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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 12:11

autocollant-gaspare 19-02-2011

 

Tribune Christine Reich-Bertho, porte-parole de Gaspare et Roger Beaufort du bureau Horizons

Alors que l’année 2013 a été déclarée « année de la transition énergétique » par le président de la République et que le débat national se met doucement en place, Delphine Batho autorise une centrale de type cycle combiné à gaz (CCCG) sans que cela ait fait l’objet d’un débat public.


La ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie vient de signer l’arrêté d’autorisation d’exploiter une centrale CCCG d’une capacité de production de 446 MW, à Landivisiau, dans le Finistère. Première étape d’un processus administratif devant conduire d’ici deux ans à sa mise en chantier. Ce projet, qui fera l’objet d’une subvention publique de 100 millions d’euros pour la construction (renforcement du réseau de gaz) et de l’ordre de 40 millions d’euros par an pendant vingt ans au minimum, à la charge du contribuable, est fondé sur une augmentation de 20% de la consommation d’électricité. Et pour couronner le tout, il augmenterait la consommation régionale de gaz de 36% à 62% par an selon le niveau d’utilisation de la centrale et donc les émissions de gaz à effet de serre. Autant d’éléments surprenants à l’heure où le gouvernement annonce sa volonté de voir émerger un nouveau modèle de production et de consommation.

Gros potentiel en renouvelables

La Bretagne concentre pourtant un potentiel d’énergies renouvelables particulièrement important par rapport aux autres régions : éolien terrestre favorisé par le régime de vent, énergie marine hydrolienne et éolien offshore, ou encore méthanisation dopée par le secteur agricole. De plus, des projets de raccordement de la région avec l’Irlande et l’Angleterre via le département de la Manche, à l’horizon 2020-2025, sont en cours pour tirer parti d’un potentiel hydrolien équivalent en puissance à dix réacteurs nucléaires. La région fait à cet égard l’objet d’un chapitre intitulé « La Bretagne, un joli bouquet d’énergies renouvelables » dans le dernier manifeste de l’association négaWatt publié le 14 février 2013.

Pourquoi donc une centrale à gaz ?

Si avec tous ses atouts, la Bretagne doit doubler sa consommation de gaz pour assurer son alimentation électrique, combien de projets de CCCG faudra-t-il ailleurs ? Selon nous, il est possible d’envisager l’avenir autrement. Mobilisé contre ce projet depuis deux ans et demi, nous avons mandaté le bureau d’étude Horizons pour jauger le bien fondé de la construction de cette centrale et élaborer un scénario électrique alternatif breton plausible.

Les conclusions, sévères quant au projet, sont très positives quant aux garanties d’alimentation de la région Bretagne sans centrale au gaz :

  • les analyses qui justifient le projet sont erronées : elles datent de 2009, or depuis, les prévisions d’évolution de la demande et de l’offre ont été significativement actualisées par le gestionnaire du réseau électrique RTE. Entre autres, l’augmentation de la consommation en 2020 par rapport à celle de 2009 est ramenée de 19% à 8%, le développement de la filière hydrolienne n’avait pas été suffisamment pris en compte, etc. ;
  • il n’y a donc aucune urgence à prendre une décision sur la réalisation d’un moyen de production à énergie fossile.

Et le nucléaire ? Il y aurait moyen de s’en passer

La moitié des réacteurs nucléaires de la zone ouest est destinée à fermer entre 2020 et 2025 selon le scénario « nouveau mix » de RTE (PDF, page 41). Nous posons donc ouvertement la question de la possibilité de réduire la part du nucléaire dans le mix d’alimentation électrique de la Bretagne sans augmenter les émissions de gaz à effet de serre.


Nous proposons notamment le remplacement des radiateurs électriques à effet Joule, appelés communément « grille-pain », lors des rénovations. En effet leurs consommations représentent environ 42% des besoins en puissance lors des journées les plus froides de l’hiver. Alors, quand nous entendons la ministre de l’Ecologie, Delphine Batho, prendre le Pacte électrique breton comme exemple à suivre pour l’organisation des débats publics sur la transition énergétique, nous sommes inquiets. Le processus décisionnel, piloté par la préfecture et le conseil régional s’est fait sans aucune consultation publique. Notre scénario alternatif sera-t-il pris en compte par les pouvoirs publics ? Alimentera-t-il les réflexions sur la transition énergétique ? Rien n’est moins sûr tant les modalités de participation au débat national restent floues.


A l’instar de plusieurs ONG de protection de l’environnement, nous attendons encore des indications du ministère pour comprendre les modalités de participation. Sera-t-il possible d’avoir accès aux scénarios en débat afin d’avoir les moyens de les discuter ou encore de les confronter aux contributions des associations ?

 

http://www.rue89.com/rue89-planete/2013/02/18/debat-national-sur-la-transition-energetique-un-couac-au-gaz-en-bretagne


 


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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 11:24
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PELLETIER Robert, POJOLAT Alain 14 février 2013
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Depuis quelques jours, une inquiétude enfle dans les milieux patronaux et gouvernementaux  :

 

face à la vague de fermetures d’entreprises et à la dégradation des conditions de vie de la majorité de la population, ne risque-t-on pas d’assister à des actes de violence  ? Les journalistes interrogent les dirigeants syndicaux, les pressent de dénoncer toute action à venir. Dans le même mouvement, malgré les propos qui se veulent rassurants sur une prochaine sortie de crise, tout le monde se rend bien compte que les tensions vont augmenter  : gel des pensions de retraite, accord interprofessionnel qui sape les bases du code du travail, chômage massif…


L’accent mis sur les risques de violence renverse les perspectives, en mettant de côté les violences patronale et gouvernementale, pour se concentrer sur la violence des licenciéEs, des expulséEs, des dominéEs.

 

Cela revient, sous prétexte de maintien de l’ordre public, à justifier le déploiement d’un arsenal répressif qui envahit notre quotidien. Ainsi, le cas des opposantEs de Notre-Dame-des-Landes ou de ces quatre militants ouvriers d’Aulnay convoqués pour un entretien préalable à licenciement, aussi interrogés par la sûreté territoriale… Les conflits du travail, les résistances les plus importantes, sont ainsi assimilés de plus en plus à des troubles à l’ordre public.


Mais cet ordre public, cette légalité républicaine que défend Manuel Valls, ne sont que les paravents d’une vaste offensive d’exploitation et de dépossession des classes populaires. Peu à peu, la police remplace la politique  : les débats et disputes n’ont plus le droit de cité, puisque plus rien ne doit venir troubler le cycle de valorisation du capital. Parmi les promesses de la campagne électorale ne figurait pas de projet de loi d’amnistie. Une occasion de compenser (un peu) les promesses non tenues  ?

Entreprises privées : une vraie pression antisyndicale

Avec moins de 10 % d’adhérentEs, le syndicalisme français est systématiquement dénoncé comme non représentatif de la majorité des salariéEs. Sociologues et commentateurs se penchent régulièrement sur le sujet pour annoncer la fin de ce pan essentiel du mouvement ouvrier. Les raisons invoquées se retrouvent avec des hiérarchisations différentes suivant leurs auteurEs. La crise et le chômage, la restructuration de l’appareil productif, la bureaucratisation et en prime l’individualisme issu de Mai 68 sont toujours au programme. Mais la répression de l’action syndicale et plus généralement de l’action militante, voire de la résistance aux attaques patronales, ne sont pratiquement jamais évoquées. Même les enquêtes d’opinion des salariéEs sur les discriminations à l’entreprise ne mettent pas en évidence au niveau réel le phénomène. Pourtant les enquêtes qui posent précisément la question de la syndicalisation sont claires  : près de 40 % des salariéEs affirment que leur refus de se syndiquer est motivé d’abord par la crainte des représailles.

Représailles

L’arsenal est large depuis les «  conseils  » lors de l’embauche de ne pas écouter et même de ne pas se lier aux syndicalistes, blocage de carrière, discriminations de tous ordres, chantage, avant de franchir le pas de la répression directe. Le plus significatif est le licenciement des salariéEs dits protégéEs. Près de 15 000 demandes sont faites chaque année avec un taux d’autorisation par l’administration de près de 90 %. Le motif économique aux alentours de 80 % ne saurait masquer son aspect répressif quand on sait que la CGT fournit la moitié du contingent de syndiquéEs, même si les non-syndiquéEs représentent la majorité des sanctionnés.


Si les stratégies patronales sont bien rodées, les réponses syndicales sont affaiblies par le non-dit évoqué plus haut, un certain fatalisme et l’inégalité de traitement. Ce sont les plus militantEs qui sont sanctionnéEs, quelle que soit l’appartenance syndicale, et les ripostes sont de ce fait souvent difficiles à construire. La tendance est à la criminalisation de l’action syndicale  : les Conti condamnés pour violence et Xavier Mathieu pour refus de prélèvement ADN, les militantEs de PSA Aulnay pour dégradations et menaces n’en sont malheureusement que les plus visibles. Et Valls inaugure une nouvelle menace  : la dénonciation préventive pour les Goodyear. Provocateur  ?

La Poste : une entreprise en pointe…

80 000 suppressions d’emplois de 2002 à 2012. Et la direction de La Poste ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Mais pour parvenir à transformer la poste en entreprise pleinement rentable, supprimer des emplois ne suffit pas  : il faut être prêt à mater les résistances, et c’est ce que la direction de La Poste s’est employée à faire depuis une petite dizaine d’années.


Le tournant de la grève de Bègles  : l’intervention du GIPN


En mai 2005, les postiers du centre de tri de Bègles-Bordeaux se mettent en grève contre la fermeture de leur centre. Dans une lutte où 450 emplois sont en jeu, ils séquestrent des cadres… et le GIPN intervient pour briser la grève. 14 postiers sont à la fois lourdement sanctionnés au niveau disciplinaire (un licenciement, des suspensions de fonctions de 2 ans, des mutations d’office…) et poursuivis en justice  : les procédures dureront jusqu’en 2010, et se solderont pour 8 d’entre eux par de la prison avec sursis. Ce type d’intervention, assez rares à cette époque, signalait une volonté claire de la direction Bailly  : être prêt à employer tous les moyens pour écraser des équipes militantes combatives dans un secteur où la tradition syndicale est relativement forte.

La tentative d’annihiler toute forme de syndicalisme de lutte de classes

Sans atteindre la violence de la répression des postiers de Bègles, la logique répressive s’est néanmoins généralisée et aggravée. Elle touche désormais à des degrés différents tous les métiers de La Poste (distribution, tri, colis…) et toutes les régions. Les cas de licenciement de représentants syndicaux, comme récemment dans l’Isère ou dans les Yvelines, se multiplient. Dans certains départements comme le 66, la direction interdit aux syndicalistes les visites de centres. Par-delà les différentes situations locales, le trait commun dans la politique des différentes directions est de criminaliser les formes de résistance qui servent à regrouper les postiers, des formes de résistance tolérées pendant des décennies comme les prises de parole auprès des facteurs ou des agents de tri (assimilées à des «  AG sauvages perturbant le service  » par la direction).


Un cas emblématique  : les postiers du 92


Ce qui fait la spécificité du 92, c’est l’existence d’une équipe militante qui a systématiquement cherché à mener des conflits qui regroupent plusieurs bureaux voire plusieurs métiers, des grèves auto-organisées à l’image de la grève départementale de 2009 où les AG étaient quotidiennes et préparées par un comité de grève élu par les grévistes.

La quasi-totalité des représentants départementaux de SUD Poste 92 ont été visés par des procédures disciplinaires. Deux d’entre eux ont écopé de longues mises à pied (un an et deux ans), et Gaël Quirante est aujourd’hui toujours menacé de licenciement. Comme à Bègles, les poursuites disciplinaires sont doublées de procédures pénales  : 15 postiers dont Olivier Besancenot sont toujours accusés de séquestration pour une simple grève avec occupation. Un rassemblement pour le délibéré de leur procès en appel a lieu le 28 février à 13 heures devant la cour d’appel de Versailles (5 rue Carnot).

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http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article27875

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 11:19

CRS ps

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Contre les opposantEs à l’Ayraultport, le gouvernement actuel mène la même politique de stigmatisation médiatique, de criminalisation judiciaire et de répression policière du mouvement social que sous Sarkozy.

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Une politique qui consiste à rejeter toute opposition dans l’illégalité et dont l’objectif est de susciter un sentiment de peur chez le plus grand nombre. Ce qu’en son temps le ministre de l’Intérieur Pasqua appelait en 1986 «  terroriser les terroristes  », inaugurant ainsi le renouveau répressif de la politique d’État. Une politique de répression spectaculaire a été entamée en juillet 2011, sous ­Sarkozy  : les CRS évacuent violemment les manifestants du hall de l’aéroport, blessant grièvement une jeune femme. Ce sera le début d’une large campagne médiatique de stigmatisation des opposantEs.

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«  C’est qui les casseurs  ?  »


La fabrique médiatique du danger utilise tous les registres pour qualifier les occupantEs de la Zad  : politiques («  casseurs  », «  ultras  », «  anarchistes  ») mais aussi sociaux («  jeunes  ») et xénophobes («  étrangers  »). On recycle les stéréotypes et vieilles recettes utilisés pour stigmatiser la population des cités. C’est ainsi que le «  passer la banlieue au kärscher  » du ministre de l’Intérieur Sarkozy en 2005, dénoncé à l’époque par la gauche, est devenu en 2011 dans la bouche d’Auxiette, président PS de la Région, «  karchériser les opposants les plus radicaux  ». La première pierre de la politique de répression-spectacle était posée  : le pouvoir cherche à diviser les opposantEs entre les zadistes radicaux et les autres, plus proches du monde institutionnel.


Tout est bon désormais pour mettre en scène la supposée violence du mouvement et légitimer la répression, ainsi que les millions d’euros qui seront engloutis pour cela. Les médias se chargeant de faire le reste. L’opération «  César  » sera le point d’orgue de cette politique de répression féroce et spectaculaire. L’évacuation militaire et policière par des centaines de CRS et gardes mobiles des occupants de la Zad de Notre-Dame-des-Landes, au petit matin du mardi 16 octobre, est d’une ampleur sans précédent. L’État n’a pas hésité à employer les grands moyens en déployant 1 200 CRS et gendarmes sur la zone. La répression est massive et violente. L’objectif est de frapper fort à la fois physiquement et psychologiquement. Les forces de l’ordre n’hésitent pas à fouler au pied le moindre protocole, envoyant en tirs tendus grenades assourdissantes et flashball, démontrant une fois de plus que l’État bourgeois se moque bien de la légalité quand il s’agit de servir ses intérêts ou ceux des patrons comme Vinci. Le 24 novembre, un pic de violence est franchi avec une centaine de blesséEs, dont une trentaine gravement.

 

Répression discrète mais réelle


Mais politiquement, la répression-spectacle est un échec. Parce qu’elle a renforcé les liens entre opposantEs, elle a amplifié le mouvement et amené le gouvernement a changer de stratégie. Il applique désormais une répression plus discrète et plus insidieuse.


À côté des opérations de communication, comme la fameuse commission de dialogue, il continue de maintenir une forte présence policière sur la Zad dans une stratégie d’usure. Tous les moyens sont bons  : contrôles de police incessants, fouilles de véhicules sous les prétextes les plus fallacieux, courses-poursuites, provocations, lacération des tentes et bâches, saccage des cabanes et chicanes, interpellations ciblées, infiltration et provocation des policiers de la BAC. On condamne à tour de bras. Le pouvoir cherche à casser des militantEs individuellement, sur le terrain judiciaire, avec à la clé arrestations, perquisitions, saisies, interdictions de séjours, prison ferme, mises en examen sous les prétextes les plus futiles.


Face aux provocations policières, à la désinformation médiatique, nous devons mettre au grand jour ce qui se passe, étendre les solidarités et continuer de populariser ce mouvement. Chaque mouvement est un laboratoire de la répression pour le gouvernement, chaque résistance est un exemple pour l’ensemble du mouvement social.

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 http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article27875

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 11:02
11/12/2012 | 17h17
REUTERS/Stephane Mahe

« La violence policière est rationnellement produite et régulée par l’Etat », telle est la thèse du nouveau livre de Mathieu Rigouste, La domination policière, une violence industrielle.

 Trois ans après L’ennemi intérieur, ce militant et chercheur en sciences sociales analyse la transformation des violences policières dans les quartiers populaires et leurs effets sociaux sur la vie quotidienne.

De lEnnemi intérieur à ce livre, on a limpression que lordre policier a été un sujet fort de votre travail. Comment en êtes-vous arrivé à ce livre ?


Je fabrique des outils pour démonter les mécanismes de la domination. Dans L’ennemi intérieur, j’avais étudié l’armée et son influence sur la société de contrôle, ce travail montrait comment les guerres coloniales ont fortement orienté la restructuration sécuritaire du capitalisme tout au long de la Ve République. La manière dont la police s’approprie des personnels, des savoirs et des pratiques, des techniques, des méthodes et des matériels formés par, pour et dans l’expérience coloniale et  militaire – ce que Michel Foucault appelle les « effets de retour » – restait à approfondir. Il semblait nécessaire de faire le point sur les transformations de la police et de sa violence ces vingt dernières années. Pas pour l’amour des livres  mais pour renforcer les luttes.


Comment avez-vous circonscrit votre travail dinvestigation et daction ?


Je ne fais pas semblant d’écrire sur une société dont je ne ferais pas partie et que j’observerais depuis un extérieur introuvable. Je ne veux pas masquer le fait que toutes les méthodes et toutes les problématiques sont orientées par l’enquêteur, sa position dans la société et ses points de vue. Sous couvert de distance avec le terrain, de nombreuses études masquent nécessairement les privilèges et les connivences que le chercheur entretient avec la société. Alors j’assume le fait que j’enquête depuis un endroit précis – les territoires et les classes qui subissent quotidiennement et frontalement la domination policière, puis je fournis ces éléments pour permettre de critiquer mes résultats, pour les corriger et faire avancer notre compréhension du phénomène. J’ai passé une trentaine d’années en banlieue parisienne et une quinzaine d’années dans les mouvements sociaux et militants.

 

Je n’y ai pas fait ce que la sociologie appelle de « l’observation participante », j’appartiens à ce monde et j’y ai vécu de près les transformations de la police. J’ai formulé des hypothèses en mettant en commun les mémoires et les récits de nombreuses personnes subissant directement la domination policière et de collectifs qui luttent sur ce terrain. J’ai confronté ces hypothèses aux recherches universitaires sur la question, à un corpus d’autobiographies de policiers, à des entretiens et des récits de vie menés par d’autres chercheurs avec des policiers de différents corps et différents statuts, à l’observation des blogs de policiers et l’analyse des revues policières, de défense et de sécurité ainsi qu’aux archives de mouvements de luttes contre la violence policière. Du point de vue de l’action, je prends part aux luttes populaires contre les systèmes de domination et d’oppression. Je ne cherche pas à faire de la recherche engagée, il me semble qu’on ne peut séparer l’action, l’enquête et la vie quotidienne. Que l’investigation n’est pertinente que si elle est menée, au service des luttes et à travers elles. Ce travail est d’ailleurs le fruit de réflexions collectives et doit tout à celles et ceux qui combattent au quotidien.


Vous parlez presque d’une réactivation dune guerre contre insurrectionnelle dans votre livre. Quels sont les contours de ce champ de bataille ?


J’observe moins une réactivation qu’un processus long où la guerre et le contrôle, l’armée et la police, s’influencent réciproquement au point de quasiment fusionner dans certaines situations. J’affirme que la contre insurrection est la grammaire, la matrice, le programme idéologique et technique qui propulse le système sécuritaire. Mais il s’agit justement ici de bien voir comment s’opère la reformulation, la traduction, l’hybridation de la contre insurrection à l’intérieur de la société française. Il ne me viendrait pas à l’esprit d’expliquer que nous vivons la même chose que la guerre d’Algérie ou que les déploiements militaires en Irak.

 

Mais j’observe que nous faisons face, dans les enclaves ségréguées de la société post-coloniale, à une forme de contre insurrection de basse intensité, médiatique et policière. Le quadrillage militaire devient occupation policière des quartiers (polices « de proximité »), les commandos deviennent des unités d’intervention féroces (BAC…), l’action et la guerre psychologique sont prises en charge par les médias dominants, la propagande d’Etat récupère la figure de l’ennemi intérieur « fellaga manipulé par Moscou » sous la forme de « l’islamo-gauchiste » ; les camps, la torture et le système de disparition sont relayés par la prison et la garde-à-vue, les brutalités et les meurtres policiers… Je montre comment des armes, des techniques, des doctrines, des pratiques issues de la contre insurrection coloniale et militaire, passent dans le champ médiatique et policier, comment elles sont réappropriées, ré-agencées  redéployées pour maintenir l’ordre social, économique et politique à l’intérieur de la métropole.


Est-ce que vous pouvez nous définir la « tactique de la tension » dont vous parlez abondamment dans votre livre ?


C’est justement cette forme de domination, régulée techniquement et rationnellement, qui puise dans les répertoires contre insurrectionnels, coloniaux et militaires, pour écraser les damnés intérieurs. C’est une référence aux mécaniques politiques qui permettent de contrôler la population en instrumentalisant la peur ou en fabriquant des ennemis de convenance. On parle souvent de «  stratégie de la tension » pour désigner les « années de plomb » en Italie, dans les années 1970. L’Etat italien manipulait l’extrême droite, grâce aux services secrets, et lui faisait réaliser des attentats qu’il attribuait ensuite aux anarchistes, ce qui lui permettait de justifier la répression du mouvement ouvrier et l’écrasement des mouvements révolutionnaires. Les gestionnaires de cette stratégie étaient d’ailleurs fascinés par la méthode française de contre-insurrection.

 

Par « tactique de la tension », j’explique que cette technique qui consiste à fabriquer des ennemis de convenance pour faciliter le renforcement sécuritaire, est passée dans le domaine policier. Techniquement, cette traduction s’opère depuis le prototype colonial et militaire de la bataille d’Alger, en 1957. La Casbah avait alors été enfermée et étranglée par des forces de quadrillage et d’occupation militaro-policières, puis pénétrée, harcelée et terrorisée par l’envoi d’unités spéciales à l’intérieur pour capturer, interroger et faire disparaître les « meneurs ». Harceler et agresser une population enfermée et étranglée, engendre forcément beaucoup de tension. J’explique que ce schéma a été redéployé sur les quartiers populaires, par l’alternance, aux manettes de l’Etat, des fractions de gauche et de droite de la classe dirigeante, qui ont multiplié les unités d’occupation et d’enfermement ainsi que les unités d’intervention et de harcèlement dans les quartiers populaires. Progressivement a ainsi été reformulée une technique d’enfermement et d’agression combinée, supportée par des ressorts idéologiques très proches de la contre-insurrection et qui tente de détruire la vie sociale et les formes d’autonomie et d’insoumissions des « populations » ciblées.


Limpérialisme cest un concept assez fort. Dans votre travail, ça semble une évidence car vous êtes dans cette rhétorique mais si on vous demandait de le définir, vous en parleriez comment ?


Ce n’est pas de la rhétorique, l’impérialisme est un stade de développement du capitalisme et de l’Etat, qui arrive à un moment déterminé dans l’histoire de la lutte des classes. Il s’agit d’un rapport de domination à différentes vitesses et qui s’inscrit dans l’espace : c’est le processus d’expansion d’un Etat-nation partant à la conquête de territoires, de ressources et de populations en dehors de ses frontières et mettant en place des formes de dominations et de ségrégations basées sur la classe, le sexe et la race. Les géographes radicaux anglo-saxons expliquent que nous sommes entrés dans une nouvelle phase de développement de l’impérialisme qui ressemble très étrangement à la phase d’accumulation primitive qui avait donné naissance au capitalisme et qui fonctionne par la dépossession des ressources, des territoires, des cultures et des formes de vie autonomes.

 

Je tente de montrer que les campagnes de conquête menées par les grands Etats impérialistes dans le « monde Arabe » (Irak, Afghanistan, Egypte, Syrie…) se combinent avec une dimension intérieure sur leurs propres territoires : l’expansion des mégalopoles urbaines (Grand Paris, Grand Toulouse, Nantes Métropole…). Cette expansion est supportée directement par la tension policière et vise la conquête puis la restructuration petite-bourgeoise des quartiers populaires, le renforcement du socio-apartheid, l’industrialisation de l’enfermement et la massification du néo-esclavage en prison. La police est le fer de lance de cette croisade intérieure.


Quest-ce que vous pensez des BAC que vous définissez comme un symbole de lordre sécuritaire ? Le sociologue Didier Fassin évoque la possibilité dune cohabitation tandis que Fabien Jobard se montre plus nuancé que vous également.


Ce n’est pas une question de nuances. La BAC est emblématique de l’oppression policière contemporaine, comme les CRS représentaient bien la répression en 1968. Mais je n’ai rien en particulier contre ces unités. Toute la police est chargée de maintenir l’ordre social, économique et politique. Et la police n’est pas la seule institution à assurer cette fonction. On peut soutenir les collectifs de victimes qui demandent la dissolution de la BAC comme à Millau, car c’est une manière offensive de se rassembler, mais la dissoudre sans attaquer le monde qui la produit ne changerait pas grand chose. Les agents seraient reclassés et de nouvelles unités créées ou recomposées pour assurer l’encadrement des misérables. Les BAC sont issues des polices coloniales en métropole et restructurées autour d’un modèle « néolibéral » d’abattage intensif. Elles traduisent bien les restructurations contemporaines.


Vous dénoncez la militarisation du métier de policier mais vous passez sous silence le fait quelle sest également accompagnée dune professionnalisation et dune meilleure formation des effectifs. Dans linvention de la violence, Laurent Mucchielli dit quil y a un recul des violences policières depuis 30 ans.


Je ne dénonce pas, j’essaie d’expliquer les transformations en cours. Et je ne me situe pas dans ce débat. La violence n’est pas une quantité, il n’y en a pas plus ou moins. Les formes de coercition évoluent en fonction des situations à gouverner. Si la police se perfectionne effectivement dans le nivellement de la coercition et qu’elle ne tire plus – pour l’instant, en France – à balles réelles sur les mouvements ouvriers, le nombre de personnes tuées dans les quartiers populaires ne cesse d’augmenter. Quand je finissais ce livre, en septembre 2012, 12 personnes avaient été tuées en six mois, un taux record en augmentation constante. Les armes « sub-létales » mutilent presque quotidiennement dans les cités.

 

Dans certains quartiers, perdre un œil devient une menace quotidienne. Oui, les policiers sont mieux formés à contrôler les pauvres pour éviter de provoquer des révoltes ingérables. Mais dans les centres d’entraînement au maintien de l’ordre, c’est bien à la guerre urbaine qu’on les prépare. On ne peut pas le comprendre si l’on regarde du côté des policiers, qui essaient effectivement de tuer le moins possible, qui ont peur aussi et pour qui la coercition est minoritaire dans la journée ou dans une carrière. En regardant depuis la police, on ne perçoit pas les effets réels du renforcement sécuritaire. En l’occurrence, si l’on se place du côté de ceux qui le subissent, le constat est différent. Dans les quartiers populaires, les prisons, et les luttes sociales, la police gère un système de violence transversale qui broie la vie des gens, hier comme aujourd’hui, et qui, loin de rechercher à diminuer la violence, s’alimente et se ressource dans l’expérience coloniale et militaire.


Comment vous percevez Manuel Valls ?


Il incarne bien la gauche de gouvernement : quasiment les mêmes logiques et les mêmes pratiques que sous Sarkozy – car il s’agit toujours de soumettre et bannir les pauvres pour permettre au capitalisme de se restructurer – mais avec une propagande un peu plus subtile, un enrobage un peu plus soft et d’autant plus trompeur. Alors que sous Sarkozy, la figure de l’ennemi intérieur était récurrente, Valls se sent obligé de dire qu’il n’y a pas d’ennemi intérieur, tout en continuant à faire la même chose que ces prédécesseurs. Il ne fait aucun doute qu’il est conseillé par les mêmes personnes que Sarkozy ou Guéant, Alain Bauer parmi d’autres. Et la situation est toujours la même, les processus en cours continuent. Alors que la droite a tendance à réduire le nombre de policiers, à développer des unités féroces et à multiplier les technologies et les armements, la gauche conserve tout ça puis embauche et développe en particulier les unités d’occupation (« de proximité »). La succession de la gauche et de la droite aux manettes du gouvernement n’alterne pas les modèles mais les empile, elle assure la continuité de l’Etat et de son renforcement sécuritaire.


A la fin du livre, vous dites « organisons-nous », comment vous situez-vous politiquement ?


Du côté des opprimés, dans le camp qui veut en finir avec toutes les formes de domination. Je crois que seuls les premiers et premières concernés peuvent s’organiser pour abolir les systèmes d’oppression. Et qu’il faut tisser des alliances. J’essaye de mettre au centre de mon appareillage d’enquête les critiques et les constats des personnes qui subissent et qui luttent. Sous l’étiquette de « l’émeute », le pouvoir définit les révoltes populaires comme des sortes d’accès hystériques, des convulsions de violence sans raisons, mon travail consiste à les réinscrire dans la grande histoire des résistances à l’impérialisme.

 

Je fais de l’enquête pour renforcer les luttes, pour décrire les mécaniques de l’oppression et cerner les rouages faibles.Ce système ne peut tenir sans la police et la prison. Je pense qu’il faut en changer, en finir avec une économie basée sur le pillage du monde au profit d’une minorité, et je crois qu’il faut pour cela rompre aussi avec les sociétés pyramidales, même celles où l’on choisit ses maîtres… Je crois que nous pouvons réussir à construire une société basée sur l’autogestion, l’entraide et le partage, sans chefs ni argent, où tout sera pour tous et où le peuple s’organisera par lui-même. La police passera alors pour une machine de domination archaïque.


Propos recueillis par David Doucet et Jean-Marie Durand

Mathieu Rigouste, La domination policière, une violence industrielle, La Fabrique, 258 pages, 15 euros.

 

http://www.lesinrocks.com/2012/12/11/actualite/rigouste-11330655/

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 10:58
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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 10:23
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Par A.K., avec AFP | WK-transport-logistique |13/02/2013|
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dans le cadre d'une journée de mobilisation contre l'accord sur la sécurisation de l'emploi.


La CGT et FO restent vent debout contre l'accord sur la sécurisation de l'emploi. Les branches Transports des deux syndicats ont décidé d'appeler à la grève le 5 mars 2013, afin de "riposter contre cette attaque sur les garanties collectives et le code du travail". Le projet de loi transposant l'accord doit être présenté le lendemain en Conseil des ministres.


"Un accord inacceptable"


Les secteurs concernés par cet appel à la grève sont l'aérien, les transports urbains, les routiers, les autoroutes, le nettoiement, les taxis, les remontées mécaniques, a indiqué la CGT à l'AFP. Les syndicats CGT et FO de la SNCF n'ont pas encore indiqué la forme d'action qu'ils préconisent pour cette journée.


"Cet accord est inacceptable : c’est plus de flexibilité, plus de précarité, plus de liberté de licencier et plus d’impunité juridique pour les employeurs", affirment dans un communiqué les fédérations Transports de la CGT et de FO.

"Il serait inconcevable que la majorité parlementaire de gauche et le gouvernement entérinent dans la loi, le recul social dicté par le Medef et soutenu par la droite", ajoutent les deux fédérations qui estiment que les syndicats signataires du texte (la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC) "devront répondre d’une telle forfaiture".

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http://www.wk-transport-logistique.fr/actualites/detail/62740/la-cgt-transports-et-fo-transports-appellent-a-une-greve-contre-l-accord-sur-l-emploi.html

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 10:16

http://www.cgt.fr/local/cache-vignettes/L113xH147/siteon0-dc90f.gif

Les appels recensés

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Le 11 janvier 2013, les négociations nationales dites de "sécurisation de l’emploi" se sont terminées par un accord d’une extrême gravité pour les droits des salariés.

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Les confédérations CGT et FO (qui représentent plus de salariés que les trois organisations syndicales signataires) ont refusé de signer cet accord de régression sociale. Elles appellent ensemble, et c’est une première depuis de nombreuses années, à l’action dans toute la France le 5 mars par des rassemblements, des manifestations et des arrêts de travail.

 

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La FSU et Solidaires appellent à la mobilisation

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La FSU a fait savoir jeudi 15 février, lors de son 7e congrès national à Poitiers, qu’elle s’associerait à la journée de mobilisation du 5 mars organisée par la CGT et FO, l’union syndicale Solidaires indiquant peu après qu’elle ferait de même. "Le 5 mars, nous serons ensemble dans cette bataille contre cet accord", a indiqué la secrétaire générale de la FSU Bernadette Groison, s’adressant à Thierry Lepaon, venu intervenir devant les congressistes.  Annick Coupé, porte-parole de Solidaires, a également indiqué que l’union syndicale, qui regroupe notamment les syndicats SUD, s’associerait à la mobilisation.

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http://www.cgt.fr/Les-appels-pour-le-5-mars.html

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 09:54

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18 février 2013 -

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La CGT a décidé de passer à l'offensive contre l'accord dit « de flexibilité » ou de « sécurisation de l'emploi ».

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Cet accord national, intervenu le 11 janvier entre le Medef, la CFDT, la CFTC et la CGC, est dénoncé par la CGT et FO qui parlent de « régression sociale ». Dès aujourd'hui, l'union départementale CGT va diffuser 14.000 tracts dans le Morbihan. « Il s'agit d'informer tous les salariés sur les risques de ce texte », souligne Bruno Bothua, le secrétaire général de l'union départementale qui cite, pêle-mêle, les « mutations forcées », « la possibilité de baisser les salaires pendant deux ans ».

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Autre danger pointé par le syndicat : le barème des indemnités de licenciement qui limite l'intervention du juge.

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« On ne prend plus en compte les préjudices. On applique simplement la grille comme par exemple 14 mois de salaire pour 25 ans d'ancienneté ». Selon la CGT, les contreparties accordées ne sont pas à la hauteur des concessions.
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Appel à la grève le 5 mars
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« On peut encore changer les choses ». D'un côté, les deux syndicats contestataires dénoncent la représentativité des organisations signataires. « La CFTC ne sera plus considérée comme représentative et la CGC va devenir un syndicat catégoriel ». De l'autre, la CGT et FO préparent une journée d'action le 5 mars, veille de la présentation du texte au Conseil des ministres. « Nous appellerons à la grève ce jour-là dans tout le département », prévient Bruno Bothua.

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http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/morbihan/flexibilite-la-cgt-se-mobilise-contre-l-accord-18-02-2013-2008674.php

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 12:49

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La promesse du PS d'en finir avec le cumul des mandats n'est pas nouvelle puisqu'elle date de 2010.

 

Le candidat Hollande en avait également fait une de ses grandes promesses électorales pour une "République exemplaire". Le non cumul des mandats devait être appliqué avant les municipales de 2014 et avait été l'un des grands chantiers de la commission Jospin qui en novembre dernier préconisait d'interdire aux ministres d'exercer un mandat et recommandait que les parlementaires ne puissent cumuler leurs fonctions avec la présidence d'un exécutif local.


Mais le "lobby" des cumulards a été puissant et avant même l'élaboration de la réforme, le gouvernement, vient d'annoncer le report à la fin du quinquennat, en 2017, de l'entrée en vigueur de l'interdiction du cumul des mandats.


Sous prétexte de "difficultés" pour sa mise en place, le gouvernement PS, une nouvelle fois renonce à cette promesse.

Pour le NPA, seule une véritable rupture démocratique réhabiliterait la politique, en créant de nouvelles institutions, en les libérant de l'emprise du marché, en instaurant une république sociale et démocratique fondée sur le système proportionnel, et sur le contrôle des éluEs et des gouvernants par la population.

 

Cette rupture démocratique suppose entre autre d'instaurer la proportionnelle intégrale à toutes les élections, le mandat unique, la limitation dans le temps des mandats pour laisser la place à ceux et celles que l'on ne voit jamais : des femmes, des Noirs, des Arabes, des ouvriers, des jeunes. Bref, 90% de la population. Mais de cela à priori, nos politiques actuels n'en veulent pas en entendre parler !

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 11:45

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13 février 2013 à 19:26

Depuis plus de trois semaines, l’équipe du cinéma Méliès de Montreuil est en grève avec le soutien massif de ses spectateurs et des milieux de la création cinématographique. 

 

Le Méliès de Montreuil, salle municipale d’art et d’essai, est emblématique à plus d’un titre : reconnue pour ses choix éditoriaux exigeants et éclectiques, elle a su fidéliser un public nombreux et s’attirer la reconnaissance de tous, notamment pour son travail autour du cinéma de recherches, des films de patrimoine et du cinéma jeune public.

 

De Michael Cimino à Claude Chabrol, de Tsaï Ming-liang à Oliver Stone, Agnès Varda et Nuri Bilge Ceylan, les plus grands réalisateurs français et étrangers y font escale pour montrer leur film et débattre avec un public passionné. En 2006, la municipalité de l’époque et le directeur artistique du Méliès, Stéphane Goudet, se sont engagés dans un projet d’extension. Il prévoit un déménagement des salles pour créer un nouveau lieu de six écrans au lieu de trois.

 

Objectif, renforcer l’éditorialisation du cinéma en exposant mieux - c’est-à-dire plus longtemps - les films programmés, en renforçant la mission pédagogique envers les scolaires ainsi que le travail sur les films de patrimoine dans cette ville qui fut marquée par la présence des studios de Georges Méliès.

 

Ce projet est alors violemment attaqué par deux des plus gros groupes français d’exploitation, UGC et MK2, qui prétextent un «abus de position dominante» et une «concurrence déloyale» pour tenter de stopper net l’extension des salles. Détournement de langage stupéfiant quand on connaît la position dominante de ces deux circuits dans l’espace parisien. Soutenu par son public et par certains des plus grands cinéastes du monde entier, le cinéma Méliès gagne la bataille et le projet d’extension suit son cours.


Elue maire de la ville en 2008, Dominique Voynet remet aussitôt en cause le projet engagé par son prédécesseur, estimant dans la presse le projet «trop cher», «élitiste», «bobo», et jugeant «arrogant» l’affrontement avec les deux groupes d’exploitation. Après moult tergiversations, la nouvelle équipe municipale se ravise, paraît soutenir le Méliès et revendique le projet d’ouverture de la plus grande salle publique de France dans sa ville. Cela ne dure pas. Depuis plus d’un an, la mairie n’a de cesse de déstabiliser l’équipe du Méliès afin de reprendre la main sur le projet mais sans ceux qui, par leurs compétences et leurs choix éditoriaux, l’ont rendu possible. Enquêtes administratives, procédures judiciaires, calomnies, mensonges et double discours, toutes les méthodes sont employées.

 

La dernière procédure remonte à quelques semaines. Elle a provoqué la grève actuelle et la large mobilisation des spectateurs : à la veille des fêtes de fin d’année, Dominique Voynet porte plainte contre l’équipe du Méliès et suspend le directeur artistique et deux salariées pour «détournements de fonds». Il s’agit en réalité de recettes de projections «non commerciales», ne donnant pas lieu à une billetterie du Centre national du cinéma (CNC) mais à une deuxième caisse tolérée par le CNC. Un usage courant pour ce type de salles. Ici, le Méliès n’a fait qu’utiliser cet argent pour compenser des places offertes par la ville à des associations partenaires.


Aveuglée par des luttes de territoire politiciennes, Dominique Voynet ne semble pas voir l’essentiel.

 

Qu’en déclarant la guerre au Méliès, elle affaiblit l’une des salles d’art et d’essai les plus exemplaires de France. Et que, ce faisant, elle rend plus difficile le combat de tous ceux qui se battent pour une meilleure exposition de nos films. Aujourd’hui, les grands circuits d’exploitation monopolisent une telle part des écrans qu’il arrive, certaines semaines, que cinq films occupent près de 4 000 écrans sur les 5 200 disponibles. La production indépendante est trop souvent cantonnée à une poignée de salles quand, au même moment, quatre ou cinq blockbusters occupent chacun 600 à 900 écrans. Cela aboutit à un turnover catastrophique pour les films sortis avec des moyens modestes : le public n’a pas le temps de les découvrir… qu’ils sont déjà retirés !


Nous pensons que la seule alternative à cet état de fait est le renforcement des salles indépendantes d’art et d’essai.

 

Or, leur vitalité passe par des politiques éditoriales singulières, incarnées par des programmateurs passionnés. Ce sont eux qui donnent une identité forte à ces salles, tel le Méliès. L’aveuglement de la mairie de Montreuil aboutit à un immense gâchis et désespère tous ceux, spectateurs et cinéastes, qui croient encore que le cinéma n’est pas une marchandise comme les autres ; qu’une salle défendue avec ferveur par une équipe entière est une sorte de bien public que rien ne devrait pouvoir mettre à mal. Nous tenons à réaffirmer notre engagement au côté de l’équipe du Méliès, celle qui défend nos films avec enthousiasme et conviction.


Premiers signataires :

 

Mathieu Amalric, Bertrand Bonello, Laurent Cantet, Jean-Louis Comolli, Arnaud Desplechin, Valérie Donzelli, Pascale Ferran, Agnès Jaoui, Gilles Marchand, Gérard Mordillat, Nicolas Philibert, Bruno Podalydès, Mariana Otero, Chantal Richard, Bertrand Tavernier, Jean-Pierre Thorn.

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