Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 12:25

http://www.unionfemmesmartinique.com/module/mg-galerie/photos/feminisme-5_01MG_171212.jpg

« Résister à l’oppression est un droit naturel » Louis Delgrès


1944, vous dites ? Eh oui les femmes obtiennent le droit de vote et à cette date se crée en Martinique, comme en Guadeloupe, en Tunisie, au Vietnam, c’est-à-dire dans toutes les colonies françaises de l’époque, une section de l’Union des femmes Françaises.


La section Martinique a ses racines au Parti communiste avec des femmes comme Jane Léro, Fernande Ursulet. Elle recrute dans les masses laborieuses et surtout là où se trouvent des municipalités communistes. En même temps se crée « La femme dans la cité » avec Paulette Nardal, qui, elle, recrute dans les classes moyennes et dont l’un des objectifs est de former de bonnes femmes d’intérieur.


Ces femmes lancent des campagnes pour soulager la grande misère des familles, des mères élevant souvent seules leurs enfants. Ce sont elles qui créent les premières crèches municipales de la Martinique (St Esprit, Fort de France, Lamentin..). Elles s’impliquent dans des projets humanitaires et sociaux (comme la goutte de lait) avec Yvette Mauvois, et plus tard, dans les années 60, avec Nelly Etchard.


1956, Aimé Césaire démissionne du PC et crée le PPM en 1958. Les femmes militantes se divisent, selon les choix politiques, entre PC et PPM.


En 1963, l’UFM se réactive avec l’implication de ses militantes dans l’affaire de L’OJAM (voir p.4) avec des femmes comme Renée de Montaigne, Solange Fitte-Duval, Rosalie Nicolas, Laurette Delépine.


En 1970, l’association devient Union des Femmes de la Martinique et son activité augmente en même temps que la montée du féminisme en France et dans le monde. C’est la lutte pour l’IVG, pour la possibilité de travailler sans l’autorisation du mari et d’avoir un compte en banque.


A partir des années 90, c’est la troisième phase de l’intervention des féministes martiniquaises pour l’application de tous les droits sur le sol martiniquais. Commence alors une lutte sans concession contre la domination masculine et son apogée : les violences faites aux femmes. Se crée l’espace d’écoute et d’accompagnement « Jane Léro » où les victimes sont enfin écoutées. Des voix qui expliquent que les violences qu’elles subissent ne sont pas le lot des femmes et qu’elles ont le droit de dire NON.


La possibilité leur est offerte de se réfugier dans un centre d’hébergement créé par ces féministes déterminées : le Centre « Rosanie Soleil ». En même temps les féministes de l’UFM amplifient la dénonciation du harcèlement moral et sexuel dans le monde du travail. Un procès gagné en mars 2000 a marqué les esprits de toutes celles et de tous ceux qui défendent la dignité des femmes : un directeur de société est condamné pour harcèlement sexuel.


Ces luttes ne sont pas terminées et les femmes doivent continuer à dénoncer leur oppression dans le couple, dans le monde du travail où elles payent plein pot la crise des capitalistes qui s’enrichissent... Notre société construite sur des rapports sociaux sexués en défaveur des femmes les plombe dans des rôles stéréotypés qui perdurent, qui sont peu valorisants et qui freinent toute émancipation, toute transformation sociale.


La mobilisation doit se poursuivre en lien avec les luttes sociales actuelles qui dénoncent le chômage, leur exploitation dans des boulots mal payés, à temps partiels, mais aussi l’accès aux soins de plus en plus compromis, le harcèlement sexuel...Les violences envers les femmes, dont le viol qui est encore tabou, exigent une mobilisation permanente.


Refusons aussi ce retour de la « femme objet » qui porte un coup dur aux acquis des femmes, à leur dignité, à leur liberté ; retour visible par exemple dans les concours de Mini miss (cf article p2). Sans concession, soyons chacune, toutes, les gardiennes et actrices des conditions de notre propre émancipation.


George Arnauld

 

 

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article27865


Repost 0
16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 09:56

787-ecole-en-danger,bWF4LTQyMHgw

Social vendredi 15 février 2013

Les cours sont fortement perturbés ce vendredi au lycée professionnel Jules-Verne de Guingamp (Côtes-d’Armor).

 

En effet, une bonne partie des professeurs (une cinquantaine pour près de 400 élèves) entend dénoncer par ce mouvement « la baisse de moyens considérables dès la rentrée scolaire prochaine (1 260 heures sur l’année), soit l’équivalent de deux postes et demi, équivalent temps plein, mais en fait cela toucherait huit ou neuf personnes. »


Pour eux, il est clair qu’avec de telles baisses de moyens humains « les conditions d’enseignement seront considérablement dégradées.

 

Cette situation inquiétante va mettre en danger les chances d’obtenir un diplôme et de réussir une formation ». Une délégation a bien été reçue hier, à la direction d’académie. « Mais nous n’avons obtenu aucune réponse satisfaisante d’où la grève de ce vendredi. »


Ghislaine Lemaître, proviseur adjointe de l’établissement se veut rassurante : « Des évolutions sont à l’étude à l’inspection d’académie mais il ne peut y avoir une réponse dans l’urgence. Cela devrait arriver la semaine prochaine. » En attendant, les professeurs se réunissent en assemblée générale à 13 h 30, afin de déterminer les suites à donner au mouvement.

*

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Guingamp-22-.-Les-professeurs-en-greve-au-lycee-professionnel-Jules-Verne_40798-2164356------22070-aud_actu.Htm

Repost 0
16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 09:51

 

Économie samedi 16 février 2013

Des dizaines de milliers de manifestants sont attendus samedi dans les rues d’une vingtaine de villes du Portugal pour protester contre les mesures d’austérité mises en œuvre par le gouvernement de centre-droit, sous la tutelle de ses créanciers internationaux.


« Nous sommes convaincus que nous aurons dans les rues des dizaines de milliers de personnes qui se sentent lésées par la politique du gouvernement », a déclaré Armenio Carlos, secrétaire général de la CGTP, le principal syndicat portugais qui a appelé à cette journée de protestation.


Hausses d’impôts


Sous le slogan « contre l’exploitation et l’appauvrissement » des défilés et des rassemblements auront lieu dans les principales villes portugaises en particulier à Lisbonne où la manifestation devait commencer vers 15H00 GMT.

Ce mouvement est destiné notamment à protester contre les hausses d’impôts sans précédent décrétées cette année par le gouvernement pour parvenir à des économies de plus de 5 milliards d’euros. « Nous devons montrer au gouvernement que nous sommes très mécontents de cette politique », a souligné Armenio Carlos.


17 % de chômage


En contrepartie d’un plan de sauvetage de 78 milliards d’euros accordé en mai 2011 par l’Union européenne et le Fonds monétaire international, le gouvernement du Premier ministre Pedro Passos Coelho met en œuvre un vaste programme de réformes et de rigueur.


Mais l’austérité, que le gouvernement juge indispensable pour rétablir ses finances, a contribué à aggraver la récession tandis que le chômage a connu une hausse spectaculaire et frappe désormais près de 17 % de la population active et 40 % des jeunes.


Le gouvernement prévoit en outre de procéder d’ici 2014 à une vaste « réforme de l’Etat » qui devrait permettre des économies supplémentaires de 4 milliards d’euros. Mais l’opposition de gauche comme les syndicats estiment qu’il s’agit principalement de réduire les fonctions sociales du gouvernement notamment dans l’Education et la Santé.

*

http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Portugal.-De-nombreuses-manifestations-contre-l-austerite-prevues-samedi_6346-2164651-fils-tous_filDMA.Htm

Repost 0
16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 09:45

787-ecole-en-danger,bWF4LTQyMHgw

*

16 février 2013  

 

Agrandir le texte

C'est l'intersyndicale du lycée Freyssinet qui a accueilli hier matin, tracts à la main, les 254 proviseurs bretons conviés à Saint-Brieuc par le recteur d'académie et le président du conseil régional.

 

En cause, la dotation horaire annuelle attribuée aux lycées professionnels, prévue à la baisse par le rectorat. Volume horaire qui permet, notamment, s'il est assez conséquent, de mettre en place des cours en dédoublement. Et donc aux professeurs d'assurer un meilleur suivi de leurs élèves.

 

« On nous annonçait une baisse de 60 heures pour notre lycée, par rapport aux 875 de cette année. Ce sont les lycées aux filières industrielles qui sont les plus matraqués par cette baisse de moyens. Trois autres établissements sont concernés dans les Côtes-d'Armor et le Finistère est aussi particulièrement touché », note Hervé Quéau, représentant de l'intersyndicale du lycée.

 

« Ces filières nécessitent des cours en petits groupes car la manipulation du matériel est dangereuse. Les élèves de lycées professionnels doivent également être mieux suivis en cours d'enseignements généraux afin de les préparer à intégrer un BTS », poursuit le syndicaliste.

Des avancées obtenues

La rencontre d'hier avec le directeur d'académie des Côtes-d'Armor, Pierre Benaych, n'a pas été vaine. « On ne perdrait plus que 30 heures de dotation horaire. C'est bien mais les prévisions d'effectifs du rectorat pour la prochaine rentrée sont a minima. On nous a promis une autre réunion en juin pour faire le point. » L'intersyndicale de Freyssinet conseille « aux autres lycées touchés de réagir. »

  • Florian Hervieux

http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/cotesarmor/lycees-professionnels-une-baisse-de-moyens-redoutee-16-02-2013-2006980.php

Repost 0
16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 09:35

*

16 février 2013 à 07h24 

 

 

Secoués par le plan de restructuration frappant Alcatel-Lucent (140 emplois menacés à Lannion),

 

heurtés par le chômage à la hausse sur le territoire (728 demandeurs d'emplois en plus en 2012), les syndicats CGT, CFDT, CFE-CGC, UNSA, Solidaires mais aussi les élus (du maire de Lannion, en passant par le président de l'Agglo et la députée PS Corinne Erhel) appellent tout le Trégor à manifester ce samedi, de 10 h à midi, à Lannion.


Pour l'occasion, le collectif Trégor Debout qui, en 1996, avait drainé 20.000 personnes dans les rues, sort lui aussi de son sommeil. L'union sacrée : la seule façon de peser estiment les organisateurs qui rappellent que chaque mauvais coup porté à la Telecom Valley bretonne est un mauvais coup pour tout le territoire, secteurs publics et privés confondus.

*

http://www.letelegramme.com/ig/generales/economie/manif-pour-l-emploi-lannion-pret-a-refaire-front-samedi-12-02-2013-2002103.php

Manifestation pour l'emploi à Lannion. Les appels à la mobilisation

15 février 2013 à 16h33


Combien seront-ils à manifester demain pour l'emploi ? Tandis que les syndicats tractent à tout va, les partis de gauche et AC ! Trégor appellent à la mobilisation.

Ce soir, le maire de Lannion appellera solennellement son conseil, toutes sensibilités confondues, à défiler, demain, de 10 h à midi, pour l'emploi en Trégor. Un message que porte conjointement la gauche locale.

« Le Trégor veut vivre »

Ainsi, dans un communiqué, l' UDB (section de Lannion/Perros-Guirec) écrit qu'après une année déjà difficile en 2012 (+ 11 % de chômeurs), les Trégorrois ne peuvent accepter de nouvelles coupes dans les emplois. Il est temps de dire stop aux délocalisations, stop au dumping social. Comme elle a su le faire dans le passé, la population du Trégor doit se mobiliser en masse. (...) Le Trégor veut vivre ! » Message aussi limpide du côté du Front de Gauche, qui estime qu'une « alternative à l'austérité est possible, elle passe, entre autres, par la lutte contre le chômage, l'arrêt des licenciements boursiers et des fermetures d'entreprises, une véritable ré-industrialisation écologique. (...) Rien n'est en effet plus urgent, que de rassembler le plus largement possible ». Topo dans le même tempo du côté d'EELV Pays du Trégor, qui « apporte son soutien aux Trégorrois dont l'emploi est menacé (Alcatel-Lucent, AEG, TPG, Devoteam, PECI, Petitbon...).

« Empêcher les licenciements »

De son côté, l'association AC ! Trégor (Agir ensemble contre le chômage et l'exclusion) rappelle « que jamais le chômage n'a jamais été aussi développé sur notre bassin d'emploi et que les conditions de vie des privés d'emploi sont de plus en plus difficiles. La première action pour lutter contre le chômage est d'empêcher les licenciements ».

*

http://www.letelegramme.com/local/cotes-d-armor/lannion-paimpol/ville/manifestation-pour-l-emploi-les-appels-a-la-mobilisation-15-02-2013-2005937.php

Repost 0
15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 13:47

Le scandale autour de la viande dans les plats cuisinés ne se situe pas essentiellement autour du débat viande de cheval - viande de bœuf.

 

Il révèle les conditions de fabrication des plats et plus généralement de la production agricole dans un système économique qui ne garantit que le profit. On assiste à une cascade de sous-traitants répartis sur toute l’Europe, pour assurer le profit maximum en jouant sur les écarts de prix, pour échapper aux réglementations, ce qui permet à tous de se défausser et à personne d’être responsable.


Le NPA dénonce cette logique de rentabilité qui touche tout le monde, et ce jusque dans nos assiettes.

 

Il est temps que la production agricole soit rendue aux paysans qui doivent pouvoir vivre de leur travail, avec des circuits courts, supprimant les intermédiaires qui s’engraissent sur le dos des producteurs et des consommateurs tout en polluant la planète par des échanges qui n’ont pas lieu d’être.

 

Il est aussi plus que temps que les consommateurs exercent le contrôle sur la nourriture produite, par le renforcement du rôle des associations, alors que l’on voit que tout est fait pour les tromper.


Cette logique mène non seulement à la malbouffe mais à la baisse des revenus des petits producteurs, au réchauffement climatique et aux escroqueries dont l’affaire Spanghero n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Repost 0
15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 13:40

Thatcher ThereIsNoAlternative

Le Premier ministre vient de reconnaître l'évidence, il ne sera pas possible de ramener les déficits publics à 3 % du PIB en 2013 comme il s'y était engagé.

 

Et aujourd'hui, l'INSEE annonce que ce même PIB a reculé de 0, 3 % au quatrième trimestre.


Tout le baratin du gouvernement pour justifier les politiques d'austérité s'effondre.

 

Comme en Grèce, en Espagne, au Portugal, ici comme en Allemagne, les politiques d'austérité aboutissent aux mêmes résultats. Le chômage augmente, le niveau de vie recule, la pauvreté progresse pour que les profits prospèrent.

 

Ces politiques, entièrement soumises à la recherche immédiate, à court terme, de profits, ruinent l'économie et toute la société. Une large partie de l'Europe est déjà en récession, demain la France le sera aussi.


Et le gouvernement continue sa « lutte contre les déficits ».

 

Une fuite en avant aveugle et stupide qui étouffe l'économie et accroît la dette, ce qui entraîne la réduction des dépenses pour lutter contre les déficits qui augmentent et ainsi de suite...


Il y a urgence à mettre un coup d'arrêt à cette folie qui n'a d'autre but que de servir les financiers.

 

Il y a urgence à imposer une politique contre l'austérité en refusant de payer les intérêts de la dette, en mettant en œuvre un audit public de celle-ci pour imposer son annulation, en expropriant les responsables, les banques, pour créer un service public bancaire qui serve la marche de l'économie et des services publics.

 

Thatcher: "On ne peut pas faire autrement"

 

Repost 0
NPA QUIMPER - dans NPA
commenter cet article
15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 13:36

logoNPA29

Le NPA exprime sa colère et son indignation devant le terrible drame du chômeur de 42 ans qui s'est immolé, hier, à Nantes après avoir appris que faute d'avoir déclaré à Pôle Emploi une activité salariée effectuée fin 2012, il devait rembourser les allocations perçues et se retrouver sans droits.


A Mantes la Jolie, le 8 août, un homme de 51 ans s’était lui aussi immolé dans les locaux de la caisse d’allocations familiales. Aujourd’hui le taux de suicide des privés d’emploi est 6 fois supérieur au reste de la population. Comment ne pas voir dans ces drames la mise en accusation de tout un système, d'une violence sociale qui broie les plus affaiblis, les poussent aux actes les plus désespérés.


"Nous devons lutter contre le chômage, nous devons montrer que nous sommes capables d'être une nation solidaire" a eu le culot de déclarer François Hollande comme s'il n'était pas responsable, lui et son gouvernement, du renoncement à s’opposer aux plans patronaux au nom de la course à la compétitivité, ce qui génère licenciements, chômage, précarité, et insécurité sociale.

 

La seule solidarité, digne de ce nom, ce serait de partager le travail entre toutes et tous pour garantir à chacun un emploi et un revenu décent. Et la dignité. Mais pour cela il faudrait oser s'en prendre aux intérêts des financiers, des riches, des gros actionnaires et non s'y soumettre.

Repost 0
NPA QUIMPER - dans NPA
commenter cet article
15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 13:32

83500795 p-08061

Pour faire adopter par les directions syndicales du groupe un accord de compétitivité pourri, Carlos Ghosn propose de mettre dans la balance en cas d’accord le report en 2016 de 30% de la part variable de sa rémunération 2012.

 

Il ne toucherait plus que 10, 5 Millions d’euros pour 2012, soit 26 000 euros par jour selon le calcul de la CGT.

 

Avec la garantie de percevoir le reste en 2016 ! Qui gagne ? Qui perd ? En échange de quoi les salariés verraient leur salaire bloqué, leur temps de travail augmenté et la mobilité entre les sites imposée !

 

Le mépris de ces gens n’a d’égal que la rage qui nous habite et le désir de leur faire rendre gorge ! Face à ces requins, seule la lutte a du sens. Solidarité avec les salariés de Renault, de PSA, de Goodyear, de Sanofi, de Virgin, de Presstalis, avec tous celles et ceux qui se battent !

Repost 0
NPA QUIMPER - dans NPA
commenter cet article
15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 13:01

par Olivier Poche, le 15 février 2013

 

Dans le concert médiatique fustigeant l’incompréhensible grève des instituteurs parisiens du 22 janvier dernier, Libération était resté relativement en retrait,

 

proposant un « décryptage » qui évoquait une réforme « passablement illisible » et « confuse  », sans dire un mot de l’égoïsme des enseignants, et laissant Le Monde triompher en déplorant, dans un édito publié en « Une », leur « corporatisme étriqué » et « lamentable ». Sans doute un peu vexé de s’être laissé distancer, et démontrant les vertus d’une saine concurrence, Libération s’est rapidement repris et, dans son édition du lundi 11 février, veille d’une nouvelle journée de mobilisation nationale contre la réforme des rythmes scolaires, sort l’artillerie lourde. Très lourde.


Nous avions déjà noté cette propension médiatique à se poser en défenseur de la veuve et de l’écolier. C’était le cas du Parisien du 22 janvier, qui semble avoir inspiré Libération. Mais Le Parisien se contentait de renvoyer tout le monde (journalistes mis à part) dos à dos : ministre, parents, enseignants, incapables de se mettre d’accord, comme « dans un mauvais divorce, où l’on s’étripe sur le dos des enfants ».

 

Alors que pour Libération, la cause est désormais entendue : ce sont bien les « enseignants de primaire et maternelle » qui sont coupables de négliger l’intérêt de l’élève, en luttant « contre la semaine de quatre jours et demi ». Un « combat » d’autant plus « difficile à justifier », en effet, que comme nous l’avions déjà noté dans notre article précédent, les médias se préoccupent davantage d’expliquer pourquoi il est incompréhensible que d’informer sur ses motifs réels et les arguments qui le fondent. Pour ne prendre qu’un exemple, la « Une » de Libé contient une erreur factuelle grossière : les enseignants ne sont pas en grève « contre la semaine de quatre jours et demi », mais contre les conditions de la mise en place de cette réforme en 2013, et pour son report en 2014.

 

Voici par exemple ce que disait le communiqué du Snuipp, syndicat majoritaire, le 8 février :

Mardi 12 février, près de 6 enseignants sur 10 (58 %) seront en grève pour demander une réforme des rythmes réussie pour tous les élèves sur tout le territoire et prenant en compte l’avis des enseignants et des parents. […] Alors que nous avons besoin d’avancer sur une amélioration des temps de l’enfant, les annonces contradictoires et le flou longtemps entretenu sur de nombreux points ont davantage semé le trouble que permis de construire de la confiance envers la réforme. […] Ce vendredi 8 février, devant 1 400 Inspecteurs de l’Éducation nationale rassemblés à Paris, le ministre lui même a reconnu que « Nous allons commettre des erreurs (...) Nous n’aurons pas les meilleurs rythmes [dès la rentrée de 2013] (...) On fera des choses approximatives. On y reviendra. » Et de poursuivre, « nous avons le temps d’agir (...) ». C’est bien pour donner à la réforme le temps de réussir, Monsieur le Ministre, que le SNUipp-FSU estime qu’un report à 2014 est nécessaire, ainsi qu’une réécriture du décret. […] Cette réforme des rythmes insuffisamment préparée relègue au second plan des sujets essentiels pour une meilleure réussite des élèves : révision des programmes, scolarisation des tout-petits, revitalisation de la maternelle, avenir des RASED, Éducation prioritaire, direction d’école.

Mais cette « Une » inexacte, ou plus exactement mensongère, n’est qu’une mise en bouche.

 

À l’intérieur, deux doubles pages, dont la première est un chef-d’œuvre.  Dans la colonne de gauche, des « Repères » – c’est-à-dire une suite de « brèves » sans lien entre elles, qui n’apprennent rien ou pas grand-chose : trois phrases sur « une mobilisation variée » (qui manifeste et pourquoi : c’est le seul « espace » accordé aux revendications des syndicats), une citation de Peillon (qui « ne croi[t] pas à ces histoires de corporatisme » – il faut dire qu’il n’a pas encore lu Libé), et des chiffres : 144 (le nombre de jours de classe en primaire) ou 29 (la place de la France pour les performances en lecture). Le premier expliquant sans doute le second. Ou pas.


Un autre encadré achève de présenter « L’essentiel », en deux parties et quarante mots : « Le contexte » (« une nouvelle grève […] ») et surtout « L’enjeu » (« le ministre vaincra-t-il les corporatismes pour imposer une réforme globalement soutenue par les parents d’élèves ? »). Le lecteur s’étant ainsi bien « repéré », on peut passer aux commentaires : ceux de l’expert universitaire et de l’expert éditocratique. Dans quel ordre ? Peu importe, car ils sont interchangeables.


Le premier, François Dubet, est longuement interrogé sur… « les crispations des profs », comme le résume – assez justement – le chapeau de l’interview [1]. Une seule question porte sur le projet de loi lui-même (« La réforme du rythme est-elle une bonne réforme ? »), et la réponse, qui se moque des prétendues « arguties » des opposants, sans présenter le moindre élément d’analyse, dit assez ce que vaut cet « expert » :

Les opposants cachent leur opposition derrière des arguties : « ça va être nul », « on n’y arrivera jamais » […] Certaines critiques peuvent être fondées. La loi n’est pas parfaite. Mais on ne peut pas reprocher à Vincent Peillon de passer en force. Il a procédé à une vaste consultation. Et tout est négociable. Surtout, chacun sait que 6 heures de cours par jour […] ce n’est pas un bon système scolaire.

On l’a compris, ce n’est pas en sociologue que parle le sociologue pourtant invité à ce titre, mais en qualité de fabricant d’opinion. Et Libération sait les choisir : celui-là ne se borne pas à dénoncer le « corporatisme » [2] prêté à une partie des enseignants à l’occasion d’une mobilisation particulière : c’est le corps enseignant dans son ensemble qu’il pourfend, ici comme ailleurs. En 2010, il déclarait déjà :

« L’École française est le produit de l’Église. [...] À une période de ma vie, il y a environ 12 ans, j’ai été chargé par un ministre de l’Éducation de gauche de réformer une partie du système scolaire, à savoir le collège [...]. J’ai donc passé beaucoup de temps à discuter avec les syndicats d’enseignants. [...] Je n’ai eu que des discussions théologiques. Je croyais que j’avais affaire à des syndicats ; j’avais affaire à des curés ; à des gens qui avaient des raisonnements symboliques, très peu de raisonnements pratiques. » [3]

Alors, pourquoi faire appel à un « expert » pour dire ce que « chacun sait » et ce que tout bon éditocrate peut gribouiller sur les « crispations des profs » ou l’impossibilité de réformer l’Éducation nationale ?

 

Peut-être pour permettre à l’éditocrate en chef de la « maison commune de toute la gauche » de s’appuyer sur lui pour fustiger le « corporatisme enseignant » – ce qu’on fait tout de même avec un peu plus de complexes qu’au Monde ou au Figaro.


Quoi qu’il en soit, Nicolas Demorand, dans un éditorial simplement intitulé « Paralysie », nous fait part de son inquiétude :  

 

« maintenant que les banderoles sont de sortie et que les manifestations s’enchaînent », il y a un « risque » : le risque que s’impose « l’idée, parfaitement décrite par le sociologue de l’éducation François Dubet, […] que le monde enseignant, ou ses syndicats, incarne l’archétype le plus achevé du conservatisme. » Idée vraie ou fausse ? Nicolas reste prudemment ambigu – ce qui ne l’empêche pas, lui et le journal qu’il dirige, de mettre tout en œuvre pour la faire triompher.


Après cette remarquable entrée en matière, la double page suivante apporte quelques nuances.

 

Deux articles (« Des enseignants dans le doute » et « Des parents dans le flou ») qui, malgré leur forme de micro-trottoir à peine amélioré, donnent à entendre quelques critiques, quelques arguments, pour et contre : où l’on comprend qu’il pourrait y avoir un débat sérieux sur cette réforme, son contenu, les conséquences concrètes et pratiques de son application, les solutions alternatives, mais qu’il n’aura pas lieu dans Libération. La dernière page (moins une demi-page de pub) s’attarde sur – « décrypte » – les risques « politiques » de l’échec de cette réforme… pour le ministre. Et, en terminant le « dossier », on en vient à se dire que le titre de « Une » n’était finalement pas si mal choisi que ça : « Et les élèves dans tout ça ? »

Notes

[1] Autrement formulé, selon le paragraphe d’introduction, il « analyse le blocage enseignant et s’inquiète des difficultés à faire bouger le système ».

[2] Ce qu’il fait pourtant fort bien, et comme on lui dit de faire :
Libé : « S’agit-il d’une réaction corporatiste ? »
– F. Dubet : « Évidemment, c’est du corporatisme. » Etc.

[3] Transcription d’une vidéo disponible sur le site Neoprofs.

 

 

http://www.acrimed.org/article4004.html


Repost 0

Contactez le NPA du Finistère

 

faou

 

UNE-190.JPG

 

cgt-gg.jpg

 

affiche_Peillon_Fioraso_BAT_0_0.preview.jpg

 

encart npa taille normale

 

 

nukleel-nam-bo-ket.jpg

accueil
*

Brest

06 42 22 96 37

brest.npa@gmail.com

 

Quimper

06 59 71 42 21

quimper.npa@gmail.com
 

Le blog sur les

questions maritimes

L'autre grenelle de la mer

 

Le blog de solidarité avec

les camarades arabes

Revolution arabe 

 

fermoez-fesse.jpg

Recherche

Actions !

Pour plus de détails voir les liens: 

 

diapo prisonnier palestine

Soirée prisonniers palestiniens

AFPS Brest

mardi 16 avril

20H30

Maison des syndicats

 

sortir-copie-1.jpg


manifestants-hopital-SUD-copie-1


Quimper Gourmelen

Rassemblement

vendredi 19 avril

8 h 45


foto2-205-ebf3f

 

Fermez Cofrents

(pays Valencian)

 

 

laniion.jpg

  Concert à Lannion

 

no nuk

 

Dimanche 28 avril

Brennilis

anti-r-1-r-copie-1.jpg

 


robertbelle5mai13DZ

 

 

Mardi 7 mai

 Yves-Marie Le Lay,

Président de

Sauvegarde du Trégor

  Douarnenez

Librairie l'Ivraie à 20h00

 

nddk.jpg

 

yy.jpg

 

st nnonon

 

grece.jpg