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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 08:48

8 juin 2010 - Le Télégramme


Les cinq sites de la direction Ouest de l'entreprise Clemessy (travaux publics, électricité, reprise en 2005 par le groupe Eiffage) étaient en grève hier. La direction régionale Ouest compte 280 salariés dont la moitié au siège, les autres étant répartis à Brest-Guipavas, Quimper, Lorient-Lanester et Paris.

 

La raison du mouvement: la crainte de voir Clemessy (5.000 salariés) perdre des emplois au terme d'une intégration au sein de Forclum (18.000 salariés), une entreprise «concurrente» mais également détenue par Eiffage.

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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 08:44

 

8 juin 2010 à 07h45 Le Télégramme


La fédération ADMR29 a tenu, hier, un conseil d'administration houleux. Certains de ses membres dénoncent à leur tour le système ADMR et le rôle que joue, dans le Finistère, l'Union nationale.


Le vernis du réseau ADMR 29 (une fédération sous procédure de sauvegarde et 92 associations), qui prône la mutualisation des moyens, craque. Un courrier, daté du 3juin, adressé par un président d'association locale, également administrateur fédéral, aux associations qui, financièrement, vont bien, l'indique. «Votre association fait partie de la liste des 47 associations qui, selon les calculs de la péréquation réalisés par la Fédération, vont donner 1.005.856€ pour 2009. Cette somme qui progresse tous les ans (+160.000€ par rapport à 2008, et qui a doublé depuis 2006) est une manne pour certaines associations (...)», dit-il.

«Une machine infernale»


Beaucoup d'associations saines ont de ce fait reçu un résultat d'exercice négatif pour 2009 et devront déposer le bilan. Trois associations (Huelgoat, Carhaix et Concarneau) percevraient ainsi près de 32% (317.256€) du total de la péréquation 2009. «Nous devons nous opposer à cette machine infernale qui profite à ceux qui gèrent peu et mal», peut-on encore lire sur ce courrier. Le 1erjuin, ce président écrivait déjà à tous les responsables des associations locales pour dénoncer les comptes des associations établis par les services de la fédération. «Ces comptes, et surtout leur modalité de calcul, n'ont pas été débattus, ni décidés en conseil d'administration (CA) de la Fédération, seul habilité à traiter ces questions».


60 emplois menacés


Avant le CA qui s'est tenu hier, le bureau fédéral s'était réuni. Les émissaires de l'Union nationale ont su faire taire les tensions à une semaine du passage devant le tribunal de grande instance de Brest. «Les plans de restructuration et de licenciements que vous avez là ne peuvent être validés par le CAtant qu'ils n'ont pas été remis au comité d'établissement (CE). Ils sont élevés (NDLR. 60emplois seraient supprimés. Les conseillers techniques disparaîtraient et le nombre des encadrants de proximité serait réduit.

 

Un poste de directeur serait supprimé). Nous entrons dans une période de négociations», précisent-ils. Blandine Polard, vice-présidente du CA fédéral, présentera le plan de restructuration au CE -dont elle va prendre la présidence- le 15juin. Elle sera assistée de Michel Mauthé, directeur par intérim. «Encore deux nouveaux interlocuteurs.

 

Quel mépris pour les salariés», ont réagi leurs représentants. Pour eux la galère continue. Le procès-verbal de la réunion du Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail du 29mars faisait état de chiffres éloquents: «Depuis début 2010, à la date du 16mars, 9,5% des effectifs étaient en arrêt de maladie. Hors période épidémique, la moyenne nationale d'une entreprise est de 3%. Cela représente un total de 53 arrêts maladie sur 137emplois salariés. Les médecins du Travail affirment que les chiffres avancés indiquent bien une souffrance au travail réelle et sérieuse».

  • Karine Joncqueur
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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 11:15
oiseau petrole

3 juin 2010
 

Depuis plus d’un mois, des millions de litres de pétrole se répandent dans le Golfe du Mexique. Malgré les annonces d’Obama, il est peu probable que BP assume les réparations.


Le 20 avril dernier, une plateforme de la multinationale BP explosait puis sombrait dans les eaux du Golfe du Mexique, laissant échapper des tonnes de pétrole dans la mer.


Cette marée noire a été aussitôt décrétée «  catastrophe nationale  » par les autorités américaines et Obama a promis dans la foulée de «  mobiliser tous les moyens  » pour minimiser les effets de ces millions de litres de brut accumulés au large, puis déversés sur les côtes de Louisiane, du Mississippi, de l’Alabama et de la Floride.


Ce volontarisme était surtout destiné à rassurer l’opinion publique car les tentatives pour enflammer le pétrole (technique peu efficace et très polluante) étaient vouées à l’échec, et les 150 km de barrages flottants se sont avérées bien dérisoires pour endiguer l’énormité du flux.


Le pétrole a touché des zones marécageuses et, si on sait aujourd’hui nettoyer les plages et les côtes rocheuses, on est assez démunis pour dépolluer des zones humides. En effet, dans les mangroves, les racines des végétaux qui trempent dans l’eau, sont rapidement engluées et le pétrole qui entre dans ce milieu fragile peut y demeurer pendant des dizaines d’années.

 

Ce sont des dégâts irréparables qui se produisent et ils ne concernent pas que les côtes américaines. Le delta du Mississippi (40 % des marais côtiers américains) compte près de 400 espèces dont plusieurs en danger  : thon rouge, tortue marine, pélican brun… Le péril est grand pour ce réservoir de la biodiversité ainsi que pour la pêche, la Louisiane étant le premier producteur du pays.


Le bilan promet d’être lourd, d’autant que l’expérience nous montre que la disparition d’une seule espèce entraîne des réactions en chaîne que nous ne savons pas anticiper. Et les conséquences mondiales de la destruction de cet écosystème sur le plancton, par exemple, peuvent être à terme une menace pour l’ensemble de l’humanité.


La multinationale BP, après avoir minimisé la catastrophe, a estimé la fuite à 800  000 litres de pétrole par jour. Mais ce chiffre est aujourd’hui contesté par les experts gouvernementaux américains qui parlent de quantités quatre à cinq fois supérieures, ce qui place cet accident largement en tête de toutes les catastrophes pétrolières.


Le gouvernement américain contrôle les tentatives du pétrolier pour maîtriser les fuites mais toutes les solutions techniques envisagées ont pour l’instant échoué. La dernière en date nécessitant le forage de puits secondaires ne sera fonctionnelle qu’à partir de la fin août  ! Et si aucune méthode ne fonctionne, la fuite se poursuivra jusqu’à ce que le gisement s’épuise...


Il est trop tôt pour évaluer toutes les conséquences économiques et environnementales. BP promet d’assumer l’entière responsabilité de la marée noire. Mais on sait par expérience qu’au moment de régler l’addition les compagnies rechignent à payer pour le préjudice environnemental qui n’est de toute façon pas chiffrable et réparable.


Dans un contexte de raréfaction des ressources pétrolières, les compagnies multiplient les forages offshore en eau profonde. Une autre plateforme vient d’ailleurs de sombrer au large du Venezuela, apparemment sans conséquence. Mais seuls quelques États comme la Norvège ou le Brésil ont édicté des normes plus strictes en matière offshore.


Les conséquences de la catastrophe étant mondiales à l’échelle environnementale, ce n’est ni à BP ni aux États-Unis de prendre seuls les décisions. L’ irresponsabilité des multinationales face à des actes qui ont des conséquences planétaires devraient faire l’objet de poursuites pour «  crime contre la planète  » et entraîner la confiscation de leurs biens et leur mise sous tutelle internationale. Mais rien de tout cela n’est à l’ordre du jour, pas plus qu’un audit indépendant de ces plateformes off-shore.


Catherine Faivre d’Arcier



* Paru dans Hebdo TEAN 58 (03/06/10).

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 11:04

7 juin 2010 - Le Télégramme


Regroupés en association à l'issue de la liquidation de leur entreprise, la moitié des salariés licenciés par AsteelFlash, en septembre à Douarnenez, ont décidé de s'adjoindre les services de l'avocat Rémois Philippe Brun, spécialiste du droit social.

 

Celui que l'on surnomme «l'avocat des travailleurs», pour son propos très politique et totalement assumé, est connu pour avoir fait plier, ces quinze dernières années, de grands groupes industriels comme LVMH, Total, LU ou Michelin. Cette semaine, il va déposer 59 dossiers individuels devant le tribunal des prud'hommes de Quimper, en vue d'obtenir l'annulation, pour chacun, du licenciement pour motif économique.

Rappelons que le groupe AsteelFlash a liquidé son site de Douarnenez et mis 134 personnes au chômage, alors que, dans le même temps, il affichait un bénéfice net de 141millions de dollars, deux fois plus que l'année précédente. Le site étant fermé, l'avocat ne pourra demander la réintégration des salariés. Il exigera, s'il obtient gain de cause, des dommages et intérêts substantiels. La bataille durera certainement près de deux ans.

  • Marie-Line Quéau
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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 13:15

 

 

 

 

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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 13:12

rythme-ecole-un209.jpg

Le projet de modifier les rythmes scolaires n’est qu’une arnaque de plus pour cacher les vrais problèmes.

Luc Chatel vient de faire une nouvelle annonce de réforme des rythmes scolaires. Ceux-ci ne sont en effet pas adaptés aux enfants mais le gouvernement a justement aggravé la situation en 2008.

 

À l’époque, dans le primaire, Xavier Darcos avait imposé la semaine de quatre jours pour mettre en place une politique de soutien scolaire absurde pour les élèves en difficulté (une heure supplémentaire le soir pour les élèves qui ont déjà du mal avec l’école).

 

Les enseignants avaient dénoncé l’hypocrisie de cette réforme car au même moment s’engageait la suppression de milliers de postes du Réseau d’aide aux élèves en difficulté (Rased) qui, avec des enseignants spécialisés et formés, prenaient à part les élèves durant le temps scolaire. Malgré les grèves et les nombreuses mobilisations, Darcos est passé en force. Les conséquences de cette réforme sont nombreuses ; elle a notamment rendu beaucoup plus difficile, pour de nombreux parents qui travaillent, la possibilité de rencontrer les enseignants ou les autres parents.


C’est ce même gouvernement qui a très brutalement sanctionné les enseignants « désobéisseurs » qui ont à juste titre refusé cette réforme et mis en place d’autres projets pédagogiques bien plus intéressants, avec le soutien des parents. C’est ce gouvernement qui, en étranglant financièrement les collectivités locales, rend le financement de nombreuses structures sportives et culturelles impossible, avec des milliers d’animateurs, intermittents du spectacle au chômage. C’est encore ce gouvernement qui supprime les postes aux concours d’enseignement de l’éducation physique et sportive…


Maintenant, Chatel annonce fièrement qu’il va développer le sport à l’école tous les après-midi. Pourquoi seulement le sport ? Avec quels moyens ? Tout cela n’est que de la poudre aux yeux. Au même moment, une circulaire de modification de la carte scolaire est envoyée aux inspections académiques exigeant de trouver de nouveaux postes à supprimer. Dans un langage bureaucratique rempli de langue de bois, le ministère demande de « mobiliser les gisements d’efficience visant à respecter la contrainte du non-remplacement d’un départ sur deux pour la période 2011-2013, sans dégrader les performances globales ».


Passé les euphémismes de l’introduction du rapport, les solutions envisagées aussi bien en primaire que dans le secondaire sont explicites : « augmentation de la taille des classes, réduction du remplacement, baisse de la scolarisation à 2 ans, augmentation du nombre d’élèves par classe, réduction du volume des décharges »...


En réalité, le ministère va poursuivre et amplifier sa politique de réduction brutale des postes d’enseignants (moins 80 000 postes de 2007 à 2012), ce qui ne pourra que dégrader les apprentissages. Il fait payer à l’école les milliards que Sarkozy donne aux banquiers ! Il joue donc sur plusieurs variables pour « gérer » la crise de l’école : baisse des volumes horaires pour les élèves, augmentation du temps de travail des enseignants.


Mais il ne joue pas de ces leviers simultanément, de manière explicite. Il essaye de diviser les parents et les enseignants sur les rythmes scolaires. Il y a donc des pièges à éviter. Par exemple, la FCPE (principale fédération de parents) demande le retour à la semaine de quatre jours et demi. Chatel se dit « ouvert » sur cette question, mais cela ne doit pas se traduire par une nouvelle augmentation du temps de travail des enseignants, mais par des embauches de personnels, la titularisation des précaires, le rétablissement d’une véritable formation des enseignants.


Cela ne pourra pas se faire sans la mobilisation unitaire et massive des parents et des enseignants. Il en va de l’avenir des enfants et des conditions de travail des enseignants.


Antoine Boulangé

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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 12:50

Mural_Palestine_Rue89.JPG

 

Il n'y a pas que dans les grandes métropoles européennes qu'on se mobilise pour Gaza. En Irlande du Nord, des manifestations pro-palestiennes ont réuni des centaines de personnes à Derry/Londonderry ou à Belfast. Une réunion d'urgence sur la situation à Gaza a même eu lieu au Parlement nord-irlandais, pour discuter d'un éventuel appel à la levée du blocus sur Gaza.

Le fait que le Rachel Corrie (navire arraisonné samedi matin sans violence) battait pavillon irlandais est tout sauf surprenant. Dans un pays envahi pendant des siècles par les voisins anglais, il y a une solidarité naturelle envers les populations dont on estime qu'elles subissent le même sort.

« On comprend les Palestiniens »

En Irlande du Nord, où une partie de la population pense qu'elle est toujours sous colonisation britannique, le sentiment est décuplé. Les peintures murales à la gloire des causes basque ou catalane ne sont pas rares dans les quartiers républicains.

Mais les plus fréquentes et populaires, ce sont celles qui soutiennent le peuple palestinien. « Les oppressions, les spoliations de terres, on comprend ça, explique le muraliste républicain Danny Dennevy. La même chose est arrivée ici sous la domination britannique ».

Celui qui est à l'origine de nombreuses fresques murales à Belfast avait déjà dénoncé l'intervention israélienne à Gaza de l'hiver 2008, avec une peinture (ci-dessus) on ne peut plus explicite. Visiblement, il est très remonté contre l'opération navale meurtrière de cette semaine :

« Je vais peindre une nouvelle fresque dès lundi pour montrer cette horreur. »

« Soutien à Israël » chez les loyalistes

Par contre, du côté unioniste, on est loin de partager cette position. Jonathan Bell, député DUP (principal parti unioniste), a défendu à l'Assemblée « le droit d'Israël à se défendre », en mettant l'accent sur « les roquettes qui ont tué des écoliers israéliens »

Il n'est pas rare de voir des drapeaux loyalistes affichant une étoile de David englobant la main rouge de l'Ulster, symbole national ici. Un jour, un habitant de Belfast-Est ne s'était pas démonté après ma question sur l'emblème surplombant sa maison : « C'est pour montrer notre soutien à Israël ». Au plus fort de la seconde Intifada, certains quartiers loyalistes étaient même parsemés de drapeaux israéliens.


NI_flag_flickr.jpg

 

Certains y comparent les « terroristes » du Hamas et ceux de l'IRA, les attaques à la roquette contre les civils israéliens et les explosions de bombes contre les policiers nord-irlandais. D'autres font même le parallèle entre les souffrances, les siècles passés, des Juifs et celles des protestants.

Mais chez les républicains, on affirme que ce soutien est artificiel, qu'il n'existe qu'en réaction à leurs positions pro-palestiennes. Un petit côté « les ennemis des amis de mes ennemis sont mes amis » (Vous suivez ? ).

Sinn Féin et Hamas gardent contact

A moins que la raison première de tout cet antagonisme ne soit beaucoup plus obscure… La solidarité entre les peuples n'est jamais aussi accomplie que quand elle permet de faire la guerre pour sa propre cause.

Dans les années 80, l'IRA a eu des liens étroits avec l'OLP de Yasser Arafat, au point d'être soupçonnée de lui avoir fourni entraînement et explosifs. Aujourd'hui, le Sinn Féin, ancienne aile politique de l'IRA ayant renoncé à la violence, garde encore des contacts politiques avec le Hamas, qualifié de mouvement terroriste par l'UE et les USA.

De leur côté, les paramilitaires loyalistes (notamment l'UDA) pourraient avoir été armés avec la bénédiction… du Mossad. A chaque soubresaut du conflit israélo-palestinien, le risque est le même ici : revoir surgir les fantômes du passé.

Photos : fresque murale républicaine dénonçant l'intervention israélienne à Gaza de l'hiver 2008 (JB Allemand) ; drapeau nord-irlandais unioniste, l'étoile à six branches au centre pourrait être une référence directe à Israël (Informatique/Flickr).

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Note:
On se demande bien quelle asistance l'Ira aurait pu fournir à l'Olp. En 1970 l'Ira provisoire venait de se former contre l'Ira Officielle qui décrochait de la lutte armée pour la participation aux élections, alors que Fatah, Septembre Noir, Fplp faisaient parler d'eux depuis 1969. C'est dans l'autre sens que se serait passé l'aide (Khadafi aurait fournit les stocks détruits récemment).

Le symbole de la Main Rouge est un symbole loyaliste et donc guère antérieur à la guerre 1914 18 où se sont formés les deux camps loyalistes et républicains.  Il est donc antérieur au sionisme actuel. N'oublions pas que les protestants s'organisent en "loges" réactionnaires, c'est plutôt là qu'il faut chercher ce symbolisme: une coincidence.
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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 12:48

 

Par Eric Simon (4 juin 2010)

En Bulgarie, la justice a condamné un jeune « d’origine étrangère » pour le meurtre d’un étudiant bien sous tout rapport. Fait divers médiatique : 20 ans de prison pour le jeune en question, l’Australien Jock Palfreeman. Mais derrière la version officielle, une autre vérité se profile, moins favorable à la justice bulgare. Où l’on apprend qu’il ne vaut mieux pas venir en aide à des Roms victimes d’une agression raciste au sein de l’Union européenne.

 

Jock Palfreeman est un jeune Australien de 23 ans installé depuis quelques mois en Bulgarie. Le soir du 28 décembre 2007, il est témoin de l’agression de deux Roms par une quinzaine de jeunes, au centre de Sofia, près de la station Serdika. Selon les observateurs, les jeunes hurlaient les slogans racistes des supporters du club de foot de la capitale (le « Levski »), tristement célèbres pour leurs actions violentes.


Sans trop réfléchir, Jock court s’interposer, un couteau à la main, entre les voyous et l’un des deux Roms qui gît au sol, inconscient. Les hooligans reculent de quelques dizaines de mètres, puis contre-attaquent avec des pierres et des blocs de bétons. Quand les policiers interviennent, Jock est à moitié inconscient. L’un des agresseurs, Anton Zahariev, 19 ans, est blessé tandis qu’un corps sans vie est étendu sur le bitume : celui d’Andreï Monov, étudiant de 20 ans. Les Roms ont entretemps disparu, peu désireux de passer des mains des hooligans à celles d’une police dont le racisme n’a rien à envier aux fans du « Levski ». La plupart des médias bulgares se déchaînent immédiatement contre cet « étranger », assassin d’un enfant du pays, et dont la famille est honorablement connue. Le 7 décembre 2009, Jock Palfreeman est condamné à 20 ans de prison. L’histoire aurait pu s’arrêter là…


Des témoins écartés


Le père de Jock, qui s’est personnellement déplacé d’Australie pour soutenir la défense de son fils, a mené sa propre enquête et pointé de nombreuses anomalies. Le contexte de la rixe – l’attaque d’un groupe contre deux Roms avant l’intervention du jeune Australien – a été totalement ignorée lors du procès. Plusieurs versions contradictoires de témoins n’ont pas été entendues. La plupart n’a d’ailleurs même pas été interrogés lors de l’instruction, notamment les amis de Jock qui se sont spontanément présentés et ont laissé leurs adresses…


Les témoins convoqués à l’audience étaient l’un des hooligans reconnaissant l’assaut sur Palfreeman, le portier d’un hôtel proche et les policiers arrivés sur place qui ont procédé aux premiers interrogatoires. Les versions ont radicalement changé entre l’instruction et le procès, donnant au final des témoignages confus, tronqués et inutilisables pour la défense, niant même la présence des Roms et à plus forte raison l’agression sur ces derniers. Le hooligan blessé lui-même est passé du statut de témoin à celui de plaignant, alors même qu’il faisait partie des agresseurs...


Une vidéo malencontreusement effacée


Autre malencontreuse coïncidence : une caméra de vidéo-surveillance a par chance enregistré l’intégralité de la scène, l’agression sur les Roms, puis la contre attaque sur Jock Palfreeman quelques dizaines de mètres plus loin. Mais quand un policier inconnu vient visionner la bande dès le lendemain, un court-circuit « accidentel » détruit l’enregistrement. « Aucune importance », estime le procureur, Parvoleta Nikova, qui considère que, de toute façon, « on n’aurait rien vu sur le film » ! Curieuse magistrate qui, outre le déni de l’attaque sur les Roms et le refus de faire paraître les témoins de la défense, écarte les conclusions du rapport psychiatrique qui démontre que l’Australien n’a rien d’un violent psychopathe et qu’il est plutôt guidé par les idées de justice sociale. Lors du procès, elle le décrit comme un dangereux hooligan. Prodigieux retournement des faits !


C’est cette vision que la plupart des médias reprennent largement, insistant sur le statut de victime du jeune Andreï Monov. Le climat nationaliste qui règne dans le pays n’aide certes pas à rendre une justice vraiment sereine. Lors du procès de Jock, le fait que la victime, Andreï Monov soit reconnue comme un adepte du slogan « la Bulgarie aux Bulgares » (ajoutez : sans les Roms ni les Juifs) n’a eu aucune influence sur la cour. Au contraire : Jock Palfreeman est perçu comme un « antifasciste excité » s’étant attaqué à dessein à des jeunes ne partageant pas son point de vue. Précisons que l’antifascisme est assez mal vu dans ce pays où la lutte antifasciste a longtemps été l’alibi du pouvoir et de l’idéologie totalitaire en place. Quant à défendre des Roms, une minorité ouvertement méprisée par la majorité de la population, cela ne plaide pas en faveur de l’accusé. De leurs côtés, les Roms se sont discrètement intéressés à l’affaire, comme en ont témoigné diverses interventions sur les forums Internet de la communauté.


« La Bulgarie aux Bulgares »


Jock Palfreeman victime expiatoire des dysfonctionnements du système judiciaire bulgare ? Il n’y a pas eu de dérapage de la justice. Tout a été fait pour qu’il n’y ait aucune justice possible. Car Andreï Monov était le fils du célèbre psychologue Hristo Monov, actuellement ministre adjoint de la Santé. Reconnu comme expert par les services de police, il reste un personnage influent dans les milieux politiques. La fameuse caméra au contenu effacé se trouvait d’ailleurs placée sur un bâtiment… du ministère de la Santé !


En photo : Des supporters du club Levski.


Avant même le début du procès, le père de Jock a déclaré dans un reportage de la chaîne australienne ABC ne pas avoir grande confiance dans la justice bulgare. On le comprend : la Bulgarie, qui a intégré l’Union Européenne le 1er janvier 2007, est connue pour le très haut niveau de corruption de son système judiciaire, comparable, selon le Baromètre mondial de la corruption 2009 de l’organisation Transparency International, à celui de pays comme le Cambodge, la Géorgie et la Mongolie.


Placé en isolement pour avoir fait appel


Histoire d’aggraver les choses, Jock Palfreeman est placé depuis le 19 février dernier en isolement total. Cela signifie qu’il n’a plus aucun contact avec les autres prisonniers, ni accès à des livres, à la radio, la télévision, encore moins la possibilité de suivre des études. Il a seulement droit à 1 h 30 de sortie quotidienne, seul, dans la cour.

 

Cette situation est la conséquence d’une loi entrée en vigueur en juin 2009, que l’on croirait presque spécialement dirigée contre lui : tout prisonnier étranger condamné à une peine de prison de plus de 15 ans doit rester en isolement jusqu’à la fin de ses recours. Or, Jock Palfreeman a fait appel de la décision de la Cour. Le processus peut encore prendre au moins deux ans. Quel meilleur moyen de dissuader le plaignant de faire valoir ses droits ? Il est pour l’instant le seul prisonnier en Bulgarie dans ce cas, ce qui va bien évidemment à l’encontre des termes et dispositions de la Convention européenne des droits de l’homme.


 

C’est peut-être, pour les soutiens du jeune Australien, une chance à saisir. S’il est avéré que justice ne peut être rendue dans un cadre national, il est possible d’en appeler à la Cour européenne des Droits de l’Homme sans attendre la fin des recours au niveau national. Ce serait aussi l’occasion de rendre visible une affaire qui n’est sortie de Bulgarie que pour être médiatisée en Australie, pays qui n’a pas de grands moyens d’actions diplomatiques à plusieurs milliers de kilomètres de ses frontières.


L’Union européenne n’a pas bougé le petit doigt pour un cas qui ne concerne pas l’un de ses ressortissants. Le père de Jock a lui-même préféré jouer sur la discrétion pour ne pas enflammer, plus que nécessaire, les esprits prompts au chauvinisme. Une stratégie qui n’a manifestement plus lieu d’être. D’ores et déjà, la Conférence UNITED against racism qui s’est déroulée mi-mai à Budapest, rassemblant des ONG antiracistes, des groupes antifascistes et des associations de migrants, de Roms et de défense des Droits de l’Homme de 33 pays européens, a permis la popularisation du cas Palfreeman. Une première salve contre l’iniquité qui devrait en annoncer d’autres.

Éric Simon

En savoir plus

Le site de soutien à Jock Palfreeman (en Anglais)

Pour écrire :

Jock Palfreeman

Sofia Central Prison - 21 Gen. N. Stoletov Bul.

Sofia 1309 - Bulgaria

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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 12:44

 

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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 12:36

 
vendredi 4 juin 2010 (11h32)

 

 

Les organisateurs de la flottille d’aide pour Gaza ont annoncé vendredi avoir perdu le contact avec le cargo Rachel Corrie, affrété par une organisation irlandaise, qui tente à son tour d’acheminer de l’aide humanitaire au territoire palestinien. "Nous avons perdu tout contact avec le bateau. Nous supposons qu’il s’agit d’un sabotage par les Israéliens", a déclaré Audrey Bomse, une porte-parole du mouvement Free Gaza (Gaza Libre).


"Nous allons conduire le Rachel Corrie dans un port, y faire monter davantage de personnalités, et insister pour que des journalistes du monde entier nous accompagnent", afin de prévenir toute attaque contre le bateau ou ses passagers, a-t-elle ajouté. "Nous espérons que les communications seront rétablies afin de pouvoir informer les passagers de cette décision" de s’arrêter dans un port, a expliqué Audrey Bomse.


Le Rachel Corrie, à bord duquel voyagent quinze personnes, de nationalité irlandaise et malaisienne, dont un Prix Nobel de la paix et un ancien responsable de l’ONU, se trouvait jeudi après-midi approximativement à 250 milles marins (400 km) de l’endroit où a eu lieu le raid meurtrier israélien contre la flottille, selon un porte-parole de l’organisation irlandaise. Le bateau était initialement attendu samedi au large de Gaza.

http://www.lemonde.fr/proche-orient...



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