a eu ces dernières semaines un rôle fondamental, en refusant d’appuyer le plan de répression de Ben Ali. Elle a clairement rejeté la politique jusqu’au-boutiste de son chef suprême, et a joué plutôt un rôle protecteur des acteurs protestataires. La raison ? L’armée n’est pas liée avec les intérêts mafieux et claniques du pouvoir. Contrairement à l’Égypte, la Syrie ou même l’Algérie, l’armée en Tunisie n’a pas d’intérêt direct dans l’industrie ou dans la gestion de la rente pétrolière. C’est une armée d’environ 35.000 hommes, composée de salariés, de fonctionnaires, de techniciens et d’ingénieurs.


Il ne faudrait pas pour autant en brosser un portrait romantique. L’armée tunisienne a joué un rôle répressif en 1978 pour canaliser les mouvements sociaux, et en 1981 et en 1984 pour réprimer les « révoltes du pain ». Cette fois, elle a refusé ce rôle parce que les sources de légitimité du régime étaient épuisées. Ben Ali était discrédité, la corruption était généralisée. Face à cette impasse, l’armée a bien compris que la seule solution était de remplacer le dictateur.


Cette réaction – que certains qualifieraient de « républicaine » – est avant tout dictée par une analyse pragmatique : les généraux et les officiers supérieurs étant convaincus qu’une répression ne pouvait conduire qu’au chaos et à leur propre disparition. Vu la « fluidité politique » actuelle, l’armée tunisienne peut jouer un rôle de plus en plus important dans le processus constitutionnel et dans la « pacification » sociale, en oscillant entre registre sécuritaire et registre de médiation avec les forces vives du pays.


« L’appareil sécuritaire » tunisien est-il encore présent et opérationnel ?


La France compte 60 millions d’habitants, la Tunisie 9 millions. Pourtant les deux pays ont quasiment le même nombre de policiers : 135.000. C’est énorme ! La Tunisie est l’un des pays qui comptent le plus de policiers par habitant. L’appareil sécuritaire, à travers le ministère de l’Intérieur, s’est pleinement engagé dans la répression. Une partie de la police a tiré sur la foule à balles réelles. C’est l’appareil sécuritaire de Ben Ali qui est responsable des près de 70 morts officiellement déplorés et des milliers de blessés. Mais tout l’appareil policier n’est pas corrompu : la partie « pourrie », mafieuse, de l’appareil sécuritaire a été en grande partie démantelée.


Il n’y a plus à craindre des secteurs du ministère de l’Intérieur directement aux clans Ben Ali et Trabelsi. Ils sont actuellement en fuite. Je ne crois pas en un retour des « vieux démons », même si la future démocratie tunisienne peut connaître des tendances sécuritaires comparables à celles que nous observons actuellement en France avec Nicolas Sarkozy. C’est en ce sens qu’il y a un risque de voir émerger en Tunisie dans les prochains mois une « démocratie autoritaire ».


Quel rôle peuvent jouer les « islamistes » dans le processus démocratique ?


Les « islamistes » tunisiens sont depuis longtemps intégrés aux « forums démocratiques ». Ce sont des « intégristes intégrés » au débat démocratique, en exil. Ils participaient à Paris, à Londres, à Marseille à de nombreuses réunions de l’opposition, aux cotés de la gauche, communiste, socialiste, voire anti-islamiste. De nombreux leaders de la gauche tunisienne « laïque » ont fréquemment rencontré les leaders « islamistes ». À beaucoup d’égards, les « intégristes » sont déjà intégrés au jeu politique tunisien.


Pour le parti Ennahdha (Renaissance) de Rached Ghannouchi, le modèle n’est pas l’islamisme radical ou l’islamisme salafiste de type saoudien, mais plutôt le parti AKP qui dirige actuellement la Turquie. Ce qui veut dire accepter le jeu parlementaire et prôner un libéralisme économique teinté de social, et surtout un certain pragmatisme avec les autres démocrates. Il y a un immense mythe sur les « islamistes » de Tunisie. Le parti Ennahdha est plutôt un parti conservateur libéral, qui n’est pas du tout dans une démarche de création d’État islamique ou de théocratie musulmane. Les « islamistes classiques » tunisiens ont le regard tourné vers Ankara, ils n’ont rien de « fascistes verts ».


Comment réagissent aujourd’hui les pays occidentaux et les pays arabes voisins ?


Les États-Unis ont joué un rôle de premier ordre dans le départ de Ben Ali. Le soutien du président Barack Obama au mouvement social, même s’il a été timide, a été beaucoup plus net que celui de la France. Au-delà de ce soutien symbolique, il semblerait que l’administration Obama ait donné son appui à l’armée tunisienne et aux « colombes » du régime (Mohamed Ghannouchi, le Premier ministre et Kamel Morjane, le ministre des Affaires étrangères) pour sacrifier Ben Ali. Il est clair que les États-Unis ont appuyé le scénario de transition.


En ce qui concerne les pays arabes, on peut vraiment craindre que certains régimes mettent tout en œuvre pour faire capoter le processus démocratique tunisien. L’Arabie saoudite, la Lybie, l’Algérie n’ont aucun intérêt à ce qu’une démocratie puisse naître dans le monde arabe. Une « coalition informelle » des dictateurs arabes pourrait se constituer pour saboter et enrayer le processus démocratique tunisien.


L’appui des États-Unis, de l’Union européenne et de la France aux démocrates tunisiens est primordial. Soit on joue la carte de la démocratie dans le monde arabe, soit, au contraire, on joue un rôle ambigu et on favorise le jeu pervers des wahhabites saoudiens, de la dictature mégalomane de Kadhafi et du régime des généraux algériens. Dans ce cas, il ne faudra pas se plaindre de la progression de l’idéologie salafiste jihadiste !


Comment la France a-t-elle pu faire de telles erreurs d’analyse sur la situation tunisienne ?


La position officielle de la France n’était pas fondée sur une erreur d’analyse, mais sur une logique politique de soutien total et aveugle au régime de Ben Ali. Interpréter les déclarations de Michèle Alliot-Marie comme une faute politique est erroné. Ce n’est pas une faute politique, c’est une faute de politique. La France a toujours soutenu les régimes autoritaires. Elle considère que l’on ne fait de diplomatie que dans les relations d’État à État et que les sociétés civiles importent peu.


Les États-Unis ont à la fois soutenu Ben Ali et développé des relations concrètes avec les syndicats et l’ensemble des dissidents du régime. Au contraire, la France a toujours interdit à sa diplomatie d’avoir le moindre contact avec tout ce qui pouvait nuire à la qualité de ses relations avec Ben Ali. Cet aveuglement constitue la logique de la politique française à l’égard du monde arabe : « On soutient les dictateurs contre les risques de déstabilisation ! » Il semble que la France a compris un certain nombre de ses erreurs. On peut espérer qu’elle réoriente sa politique à l’égard de la Tunisie en appuyant ouvertement le processus démocratique.


Quels sont les possibles scénarios dans les semaines et mois à venir ?


La Tunisie a le choix entre deux options. Soit une consolidation démocratique autoritaire qui conduirait le pays jusqu’à des élections, avec une coalition large autour d’un opposant indépendant tel que Nejib Chebbi (PDP), avec certains éléments de l’ancien régime et des éléments de la gauche syndicale. Dans cette hypothèse, les élections seront certes « démocratiques » (du moins en apparence), mais le scénario sera au préalable « programmé » : le candidat du pouvoir disposera notamment de moyens supérieurs à ceux de ses adversaires. Ce scénario de « démocratie contrôlée » a pour but de préserver les intérêts occidentaux et de poursuivre l’insertion de la Tunisie dans « l’économie-monde », dans la voie tracée par la Banque mondiale et le FMI. Un scénario où le candidat serait une sorte de « Ouattara tunisien ».


Autre hypothèse : la pression de la rue se poursuit, voire s’accentue et pousse le gouvernement à démissionner ou à aller beaucoup plus loin, avec la dissolution du parti de Ben Ali (RCD), l’instauration d’un véritable processus constitutionnel avec l’élection d’une assemblée constituante. Démocratie totale ou semi-démocratie ? Rupture radicale avec l’ancien régime ou consolidation autoritaro-démocratique ? C’est en ces termes que je poserais l’avenir politique de la Tunisie. Un avenir, qui, dans tous les cas, se fera sans Ben Ali.

Propos recueillis par Eros Sana


Photo : © Eros Sana. Manifestation de soutien à la révolution tunisienne (Paris, janvier 2011).

Notes

[1] Vincent Geisser est sociologue, chercheur au CNRS et à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (IREMAM). Il est auteur, avec Moncef Marzouki, de Dictateurs en sursis. Une voie démocratique dans le monde arabe, éditions de L’Atelier, 2009.

 

/http://www.bastamag.net/

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 12:10
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26 janvier 2011

 

Nous publions ci-dessous un entretien avec Gilbert Achcar, professeur au SOAS, Londres, est spécialiste de la région. Cet entretien a été effectué le 26 janvier 2011. (Rédaction de A l’Encontre)


Les manifestations, les affrontements en Egypte, tout cela implique-t-il une situation analogue à la Tunisie ?


Gilbert Achcar — En Tunisie, le mouvement a pris son essor de manière quasi spontanée ; la révolte s’est étendue comme une tache d’huile après le suicide du jeune vendeur ambulant de Sidi Bouzid.


En Egypte la situation est différente. Les manifestations ont été organisées par une opposition politique qui conduit une campagne forte contre le régime, une campagne contre la « transmission héréditaire du pouvoir » : c’est-à-dire le projet de Moubarak de transmettre à son fils la direction du pays. Les élections de fin novembre – avec un taux officiel de participation de 25% – ont poussé la farce encore un peu plus loin, en soulignant la différence avec celles – pourtant truquées – de 2005. A cette époque G.W. Bush exerçait une pression sur les alliés arabes afin qu’ils adoptent un semblant de démocratie. Le régime égyptien a permis à la principale force d’opposition, les Frères musulmans, de faire élire 88 députés. Des élections effectivement libres auraient permis aux islamistes de faire montre d’une force électorale bien plus grande, peut-être même de les gagner, comme ce fut le cas en Algérie au début des années 1990.


Mais cette ouverture contrôlée a démontré aux Etats-Unis, de fait, ce que voulait Moubarak : c’est-à-dire que l’alternative était soit lui, soit les Frères musulmans. Washington était convaincu qu’il jouait avec le feu mais qu’il était préférable de faire appel à cette politique : mieux des régimes autoritaires alliés que des situations sociopolitiques incontrôlables. Moubarak a dès lors organisé de nouvelles élections comme dans les années antérieures à 2005, c’est-à-dire complètement truquées. Les Frères musulmans ont passé de 88 députés à un seul.


De plus, à partir de 2006-2009, l’Egypte a connu la plus grande vague de grèves ouvrières de son histoire récente. Une vague qui commença en 2006 mais qui ne s’est pas complètement arrêtée et qui a provoqué une forte tension sociale dans le pays.

Moubarak a fait l’erreur de croire qu’en serrant la valve de sécurité il pourrait contrôler l’ébullition dans la marmite ; en fait, il l’a fait exploser. A cela s’ajoute l’exemple tunisien qui a poussé la population à agir. La situation du régime est incertaine, il a peur que tout cela finisse comme en Tunisie et il ne veut pas perdre le contrôle.


Quelle est la composition de l’opposition ?


Tout d’abord, il y a les Frères musulmans. Puis il y a des forces d’opposition libérales qui ont comme expression politique centrale l’ancien directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique Mohamed ElBaradei. Moubarak ne lui a pas permis de se lancer dans la dernière campagne électorale parce que cela aurait impliqué de modifier les règles électorales qui permettent au régime de contrôler complètement qui peut se présenter à l’élection présidentielle.


On peut compter parmi les soutiens d’El-Baradei beaucoup de nationalistes de gauche qui voient en lui l’alternative non religieuse la plus crédible. A l’élection présidentielle, il aurait de bonnes possibilités car il est dorénavant fort connu. Il y a aussi une extrême gauche qui va des communistes à une aile plus radicale, aux restants du nassérisme, mais elle a peu de poids. Il y a une nouvelle gauche qui est apparue ces dernières années et qui est en lien avec les luttes sociales en cours. Mais elle est encore assez embryonnaire.


Pour la première fois dans l’histoire post-nassérienne on a vu apparaître des syndicats indépendants. Toutefois, les mouvements sociaux n’ont pas encore trouvé une expression politique forte. Si se manifestait un point de convergence entre la mobilisation sociale et une opposition politique, on pourrait assister à un changement à la tunisienne ; mais pour le moment, les choses ne semblent pas avoir atteint ce point.


Qui soutient Moubarak ?


Depuis la fin du coup d’Etat de 1952, c’est l’armée qui est le véritable centre du pouvoir en Egypte. Même Moubarak vient de l’armée. Ce n’est pas le cas de son fils qui, entre autres pour cette raison, n’est pas crédible. Pour l’heure, l’armée est prudente. Mais si la mobilisation se développe de manière croissante, elle pourrait abandonner Moubarak. Ou, au moins, le pousser à laisser tomber « la transmission héréditaire ».


De l’Egypte au Yémen, de la Tunisie à la Jordanie et à l’Algérie se manifeste une vague de protestation venant d’en bas qui suscite un nouvel espoir.



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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 08:35

 

 

 

 

 

 

 

Being reported by al-Quds al-‘Arabî (London) today 31 Jan.

 

One of Mubarak’s top aides takes him aside and advises him to begin drafting an address of apology and farewell to the people.

 

“Why?” asks a puzzled Mubarak, “Where’s the people going?”

 

La dernière sur Moubarak:

 

Un de ses adjoints le presse de faire une déclaration d'adieu au peuple.

 

Et Moubarak: " Ah bon? Et où est-ce qu'il se rend?"

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 12:24
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EDUCATION - “En matière d’enseignement du breton, il y a un hiatus entre l’offre et la demande. C’est la fracture bretonne”, juge Fanch Broudic, auteur d’un rapport “l’Enseignement du et en breton”, pour le Rectorat d’académie de Rennes. Ou comment le manque d’enseignants du breton pénalise d’autant la survie d’une langue qui pourrait perdre d’ici 2017 plus de 13 000 locuteurs par an (1). 


Le comble c’est que les postes existent mais il n’y a pas suffisamment de candidats. “Les moyens sont là, c’est la ressource humaine qui fait défaut”, a constaté le recteur d’académie Alain Miossec. Depuis 2006, dix postes d’enseignants en moyenne par an n’ont pas été pourvus. En 2011, sur 38 postes de professeurs des écoles à pourvoir pour le breton, 11 n’ont pu être attribués. Les effectifs des établissements n’en continuent pas moins de progresser, pour atteindre quelque 13 500 élèves aujourd’hui, toutes filières confondues (+ 3,83% par rapport à 2009). Ce sont surtout des élèves en écoles primaires, car, dès le secondaire, les effectifs fondent, notamment dans les écoles publiques et les écoles privés qui perdent la moitié de leurs effectifs en breton à l'entrée de la sixième. Même si la filière des écoles associatives Diwan s’en sort mieux, la boucle est bouclée. Car une telle déperdition à l’entrée de la sixième signifie encore moins d’élèves en seconde et donc un nombre toujours plus faible de candidats susceptibles de poursuivre jusqu'au bac puis d'engager des études pour passer les concours et devenir enseignant. D’où l’une des principales préconisations de Fanch Broudic pour redresser la barre (2): consolider l’enseignement du breton dans le secondaire. Le chercheur insiste aussi sur la nécessité de favoriser un “environnement favorable”, une “empathie du public en faveur du breton", de le “valoriser” pour lui faire perdre l’image de ringardise qui lui reste accrochée aux basques. "Il y a des gens en Bretagne qui ne savent pas que d'autres parlent breton", souligne t-il. Drôle de situation: alors qu’à la première moitié du 20è siècle, la langue bretonne, langue du quotidien, était interdite à l'école, aujourd'hui, depuis son abandon massif comme langue maternelle dans les années 1950, c'est seulement l'école qui peut la perpétuer, explique encore Fanch Broudic, qui appelle de ses voeux des “efforts conséquents de promotion du breton dans la société” pour rajeunir son image et lui donner "une meilleure visibilité.

PHA

(1) On estime à 206 000 le nombre de locuteurs en breton aujourd’hui. Ils pourraient n’être plus que 120 000 en 2017.


(2) Une synthèse du rapport "L'Enseignement du et en breton" où figurent "60 mesures concrètes" pour favoriser l'enseignement du breton est téléchargeable sur le site du rectorat d'académie: www.ac-rennes.fr

 

Note du blog:

 

Je ne fais pas de politique, mais... Quand on apprend le breton, on apprend que "manger" se dit "debriñ "et jamais on ne mentionne autre chose. Pire, si vous avez baigné dans autre chose, on vous fait vous conformer "à la loi" qui dit qu'il faut bien prononcer "debri" qui serait une moyenne qui reconcilie les différentes variantes. Or sur la carte on ne le trouve nulle part ou alors dans un coin du Morbihan. La majorité dit (ou disait) autre chose. Ce n'est pas politique, mais bon...

 

Quimper : la Ville souhaite ouvrir une classe bilingue
Éducation lundi 31 janvier 2011
 

La ville de Quimper souhaite ouvrir une nouvelle classe bilingue français-breton à l’école Paul-Langevin, située en zone d’éducation prioritaire.

Ce projet est élaboré en partenariat avec l’inspection académique, l’office de la langue bretonne et l’association Div-Yezh. « Il faut un minimum de 15 inscriptions pour pouvoir ouvrir », précise Thierry Seznec, conseiller pédagogique en langue bretonne à l’inspection académique.

L’ouverture de cette classe bilingue s’adresse aux enfants nés en 2006, 2 007, 2 008 et 2 009. Les pré-inscriptions seront prises directement auprès des services de la mairie. Tél. 02 98 98 88 39. Une réunion d’information est organisée le lundi 7 février à 17 h 30 à la salle polyvalente de l’école élémentaire.

Aujourd’hui, il y a 310 enfants inscrits au sein d’une filière bilingue à Quimper dans le public, le privé et à Diwan.

 

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Quimper-la-Ville-souhaite-ouvrir-une-classe-bilingue_40771-1676282-pere-redac--29019-abd_filDMA.Htm

 

 


Initiation au breton : la Région finance
mardi 01 février 2011

« Le breton est un patrimoine culturel immatériel » insiste le conseiller général André Le Gac. Alors, finançons-le. C'est une avancée qui réjouit le conseil général du Finistère et qui devrait séduire les 283 communes du département, particulièrement les 210 qui ont une école publique. À partir de cette année, le conseil régional finance l'initiation à la langue bretonne dans les écoles publiques.

Le budget de 2,5 M€ consacré à la culture bretonne (dont 500 000 € pour l'initiation dans les écoles publiques) est voté à l'unanimité depuis 11 ans ! On arrive donc aujourd'hui à un partage du financement de 50 % pour le conseil général, 18,3 % de la Région et 31,7 % à la commune.


« Le soutien financier demandé aux communes diminue de façon importante. Ce qui devrait inciter de nouvelles communes à rejoindre le dispositif et pour celles qui y participent déjà à accepter de cofinancer un nombre d'heures plus important » analyse Yannig Menguy directeur de l'association Mervent.


En 2010-2011, 8 000 élèves finistériens dans 331 classes de 118 écoles ont bénéficié de cette sensibilisation, soit 14,3 % des effectifs totaux de l'enseignement public. Objectif à moyen terme, en faire bénéficier 18 000. Quatre prestataires associatifs y travaillent : Mervent en sud Finistère, KLT pour la région de Morlaix, SKed pour la région brestoise et An Oaled pour le reste du Léon.


http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Initiation-au-breton-la-Region-finance-_40734-1676665------29232-aud_actu.Htm

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 12:07

 

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 09:49

 

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 09:40

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 09:19
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30 janvier 2011

 

« Le trait le plus incontestable de la Révolution, c’est l’intervention directe des masses dans les événements historiques. D’ordinaire, l’Etat, monarchique ou démocratique, domine la nation ; l’histoire est faite par des spécialistes du métier : monarques, ministres, bureaucrates, parlementaires, journalistes. Mais, aux tournants décisifs, quand un vieux régime devient intolérable pour les masses, celles-ci brisent les palissades qui les séparent de l’arène politique. (...) L’histoire de la révolution est pour nous, avant tout, le récit d’une irruption violente des masses dans le domaine où se règlent leurs propres destinées. »
Léon Trotsy, Histoire de la révolution russe


La situation, comme dans toute révolution, évolue, d’heure en heure. Telle ou telle appréciation sera surement dépassée dans les heures ou les jours qui viennent, mais d’ors et déjà, les peuples tunisien et égyptien sont en train d’écrire les pages des premières révolutions de ce 21°siècle. Elles provoquent une onde de choc dans tout le monde arabe, d’Alger à Ramallah, d’Amman à Sanaa au Yémen. Ces révolutions résultent, dans les conditions historiques particulières de ces pays, de la crise qui secoue le système capitaliste mondial.

 

Des « révoltes de la misère » sont combinées à une immense mobilisation pour la démocratie. Les effets de la crise économique mondiale conjugués à l’oppression des dictatures, font de ces pays, dans la conjoncture actuelle des maillons faibles de la domination impérialiste. Elles créent les conditions pour l’ouverture de processus de révolutions démocratiques et sociales.


Manifestations, grèves, assemblées, comités d’autodéfense, mobilisations des syndicats, des associations démocratiques, mobilisation de toutes les classes populaires, « ceux d’en bas » et « ceux du milieu » qui basculent dans l’insurrection, « ceux d’en haut qui ne peuvent plus gouverner comme avant », convergences des partis d’opposition radicale contre le système, ce sont tous les ingrédients de situation prérévolutionnaire ou révolutionnaire qui sont là, présents explosifs. C’est aujourd’hui au tour de l’Egypte de voir des millions de travailleurs, de jeunes, de chômeurs se dresser contre la dictature de Moubarak.


En Tunisie, une dictature sanglante a été abattue. Elle a concentré la haine de toute une société, des classes populaires et surtout de la jeunesse.


Il fallait en finir avec l’ordre de Ben Ali, sa répression, sa corruption, son injustice sociale, système soutenu par toutes les puissances impérialistes, la France, les USA, l’Union Européenne.


C’est ce même mouvement qui submerge aujourd’hui l’Egypte.


Il y a, bien sûr, des différences historiques entre les deux pays. L’Egypte est le pays le plus peuplé du monde arabe. Elle a une place géo-strategique décisive au Moyen Orient. Les structures de l’Etat, les institutions, l’Armée y sont différentes. Mais c’est un même mouvement de fond qui touche les deux pays.


Les masses tunisiennes n’en pouvaient plus, aussi, d’un système économique - « bon élève de l’économie mondiale » selon Mr Strauss-Khan - qui les affamait. L’explosion du prix des produits alimentaires de base, un chômage de près de 30%, des centaines de milliers de jeunes formés, qualifiés sans emploi ont constitué le terreau d’une révolte sociale qui en se combinant avec une crise politique, a débouché sur une révolution.


Il y a eu, de 2006 à 2008, une hausse dramatique des prix de tous les produits essentiels, dont le riz, le blé et le maïs. Le prix du riz a triplé en cinq ans, passant d’environ 600 $ la tonne en 2003 à plus de 1800 $ la tonne en mai 2008. L’augmentation récente du prix du grain est caractérisée par un bond de 32 % enregistré durant la deuxième moitié de 2010 dans l’indice composite des prix alimentaires.


La forte hausse des prix du sucre, des céréales et des oléagineux a conduit les prix alimentaires mondiaux à un record en décembre, dépassant les coûts de 2008, lesquels avaient déclenché des émeutes à travers le monde.


En même temps, le FMI comme l’OMC exigent la levée de toutes les barrières douanières et l’arrêt de toutes les subventions aux productions vivrières. La récente hausse spéculative du prix des aliments a, donc, favorisé un processus mondial de création de la famine d’une ampleur sans précédent, qui frappe un ensemble de pays d’Afrique et du monde arabe.

L’Egypte a subi aussi les effets de cette explosion des prix alimentaires. L’économie ne parvient pas à créer assez d’emplois pour subvenir aux besoins des Egyptiens.

 

Les politiques néolibérales mises en œuvre depuis les années 2000 ont provoqué l’explosion des inégalités et un appauvrissement de millions de familles. Malgré une croissance économique de 5%, 25% de la population vit au dessous du seuil de pauvreté. Près de 40% des 80 millions d’Egyptiens continuent de vivre avec moins de deux dollars par jour. Et 90% des chômeurs sont des jeunes de moins de 30 ans.

 

L’autre chose remarquable est que la fédération syndicale nationale tunisienne — dirigée par des personnes engagées par le gouvernement — a partiellement lâché le gouvernement pendant les 2 semaines suivant l’insurrection tunisienne. Ils voulaient un contrôle des prix, une augmentation des salaires et un système de distribution subsidié pour la nourriture, les gens n’arrivant pas à trouver des produits de base comme le thé ou l’huile. Que les dirigeants du syndicat demande ça est sans précédent parce que ces gens ont soutenu le néolibéralisme.


Ça, c’est l’impact de la Tunisie


Dans ce pays, cette révolution vient de loin : Le mouvement social actuel l’aboutissement d’un cycle de mobilisations et de mouvements qui puisent leur force dans l’histoire des luttes du peuple tunisien et de ses organisations, en particulier, le mouvement étudiant, les multiples associations pour les droits et libertés démocratiques et des syndicats comme nombre de secteurs de l’UGTT (Union générale des travailleurs tunisiens) :


Les luttes de certaines personalités pour leurs libertés d’expression et de voyage en1999, les mouvements lycéens, en 2000, les mobilisations contre la guerre en Irak en 2001, la deuxième Intifadha en 2002-2003, les grèves et manifestations de Gafsa en 2008, Ben Guerdane, en Juin 2010, et Sidi Bouzid, qui fin 2010 ouvre la voie à la révolution.


C’est un mouvement historique qui a commencé avec cette combinaison de révolte sociale et de renversement d’une dictature mais qui aujourd’hui cherche ses voies pour aller plus loin. C’est une révolution démocratique radicale qui a des exigences sociales anticapitalistes.

Ben Ali du s’enfuir, mais l’essentiel de son régime policier est resté en place. La force de la mobilisation a contraint les anciens benalistes à partir progressivement du gouvernement, mais à l’heure où ce texte est écrit, le Premier ministre est toujours le benaliste Ghannouchi.


Et la révolution veut, justement aller plus loin : « RCD dégage ! », « Ghannouchi, dégage ! », derrière ces revendications, c’est tout le système politique, toutes les institutions, tout l’appareil de répression qu’il faut éradiquer. Il faut en finir avec tout le système Ben Ali, et établir tous les droits et libertés démocratiques : droit d’expression, droit de grève, droit de manifestation, pluralisme des associations, syndicats et partis.


Liquidation de l’institution présidentielle et instauration d’un gouvernement provisoir révolutionnnaire ! En finir avec la dictature comme avec toutes opérations qui veulent sauver le pouvoir des classes dominantes exigent aujourd’hui l’ouverture d’un processus d’élections libres pour une Assemblée constituante. Pour ne pas être confisqué par un nouveau pouvoir des oligarchies, ce processus doit s’appuyer sur l’organisation de comités, coordinations et conseils populaires qui ont émergés de la révolution


Dans ce processus, les anticapitalistes défendront les revendications clé d’un programme de rupture avec l’impérialisme et le système capitaliste satisfaction des besoins vitaux des classes populaires - le pain, les salaires, l’emploi -réorganisation de l’économie en fonction des besoins sociaux fondamentaux-les services publics de qualité et gratuit, l’école, la santé, les droits des femmes, une réforme agraire radicale, la socialisation des banques et des secteurs clé de l’économie, l’élargissement des protections sociales -chômage, santé, retraite-, annulation de la dette, et souveraineté nationale et populaire, Voilà le programme d’un gouvernement démocratique qui serait au service des travailleurs et de la population.


En même temps, que cela soit pour organiser la défense des quartiers, chasser les dirigeants RCD de l’administration ou des grandes entreprises, réorganiser la distribution des produits alimentaires, les salarié-e-s et les jeunes se dotent de leurs propres assemblées et comités. Les secteurs les plus combatifs et les plus radicaux doivent appuyer, stimuler, organiser et coordonner toutes ces structures d’auto-organisation. Ce sont des points d’appui pour établir un pouvoir démocratique des classes populaires.


En Egypte, à l’heure où nous écrivons cette déclaration, le pays est en état d’insurrection.

 

Malgré une répression sanglante, les vagues de mobilisation du peuple s’amplifient. Des millions de manifestants sont dans les rues, du Caire mais aussi d’Alexandrie, de Suez. Les locaux du parti au pouvoir et les symboles de la dictature sont mis à bas. La haine du système Moubarak, le rejet total de la corruption, la satisfaction des revendications sociales vitales contre la hausse des prix ont créé et stimulé la mobilisation de toutes les classes populaires. Le pouvoir vacille.

 

L’Etat major de l’ armée appuyée par les USA tente un auto-coup d’Etat en flanquant Moubarak d’Omar Souleiman, chef des services secrets, et pilier du régime actuel. Cette armée est aujourd’hui sous tension. On a vu ces scènes de fraternisation entre le peuple et les soldats. Mais face à la détermination des égyptiens, la direction de l’armée peut aussi choisir l’affrontement et la répression sanglante. L’exigence de millions et millions est nette et claire : il faut en finir avec la dictature. Moubarak doit partir, mais c’est toute la dictature, tout l’appareil de répression qu’il faut abattre, et instaurer un processus démocratique avec tous les droits et libertés fondamentales. L’appel à une journée de mobilisation le mardi 1er Février est la prochaine échéance.


La révolution tunisienne a embrasé la région arabe. C’est aussi pour toute une génération leur première révolution. Tout peut basculer aujourd’hui avec le soulèvement du peuple égyptien. La mobilisation, aura sans aucun doute, des répercussions dans toute la région, et en premier lieu en encourageant le peuple palestinien, et ce malgré les déclarations honteuses de l’Autorité de Mahmoud Abbas.


Il faut aujourd’hui un mur de solidarité autour des processus révolutionnaires qui déferlent sur la Tunisie et l’Egypte, relayés par une solidarité active avec les mobilisations de tout le monde arabe. On ne peut écarter les mauvais coups de l’appareil de répression de Ben Ali, ou les menaces de son ami Khadaffi. De même, si le régime décide l’affrontement, l’Etat major de l’Armée peut déclencher une répression sanglante.


Face à l’approfondissement du processus révolutionnaire, les puissances occidentales comme les classes dominantes peuvent essayer de reprendre la main en brisant cet immense espoir.


Les peuples tunisien et égyptien, doivent compter sur l’ensemble du mouvement ouvrier international, sur tout le mouvement altermondialiste. Dans les syndicats, les associations, les partis de gauche, il faut soutenir les luttes de ces peuples et la révolte qui gronde dans la région arabe.


Vive les révolutions tunisiennes et égyptiennes !
Solidarité avec les luttes populaires dans le monde arabe !

Le bureau de la IVe Internationale
Le 30. janvier 2011

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 09:13

 

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