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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 09:52


8 janvier 2011 à 09h00 - 

 

Il est l'emblématique syndicaliste du long conflit contre l'arrêt, en 2004, de la rémunération des temps de pause par le groupe volailler Doux. Raymond Gouiffès, délégué central CGT, fait l'objet d'une procédure de licenciement a-t-il annoncé, hier.

«Officiellement, la direction du groupe Doux qui a multiplié les procédures sur les temps de pause, me reproche des dépassements d'horaires de délégations syndicales, le temps passé pour traiter les centaines de dossiers individuels dans le Finistère du conflit sur les temps de pause», a indiqué, hier, Raymond Gouiffès, également délégué du personnel et membre du comité d'entreprise de Doux Père Dodu à Quimper. Une affaire qui concerne désormais quelque 1.200 salariés du groupe. «En 2010, le groupe a retenu 4.800€ d'heures de délégation qu'elle ne m'a pas payées», a précisé cette figure du syndicalisme.

«Esprit de revanche...»

Se disant «serein», il évoque un «esprit de revanche» de la direction alors que ces temps de pause ont été déclarés comme un «avantage individuel acquis» par la Cour de cassation en 2008. Le processus d'indemnisation évalué à plusieurs millions d'euros pour le leader européen de la volaille basé à Châteaulin a d'ailleurs été lancé l'an dernier alors que ce dossier mobilise encore plusieurs conseils de prud'hommes. «Après Dominique Rio, à Vannes, que Doux n'arrive pas à faire licencier et qui ne lui propose plus de travail depuis 2004, et MichelLeGuello, licencié lors de la fermeture du site de Locminé( 56), je suis le troisième délégué central CGT à qui s'en prend la direction», a-t-il estimé.

Direction: «Aucun commentaire»

Un entretien préalable au licenciement a eu lieu le 6 décembre. Jeudi, veille de sa fête, Raymond Gouiffès, 57 ans, employé chez Doux Père Dodu à Quimper depuis 1996, a reçu un courrier l'informant que son licenciement était inscrit à l'ordre du jour du comité d'entreprise qui va se tenir lundi. «Ce même jour à 10h, nous sommes convoqués au tribunal d'instance de Quimper car la direction conteste la désignation d'un délégué syndical et alors que le 19janvier, nous entrons dans les négociations annuelles sur les salaires», a-t-il annoncé. Contacté, le groupe Doux a souhaité apporter «aucun commentaire sur la situation personnelle d'un salarié».

  • Jacky Hamard

http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/finistere/doux-procedure-de-licenciement-engagee-envers-un-delegue-cgt-08-01-2011-1168019.php

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 09:35

 

 

 

 

 

 

 

Joint au téléphone par l'Associated Press, le frère du rappeur, Hamdi a raconté que le chanteur, âgé de 22 ans, a été arrêté jeudi vers 5h30 du matin à son domicile à Sfax, capitale du sud tunisien, par des agents qui se sont présentés comme étant de la "sûreté de l'Etat".

"Ils étaient plus de 40 policiers venus à bord de plusieurs voitures qui ont encerclé la maison et ont demandé poliment à Hamada de les suivre", a précisé son frère.

Aux membres de la famille qui leur demandaient les raisons de l'interpellation de leur enfant, les agents ont répondu qu'ils avaient reçu un ordre pour enquêter sur lui pour deux ou trois jours.

La première chanson du rappeur intitulée "Raïs Lebled" (littéralement: chef du pays), est une sorte de lettre ouverte dans laquelle son auteur connu sous le pseudonyme "le général" s'adresse au président (Zine El Abidine Ben Ali) pour l'appeler à descendre dans la rue pour voir les jeunes au chômage et les gens qui ne trouvent pas de quoi manger. Pour Hamdi, son frère est comme "un enfant qui s'adresse à sa manière à son père".

La deuxième chanson, plus virulente, "La Tunisie, notre pays", parle de corruption et fait assumer au gouvernement la responsabilité de la dégradation de la situation sociale en Tunisie...

 

Lien vers "Musique arabe": http://musique.arabe.over-blog.com/article-el-general-tounis-bledna-la-releve-du-rap-tounsi-adieu-balti-64483947.html

 


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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 10:55


educjmb.jpg

Le programme Clair pour les collèges et lycées, expérimenté depuis la rentrée 2010, constitue une véritable régression, tant pour ce qui est de l’éducation des élèves que des missions des enseignants.

Le programme collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite (Clair) est expérimenté depuis la rentrée dans 105 établissements appartenant à dix académies (Aix-Marseille, Amiens, Créteil, Lille, Lyon, Montpellier, Rouen, Strasbourg, Toulouse et Versailles). Annoncé par Luc Chatel à l’issue de la mascarade des états généraux de la sécurité à l’école au printemps dernier, son contenu a été précisé par une circulaire du 7 juillet parue au Bulletin officiel n°29 du 22 juillet. Clair est destiné à agir comme un « virus » mortel pour le service public d’éducation, et contre toute ambition conséquente dans le sens d’une politique d’éducation pour les jeunes des classes populaires.

Pseudo-expérimentation, vraie contamination...


Il importe d’abord de prendre conscience que sous prétexte « d’expérimentation » c’est en réalité à une généralisation rapide que le programme est destiné. Dès son introduction la circulaire indique que le programme sera étendu à la rentrée 2011. De plus, elle prévoit explicitement « la refonte de l’ensemble des régimes s’appliquant actuellement à l’éducation prioritaire » (circulaire du 7-7-2010, 2.3.5). Cela a été confirmé par le ministre dans son discours aux chefs d’établissement, le 21 octobre dernier : « Clair n’est pas un programme de plus mais a vocation, si le bilan est positif, à se substituer aux trop nombreux dispositifs, notamment en éducation prioritaire ».

Achever les ZEP, gérer les « ressources humaines »


Malgré toutes leurs limites, leurs ambiguïtés et faux-semblants, les Zones d’éducation prioritaire (ZEP) avaient fourni un point d’appui relatif à l’exigence de donner plus à ceux qui ont le moins. Cela s’est exprimé de manière importante dans des luttes telles que le mouvement des établissements de Seine-Saint-Denis en 1998 (« on veut des moyens, on est pas des moins que rien ! »). La définition des ZEP a été profondément mise à mal en 2006 sous le ministère Robien. Il s’agit désormais d’achever le processus en mettant définitivement en cause toute lutte globale en termes de moyens contre les inégalités en matière scolaire. Les établissements ciblés sont incités à rechercher la « performance éducative » à moyens constants, en innovant au niveau de « la gestion des ressources humaines » et en réduisant leurs ambitions éducatives aux limites étroites d’un prétendu « socle commun de connaissances ».


Contractualisation, objectifs imposés et management


Dans la logique des grandes réformes de structure mises en œuvre par la droite depuis 2002 (LOLF, RGPP), il est normal que les maîtres mots du programme Clair soient la contractualisation des établissements et des personnels et la soumission à des objectifs imposés. Le tout dans le cadre d’un renforcement des fonctions managériales des proviseurs et des inspecteurs.

 

« Un contrat d’objectifs est signé entre les autorités académiques et le chef d’établissement [...]. Il décline un programme d’actions [...] et mentionne les missions confiées aux différents personnels dans le cadre de ce programme. Les autorités académiques prévoient un accompagnement par les corps d’inspection, avec notamment la désignation [...] d’un IA-IPR référent pour chacun des établissements Clair » (circulaire du 7-7-2010, paragraphe 4). Les obligations des personnels comme leur recrutement, sur profil, sont alors soumis à ce cadre contractuel.

 

Une lettre de mission individualisée leur est remise pour trois ans définissant leur engagement. La circulaire précise : « Les personnels [...] qui n’adhèrent pas au nouveau projet seront encouragés [sic] à rechercher une affectation plus conforme à leurs souhaits » (circulaire 2.3.3).

 

À cela s’ajoutent des règles d’avancement désormais encore plus largement soumise à l’arbitraire local et à une logique perverse de « résultats » (circulaire 2.3.4), et l’établissement d’une hiérarchie nouvelle avec la création d’une fonction de « préfet des études », véritable agent de maîtrise à la solde du patron.

C’est clair : il faut lutter !


L’espace manque pour analyser toutes les implications du programme Clair. Notamment en matière de statuts (soumission hiérarchique et méritocratie, précarisation, mobilité imposée...) et de missions (réduction des contenus enseignés, logique sécuritaire et de conformation, renforcement de la surveillance des familles...). Il importe de prendre collectivement la mesure de l’éclatement du service public d’éducation qu’engage Clair et d’en tirer au plus vite les conséquences sur le terrain unitaire. Et ce dès la rentrée de janvier dans le cadre des mobilisations à construire pour l’obtention de moyens pour l’éducation. Imposer le retrait de la circulaire Clair et l’arrêt de toute expérimentation, gagner des moyens en personnel, défendre et développer l’éducation prioritaire, tels doivent être nos axes de lutte fondamentaux.


Manu Arvois

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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 10:43

Un émeutier jeudi soir dans le quartier Bab el-Oued, à Alger (Farouk Batiche/Reuters)

 

Après la Tunisie, c'est au tour de l'Algérie de se soulever contre la vie chère, le chômage, le manque de perspectives. Depuis mercredi, plusieurs quartiers d'Alger se sont embrasés. Violente, la révolte a également touché d'autres villes du pays. Les matchs de foot ont été annulés. Revue de presse des deux côtés de la Méditerranée.

A l'origine de ces soulèvements, une rumeur. Mardi, un bruit court dans les rues de Bab El Oued, quartier populaire d'Alger. Le quotidien algérien El Watan le précise :

« Une descente de police serait prévue pour déloger tous les vendeurs à la sauvette qui squattent les trottoirs. »

En réaction, dès mercredi, plusieurs quartiers de la capitale se sont embrasés. A Bab El Oued, quartier populaire du centre d'Alger d'où est partie l'insurrection, des jeunes sont descendus dans la rue pour scander des slogans hostiles au pouvoir. Comme le montre le diaporama du Monde.fr, certains ont attaqué le commissariat du quartier en jetant des pierres.

Les émeutes se sont étendues jeudi à des quartiers périphériques de la ville. Le Figaro souligne :

« Le quartier huppé d'El Biar situé sur les hauteurs [d'Alger] a été pris d'assaut par une quarantaine de jeunes armés de sabres qui se sont attaqués à de nombreuses boutiques. »

Une protestation violente

Le soulèvement se démarque de la Tunisie par la plus grande violence des émeutiers. Un épicier a raconté à Libération :

« La police a jeté des gaz lacrymogènes sur eux et a même tiré des balles à blanc. Et puis, certains jeunes en ont profité pour tout détruire. Ils ont cassé des vitrines et ont pris de l'argent des produits. »

Sur YouTube, de nombreuses vidéos postées prouvent les altercations qui ont opposé les jeunes et les forces de l'ordre. (Voir la vidéo)


La protestation a également gagné d'autres villes du pays : Tipaza, Bourmedes, Bejaia ont été le théâtre d'émeutes. Dès mercredi, des protestations ont aussi éclaté à Oran, dans l'Ouest du pays. Liberté, quotidien national algérien, décrit :

« Rapidement, la chaussée sera recouverte de pneus qui seront incendiés, de blocs de pierre et autres objets hétéroclites empêchant tous les véhicules de passer. A coups de pierres, les jeunes manifestants s'en prirent à certains automobilistes et au mobilier urbain. »

Routes barrées, matchs de football annulés

Divers axes routiers ont été barrés par les émeutiers. Le quotidien en ligne Tout sur l'Algérie (TSA) a déclaré que le 6 janvier, l'ouest de l'Algérie était coupé de la capitale :

« Il est impossible de gagner l'ouest algérien en voiture ou par train. Tous les trains à destination de l'ouest (Blida, Chlef, Oran, Tlemcen…) ont été annulés par la SNTF. L'autoroute Est-Ouest est coupée à plusieurs endroits dans la wilaya de Blida. »

Le site Internet du journal Le Matin Dz a annoncé que les matchs du championnat national de football qui devaient se dérouler ce week-end ont été reportés.

Une soudaine hausse des prix

Depuis plusieurs jours, la grogne s'était fait sentir sur les marchés algériens. A l'origine des protestations se trouve en effet une hausse soudaine des denrées alimentaires. El Watan précise :

« Les prix des produits de première nécessité tels que le sucre, l'huile, la farine et les céréales ont enregistré une “forte” augmentation, allant de 20% à 30% pour certaines de ces denrées. »

Ce bond des prix est dû à la flambée des cours des produits alimentaires de base sur les marchés internationaux. En effet, l'Algérie importe beaucoup.

Le pouvoir, resté silencieux pendant plusieurs jours, s'est enfin exprimé ce vendredi. El Watan reprend la déclaration du ministre du Commerce Mustapha Menbada :

« Un Conseil interministériel se tiendra demain samedi pour examiner les moyens de juguler la forte hausse de prix de certains produits de large consommation enregistrée ces derniers jours. »

Corruption et chômage des jeunes

Selon Ouest-France, c'est aussi la frustration des Algériens, impuissants devant la corruption de leurs dirigeants, qui les a poussés à descendre dans la rue :

« Malgré la manne pétrolière qui a généré un confortable matelas de 155 milliards de dollars (119 milliards d'euros) de réserves de change, la redistribution déséquilibrée de la rente a engendré de légitimes frustrations.

Alors que les barons du régime et leurs clientèles ne cessent de défrayer la chronique de la corruption en affichant un train de vie agressif, les couches populaires continuent de tirer le diable par la queue. »

Comme en Tunisie, c'est la jeunesse qui est descendue dans la rue : Ouest-France évoque « la grogne d'une jeunesse sans perspectives », dont une grande partie est sans emploi. Selon le FMI, 75% des Algériens ont moins de 30 ans, et 20% des jeunes sont au chômage.

Les révoltes de 1988, souvenir omniprésent

Quand ils évoquent les soulèvements actuels, les médias algériens font unanimement référence aux émeutes de la faim survenues en 1988, à l'issue desquelles avait eu lieu une ouverture politique qui avait bénéficié aux islamistes.

Le même terreau existe actuellement, affirme TSA :

« La situation actuelle présente de troublantes similitudes avec celle qui a précédé octobre 1988. »

En plus des pénuries et de la hausse des prix, il y a, selon ce média tunisien, l'existence de rumeurs sur le pouvoir en place. Selon certains, les « absences prolongées » du président Abdelaziz Bouteflika présageraient de sa mauvaise santé et de la fin de son règne.

Pour d'autre, il s'agit d'une stratégie pour « se replacer dans un jeu politique qui commence à lui échapper ». Selon le journal, les interrogations sur le pouvoir « suggèrent que la course à la succession est presque officiellement ouverte. »

Après une matinée d'accalmie, les émeutes ont repris le 7 janvier dans l'après-midi. Les manifestants ont ainsi donné raison au quotidien TSA, qui, dans ce contexte politique tendu, ne croit pas à un retour au calme imminent :

« L'hiver 2011 promet donc d'être plus “chaud” que tous les hivers de la décennie écoulée. »

Photo : un émeutier jeudi soir dans le quartier Bab el-Oued, à Alger (Farouk Batiche/Reuters)

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89
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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 10:37
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Par Nolwenn Weiler (6 janvier 2011)


33.000 personnes à la rue ou en hébergement d’urgence, 38.000 à l’hôtel (dont 17% ont moins de 18 ans), 85.000 en hébergement de fortune (type mobil-homes), 800.000 dans des logements surpeuplés... : ce sont quelques-uns des chiffres, effrayants, publiés ce jeudi 6 janvier par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

 

Au total, selon l’Insee, 3,2 millions de Français ne vivent pas dans un logement satisfaisant. La Fondation Abbé Pierre évalue le nombre de non ou mal logés à 3,5 millions de personnes. Elle définit un second groupe de 6,6 millions de personnes en situation de réelle fragilité à court ou moyen terme, correspondant à des difficultés relatives au maintien dans le logement (difficultés ou impossibilité de payer principalement).

 

http://www.bastamag.net/

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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 10:32

Contre l’ignorance totale de Manuel Valls et de quelques autres, 25 questions-réponses rapides sur les 35 h


Gérard FILOCHE

Ce que Manuel Valls a dit exactement :

« Oui, nous devrons déverrouiller les 35 heures, qui n’existent déjà plus réellement. Cela doit permettre aux Français, pour ceux qui ont la chance d’avoir un emploi, de travailler davantage en gagnant plus, deux heures, trois heures, sans avoir recours forcément aux heures supplémentaires qui ont beaucoup coûté à l’Etat et à l’économie française". Pour ceux qui n’ont pas de travail, l’allégement du coût du travail, devra relancer l’embauche (...) "

"Le monde a changé depuis 1997 et nous aussi (...).… Est-ce que dans le monde tel qu’il est avec la concurrence que nous connaissons, est ce que nous pouvons nous permettre d’être sur des idées des années 70, 80, 90 ? Non ! il faut donc dépasser la question des 35h au-delà des bénéfices qui ont concerné notamment le temps de vie des salariés, de la flexibilité qui a pu représenter dans les entreprises, Je prône un dépassement des 35 heures, au nom même d’une augmentation des salaires, d’une augmentation du pouvoir d’achat." (Europe 1 verbatim)

verrouiller, verbe transitif

- Sens 1 Fermer en actionnant un verrou. Anglais to bolt

- Sens 2 Bloquer, empêcher le passage.

- Sens 3 Contrôler quelqu’un ou quelque chose, bloquer une action ou une situation

verrouiller : 2 synonymes : cadenasser, fermer.


Ce qu’a dit Manuel Valls témoigne de son incompétence totale en droit du travail, en économie, en histoire. Ce garçon n’a jamais travaillé, il n’y connaît rien, il ignore et méprise des millions de salariés, qu’il s’oblige donc à faire femme de service dans les écoles de sa circonscription et au bout de quelques mois où il aura passé la serpillière dans les réfectoires, il sera pour les 35 h et réclamera à coup sur le paiement majoré d’heures supplémentaires… …  

 

1°) Est-ce que les 35 h sont « verrouillées » ?


Il n’y a aucun verrou. D’aucune sorte. Les 35 h ne sont que la durée légale du travail. Elles ne sont que le seuil de déclenchement des heures supplémentaires. Le seul verrou existant est la durée maxima qui est de 48 h hebdomadaires. Avec les 35 h il y a place pour 13 h supplémentaires hebdomadaires, davantage qu’avec les 39 h où il ne pouvait y avoir que 9 h supplémentaires par semaine.


2°) Est-ce que les 35 h sont un carcan ?


  Copé félicite Valls pour « sortir du carcan dogmatique hérité de Madame Aubry, c’est aussi se donner une arme de plus dans la cruciale bataille contre le chômage ». Il n’y a aucun carcan. D’aucune sorte. Hélas ! 

C’est ce que Xavier Bertrand a répondu a Copé : il y a une scission sur ce point… au sein de l’UMP : le chef de l’UMP attaque le ministre du travail UMP en épaulant Valls. 


3°) Est-ce que les 35 h n’existent déjà plus réellement ?


C’est malheureusement ce que dit Montebourg, député PS et lui aussi candidat aux primaires socialistes : « Les 35 heures n’existent plus, donc évidemment rouvrir ce débat est inutile ». Arnaud Montebourg n’y connaît rien non plus. Les 35 h existent. Elles s’imposent même à 100 % des salariés, à 100 % des employeurs. C’est une durée légale d’ordre public social valable dans toutes les entreprises, toutes les branches, tous les métiers, tous les statuts. 


4°) Est-ce que les 35 h empêchent les Français de travailler davantage ?


Emballé par Valls, Yves Jégo déclare : « N’attendons pas 2012 pour déverrouiller les 35 heures qui plombent la croissance française depuis 10 ans et ouvrons à nouveau le débat du + travailler plus + et du + travailler mieux + comme Jean-François Copé l’a proposé à juste titre, suivi par Manuel Valls ». 


C’est aussi stupide : la meilleure année depuis un siècle de la croissance française, de l’emploi en France, c’est l’année 2000, année de la mise en place des 35 h. 350 à 400 000 emplois de plus. C’est la meilleure année sociale de toutes les annales. Moins de précaires, hausse de la masse salariale, toutes les caisses de protection sociales étaient au vert… Ce, avant que la droite, depuis 8 ans, ne mène notre pays à la catastrophe économique et sociale en revenant en arrière.


5°) Est-ce que les 35 h empêchent de travailler deux ou trois heures de plus ?


Stupide aussi. Il y a place légale pour 13 supplémentaires mensuelles majorées par semaine.

Quant au contingent annuel maximum d’heures supp’, il était de 91 h dans la métallurgie en 1995, de 120 h en général lorsque le patronat signait l’accord du 31 octobre 1995 considérant que les heures supp’ devaient être « exceptionnelles et imprévisibles » et alors que se préparait la 1° loi De Robien finançant les 35 et les 32 h pour les entreprises « volontaires ». (Ce qui coûta très cher, mais resta limité à moins de 35 000 salariés). C’est la droite qui a tenté la première loi de réduction du temps de travail, par accord.


6°) Est-ce qu’à cause des 35 h on travaille moins que les autres pays ?


Mais non bien sûr ! Nous sommes dans la moyenne européenne : la durée hebdomadaire du travail en 2007 de l’ensemble des actifs était de 37 heures en France, pour 37,3 heures en moyenne dans l’Europe des 15. C’est presque une heure de plus qu’en Allemagne (36,2 h), une heure et demie de plus qu’au Danemark (35,5 h) et dans les pays Nordiques, et presque cinq heures de plus qu’en Hollande (32,2 h). Mais bien moins qu’en Grèce, au Portugal… (Cf. « Salariés si vous saviez ? » Ed. La découverte, 2008)

Car, surtout ce sont les pays les plus pauvres qui ont les durées du travail les plus longues !

Et les plus riches les durées du travail les plus courtes !

Le « Sortir de l’euro où sortir des 35 h » selon Gérard Longuet est donc une autre de ces phrases stupides qui ne veulent rien dire.

Nous avons en France le taux de productivité horaire le plus élevé au monde : en travaillant moins on produit plus !


7°) Est-ce que le monde (du travail) a changé depuis 1997 ?


Bah oui. Il y a davantage de chômeurs, les records mondiaux sont battus. Le néo-libéralisme et la dictature de la finance tendent à ramener les durées du travail réelles au niveau du XIXe° siècle, avec souffrance, stress, contre la santé et contre l’emploi. Sarkozy est allé chercher le chômage avec les dents : les chiffres de décembre 2010 en France, c’est le plus haut niveau de chômage depuis 15 ans… Il n’y aura pas de réduction du chômage de masse, sans réduction du temps de travail.


8°) Est-ce que les 35 h sont une idée des années 70, 80, 90 ?


C’est un progrès historique. L’histoire du code du travail EST l’histoire de la réduction du temps de travail. De 1840 à 1920, il a fallu 80 ans pour passer de la journée de 17 h à la journée de 10 h. De 1936 à 2000 il a fallu 70 ans pour passer de 40 h à 35 h : en 70 ans, on a réussi en pratique, dans les faits, dans la vie réelle, (malgré une guerre mondiale et deux guerres coloniales) 4 choses en même temps :

- produire plus
- créer plus d’emplois
- travailler moins longtemps
- gagner plus

Et Valls et Copé voudrait faire tourner la roue de l’histoire à l’envers ? Revenir avec la même logique demain sur les congés payés ? sur la Sécu ? Oui Copé le veut… Valls aussi ?


9°) Est-ce que les 35 h coûtent cher aux entreprises ?


Les 35 h ne devaient pas se faire à « profit constant » mais comme un moyen de redistribuer emplois et richesses. Mais non, le Medef a « mené la guerre » depuis 13 ans aux 35 h. Il a exigé des masses de subventions. Il ment en prétendant que ça coûte trop cher : en fait pour refuser de négocier les salaires. Mais ses profits n’ont jamais été aussi énormes, la France n’a jamais été aussi riche.


10°) Est-ce que les 35 h coûtent cher à l’état ?


Ça coûte à l’état qui prend sur les impôts que paient les salariés : parce que l’état redistribue d’énormes sommes au patronat. L’assistanat dans ce pays, c’est d’abord pour les patrons. Entre 30 et 45 milliards d’exonérations de cotisations sociales de 1 à 1,3 fois le Smic ce qui va en premier dans les poches du CAC 40. Pareille pour la loi TEPA qui enlève les cotisations sociales sur les heures supp’.


11°) Est-ce que les 35 h ont déjà été détricotées ?


Jack Lang :« Les 35 heures ont été déjà partiellement détricotées, réadaptées ». Encore une fois ça ne veut rien dire ! les 35 h c’est un chiffre, un repère unique pour la durée légale. Une loi d’ordre public social. Pour 100 % des salariés. Ça ne peut pas se « détricoter »… le code du travail peut se “détricoter” pas “les 35 h”. Ca existe ou non.   Et Pierre Moscovici qui explique à Valls qu’il n’y a plus rien à faire, car tout a été fait... : « si vous prenez tout ce que la droite a fait depuis 2002 avec les 35 heures, les verrous, s’il y en avait, ont été totalement levés » (sic - Moscovici) Il n’y connaît rien non plus. Il n’y avait pas de verrous, ils ne sont donc pas levés, tant que les heures supp’ restent majorées dans la loi.


12°) Est-ce que les 35 h ont bloqué les salaires ?


Pas les 35 h ! Lionel Jospin (et c’est ce qui lui a fait gagner les élections le 1er juin 1997) a proclamé les 35 H HEBDOMADAIRES PAR LA LOI SANS PERTE DE SALAIRES. Ce sont les patrons qui ont bloqué les salaires et tout tenté pour les flexibiliser

Mais même dans les accords, il y a eu des cas infinitésimaux prévoyant un « gel » des salaires en contrepartie des 35 h : c’était là où les syndicats étaient faibles. C’est vrai que le Medef et la droite ont fait forcing pour affaiblir l’application concrète de la loi, son contrôle… mais c’est parce qu’il n’y a pas eu assez de sanctions en cas de non-respect des 35 h pas parce qu’il y en a eu trop… des « verrous », il en aurait fallu plus !


13°) Est-ce que les 35 h ont été annualisées ?


Ce n’était pas par la loi ! Mais par accord. Dans moins de 0,3 % des cas, il y a eu des accords d’annualisation ou de modulation. Ils sont mauvais : car ils reviennent à rendre les heures supplémentaires invisibles et non majorées. Il fallait que des syndicats acceptent de signer ce genre de recul (mais c’est vrai... la loi aurait pu et du les interdire) !

En fait le patronat n’aime pas les usines à gaz où il est contraint de signer des accords avec des syndicats. Il cherche toujours à faire autrement et les heures supp’ c’est ce qu’il y a de plus simple, il y fait recours dans 76 % des cas pour ajuster les horaires… 


14°) Est-ce que les 35 h ont été annulées par la flexibilité ?


Mais par définition les 35 h sont inflexibles. La flexibilité s’oppose aux 35 h, elle cherche à moduler la durée légale, la durée maxima, le taux des heures supp’ etc. mais tant qu’il reste un ordre public social avec un chiffre unique de repère, les 35 h sont là. Le patronat est pour la flexibilité, mais quand il s’agit de payer, il est d’une rigidité extraordinaire.


15°) Est-ce que la loi TEPA a réglé la question des 35 h ?


Non, TEPA a poussé à des heures supp’ en les faisant payer en partie par l’état (par les impôts de salariés). Cela revient à faire travailler plus ceux qui ont un travail au détriment de ceux qui n’en ont pas. Ça coûte cher et cela a mal marché : 4 milliards qui vont dans la caisse des patrons et augmentent le nombre de chômeurs non embauchés. En même temps, l’état Sarkozyste versait 300 millions d’euros à 600 000 salariés pour les faire travailler moins, en leur imposant du chômage partiel forcé dans leur entreprise, allez savoir...


16°) Est ce que les 35 h sont fraudées ?


Oui, c’est le principal problème.

Malgré l’offre d‘aubaine de la loi TEPA, le patronat dans sa large majorité a préféré continuer à ne pas reconnaître ni payer les heures supp’ qu’il impose à ses salariés. Il y a 1 milliard d’heures supp ‘ dans ce pays qui ne sont pas déclarées, pas majorées et même pas payées du tout, ce qui est l’équivalent de 600 000 emplois.

C’est le principal gisement, 85 % du travail dissimulé, la principale fraude ; le principal vol que subisse les salariés, la principale source de délinquance patronale. Là, il faudrait sévir et sanctionner dur ces voleurs. 


17°) Est-ce que les 35 h n’ont pas d’effet dans les petites entreprises ?


Mais si ! Elles s’imposent à toutes les petites, moyennes et grandes entreprises. Même Alain Vidalies ne rend pas compte de la vérité quand il écrit : "Par exemple, Valls met en garde [les socialistes] contre une généralisation des 35 heures aux PME. Mais c’est François Fillon, en 2003, qui l’a mise en place." Alain Vidalies. Non !

a) D’abord les socialistes envisageaient les 35 h avec heures supp’ à 25 % ensuite, partout, en 1999, puis des pressions en interne (Guigou, Fabius) ont permis que la majoration à 25 % ne s’applique pas temporairement pour les entreprises de moins de 20 salariés (plus de 5 millions de salariés). Il en fut ainsi, hélas, dans la loi Aubry II.

b) Mais selon la gauche, à partir du 1er janvier 2003, la majoration devait passer là aussi de 10 % à 25 % pour les heures comprises en 35 et 39 h.

c) C’est la droite (Fillon en 2002) qui a repoussé cette date. Donc 5 millions de salariés des moins de 20, de ce fait ont continué de 2003 à 2007 à faire des heures supp’ qui n’étaient majorées que de 10 % au lieu de 25 % ailleurs : la droite faisait travailler plus en gagnant moins.

d) Puis la loi TEPA a encore modifié cela à partir du 1er octobre 2007 : toutes les heures, même dans les moins de 20, sont devenues majorées à 25 % (Mais défiscalisées et subventionnées).

e) Puis la droite incohérente, en août 2008, par la loi Bertrand a permis de passer outre à… la majoration, « par accord ». Elle a même voulu que tout ce qu’il y avait d’écrit sur le taux des heures supp’ dans les accords et conventions collectives soit annulé et renégocié : mais c’est le Conseil constitutionnel qui a censuré ce point ( !) et heureusement maintenu les 185 conventions collectives de ce pays qui reprenaient les 25 % de majoration.


18°) Est-ce qu’il est déjà possible de déroger aux 35 h ?


Oui, depuis la loi Bertrand, par « accord » avec des syndicats représentant une majorité des salariés concernés. Ce fut le cas à Continental et dans un certain nombre de cas phares ou le patronat fit chantage à l’ordre public social, obligeant les salariés sous peine de chômage à travailler plus sans que les heures supplémentaires soient majorées… et puis les patrons de Continental, après avoir fait avaler cet accord, ont quand même fermé et licencié.

En fait c’est ce que Copé et Valls voudraient imposer a tout le pays, l’accord initial de Continental.


19°) Est ce que les RTT ont été supprimées ?


Oui, il y a eu certains textes pour faciliter les « forfaits » sans contrôle et avec moins de jour de RTT parmi les cadres notamment, avec parfois une définition extensive et contestable du statut de « cadre ». Cela a été repris dans des conventions collectives et autres (mauvais) accords sous la pression du patronat.

Mais cela n’existe pas par la loi mais dans des accords dérogatoires (loi Fillon du 4 mai 2004 et de Bertrand d’août 2008) si ces accords sont signés par des syndicats majoritaires (il faut pour cela qu’ils capitulent devant les employeurs, cela reste donc l’exception.


20°) Est ce que les 35 h n’existent plus pour les cadres ?


Les cadres sont aux 35 h, de droit commun comme tous les salariés. En fait, nul ne peut les faire travailler plus de 10 h par jour, ni plus de 48 h par semaine : c’est un DELIT ! Les « forfaits » doivent être contrôlés, ils ne sauraient être implicites, ils doivent être écrits de façon détaillée avec calendrier si modulation et RTT, signés par des syndicats majoritaires, et ils ne peuvent servir à ne pas payer les heures supplémentaires. En cas d’annualisation, les heures supp’ dépassant le « forfait » doivent être comptabilisées et payées majorées.

Le contingent annuel d’heures supp’ fixé à 120 et 130 heures par la gauche a été porté à 180 puis 220 h par Fillon. (avec possibilité de dérogation par branche, c’est 230 h dans dans la poissonnerie, 380 h dans la restauration…) Au-delà du contingent, la majoration des heures supp’ était de 100 %... ce qui fait qu’en reculant la limite du contingent, la droite a fait travailler plus en gagnant moins.


21°) Est ce qu’il faut « étendre » les 35 h ?


Non, elles sont étendues. Les 35 h art. 1 de la loi Aubry sont une loi magnifique, la plus avancée au monde.

Mais on pourrait prendre des mesures pour rapprocher la durée réelle du travail de la durée légale

- Abaisser la durée maxima du travail de 48 h à 44 h.

- Rendre les heurs supp’ plus coûteuses que l’embauche en les majorant à 50 % dés la première heure

- Abaisser le contingent annuel et en revenir à une limite de 130 h

- Imposer deux jours de repos consécutifs incluant le dimanche

- Soumettre les heures supp’ à un « avis conforme » des IRP (CE ou DP, CHSCT)

- Rétablir un système de contrôle fiable et transparent des horaires réels, avec contrôle renforcé et sanctions par l’inspection du travail.

Travailler mieux, moins, tous et gagner plus, tel est le bon slogan !


22°) Et si on repassait aux 40 h ?


Faire machine arrière toute 70 ans en arrière, cela ne reviendrait qu’à une seule chose : abaisser les salaires

Car des millions de salariés perdraient la majoration de 25 % pour les heures entre 36 et 40.

ET il y aurait un million de chômeurs de plus au bas mot.


23°) Est-ce que supprimer les 35 h ça augmenterait les salaires ?


Ça les baisserait automatiquement pour ceux qui feraient des heures supp’. Et pour tous les autres qui auraient encore moins de travail à se répartir.


24°) Et si on augmentait le nombre autorisé d’heures supplémentaires ?


Il est déjà énorme et parfois heureusement inatteignable. Les Britanniques en effet pratiquent l’opt out. (Article 18 de la directive 93-104) Sarkozy a tenté de faire passer la semaine de 65 et de 72 heures quand il présidait l’Europe en décembre 2008 : il a été battu heureusement par le Parlement européen. Mais la directive sur le temps de travail est toujours sur la table en Europe… Danger !


25°) Et s’il n’y avait plus de durée légale ?


C’est le rêve absolu du Medef. Il ne cesse de revendiquer cette « solution » … finale. Cela casserait tout repère, aussi bien pour la durée que pour les salaires. Plus de Smic à 151 h 66. Plus de « grilles de salaires « conventionnelles.Faire fluctuer, rendre confus, pour mieux couler tout le droit du travail.


Gérard Filoche


http://www.filoche.net/2011/01/03/e...« -verrouillees- »/

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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 10:21

 

 

« C’est bien un mouvement sans précédent que nous vivons là pour la Tunisie »

5 janvier 2011

 

« Mon nom est un pseudo, mon e-mail est une adresse électronique jetable et je ne suis pas professeur. Pour vous écrire, je suis passé par un proxy. » Les mots d’« Ahmed*, professeur », 45 ans, l’un des nombreux Tunisiens à avoir répondu à l’appel à témoignages du Monde.fr, sont révélateurs de l’ambiance qui règne dans le pays.


Sites Internet bloqués, policiers en civil dans la rue, établissements scolaires fermés : les autorités surveillent comme le lait sur le feu une population dont la mobilisation est sans précédent depuis le suicide d’un jeune vendeur ambulant à Sidi Bouzid, dans le centre du pays. Lors de son inhumation mercredi, une foule estimée à 5 000 personnes a marché derrière son cortège funèbre en criant sa colère.


DES MOUVEMENTS CIRCONSCRITS MAIS QUI SE MULTIPLIENT


Plus de trois semaines après son geste désespéré, les heurts secouent toujours Thala, une petite ville de l’intérieur du pays, à 250 km de Tunis et à une centaine de kilomètres de Sidi Bouzid. « Une manifestation pacifique a commencé devant le lycée et s’est déplacée vers le centre-ville », raconte un jeune Thalois sous le couvert de l’anonymat. « Les policiers ont commencé à lancer des bombes lacrymogènes et ça a dégénéré, les manifestants ont mis le feu à des pneus. Ils en ont jeté un dans le jardin du poste de police, et ont incendié le local du RCD [Rassemblement constitutionnel démocratique, le parti au pouvoir]. Le ciel était noir avec les fumées du gaz lacrymogène et des pneus. » A Hammamet et Kasserine, plusieurs internautes font également état de rassemblement ces derniers jours.


Malgré les tensions, l’ambiance n’est pourtant pas encore celle d’un embrasement généralisé. Selon les témoignages recueillis par Le Monde.fr, les rues des grandes villes du pays sont calmes et les quelques rassemblements très vite pris en main par les forces de l’ordre. A Tunis, des étudiants de l’Institut préparatoire aux études d’ingénieurs de Tunis, sorte de « prépa » tunisienne, s’étaient rassemblés il y a quelques jours devant l’établissement : « Des agents de l’administration essayaient de dissuader les étudiant en s’infiltrant parmi les étudiants et en s’adressant à chacun pour les intimider, raconte Karim*, leur disant ’qu’est-ce que tu fais là, éloignes-toi un peu, tu ne veux pas avoir de problèmes’. »


Les forces de l’ordre agissent le plus possible dans la discrétion. Malgré les quatre personnes qui ont déjà péri dans les troubles, ils tentent d’éviter que les choses s’emballent. Car si les mouvements restent pour l’instant circonscrits, l’audace des manifestants est inédite. « Travail pour tous », « à bas les pistons et les pots-de-vins », mais aussi « Tunisie Libre... Ben Ali dehors ». « La foule ose scander des propos qu’on n’aurait pas osé dire en public il y a peine un mois », témoigne Anis*, 36 ans. Pour Nadia*, 26 ans, « c’est bien un mouvement sans précédent que nous vivons là pour la Tunisie », ajoute-t-elle.


LE WEB BOUILLONNE


Chez les jeunes, Facebook et Internet en général ont joué un grand rôle dans la mobilisation : les autorités ne s’y sont pas trompées, et tentent en vain de museler la Toile. « Grâce aux réseaux sociaux et à Internet, nous avons pu relayer les informations entre nous, jeunes Tunisiens », témoigne Nadia*. Certains se sont créé un profil anonyme, d’autres n’hésitent pas à relayer les informations et à les commenter sous leur propre nom. Les mots d’ordre pour des rassemblements partent souvent du Web, puis circulent par le bouche à oreille et arrivent jusque dans les cafés, très fréquentés par les Tunisiens, s’étendant à toutes les générations.


Une émission de la chaîne privée Nessma TV, en particulier, a fait beaucoup parler d’elle : les Tunisiens ont écouté avec attention un débat aussi libre qu’inédit. L’avocate Bochra Belhaj Hamida y déclare en direct : « Ce n’est pas possible d’avoir un emploi sans donner de l’argent ou devoir employer des moyens malsains. » Des propos qui n’apprennent rien à beaucoup de Tunisiens, mais qui détonnent dans le paysage médiatique. « C’est extraordinaire, c’est la première fois que les gens parlent de corruption, de médias qui ne font pas leur travail », commente Sofiane*, 27 ans.


UNE SITUATION SOCIALE EXPLOSIVE


Si jusqu’ici la population tunisienne acceptait un régime autoritaire mais qui lui avait apporté une certaine prospérité économique, la crise et certaines politiques gouvernementales ont changé la donne. Le chômage tourne autour de 30 % chez les jeunes. Une situation d’autant plus mal vécue que les familles les plus modestes se sont souvent endettées pour envoyer leur enfant faire des études, sans que celle-ci offrent le débouché espéré. « La voiture la moins chère en Tunisie vaut 14 000 dinars, avec un salaire minimal aux environs de 250 dinars », explique Walid*, 22 ans. « Comment voulez-vous vivre, s’occuper de sa famille, rembourser sa banque, profiter de la vie, s’amuser ? »


A Tunis, Sousse, Thala et ailleurs, beaucoup espèrent que cette vague de mobilisation puisse faire bouger les choses. « L’Etat doit comprendre qu’il est temps pour la société et les jeunes de découvrir leur droits et d’apprendre à vivre avec », conclut Mehdi*, 25 ans.


Marion Solletty

* Tous les prénoms des personnes ayant témoigné dans cet article ont été changés pour protéger leur anonymat.


* LEMONDE.FR | 05.01.11 | 19h02 • Mis à jour le 06.01.11 | 18h13.

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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 10:17

 
Reportage au cœur d’une émeute : «Tu vois, je n’ai qu'un pantalon rapriécé. Je n’ai rien à attendre de ce pouvoir…» 
 
Le tribunal d’Akbou, le siège de la Sonelgaz (Société nationale pour l’électricité et le gaz), la régie communale des eaux ainsi que le commissariat de police de la ville. Voilà les cibles sur lesquelles s’est déversée la colère de milliers de manifestants ce jeudi 6 janvier à Akbou, traditionnellement ville symbole, chaudron bouillant en matière d’activisme politique et capitale politique et économique de la Haute Soummam. Reportage de notre envoyé spécial.
 
 
Combien étaient-ils ? À notre arrivée à Akbou aux alentours de 16 heures, ils sont, au bas mot, près de deux mille jeunes émeutiers à assiéger le tribunal. Façades ravagées et fenêtres explosées par les jets de pierre et les cocktails Molotov, le siège, flambant neuf, du tribunal d’Akbou subit depuis le début de l’après-midi les assauts des émeutiers. À l’intérieur de l’immeuble ainsi que sur le toit, ils ne paraissent pas très nombreux ces policiers anti-émeute chargés de défendre l’institution juridique. De temps à autre, ils apparaissent aux fenêtres ou sur le toit pour tirer un coup de fusil à grenades lacrymogènes vers les émeutiers qui les assiègent. Ceux-ci se dispersent rapidement avant de revenir à la charge à la même vitesse.
 
Munis de bouteilles de bière remplies d’essence et de gravats, les jeunes émeutiers font le siège systématique du tribunal. Ils se relaient. Trois fronts, au moins, ont été ouverts. La façade principale, le mur principal et la partie arrière de l’immeuble. Les manifestants concentrent l’essentiel de leurs attaques sur ces trois fronts.
 
En première ligne, ils sont, en tout et pour tout, une centaine à se relayer à intervalle régulière. Le gros des troupes se trouve derrière. Plusieurs centaines de jeunes essaient de reprendre leur souffle ou de se pourvoir en «munitions». Bouts de trottoir ou de pierre éclatés que l’on se répartit entre amis. Ceux qui sont chargés de pourvoir «l’infanterie» en cocktails explosifs et en pierres forment la deuxième ligne. Des bouteilles de vinaigre circulent.
 
Les manifestants s’aspergent les mains et s’arrosent les vêtements avant de plaquer un morceau de tissu imbibé de ce précieux liquide sur le visage pour pouvoir contrer les effets du gaz lacrymogène et respirer un peu d’oxygène.
 
«Tu vois, je n’ai qu'un pantalon rapriécé. Je n’ai rien à attendre de ce pouvoir de m…», m’apostrophe un jeune émeutier, la vingtaine tout au plus. Il a repéré le journaliste qui essaie tant mal que bien de cacher son appareil photo sous son cache nez. En effet, son pantalon, un vieux K-way, est rapiécé mais ouvert sur plusieurs coutures.
 
Une bonne partie des émeutiers s’est détachée pour s’attaquer au commissariat de police, mitoyen de l’hôpital de la ville. Le petit bureau de poste qui jouxte le tribunal est complètement saccagé. Papiers et chèques jonchent le sol. Les émeutiers fracassent la grille de fer apposée à son entrée pour nous permettre de prendre des photos de l’intérieur. Quelques temps auparavant, des nouvelles sont arrivées annonçant que le siège de la Sonelgaz a été mis à sac et incendié. Nous nous rendons sur place pour vérifier l’information.
 
Effectivement, les murs du siège sont noircis, mais la place est déserte. Retour vers la nouvelle ville, un attroupement attire notre attention. Des manifestants mettent à sac le siège de la régie des eaux, situé non loin de la gare routière. Des tapis de papiers jonchent le sol. La nuit est déjà tombée. Des grappes de jeunes sillonnent la ville livrée aux émeutiers.
 
Les rumeurs sur l’arrivée de renforts de la police se font de plus en plus précises. Une colonne de cars blindés aurait quitté la ville d’El Kseur en direction d’Akbou. C’est «Moustache», le fameux blindé anti-émeute ouvre la marche. Les jeunes émeutiers d’Akbou se préparent pour une longue nuit d’affrontement, au moment même ou ceux de Tazmalt, une localité limitrophe, viennent de monter au front.
 
 
Climat insurrectionnel à Akbou (Béjaia) : Le siège du tribunal attaqué, le commissariat assiégé
 
Des affrontements d’une rare violence ont lieu jeudi en début de ce soirée dans la ville d’Akbou, a constaté sur place un journaliste de DNA. Le bureau de la Poste a été saccagé alors que le siège du tribunal, récemment rénové, est attaqué aux cocktails motolov. Des manifestants assiègent le commissariat de police et des affrontements opposent jeunes émeutiers aux forces de l’ordre.
 
Des centaines de personnes ont pris le contrôle de la ville dans la soirée alors que les forces anti-émeute tentent de riposter en faisant usage de bombes lacrymogènes. Des pneus brûlent dans les différentes artères de la ville livrée aux manifestants.
 
Une tension très perceptible régnait jeudi matin dans la ville d’Akbou, principale ville de la Haute Soummam et véritable carrefour politique et économique de la région. La circulation clairsemée sur la RN 26, un axe habituellement encombré de jour comme de nuit, et l’absence de camions de transport de marchandises indiquaient bien que l’atmosphère électrique que connaissait Akbou et sa région n’allaient pas tarder à accoucher d’une émeute ou d’une manifestation.
 
 
C’est ainsi que vers le milieu de la matinée, plusieurs centaines de jeunes ont organisé une marche spontanée contre la cherté de la vie après avoir dressé plusieurs barricades de fortune sur la route et enflammé quelques pneus usagés. Rassemblés au niveau du carrefour dit «Patte d’oie», non loin du parc communal, les jeunes qui ont initié cette manifestation ont sillonné une route nationale coupée à la circulation automobile jonchée de pierres, de troncs d’arbres et d’objets divers.
 
Arrivée au niveau du carrefour de Guendouza, la procession a pris le chemin de la vieille ville en passant par le rond point du Lycée Haroun Mohamed. Les manifestants, qui n’étaient qu’une poignée à leur départ, sont devenus de plus en plus nombreux tandis que se joignaient à eux de jeunes citoyens massés le long des trottoirs. À noter que tous les slogans scandés par les manifestants stigmatisaient la cherté de la vie et la récente hausse des prix de la plupart des produits alimentaires.
 
Alors que durant la journée du mercredi, plusieurs barrages de la police et de la gendarmerie étaient dressés en plusieurs endroits de la RN 26, d’Akbou jusqu’à Bejaia, il est à noter que les services de sécurité se sont faits extrêmement discrets ce jeudi. Seuls quelques policiers en civil surveillaient de loin les manifestants.
 
La route nationale no 26 a été coupée à la circulation en plusieurs endroits, notamment aux carrefours comme celui de Taharacht et Guendouza. Tout comme elle avait été coupée depuis mardi passé au niveau de la localité de Tazmalt par de jeunes lycéens d’Ath Mellikeche qui protestaient contre la hausse du prix qui a récemment touché le transport scolaire.
 
En début d’après-midi, des files de voitures ont commencé à se former au niveau des stations d’essence. Appréhendant des lendemains incertains, beaucoup d’automobilistes tenaient, en effet, à faire le plein.
 
Selon des informations que nous venons de recevoir ces toutes dernières minutes de plusieurs citoyens de la ville d’Akbou, les écoles ont commencé à évacuer les élèves alors que le rond point du Lycée Haroun, fermé à la circulation par plusieurs barricades des dizaines de pneus ont été allumés. Des manifestants commencent également à se masser non loin du commissariat jouxtant l’hôpital d’Akbou. La tension est montée de plusieurs crans.
 
Arezki Said 
Dernières Nouvelles d’Algérie, 6 janvier 2011.
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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 10:13

melenchon1

La direction du Parti communiste enclenche, vendredi 7 janvier, sa consultation interne sur la présidentielle. Et donne tous les signes à ses militants qu’il faut se ranger derrière Jean-Luc Mélenchon.

Le conseil national du Parti communiste français (le Parlement du PCF) devrait lancer, vendredi, la consultation interne sur la présidentielle de 2012. Dans un projet d’"adresse aux communistes", la direction dessine les contours d’une candidature du Front de gauche – l’alliance passée avec le Parti de gauche et la Gauche unitaire – et un calendrier qui ne laissent plus guère de place au doute : le PCF est en train de se ranger derrière Jean-Luc Mélenchon.

Ainsi celle-ci doit être "porteuse de la démarche de rassemblement entreprise avec le Front de gauche""entourée d’un dispositif collectif qui fait vivre la diversité de la démarche engagée". Le texte explique que, comme le prévoient les statuts, un appel à candidature est lancé dans le parti. Mais la préférence est clairement affirmée : "tout doit être fait" pour parvenir à une "candidature porteuse de rassemblement".
ACCORD TACITE RESPECTÉ

Pas une seule fois n’est évoquée l’hypothèse d’une candidature communiste et celle d’André Chassaigne n’est pas mentionnée. Comme souvent dans les débats communistes, tout apparaît ouvert alors que les formules et le processus de décision ont été élaborés pour qu’un maximum de communistes adoptent la démarche du numéro un Pierre Laurent. Et acceptent que le PCF se range derrière Jean-Luc Mélenchon.

Ainsi, l’accord tacite esquissé à la fin de l’été entre Mélenchon et son homologue communiste est respecté : à "Jean-Luc" la présidentielle, aux communistes 90 % des candidats et élus aux cantonales et aux législatives. La survie du PCF passe par là. Pas question pour les dirigeants communistes de rééditer l’expérience traumatisante de 2007 où Marie-George Buffet s’était effondrée avec 1,9 %.
Le PCF a juste posé certaines conditions au député européen : l’enjeu premier est de battre Sarkozy. Il ne faut pas d’ici là taper trop dur sur les socialistes.


De : Sylvia Zappi

 
vendredi 7 janvier 2011

 

 

La mort dans l'âme, le PC se donnerait à Mélenchon en 2012

Ce qui se dessine ressemble à un front anti-DSK, mais il s'agit aussi, pour l'ex premier parti de la gauche française, de la fin d'une histoire…


Le Parti communiste réunit depuis ce vendredi ses 700 responsables de sections afin de préparer les réflexions en vue des élections présidentielles de 2012. Le conseil national du Parti communiste, ou Parlement du PCF, a rédigé un projet d'« adresse aux communistes ».

Selon le quotidien Le Monde daté de samedi 8 janvier, « la direction dessine les contours d'une candidature du Front de gauche et un calendrier qui ne laissent plus guère de place au doute : le PCF est en train de se ranger derrière Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de Gauche et député européen ».

Pour décider du candidat, « l'heure approche néanmoins »

Le 3 janvier, la lecture d'un article/ordre de marche paru dans L'Humanité ouvrait déjà les cœurs réticents à cette éventualité :

« Pas de primaires envisagées au sein du Front de gauche, où les formations qui le composent, PCF en tête, ont décidé de donner la priorité à l'élaboration d'un “programme populaire et parta” » ouverte aux citoyens et acteurs du mouvement social.

Favorable à une désignation plus rapide du candidat à la présidentielle, le Parti de gauche n'a pas convaincu les communistes de modifier leur propre calendrier. L'heure approche néanmoins. Deux personnalités se sont pour l'instant déclarées disponibles : André Chassaigne et Jean-Luc Mélenchon. »

L'autre candidat, Chassaigne, cet inconnu

Sauf que d'après plusieurs participants au conseil national du PCF, le nom d'André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme absolument inconnu, a été à peine évoqué. Le score de Marie-George Buffet à la dernière présidentielle (1,94% des suffrages) pèse sur les choix.

Les plus durs de la ligne anti-Melenchon ne désespèrent pas pour autant de renverser le cours des choses d'ici avril, où le conseil proposera un nom, voire juin, quand les adhérents (130 000 annoncés) voteront.

André Chassaigne, député communiste du Puy-de-Dôme, se jugeait pourtant jusque là le « le mieux placé » pour porter cette « approche collective » à laquelle les communistes tiennent particulièrement. Cité par Le Figaro en novembre, il plaisantait, sûr de lui :

« Ce n'est pas la peine de se mettre une culotte sur la tête pour convaincre les Français ! Je ne veux pas que le Front de gauche se transforme en machine à fabriquer des ego. »

Une alliance à trois avec le NPA reste possible

Le PCF aurait posé une condition à Jean-Luc Mélenchon : ne pas se tromper d'adversaire, lequel s'appelle Sarkozy, et non le PS. Allié avec les socialistes au niveau local, le PC ne peut pas se permettre d'entrer en guerre avec Solférino, surtout au moment des cantonales.

« En ayant le PC derrière lui, Mélenchon pourra se laver des accusations de “populisme à la Marine Le Pen”, qui lui causent du tort chez certains électeurs de gauche », explique un élu communiste parisien qui estime que son parti signe son arrêt de mort s'il s'embarque derrière « l'ex-socialiste ».


Reste, sur le bord gauche du Front de gauche, à convaincre le NPA d'Olivier Besancenot de s'unir avec lui. La proposition lui sera officiellement adressée lors des congrès régionaux qui vont précéder le congrès national, du 11 au 13 février.

Le NPA, qui lorgnait une alliance avec le Parti communiste, devra dépasser sa méfiance envers celui qui se réclame toujours de son amitié avec François Mitterrand.

Pierre Laurent ne peut faire autrement que démentir

Vendredi, à l'heure du déjeuner, sous la pression du Conseil national qui reproche au secrétariat général de s'être livré pieds et poings liés à Mélenchon, Pierre Laurent, n°1 du parti a tenté de reprendre le calendrier :

« Il faut d'abord vérifier les conditions d'un accord politique et ensuite viendra le temps du débat entre Chassaigne et Mélenchon. »

Un membre de la direction affirme qu'à l'heure actuelle l'écrasante majorité des communistes choisirait Chassaigne, très populaire chez les militants :

« Le pragmatisme, leur sens de la discipline feront qu'au bout du compte, en juin, ils prendront Mélenchon. Moi aussi, mais pas à n'importe quelles conditions. »

Pierre Laurent a détaillé les dites « conditions d'un accord politique » :

  1. On ne va pas passer notre temps à tirer sur les candidats de gauche.
  2. On considère que ça ne sert à rien d'aboyer contre le capitalisme, il faut orienter le débat des présidentielles sur les solutions.
  3. Sur la démarche politique, il n'est pas question que le Front de gauche se réduise à une ou deux personnalités. IL doit s'élargir aux associatifs et syndicalistes.

Méthode douce contre castagne

Sur l'épineuse question de l'Euro et de la CEE qui risque de devenir le gros point de divergence entre les deux formations, Patrice Bessac porte-parole du PCF prévient :

« Sortir de l'euro et de l'Union européenne serait absolument désastreux pour les travailleurs. »

Il assure que le débat avec le Parti de gauche devra se tenir avec une « méthode douce », alors que Jean-Luc Mélenchon, lui, annonce sur son blog qu'il veut de la castagne en 2011.

« Évidement Mélenchon est un choix discutable », admet Catherine Vieux-Charrier, adjointe PC de Paris.

« Mais si on choisit un candidat communiste, on va apparaître comme replié, on va nous traiter de stal. Ce duel PG-PCF risque de nous faire beaucoup de mal. »

► Addendum le 07/01/2010 à 16H15. Toute la partie sous le dernier intertitre.

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89
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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 10:10

Chawki Salhi, Secrétaire Général du PST *

Non au libéralisme ! Non au libre marché !
Pour une politique au service des besoins du peuple !

Tipaza, Alger , Oran, Djelfa, Batna, Béjaïa, Chlef, Bordj… les émeutes qui s’étendent à travers le pays soulignent l’échec de la politique suivie depuis plusieurs décennies et confirment que le choix du libéralisme contredit la prise en charge des besoins élémentaires des masses populaires.

 carte Algérie
Partout, les jeunes ont dit leur colère face à l’envolée des prix des produits de base, ils ont dit leur détresse devant l’absence d’un logement, ils ont dit leur désespoir devant la rareté des emplois, ils ont dit leur malheur dans une vie sans loisirs, dans un pays prison que l’Europe leur interdit de quitter, dans une société bloquée, en crise. Jeunesse si pauvre dans un pays si riche, ils ont aussi crié leur haine des nouvelles classes possédantes, leur refus de la corruption, leur rejet de l’humiliation et leur détermination contre la répression.

La tradition émeutière n’est pas nouvelle. Baraki et Diar Echems résonnent encore des batailles pour le relogement. Depuis plusieurs mois le mécontentement bouillonne. Dans les bagarres pour l’introuvable sachet de lait, dans la recherche d’une boulangerie ouverte, on disait sa rage devant ces milliards volés, devant ces cadeaux princiers faits aux émirs du golfe, aux roitelets algériens ou aux seigneurs d’Europe, tous, dispensés d’impôt.
A l’origine de l’explosion, l’augmentation du sucre, de l’huile et des produits d’épicerie. Le spectacle de la révolte légitime des jeunes de Tunisie a, bien sûr, inspiré Bab el Oued et Oran. La distribution des logements sociaux a ravivé la haine de la corruption. On nous demande d’attendre mais on voit les fortunes monter sans attendre.

Les augmentations de salaires obtenues dans le secteur public, après des années de luttes, de grèves, de répression, sont dérisoires pour les petites catégories, c'est-à-dire pour la majorité. Et ces augmentations qui ne sont pas encore appliquées partout sont déjà mangées par la hausse des prix. Les travailleurs du privé, ont rarement été augmentés.

Toutes nos conventions collectives doivent inscrire l’échelle mobile des salaires : quand les prix augmentent le salaire doit augmenter autant !

La valeur du dinar a été divisée par 20  depuis 1994, pour offrir des ouvriers algériens presque gratuits aux investisseurs. On chante la nouvelle religion de la liberté du marché mais, sur ordre du FMI, on a administrativement baissé le dinar pendant qu’on libère les prix !
Retour aux prix imposés par l’État, pour tous les produits de base.

Les revenus du pétrole sont dépensés dans des projets géants mais nos vieux ont été compressés et nos jeunes n’ont pas de travail. Les hommes d’affaires des grandes puissances aiment l’Algérie des grands contrats et nos jeunes la fuient sur des bateaux de fortune. Le tournant patriotique annoncé est contredit sur le terrain par des cadeaux aux émiratis et les promesses aux Européens. Il faut réorienter notre politique !

Nos investissements doivent viser le développement pour la satisfaction des besoins du peuple : logement, emploi, santé, transport, formation.

On reproche à nos jeunes leur violence désespérée. Mais le pouvoir laisse-t-il un autre moyen de se faire entendre quand l’association des tailleurs de pierre est privée d’agrément, quand un séminaire contre la violence faite aux femmes n’est pas permis, quand les marches, les grèves subissent la matraque et les poursuites judiciaires.

Pour les libertés d’expression, d’organisation, de manifestation et de grève !

Alger, le 06 janvier 2011

* PST,
27 Boulevard Zirout Youcef, Alger.
Tel/fax ++213 (0) 21 71 47 72
Email Web : www.pst-dz.org
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