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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 12:24
Pont de Brest-Plougastel 16 sept 2010 021
Social mercredi 22 septembre 2010

L'intersyndicale CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FSU, Solidaires et Unsa du Finistère appelle de nouveau à la mobilisation. Après les grèves et la manifestation du 7 septembre dernier contre le projet de réforme des retraites, les organisations syndicales souhaitent donner des suites. Elles lancent un nouvel appel à mobilisation pour ce jeudi 23 septembre, place de la Liberté, à 10 h 30.


Education


Le SGPEN-CGT du Finistère appelle les personnels, administratifs, techniques, de laboratoire et de santé (Atoss) en poste dans les établissements et services de l'Education nationale à faire de la journée du 23 septembre une grande journée de mobilisation contre la contre-réforme gouvernementale sur les retraites. Le SGPEN-CGT appelle à la grève et aux manifestations à Brest à 10h30.

Le Spelc (Syndicat de l'enseignement libre catholique) appelle tous les salariés, de droit public ou de droit privé, à s’associer au mouvement du 23 septembre.


Services


La CFDT du Crédit agricole appelle les salariés à participer aux manifestations. Comme la confédération nationale du logement (CNL). Pour elle, «cette réforme est loin de répondre à l'enjeu de société qu'est l'avenir des retraites par répartition». Elle appelle donc à «participer massivement à la mobilisation».


Le syndicat du commerce et des services CGT de Brest appelle les salariés à rejoindre la manifestation du 23 septembre à 10h30, place de la Liberté et à se réunir le 23 septembre à 10h à la maison du peuple.


L'Association départementale de défense des victimes de l'amiante appelle adhérents, sympathisants et retraités à se joindre à la journée d'action du 23 septembre, à 10 h 30, place de la mairie «pour défendre les pré-retraites amiante».


Retraités

L'Union des retraités CFDT de la région brestoise appelle ses adhérents à participer à la manifestation de ce jeudi 23 septembre, à 10 h 30, place de la Liberté. «La journée du 7 septembre ayant été une réussite, la CFDT, en lien, avec l'intersyndicale, continue l'action pour dénoncer les injustices contenues dans la nouvelle loi sur les retraites», estime l'Union des retraités.


Collectif jeunes retraites


«A la veille d'une grande journée de manifestations pour le retrait de la réforme des retraites», le collectif jeunes retraites organise un rassemblement, ce mercredi 22 septembre à 15 h, place de la Liberté, à Brest.


Marins


Le Syndicat CGT des Marins du Grand Ouest appelle les marins en congés, en escale dans les ports, à se rendre aux manifestations organisées le jeudi 23 septembre dans toute la France «afin de défendre les retraites». Le syndicat demande «à tous les marins de tout type de navigation de mener des actions afin d’attirer l’attention des pouvoirs publics que les marins veulent garder leur régime particulier en pouvant s’ils le souhaitent partir à la retraite à 55 ans».


Défense


La CFDT, CGT, l'Unsa, CFE-CGC et FO appellent l’ensemble des personnels du ministère de la Défense et de DCNS à 24 heures de grève le jeudi 23 septembre. Un rassemblement est organisé à 9h30 devant la préfecture maritime pour un dépôt de motion vers le ministre de la Défense avant de rejoindre la manifestation interprofessionnelle.


La section syndicale des retraités de la Défense du Finistère CFDT appelle les pré-retraités amiante «directement touchés par le gel des décrets salariaux à manifester leur mécontentement». Le rendez-vous est fixé à 9 h 30 devant la préfecture maritime où un dépôt de motion sera effectué. La section syndicale estime que «la perte du pouvoir d'achat lié à ce gel sur 1, 2 ou 3 années sera très conséquente».


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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 12:21

 

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 12:12
Justice mercredi 22 Le Télégramme

Le Conseil constitutionnel a censuré, mercredi, un article du Code des Douanes régissant les «retenues douanières», l'équivalent de la garde à vue, notamment en raison de l'absence d'un avocat pour assister la personne retenue pendant la phase d'interrogatoire.

 

Note: Ce n'est pas cela qui rendra son oeil à la jeune femme qui, maintenue en garde à vue pour quelques litres de "Lambig", n'a pu se rendre aux urgences, devant souffrir pendant des heures, et finalement perdre son oeil.

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 12:03

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20 septembre 2010 Le Télégramme


Vendredi, les élus quimpérois se prononceront sur la future gestion de l’eau potable. Il leur est proposé de confier la délégation à Veolia. Le retour en régie n’a pas eu les faveurs d’une étude jugée partiale par le collectif Eau 2010. En voici la synthèse.


 

 

Pour le cabinet d’étude Oxena, le passage en gestion publique implique de mobiliser "un grand nombre d’acteurs", de réaliser "une multitude de tâches nouvelles" sortant de l’activité quotidienne des services, de prendre "une série de décisions dans un délai restreint, avec toutefois la possibilité de prolonger les contrats actuels d’un an".


Selon ses calculs, les moyens nécessaires à cette nouvelle donne nécessiteraient l’embauche de 18 agents. Les employés se répartiraient entre la distribution (10,50 postes) et la clientèle (7,50 postes). A ce nombre, il faut ajouter un directeur de régie.


26 agents à embaucher


Mais le cabinet estime aussitôt qu’il faut anticiper sur l’absentéisme. Il calcule que les absences équivaudraient à 10 % du temps de travail, soit 669 jours au total pour les 10,50 agents de la distribution et 413 jours pour leurs homologues chargés de la clientèle. Soit 1.172 jours ! Pour combler le manque, il faudrait alors monter l’effectif à 26 agents, soit huit de plus. 


Hausse de 22 % de la facture d’eau


Côté investissements, Oxena retient l’acquisition d’un terrain spécifique pour la construction de locaux dédiés à la régie du service d’eau potable. Entre le terrain, et les locaux (bureau, garage, atelier);, il en coûterait selon ses estimations 633.000 euros. Quant aux coûts d’exploitation, l’addition des charges d’exploitation (3,7 M d'euros), des charges financières (497.583 euros) et d’organisation (118.324 euros) atteindrait 4,8 M d'euros.


Sur la période 2011-2022, la future régie devra, selon Oxena, faire face à 6 M d'euros de dépenses d’équipement, 1M d'euros de remboursement d’emprunt et 300.000 euros de dépenses imprévues. Ces simulations permettent d’établir un tarif qui atteindrait 1,241 euro HT par m3 d’eau, soit une hausse de 22 % de la facture eau potable présentée par Veolia.


"Ce rapport est bidonné"


Verdict sans appel, donc, qui ne convainc pas les membres de l’association Eau Secours 29. Contactés ce lundi, ils mettaient en cause la méthode : "Ce rapport est fait à partir des données Veolia. Nous avions demandé au maire la communication du cahier des charges fourni à Oxena pour qu’il fasse ses simulations. Nous ne l’avons jamais eu", déplore Yves Le Berre.


Il renchérit : "Si on charge la barque, c’est évident qu’elle avance moins vite ou qu’elle coule et on aboutit inexorablement à une solution défavorable à la régie. D’autres communes, comme Brest, ont pris soin d’interroger les expériences de retours en régie, pour voir combien ça coûte. Ce rapport est bidonné.

 

Il a été fait pour plaire à la personne qui l’a commandé. On retombe toujours sur la conclusion que la procédure choisie défavorise la solution régie publique car elle est tributaire des appréciations d’un cabinet privé. Ensuite, l’appel d’offres est lancé et la solution régie n’y entre plus. La solution régie n’a aucun pouvoir de négociation, elle, contrairement à Veolia".

 

Note:

 

Bien évidemment que c'est bidonné! Les enjeux financiers sont tellement importants! Cela prouve que la campagne d'opinion marque des points. Face à elle, ceux qui veulent à tout prix, pour des raisons non pas pratiques mais idéologiques, confier l'eau au privé sont obligés d'allumer un contre feu !

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 11:57


22 septembre 2010  - Le Télégramme


Pascal Boccou, âgé de 55 ans et ancien conseiller municipal sous la mandature de Monique Prévost, a trouvé la mort hier après-midi dans un accident de voiture près de Montmorillon, dans la Vienne, entre Poitiers et Limoges. Le chargement d'un camion s'est détaché et le fourgon du Finistérien n'a pu l'éviter. Son épouse a été blessée.

Très impliqué dans la vie locale et associative, membre de la fanfare "A Bout de Souffle", Pascal Boccou présidait l'association "Emgleo Bro Douarnenez" et était un fervent défenseur de la culture bretonne. Pascal Boccou était aussi très impliqué dans l'économie portuaire notamment au sein de l'Opob, de Pesca Cornouaille et du Conseil portuaire de Douarnenez.

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 11:52

IMAGE 141 Banderole Mairie de brest
Brest même

22 septembre 2010 - Le Télégramme


Les organisations syndicales du Morbihan estiment qu'il est encore possible d'obliger le gouvernement à battre en retraite sur le projet de réforme des... retraites. D'où leur appel à manifester demain.

12.000 manifestants à Vannes. 3.000 à Pontivy. Entre 9.000 et 20.000 (selon les sources) à Lorient. 350 au Palais (Belle-Ile). Le 7 septembre, la mobilisation contre le projet de réforme des retraites du gouvernement, à l'échelle du département, avait été massive.

Le renfort des étudiants

Demain, la vague de protestation sera-t-elle plus haute et plus puissante encore? Les syndicats sont persuadés que oui. «Depuis plusieurs jours, nous n'arrêtons pas de répondre aux gens qui nous téléphonent pour savoir où et comment ils peuvent manifester. Par ailleurs, ce week-end, notre site Internet a connu une fréquentation inhabituelle», affirme Bruno Bothua, de l'union départementale CGT. «La pression monte. La preuve: les étudiants, qui n'étaient pas à nos côtés jusqu'à présent, le seront jeudi», se réjouit Jean-Marc Thépot de la CFDT.

«Virer la réforme»

Dans ce contexte, l'intersyndicale (CGT, CFDT, FSU, Unsa, Solidaires, CFTC, CFE-CGC et Unef) se sent pousser des ailes et n'hésite pas à hausser le ton. «Plus question de tergiverser. Aujourd'hui, il s'agit de virer cette réforme que nous considérons comme injuste».
Dans ce concert de revendications, FO joue sa propre partition avec des nuances parfois difficiles à cerner. Ainsi, Pierrick Simon, secrétaire de l'UD FO avait invité, lundi soir, ses homologues morbihannais à venir discuter des suites à donner au mouvement du 23 septembre. En vain.

L'unité dans l'action

«Dommage», commente-il. «Contrairement aux autres syndicats, nous ne croyons pas qu'il soit possible d'amender le projet de réforme sur tel ou tel point», explique Pierrick Simon, en référence aux dernières déclarations des leaders syndicaux nationaux autres que Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière. « À FO, nous l'avons toujours dit: la seule issue, c'est le retrait pur et simple du texte». Ce qui explique pourquoi les militants FO seront, eux aussi, dans la rue jeudi, au nom de la sacro-sainte unité d'action.

À savoir

 

Rassemblements à 10h

 

  Vannes, sur la Rabine


 Lorient, à la maison des syndicats


 Pontivy, sur la Plaine 

 

à 10h30, au Palais, à l'embarcadère.

 

À Lorient et à Vannes, les prises de parole auront lieu avant le départ des défilés. «Et ce, afin de ne plus pénaliser les manifestants qui appartiennent aux queues des cortèges et qui, à chaque fois, ne peuvent entendre les discours», expliquent les organisateurs.

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 11:49

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Même motif, même combat!


21 septembre 2010 à 16h54 - Le Télégramme

 

Il n'y aura plus d'opérations au centre hospitalier Max Querrien de Paimpol (22) à partir du 1er janvier 2011. Que vont devenir les 40 personnes travaillant au sein du service chirurgie (infirmiers, aides-soignants, agents, secrétaires médicales) et les 7 infirmiers anesthésistes et spécialistes du bloc ? C'est la question posée ce matin par les représentants de la CFDT.


"Dans le cadre d'un plan de retour à l'équilibre, la tutelle a jugé que le budget prévisionnel 2010 ne permettra pas d'atteindre les objectifs fixés. Elle a alors pris la décision d'arrêter les actes opératoires", ont souligné Pierre-Yves Arzul et Annie Berthelot de la CFDT qui estiment que l'hôpital n'a pas à "fonctionner comme une entreprise, avec des rendements".

Le projet médical pour une nouvelle offre de soins est à finaliser et les discussions sont actuellement en cours avec le centre hospitalier de Saint-Brieuc. Tout sera acté le 15 octobre.

En attendant, ni le maire, Jean-Yves de Chaisemartin, ni le directeur, Guy Croissant, ne veulent donner plus d'informations. "Le bloc s'arrête mais pas la chirurgie", estimait le premier cet après-midi. "L'usager comme le personnel sont au centre de toutes les discussions".

 

Pour le second, difficile de se prononcer tant "que l'on est dans la phase d'organisation de la nouvelle offre de soins". "Je pourrai en dire plus après le 15 octobre mais il est bien évident que mon objectif premier est de garantir un poste à l'ensemble du personnel qui ne trouvera plus ses compétences propres sur Paimpol".

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 11:44

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22 septembre 2010 Le Télégramme


À l'occasion de ses dix ans d'existence, l'association Halte aux marées vertes organise deuxjours d'animation intitulés Eau de terre, eau de mer, ce week-end, à Hillion (22).

 

Cela débutera samedi 25 , à 17h, par la projection du film «Water makes money», de Leslie Franke et Herdolor Lorenz.

 

Après des travaux et un apéritif dînatoire, ce sera au tour du film «Le temps des grâces», de Dominique Marchais, d'être visionné. Le tout sera suivi d'un débat.

 

Halte aux marées vertes poursuivra le dimanche 26 , à 17h, avec le spectacle humoristique du psychanalyste Laurent Petit.

 

Pratique Eau de terre, eau de mer, samedi25 et dimanche 26 septembre espace Georges-Palante à Hillion.

 

Tarifs: 5 € pour les deux films le samedi, 10 € pour le spectacle le dimanche. Gratuit pour les moins de 10 ans.

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 11:36

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Selon le Canard Enchaîné aujourd'hui il serait possible de faire quelque chose pour les roms en Bretagne:

 

Les arrêtés d'expulsion deviennent caducs une fois exécutés.


Donc un rom expulsé qui passe la frontière belge peut revenir aussitôt pour 3 mois et ainsi de suite.


Il suffirait donc de faire embarquer des roms sur un chalutier, aller faire un tour en mer, hors des eaux territoriales, revenir et hop, 3 mois de séjour autorisé!

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 11:22
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Débat avec Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, sociologues

LEMONDE.FR | 21.09.10 | Le Monde
 
Eric : Pensez-vous que M. Woerth est sincère lorsqu'il nie toute collusion ? Pensez-vous qu'il puisse ne pas avoir conscience que l'ensemble de sa vie (trésorier de l'UMP et ministre du budget ainsi qu'une femme employée par un donateur de son parti, à qui il offre la Légion d'honneur...) est un "réseautage" permanent avec les plus riches ?
  
Monique Pinçon-Charlot : Eric Woerth a à la fois conscience et pas conscience de ces conflits d'intérêts, parce que dans la classe dominante, la collusion entre le pouvoir et l'argent est une collusion de fait. Les hommes d'affaires, les financiers et les politiques se retrouvent quotidiennement dans les mêmes cercles, dans les premières d'opéra, sur le golf, ou dans les dîners et cocktails.

TheArtofYello : Que nous révèle l'affaire Woerth-Bettencourt de la société française ? Qu'est-ce qu'elle nous apprend sur nous-mêmes ? Qu'il faut que les liens entre l'argent et la politique soient particulièrement visibles pour qu'ils deviennent intolérables ? Que nous les avons intégrés ?


Michel Pinçon : Cette collusion est spécifique quand même à certains milieux placés en haut de l'échelle sociale. Il est vrai que la valorisation de la réussite et de l'enrichissement diffuse ce désir de richesse dans les catégories moins élevées. C'est par exemple l'une des postures du président de la République que de vouloir banaliser et légitimer la recherche de la fortune.


Mais cette collusion argent-politique ne concerne pas les catégories populaires, qui, de toute façon, restent à l'écart de l'enrichissement, qui est réservé aux personnes qui ont fait des études prolongées, par exemple, et entrent dans le monde des entreprises et de la finance.


Vincent : Comment expliquer la tolérance de l'opinion publique à l'égard de l'affaire Woerth-Bettencourt et plus largement aux scandales politico-financiers ? Retrouve-t-on également ce comportement chez nos voisins européens ?


Michel Pinçon : Cette tolérance peut être plus apparente que réelle. Ces scandales conduisent à des démarches juridiques, des mises en examen, jusqu'à des procès. Cette tolérance n'est que le résultat de la non-compétence du citoyen ordinaire pour exprimer, auprès des tribunaux par exemple, son refus. Cela dit, les enquêtes d'opinion tendent à montrer une nette exaspération, qui se traduit par une perte de confiance dans le pouvoir actuel.


CamilleM : Pourquoi nécessairement ramener la figure de Nicolas Sarkozy à un concept de classe ? Qu'il soit le produit d'une oligarchie certes, mais pour ce qui est de ses objectifs et de son appartenance consciente, je le crois surtout au service de lui-même. Je n'ai pas l'impression qu'il y ait beaucoup de solidarité là-dedans, fût-ce au sein d'une oligarchie. N'est-ce pas justement cela la fameuse "rupture" ? Chacun pour soi…


Monique Pinçon-Charlot : Nicolas Sarkozy, tel que nous l'avons appréhendé comme président des riches dans notre dernier ouvrage, est un personnage qui a construit toute sa vie et sa carrière politique à Neuilly et dans les Hauts-de-Seine, et qui est, selon nous, au service des plus riches de notre pays.


En cela, il satisfait à la fois les patrons du CAC 40, les financiers, les hommes d'affaires et autres dirigeants de société et son propre narcissisme, son propre ego, sa propre personnalité, qui a été construite dans la revanche, dans la concurrence : vouloir être le premier après avoir été, pendant toute une enfance et une adolescence à Neuilly, plutôt le second.


Step : Ne croyez-vous pas que l'électorat catholique va fuir ce gouvernement fasciné par l'argent ?


Monique Pinçon-Charlot : L'électorat catholique est touché et particulièrement concerné compte tenu des valeurs portées par le christianisme par la décomplexion que Nicolas Sarkozy a introduite au sommet de l'Etat vis-à-vis de l'argent, des consommations ostentatoires et de la visibilité du fonctionnement des rouages du pouvoir.


Mais tout individu qui occupe une position au sommet de la société se reconnaît dans la violence avec laquelle Nicolas Sarkozy essaie de faire passer la France dans un stade avancé du système capitaliste, et les positions religieuses, le fait d'être un homme ou une femme, le fait d'être vieux ou jeune deviennent des variables secondaires par rapport à la variable principale : la place au sommet de la société dans le cumul de toutes les formes de richesse, que celle-ci soit économique, culturelle, sociale ou symbolique.


Francois : Est-ce que les liens entre les détenteurs de capital financier et l'Etat concernent seulement les ministres et leur cabinets ou bien est-ce que des organismes comme la Cour des comptes ou l'inspection des finances entretiennent également des liens étroits avec les grandes fortunes ?


Michel Pinçon : Il y a des liens entre toutes les élites sociales. Ce qui établit des ponts, des passages entre les affaires, la politique, le show-biz, les arts et les lettres, les médias. Les membres des organismes de contrôle comme la Cour des comptes, les hauts fonctionnaires, souvent inspecteurs des finances, ne peuvent pas ne pas être en contact directement ou indirectement avec les grands patrons, les banquiers.


C'est pourquoi nous parlons, dans notre livre, d'une oligarchie qui est à la tête de l'Etat, et aussi de l'économie, et qui forme une seule classe.


TheArtofYello : La composition du Parti socialiste fait-elle de lui une alternative éloignée du risque de collusion ?


Monique Pinçon-Charlot : Les socialistes sont divers. Au sein du Parti socialiste, il y a des oligarques de gauche, comme Dominique Strauss-Kahn, dont les réseaux et les valeurs ne sont pas si éloignés que cela de ceux de Nicolas Sarkozy. Et c'est d'ailleurs, selon nous, le risque pour l'élection de 2012 que de voir un oligarque de gauche remplacer un oligarque de droite, ayant pour valeur principale le néolibéralisme, le capitalisme dans sa phase financiarisée et mondialisée, au service d'une seule classe : celle qui a accès, précisément, à la planète finance.


Mais il y a au sein du Parti socialiste des socialistes de gauche plus radicale qui souhaitent transformer le système capitaliste en un système plus juste, plus équitable, où les valeurs de la République – liberté, égalité, fraternité – seraient au cœur des décisions du pouvoir.


Hélène : Que pensez-vous de l'argument des cumulards qui justifient un mandat local pour les parlementaires afin de mieux appréhender le terrain ?


Monique Pinçon-Charlot : Les députés, les parlementaires sont des élus de la nation et donc ils n'ont pas besoin d'avoir un autre mandat local. Cela ne nous paraît donc pas être un argument qui justifie le cumul des mandats.

Bête : Selon vous, cet écart entre élites et classes populaires (même si le terme classes semble passé de mode) est-il appelé à se creuser ?


Monique Pinçon-Charlot : L'écart est énorme déjà aujourd'hui, et si l'on ne prend pas des mesures législatives pour lutter contre le cumul des mandats politiques, l'écart continuera à se creuser. C'est pourquoi, dans notre livre, nous proposons un certain nombre de mesures pour changer les choses, dont l'abolition du cumul des mandats politiques, dont le fait qu'on ne devrait pas pouvoir faire une carrière en politique, c'est-à-dire qu'il faudrait qu'il y ait un statut de l'élu qui permette de réintégrer le monde du travail.


Ainsi, à l'Assemblée nationale, alors qu'aujourd'hui il y a zéro ouvrier et un seul employé, cette mesure législative permettrait d'ouvrir l'hémicycle aux femmes, à la diversité sociale et à la diversité ethnique. Et alors, le taux de participation aux élections en serait certainement bouleversé.


Godin : Y a-t-il une spécificité française aux liens que vous observez ?


Monique Pinçon-Charlot : Je ne suis pas sûre que la collusion entre la politique et l'argent soit une spécificité française. Ce qui est une spécificité aujourd'hui sous l'ère de Nicolas Sarkozy, c'est la visibilité de cette collusion. Dès le 6 mai 2007, la soirée au Fouquet's a donné à voir cette entrée médiatique des patrons du CAC 40, venus ensemble fêter une victoire électorale au plus haut sommet de l'Etat.


Et c'est d'ailleurs cette visibilité du fonctionnement des rouages du pouvoir, la "rupture" de Nicolas Sarkozy, qui nous a permis de faire le livre Le Président des riches, qui nous a facilité grandement le travail pour mettre au jour le fonctionnement de cette oligarchie en actes.


Sabine : Ne pensez-vous pas qu'un ouvrier ou un employé qui rejoint l'hémicycle ne connaîtra pas la même "dérive" ? N'est-ce pas là une caractéristique de l'humain ?


Michel Pinçon : Pour un sociologue, la caractéristique de l'humain, c'est essentiellement d'être la construction du monde social à travers la famille, l'école, plus tard l'entreprise. C'est-à-dire qu'il n'y a pas d'essence humaine. L'inné est quelque chose de très limité et le rapport au temps, à l'espace, aux autres est construit par des apprentissages très précoces, ce que nous avons pu observer en travaillant en milieu populaire en tant que sociologues, et en travaillant dans les "beaux quartiers".


Si l'on y réfléchit un peu, le cadre de vie entre les "4 000" de la Courneuve et l'avenue Foch est à l'origine de représentations du monde, de valeurs, de relations aux autres très différentes et qui expriment ce poids du social objectivé dans les formes urbaines sur les personnalités.


Lionel : Quel type d'événements pourrait, selon vous, permettre aux ouvriers d'acquérir une plus grande conscience de classe ?


Michel Pinçon : Pour ce qui est des événements, on peut considérer que l'affaire Woerth-Bettencourt est un révélateur qui peut être à l'origine d'un commencement de prise de conscience. Parce qu'apparaissent au grand jour des éléments autrement insoupçonnés.


Par exemple, la restitution de 30 millions d'euros à Mme Bettencourt en raison des mécanismes du bouclier fiscal, pour un smicard, est quand même assez étonnante. Ce type d'événement fait apparaître ce qui devrait rester sous la ligne de flottaison de l'iceberg des grandes richesses, dont une seule partie est visible, toute petite par rapport à l'immensité de l'opulence.


TheArtofYello : Après votre livre sur Pinochet, Le Président des riches est le deuxième au contenu explicitement engagé. Qu'est-ce qui vous pousse à sortir de votre habituelle objectivité scientifique ?


Michel Pinçon : Je ne pense pas que nous soyons tellement sortis de notre réserve sociologique, c'est-à-dire du souci de ne pas prendre systématiquement parti. Ce qui se passe avec ce nouveau livre, c'est que nous nous sommes introduits dans le champ politique alors qu'auparavant nous restions dans la sphère familiale, nous faisions une anthropologie de la grande bourgeoisie, analysant son mode de vie, l'éducation donnée aux enfants, le rapport à la culture.


Mais nous ne prenions pas en compte directement la dimension politique. En abordant notre sujet, le président des riches, nous avons mis en relation notre expérience de ce monde social avec ce que nous pouvions observer, grâce à Nicolas Sarkozy en grande partie, de la relation entre ces familles du haut de la société et le monde politique.


Ce que nous pouvions dire des inégalités par exemple devant l'école, où les enfants des milieux aisés sont les plus favorisés, avait des prolongements en politique, où nous pouvions constater l'importance du pouvoir des familles de la grande bourgeoisie, capables d'influencer grandement les prises de décision par l'existence des réseaux dont nous avons parlé plus haut et qui sont vraiment au cœur de la puissance sociale.


Lionel : Vous évoquez l'obstacle de la violence symbolique qui pousse les ouvriers à avoir honte d'eux-mêmes dans de nombreuses situations. Comment combattre cette violence symbolique ?


Monique Pinçon-Charlot : La violence symbolique est effectivement au cœur de la reproduction des rapports de domination. Autrement dit, les dominés reconnaissent aux dominants leur supériorité dans les domaines de leurs compétences financières, dans la culture, dans leur mode de vie, voire dans la tenue de leur corps et leur élégance vestimentaire.


Combattre cette violence symbolique est essentiel si l'on veut changer ces rapports de domination. Et à la suite de Pierre Bourdieu, nous pensons que la connaissance du fonctionnement des dominants et la mise au jour des mécanismes de cette violence symbolique sont à même de donner des armes pour la combattre.


Léos : Avez-vous rencontré des difficultés à étudier la sphère politique actuelle – et dans le climat actuel – en vous présentant comme sociologues ? Plus globalement quels sont les soucis que peuvent rencontrer les sociologues dans des études de milieu politique ?


Michel Pinçon : L'un des principaux soucis pour travailler dans le monde politique, c'est la langue de bois. Il n'est pas évident de recueillir un discours qui ne soit pas convenu, qui ne soit pas préconstruit au moment de l'entretien.

Une autre difficulté est présente aussi lorsqu'on travaille dans la grande bourgeoisie sur ses modes de vie, par exemple : hommes politiques et grands bourgeois vont lire les résultats de la recherche, ce qui n'est pas sans danger, car ils disposent de moyens éventuels de répression.


CamilleM : Quid de la classe moyenne ? Quelle est sa place dans votre synthèse, entre classes les plus modestes et grande bourgeoisie ?


Monique Pinçon-Charlot : Les classes moyennes sont dans l'entre-deux social, au-dessus de leur tête, la classe dominante, et en dessous de leurs pieds, les classes populaires. Elles se caractérisent par un individualisme que l'on peut qualifier de positif, avec l'injonction pour les individus de se réaliser, de réussir, alors que dans les classes dominantes, nous parlons de "collectivisme pratique", c'est-à-dire de solidarités, de partage du gâteau dans l'intérêt de la classe.


Tandis que dans les classes populaires, dans la France d'aujourd'hui, nous parlons de "désaffiliation" et d' "individualisme négatif" dans la mesure où la désindustrialisation a fait perdre aux ouvriers leur capital industriel, avec les usines, le travail manuel qui donne beaucoup de fierté, qui donne une identité, et leur capital syndical et politique.


Il ne demeure dans la France d'aujourd'hui qu'une seule classe sociale au sens marxiste du terme, et c'est de la classe dominante qu'il s'agit.


Lionel : Pensez-vous qu'il soit encore possible aujourd'hui pour les travailleurs d'avoir une certaine conscience de classe leur permettant de se mobiliser massivement pour la défense de leurs intérêts ?


Michel Pinçon : Les travailleurs ont à surmonter des difficultés nouvelles dans les rapports sociaux. Il y a la perte d'une identité forte qui se construisait dans la fierté du travail et dans la présence d'organisations de classe dans l'entreprise et dans le milieu résidentiel.


Ces organisations étaient porteuses d'une mémoire qui renvoyait à 1789, mais aussi aux grands mouvements du XIXe siècle – 1848, la Commune –, au Front populaire, à la Résistance, à 1968. Une mémoire qui se perd aujourd'hui avec l'affaiblissement des organisations. Et avec une présence dans la classe ouvrière, qui reste encore nombreuse, de travailleurs immigrés dont la mémoire est évidemment différente et renvoie plus à la période coloniale ou aux tentatives de socialisme à l'Est qu'aux luttes en France.


Hélène : Dans un entretien à Télérama vous conseillez de faire comme les riches : s'entraider, se soutenir… comment, face à l'individualisme ambiant, fédérer les exaspérations afin de faire bouger les choses ?


Michel Pinçon : Les grands bourgeois ont la sociabilité mondaine, qui les aide énormément à faire vivre le collectivisme pratique dont nous avons parlé. Cette sociabilité mondaine est de tous les instants : ce sont les petits déjeuners d'affaires, les déjeuners, les cocktails, les dîners, mais aussi les premières d'opéra, les petits dîners entre amis, les parties de golf le dimanche. C'est l'entre-soi aussi des beaux quartiers, ce sont aussi les vacances partagées. Bref, on ne cesse de partager l'espace et le temps avec son semblable. C'est la force des dominants.


Aussi faudrait-il que les classes populaires et les classes moyennes trouvent des modalités de sociabilité, du liant pour que toutes les prises de position contestataires dans les associations, dans les partis politiques, dans les syndicats, dans la résistance au travail, même quelquefois dans la désobéissance civile, que tout cela finisse par créer une dynamique, que la mayonnaise prenne, grâce à une sociabilité, grâce à du collectivisme qui font cruellement défaut aujourd'hui.


La grande bourgeoisie arrive à surmonter des lignes de fracture qui ont pu être dramatiques et cruelles. Par exemple, la noblesse fortunée et la vieille bourgeoisie ne font plus aujourd'hui qu'un seul et même groupe, où les alliances matrimoniales sont très nombreuses, et que nous avons appelé l'aristocratie de l'argent.


De la même façon, les fractures religieuses entre catholiques et protestants, entre chrétiens et musulmans ou bouddhistes, sont largement surmontées. Ainsi, dans certaines grandes écoles – l'Ecole des Roches à Verneuil-sur-Avre, ou Le Rosey à Lausanne –, les élites internationales pratiquent un œcuménisme total et assurent aux jeunes une éducation de tolérance, pour que l'essentiel soit préservé.


Le Président des riches, La Découverte, 2010, 14 euros

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