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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 08:32

manifestation-retraites 379

26 août 2010 - Le Télégramme

Les syndicats CFDT, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA des Côtes-d'Armor se sont réunis mardi afin de faire le point sur le dossier des retraites.

 

«Considérant que rien n'est joué», l'intersyndicale appelle «l'ensemble des salariés du public et du privé, les chômeurs, les retraités, les jeunes à se mobiliser fortement le 7 septembre prochain et à participer massivement aux arrêts de travail et manifestations décidées ce jour sur le département».

 

Plusieurs rassemblements sont prévus à

 

Saint-Brieuc, place de la Liberté, à 10h30;

Lannion, parking de la Poste à 11h;

Dinan, esplanade de la Résistance, à11h30;

Guingamp, devant l'Échiquier, place du Champ-au-Roy, à 10h30.

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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 08:25

 
1 commentaire

 

 

25 organisations de la jeunesse ((SOS FAC, la Coordination Lycéenne Indépendante, le SYNAC, SELF86, l’Onde Violette, la FIDL 14, 66, 72, 74, l’UNL 38, 44, 45, 59, 91, le SGL 02 et 50, SUD Lycéen 35, 50, 57, 85, le comité lycéen des Landes, les JC 13 et 62, le NPA Jeunes 57 et le MJS 62)) constituant le Front de lutte pour l’Education appellent à un mouvement unitaire et combatif de la jeunesse dès la rentrée.


Comme nous le savons tous, un mouvement de grande ampleur s’organise début septembre. Dans l’éducation tout d’abord, avec une grève dès le 6 septembre, ce qui est plutôt rare ! Puis contre le projet de réforme des retraites le 7 septembre.

 

Ces journées sont une réponse directe aux nouvelles attaques réactionnaires du gouvernement à tous les niveaux, de nouvelles attaques qui, nous le savons, ont la même origine ; Une offensive globale néolibérale visant à spolier nos acquis sociaux sous prétexte de crise, une première depuis 1945…

 

La jeunesse est, plus que jamais, touchée de plein fouet par cette offensive historique du capital ; répression policière et administrative, éducation privatisée, aides sociales menacées, contre réforme des retraites etc… Nous trinquons pour les actionnaires, le patronat, les élites “éclairées”, pour ceux qui jouent avec des milliards, pour ceux qui jouent avec nos vies !


La jeunesse à un rôle à jouer dans les luttes qui s’annoncent. Elle doit s’unir et s’organiser pour contrer cette menace. Il faut qu’elle oeuvre à l’édification d’un véritable rapport de force, en rupture avec les principales directions syndicales qui bien trop souvent font avorter tout mouvement de contestation en cherchant à se réapproprier les luttes menées par la base !

 

Assez de ce double jeu, le compromis n’est pas envisageable, seules nos luttes payeront !


Nous devons donc riposter afin de faire reculer une bonne fois pour toute le gouvernement allié du patronat, ce qui implique notamment le retrait total de la réforme des lycées, et d’oeuvrer à l’édification d’une école véritablement égalitaire, émancipatrice et démocratique, en un mot, populaire ! Où tout le monde, élèves comme professeurs et parents, pourrait diriger la vie interne de l’établissement.

 

Une école réellement gratuite et accessible à toutes et à tous, avec ou sans papiers, garantissant les mêmes chances, les mêmes droits et étant 100% publique ! Et ce, en liaison avec le monde du travail, en revendiquant et en mettant en pratique la convergence des luttes pour la défense du service public dans son ensemble. Car seule une riposte globale pourra nous assurer une victoire totale !?


C’est pourquoi le Front de Lutte pour l’Education appelle lycéens et étudiants à préparer dès la rentrée la grève interprofessionnelle du 7 septembre ! La journée de mobilisation dans l’éducation de la veille devant également servir à constituer des AG informatives ou décisionnelles, tout en faisant jonction avec le corps enseignant. Car seule une grève politique de masse fera plier le gouvernement allié du patronat et sera à même d’amorcer un mouvement de résistance solidaire à l’échelle européenne !


Les organisations souhaitant rejoindre notre appel peuvent nous contacter à : front.education@gmail.com ou tout simplement rejoindre le collectif.


http://collectif-fle.org


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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 13:26


Yannick Chenevoy
source: Médiapart  link

Le parti communiste s’indigne dans un communiqué de l’action des faucheurs volontaires contre une vigne transgénique de l’INRA à Colmar. Ce communiqué (en gras dans ce qui suit et également en entier en bas du message) fleure bon le scientisme assumé et reprend les mêmes termes que ceux des transnationales de l’agro-chimie.


Le PCF s’indigne des actes de vandalisme...


Ce sont les mêmes termes employés par les multinationales de l’agrochimie comme Monsanto ou les grand semenciers comme Limagrain pour toutes les actions des faucheurs volontaires. Ça secoue pas mal de lire ça ici, mais bon , voyons la suite :


rien ne saurait légitimer un tel vandalisme...


Les faucheurs volontaires ont toujours revendiqué leurs actions et assumé le coté illégal de ces actions. La meilleure preuve est qu’en ce qui concerne l’action de Colmar, ils ont attendu gentiment que les forces de l’ordre viennent prendre leur identité. Ils revendiquent une légitimité supérieure, comme dans toute action de désobéissance civile, ceci afin de faire avancer le droit. Nier cette légitimité revient à renier toute forme de désobéissance civile.


Il est vrai que dans cette action, mis à part les pieds de vigne qui ont été neutralisés (70 pieds, pas même de quoi se saouler en réunion de section), il y a eu sans doute une dizaine d’euros de grillage coupés à la pince à cisailler, c’est une faute de la part des faucheurs, mais on ne va quand même pas en faire un fromage, les dommages subits sont sans doute inférieurs à ceux commis par ces militants syndicalistes qui ont enfoncé le portail du MEDEF à Chalon, qui ont été poursuivis en justice pour ces dégradations et que nous avions été nombreux à soutenir à l’époque, y compris le PCF.


ces actions portent atteinte à la recherche publique...


La recherche publique est sinistrée de manière général ; il est vrai que l’Etat se désengage de plus en plus du financement et force les laboratoires publics à trouver des financements privés. Il suffit de jeter un coup d’œil sur le site de l’INRA de Colmar pour voir que cet établissement n’échappe pas à la règle.

 

Parmi les partenaires (http://www.colmar.inra.fr/pages/SEA...), on peut citer :


- Arvalis (sorte de laboratoire-conseil pour optimiser les rendements agricoles),
- CEDE environnement (filiale à 100% de Véolia),
- Agri-obtention (un semencier qui revendique sur son site 450 variétés dans son "portefeuille de variétés végétales"),
- mais aussi et surtout, ceux qu’on appelle le club des cinq et qui fournissent "le meilleur de la génétique disponible en France" : Florimond Desprez, Limagrain Verneuil Holding, Syngenta Seeds SAS, Serasem et Unisigma.

Tout un programme, rappelons que Syngenta et Limagrain sont respectivement les 3èmes et 4èmes consortiums mondials de la semence, tout juste derrière Monsanto et DuPont !


Rappelons également que si la recherche publique est en général sinistrée, elle ne l’est pas de manière uniforme. Dans le domaine de la biologie qui nous intéresse ici, l’essentiel de l’argent public part hélas uniquement dans la biologie moléculaire et la génétique. Rien en revanche sur la biologie des sols. Il ne s’agit pas d’interdire toute forme de recherche en matière de génétique, mais tout miser dans le même panier relève d’une pathologie mentale, impulsée par une poignée de transnationales dont le seul métier est de vendre du produit chimique par le biais d’un système de brevets qui vise la totalité de l’alimentation humaine et animale.

 

Il est vraiment à regretter que ces "professionnels de la nécro-technologie" deviennent de plus en plus les seules sources de financement des établissements publics de recherche. C’est vrai pour la biologie, comme dans toutes les disciplines scientifiques à fort potentiel de rentabilité à court terme (informatique, médecine, chimie...)


et réduisent du même coup sa possibilité d’étudier les effets éventuels de ces organismes génétiquement modifiés sur notre santé et sur l’environnement.


Ce n’était pas du tout l’objectif des recherches menées à Colmar. Il s’agissait de recherches sur le court-noué, une maladie virale qui affecte les pieds de vigne et menace le rendement de la production viticole. Une maladie qu’on sait soigner en arrachant les pieds infectés et en laissant la terre en jachère plusieurs années, pas franchement acceptable pour de nombreux professionnels de la vigne. Alors peut-être que la génétique peut apporter une solution, mais alors, rien n’empêchait l’INRA de faire ces expériences sous serre, cela aurait même permis de compléter les essais en faisant varier la température, le taux d’humidité, la luminosité. On peut douter de la bonne foi de l’INRA qui en effectuant ces expériences en plein champs n’a fait que jouer la provocation pour préparer les esprits à une nouvelle forme de brevetage du vivant.


S’il s’agit de voir quels sont les effets des OGM sur l’environnement, pas besoin d’expérience pour cela, observons simplement ce qui s’est passé au Canada (deuxième pays le plus grand du monde après la Russie). Il n’a fallu que 6 années après l’introduction des cultures transgéniques pour qu’il ne soit plus possible de trouver sur le marché canadien du colza certifié non OGM. 6 années ! Et maintenant ce colza parasite est devenu indestructible aux herbicides, il pousse partout, y compris dans les champs de blé. Selon inf’OGM, les prochaines génération d’OGM seront même résistantes au gel ou à la sécheresse. Il remplaceront définitivement leurs cousins naturels.

Contrairement à toutes les autres formes de pollution humaine, celle-ci est irréversible et se fiche complètement des "oh merde, on ne savait pas...".


les chercheurs qui travaillent dans ce cadre ne sont pas des apprentis sorciers...


A répéter en boucle au moins 10 fois le soir avant de ce coucher :

les chercheurs qui travaillent dans ce cadre ne sont pas des apprentis sorciers,
les chercheurs qui travaillent dans ce cadre ne sont pas des apprentis sorciers,
les chercheurs qui travaillent dans ce cadre ne sont pas des apprentis sorciers...


Plus sérieusement, il ne s’agit pas de douter de la qualité scientifique des chercheurs de Colmar, tous sont sans aucun doute d’excellents docteurs en biologie moléculaire, mais pour ce qui concerne leurs compétences sociale, sociétale, économique, ou tout simplement dans leur compréhension du mécanisme de la vie du sol, on peut en douter sérieusement. Le métier de chercheur n’est pas toujours facile, mais avec le nez dans le guidon et soumis comme ils le sont de plus en plus à des pression financières, on ne peut pas leur demander d’avoir un recul pour lequel ils n’ont pas été formé ni d’avoir un avis sur des sujets pour lesquels ils n’ont aucune compétence. Nier cette évidence relève d’un scientisme malsain que Rabelais avait déjà dénoncé dans son "science sans conscience n’est que ruine de l’âme".


Le génie génétique est à ses débuts ; en priver la recherche publique française c’est ouvrir grand les portes à la mercantilisation de ces activités, c’est permettre aux requins de la finance et de l’agroalimentaire mondiaux d’être seuls maîtres de ce qui doit se faire ou non et des conditions dans lesquelles les nouvelles technologies de l’alimentaire doivent évoluer.


Les OGM pour nourrir la planète, qui font des guilis dans le cou et qui servent le café le matin tout en coupant le saucisson, ça n’existe pas ! 70% des variétés produites sont tolérantes à un herbicide (on peut noyer le champ avec du round-up ; tout crève, sauf l’OGM qui à tout bu et qui nous dit "même pas mal, va-y, mange moi !"), les 30% restant produisent un insecticide (de 10 000 à 100 000 fois plus qu’un traitement classique selon Jean-Pierre Berlan, ex directeur de recherche à l’INRA précisément, mais bon, lorsqu’il s’agit d’économiser de la main d’œuvre sur les traitements, on ne va pas faire la fine bouche). Les variétés OGM n’ont pas vraiment des rendements supérieurs à ceux de variétés classiques comparables, surtout si on pousse les études sur plusieurs années à cause des phénomènes de résistances, les paysans indiens en ont fait les frais, qui se suicident par dizaines de milliers chaque année, poussés à la faillite et à la misère.


Non, le seul intérêt des OGM, c’est pour les industriels qui les commercialisent, car ils sont brevetés. La marchandisation du vivant est déjà là, il n’est pas besoin de la recherche publique française pour enfoncer des portes déjà grandes ouvertes. L’alimentaire n’a pas besoin de nouvelles technologies mais de techniques et pratiques respectueuses de l’environnement, tout comme des gens qui travaillent la terre ou qui consomment le fruit de ce travail. La faim dans le monde ne vient pas du fait que les pauvres du Sud ne savent plus cultiver la terre mais c’est un problème politique que les OGM n’ont pas vocation à endiguer. A en croire les paysans sans terre du Brésil, les OGM ont même la fâcheuse tendance à accroître ce problème !


Refuser de consommer des OGM, est le droit de chacune et chacun


Oui, c’est la moindre des choses, mais ne nous illusionnons pas, les OGM sont une forme d’agriculture totalitaire qui interdit toute forme d’agriculture alternative.

- Soit par la pollinisation directe - en Amérique du Nord, les paysans contaminés doivent payer des royalties à Monsanto and co car ils ne sont pas propriétaires des gènes contenus dans les graines qui poussent par erreur dans leurs champs, c’est le principe du pollué payeur.
- Soit par le mélange volontaire des filières et l’absence de toute forme de traçabilité,
- et aussi par les coûts de plus en plus exorbitants pour arriver à une production saine et certifiée non contaminée.

Le choix d’accepter ou de refuser les OGM risque fort d’être de l’histoire ancienne si tous les acteurs du mouvement social prennent les mêmes positions que celles du PCF ici. Fort heureusement, il n’en est rien et de plus en plus d’acteurs syndicalistes, associatifs, politiques, y compris parmi les militants communistes, prennent conscience que l’exploitation des ressources naturelles relève du même principe que l’exploitation des ressources humaines : la soif du profit immédiat !


Yannick Chenevoy, faucheur volontaire solidaire

Le PCF s’indigne des actes de vandalisme perpétrés à l’encontre de vignobles OGM de Colmar

Le PCF s’indigne des actes de vandalisme perpétrés à l’encontre de vignobles OGM sous responsabilité exclusive de l’Organisme Public de Recherche Agronomique (INRA) à Colmar ; rien ne saurait légitimer un tel vandalisme. Sous couvert de s’opposer à la culture des OGM en plein champ, ces actions portent atteinte à la recherche publique et réduisent du même coup sa possibilité d’étudier les effets éventuels de ces organismes génétiquement modifiés sur notre santé et sur l’environnement. La Recherche publique en France est victime d’une politique continue d’affaiblissement de ses moyens budgétaires mais les chercheurs qui travaillent dans ce cadre ne sont pas des apprentis sorciers. Le génie génétique est à ses débuts ; en priver la recherche publique française c’est ouvrir grand les portes à la mercantilisation de ces activités, c’est permettre aux requins de la finance et de l’agroalimentaire mondiaux d’être seuls maîtres de ce qui doit se faire ou non et des conditions dans lesquelles les nouvelles technologies de l’alimentaire doivent évoluer. Refuser de consommer des OGM, est le droit de chacune et chacun ; mais porter atteinte au potentiel scientifique national est un acte totalement répréhensible ; le PCF renouvelle sa confiance dans le sang-froid et les capacités intellectuelles des équipes de l’INRA , dans leur indépendance par rapport aux pressions des multinationales de l’agroalimentaire. Au-delà, nos concitoyennes et concitoyens doivent pouvoir s’approprier les divers aspects du développement scientifique. Cela exige de nouvelles instances démocratiques au plus près d’eux, permettant l’échange fructueux entre collectivité scientifique et l’ensemble de la société ; c’est là un défi de notre temps, un défi que toute politique de gauche se devrait de relever. Les protestations de Mme Pécresse suite à cet acte odieux ne doivent pas faire illusion : elle conduit avec N Sarkozy une politique de casse de la recherche publique, qui précisément tourne le dos aux défis de civilisation contemporains, ceux que le PCF, avec d’autres entend permettre de relever.

Parti communiste français

« Car ils ont inventé le fer à empaler, et la chambre à gaz et la chaise électrique, et la bombe au napalm et la bombe atomique, et c’est depuis lors qu’ils sont civilisés, les singes, les singes, les singes de mon quartier » - Jacques Brel

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 13:23


Communiqué commun de l’intersyndicale CFDT, CFTC, CFE.CGC, CGT, FSU, Solidaires, UNSA,

suivi communiqué FO

lundi 23 août 2010

Après les fortes mobilisations du premier semestre, et notamment le 24 juin dernier, les multiples initiatives qui ont ponctué l’été, montrent la détermination des salariés à faire entendre leurs revendications et leurs propositions concernant le projet de réforme des retraites dont le contenu est injuste et inacceptable.

La période estivale a été marquée par la persistance de la crise économique et sociale - la situation du chômage s’aggravant encore notamment pour les jeunes - et par l’annonce de mesures de rigueur supportées essentiellement par l’ensemble des salariés. Le gouvernement poursuit une politique inadaptée en terme d’emplois et de pouvoir d’achat qui accroît les inégalités.


Au moment où le projet de réforme des retraites va être examiné par le parlement, les organisations syndicales rappellent leur ferme opposition à celui-ci. Cette réforme ne répond pas aux enjeux actuels. Les questions d’emploi notamment pour les jeunes et les seniors, celles des inégalités hommes-femmes, de la pénibilité, d’un financement durable appuyé sur une autre répartition des richesses produites, non seulement ne sont pas traitées, mais font porter à plus de 85% les efforts sur les salariés.


La remise en cause des 60 ans avec le report à 62 et 67 ans des âges légaux va fortement pénaliser les salariés et notamment ceux ayant commencé à travailler jeunes, ceux ayant des carrières chaotiques et incomplètes, en particulier les femmes.


Les organisations syndicales considèrent aujourd’hui que rien n’est joué et appellent tous les salariés du privé et du public, les demandeurs d’emploi, les jeunes et les retraités à poursuivre la construction d’une mobilisation de grande ampleur et à faire du 7 septembre prochain une journée massive de grèves et de manifestations.


Le gouvernement et les parlementaires doivent entendre la mobilisation des salariés et répondre à leurs revendications pour d’autres choix en matière de retraites, d’emploi et de pouvoir d’achat. Les organisations syndicales se réuniront dès le 8 septembre pour analyser la situation et décider des suites unitaires à donner rapidement à la mobilisation.



 

RETRAITES :

 

7 SEPTEMBRE, EXIGER LE RETRAIT DU TEXTE GOUVERNEMENTAL


FORCE OUVRIERE réaffirme qu’elle participera pleinement aux actions et manifestations du 7 septembre sur l’ensemble du territoire sur la base de l’exigence de retrait ou d’abandon du texte gouvernemental.


Elle regrette que cette revendication n’est pas été retenue par les autres organisations syndicales car elle a le mérite de la clarté.


Quand un texte ne convient pas et que le gouvernement ne veut pas le modifier sur l’essentiel (passage de 60 à 62 ans et de 65 à 67 ans) il faut abandonner ce texte pour construire une autre réforme respectueuse des besoins sociaux pour les générations actuelles et à venir.


Fidèle à ce qu’elle explique depuis plusieurs semaines, FORCE OUVRIERE continuera à militer en ce sens, y compris dans les manifestations et grèves du 7 septembre 2010 et appelle les salariés à soutenir cette revendication.


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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 08:44


Un plant d'essai de vigne génétiquement modifiée à Colmar, en septembre 2005 (Vincent Kessler/Reuters)

 

 

Connaissant notre pays, il y a peu de chances que l'on accepte un jour d'associer l'image du vin à celle des OGM. Pourquoi dès lors, avoir engagé un million d'euros de recherche publique sur une vigne transgénique ? Et pourquoi le gouvernement s'expose-t-il tant après le saccage de plants d'essai près de Colmar ?


L'Institut national de la recherche agronomique (Inra) a investi plus d'un million d'euros pour des recherches sur un porte-greffe transgénique de vigne, susceptible de permettre aux vignobles de lutter contre la maladie du court-noué.


Après l'opération de fauchage volontaire du 15 août, Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture et Valérie Pécresse, sa collègue de la Recherche, viennent, ce mardi, se recueillir sur les 70 plants de vignes cultivés par l'Inra à Colmar .

Le motif de la visite ministérielle, dûment annoncée dans la presse, tient à la défense de la recherche scientifique, laquelle aurait été mise à mal par les anti-OGM. En réalité, les choses sont un peu plus compliquées et ce sont la légalité et l'intérêt de ces cultures qui sont à interroger.

De gros doutes sur la légalité de cette culture

Tout d'abord, la légalité de cet « essai en plein champ » de plants transgéniques de vigne n'est pas assurée. En effet, une première autorisation de mise en culture délivrée par le ministre de l'Agriculture pour la période 2005-2009 a été annulée par le tribunal administratif de Strasbourg, à la suite d'un recours de France Nature Environnement.

Coup dur pour les promoteurs de cet essai qui se prévalent sans cesse de son caractère démocratique et transparent : le juge avait en effet relevé un manque de transparence de l'opération dés l'instant où l'autorisation ne prévoyait pas la transmission périodique à l'administration d'un rapport sur les résultats de la dissémination après l'achèvement de celle-ci.

A la suite de ce jugement, plutôt que de remettre tout le dossier à plat, l'Inra a préféré faire appel et le ministère de l'Agriculture lui a délivré derechef une nouvelle autorisation.

Pourtant, le droit français n'est pas encore tout à fait compatible avec le droit de l'Union européenne, s'agissant notamment des conditions d'accès à l'information en matière d'OGM. Le Conseil d'Etat avait d'ailleurs enjoint le gouvernement de faire voter de nouvelles dispositions législatives sur ce point, avant le 30 juin 2010… sans effet jusqu'à présent.

Qu'en pensent les viticulteurs ?

Mais c'est surtout l'intérêt de cette « recherche » de l'Inra qui mérite attention. Marion Guillou, sa présidente, a-t-elle raison de déclarer :

« Les faucheurs d'OGM ont handicapé la capacité d'expertise de la recherche publique » ?

Rien n'est moins sûr. Si l'Inra a organisé une concertation préalable à son essai et si un comité local de suivi a été mis en place, c'est davantage l'intérêt même de cette recherche que ses modalités qui devrait être discuté.

Plusieurs questions auraient ainsi pu être débattues, à commencer par celle-ci : qu'en pensent les viticulteurs ? A l'heure actuelle, les représentants de la profession agricole n'ont pas publiquement exprimé le souhait de développer des OGM dans leurs parcelles.

L'Inra pense-t-elle vraiment qu'il se trouvera des producteurs pour prendre un tel risque commercial avec l'image même d'un produit phare ? Difficile à concevoir.

Quelles priorités pour la recherche publique ?

Au contraire, des recherches sur des solutions alternatives aux OGM pour mettre un mal à un symptôme de l'agriculture intensive n'auraient-elles pas été possibles ? Au sein du groupe OGM qui s'était réuni lors du Grenelle de l'environnement, il avait été décidé d'étudier, non pas seulement les risques des OGM, mais également leur intérêt.


La mise en place du Haut conseil des biotechnologies (HCB) est une réponse à cette préoccupation. Sa composition élargie devait permettre de discuter et des risques et de l'intérêt des OGM. Or, dans le cas présent, le Haut conseil des biotechnologies a certes volé au secours de l'Inra en condamnant le fauchage des plants, mais il n'est pas certain qu'il ne soit pas sorti ainsi de ses attributions, comme l'ont souligné les communiqués des ONG qui y siègent. Le HCB n'a en effet pas vocation à peser sur mais à éclairer la décision publique.


En clair, cette affaire de vignes OGM soulève le problème des choix de recherche publique et la question reste donc entière : est-il donc prioritaire de consacrer les maigres moyens de la recherche publique aux vignes transgéniques ?

Photo : un plant d'essai de vigne génétiquement modifiée à Colmar, en septembre 2005 (Vincent Kessler/Reuters)

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 08:11


25 août 2010 - Le Télégramme

Peuple & culture, mouvement fondé en 1945 par des résistants, union de 27 associations d'éducation populaire, organise, ce week-end, son université d'été à l'auberge de jeunesse de Brest sur le thème «Le monde a changé? Le monde à changer.»

 

Les participants vont plancher sur trois problématiques («richesse, pauvreté et inégalités», «relégations, migrations et liberté de circulation des personnes», «culture(s) en question(s)»), accompagnés par des personnalités, universitaires ou militants altermondialistes.

 

Seront notamment présents Louis Maurin, journaliste et directeur de l'observatoire des inégalités, Susan George, présidente d'honneur et membre du conseil scientifique d'Attac France, OdileSchwertz-Favrat, présidente de la Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés (Fasti), Malik Duranty, enseignant chercheur Martiniquais, Majo Hansotte, direction générale de la culture (communauté française de Belgique), Jean Hurstel, président et fondateur du réseau Banlieues d'Europe, Gary Victor, romancier Haïtien...

Des conférences ouvertes à tous

Des conférences et des ateliers, des témoignages, des rencontres d'écrivains, du théâtre et du cinéma documentaire sont également au programme de cette 49e université d'été, ouverte à toutes les personnes intéressées.

 

Il y sera question de la démocratie et ses enjeux dans le monde du travail, des nouvelles formes d'engagement, de cartographie, du plaisir des langues, de politique et de fric, des droits des étrangers...  

 

Pratique Université d'été de Peuple & culture, du 27 au 31août, auberge de jeunesse, 5, rue de Kerbriant, 29200 Brest. Renseignements: 02.98.42.40.70.

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 14:01

 

 

 

 


 

 

Et Buster Keaton!

 

 

Toute ressemblance entre l'insécurité en 1920
et son traitement policier aujourd'hui
n'est que fortuite, of course!

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 12:22
Pinkerton escorts hocking valley leslies
Les employés de l'agence Pinkerton défendent les "jaunes"

23 août 2010

 

La Corée n’est pas le « pays du matin calme » [1] pour les patrons français. Samedi 21 août à l’aube, les grévistes de l’usine Valeo de Cheonan (province de Chungnam) ont été attaqués par une milice patronale de 150 nervis. Les grévistes étaient à ce moment là peu nombreux dans l’usine car nombreux se reposaient chez eux après une tournée de meetings durant deux jours sur les différents sites Valeo de Corée (Changwon, Bousan, Dae-gou).


Plusieurs grévistes ont été blessés et un syndicaliste qui a perdu connaissance a dû être hospitalisé. La police s’est interposée entre les nervis et les ouvriers grévistes. Les 300 grévistes alertés ont convergé sur l’usine et ont pu réinvestir les locaux.


Les ouvriers qui produisent des systèmes thermiques pour les habitacles automobiles, sont en grève pour refuser la fermeture de leur usine et leurs licenciements économiques.


En juin, la direction a refusé de recevoir une délégation de grévistes de cette usine venue spécialement à Paris.

Valeo est une multinationale française d’équipements automobile, vieille de 87 ans, dont le siège est à Paris. Cette multinationale a été récemment la cible d’actionnaires qui se plaignent de ses faibles performances, la poussant à se désengager de certaines activités [2]. Mais l’entreprise, qui a connu des pertes en 2009, se porte bien en 2010 et recommence à faire des profits (hausse du chiffre d’affaires de 38 % au premier semestre 2010).

Exprimons notre solidarité avec les grévistes coréens et contre les brutalités du patronat français en Corée !


Jacques Radcliff



 

VALEO EN CHIFFRES


Le groupe se classe parmi les premiers équipementiers mondiaux.

Chiffre d’affaires annuel de 10 milliards d’euros

► 55100 salariés dans 27 pays

► 31 usines en Asie occupant 10368 salariés.

(Chiffres du 31 mars 2010)



Notes

[1] La Corée s’apelle en coréen Choson (« Pays du matin calme »).

[2] http://www.economist.com/node/16741...

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 12:12
pakistan inondations
Un premier point d’étape


24 août 2010

 
Plus d'informations sur ce site : Soutenez la campagne de solidarité :

Nous voulons brièvement rendre compte de la campagne en cours de solidarité avec les victimes des inondations au Pakistan.


L’appel à la solidarité a été initialement lancé le 7 août 2010 par la Campagne de secours populaire (Labour Relief Campaign) qui comprend actuellement 8 organisations : le réseau de solidarité des femmes travailleuses (Women Workers Help Line), la Fondation d’éducation populaire (Labour Education Foundation), le Comité de coordination des paysan du Pakistan (Pakistan Kissan Rabita Committee), le CATDM Pakistan, le Front progressiste de la jeunesse (Progressive Youth Front), le Parti des travailleurs du Pakistan (Labour Party Pakistan), la Fédération syndicale nationale (National Trade Union Federation) et Pakistan pour la Palestine (Pakistan For Palestine).


Il s’agissait tout à la fois de mobiliser au Pakistan même pour porter de l’aide aux populations sinistrées et de faire appel à la solidarité régionale ou internationale.


Des camps à partir desquels la solidarité est impulsée ont été organisés par la Campagne de secours populaire (LRC) dans divers parties du pays : Karachi, Moro, Layya, Rawalpindi, Sibbi, Lahore, Murdan et Hyderabad. Les fonds ou l’aide en nature collectés centralement sont envoyés en priorité vers des régions délaissées par le gouvernement (le Baloutchistan et Khaber Pukhtoon Khawa) ainsi que dans des zones où la LRC est implantées (Layya, Rajan Pur, Sibbi, Noshehra et Charsada par exemple). Les centres régionaux sélectionnent diverses zones prioritaires comme dans le Sindh au sud.

Un très gros effort de solidarité est donc engagé au Pakistan même. Ainsi, au 22 août, plus de 1.400.000 roupies avaient été collectées (soit près de 13.000 euros).


La campagne a pris un tour internationaliste particulièrement émouvant quand des militant.e.s indiens ont traversé la frontière indo-pakistanaise dans le cadre d’une initiative pour la paix (le Pakistan et l’Inde sont en effet en état de guerre chaude ou latente depuis 1947). Dix membres de cette Caravane pour la Paix ont remis 25.400 roupies indiennes à la LRC. Ils se sont rendus le 14 août dans le camp de Regal Chouk Lahore où ils ont aidé à collecter sur place de nouveaux dons en manifestant concrètement la solidarité des Indiens avec les victimes pakistanaises des inondations.


Plus tard, se sont des militantes du Népal, de Sri Lanka et du Bangladesh qui ont rejoint des camps de secours populaire, dont Sharmila Kerki, présidente de la Fédération des ONG du Népal, Sita Kumari Pondel, membre du parlement népalais et dirigeante du Parti communiste UML, Faisal Bin Majeed, membre bengali de l’Alliance Sud-Asiatique pour l’éradication de la pauvreté (SAAPE) et Nalini Ratnarajah, militante pacifiste du Sri Lanka.


Cette délégation était initialement venue au Pakistan dans le cadre du groupe « genre » de la SAAPE, à l’invitation du Réseau des femmes travailleuses WWHL. Ce fut pour elle l’occasion d’affirmer la solidarité des peuples d’Asie du Sud face aux calamités naturelles aggravées par l’incurie des gouvernements. La participation directe d’Indien.e.s et de militant.e.s d’Asie du Sud à la campagne de solidarité menée au Pakistan a été très bien accueillie par la population et a reçu un écho médiatique important. Sita Kumari Pondel, notamment, a pu parler à la télévision GEO et d’autres chaines de télévision privées.


L’appel à la solidarité internationale reçoit aussi un écho par delà l’Asie du Sud, même si nous ne sommes pas encore en mesure d’évaluer ce qui a été pour l’heure accompli. Les responsables de notre association, Europe solidaires sans frontières (ESSF) étant actuellement en voyage, en Asie notamment, nous ne pourront faire le point des fonds collectés par notre intermédiaire que début septembre.


Les besoins sont considérables et la campagne de solidarité va se poursuivre au-delà du mois d’août, qui n’est pas le plus propice à la mobilisation en Europe…


Au Pakistan, la LRC cherche aussi à élargir et à mieux coordonner les actions de solidarité engagées par des forces de gauche, populaires. Elle prépare à cette fin une conférence multi partis.


Nous ferons un nouveau point d’étape concernant cette campagne dès que possible. Mais manifestez votre solidarité sans attendre, si ce n’est déjà fait !


Pierre Rousset


Voir aussi :


Pierre Rousset,

 

Inondations au Pakistan : Sarkozy prône l’intervention militaro-humanitaire ! Opposons-lui une conception solidaire de la solidarité


La rubrique en langue anglaise d’ESSF comprend de nombreux articles d’information et d’analyse sur la catastrophe qui frappe le Pakistan. De très nombreuses facettes de cette crise sont abordées au fond et des informations régulières sont données sur la solidarité : Natural Disasters


Urgence Pakistan : Répondez à l’appel de la Campagne de secours populaire.

 

Voir :

Appel urgent : plus de 12 [20] millions de personnes souffrent des inondations au Pakistan – Envoyez des dons à la Campagne de secours populaire

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 12:08

Par Daniel Tanuro le Lundi, 23 Août 2010 PDF Imprimer Envoyer

 

 

Cela fait plus de vingt ans que les marxistes révolutionnaires s’interrogent : leur rendez-vous raté avec l’écologie, dans les années 60 à 90 du siècle passé, était-il imputable à Marx et Engels ? Si oui, dans quelle mesure ? Des centaines de pages ont été écrites sur le sujet. Quoique la thèse d’une « écologie de Marx », défendue par JB Foster, soit quelque peu abusive, plus personne n’ose soutenir sérieusement que les auteurs du Manifeste Communiste étaient des productivistes qui fétichisaient la technologie et n’avaient aucune idée des limites naturelles… Mais qu’en est-il de la place des thématiques environnementales  chez les continuateurs de Marx ?


Dans le cas de Léon Trotsky, le bilan est affligeant. Animé d’un optimisme technico-scientifique inébranlable, le fondateur de l’Armée Rouge envisageait de remodeler de fond en comble la nature inorganique et organique,  y compris l’espèce humaine. Ses conceptions à ce sujet étaient en retrait par rapport à celles de Marx et d’Engels et il défendait des positions troublantes que le contexte historique ne suffit pas à justifier… Au cours de son dernier congrès mondial, la Quatrième Internationale s’est prononcée en faveur de l’écosocialisme. Dans la foulée, le mouvement devrait balayer devant sa propre porte : son fondateur a eu l’immense mérite de s’opposer au stalinisme, ce qui a permis de transmettre l’héritage marxiste-révolutionnaire aux générations d’après-guerre. Malheureusement, le legs était incomplet : les outils élaborés par Marx et Engels pour une compréhension du métabolisme entre l’humanité et la nature n’en faisaient pas partie.


« Ne nous flattons pas trop de nos victoires sur la nature. Elle se venge sur nous de chacune d'elles. Chaque victoire a certes en premier lieu les conséquences que nous avons escomptées, mais, en second et en troisième lieu, elle a des effets tout différents, imprévus, qui ne détruisent que trop souvent ces premières conséquences. Les gens qui, en Mésopotamie, en Grèce, en Asie Mineure et autres lieux essartaient les forêts pour gagner de la terre arable, étaient loin de s'attendre à jeter par là les bases de l'actuelle désolation de ces pays, en détruisant avec les forêts les centres d'accumulation et de conservation de l'humidité. Sur le versant sud des Alpes, les montagnards italiens qui saccageaient les forêts de sapins, conservées avec tant de sollicitude sur le versant nord, n'avaient pas idée qu'ils sapaient par là l'élevage de haute montagne sur leur territoire ; ils soupçonnaient moins encore que, par cette pratique, ils privaient d'eau leurs sources de montagne pendant la plus grande partie de l'année et que celles-ci, à la saison des pluies, allaient déverser sur la plaine des torrents d'autant plus furieux. Ceux qui répandirent la pomme de terre en Europe ne savaient pas qu'avec les tubercules farineux ils répandaient aussi la scrofulose.» [1]

Une domination très dominatrice

Parmi d’autres, cette longue citation d’Engels montre que les fondateurs du marxisme avaient une vision dialectique du progrès dans la capacité humaine de transformer l’environnement. Trotsky fait entendre un son de cloche différent. Dans un ouvrage daté de 1923, le fondateur de l’Armée Rouge écrit que  «L'emplacement actuel des montagnes, des rivières, des champs et des prés, des steppes, des forêts et des côtes ne peut être considéré comme définitif. L'homme a déjà opéré certains changements non dénués d'importance sur la carte de la nature ; simples exercices d'écolier par comparaison avec ce qui viendra. La foi pouvait seulement promettre de déplacer des montagnes, la technique qui n'admet rien "par foi  les abattra et les déplacera réellement. Jusqu'à présent, elle ne l'a fait que pour des buts commerciaux ou industriels (mines et tunnels), à l'avenir elle le fera sur une échelle incomparablement plus grande, conformément à des plans productifs et artistiques étendus. L'homme dressera un nouvel inventaire des montagnes et des rivières. Il amendera sérieusement et plus d'une fois la nature. Il remodèlera, éventuellement, la terre, à son goût. Nous n'avons aucune raison de craindre que son goût sera pauvre. ( …) L'homme socialiste maîtrisera la nature entière (…) au moyen de la machine. Il désignera les lieux où les montagnes doivent être abattues, changera le cours des rivières et emprisonnera les océans.» [2] Il est vrai que Trotsky, en écrivant ces lignes, n’avait pas lu La Dialectique de la Nature, qui n’a été édité qu’en 1925 (en allemand). Mais l’idée que des bouleversements aussi gigantesques pourraient avoir des effets pervers ne l’a jamais effleuré dans ses textes ultérieurs, jusqu’à sa mort en 1940.


Les envolées de ce genre ne sont pas  cantonnées aux pages où Trotsky fait des exercices de politique fiction. Dans Culture et Socialisme (1927), il appuie sans réserve la construction du barrage hydroélectrique Dneprostroï«gigantesque mais pas fantastique » — et prend des accents  lyriques pour évoquer la centrale de Chatura, qui brûle d’énormes masses de tourbe pour produire de l’électricité [3]. Il convient de se demander si  ces projets de développement auraient pu, à l’époque, être remplacés par d’autres, écologiquement moins agressifs. La réponse est loin d’être évidente. Sous peine d’anachronisme, il faut évidemment tenir compte des énormes difficultés du pouvoir soviétique : après quatre ans de guerre et trois ans de guerre civile, le reflux de la révolution mondiale étant une réalité, il est clair que l’URSS - arriérée, affamée, exsangue, isolée et encerclée par l’impérialisme – devait décoller économiquement, et qu’elle n’aurait pas pu le faire sans réaliser avec les moyens du bord un certain nombre d’investissements lourds, notamment dans le domaine énergétique. Autre élément du contexte : l’immensité du pays et de ses ressources naturelles n’incitait pas particulièrement à s’inquiéter des conséquences environnementales de telle ou telle installation industrielle polluante. Mais cela n’épuise pas tout à fait la question. En effet, certains scientifiques non hostiles au régime, dont certains membres du Parti Communiste, ont contesté ces projets, et l’ont fait dans le cadre d’organes officiels [4]. Or, leurs objections ne trouvent aucun écho chez Trotsky: il n’y fait même pas allusion, pour ne pas parler d’y répondre.


Indépendamment du contexte historique, force est de constater que Trotsky n’a pas de la « domination sur la nature » tout à fait la même conception que Marx, Engels, et même Lénine.  Voici par exemple la suite du passage d’Engels cité au début de cet article :  « Les faits nous rappellent à chaque pas que nous ne régnons nullement sur la nature comme un conquérant règne sur un peuple étranger, comme quelqu'un qui serait en dehors de la nature, mais que nous lui appartenons avec notre chair, notre sang, notre cerveau, que nous sommes dans son sein et que toute notre domination sur elle réside dans l'avantage que nous avons sur l'ensemble des autres créatures de connaître ses lois et de pouvoir nous en servir judicieusement ». C‘est limpide :  l’humanité ne peut  « dominer » la nature que dans la mesure où un bon étudiant domine sa matière d’examen ! Trotsky n’a évidemment jamais prétendu le contraire, sans quoi il ne serait pas matérialiste. Mais sa vision de la « domination » est nettement plus…  dominatrice – on est tenté de dire : macho. Surtout, elle fait l’impasse sur les rétroactions négatives  du progrès, alors que ce phénomène était déjà bien connu à l’époque.

Sciences et technologies : un optimisme débridé

Ceci nous amène à creuser la manière dont Trotsky voit le progrès scientifique. Comme on le sait, l’idée que la science triomphante était en train d’élucider tous les mystères de l’univers l’un après l’autre était très répandue à la fin du 19e et au début du 20e siècle. C’était l’esprit du temps. Les  fondateurs du marxisme n’y échappèrent pas toujours complètement. Cependant, Marx, qui n’avait pas une vision linéaire du progrès, méprisait profondément ce qu’il appelait « cette merde de positivisme » [5]. Quant à  Engels, voici comment il règle la question du savoir absolu, de la science souveraine : « La souveraineté de la pensée humaine, écrit-il, se réalise dans une série d’hommes dont la pensée est extrêmement peu souveraine, et la connaissance forte d’un droit absolu à la vérité, dans une série d’erreurs relatives ; ni l’une ni l’autre (ni la connaissance absolument vraie, ni la pensée souveraine) ne peuvent être réalisées complètement sinon par une durée infinie de la vie de l’humanité. (…) La contradiction entre le caractère représenté nécessairement comme absolu de la pensée humaine et son  actualisation uniquement dans des individus à la pensée limitée (…) ne peut se résoudre que dans le progrès infini, dans la succession pratiquement illimitée, pour nous du moins, des générations humaines. Dans ce sens, la pensée humaine est tout aussi souveraine que non souveraine et sa faculté de connaissance est tout aussi  illimitée que limitée. » [6] Lénine reprend la même idée en termes plus simples: « Nous nous rapprocherons de la vérité objective (sans toutefois l’épuiser jamais) » [7].


Trotsky est moins prudent. En 1925, alors qu’il est président du Conseil Scientifique et technique de l’industrie et responsable à ce titre de toutes les institutions scientifiques soviétiques, il prend la parole devant un auditoire de chimistes. Son discours fait un éloge appuyé de « l’optimisme technico-scientifique » du grand savant russe Mendeleïev, inventeur du tableau périodique des éléments. Il se conclut par cette envolée : « La foi de Mendeleïev en les possibilités illimitées de la science, de la prévision et de la domination de la matière doit devenir la foi scientifique commune des chimistes de la patrie socialiste. Par la bouche d'un de ses savants, Du Bois Reymond, la classe sociale quittant la scène historique nous confie sa devise philosophique : "Ignoramus, ignorabimus !" c'est-à-dire : "Nous ne comprenons pas, nous n'apprendrons jamais". Mensonge, répond la pensée scientifique qui lie son sort à celui de la classe montante. L'inconnaissable n'existe pas pour la science. Nous comprendrons tout ! Nous apprendrons tout ! Nous reconstruirons tout ! » [8].


La volonté de donner aux masses et aux militants la confiance en leur capacité de prendre leur sort en mains est une constante chez Trotsky, et elle s’exprime parfois de façon un peu excessive. Mais il y a plus ici. En effet, son enthousiasme pour Mendeleïev est motivé notamment par le fait que l’optimisme technico-scientifique du grand savant lui servait de base pour sa  lutte contre les malthusiens. On comprend que Trotsky ait voulu marquer ce point. Cependant, pour contrer le Principe de Population, Marx n’avait pas besoin d’une foi dans les possibilités illimitées de la science: il se contentait de constater par l’absurde qu’il serait tout simplement impossible que la population dépasse les capacités nourricières de l’environnement et que, si Malthus avait eu raison, c’est-à-dire s’il y avait une contradiction insurmontable entre la croissance exponentielle de la population et la croissance linéaire de la production agricole, alors le premier homme sur terre aurait déjà été de trop. Des arguments de ce genre lui suffisaient à démontrer que le pasteur Malthus faisait de la pseudo science et que ses théories n’étaient en fait qu’un plaidoyer cynique écoeurant et hypocrite contre l’assistance aux pauvres.


Approfondissons quelque peu ce débat sur les technologies. Selon nous, il est indiscutable que les techniques, pour Marx, ne sont pas neutres, elle ont un caractère de classe. Parlant du sort de la classe salariée embryonnaire avant la Révolution industrielle, aux 15e-16e siècles, l’auteur du Capital note par exemple que « le mode de production technique ne possédant encore aucun caractère spécifiquement capitaliste, la subordination du travail au capital n’était que dans la forme » [9]. Dans cette phrase, il est clair que la technologie de la Révolution industrielle est considérée comme caractéristique du capitalisme, et taillée sur mesure pour les objectifs de ce mode de production. Cette manière de voir sous-tend d’ailleurs la violente dénonciation du machinisme, des « capitalistes ingénieurs », de la science capitaliste, etc . telle qu’elle se déploie dans le chapitre XV du Capital, « machinisme et grande industrie ».


Une fois de plus, on note que Trotsky voit les choses un peu différemment. Dans Culture et Socialisme, il s’interroge sur la contradiction entre deux axiomes du marxisme : celui qui affirme que la culture dominante est la culture de la classe dominante, et celui qui enseigne que la classe ouvrière, pour construire le socialisme, doit assimiler les cultures des sociétés antérieures. Le problème, dit-il, est alors le suivant : comme une société d’exploitation engendre forcément une culture d’exploitation, à quoi rime pour la classe ouvrière de s’assimiler celle-ci ? Trotsky résout la difficulté en posant que « le caractère de classe de la société réside  fondamentalement dans l’organisation de la production », pas dans les forces productives - donc pas dans la technologie. « Toute société de classe, enchaîne-t-il, s’est développée selon certains moyens de lutter contre la nature, et ces moyens ont changé en fonction du développement de la technologie. » Puis, il interroge : « Qu’est-ce qui est le plus fondamental: l’organisation de classe de la société ou ses forces productives ? Indiscutablement, ses forces productives, répond-il. Car c’est sur elles, sur un certain niveau de leur développement, que les classes évoluent et se remodèlent elles-mêmes. Les forces productives expriment matériellement la compétence économique de l’homme, sa capacité historique à assurer sa propre existence. Les classes croissent sur ce fondement dynamique, et leurs relations mutuelles déterminent le caractère de la culture. » Conclusion :  « La technologie est une conquête fondamentale de l’humanité (…). La machine étrangle l’esclave salarié. Mais l’esclave salarié ne peut être libéré que par la machine. Là réside la racine de toute la question.» [10] Là réside au contraire la racine de l’erreur !

Une vision très linéaire du progrès

Si la technologie, en général, était une conquête fondamentale de l’humanité, les anticapitalistes d’aujourd’hui devraient inscrire à leur programme la mise en oeuvre socialiste des OGM, du clonage des animaux et de l’énergie nucléaire. C’est en effet ce que font certains courants marxistes : pour eux, les dangers de ces technologies découlent uniquement des rapports de production capitalistes, de sorte que le contrôle ouvrier sur la production suffirait à les éliminer. L’exemple de la fission nucléaire montre que c’est une illusion : une fois que la réaction est lancée, aucun contrôle, ouvrier ou bourgeois, ne peut l’arrêter. Le génie génétique présente des risques analogues.


A la décharge de Trotsky, on soulignera que les dangers possibles des technologies connues en 1927 n’avaient pas grand-chose en commun avec les périls actuels. C’est indiscutable. Mais, d’autre part, ce passage comporte à notre avis deux erreurs théoriques sérieuses qui sont très loin de s’expliquer par le contexte historique et technologique:


1°) Trotsky raisonne comme si, à chaque niveau de connaissance scientifique, correspondait une filière technologique, et une seule. Or, l’histoire fournit de nombreux exemples de choix, et même de carrefours technologiques [11]. Cette réalité était connue à l’époque. Trotsky aurait dû en être conscient, elle aurait enrichi sa condamnation du capitalisme. Malheureusement, alors qu’il a une vision ouverte des possibles de l’évolution sociale, sa vision des technologies s’inscrit dans un schéma de développement unilinéaire ;


2°) Trotsky semble considérer ici que l’organisation sociale de la production (les classes) et les forces productives matérielles (dont la technologie) sont séparées par une muraille de Chine. Il ne paraît pas intégrer le fait qu’une culture de domination peut engendrer des technologies intrinsèquement dominatrices au niveau de l’appareil productif. Pour lui, la tendance du capitalisme à développer de plus en plus les forces destructives, en lieu et place des forces productives, se concrétise essentiellement dans la barbarie militaro-policière de l’impérialisme en général, et du fascisme en particulier. Sur ce point, sa conception est plus étroite que celle des fondateurs du marxisme qui, dans L’idéologie allemande, citent le machinisme et la monnaie comme forces destructives [12].


Dans ce cadre méthodologique, il n’est pas étonnant que Trotsky n’exprime aucune réserve face aux technologies, quelles qu’elles soient. Rien chez lui ne ressemble de près ou de loin au principe de précaution. Il évoque bien « la contradiction sociale inclue dans la technologie elle-même », mais l’espoir que cette formule soulève chez le lecteur d’aujourd’hui retombe immédiatement. En effet, en guise d’exemple, l’auteur cite… les wagons de première, deuxième et troisième classe dans les chemins de fer ! Or, dans cas, la contradiction sociale n’est évidemment pas « inclue dans la technologie elle-même» : elle découle de l’usage social qui en est fait.


Le lecteur passe par un autre chaud et froid de ce genre lorsque Trotsky contrepose le fait que les révolutionnaires doivent briser l’appareil d’Etat au fait « (qu’ils) ne doivent pas briser la technologie » : « Le prolétariat prend possession des usines équipées par la bourgeoise et il le fait dans la forme où la révolution les a trouvées.». Vient ensuite la phrase prometteuse: « Cependant, dans la forme où nous l’avons prise, cette vieille technologie est complètement  inappropriée au socialisme. » Hélas ! une fois de plus, ce n’est pas la technologie proprement dite qui est visée, mais le mode social de sa mise en œuvre, car celui-ci concrétise « la concurrence entre entreprises, la course au profit, le développement inégal des branches séparées, l’arriération de certaines régions, la petite échelle de l’exploitation agricole, le gaspillage des ressources humaines » [13].

Eugénisme socialiste, alchimie… et Lyssenko ?

Un point particulièrement troublant est que son optimisme technico-scientifique entraîne Trotsky sur le terrain glissant de l’eugénisme (très en vogue au début du siècle) et de la sélection du surhomme socialiste. En conclusion de son pamphlet Si l’Amérique devait virer au communisme (1934), il fait une tentative maladroite pour opposer un eugénisme socialiste à l’eugénisme des Nazis: « Tandis que les imbéciles romantiques de l’Allemagne nazie rêvent de restaurer  la vieille race des sombres forêts d’Europe dans sa pureté, ou plutôt dans son ordure originale , vous, Américains, après avoir pris en mains fermement votre machine économique et votre culture, appliquerez des méthodes scientifiques originales aux problèmes de l’eugénisme. D’ici un siècle, votre melting pot de races aura donné naissance à une nouvelle variété d’hommes – la seule digne du nom d’Homme ». [14] On ne peut que saluer l’antiracisme du propos, mais que viennent faire ici les « méthodes scientifiques originales » et en quoi consistent les « problèmes de l’eugénisme » ?


L’idée d’un surhomme socialiste sélectionné artificiellement et scientifiquement revient plusieurs fois dans l’œuvre de Trotsky : dix années auparavant, le dernier chapitre de Littérature et Révolution s’achevait ainsi: « Enfin, l'homme commencera sérieusement à harmoniser son propre être. Il visera à obtenir une précision, un discernement, une économie plus grands, et par suite, de la beauté dans les mouvements de son propre corps, au travail, dans la marche, au jeu. Il voudra maîtriser les processus semi-conscients et inconscients de son propre organisme : la respiration, la circulation du sang, la digestion, la reproduction. Et, dans les limites inévitables, il cherchera à les subordonner au contrôle de la raison et de la volonté. L'homo sapiens, maintenant figé, se traitera lui-même comme objet des méthodes les plus complexes de la sélection artificielle et des exercices psycho-physiques.(…) L'homme s'efforcera de commander à ses propres sentiments, d'élever ses instincts à la hauteur du conscient et de les rendre transparents, de diriger sa volonté dans les ténèbres de l'inconscient. Par là, il se haussera à un niveau plus élevé et créera un type biologique et social supérieur, un surhomme, si vous voulez. » (nous soulignons)


Ce n’est pas tout. En effet, son approche de la technologie amène Trotsky à affirmer péremptoirement que le vieux rêve des alchimistes pourra être réalisé : « La chimie est, avant tout, la science de la transmutation des éléments », lance-t-il lors du congrès Mendeleïev.  Il revient sur le sujet un an plus tard : « La parenté des éléments et leur mutuelles métamorphoses peut être considérée comme prouvée empiriquement dès le moment où, avec l’aide des éléments radioactifs, il est devenu possible de résoudre l’atome en ses composants ». Le point le plus surprenant ici est que Trotsky recourt à la dialectique comme s’il s’agissait d’une métathéorie dont les lois gouverneraient l’univers: « Jusqu’à récemment, les scientifiques supposaient qu’il y avait dans le monde à peu près 90 éléments (…) qui ne pouvaient pas être transformés l’un en l’autre (…) Une telle notion contredit la dialectique matérialiste, qui parle de l’unicité de la matière et, plus important encore,  de la transformabilité des éléments de la matière ». Et de conclure que « la chimie des radioéléments célèbre le triomphe suprême de la pensée dialectique ». [15] Étonnant, de la part de l’auteur brillant du texte Qu’est-ce que la dialectique.


Dans le même ordre d’idées, il convient de noter que  Trotsky semble avoir été peu enclin à critiquer les élucubrations de Lyssenko.  En 1938, exilé au Mexique, l’ex dirigeant bolchévique écrit une courte introduction pour l’édition anglaise de son discours au congrès Mendeleïev. On peut y lire que « le régime totalitaire exerce une influence désastreuse sur le développement des sciences naturelles ». C’est, à notre connaissance, la seule allusion de Trotsky au pseudo-savant stalinien et ambitieux qui, condamnant la génétique mendélienne comme « bourgeoise», se prétendait capable de modifier les caractéristiques d’une plante en agissant sur son environnement… Ayant dit sa confiance dans la sélection d’un surhomme socialiste, Trotsky  aurait-il prêté une quelconque foi à l’idée que la science soviétique, en libérant les forces productives des entraves capitalistes, pourrait faire pousser du blé dans la toundra sibérienne ? Ce point reste obscur, mais il est permis de se poser la question ! En tout cas, il est curieux que La révolution trahie ne consacre pas même un paragraphe à l’impact du stalinisme sur les sciences exactes, la recherche, etc.


Trotsky passe parfois tout près de questions écologiques intéressantes, mais sans les voir. Son discours devant les chimistes comporte un passage qui aurait pu favoriser une réflexion sur la capacité du communisme de mettre en œuvre un mode de développement post-industriel non destructif de l’environnement. L’orateur cite Mendeleïev : « A l'époque industrielle succédera peut être une époque plus complexe qui, à mon avis, sera marquée par l'allégement ou la simplification extrême des méthodes pouvant servir pour la production de la nourriture, des vêtements et des habitations. La science expérimentale doit aspirer à cette simplification extrême vers laquelle elle s'est déjà partiellement dirigée au cours des dernières décennies ». Trotsky souligne que cette perspective est celle du communisme parce qu’un « tel développement des forces productives, qui aboutira à la simplification extrême des méthodes de production de la nourriture, des vêtements et des habitations, permettra évidemment de réduire au minimum les éléments de coercition dans la société. » Il aurait pu ajouter que ce développement réduirait aussi l’impact destructeur de l’économie sur l’environnement. Mais il ne le fait pas. Cette aspect des choses, pourtant présent chez Marx et Engels, ne fait décidément partie de ses préoccupations.

Un développement harmonieux… et la nature ?

Mais laissons là science et technologie, et abordons la question générale des rapports globaux entre humanité et nature.  En cette matière, Karl Marx a produit un concept remarquable : la régulation rationnelle des échanges de matière (ou métabolisme social) entre l’humanité et la nature comme seule liberté possible. Comme on le sait, Marx était arrivé à cette conclusion à partir des travaux de Liebig sur l’épuisement des sols, du fait que l’industrialisation, en favorisant l’exode rural, interrompait le cycle des nutriments. Armé de ce concept, Marx était revenu au problème des sols pour voir dans leur dégradation une raison supplémentaire d’abolir la séparation entre la ville et la campagne.


Ces développements n’occupent qu’une place relativement limitée dans Le Capital, mais ils n’avaient pas échappé aux théoriciens marxistes de la fin du 19e et du début du 20e siècle. Dans La question agraire et les critiques de Marx, Lénine répond aux auteurs qui considèrent que l’invention des engrais de synthèse rend l’analyse de Marx obsolète :  « La possibilité de substituer des fertilisants artificiels aux engrais naturels (…) ne réfute en rien l’irrationalité qui consiste à gaspiller des engrais naturels en polluant ainsi les rivières et l’air dans les districts industriels ». [16] Dans son ouvrage de vulgarisation Matérialisme historique. Un système de sociologie, Boukharine fait une synthèse du concept  de « métabolisme social », et l’agrémente de considérations pertinentes sur la possibilité d’estimer la productivité sociale du travail en ramenant les différentes activités à leur dénominateur commun : la dépense d’énergie [17].


Et Trotsky ? De toutes ces questions, la seule qui semble l’intéresser est celle de l’abolition de la séparation entre villes et campagnes. De plus, il l’aborde exclusivement par le biais de la lutte contre  « l’idiotisme paysan » (la formule est de Marx). La problématique des sols n’est pas mentionnée. L’abolition de la séparation entre villes et campagnes, pour lui, c’est plus d’espaces verts dans les villes, d’une part, et l’industrialisation de la production agricole dans le cadre d’exploitations géantes, d’autre part. On doit à l’honnêteté de dire que cette conception était partagée par tous les marxistes de l’époque — il ne pouvait sans doute pas en être autrement à ce stade de développement de l’économie et de la société. Du moins Kautsky, dans La Question Agraire, avait-il mis en lumière certains effets négatifs de la concentration des terres et de la mécanisation. [18] Rien de tel chez Trotsky : il est unilatéralement positif. Dans Culture et socialisme, après avoir fait l’éloge de la chaîne de montage fordiste, il écrit que « de gigantesques systèmes d’amélioration des terres – pour une irrigation ou un drainage adéquats — sont les chaînes de montage de l’agriculture. Au plus la chimie, la construction de machines et l’électrification libèrent la culture du sol de l’action des éléments, au plus complètement l’actuelle économie de village sera intégrée à la chaîne de montage socialiste qui coordonne toute la production ».


La vision développée dans ces pages illustre malheureusement les pires caricatures sur le socialisme en tant que libérateur des forces productives prisonnières des entraves capitalistes : «  Même en Amérique, le capitalisme est clairement incapable de hisser l’agriculture au niveau de l’industrie. Cette tâche incombe entièrement au socialisme ». Plus loin, Trotsky détaille les deux processus qui constituent ensemble l’industrialisation de l’agriculture:


• premièrement la spécialisation et l’industrialisation de toute une série de procès de production qui sont aujourd’hui entre l’économie du village et l’industrie (« L’exemple des Etats-Unis montre les possibilités illimitées qui sont devant nous », commente-t-il) ;


• deuxièmement « l’industrialisation de la production des plantes de culture, de l’élevage du bétail, de l’horticulture, etc.  (…) Il ne suffit pas de socialiser,  il faut tirer l’agriculture de son état actuel en remplaçant l’actuel grattouillage sordide du sol (today's squalid digging around in the soil) par des ‘usines’ scientifiquement organisées de grain et d’orge, par des ‘fabriques’ de bovins et d’ovins, etc ».


La rupture du cycle des nutriments n’est pas évoquée. Trotsky écrit que « le principe de l’économie socialiste est l’harmonie »,  mais il n’a en vue que l’harmonie résultant de la coordination interne, selon le principe de la chaîne de montage fordiste. A la différence de Marx, il ne montre aucun compréhension de la nécessité de tendre à une plus grande harmonie dans les relations entre l’économie et la nature…

En guise de conclusion provisoire

On ne saurait suffisamment insister sur la nécessité de tenir compte du contexte historique. Nous avons déjà évoqué le cadre général : l’URSS exsangue, encerclée, isolée, etc. Mais un autre élément est le débat qui s’amorce au sein du parti soviétique sur la manière de répondre à cette situation difficile. A partir de 1923-24, face au reflux de la révolution mondiale et à la démobilisation de la classe ouvrière russe, deux orientations alternatives se dessinent de plus en plus nettement :


• celle du « socialisme dans un seul pays », qui se construit « à pas de tortue », avancée par Boukharine et Staline — qui renoncent en fait à l’extension de la révolution et comptent sur l’enrichissement des campagnes pour donner au régime les moyens de construire une société nouvelle;


• et celle de Trotsky, qui voit dans le développement planifié de l’industrie lourde nationalisée le moyen pour le régime soviétique de tenir sans dégénérer en attendant et en favorisant une nouvelle montée des luttes à l’échelle internationale.  Pour Trotsky, il est indispensable de développer une industrie capable de fournir les moyens d’un développement de la campagne tout en favorisant une différenciation de classe au sein de la population paysanne. Dès avril 1923, dans les Thèses sur l’industrie qu’il présente au 12e congrès du Parti communiste russe, il explique qu’il s’agit d’une question de vie ou de mort pour le régime. [19]


Les faits ont montré la justesse fondamentale de cette dernière analyse. Vu l’énormité des enjeux et les méthodes de plus en plus brutales de la fraction Staline-Boukharine,  il n’est pas étonnant  que Trotsky ait parfois « tordu le bâton dans l’autre sens », selon une expression célèbre. Notons toutefois, à sa décharge que, ce faisant, il était tout simplement fidèle à la culture techniciste et moderniste qui était celle de toute la direction bolchévique et qui trouvait son expression artistique dans le courant futuriste. [20]


Cependant, on l’a vu, le contexte historique n’explique pas tout. Sur une série de questions telles que la « domination de la nature », les perspectives de transformation qui en découlent, la vérité scientifique absolue, le statut des technologies, etc., on constate que Trostky est en retrait par rapport à certaines positions nettement plus nuancées de Marx, Engels et même de Lénine. Un point très surprenant est que certains raisonnements sur le développement scientifique ou technique font appel à la dialectique comme une sorte de métathéorie transcendante. Cette conception de la dialectique est complètement à l’opposé de celle que Trotsky met en œuvre quand il analyse les phénomènes sociaux et politiques.


Par ailleurs, très souvent, le ton des textes cités dans cet article laisse une impression désagréable d’arrogance dominatrice, voire de mépris, non seulement pour la nature sauvage mais aussi pour ce qui est naturel, physiologique, non maîtrisé chez l’être humain. Ce point est plus important qu’il y paraît. En effet, la version très dominatrice qu’a Trotsky de la « domination de la nature » et le discours impératif qui en découle ne laissent pas de place à la pensée du « prendre soin », alors que celle-ci est indispensable au  développement d’une conscience et d’une pratique écologiques.


Léon Trotsky est un grand révolutionnaire internationaliste et un penseur brillant. On lui doit notamment l’analyse du fascisme, celle de la bureaucratie et la théorie de la révolution permanente. En fondant la Quatrième Internationale alors qu’il était presque « minuit dans le siècle », il a permis le transfert de l’héritage marxiste-révolutionnaire aux générations ultérieures. Lire Trotsky, c’est toucher du doigt la réalité de la révolution russe, de l’Internationale communiste, de la vague révolutionnaire à la fin de la première guerre mondiale et de son reflux. C’est comprendre le fascisme et le stalinisme, le front populaire et la révolution espagnole, la commune de Canton et la montée en puissance de l’impérialisme américain.

 

En un mot, c’est comprendre le 20e siècle et assimiler des éléments programmatiques et méthodologiques absolument indispensables au développement d’une orientation anticapitaliste au 21e siècle. Mais toute médaille à son revers. Chez Trotsky, la conscience écologique est au degré zéro. Dans le legs qu’il transmit à ses successeurs manquaient les quelques outils génialement précurseurs de l’écosocialisme, tels que Marx et Engels les avaient mis au point. Comble de l’ironie : de tous les dirigeants d’Octobre, le seul qui ait attaché une certaine importance au concept de régulation rationnelle du métabolisme social entre l’humanité et la nature fut  le dirigeant de l’aile droite, le théoricien de l’enrichissement des koulaks et du socialisme dans un seul pays, le marchepied de Staline : Boukharine. Cela ne suffit pas à faire de lui un théoricien écosocialiste, loin de là (nous y reviendrons), mais c’est un fait, et ce fait n’a pu que contribuer à expliquer que les marxistes révolutionnaires d’après-guerre aient perdu le fil de « l’écologie de Marx ».


Notes

 

  1. F. Engels, La dialectique de la nature, Paris, Editions Sociales, 1968, pp. 180-181.
  2. Léon Trotsky, Littérature et Révolution
  3. Léon Trotsky, Culture and Socialism, 1927 (notre traduction)
  4. Douglas R. Weiner, Models of nature. Ecology, Conservation and Cultural Revolution in Soviet Russia
  5. Karl MARX, Lettre à Engels du 7 juillet 1866
  6. F. Engels, Anti-Dühring, pp.136-137
  7. Lénine, Matérialisme et Empiriocriticisme, p. 147
  8. L. Trotsky, Mendeleiev et le marxisme, discours au congrès Mendeleïev, 17 septembre 1925
  9. Marx, Le Capital, I, Chap XXVIII, Garnier Flammarion 1969 p.546 — nous soulignons
  10. L. Trotsky, Culture et Socialisme, op. cit.
  11. Dans le domaine clé de l’énergie, par exemple, dès la deuxième moitié du 19e siècle, certains ingénieurs plaidaient pour que le soleil remplace le charbon comme source. Ce n’étaient pas que des idées en l’air : des machines solaires performantes furent effectivement mises au point dans toute une série de domaines d’application. Si cette filière énergétique avait décollé, elle aurait changé la face du monde. Mais elle ne décolla point, non pas pour des raisons techniques, et même pas toujours pour des raisons d’efficience-coût, mais principalement parce que les monopoles du charbon avaient déjà le pouvoir de verrouiller l’innovation, afin de maintenir leurs surprofits.
  12. Marx, Engels, L'Idéologie allemande, Editions Sociales, Paris 1974
  13. L. Trotsky, Culture et socialisme, op. cit.
  14. L. Trotsky, If America Should Go Communist
  15. L. Trotsky, Radio, science, technique et société, 1926
  16. Lénine, La question agraire et les critiques de Marx
  17. Bukharin, Historical Materialism. A System of Sociology, 1921 (notre traduction)
  18. Kautsky, La Question agraire, 1899
  19. L. Trotsky, Theses on Industry, Marxists Internet Archive
  20. Il est frappant que la plupart des textes où Trotsky s’exprime sur la nature ont pour sujet principal la culture. En fait, mais ceci dépasse à la fois les limites de cet article et les compétences de son auteur, sa manière d’appréhender la nature est très étroitement liée à ses conceptions sur l’art. Cela apparaît notamment dans son évocation lyrique de la centrale thermique de Chatura comme un objet d’art (a thing of beauty).

 

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