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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 08:33


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15h Remise des prix du concours de dessin «Dessine moi la Paix «
15h30 Conversation débat autour de la Palestine animé par l’Association France Palestine Solidarité
16h30 Projection du film «  La Terre parle arabe «
17h30 Echanges autour du Pot de l’Amitié


Cordialement

ASSOCIATION FRANCE-PALESTINE SOLIDARITE
1 Rue de L'Harteloire
292OO BREST
Permanence : 1er samedi du mois 11h/12h30
www.france-palestine.org

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 08:18

 

 

Au moment où CCOO et UGT signaient un pacte avec le gouvernement (retraite à 65 ans) , des associations et syndicats minoritaires ont tenté une grève générale qui n'a eu d'écho qu'en País Basque, Navarre, Galice et Catalogne.
Pas étonnant qu'on n'en ait pas entendu parler ici.

 

 

 

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 08:08

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23 octobre 2008 : la direction de Molex annonce au comité d'entreprise la fermeture du site de connectique automobile de Villemur-sur-Tarn, malgré 1,2 million d'euros de bénéfices. Aussitôt, les 283 salariés du site décident de lutter pour préserver leur emploi et dénoncent des «licenciements boursiers». Ils se postent jour et nuit devant cette usine qui les a vu naître afin de protéger leur outil de travail et en appellent à la justice pour défendre leurs droits. Pendant près d'un an, José Alcala a suivi les espoirs et les désillusions de ces hommes et femmes victimes d'une absurde logique libérale

Source : telerama.fr

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 11:03


Par Marc Endeweld (26 janvier 2011)

Loppsi 2, « Loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure », vient d’être adoptée par le Sénat. Une loi fourre-tout qui fait de la répression et du durcissement général des peines la réponse unique à des questions sociales complexes. Une étape de plus vers une société de contrôle où l’État encourage surveillance et suspicion généralisée. Petit inventaire de ce condensé de politique sécuritaire et liberticide.

Photo : Policier à Trafalgar Square, Londres, janvier 2010. Source


Un vaste fourre-tout au nom barbare. La loi « d’Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure » (Loppsi 2) traite aussi bien d’Internet, de la vidéosurveillance, des peines plancher, que de la police municipale ou du permis à points. Elle définit les objectifs prioritaires du gouvernement de 2009 à 2013 en matière de lutte contre « l’insécurité ». Au total, 48 articles de dispositions toujours plus répressives. Pourquoi se gêner ? Ce n’est que la 37ème loi sécuritaire en sept ans ! La Loppsi 2 prétend offrir aux Français « la sécurité partout, pour tous » et « renforcer la tranquillité nationale ». De son côté, Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, assure que « protéger les Français », nécessite « une mobilisation totale, générale et permanente ». La guerre à « l’insécurité » est déclarée. Et chacun se doit d’y participer...


Mobilisation totale donc. Durant les débats parlementaires à l’Assemblée Nationale, les durs de l’UMP regroupés sous le label « Droite Populaire », n’étaient pas en reste, en déposant plusieurs amendements musclés. Comme celui qui oblige les présidents des cours d’assises à poser aux jurys la question d’une éventuelle peine complémentaire d’interdiction du territoire français pour les condamnés étrangers. Nicolas Sarkozy, qui s’était déclaré – quand il était ministre de l’Intérieur – contre la « double peine » [1], a estimé qu’il fallait « laisser le débat parlementaire se faire ». Le discours ultra-sécuritaire prononcé fin juillet, à Grenoble, par le président de la République, est passé par là… La « mobilisation totale » vaut bien quelques revirements.


Vision paranoïaque


La Loppsi 2 s’inscrit dans un mouvement plus long de dérive sécuritaire qui n’a finalement suscité que très peu de critiques du côté du PS. En 2002, le Parlement a ainsi adopté la première « loi d’Orientation et de Programmation pour la Sécurité Intérieure » (la Lopsi 1), laquelle a été consolidée en 2004. La Loppsi 2 est ainsi présentée comme « un dispositif d’exception pour un sujet d’exception », arguant d’une menace terroriste ou relevant de « la criminalité organisée » d’exceptionnelle ampleur. Les habitants des yourtes, caravanes et autres « habitats précaires », menacés d’expulsion par Loppsi 2, apprécieront d’être ainsi traités.

Le Syndicat de la magistrature dénonce avec raison « un texte dont la philosophie générale vise à étendre les formules de fichage de la population et à créer ou aggraver des infractions dans différents domaines », et qui, « en dressant la liste exhaustive des prétendues menaces intérieures et extérieures, révèle une conception de la société à la limite de la paranoïa ». D’où un agglomérat de mesures sans liens particuliers entre elles. Pour un seul objectif : instaurer encore un peu plus « l’État pénitence » élaboré aux États-Unis dès les années 1990 par de nombreux think tanks néoconservateurs [2]. La Loppsi 2 consacre d’ailleurs la privatisation des missions de surveillance et de gestion de l’ordre public relevant jusqu’ici du pouvoir régalien. La nouvelle loi entérine ainsi les « partenariats public-privé » en matière de sécurité. Serons-nous bientôt tous des auxiliaires de police, au service d’entreprises de surveillance ?


Vidéoprotection... et bientôt vidéotranquillité ?


Avec la Loppsi 2, le gouvernement généralise la vidéosurveillance, autorisant l’installation par les entreprises privées de caméras filmant la voie publique. Le préfet pourra, en cas de « nécessité impérieuse de sécurité publique », imposer aux maires réticents d’installer des caméras. Et bien sûr, pour faire passer la pilule, le gouvernement fait dans la novlangue orwellienne en parlant désormais de « vidéoprotection ». Et pour bientôt la « vidéotranquillité » ? « L’espace public sera privatisé et les films pourront être donnés à l’État, toutes les dérives sont possibles », dénonce le Syndicat de la magistrature.

Côté Internet, afin de protéger « les internautes contre les images de pornographie enfantine », va être instaurée une liste noire de sites devant être bloqués par les fournisseurs d’accès, sur simple demande de l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC). Et ce, sans intervention d’un juge. « Lorsque la maison brûle, on ne demande pas au juge l’autorisation d’envoyer les pompiers », a déclaré Brice Hortefeux en septembre devant les sénateurs. Et bien sûr, cette fameuse liste ne sera pas rendue publique. « La décision est à 100% entre les mains de l’exécutif », souligne Jérémie Zimmermann, de La Quadrature du Net [3]. « Et il n’y aura aucun moyen de contrôler d’éventuelles dérives en aval ». C’est donc la mise en place d’un système de filtrage d’Internet. Une première qui pourrait être étendue à bien d’autres sujets… Face à la « menace sécuritaire » globale que nous prédit Brice Hortefeux, tout semble permis, y compris court-circuiter la justice.


Répression de la précarité


Question espace public, la Loppsi 2 s’attaque à la vente à la sauvette, à l’habitat nomade/précaire (squats, baraques autoconstruites, campement de tentes, caravanes, yourtes…), au risque de fragiliser plus encore des populations qui le sont déjà. Les préfets pourront les évacuer et tout raser, en invoquant « la salubrité », « la sécurité ou la tranquillité publiques ». Des termes suffisamment vagues pour motiver des expulsions à répétition. Plus de cinquante associations, dont Droit au logement (DAL), la Fondation Abbé Pierre, ou la Ligue des droits de l’homme, ont signé un appel pour dénoncer ce texte qui « accable les personnes les plus gravement touchées par la crise du logement ».

Dans une logique de répression accrue, la Loppsi 2 multiplie les dispositions : instauration de peines plancher pour des délinquants non récidivistes, extension de la surveillance par bracelet électronique, peine de sûreté de trente ans en cas de meurtre d’une personne dépositaire de l’autorité publique – mise sur un pied d’égalité avec les peines concernant les enfants victimes de tortures… Et la nouvelle loi aligne encore plus la justice des enfants sur celle des adultes, au nom de la rapidité de la réponse pénale. La loi prévoit ainsi la possibilité d’instaurer un couvre-feu pour les mineurs de 13 ans.


 

 

 

 

Un acte de défiance vis-à-vis des magistrats


La loi aurait pu être encore plus dure si, la semaine dernière, le Sénat en deuxième lecture n’avait pas tempéré l’ardeur du gouvernement ou des durs de l’UMP. Le Sénat a décidé de limiter l’extension aux primo-délinquants des peines plancher (jusqu’à présent réservées aux récidivistes) uniquement pour les délits les plus graves (passibles d’au moins 10 ans de prison et provoquant pour la victime une interruption de travail de 15 jours). Les sénateurs n’ont autorisé la comparution immédiate des mineurs sans passer par le juge des enfants que pour les mineurs condamnés dans les six mois précédents pour la même infraction. Et ils ont également décidé que la sanction de couvre-feu à l’encontre de certains mineurs de 13 ans devait être prononcée par un juge, et non par le préfet.

À l’occasion du vote au Sénat, l’ancien garde des Sceaux socialiste, Robert Badinter, a critiqué le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, par ces mots : « Il ne s’agit plus d’un instrument de lutte contre la récidive, c’est purement et simplement une aggravation de la peine, un simple durcissement brutal (de peine) et un acte de défiance renouvelé à l’égard de la magistrature. » La grande majorité de l’Union centriste, arbitre de la majorité au Sénat, et qui avait pourtant manifesté sa volonté de refuser « toute surenchère sécuritaire », a approuvé le texte. Ce dernier n’a pas fini pour autant son parcours législatif. Une Commission mixte paritaire (composée de sept sénateurs et sept députés) doit se réunir le 26 janvier au Sénat, pour élaborer un compromis entre les deux assemblées. Lequel sera soumis ensuite au vote des sénateurs le 8 février et probablement le même jour à l’Assemblée nationale pour une adoption définitive. L’État pénitence n’attend pas.

Marc Endeweld

Notes

[1] En réalité, l’esprit même de la double peine n’a jamais été aboli. Puisque les préfectures et les tribunaux correctionnels ont toujours la possibilité de prononcer une interdiction de territoire assortie d’une expulsion s’ils estiment qu’un condamné ne présente pas toutes les garanties. La loi supprime la double peine uniquement si le prévenu ne présente aucun « risque impérieux pour la sûreté de l’État ou la sécurité publique » et à condition de ne pas être condamné à une peine de plus de 5 ans.

[2] À lire sur le sujet, Loïc Wacquant, Les prisons de la misère, Éditions Raisons d’agir, 1999.

[3] Les Échos, 17 décembre 2010.

 

http://www.bastamag.net/

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 10:51

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Le 17 janvier 1961, dans la capitale de la province minière du Katanga, une des provinces du Congo, l'ex-Premier ministre Patrice Lumumba était assassiné sur ordre de chefs de clans congolais et d'agents impérialistes. Après 75 ans d'exploitation coloniale féroce par le roi et les bourgeois de Belgique, le Congo-Léopoldville était indépendant depuis six mois à peine. Mais l'assassinat de celui qui en avait été pendant deux mois le Premier ministre indiquait clairement que les hommes politiques congolais aussi bien que les dirigeants impérialistes feraient tout pour que se poursuive la mise à sac industrielle et minière du pays et de ses richesses par les trusts des grandes puissances.

Né en 1925, Lumumba faisait partie de ces rares Congolais à avoir accédé à l'éducation. Employé de bureau, journaliste puis directeur des ventes d'une brasserie, il avait reçu des autorités coloniales belges en 1954, à presque 30 ans, sa carte d'immatriculé, c'est-à-dire de Congolais « évolué » ayant droit à un statut officiel. C'est alors qu'il se mit à militer pour un Congo indépendant mais uni, à la différence de la plupart des militants indépendantistes, qui ne voyaient pas au-delà de leur province ou de leur ethnie.

Cette période était celle où de nombreux colonisés prenaient conscience de leur situation et s'engageaient dans la lutte pour l'indépendance. Les grands pays d'Asie avaient montré la voie en 1949-1950, avant la fin de la guerre française d'Indochine et le début de la guerre d'Algérie. Bientôt ce fut l'indépendance de la Tunisie et du Maroc. En Afrique noire, le Cameroun fut secoué par des émeutes en 1955, le Soudan devint indépendant en 1956, le Ghana en 1957. Partout l'heure était à la décolonisation.

Devant la montée du mécontentement au Congo, le gouvernement belge alterna de timides mesures de libéralisation et la répression. Lumumba fut souvent emprisonné, mais parfois convié à discuter avec des officiels belges. C'est au retour de l'exposition universelle de Bruxelles, en 1958, qu'il créa le Mouvement National Congolais et participa à la conférence panafricaine d'Accra, au Ghana.

Janvier 1959 fut marqué par des émeutes (540 morts, tous africains) à la suite de l'interdiction d'une manifestation pour l'indépendance et par des troubles graves dans les provinces congolaises du Katanga et du Kasaï en particulier. Les valeurs coloniales chutèrent en Bourse. Incapable de s'imposer militairement contre une colonie 80 fois plus vaste que la métropole, le gouvernement belge prépara d'abord un plan d'émancipation politique en quatre ans puis, devant les troubles croissants, décida que l'indépendance serait totale le 30 juin 1960. Des élections furent organisées à la hâte. Kasavubu, leader d'un parti nationaliste, fut choisi comme président de la République, Lumumba comme Premier ministre.

L'impérialisme belge espérait continuer à contrôler le nouvel État et à exploiter ses richesses naturelles, les mines en particulier. Il avait peuplé l'administration d'hommes qui lui étaient dévoués, tout comme l'armée et la police, dont tous les cadres étaient belges. Lumumba se déclarait d'ailleurs d'accord : « Nos soldats et leurs officiers belges sont liés les uns aux autres. Avec l'aide des Belges, j'espère que nous pourrons créer aussi vite que possible une armée commandée par des officiers belges », proclama-t-il.

C'est justement ce qui déclencha la révolte, le 5 juillet 1960. Soldats et policiers noirs s'attaquèrent aux officiers blancs et à tous les colons. Lumumba tenta d'abord de s'opposer au mouvement puis, faute de troupes, il chercha à en prendre la tête pour le contrôler. Il promit des augmentations de solde, assura que tous les grades seraient accessibles aux Noirs. Il pouvait espérer réussir, mais l'impérialisme ne lui en laissa pas le temps.

Dès le 11 juillet, sous l'instigation de l'Union minière belge, propriétaire des mines du Haut-Katanga, véritable État dans l'État, Moïse Tschombé, l'un des hommes liges de la puissance coloniale belge, proclama la sécession du Katanga, la région la plus riche en mines, et demanda l'aide de la Belgique. Le 8 août c'était au tour du Kasaï, riche en diamants, de faire sécession. Lumumba fit appel à l'ONU. Mais les casques bleus de l'ONU firent, comme toujours, la politique de l'impérialisme. Au lieu de s'attaquer au Katanga sécessionniste, ils entreprirent de renforcer l'armée congolaise et son chef, Mobutu, et d'éliminer les chefs nationalistes les plus en vue. Ainsi, quand Kasavubu et Lumumba se brouillèrent le 5 septembre, les casques bleus empêchèrent Lumumba de rejoindre les troupes qui lui étaient fidèles. Appuyé par la CIA, Mobutu prit le pouvoir et emprisonna Lumumba.

Mais dans le pays l'agitation anticolonialiste se poursuivait, et l'image radicale de Lumumba ne faisait que s'affirmer. Lumumba devenait plus dangereux en prison qu'en liberté. Mobutu se débarrassa donc de lui en le livrant à Tschombé et aux hommes de main de l'Union minière, qui le firent aussitôt assassiner.

Avec Mobutu à la tête de l'armée, puis de l'État en 1965, l'impérialisme avait les mains libres pour réunifier le Congo ex-belge, dénommé aujourd'hui République Démocratique du Congo, pour en assurer l'exploitation par ses trusts.

Vincent GELAS

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2217&id=49

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 10:37
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24 janvier 2011

 

« Le trait le plus incontestable de la Révolution, c’est l’intervention directe des masses dans les événements historiques. D’ordinaire, l’Etat, monarchique ou démocratique, domine la nation ; l’histoire est faite par des spécialistes du métier : monarques, ministres, bureaucrates, parlementaires, journalistes. Mais, aux tournants décisifs, quand un vieux régime devient intolérable pour les masses, celles-ci brisent les palissades qui les séparent de l’arène politique. (...) L’histoire de la révolution est pour nous, avant tout, le récit d’une irruption violente des masses dans le domaine où se règlent leurs propres destinées. » [1]


Pendant toute la semaine qui a suivi la chute de Ben Ali, les manifestations exigeant la dissolution de son parti, le RCD, n’ont cessé de se multiplier, allant jusqu’au saccage de ses locaux dans toutes les villes du pays. Sous la pression des masses, ce parti s’est, de facto, sabordé mais ses principaux cadres dirigeants détiennent toujours les postes clés de l’appareil d’Etat, au niveau administratif, productif, policier et bien entendu gouvernemental.

 Un gouvernement provisoire affaibli

A Tunis, les manifestant-e-s ont été rejoint par des milliers de jeunes chômeurs venus en caravane du centre du pays, dont ceux de Sidi Bouzid où la révolte à commencé en décembre dernier, afin d’exiger la chute du gouvernement provisoire. Des milliers de manifestant-e-s occupent en permanence la rue, bravant y compris le couvre-feu. Signe qui ne trompe pas : les officiers de l’armée et de la police s’adressent désormais poliment à eux pour leur demander, bien en vain, de se disperser...


Le vendredi 21 janvier, de plus en plus mis en difficulté par cette pression, le Premier ministre Mohammed Ghannouchi avait pourtant promis de quitter la scène politique après les élections... tout comme Ben Ali l’avait fait peu avant sa chute ! Il a aussi annoncé que toutes les lois antidémocratiques, comme la loi antiterroriste ou le code de la presse, seraient éliminées. Des partis politiques d’opposition ont été légalisés et, face à la révolte dans les prisons, des milliers de prisonniers ont été amnistiés. Mais cela ne suffit pas : la rue demande un changement radical et immédiat et, ainsi que le souligne le camarade Fathi Chamki, la légitimité est aujourd’hui dans la rue, pas dans les institutions. Le gouvernement provisoire a ainsi décidé de rouvrir les écoles et les universités le lundi 24 janvier, mais le Syndicat Général de l’enseignement primaire à immédiatement lancé un appel à la grève générale « jusqu’à la chute du gouvernement ». Réaffirmant son « engagement complet aux revendications de notre peuple consistant à faire tomber le gouvernement actuel considéré comme un prolongement du régime de Ben Ali », ce syndicat demande « la formation d’un gouvernement provisoire qui écarte, en son sein, les ennemis de nos populations ».

Pour la majorité du peuple tunisien en effet - qui l’évoque avec humour : « On a chassé Ali Baba, mais les 40 voleurs sont restés » - une chose est claire : les politiciens issus du régime de Ben Ali qui détiennent toujours les postes-clés doivent être évincés, et pas seulement du « gouvernement d’union nationale ». Ils doivent disparaître de la scène et les plus coupables jugés et condamnés pour leurs crimes. En outre, les choses n’en resteront sans doute pas là, car les masses veulent un changement en profondeur, non seulement démocratique, mais aussi social, dans les politiques économiques, dans le contrôle et la répartition des richesses du pays.


La bourgeoisie tente désespérement d’opérer un ravalement de façade avec le soutien de l’impérialisme, français et étatsunien en premier lieu. En Occident, les médias capitalistes raillent aujourd’hui le despote dont ils ont si longtemps caché les crimes. Ben Ali et son épouse servent à présent de bouc émissaire. Pour détourner l’attention du soutien dont la dictature a bénéficié de la part des milieux d’affaire. Et pour cacher les manœuvres en cours dans la coulisse, visant à frustrer le peuple tunisien des fruits de sa victoire. C’est ainsi notamment que les « marchés » sont entrés dans la danse. En révisant à la baisse leur sacro-sainte « notation » de la Tunisie, ils cherchent à punir les masses qui ont eu l’insupportable audace de se révolter non seulement contre un despote mais aussi contre sa politique néolibérale. Tant que les masses resteront mobilisées, ces tentatives resteront compromises et la situation demeurera extrêmement instable.

 Contrôle ouvrier

Lors des manifestations des 22 et 23 janvier, fait inédit, 2000 policiers - dont certains portant un brassard rouge - ont marché ensemble et se sont mélangés aux manifestant-e-s. S’il s’agit évidement de s’excuser et de se réhabiliter aux yeux du peuple après la répression féroce de ces dernières semaines, il semble aussi qu’un réel processus de conscientisation soit en cours. Ces policiers exigent ainsi la création d’un syndicat et, comme l’a dit l’un d’entre eux « Nous aussi nous sommes des prolétaires », tandis que pour un second, « La révolution, c’est pour tout le monde. Nous aussi, nous réclamons des droits, des augmentations de salaire notamment ».


Moins « spectaculaire » mais sans aucun doute plus fondamental : les salariés et les fonctionnaires des entreprises publiques, des Ministères et des administrations centrales de l’État, organisent des occupations de leurs lieux de travail pour réclamer l’épuration et l’exclusion des dirigeants, quasiment tous membres notoires du RCD. Dans plusieurs cas, cette exigence est même mise en pratique, comme à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, aux assurances STAR et à la banque BNA où les directeurs ont été chassés sous les huées des travailleurs-euses.


Des formes de contrôle ouvrier se développent également, avant tout par rapport aux livres de comptes des entreprises, afin de mettre à jour la corruption des nombreux patrons liés au régime de Ben Ali. Les employés de l’administration centrale des impôts, quant à eux, tout en exigeant la démission immédiate du directeur, ont pris le contrôle des dossiers afin d’enquêter sur les évasions fiscales des élites.


Le rôle du syndicat UGTT (qui compte 500.000 affilié-e-s, dans un pays dont la population est, à près de 70%, urbaine), dont les militant-e-s sont très présent-e-s dans les manifestations, apparaît de plus en plus comme un élément central dans le processus, à la faveur de sa reprise en main par la base et son aile gauche. Les dirigeants bureaucrates liés au régime ont été mis de côté et, après avoir forcé le retrait des ministres UGTT du gouvernement provisoire, la base syndicale a poussé la direction a prendre formellement position en faveur de la démission du gouvernement actuel, à appeler à des grèves tournantes pour appuyer cette exigence et à constituer un « gouvernement révolutionnaire » avec les forces politiques de l’opposition.

 Tout le pouvoir au peuple révolutionnaire : Pour un gouvernement des travailleurs !

Au travers des comités d’auto-défense, de ravitaillement ou de contrôle ouvrier dans les entreprises, des phénomènes de dualité de pouvoir apparaissent , tandis que les forces répressives de l’appareil d’Etat commencent à se diviser, une partie d’entre elles prenant fait et cause pour le peuple. A terme, elles pourraient se désagréger si des comités de soldats et de policiers étroitement liés aux comités populaires font leur apparition.


La situation en Tunisie correspond parfaitement à la définition classique donnée par Lénine d’une situation révolutionnaire : ceux d’en haut ne peuvent plus gouverner comme avant, tandis que ceux d’en bas ne veulent plus être gouvernés comme avant. Le processus populaire, par sa dynamique propre à chaque situation révolutionnaire authentique, pose ouvertement la question du pouvoir et trace la perspective de sa transcroissance permanente en une révolution socialiste. Une telle issue n’est pas absolument garantie, mais elle est possible.

A côté des exigences démocratiques élémentaires - épuration, convocation d’une assemblée constituante, organisation d’élections réellement démocratiques - le maintien, l’extension et la centralisation/articulation des positions que les travailleurs-euses tunisiens sont en train de conquérir seront un enjeu clé dans les semaines à venir. La classe dominante fera tout son possible pour les lui arracher. Pour l’instant – mais pour l’instant seulement - la bourgeoisie tunisienne, principal soutien de la dictature, est discréditée et se trouve dans une situation précaire tandis que l’impérialisme a été pris de court par l’ampleur et la profondeur du soulèvement populaire. L’opposition modérée est assez faible et quant aux islamistes, s’ils sont reconnus par les masses comme un courant politique qui doit légitimement s’intégrer dans le processus démocratique, ils n’ont pas de réelle influence sur elles.


Dans ce cadre, l’UGTT est la seule organisation ouvrière de masse jouissant aujourd’hui de la confiance de la population. Elle pourrait jouer, si elle se débarasse définitivement des bureaucrates qui ont été complices ou complaisants envers le régime, un rôle décisif, avec l’appui actif des militant-e-s révolutionnaires, de la gauche radicale tunisienne et avec le soutien de la solidarité internationaliste. La mise en avant du mot d’ordre d’un gouvernement des travailleurs de l’UGTT appuyé sur les comités populaires, pourrait prendre rapidement toute son importance. L’invitation que vient de lancer la direction de l’UGTT à constituer avec elle un « gouvernement révolutionnaire » va dans ce sens, mais elle s’adresse à toutes les forces politiques d’opposition, y compris à son aile bourgeoise. De nouvelles décantations seront donc nécessaires.


En définitive, comme le soulignent nos camarades de la Commission Maghreb du Nouveau Parti Anticapitaliste en France : « Face à la crise mondiale du capitalisme, les travailleurs et la population de Tunisie nous montrent la seule issue possible : la lutte la plus résolue. S’organiser et lutter ici pour une alternative à l’ordre mondial capitaliste et à l’impérialisme qu’il porte en lui, c’est aussi un soutien à tous les peuples opprimés, tout comme leurs luttes sont un soutien et un véritable encouragement pour nous. »


Ataulfo Riera


Notes

[1] Léon Trotsky, « Histoire de la Révolution russe »

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 10:21

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Depuis plusieurs semaines, on entend de manière répétée le refrain d'un « pacte social », ou « pacte global », comme moyen pour parvenir à « une sortie juste et équilibrée de la crise ».


Cela ressemble fortement à la « grande coalition » formée par un gouvernement PSOE-PP que certains commentateurs proposent depuis plusieurs années pour brouiller les cartes, ce qui représente en définitive leur raison d'être et source de revenus. La nouveauté et la gravité de l'affaire, c'est qu'aujourd'hui le principal propagandiste d'un « pacte social » n'est autre que le secrétaire général du syndicat CCOO et, ce qui est pire, que cette orientation a obtenu un soutien pratiquement unanime au sein du Conseil confédéral de ce dernier (avec 158 votes pour, 1 contre et 15 abstentions).

 

Lire la suite:


Syndicats dans l'Etat espagnol: Un « pacte global » suicidaire

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 10:19

Photos: Ainara Makalilo

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 10:14

Par François Sabado le Mercredi, 26 Janvier 2011


Ces notes ont été rédigées pour préparer les débats du prochain Comité international (CI) de la Quatrième Internationale, qui se tiendra au mois de février.  Le CI est l'instance de direction de la IVe Internationale entre ses congrès mondiaux, dont le XVIe s'est tenu en février 2010 en Belgique. Il rassemble des délégué-e-s des sections, ainsi que des observateurs permanents et des représentants d'organisations invitées, venant de tous les continents. Ces notes concernent avant tout l’Europe et seront retravaillées en fonction de ces débats.

 

Lire la suite: 

 

Notes sur la situation internationale

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 10:08
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