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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 09:59

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Par Nolwenn Weiler (18 janvier 2011)


Insomnies, troubles cardio-vasculaires et maux de dos peuvent être directement liés à un nombre d’heures de travail trop élevé. C’est l’Institut fédéral pour la sécurité et la santé au travail (Allemagne) qui le souligne. En décembre, il publié la synthèse de quatre études (deux européennes et deux allemandes, dont l’une réalisée auprès de 50.000 salariés) récemment menées sur le sujet. Il apparaît très clairement que les personnes qui travaillent à temps partiel souffrent moins de troubles du sommeil que leurs collègues qui travaillent à temps plein (1/10 contre 1/5, voire 1/4 pour les salariés qui vont au-delà des 60 heures hebdomadaires).


Horaires flexibles et travail le week-end aggravent les risques. Et dès que la moyenne hebdomadaire dépasse le 39 heures, il devient difficile de concilier travail et vie privée. Bref, pour définir la durée légale du temps de travail, on ferait bien de mesurer ses impacts sanitaires et sociaux. Ce qui permettrait, au passage, et à long terme, de faire des économies. Puisque les effets imprévus mais quasi certains de l’allongement de la durée du temps de travail pourraient finalement se traduire par un absentéisme accru et une baisse de la productivité. Et dire que certains veulent augmenter la durée du travail et mettre fin aux 35 heures !

 

http://www.bastamag.net/

 


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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 09:52

 


 

Ce 11 janvier, « Le Roman de la Crise » (Fric, krach et gueule de bois) allait nous expliquer les subprimes, les banques, la Bourse, le chômage, le rôle de l’Etat. Aidé par un romancier (Eric Orsenna) et surtout un économiste (Daniel Cohen), un grand acteur de théâtre, Pierre Arditi, nostalgique des « trente glorieuses » nous a fait tout un cinéma. Enfin, nous devions tout comprendre sur la crise ! Quelle histoire a-t-on voulu nous raconter dans ce « Roman de la Crise » ? Réalité ou fiction ? Michel Collon décortique.


http://www.michelcollon.info/Roman-de-la-Crise-Michel-Collon

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 09:37

 


17 janvier 2011
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Yannick Chénet avait témoigné dans le film « Severn » de Jean-Paul Jaud sur les dangers liés aux pesticides.

Yannick Chénet, 45 ans, viticulteur à Saujon (Charente-Maritime) s’est éteint samedi soir des suites d’une leucémie reconnue comme maladie professionnelle par la Mutualité sociale agricole. Il avait notamment témoigné dans le film « Severn » de Jean-Paul Jaud sur le danger des pesticides.

Dans ce long métrage, Yannick Chénet livrait un témoignage poignant sur sa maladie : « Les produits qui m’ont empoisonné et ceux qu’on me donne pour me guérir sont fabriqués par une seule et unique firme. »

* Sud Ouest, 17 janvier 2011 :
http://www.sudouest.fr/2011/01/17/u...


« Severn », l’ode à la vie en guerre contre l’agriculture intensive

Par PATRICK GUILLOTON

Le cinéaste Jean-Paul Jaud est parti en guerre contre l’agriculture intensive. Son second film sur ce sujet, tourné en partie dans notre région, tape juste. Et fort.

Tous les amateurs de football connaissent Jean-Paul Jaud, l’homme qui, aux débuts de Canal+, a apporté une vraie révolution dans l’art et la manière de retransmettre les matches.

Par contre, beaucoup d’entre eux ignorent que cet individu entier a toujours refusé de devenir salarié de la chaîne, tenant trop à sa liberté. Une liberté lui ayant permis de mener à sa guise son métier de cinéaste et de réaliser nombre de documentaires basés sur la même trame, celle des saisons. Sa série des « Quatre saisons » l’a conduit dans maints univers : le bassin de Marennes-Oléron, pays de son enfance, les cuisines du chef étoilé Guy Savoy, les vignes et les chais de Château d’Yquem.

Il s’est également penché avec délice sur les variations de la vie d’un berger pyrénéen, selon que le soleil brille ou que tombe la neige. Le berger de Jaud, devenu son ami, avait une drôle d’habitude. À longueur de temps, il se régalait d’oignons crus cultivés dans son propre jardin, sans autre ajout qu’un compost naturel. Le cinéaste, séduit par ce régime, a pris l’habitude, dès son retour à Paris, de faire provision d’oignons au supermarché du coin.

Le jour où il a appris qu’il souffrait d’un cancer, il a hurlé à l’injustice. Comment un homme comme lui, incapable du moindre excès de table, sobre comme un chameau, non-fumeur, sportif, avait-il pu être ciblé par la maladie ? Au fil de ses discussions avec les médecins, il s’est persuadé - et on ne lui a pas dit le contraire - que les produits chimiques de l’agriculture intensive déversés sur sa plante potagère préférée étaient la cause de son malheur. Il s’est soigné. On lui a assuré qu’il était guéri. Il a alors pu entamer sa croisade. Avec son arme de destruction massive : sa caméra.

Succès inespéré

C’est ainsi que, voilà deux ans, est sorti « Nos enfants nous accuseront », terrible réquisitoire contre les pesticides, les herbicides et autres saloperies du même tonneau. En fait, un film d’espoir, puisque son fil rouge racontait l’arrivée tranquille des produits bio à la table de la cantine scolaire de Barjac, petit village du Gard. Quel contraste avec les images d’agriculteurs déversant des tonnes de produits toxiques sur leurs arbres fruitiers et venant confier en pleurant qu’après chaque épandage, ils étaient victimes de saignements de nez des semaines durant. Ce documentaire a réalisé une performance formidable. Un succès inespéré : 300 000 entrées pour une sortie avec seulement vingt copies dans toute la France ! Preuve que lorsque le bouche-à-oreille s’y met…

Le 10 novembre prochain, une nouvelle attaque virulente est programmée avec la sortie du second étage de la fusée, un film titré « Severn, la voix de nos enfants ». Mais, déjà, Jean-Paul Jaud a repris son bâton de pèlerin, sillonnant le pays pour des projections en avant-première suivies de débats. La Rochelle, Saintes, Marmande (1) ont constitué quelques-unes de ses étapes dans notre région.

Autant le dire tout de suite, « Severn » tape encore plus fort que la réalisation précédente. Il est construit de la même façon. Critiques virulentes des pratiques d’un monde marchant sur la tête avec en face des messages d’espoir venant de partout sur notre planète et montrant qu’il est possible d’envisager les choses autrement.

Yannick, poignant

Là aussi, il y a un fil rouge. Particulièrement émouvant. Celle qui revient sans cesse, fabuleux leitmotiv, s’appelle Severn Cullis-Suzuki. Elle avait 12 ans, en 1992, lorsqu’elle s’est adressée aux puissants, aux chefs d’État et de gouvernement réunis à Rio pour le Sommet de la Terre. Elle les a copieusement enguirlandés à cause de la couche d’ozone, des animaux et des plantes s’éteignant tous les jours, disparus à jamais. « Ce que vous faites me fait pleurer la nuit ! » s’était alors exclamée cette gamine que Jean-Paul Jaud a retrouvée dans son île canadienne. Elle est devenue une femme ayant donné la vie à un petit garçon durant le tournage…

Espoir. Jaud montre quantité de raisons d’espérer dans « Severn ». Depuis le Japon, le Canada, la France. Avec des images superbes. Mais partout, crûment, il filme des désastres, des catastrophes. On n’en retiendra que deux, parce que proches. La première victime s’appelle Paul François. C’est un agriculteur de Charente touché par une grave intoxication après avoir respiré le solvant d’un herbicide produit par Monsanto.

Seconde victime, Yannick Chénet, viticulteur de Charente-Maritime, frappé par une leucémie causée par les produits liés au traitement de la vigne - cela a fini par être prouvé. Yannick a été guéri après une greffe de moelle osseuse. Aujourd’hui, le rejet de cette greffe est cause de multiples malheurs.

Et soudain, dans le film, il lâche cette phrase terrible : « Les produits qui m’ont empoisonné et ceux qu’on me donne pour me guérir sont fabriqués par une seule et unique firme. »

« Severn », c’est le 10 novembre…

(1) Avant-première en présence du réalisateur, le 22 octobre, à Saint-Pierre-d’Oléron (17) et le lendemain à Ruffec (16).

* Paru dans Sud Oueszt, 17 octobre 2010 09h06 :
http://www.sudouest.fr/2010/10/17/s...


 

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 09:27

La chute accélérée de Ben Ali en Tunisie commence à faire trembler le régime algérien qui craint l'effet boule de neige. 


Devant la perspective d'un Maghreb en marche pour se réapproprier une dignité spoliée et bafouée, le régime sclérosé, fossilisé, anticipe et sort le délit "tentative de renversement de l'Etat".


C'est sous ce reproche, en tout cas, que le syndicaliste Ahmed Badaoui, ancien secrétaire général du syndical national des douanes et ex-membre dirigeant de l’UGTA, a été arrêté samedi soir à son domicile à Alger. Le  Procureur de la République près le tribunal d’Alger a clairement signifié qu'il le poursuivait pour  "tentative de renversement de l'Etat".
Son ordinateur et plusieurs documents ont été saisis chez lui par des agents des Renseignements généraux (RG).


Selon le journal Ennahar, Ahmed Badaoui avait, dans la même journée de samedi, participé à une réunion du Comité de défense des droits et des libertés syndicaux, réunion qui a eu lieu à la rue Tanger à Alger. Le journal Ennahar a annoncé, dans son édition de dimanche, et sans préciser ses sources, que les animateurs de cette réunion allaient appeler à manifester dans les rues pour « reproduire le scénario tunisien » en Algérie.


Le régime algérien se met à avoir peur d'une simple réunion !
L'utilisation de ce délit de "tentative de renversement de l'Etat" montre, en tout cas, qu'il panique et qu'il s'attend à une série d'actions "à la tunisienne".


Rappelons qu'Ahmed Badaoui est suspendu depuis novembre 2005 de ses activités syndicales au motif de « troubles graves à l'ordre public ». Il est, depuis, sans salaire et sans aucune indemnité.


La solidarité autour de Badaoui est indispensable. Elle peut constituer, concrètement, la première action réelle pour enclencher un mouvement qui prolonge le scénario Ben Ali en Algérie.


L.M.

Source : http://www.lematindz.net/news/3628-alger-le-pouvoir-a-peur-du-scenario-tunisien-premiere-arrestation-pour-tent.html

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 09:21
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On vient d’apprendre la décision du tribunal de Rennes dans le cadre du jugement en appel des six carhaisiens qui après avoir étés relaxés en première instance étaient rejugés en appel le 29 novembre dernier.


Si pour trois d’entre eux le tribunal a logiquement confirmé la relaxe, il a en revanche prononcé des peines lourdes puisque deux d’entre eux se voient condamnés à deux (2) mois de prison avec sursis et le troisième à 15 jours avec sursis.


Au regard du procès en appel comme de celui de première instance les trois condamnations ne peuvent se comprendre sans prendre en compte la volonté politique d’un état qui criminalise systématiquement le mouvement social. Rien ne justifie les trois condamnations si ce n’est la volonté de faire un exemple. Il fallait des coupables ont les a donc trouvés…


Une certitude : cette décision plus politique que judiciaire va provoquer un choc, mais aussi de la colère parmi la population du Centre Bretagne. Et si l’objectif de ce jugement est de faire parvenir un message de menace aux défenseurs de l’hôpital, c’est bien mal connaitre la détermination de la population à défendre ses services publics.


Carland - La Tête au Carhaix

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 09:14

 

Justice lundi 17 janvier 2011

Ce lundi après-midi, la cour d’appel de Rennes a condamné trois des six manifestants interpellés le 7 juin 2008 suite à leur opposition à la fermeture de l’hôpital de Carhaix, (Finistère).

 

En première instance, tous avaient été relaxés par le tribunal de Quimper le 12 mars 2009. Le parquet avait alors fait appel. La cour d’appel de Rennes n’a finalement pas prononcé d’amende mais a retenu la culpabilité de trois des six prévenus. Elle s’est basée sur les déclarations de l’adjudant qui avait « ciblé » les manifestants, qui, sur le pont Sainte-Catherine, à Quimper, avaient jeté des projectiles sur les CRS.


Pour violences et pour port prohibé d’arme, deux des manifestants carhaisiens ont été condamnés à deux mois de prison avec sursis. Un troisième, coupable des seules violences, a lui, écopé de quinze jours avec sursis. Les trois autres prévenus ont en revanche été relaxés.

 

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Manifestants-opposes-a-la-fermeture-de-l%E2%80%99hopital-trois-relaxes-trois-condamnations_40781-1658517------29024-aud_actu.Htm

 

 


Manif à Quimper : trois condamnations avec sursis
mardi 18 janvier 2011

La cour d'appel de Rennes a condamné trois des six manifestants contre la fermeture de l'hôpital de Carhaix, à de la prison avec sursis.

Ils avaient été d'abord relaxés par le tribunal de Quimper. Le 29 novembre, l'avocat général avait demandé que les six manifestants arrêtés après les incidents de Quimper de juin 2008, qui avaient opposé les forces de l'ordre et les défenseurs de l'hôpital de Carhaix, soient tous déclarés coupables et condamnés à deux mois de prison avec sursis et 1 000 euros d'amende.

La cour d'appel de Rennes a pris une décision plus nuancée. Elle n'a pas prononcé d'amende mais a retenu la culpabilité de trois prévenus. Elle s'est basée sur les déclarations de l'adjudant qui avait « ciblé » les manifestants, qui, sur le pont Sainte-Catherine à Quimper, avaient jeté des projectiles sur les CRS. Ces trois hommes étaient en possession de pétards, de lunettes de piscine ou de masques pour se protéger des gaz lacrymogènes. Mais surtout, ils tenaient en main des pierres ou des boulons en métal, et, pour deux d'entre eux un lance-pierres.

Pour les violences mais aussi pour port prohibé d'arme ils ont été condamnés à deux mois de prison avec sursis, le troisième, coupable des seules violences, à quinze jours avec sursis. « Les boulons servaient manifestement de munitions » a précisé la cour d'appel.

Elle a, en revanche, confirmé la relaxe des trois autres prévenus. Au moment de leur arrestation ils portaient bâton ou manche de pioche seulement « pour se défendre contre une éventuelle charge des CRS » avaient-ils déclaré.

 

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Manif-a-Quimper-trois-condamnations-avec-sursis-_40734-1658857------29024-aud_actu.Htm

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 09:13
Économie lundi 17 janvier 2011

Eric Besson, ministre de l'industrie, qui participait ce matin à la pose de la première pierre de l'usine de véhicules électriques du groupe Bolloré à Quimper, a inauguré ensuite le poste de transformation électrique haute tension de Calan (Morbihan) qui participe à la sécurité électrique de la Bretagne. A cette occasion, le ministre a confirmé que la future centrale à gaz s'implanterait bien à Guipavas, près de Brest.


«Elle se fera parce qu'elle est indispensable» a déclaré Eric Besson. Les pouvoirs publics lanceront un appel d'offres dans les prochains mois pour une mise en service de la centrale en 2015.

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 10:19

 

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 10:09
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(De Tunis) Les contours du cabinet chargé de piloter la transition commencent à se dessiner, même si beaucoup d'incertitudes demeurent. Elles devraient être levées dans la journée de lundi. Le Premier ministre sortant, Mohamed Ghannouchi, qui a été confirmé dans ses fonctions samedi 15 janvier par le président par intérim Fouad Mebazaa, est à la manœuvre.

Il dirigera l'équipe qui préparera les premières élections libres et concurrentielles jamais organisées en Tunisie et dans le monde arabe. Tous les observateurs s'accordent pour juger que le délai de soixante jours fixé par le texte de l'article 57 de la Constitution est à la fois intenable et dangereux. Il ne faut pas s'attendre à des élections avant un délai de six à huit mois minimum.

Trois formations de l'opposition légale devraient participer

Trois formations de l'opposition légale devraient entrer au gouvernement : le Parti démocratique progressiste (PDP), de Néjib Chebbi et Maya Jeribi, le mouvement Ettajdid (l'ex-parti communiste tunisien), d'Ahmed Brahim, et le Front démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), du Dr Mustapha Ben Jaâfar.

Des personnalités indépendantes, proches de l'opposition mais non encartées, devraient faire leur entrée au gouvernement ou être nommées à la tête d'instances stratégiques, avec rang de ministre.


Un nom semble presque d'ores et déjà acquis : celui de Yadh Ben Achour. Ce professeur de droit public, ancien doyen de la faculté de Tunis, est un sage qui a toujours conservé une farouche indépendance d'esprit. C'est l'un des intellectuels les plus respectés de Tunisie. Il hériterait de la présidence de la Commission des affaires politiques, qui sera chargée de la remise à plat de la législation sur les partis et du code électoral. Si elle venait à être confirmée, cette nomination constituerait une garantie fondamentale de la sincérité du processus en cours.

Des personnalités « propres » et « modérées »

Néjib Chebbi, le leader du PDP, serait pressenti pour occuper le poste de ministre du Développement régional. Son parti, qui est la plus développée des formations de l'opposition, possède des relais dans les régions et est l'un des rares à avoir alerté sur la gravité des déséquilibres régionaux, et sur les dangers de la fracture entre la Tunisie du littoral et celle de l'intérieur. Fracture tragiquement révélée par l'acte de désespoir du jeune Mohamed Bouazizi, qui a constitué, rappelons-le, l'étincelle de la Révolution tunisienne entamée le 17 décembre.

Mustapha Ben Jaâfar, lui, serait pressenti à la santé, une attribution naturelle pour ce professeur de médecine. Des personnalités « propres » et « modérées » de l'ancien régime pourraient sauver leur poste. Ainsi, Ahmed Friaa, nommé à la sauvette par Ben Ali au ministère de l'Intérieur, le 12 janvier, restera au gouvernement. Mais il pourrait changer d'attribution, et hériter d'un portefeuille qu'il déjà brièvement occupé par le passé : l'Enseignement.

Rassurer le patronat tunisien

Deux noms circulent pour les Affaires étrangères. Le premier est celui de l'actuel titulaire du poste, Kamel Morjane, une personnalité respectée et consensuelle, en dépit de ses liens familiaux avec le président Ben Ali [il a épousé la fille d'un cousin de l'ex-président, mais c'était il y a une quarantaine d'années, soit bien avant que ce dernier ne commence son ascension politique]. Le second est celui d'Ahmed Ounaïes, un ancien ambassadeur, proche de la gauche démocratique. Il tiendrait la corde.

Afif Chelbi, un technocrate intègre au profil rassurant –il est polytechnicien– pourrait rester à l'Industrie, ce qui enverrait un signal positif au patronat tunisien, totalement désemparé par la tournure prise par les événements.


La moitié des pontes de l'Utica, la centrale patronale, se sont plus ou moins compromis avec les familles de l'ancien régime, à commencer par Hédi Jilani, son président, en poste depuis 23 ans, et dont la fille a épousé Belhassen Trabelsi, le frère de l'ex-première dame. Jilani semble plus que jamais sur un siège éjectable.

L'identité des personnalités pressenties pour les ministères de souveraineté –Défense, Intérieur, Justice, et Economie– n'avait pas filtré à l'heure où nous écrivions ces lignes. Il y a toutefois bien peu de chances que ces portefeuilles atterrissent dans l'escarcelle des opposants.

La dissidence écartée

Les figures de la dissidence, comme Hamma Hammami (secrétaire général du PCOT, le Parti communiste ouvrier tunisien, non reconnu) et Moncef Marzouki (le président du CPR, le Congrès pour la République, idem), qui est encore, pour quelques heures, réfugié en France, n'ont pas été associées aux consultations…

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 09:46
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13 janvier 2011

 

 

Chers tous et toutes,

Etant « spécialiste » de la Tunisie et suivant les évènements de près, je me permets d’éclairer votre lanterne et de vous fournir quelques éléments très généraux pour que vous puissiez comprendre voir anticiper les développements présents.

 


La Tunisie était une province relativement indépendante de l’Empire ottoman lorsque l’État français la mise sous « protectorat » en 1881 à la suite, notamment, d’une importante crise financière. Contrairement à l’Algérie, la présence française n’a pas totalement déstructuré la société et détruit toutes les élites. La Tunisie n’a pas été une colonie de peuplement, les terres les plus fertiles du pays (750 000 hectares) ont été toutefois appropriés par des colons français et italiens. Le mouvement national tunisien a été globalement constitutionnaliste (la première Constitution dans le monde arabe est tunisienne et date de 1861), réformiste (dans la tradition des réformateurs arabes), influencé par les principes wilsoniens et le socialisme français.


Le mouvement ouvrier a également été important en Tunisie. Un syndicat autonome indigène qui repose sur des positions inter-classistes (les patrons indigènes sont intégrés dans le syndicat) voit le jour dans les années 1920 (la première CGTT). Par ailleurs, à la même époque né une fédération communiste de Tunisie qui adhère sans réserve à la IIIe internationale. Le parti communiste tunisien (PCT) en émergera, mais fidèle à la position du parti communiste français sur l’indépendance (union nationale) sera absent du mouvement de libération.


En 1920, le premier parti politique « moderne » est également créé en Tunisie, le parti libéral constitutionnel (ou Destour). En 1934, de jeunes nouvelles élites en sortent et constituent le Néo-Destour, formation politique qui sera notamment dirigée par Habib Bourguiba et Salah Ben Youssef. Ce parti encadrera le mouvement national. En outre, en 1946, une fédération syndicale tunisienne et nord-africaine se créée:  l’Union générale tunisienne du travail (dirigé par Ferhat Hached) qui intègrera la CISL (Confédération Internationale des Syndicats Libres) en 1951. Elle joue également un rôle fondamental dans le mouvement national.


À partir des années 1950, celui-ci évolue en fonction des soutiens américains, des rapports de force au sein de la ligue arabe, de la situation en Algérie, des négociations avec le gouvernement français, de la structuration du mouvement fellaga, des prises de position des prépondérants (colons) et de la montée des luttes sociales.


La Tunisie accède à l’autonomie interne en 1954 avec peu d’effusion de sang puis à l’indépendance en 1956. Entre temps, de nombreux clivages sociaux, territoriaux et politiques éclatent opposant les partisans de Salah Ben Youssef à ceux de Habib Bourguiba. Ce conflit sur le point de dégénérer en guerre civile (entre 1954 et 1958) scelle un mode de fonctionnement autoritaire qui perdurera sous des formes différentes jusqu’à nos jours.

En mars 1956, quelques jours après la proclamation de l’indépendance, une assemblée constituante est élue.

 

Elle se compose du Néo-Destour, de l’UGTT et de l’Union tunisienne de l’industrie et de l’artisanat (UTICA – le syndicat des « patrons »). Habib Bourguiba devient Premier Ministre, président du conseil de la nouvelle monarchie constitutionnelle et cumule, parallèlement, les charges de Ministre des affaires étrangères et de Ministre de la défense nationale. L’assemblée constituante abolit la monarchie, qui est remplacée par un régime républicain de type présidentiel. Habib Bourguiba en devient le premier président.


Le gouvernement opte de prime abord pour une politique d’orientation libérale puis récupère graduellement le programme économique de la centrale syndicale (UGTT) et opte pour la « collectivisation » des terres arables. Durant les années 1960, l’orientation économique du pays est clairement socialisante (le Néo Destour devient en 1963 le Parti socialiste destourien). Par rapport au reste du Maghreb, l’orientation politique, pourrait être qualifiée de « progressiste ». Un code du statut personnel qui abolit la polygamie et crée une procédure judiciaire de divorce est par exemple promulgué dès 1956.


À l’indépendance, l’élite au pouvoir se compose d’anciennes élites traditionnelles formant par ailleurs une grande et moyenne bourgeoisie commerçante de nouvelles élites, dont Habib Bourguiba représente l’archétype. Celle-ci est originaire du Sahel, bilingue et provient largement des professions libérales. Des conflits larvés puis ouverts rythment les relations entre ces élites. Au demeurant, les élites sahéliennes dominent.


Le Parti socialiste destourien est le seul parti autorisé de 1963 à 1981. En 1981 apparait un multipartisme de « façade ». En 1987, Habib Bourguiba est destitué à l’issu d’un coup d’État médical et est remplacé par un militaire spécialisé dans le renseignement, ancien ministre de l’intérieur puis premier ministre, toujours président de la république en 2011. Le parti socialiste destourien devient le rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) en 1989. Après une libéralisation politique entre 1987 et 1989, le régime se durcit graduellement.


Sur le plan des oppositions, la Tunisie indépendante a connu une contestation d’extrême gauche (trostko-maoïste puis trostko-mao-nationaliste arabe) très forte en milieu étudiant du début des années 1960 à la fin des années 1970. Elle a exercé une grande influence sur le plan culturel et nombre de cadres syndicaux et de professions intellectuelles ont été socialisés dans son sillage. Le mouvement islamiste, lui, né au début des années 1970, il est d’influence frère musulmane égyptienne et soudanaise.


Dès les années 1980, il reconnait cependant la légitimité des institutions démocratiques. Il se compose majoritairement de jeunes « éduqués » qui ont fait leurs premières armes politiques à l’université. Il est très puissant durant les années 1980 et élargit son recrutement sociologique. Toutefois, il est réprimé très sévèrement au début des années 1990. Depuis 2005, on ne peut plus affirmer qu’il représente une véritable force politique (ses dirigeants sont en exil à Londres et à Paris). Des partis d’opposition existent toujours depuis le début des années 1980, certains sont au parlement (un quota leur réservé), mais pèsent rarement sur la teneur des débats, d’autres sont tolérés et non reconnus, d’autres reconnus et non tolérés et enfin d’autres sont clandestins (notamment quelques groupuscules héritiers de l’extrême gauche). Il reste que ces partis n’ont pas véritablement de base militante.


En termes économiques, la Tunisie s’est libéralisée de manière relative au début des années 1970. L’État a longtemps représenté par ses emplois, un facteur de promotion d’une classe moyenne. Un plan d’ajustement structurel a été imposé en 1986 et depuis la Tunisie continue de se libéraliser économiquement en essayant de maintenir dans le giron étatique les domaines les plus stratégiques. L’entrée de devises des émigrés, le tourisme, le phosphate, les activités de sous-traitance, les entreprises off-shore contribuent notamment à la croissance économique (élevée par rapport au reste du monde arabe) mais le système bancaire reste largement opaque. Les pratiques néo-patrimoniales, le népotisme, le clientélisme sont de mises et ne cessent de se propager. L’indépendance de la justice est sérieusement mise à mal et rien ne semble protéger les citoyens des interventions sporadiques et arbitraires de l’État.


De surcroit, le système scolaire étant historiquement performant, une nombreuse main-d’œuvre très qualifiée n’arrive pas à être intégrée dans le circuit de production sinon au profit d’un « déclassement ». À cet égard, la mobilité sociale ascendante par l’État a longtemps représenté un espoir pour nombre de familles qui ont déployés de nombreuses stratégies scolaires. On pourrait, à cet égard, parler d’une forme d’éducationnisme, proche du mythe républicain français.


Pour autant, les inégalités régionales de développement sont très prononcées, l’identité géographique est régionale perçue par le nom de famille joue un rôle important. De nombreux citoyens originaires des régions du nord-ouest, du centre et du sud (les extra-muros) subissent des formes de discrimination, notamment à l’embauche.


Les émeutes, qu’il serait plus exact de qualifier d’émeutes à visée politique, qui secouent le pays depuis le 17 décembre sont les premières d’une telle ampleur depuis l’indépendance. On peut citer les émeutes de Kairouan de 1961, de Msecon en 1965 et les émeutes du pain (dites également IMF’s riots) en 1984. Notons également l’éclatement d’une grande grève générale le 26 janvier 1978 réprimée dans le sang.


Les « émeutes » actuelles sont d’un genre nouveau. Elles se sont rapidement propagées dans l’ensemble du pays. Par ailleurs, les islamistes n’y jouent aucun rôle. Plus largement les références théologico-politiques en sont absentes. Le seul véritable acteur qui en Tunisie possède une réelle capacité de mobilisation demeure la centrale syndicale, l’UGTT. Elle joue, elle, un véritable rôle dans les évènements actuels. Nombre de tracés d’émeutes épousent la géographie locale de l’implantation de ses locaux. Nombre de ses dirigeants régionaux (notamment ceux des syndicats de l’enseignement) proviennent de l’extrême gauche.

 

Au début des années 1960, sa direction s’est subordonnée à celle du parti, mais régulièrement, du moins jusqu’au début des années 1980, elle a affronté le régime sous pression de sa base.


Durant les années 1990, les différentes associations proto-politiques non inféodées au régime ont tenté d’alerter l’opinion internationale sur les « dérives du régime », reprenant l’argumentaire de la banque mondiale et recourant à la tactique du coup médiatique (grèves de la faim, médiatisation d’opposants tabassés, etc.). Au demeurant, l’apparition de ce mouvement au mois de décembre 2010 a surpris ces associations, largement composées d’élites urbaines nées dans les années 1950-1960, et concentrées dans la capitale. Les observateurs internationaux focalisés sur cette opposition dite de la « société civile », beaucoup plus visible pour un ensemble de raisons, ont également été surpris.


Les évènements actuels éclatent deux ans après un long mouvement social peu médiatisé en France, concentré dans les régions minières (bassin minier de Gafsa) du pays. La jeunesse, notamment celle d’origine «  extra-muros » et fortement pourvue en capitaux scolaires, y est particulièrement présente. Ce qui est une nouveauté puisqu’elle a été «  >exclue » indirectement de toutes les formes d’opposition, si ce n’est lycéenne et étudiante, depuis l’éradication du mouvement islamiste au début des années 1990. En outre, une loi anti-terroriste de 2003 a engendré, ces dernières années, l’arrestation de milliers de « jeunes » pour des motifs divers allant de la consultation de sites d’opposition à la tentative d’organisation de mission de martyr vers l’Irak (opérations qui étaient un temps tolérées par le régime). Ce faisant, on ne savait pas vraiment si l’islamisme radical (différent de l’islamisme de type frère musulman) représentait ou non une force de mobilisation. Aujourd’hui il semble que ce ne soit pas le cas.


Les scénarios d’avenir qui se profilent dépendent des conflits au sein de l’armée (la grande muette en Tunisie), du rôle effectif du parti au pouvoir et de ses clivages internes (un « destourien » modéré et « proche des américains » pourrait prendre la succession du président actuel), de l’action de le l’UGTT et enfin de la variable internationale (soutien ou non des gouvernements etatsuniens, français et italien, voir libyen et syrien). On peut tabler sur un scénario comparable sur certains points à la révolution des œillets au Portugal, sauf que l’absence d’organisations populaires « autonomes » peut exclure un dénouement « heureux » à la portugaise.


Il est bien sûr trop tôt pour se prononcer de manière tranchée, quoi qu’il en soit une éventuelle vacance du pouvoir n’est pas à exclure.


Finalement, tous ces évènements sont extrêmement importants tant en termes d’analyse sociologique qu’en termes de débat public. Ils nous interrogent sur le rôle des nouvelles technologies dans les formes de mobilisation, sur la notion d’émeute, sur les liens entre des variables lourdes (crise économique, situation internationale, rôle des élites), sur les transformations de l’horizon d’attente démocratique ainsi que sur la transnationalisation du contrôle social de la protestation. Sur le plan citoyen enfin, on ne peut rester indifférent à ces évènements qui ne sont plus l’apanage des pays de la périphérie, grands perdants de la division internationale du travail. Désormais, nous sommes tous dans le même bateau.

Sur l’histoire de la Tunisie politique vous pouvez consulter les travaux de Michel Camau, Béatrice Hibou, Vincent Geisser, Eric Gobe, Amin Allal ainsi que les miens. Je vous conseille également la consultation de l’Annuaire de l’Afrique du Nord/Année du Maghreb (en ligne)


Pour suivre les évènements presque en direct. Il y a facebook : chercher =) JE SUIS TUNISIEN II et ce twit http://twitter.com/SBZ_news


Voilà en espérant vous avoir éclairé un tant soit peu

Cordialement

Michaël Béchir Ayari
Docteur en sciences politiques (Institut d’Etudes Politiques-Université Paul Cezanne, Aix-en-Provence)
Chercheur associé à l’Institut de Recherches et d’Etudes sur le Monde Arabe et Musulman (IREMAM)


* Courriel diffusé sur la liste : listancmsp.

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