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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 08:55

13 juin 2010 - Le Télégramme


Près de 200 personnes ont manifesté hier à Erquy, pour protester contre le pompage du maërl sur le site Saint-Michel.


Sans décision et surtout sans acte de la part des représentants de l'État, depuis près de 18 mois, en ce qui concerne l'arrêt du pompage du maërl sur le site de Saint-Michel, au large d'Erquy (l'équivalent de 76.000 m³ par an depuis près de 50 ans), dans les Côtes-d'Armor, près de 200 personnes ont, hier après-midi, devant l'îlot Saint-Michel, pris part à la manifestation «Halte au pompage du maërl», organisée par le collectif regroupant Côtes-d'Armor Nature Environnement, des habitants et cinq associations environnementales.

 

Certes moins nombreux, hier, que lors de la précédente manifestation de novembre 2008 (plus de 400 personnes), les manifestants ont redit, haut et fort, devant l'îlot, leur opposition aux prélèvements de maërl qui, comme l'a rappelé Pierre Pelan, le président de l'association Le Nouvel Essor d'Erquy, «sont la cause de dégradations de l'environnement, qui détruisent le maërl vivant, mettent en danger la survie des espèces peuplant le banc, bouleversent les habitats naturels et se manifestent par un déficit en sable provoquant l'émergence de cailloux sur les plages de la zone située entre le cap d'Erquy et le Cap Fréhel».

Une requête au tribunal administratif de Rennes


À l'instar des associations environnementales de la baie de Morlaix (29)

qui viennent d'obtenir que le tribunal administratif rende un jugement suspendant l'arrêt préfectoral qui autorisait l'extraction du maërl en baie de Morlaix, le collectif costarmoricain va, demain, devant le tribunal administratif de Rennes, « déposer une requête au fonds assortie d'une demande de suspension d'urgence du pompage du maërl », a expliqué, hier, Marie-Paule Sagorin, la présidente d'Erquy Environnement. « Sinon, a conclu Pierre Pelan, la baie de Saint-Brieuc sera le seul endroit en Europe où on continue à extraire du maërl ».

  • Sylvie Vennéguès
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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 08:44

 

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MOBILISATION PUBLIQUE DES ARTISTES, DES ACTEURS CULTURELS ET DES CITOYENS DU PAYS DE BREST :
DIVERSITE CULTURELLE ET ARTISTIQUE POUR TOUS !



Face au désengagement sans précédent de l'Etat, le monde des arts et de la culture, tous domaines confondus, appelle les habitants du Pays de Brest à se mobiliser pour affirmer le caractère essentiel de la création, le droit inaliénable pour tout être humain d'accéder à l'imaginaire et à la pensée, à l'éveil sensible et à l'esprit critique.

Dans le cadre de la mobilisation nationale pour la culture, nous vous invitons à participer
à l'occupation artistique et citoyenne

du Parvis du Quartz,

rue du Château à Brest
le mardi 15 juin2010

entre 18h20 et 22h20.


Apportez une bougie, flamme d'espoir et de résistance, et un message de soutien, d'émoi ou de rage, à déposer dans un cahier de doléances disponible sur place.


Entre 18h20 et 22h20, les artistes et acteurs culturels présents pourront vous présenter leurs métiers, leur travail et vous informer plus précisément sur les attaques dont leur secteur est la cible, qui menacent la diversité culturelle pour tous.


A 22h20, heure officielle du coucher du soleil à Brest, toutes les bougies seront allumées comme symbole de cette mobilisation républicaine.

Signez la pétition en ligne et retrouvez plus d'infos sur les actions en cours : www.mobilisation-culture-brest.org


Cette dynamique initiée en Pays de Brest est le fruit d'une ecriture collective débutée co-signée par :


Guy Abgrall, comédien / SFA-CGT
Fabien André, comédien, metteur en scène / directeur-adjoint de la Compagnie Dérézo / délégué régional du SYNDEAC
Herwann Asseh, danseur et chorégraphe / directeur de la compagnie Moral Soul
Philippe Bacchetta, directeur de la Carène, salle des musiques actuelles de Brest Métropole Océane
Matthieu Banvillet, administrateur du Quartz, scène nationale de Brest
Yano Benay, comédien / Dédale de Clown, A Petit Pas
Sydney Bernard, comédien, metteur en scène / directeur artistique de la Cité des Augustes
Olivier Bitoun, responsable de Cinéphare, réseau départemental de cinémas
Michèle Bosseur, co-directrice du Fourneau, centre national des arts de la rue [en Bretagne]
Sylvian Bruchon, comédien / professeur d'art dramatique au conservatoire de Brest
Steeve Brudey, comédien, chanteur et metteur en scène / Théâtre de la Coche
Vincent Cabioch, administrateur de la Compagnie Dérézo
Léonor Canalès, metteur en scène et comédienne / compagnie A Petit Pas
Yffic Cloarec, directeur de l'Espace Culture Média du Fourneau, centre national des arts de la rue [en Bretagne]
Tanguy Cochennec, danseur et professeur de danse
Philippe Coquillaud, directeur de l'association Côte Ouest (Festival Européen du Film Court de Brest)
Safiya Cotonnec, comédienne, metteur en scène et directrice artistique de la Compagnie Têtdici Têtdailleurs
Jean-Yves Crochemore, directeur de la communication et des relations extérieures au Quartz, scène nationale de Brest / SYNDEAC
Sabine Desrumeaux, La Maison du Théâtre
Sophie D'Orgeval, metteur en scène et comédienne / compagnie La Rigole
Julie Elies, comédienne de la Compagnie l'Une et l'Autre / administratrice des Contemporains
Anne-Sophie Erhel, comédienne / Compagnie Dérézo
Julie Falquéro, La Maison du Théâtre
Jean-Yves Gourvès, comédien / Théâtre de l'Instant
Julie Gourvès, administratrice de la compagnie Moral Soul
Joël Guervenou, vice-président de l'UBO chargé des politiques sociales et culturelles
Yann Guéguen, musicien et comédien / Compagnie Dérézo, Théâtre de la Coche
Simon Guirriec, créateur son et comédien / Théâtre Morosoff
Charlotte Heilmann, comédienne / Compagnie l'Une et l'Autre, Marmouzic
Véronique Héliès, comédienne et régisseur / Compagnie Dérézo, Théâtre Morosoff
Ida Hertu, comédienne et assistante à la mise en scène / Compagnie Dérézo, Théâtre de la Coche
Lionel Jaffrès, metteur en scène et comédien / Théâtre du Grain
Muriel Jugon, professeur associée à l'UBO
Lisa Lacombe, comédienne / Compagnie Dérézo, Théâtre du Grain
René Lafite, directeur de A3 Productions / professeur associé à l'UBO
Karine Le Guillou, La Maison du Théâtre
Sylvie Le Masson, La Maison du Théâtre
Marc Le Page, régisseur général de la Maison du Théâtre
Yves Leroy, directeur de la Maison du Théâtre
Gilbert Le Traon, directeur de la Cinémathèque de Bretagne
Bernard Lotti, comédien, metteur en scène / directeur artistique du Théâtre de l'Instant
Alain Maillard, comédien et metteur en scène / Théâtre du Grain
Valérie Marrec, responsable de projets jeune public à la Maison du Théâtre
Aurélien Marteaux, assistant de direction, communication et relations publiques au Fourneau, centre national des arts de la rue [en Bretagne]
Geoffroy Mathieu, comédien et metteur en scène / Théâtre Morosoff
Alain Meneust, comédien / Compagnie Dérézo
Laëtitia Mentec, comédienne et metteur en scène / Compagnie Léontine
Claude Morizur, co-directeur du Fourneau, centre national des arts de la rue [en Bretagne]
Bastien Penvern, compagnie A Petit Pas
Gildas Puget, président de la Fédération des Arts de la rue en Bretagne
Muriel Riou, comédienne
Géraldine Roudaut, chargée de communication à la Maison du Théâtre
Béatrice Roué, comédienne / Compagnie Dérézo
Nicolas Sarrasin, comédien / Compagnie Dérézo
Janick Tilly, directrice de Penn Ar Jazz / représentante régionale du SMA (Syndicat des Musiques Actuelles)
Jean-Manuel Warnet, professeur à l'UBO / metteur en scène / compagnie Les Filles de la Pluie
Charlie Windelschmidt, metteur en scène et vidéaste / directeur artistique de la Compagnie Dérézo

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 14:39

 

 

 

10 juin 2010 à 20h28 -Le Télégramme


Le congrès de la CFDT a donné aujourd'hui son feu vert, malgré de vives résistances internes, à un éventuel allongement de la durée de cotisation pour la retraite, tout en rejetant le projet gouvernemental bâti autour de la fin de la retraite à 60 ans.


 

François Chérèque, dont le bilan à la tête de la CFDT avait été massivement approuvé la veille, est parvenu à dégager une nette majorité (59%) en faveur de ce choix qui vient confirmer celui fait dès 2003 au prix d'une grave crise interne. Il n'en a pas moins jugé que, "aujourd'hui, les conditions de l'allongement de la durée de cotisation ne sont pas réunies", le dialogue avec le gouvernement étant dans l'impasse.


La référence à un allongement de la durée de cotisation s'inscrit dans le "projet alternatif" de réforme des retraites défendu par la direction de la centrale syndicale, a souligné le secrétaire général. Moins d'une heure après une visite de son homologue cégétiste Bernard Thibault, très bien accueilli, le résultat a été salué par des applaudissements nourris des délégués, dont une partie s'est levée.


La direction "soulagée"


Au sein de la direction, on se disait "soulagé". Les jeux ne semblaient pas faits, tant la pression sur la direction du syndicat avait été forte au congrès contre tout recul de l'âge de la retraite. En outre, depuis mercredi soir, les dirigeants cédétistes avaient été désavoués par deux fois, sur des propositions jugées trop conciliantes concernant les effectifs des services publics et les contrats précaires.


A la tribune, une déléguée syndicale de Seine-Maritime a appelé en vain ses camarades à ne pas "donner un chèque en blanc" au gouvernement, avec l'approbation d'une partie de la salle. "C'est une autoroute qu'ils ont" au gouvernement grâce à ce vote, pestait en aparté un métallo du sud de la France. Elle avait ravivé le douloureux souvenir de 2003, lorsque François Chérèque avait finalement souscrit à une réforme posant comme principe que la durée de cotisation continuerait de s'allonger au fur et à mesure que l'espérance de vie progresserait.


"Un syndicat qui propose des alternatives"


En vertu de cette réforme, la durée de cotisation pour une retraite à taux plein a été alignée entre public et privé et sera passée à 41 ans en 2012, régimes spéciaux exceptés. "Aujourd'hui, on a fait la démonstration que la CFDT est restée elle-même : un syndicat qui s'oppose aux injustices, mais un syndicat qui propose des alternatives", a commenté M. Chérèque. Le "monsieur retraites" de la centrale, Jean-Louis Malys, a posé des conditions à la prolongation de la vie active: partage des gains d'espérance de vie entre travail et retraite, possibilité de choix renforcée au moment du départ, et possibilités accrues pour les travailleurs qui ont exercé un métier pénible de partir plus tôt que les autres.


Pour financer une partie des retraites, la CFDT veut aussi faire contribuer "l'ensemble des revenus, y compris ceux des capitaux". Mais elle reste inflexible sur le maintien de l'âge légal à 60 ans, qui "n'est ni négociable, ni amendable", selon M. Malys. Pour MM. Chérèque et Thibault, cette position a le mérite de servir de ciment à l'unité intersyndicale, FO et CFE-CGC mis à part. Les soixante ans, "ce n'est pas le plus petit des dénominateurs communs, c'est un élément central", fait valoir M. Chérèque.

 

Cette inflexibilité a elle-même suscité des remous dans l'appareil dirigeant de la CFDT. "François Chérèque a radicalisé le congrès", s'inquiétait avant le vote sur les retraites un membre du Bureau national, relevant aussi que jusqu'ici, la CFDT a été impuissante à peser sur le gouvernement dans le dossier retraites.

 

Pourquoi cette vidéo ? Ben c'est un peu grâce aux Chérèques du monde entier que c'est possible!
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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 14:35


11 juin 2010 à 10h18 - Le Télégramme


Une vingtaine de salariés de l'usine de Nutréa (Cast 29), menacée de fermeture ont manifesté, ce matin, à Pontivy où se tenait l'assemblée générale de Coopagri.

 

Avant que ne s'ouvrent les travaux qui devaient entériner la fusion avec Eolys et Cam 56, les salariés ont obtenu la garantie d'être reçus par un représentant de la direction de la coopérative agricole.

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 14:31

Kilpmarch45 Et les rytmes scolaires en Afrique du Sud?

Le ministre de l'Éducation nationale, Luc Chatel, n'est pas à court d'idées. À peine a-t-il lancé un ballon-sonde sur le sport à l'école l'après-midi, qu'il en propulse un nouveau concernant les rythmes scolaires. S'appuyant sur une comparaison avec d'autres pays, il en déduit que les vacances en France seraient trop longues, l'emploi du temps des élèves trop chargé, bref, que le rythme scolaire actuel serait seul responsable des mauvais résultats des élèves français par rapport à leurs homologues européens.

Chatel a donc chargé une commission de réfléchir sur le sujet et d'émettre un projet de réforme applicable en 2013. Cela laisse le temps à bien des déclarations, des propositions et contre-propositions. Mais ce qui est sûr c'est que, si un changement des rythmes scolaires voit le jour, l'intérêt des élèves ne sera pas la priorité. L'histoire des congés depuis la création de l'école publique par Jules Ferry en 1882 montre que ce sont toujours et d'abord les intérêts économiques qui ont influé sur les rythmes scolaires, loin devant les considérations pédagogiques, quand elles existaient.

La loi du 28 mars 1882 fixa un calendrier pour les écoles primaires : cinq jours de classe pendant les trente-sept semaines de scolarité, et quinze semaines de vacances. Un arrêté publié en 1891 les concentra principalement sur l'été, entre le 1er août et le 1er octobre, et un autre de 1912 étendit ces vacances d'été à dix semaines, les faisant commencer le 14 juillet. Alors que la majorité de la population française était rurale, ces dix semaines répondaient aux vœux des agriculteurs qui employaient leurs enfants aux travaux des champs, pour les récoltes et les vendanges. Ce n'est qu'en 1960 que la rentrée fut avancée au 16 septembre. Néanmoins, les inspecteurs d'académie pouvaient accorder des autorisations d'absence aux enfants de plus de 12 ans dans les secteurs viticoles entre le 15 et le 30 septembre.

À partir des années 1960 toutefois, avec le déclin de la paysannerie, les intérêts des agriculteurs ne sont plus une priorité. En revanche, il faut tenir compte des industriels qui concentrent les congés payés sur les mois de juillet-août : en 1961, le début des grandes vacances fut donc fixé au 28 juin. À ceci s'ajoutèrent les souhaits d'un nouveau secteur économique en extension, celui du tourisme, avec en particulier le développement des sports d'hiver. La rentrée fut alors progressivement ramenée début septembre, tandis que des vacances d'hiver apparaissaient.

La même année débuta donc la coopération entre le ministère de l'Éducation nationale et celui du Tourisme pour établir le calendrier scolaire. À partir de la rentrée 1964 fut mise en place la division en deux, puis trois zones, pour les petites vacances. En 1972, le mercredi de congé remplaça le jeudi, tandis que la semaine scolaire se terminait le samedi midi, pour permettre les départs en week-end. Dans cette décennie, les vacances d'hiver furent rallongées à deux semaines et étalées entre février et mars, tandis que celles de printemps commençaient en avril selon les zones, pour que les stations de sports d'hiver puissent faire le plein les mois d'enneigement. Au moins n'y avait-t-il nulle hypocrisie dans le choix de ce calendrier, l'intérêt pédagogique des élèves n'étant pas mis en avant, juste celui des professionnels du tourisme !

En ce qui concerne les rythmes hebdomadaires et quotidiens, c'est Darcos, le prédécesseur de Chatel, qui a instauré en 2008 la semaine de quatre jours d'école, rallongeant par conséquent la journée de travail des élèves, même si deux heures de cours hebdomadaires ont été supprimées. Mais cela permettait à une frange plus large de gens qui en ont les moyens de partir en week-end.

Les dates des congés scolaires telles qu'elles furent fixées ont à chaque fois privilégié des intérêts économiques, les considérations pédagogiques et l'intérêt des enfants coïncidant rarement avec les choix. Nul doute qu'il en sera de même pour l'actuelle réforme à l'étude... au moment où la principale préoccupation du gouvernement est de restreindre tous les budgets.

Marianne LAMIRAL

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 14:29



Il avait l'air d'avoir mangé du lion, François Chérèque, lors de son discours d'ouverture du congrès de la CFDT le 7 juin à Tours. Il a fustigé la politique du gouvernement, blâmé les promesses mensongères faites par le président de la République quand il était candidat à la présidence, condamné les méfaits du capitalisme financier... Et il a terminé, à propos des retraites, par un vibrant « Nous n'acceptons pas la remise en cause des 60 ans ! », salué par une longue ovation des congressistes debout. Mais pas un mot sur les moyens à mettre en œuvre pour y parvenir, si ce n'est le vœu de « faire en sorte que nos décisions pèsent »...

« Dans l'épreuve de force engagée avec le gouvernement, a déclaré le secrétaire général, les salariés et la CFDT n'ont pas dit leur dernier mot. Les retraites, c'est un sujet ô combien cher à la CFDT. » On se souvient de la manière dont les retraites furent « un sujet ô combien cher » au cœur de Chérèque quand, en 2003, il donna son aval à la réforme Fillon qui a fait passer le nombre d'années de cotisations à 40 et 41 ans aujourd'hui. Et que peut donc signifier un appel au droit à la retraite à 60 ans, pour un François Chérèque qui s'apprête à cautionner l'allongement de la durée de cotisation à 42, 43 ans, voire plus ? C'est purement et simplement un mensonge, puisqu'il faudrait alors trouver du travail à 17 ans et ne plus jamais le perdre...

Dans l'arsenal des mensonges sur les retraites, le plus grossier est celui qui consiste à faire croire que la « réforme » est inéluctable ou, comme l'a dit Chérèque, « une réforme que chacun sait indispensable », au prétexte qu'on vit plus longtemps. Du gouvernement aux centrales syndicales, en passant par les commentateurs qui leur emboîtent le pas, tous rabâchent ce même argument. Ils font mine d'oublier que si la durée de vie a augmenté -un signe du progrès dont on ne peut que se féliciter- la productivité du travail s'est accrue elle aussi dans le même temps, et dans une bien plus grande proportion. Et, s'il n'y a pas assez d'argent dans les caisses de retraites, c'est parce que les capitalistes ont empoché tout le bénéfice de cet accroissement de la productivité. Alors, qu'ils le rendent !

Certes, ils ne le feront que si on le leur impose. Il faut que les travailleurs préparent la contre-offensive nécessaire pour récupérer leur dû. Une journée de manifestation n'y suffira pas, mais elle peut être un point de départ. C'est ce que peut être la journée d'action pour les retraites appelée par la CGT et la CFDT le 24 juin.

Même si une telle journée ne peut suffire à inverser le rapport de forces, plus elle sera réussie, et plus elle pourra redonner le moral à une partie importante des travailleurs, pour préparer une riposte qui aille bien au-delà des petits calculs d'un Chérèque, d'un Thibault ou d'un Mailly.

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 13:59
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Fabien Ollier est directeur de la revue Quel sport? Il a publié un grand nombre d'ouvrages participant de la critique radicale du sport dont notamment L'Intégrisme du football en 2002, Footmania en 2007, Le Livre noir des J.O. de Pékin en 2008. A quelques jours de l'ouverture de la Coupe du monde de football, Fabien Ollier dresse un état des lieux sans concession de cette grand-messe planétaire orchestrée par "la toute-puissante multinationale privée de la FIFA".

 

Vous comparez le sport en général, le football en particulier, à une aliénation planétaire. Que vous inspire la Coupe du monde ?


Fabien Ollier : Il suffit de se plonger dans l'histoire des Coupes du monde pour en extraire la longue infamie politique et la stratégie d'aliénation planétaire. Le Mondial sud-africain ne fait d'ailleurs pas exception à la règle. L'expression du capital le plus prédateur est à l'œuvre: les multinationales partenaires de la FIFA et diverses organisations mafieuses se sont déjà abattues sur l'Afrique du Sud pour en tirer les plus gros bénéfices possibles.

 

Un certain nombre de journalistes qui ont travaillé en profondeur sur le système FIFA ont mis en évidence le mode de fonctionnement plutôt crapuleux de l'organisation. Ce n'est un secret pour personne aujourd'hui. De plus, il y a une certaine indécence à faire croire que la population profitera de cette manne financière. Le nettoyage des quartiers pauvres, l'expulsion des habitants, la rénovation luxueuse de certains townships ont été contrôlés par des "gangs" qui n'ont pas l'habitude de reverser les bénéfices. Avec la majorité de la population vivant avec moins de 2 euros par jour, cet étalage de richesse est pour le moins contestable.


Le déploiement sécuritaire censé maintenir l'ordre, assurer une soi-disant paix civile n'est autre en réalité que la construction d'un véritable Etat de siège, un Etat "big brother". Les hélicos, les milliers de policiers et de militaires ne sont là que pour contrôler, parquer la misère et protéger le luxe, pour permettre aux pseudo-passionnés de football de "vibrer".

 

La mobilisation de masse des esprits autour des équipes nationales induit la mise en place d'une hystérie collective obligatoire. Tout cela relève d'une diversion politique évidente, d'un contrôle idéologique d'une population. En temps de crise économique, le seul sujet qui devrait nous concerner est la santé de nos petits footballeurs. C'est pitoyable.


Pourtant, les Français sont plutôt critiques avec leur équipe nationale.


On assiste plutôt à la réduction de chaque citoyen en analyste de café des sports par un processus d'identification. C'est un supportérisme obligatoire déguisé en "pensée critique", dans les bons comme dans les pires moments. Il existe en réalité une propension du plus grand nombre à réclamer sa part d'opium sportif.

 

Mais pour que le désamour des Français à l'égard des équipes de mercenaires millionnaires évolue en véritable prise de conscience, je souhaite que l'équipe de France ne passe pas le premier tour. Leur manière de jouer si mal tout en étalant de manière indécente un rythme de vie particulièrement nauséabond est la preuve d'une morgue terrible vis-à-vis de quelques principes éthiques et moraux élémentaires. Malheureusement, chaque victoire de l'équipe de France fait reculer de plusieurs centimètres la pensée critique dans ce pays. Je n'apprécie pas le développement du totalitarisme sportif. Nous venons d'en finir avec Roland-Garros, le Mondial prend place et nous aurons ensuite le Tour de France. Le système des retraites peut être pulvérisé en silence.


Comment appréhendez-vous alors le succès français en 1998 analysé et célébré par de nombreux intellectuels comme un événement positif dépassant le simple cadre sportif ?


La victoire de l'équipe de France a généré une défaite de la pensée. De nombreux intellectuels ont choisi de descendre dans les vestiaires au lieu de s'emparer de domaines sociopolitiques d'importance. Ils mettent en œuvre une pensée caricaturale qui consiste à constater amèrement les dérives du sport mais à noyer le tout dans un discours idéaliste sur les "valeurs positives" du sport : "Oui, le sport entraîne parfois des comportements limites mais je ne peux pas faire autrement que de m'y laisser prendre". Trop d'intellectuels ont succombé aux "passions vibratoires" et aux "extases" sportives; ce sont eux qui légitiment à présent l'horreur sportive généralisée: violences, dopage, magouilles, crétinisme des supporters, etc.

 

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Votre thèse réfute l'idée du football ou du sport en général comme simple reflet de la société avec son lot de violences.


En effet, une grande partie de ceux qui défendent le sport et le football les dédouanent en leur conférant un simple effet miroir d'une société violente. "On ne peut pas demander au football d'être moins violent que la société". A mon sens, il n'est pas seulement le reflet, le football est également producteur de violences sociales, générateur de violences nouvelles. Il impose un modèle de darwinisme social.

 

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Cela tient à sa structure même: le football est organisé en logique de compétition et d'affrontement. Jouer ce spectacle par des acteurs surpayés devant des smicards et des chômeurs est aussi une forme de violence. Une logique contradictoire se fait d'ailleurs jour. D'un côté, les supporters ont conscience du fait que les sportifs gagnent des sommes folles par rapport au néant qu'ils produisent mais de l'autre côté, dans une soif d'identification liée à leur propre misère, il y a une impossibilité à ne pas "rêver" devant cette marchandise vivante qui démontre que l'on peut se hisser au sommet de l'échelle.

 

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Une autre image d'Epinal du football lui attribue un rôle d'exutoire des nationalismes et des guerres.


La symbolisation de la guerre n'existe pas dans les stades, la guerre est présente. Le football exacerbe les tensions nationalistes et suscite des émotions patriotiques d'un vulgaire et d'une absurdité éclatants. Je réfute l'idée d'un procès de civilisation. Le sport provoque une forme de violence différente, moins évidente qu'une bombe mais ne participe absolument pas à un recul de la violence. Il y a de multiples coups d'épingle à la place d'un grand coup d'épée.


Vous regrettez le ralliement de la gauche aux valeurs de droite léguées par le sport de pointe. En quoi consiste-il ?


Le sport est indéniablement politique. A ce titre, il génère des valeurs politiques. Il est intéressant d'essayer de savoir si ces valeurs sont de droite ou de gauche. Il me semble que la gauche a rompu avec ses valeurs pour se rallier au modèle de droite fondé sur le principe de rendement, de hiérarchie et de compétition.

 

Voir Marie-George Buffet dénoncer le foot-spectacle et se retrouver en finale de la Coupe du monde 98 vêtue du maillot et criant ses encouragements à l'équipe de France, c'est assez schizophrénique. Il y a une défaite politique de la gauche vis-à-vis de la stratégie de développement capitalistique effectuée par le sport de pointe à travers les multinationales privées qui l'organisent tels que la FIFA, l'UEFA et le CIO.

 

L'exemple de l'attribution de l'Euro 2016 à la France est frappant. A gauche, les Verts, le PCF ont signé une lettre de soutien à la FFF. Par cet acte, ils ont fourni un blanc-seing à toute forme de dilapidation de l'argent public. En période de crise, comment la gauche peut-elle ne pas être sensible à l'attribution d'une enveloppe d'1, 7 milliard d'euros à la rénovation des stades? Il paraît incroyable que cela soit des multinationales privées qui décident de ce qu'un Etat doit mettre en œuvre en matière de politique économique.


Fabien Ollier, philosophe et directeur de la revue "Quel sport ?"

Propos recueillis par Anthony Hernandez.

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 11:21

 

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 11:08

tintin-congo-raciste-mondondo-attaque-france-L-2

 

 La chappe de plomb du patronat

 
vendredi 11 juin 2010 


Communiqué de presse de l’APSES du 30 mai 2010 :

 

Projet de programme de SES :

 

Une proposition inacceptable qui dénature l’enseignement de SES


L’APSES, dont le Président a démissionné lundi 24 mai du groupe d’experts chargé de l’élaboration du programme de sciences économiques et sociales en classe de première, dénonce avec la plus grande force le projet mis en consultation le jeudi 27 mai par le Ministère de l’Education Nationale.

 

S’il devait entrer en application, il constituerait une véritable régression pour les futurs élèves de première ES, avec des défauts en nombre et en gravité si importants que le présent communiqué de presse ne peut qu’en exposer les grandes lignes, renvoyant à l’analyse détaillée publiée sur le site de l’APSES l’explication précise et argumentée de tout ce qui pose problème dans ce projet.


1. Un record : le plus encyclopédique des programmes jamais conçu en SES ! Alors qu’il existe dans la communauté éducative une unanimité pour dénoncer l’encyclopédisme des programmes actuels de SES en première et terminale, le projet du groupe d’experts aboutit à une dérive sans précédent : avec un empilement de près de 170 notions (contre environ cent dans le programme actuel), et pas moins de 38 chapitres, tous les records de démesure sont pulvérisés !

 

L’effet pervers de cet amoncellement de notions est de priver l’enseignant de toute liberté pédagogique et l’élève du temps nécessaire à l’apprentissage. Aucun temps de réappropriation, aucun temps de reformulation, aucun temps de confrontation ni entre les élèves ni entre le cours et l’actualité économique et sociale ne seront possibles. Les élèves auront-ils le temps de travailler sur documents, de s’essayer à la construction d’une enquête par questionnaire, à la constitution de dossiers ou de monographies face à une telle inflation de notions ? Cette conception de l’enseignement comme simple transmission qui va de la parole savante à l’élève ne permet aucune prise en compte des expériences, questionnements et curiosités des lycéens de 16 ans.


2. Les problématiques contemporaines reléguées à la marge : quel sens donner aux apprentissages des élèves ? Le projet du groupe d’experts marque un incompréhensible recul sur l’étude de questions contemporaines qui suscitent l’intérêt des élèves et favorisent l’apprentissage. Faut-il mettre en œuvre des politiques de relance ou de rigueur ? La banque centrale doit-elle avoir comme seul objectif la lutte contre l’inflation ? Comment réduire les inégalités ?

 

Les élèves n’en sauront jamais rien car ces questions « vives » ne leur sont pas posées. Il est symptomatique que dans la partie économique du programme (couvrant la moitié de l’année), les indications complémentaires n’invitent qu’à deux reprises les élèves à « s’interroger » sur les causes ou conséquences de tel phénomène économique, et que les termes « réflexion » et « réfléchir » , qui apparaissent 13 fois dans le programme actuel, soient totalement absents dans ce projet !


Par ailleurs, les parties économiques et sociologiques portent la marque d’un biais significatif qui occulte les débats internes à chaque science sociale. La macroéconomie est ainsi réduite à la portion congrue (la microéconomie couvre les 4/5e du programme d’économie et plus de la moitié de l’année), un choix qui étonne au moment même où nos sociétés (et les élèves) s’interrogent sur le chômage, la crise économique, l’avenir de la protection sociale ou les politiques d’austérité.

 

En sociologie, l’individu devient le point de départ de toute analyse, au point qu’après avoir tenté d’évacuer le chômage des programmes de seconde, on fait maintenant disparaître les classes sociales et la culture ! Etrange conception transmissive et biaisée de l’enseignement, à rebours de la démarche scientifique et des débats qui produisent la dynamique des savoirs, de la nécessité de répondre à la curiosité des élèves, et qui va à l’encontre d’un objectif essentiel des SES : concourir à la formation de citoyens.

 

Les SES deviendraient ainsi le seul enseignement secondaire à se départir de cette mission fondamentale de concourir à la culture générale au lycée, alors que toutes les autres matières, de l’Histoire-géographie à la Physique-Chimie en passant par les mathématiques et l’EPS, ne cessent de renforcer cette dimension dans leurs programmes respectifs (voir cette analyse des projets dans les autres disciplines).


3. A l’origine des défauts de ce projet : un strict cloisonnement disciplinaire. Le projet de programme est construit sur un cloisonnement disciplinaire sans précédent en SES, avec une séparation stricte et minutée entre économie, sociologie et science politique.

 

Cela revient à démanteler une des raisons du succès des SES depuis 40 ans : la combinaison des apports parfois séparés, parfois conjoints, de différentes sciences sociales mobilisées sur des problématiques contemporaines. Ce cloisonnement aboutit à de véritables non-sens autant qu’à des redondances. Pourquoi, par exemple, aborder d’une part les niveaux de pouvoir dans la partie économique et d’autre part les notions d’État unitaire, décentralisé ou fédéral dans la partie consacrée à la science politique ?

 

Pourquoi aborder dans la partie économique les fonctions de l’Etat, dans la partie science politique l’émergence de l’Etat et des Etats-nations et dans les « regards croisés » le rôle de l’Etat-providence ? Un unique chapitre sur l’Etat mobilisant successivement les outils de l’économiste et du politiste aurait été plus cohérent. Pourquoi aborder les choix de production au sein de l’entreprise dans la partie consacrée à l’économie puis les relations sociales qui s’y nouent dans la partie « regards croisés » au lieu de la traiter dans un chapitre unique convoquant des démarches économiques et sociologiques ?


4. Un projet qui doit être entièrement revu L’APSES appelle l’ensemble de la communauté éducative à exprimer son refus d’un projet qui, sous couvert de réécriture des programmes, opère un véritable démantèlement d’une discipline pourtant plébiscitée par les élèves et leurs parents. Le projet de programme proposé comporte des défauts trop importants, liés aux principes mêmes qui ont présidé à sa conception. L’amender ne ferait pas disparaître ces défauts, et il doit donc être abandonné.

 

L’APSES demande en conséquence un report d’un an de l’application du nouveau programme pour laisser le temps de concevoir un nouveau projet sur l’ensemble du cycle terminal, intégrant la question de l’évaluation. Pour alimenter la réflexion, elle rendra public dans les jours à venir son propre projet de programme qui aura avant tout pour ambition de répondre à l’intérêt et aux besoins des élèves. A défaut d’obtenir une réponse favorable à ces demandes, l’APSES appellera tous les enseignants de SES à ne pas appliquer ce projet de programme à la rentrée de septembre 2011.


Contacts :


Président : Sylvain DAVID

sylvain.david3@free.fr / 06 75 81 40 37

 

Vice-présidente : Marjorie GALY

marjorie.galy@wanadoo.fr / 06 62 22 04 35

 

Secrétaires généraux :

Renaud CHARTOIRE - chartoire@aol.com /06 18 28 16 52

Rémi JEANNIN - jeannin.remi@gmail.com /06 73 74 99 35

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 10:53


Jusqu'à maintenant, Mediapart n'avait pas de rubrique nécrologie. C'était une grave omission que nous avons décidé de réparer. Mais parce que Mediapart est un journal d'information moderne, libre d'esprit et indépendant (et lauréat du prix du meilleur site d'information CB News 2010 !), nous avons décidé de révolutionner le genre. Foin des nécros traditionnelles, nous vous présentons les pré-nécros !


J'aurais aimé avoir cette idée tout seul, mais l'honnêteté commande de reconnaître qu'elle a un inventeur visionnaire : le chroniqueur conservateur (et déjanté) américain P.J. O'Rourke : « Les pré-nécrologies sont l'avis officiel que certaines personnes ne sont pas mortes, accompagné d'un bref résumé de leur vie expliquant pourquoi nous souhaiterions qu'elles le soient. (...) Nous pouvons ainsi abandonner les lâches contraintes et les faux espoirs, et dire ce que nous pensons des vies de ces nuisants tant que leurs vies ne sont pas des lettres mortes. Et nous ne serons pas paralysés par la mélasse sentimentale et nostalgique. » Il n'y a qu'un mot à dire : bravo !


Et maintenant, en exclusivité sur Mediapart : les pré-nécrologies.

Pour démarrer, un homme de choix.

 

 

Jean-Pierre Elkabbach (1937-2010) a terminé sa carrière comme il l'avait commencée : servilement. Après des débuts dans le journalisme en Algérie, il rentre à l'ORTF. En 1968, il commet sa seule et unique incartade professionnelle : il fait la grève lors des événements de mai. La leçon lui servira : plus jamais ça ! Il entame alors une longue et fructueuse carrière qui le verra passer par tout ce que la France compte de médias audiovisuels publics et privés. Mais on ne se départit pas facilement de ses premières amours.

 

La philosophie ORTF lui restera chevillée au corps. Quand, en ces débuts d'années 1970, ses collègues lorgnent du côte des États-Unis (Bob Woodward, Carl Bernstein, Seymour Hersh, Hunter Thompson), Elkabbach lui, reste fidèle à la seule ligne qu'il connaisse : la ligne téléphonique directe reliant l'Elysée aux studios. Surtout quand l'exécutif est de droite. Avec son collègue et ami Alain Duhamel, qui partage la même éthique journalistique que lui, il se distingue par ses flagorneries à l'égard de l'empereur Bokassa 1er (un remarquable document vidéo subsiste ici) ou de son client préféré, le président de la République Valéry Gisgard d'Estaing. Quand ce dernier perd l'élection de 1981, Elkabbach est plus qu'ému, il est inconsolable. Cela se voit tellement à l'antenne, au soir du 10 mai, que le nouveau régime mitterrandien lui impose des congés.


Mais il n'est pas de main qu'il ne sait amadouer pour lui prodiguer des caresses sur la tête. Elkkabach remonte la pente, à Europe 1 surtout, et dans l'audiovisuel public. Il réalise au début des années 1990 une série d'entretiens exclusifs avec François Mitterrand mais, « comme c'est tellement de la bombe », comme on ne disait pas encore à l'époque, il préfère les garder dans son coffre-fort pour ne les diffuser qu'après la mort de ce dernier. Le journaliste reste fidèle à son premier commandement : « Jamais, tu ne te fâcheras avec le pouvoir. »

 

Curieusement, pendant toutes ces années où il assure les entretiens politiques de la matinale d'Europe 1, Elkabbach a la réputation d'être « un très bon interviewer ». C'est un mystère qui taraudera nombre de journalistes nés après 1970, qui auront toujours du mal à découvrir - et comprendre - les origines de cette estime.


Le grand talent de ce grand professionnel aura été la survie. Il réchappe à la fabrication d'une fausse nouvelle balancée sur les ondes sans vérification (la mort de l'animateur Pascal Sevran), de même qu'à la recherche d'un conseil mal avisé, lorsqu'il sollicite le candidat à la présidence Nicolas Sarkozy pour savoir quel journaliste devra le couvrir lors de la campagne. Dans d'autres pays, certains se seraient retrouvés chef de la rubrique nécrologie pour moins que cela. Mais Elkabbach a beaucoup d'amis bien placés, à qui il rend des services, et qui, en retour, veillent attentivement sur son bien-être. Il illustre à merveille ce bon mot du journaliste américain I.F. Stone à l'égard d'un de ses collègues : « Un homme qui écrit ainsi ne doit jamais dîner seul. »

 

 

Même en fin de sa carrière, Jean-Pierre Elkabbach a su ne pas déroger à ses principes. Soumettre ses questions à l'avance à son interlocuteur et le laisser répondre en lisant ses fiches ? Pas de souci (voir la vidéo ci-dessus). L'homme est magnanime jusqu'au bout, comme il l'explique : « Yoel Zaoui est l'un des financiers les plus redoutés de la planète. Mais c'était sa première interview. Il était ému et impressionné. J'accueille avec bienveillance (les gens qui ne sont pas habitués aux médias). »

Jean-Pierre Elkabbach sera un journaliste regretté. Sauf par ceux qui essaient vraiment d'exercer cette profession.

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