Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 10:41
charpalisr

Logo de Global Voices.

 

Neuf navires partis de divers pays, dont l'Irlande, la Turquie et la Grèce, s'apprêtent à converger dimanche vers la bande de Gaza dans le but de briser le blocus maritime israélien. La « Flotte de la Liberté », le nom choisi, emmène quelque 750 militants, ainsi que des diplomates et des journalistes, et des milliers de tonnes de ravitaillement. Israël a juré d'empêcher les bateaux d'accoster à Gaza, proposant à la place d'acheminer l'aide par ses propres postes-frontières après avoir opéré des contrôles de sécurité. Réactions et commentaires en Israël, avec notre partenaire Global Voices Online.


L'auteur de ce billet a essayé de ranger les réactions et billets de la blogosphère en hébreu entre les trois catégories d'arguments qui semblent se faire jour :

  1. Il n'y a pas de problème humanitaire dans la bande de Gaza
  2. La flottille est un coup médiatique international
  3. La flottille comprend des participants discutables (« des terroristes » ? )

Il se propose aussi de décrire quelques unes des réactions officielles et officieuses d'Israël à cette manifestation.

« Il n'y a pas de problème humanitaire à Gaza »

Dans une interview récente, le Colonel Moshe Levy de l'armée israélienne a déclaré :

« La situation humanitaire à Gaza est stable - il n'y a pas de pénurie de nourriture ni d'autres choses, sauf celles qui alimentent le mouvement terroriste et renforcent le Hamas. »

Depuis le début de l'année, selon Israël, l'Etat hébreu a transféré 260 000 tonnes d'aide humanitaire. Chaque jour, une centaine de camions entrent à Gaza avec des cargaisons de première nécessité. Israël a admis environ 6 000 Palestiniens dans le pays pour recevoir des soins médicaux en Israël et en Jordanie. Il n'y a pas de taxes sur les produits alimentaires ni les médicaments. En outre, Israël autorise l'UNRWA [l'organisation des Nations Unies chargée des réfugiés palestiniens, ndlr] à importer du ciment pour les projets de construction qu'elle supervise.


A l'opposé, voici un texte féroce de Larry Derfner consacré aux affirmations du Ministère israélien des Affaires étrangères sur la crise humanitaire inexistante à Gaza :

« Si la prospérité est telle, alors en quoi au juste la politique de fermeture fait-elle avancer l'objectif d'Israël d'affaiblir le gouvernement du Hamas ? Par exemple, si la situation de Gaza est si magnifique, comme indiqué dans le message cynique distribué hier par le Service de Presse du Gouvernement - pourquoi un autre communiqué officiel de l'Etat d'Israël déclare-t-il fièrement que 738 000 tonnes d'aide humanitaire ont été transférées à la bande de Gaza l'an dernier ? »

Dans un récent billet de blog, Ido Landau se demande s'il se trouve encore des Israéliens pour croire sincèrement que le blocus va contribuer à la libération de Gilad Shalit [le soldat franco-israélien kidnappé en 2006 à Gaza, ndlr] :

« J'aimerais savoir s'il existe un Israélien qui ne serait pas au courant d'une information vieille de trois ans - que le prix fixé pour la libération de Gilad Shalit est le prix initialement fixé ; un prix qui ne changera pas, même après la quatrième, cinquième ou sixième année ? Que la solution contre les fusées qassam et les tentatives d'attentats terroristes est, tout simplement, l'ouverture des frontières ? »

Un entretien vidéo mis en ligne par le Ministère des Affaires étrangères esquisse les raisons du blocage maritime, et en proclame la légitimité au regard du droit international :

« La raison pour laquelle il y a un blocus naval, c'est le régime du Hamas - des armes sont introduites clandestinement dans Gaza par toutes sortes de moyens. Une de ces voies est la mer. En vertu du droit international, un blocus maritime est reconnu comme un outil légitime en temps de conflit international. Israël est en situation de conflit armé avec le Hamas. »

Le mouvement « Free Gaza » souligne pour sa part que malgré l'accord de nombreux pays pour aider à la reconstruction du territoire et apporter 4 milliards de dollars, cela ne s'est pas fait puisqu'Israël persiste à bloquer l'entrée de matériaux de construction dans la bande de Gaza.

La flottille est un coup médiatique

L'opinion selon laquelle la « flotille de la liberté » est un coup publicitaire est largement partagée par les médias israéliens (et probablement aussi parmi les militants eux-mêmes).


Il est intéressant d'examiner le rôle de la Turquie dans l'évolution de cette affaire. La Turquie, dont les relations avec Israël se sont détériorées depuis la guerre de Gaza en 2008-2009, a joué un rôle-clé dans cette campagne, montée entre autres par IHH, une organisation humanitaire turque.

Dans son billet, Ze'ev Kam affirme qu'une aide aux Palestiniens dépourvue d'humiliation publique pour Israël n'intéresse personne, et il est particulièrement irrité par le soutien du gouvernement turc à cette opération :

« Vous savez quoi ? Israël a dit : Yalla (On y va). Le coordinateur en chef israélien pour les opérations dans les territoires a approché l'ambassadeur de Turquie en Israël et a proposé qu'Israël transfère tout le matériel humanitaire à l'intérieur de la bande de Gaza. Mais pas par voie de mer. Par la route normale. Autrement dit, de laisser de côté le voyage et la caravane publicitaires, et de simplement faire en sorte que les biens atteignent à Gaza. Et même plus vite.

Le Turc a refusé. »

La flottille a des attaches avec des groupes radicaux (liens avec des terroristes potentiels ? )

Sur leur blog s'adressant au public, les Forces de défense israéliennes affirment que des extrémistes islamistes de haut niveau sont liés à la flottille de Gaza :

« Selon un rapport du Centre d'information du Renseignement & Terrorisme, des dirigeants islamistes extrémistes ont assisté à la cérémonie de lancement à Istanbul d'un bateau participant à la flottille. Parmi les participants se trouvaient Mahmad Tzoalha et Sahar Albirawi, tous deux terroristes de premier rang du Hamas qui opèrent aujourd'hui en Grande-Bretagne, et Hamam Said, un dirigeant des Frères Musulmans en Jordanie. »

Réactions d'Israéliens et impact public

Un groupe nombreux d'Israéliens s'apprêterait sous la direction de Guy Bechor à embarquer pour une contre-traversée afin d'intercepter l'équipage de la flottille. Voici un extrait du billet de Moti Sagron ce que pourrait être leur programme :

« Même devant les actions du Hamas, nous proposons la paix. Le problème d'Israël n'est pas avec les habitants de Gaza, mais avec le Hamas. Si donc vous vous identifiez aux habitants de Gaza, et non au Hamas, nous vous aiderons à transporter tout le matériel humanitaire voulu.

Les habitants de Gaza reçoivent des centaines de camions de ravitaillement chaque semaine, en plus du carburant et de l'électricité. Néanmoins, tant que le Hamas reste une organisation raciste, fasciste et antisémite, refusant la paix et appelant au djihad pour la construction d'une dictature islamiste, et tant que le Hamas contrôle la bande de Gaza, il n'y a pas d'autre solution que de le combattre. »

Le Ministère israélien des Affaires étrangères aurait pour sa part harcelé des gens sur Twitter, selon Sherine Tadros :

@Sherine T : « Rien que ces dernières heures j'ai reçu plus de 7 e-mails de l'armée israélienne & du Ministère des Affaires Etrangères mettant en garde contre la flottille. la com d'Israël s'emballe ! »

Dans cette affaire complexe, où les opinions sont multiples, l'auteur a tâché de présenter quelques opinions israéliennes. Il y en a peut-être d'autres, importantes ou uniques, qui ont pu lui échapper et que vous pouvez lui communiquer par voie de commentaire.

par Gilad Lotan, traduit par Suzanne Lehn


[La version complète de ce texte est à retrouver sur Global Voices]


En partenariat avec :

Logo de Global Voices.

Partager cet article
Repost0
30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 10:27

Mehdi Lallaoui a confié à Mediapart, en exclusivité, l'intégralité du documentaire qu'il a réalisé avec Bernard Langlois sur le 8 mai 1945 à Sétif (Algérie). Un film de 1995, le premier à explorer ces événements. Soixante-cinq ans après, le passé refuse toujours de passer, comme le montre le procès fait pendant le festival de Cannes au film de Rachid Bouchareb, «Hors-la-loi».

 

Film de 56 minutes.

 

Partager cet article
Repost0
30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 10:23

reu_quimper_husson.JPG

Partager cet article
Repost0
30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 10:18

Les éditions Dialogues.fr sont assignées en référé demain par le laboratoire Servier au sujet du livre "Mediator, Combien de morts", écrit par une pneumologue brestoise.

 

"Combien de morts?", c'est la question que le laboratoire Servier voudrait voir effacer de la couverture du livre d'Irène Frachon, un médecin brestois, sur le Mediator aux éditions Dialogues.fr. Ce médicament coupe-faim a été interdit le 30 novembre dernier par l'Afssaps (*) à la suite d'une étude réalisée par une équipe de médecins du CHRU de Brest.


Ce même laboratoire avait vu en septembre1997 l'interdiction de son Isoméride, un autre médicament coupe-faim largement prescrit. Le Mediator, pourtant également dérivé d'amphétamines, était resté en vente avec des indications réduites aux diabétiques en surpoids. Dans son livre, qui sera en librairie le 3 juin, le DrIrène Frachon explique comment le lien entre la prise de Mediator et des atteintes des valves cardiaques a pu être établi.

Jeune maison d'édition

"La ficelle est grosse. Dans son assignation, Servier dit trouver légitime que l'auteur jouisse d'une large liberté d'expression. Mais le laboratoire demande la suppression d'une mention sur la couverture. Cela revient à son interdiction", réagit Charles Kermarec, patron des librairies Dialogues et depuis peu éditeur. Servier estime que la mention "Combien de morts?", en caractère gras, constitue "un dommage imminent".


Le laboratoire voudrait que le tribunal de Brest ordonne la suppression de la mention sous peine d'une astreinte de 500 € par jour de retard ou, à défaut, l'apposition d'un bandeau. Une action qui vise une toute jeune maison d'édition qui se passerait bien de ces frais de procédure. «C'est une histoire de santé publique et de patients qui souffrent. Le laboratoire Servier s'attaque à un petit éditeur, c'est une façon de tenter de nous faire taire sur ce scandale», ajoute Charles Kermarec.

Tiré à 5.500 exemplaires


Le livre a été tiré à 5.500 exemplaires pour l'instant. "Mais je vais le faire réimprimer tout de suite et alerter mes collègues libraires, leur demandant d'être vigilants pour ne pas être en rupture de stock. Il n'y a pas de dommage imminent puisque le médicament est déjà retiré de la vente. Et la question du nombre de morts est d'autant plus légitime qu'on sait qu'il y en a eu".


Le Dr Irène Frachon n'est pas visée par l'assignation, mais elle confirme: "La question soulevée du nombre de morts est très importante et elle fait peur au laboratoire Servier". Une crainte aussi, sans doute, de voir se multiplier les recours judiciaires des patients qui ont pris du Mediator. Une première patiente, traitée pendant sept ans et atteinte d'une valvulopathie, vient de déposer plainte début mai.

* Agence française de sécurité sanitaire et des produits de santé.

Source : http://letelegramme.com/ig/generales/regions/bretagne/produit-coupe-faim-le-scandale-du-mediator-rebondit-30-05-2010-936829.php

Partager cet article
Repost0
30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 10:02
Kilpmarch45
25 mai 2010

Aux récentes images de Sud-Africain-e-s en liesse à l’approche de la Coupe du monde auraient dû succéder celles de Sud-Africain-e-s construisant des barricades, alors qu’une nouvelle vague de manifestations et de grèves balaie le pays. Dans des scènes évoquant l’apartheid, la police affronte des manifestant-e-s et à des ouvrier-e-s en grève, tirant à coup de lacrymogènes, de balles en caoutchouc et de munitions réelles.


Cette vague de mobilisations arrive un an seulement après l’élection, en avril 2009, de Jacob Zuma. Ce dernier était vu par beaucoup, notamment par ses soutiens de l’imposant Congrès des syndicats sud-africains (Cosatu) et du Parti communiste (Sacp), comme représentant un nouveau départ pour le gouvernement ANC, après 12 ans de politiques néo-libérales.

 

C’est pourquoi les récents mouvements en ont pris beaucoup par surprise, des commentateurs exprimant leur incrédulité face à le mécontentement envers un gouvernement élu à 66%. Dans une tentative de dévier la colère exprimée dans les manifestations pour de meilleurs services publics, le gouvernement a blâmé « l’incompétence des municipalités » et a plaidé pour qu’on lui laisse le temps de purger les conseillers inefficaces et corrompus. Il a même menacé de prendre le contrôle de municipalités soi-disant « défaillantes ». Toutefois, les manifestant-e-s font porter la responsabilité des défaillances des services publics sur les conseillers locaux et les politiciens ANC corrompus.


Les manifestations dans les townships ont coïncidé avec la recrudescence de grèves nationales ces dernières années. Elles suivent la grève d’un mois de 2007 qui fut la plus longue et la plus large grève du secteur public de l’histoire de l’Afrique du Sud, avec plus de 700 000 grévistes et 300 000 autres travailleurs, pour qui faire grève était illégal, prenant part aux différentes formes de protestation. En août 2008, une autre grève générale paralysa l’économie quand le Cosatu mobilisa contre la hausse des prix des produits alimentaires et du carburant, qui suivit celle de 2, 75% de l’électricité. Depuis début 2009, il y a eu 24 mobilisations majeures dans tout le pays et les membres du gouvernement considèrent que le nombre de manifestant-e-s excédera cette année celui de 2007 et de 2008.

 Richesses pour certain-e-s, pauvreté pour (beaucoup) d’autres

Bien que l’Afrique du Sud soit parmi les pays d’Afrique aux meilleures performances économiques, tout le monde n’en a pas bénéficié de manière égale. Depuis la fin des années 90, l’économie de l’Afrique de Sud a observé 6% de croissance par an et l’inflation a été réduite de 6%, comme d’autres économies africaines. Ceci a cependant été le fruit de politiques néolibérales avec un contrôle strict des dépenses et des services publics, qui a touché le plus durement les pauvres à mesure que l’argent a été détourné des dépenses publiques à travers des allègements d’impôts pour les riches et les classes moyennes.

 

L’augmentation de certains postes au budget gouvernemental n’est pas venue d’un changement fondamental de politique macro-économique, mais par la mise en valeur de l’efficience fiscale. De telles « économies fiscales », expliquent le COSATU et d’autres, se font au détriment des dépenses en faveur du monde du travail.


Les gouvernements ANC ont trouvé l’argent pour remplir les poches des grandes entreprises avec des milliards d’euros de réductions d’impôts, avec la taxe sur les entreprises qui était de 50% au début des années 90 passée à 30% aujourd’hui. La croissance économique des dernières années est liée à une croissance de la demande globale, particulièrement en Chine, pour les produits manufacturés et les matières premières d’Afrique du Sud. Comme ailleurs dans le monde, ceci a coïncidé avec un boom financier et spéculatif engendrant une montée en flèche des prix de l’immobilier de 400% – plus qu’aux États-Unis et en Irlande.

 

Alors qu’il y a eu des investissements en infrastructure, cela a été réalisé par des partenariats public-privé similaires avec ces grosses sommes investies dans des projets touristiques comme les stades de foot de la Coupe du monde et un réseau ferroviaire rapide pour l’élite, qui évite Soweto, entre Johannesburg et Pretoria qui servira surtout aux migrations pendulaires des riches et des classes moyennes.


La proportion de personnes vivant sous le seuil de pauvreté a diminué de 58% en 2000 à 48% en 2005 et beaucoup de familles ont eu accès à des programmes de réduction de la pauvreté. Mais beaucoup de foyers et de communautés restent piégées par la misère. 75% des enfants noirs vivaient dans la pauvreté en 2007, contre 43% d’enfants « de couleur », 14% d’Indiens et 5% de blancs.

 

Le gouvernement prétend avoir construit plus de 2 millions de nouveaux logements mais il y a toujours 2000 habitations informelles dans tout le pays dans lesquels les gens vivent sans sanitaires ni électricité, dans des cabanes faites de taule ondulée et de matériaux récupérés. Près de 10 incendies par jour tuent des centaines de personnes tous les ans. La colère et l’amertume des rêves brisés de libération rongent ainsi le tissu social. Une rage qui s’exprime aussi à travers les 50 personnes assassinées par jour. Les chiffres de la criminalité ont certes diminué ces dernières années, mais ils sont toujours élevés par rapport à la moyenne internationale.


Officiellement, le chômage est situé à 23%, mais les observateurs les plus sérieux et les militant-e-s l’estiment à plus de 40%. Un chiffre qui risque de monter alors que la crise globale commence à poindre dans un pays dont la récente fortune économique a été le produit d’une demande pour des marchandises comme le charbon, l’or ou le platine. C’est pourquoi les demandes d’emplois et de salaires décents sont au cœur des revendications des manifestant-e-s. Dans ce pays, le travailleur moyen doit nourrir 5 membres de sa famille.

 

Lors des manifestations les média n’ont d’ailleurs pas manqué de noter le jeune âge de nombreux participant-e-s. 1 jeune sur 2 entre 18 et 24 ans est au chômage, et alors que la jeunesse a joué un rôle symbolique et de premier ordre depuis les révoltes de Soweto en 1976, il n’est pas surprenant qu’elle se soit impliquée. Malgré sa récente promesse de créer 500 000 emplois, le président Zuma a reculé et statué que « ce ne sont pas des emplois permanents que l’économie devrait créer, mais des opportunités qui devraient aider notre peuple à survivre à court terme ».

 Zuma

Il est important de comprendre la signification de l’élection de Jacob Zuma et les attentes qu’il a suscitées. Zuma, à la différence de Thabo Mbeki, est vu comme un « homme du peuple » et un ami des travailleurs ayant la volonté d’écouter les syndicats. Zuma et ses soutiens (dont le COSATU et le SACP) ont longuement expliqué que ce dernier avait été persécuté par Mbeki et ses partisans.

 

En septembre 2008, Mbeki, alors président, était démis par le Comité exécutif national de l’ANC après un verdict judiciaire qui suggérait que Mbeki, ou des membres du gouvernement, avaient pu interférer avec la décision de la National Prosecuting Authority pour poursuivre Jacob Zuma sur une affaire de corruption liée à la vente d’armes. Cela a conduit à une rupture dans l’ANC et à la formation d’un nouveau parti politique – le Congrès du Peuple (COPE) – par les partisan-e-s de Mbeki, dirigé par des multi-millionnaires noirs. En janvier 2009, Zuma était à nouveau poursuivi pour corruption mais, quelques semaines avant l’élection, les charges tombèrent, lui pavant la voie pour devenir président du pays.


Il y existe, à gauche, l’idée que Mbeki a été remplacé à cause de conflits internes à l’ANC. Mais ces conflits reflètent la colère et la frustration envers ses politiques néo-libérales et le destin de Mbeki n’était pas scellé par des manœuvres internes mais par les grèves générales et les manifestations de ces dernières années auxquelles Zuma s’est intelligemment associé pour gagner le soutien du SACP et du COSATU. En ayant l’air de persécuter Zuma, Mbeki a renforcé sa popularité et en a fait un nouveau leader pour des millions de mécontent-e-s.

 

Toutefois, Zuma n’est pas un radical. Il était vice-président sous Mbeki et ne protesta pas contre les politiques favorables aux entreprises de Mbecki ni ses remarques scandaleuses sur le VIH et le sida selon lesquelles il n’y aurait pas de lien entre les deux phénomènes.


Zuma est un pragmatique qui a tenté, jusqu’à présent de manière satisfaisante, de rassurer les capitalistes qu’il ne basculerait pas vers la gauche. Présenté comme un homme de gauche par ses soutiens, il parle plus comme un républicain américain, comme l’a dit un éditorialiste, avec ses appels à une action plus dure contre la criminalité et à des marchés plus libres.

 

Avant son élection, le conseiller le plus proche de Zuma, l’ancien dirigeant syndical Gwede Mantashe, rencontra les investisseurs de Cape Town et souligna les façons d’accélérer la hausse des investissements en Afrique du Sud, de combattre le crime et d’offrir progressivement un filet social de sécurité, disant que la présidence de Zuma ne consisterait pas à opposer « les entreprises contre les pauvres » mais à « créer un environnement pour les entreprises tout en se tournant vers les besoins des pauvres. » Un peu avant son élection, Zuma parla d’établir un « pacte » entre les entreprises, le gouvernement et les syndicats pour répondre aux bas salaires, aux grèves et à l’inflation. Les grèves et les manifestations ont fait volé en éclat cette perspective, et au lieu d’apporter la paix sociale le Financial Times note qu’« il y a une sale, imprévisible humeur chez les pauvres sud-africains ».

 L’Alliance

On parle toujours du fait que l’alliance entre l’ANC, le COSATU ou le SACP puisse se briser mais beaucoup des principaux militant-e-s considèrent encore qu’il est mieux de travailler à l’intérieur de l’Alliance. Zuma prévenait d ailleurs ainsi les militant-e-s avant la violente rupture dans l’ANC : « ...une chose que nous savons d’après des décennies d’expérience. Personne ayant quitté l’ANC, quelle qu’en soit la raison, n’est parvenu à se distinguer. » L’Alliance est rongée par des contradictions et des tensions résultant de la confusion entourant la manière de comprendre l’ANC, avec les dirigeant-e-s du très radical syndicat des mineurs déclarant par exemple que les manifestations sont le résultat de politiques dirigées par les « agents néo-libéraux du gouvernement » et accusant certains protestataires d’être « des forces opportunistes et réactionnaires » qui manipulent les mouvements des townships.


Il est clair en tout cas que les grèves militantes et les protestations des townships de ces dernières années ont eu pour effet de rompre le consensus néo-libéral au sein de l’Alliance. Avec l’élection de Jacob Zuma beaucoup espéraient que cela conduirait à une nouvelle période de stabilité sociale. 15 ans de gouvernement ANC ont vu l’Afrique du Sud devenir le pays le plus inégalitaire au monde mais aussi sa capitale protestataire. En mai 2008, les chiffres de la police et du gouvernement notèrent qu’entre 1997 et 2008 il y avait eu 8695 incidents liés au contrôle de la violence ou de l’agitation des foules et 84 487 incidents liés au contrôle de foules et de manifestations pacifiques.


Et alors que les précédentes protestations avaient été centrées sur des questions comme le manque d’eau et le logement, les récentes manifestations ont été plus généralisées et plus violentes. Comme le protestataire Mzonke Poni le dit aux journalistes : « À chaque fois que le gouvernement ANC échoue à tenir parole, il se trouve des excuses et en fait le reproche à des individus. Il est vrai que ses conseillers manquent d’engagement et de talent, mais il faut aussi blâmer la direction nationale – et pendant ce temps les gens souffrent. La seule façon de se faire entendre par le gouvernement est d’exprimer notre colère et notre rage et alors ils comprennent ce que nous ressentons ».


La Coupe du monde n’offre à l’Afrique du Sud rien d’autre que ce qu’elle a toujours connu : la séduisante illusion du développement par les grands stades, la publicité internationale, et le tourisme footballistique. La réalité ne changera pas pour celles et ceux qui désiraient un vrai changement avec la fin de l’apartheid ou qui espéraient que la victoire de Zuma l’an dernier implique une rupture avec les politiques dévastatrices qui ont plongé l’Afrique du Sud plus profondément dans la pauvreté.


Mais le climat de rébellion, qui est depuis longtemps un invariant pour les pauvres sud-africain-e-s, crée d’immenses opportunités et défis aux révolutionnaires pour aider à organiser des protestations, et à unifier les luttes des chômeur-euse-s pauvres des townships et les travailleur-euse-s pauvres dans la direction d’une alternative politique qui puisse commencer à défier la domination de l’ANC.


Peter Dwyer et Leo Zeilig

Partager cet article
Repost0
30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 09:55
Par Belkacem Adda Benyoussef et Chris Den Hond le Samedi, 29 Mai 2010


 

 

Le Pr. Christophe Oberlin, chirurgien, spécialiste réputé pour ses techniques innovantes de réparation des lésions nerveuses, effectue régulièrement des missions de chirurgie et d’enseignement dans la Bande de Gaza. En janvier 2010, il s’est rendu sur place à l’occasion de sa 28ème mission chirurgicale, en compagnie d’une équipe de médecins européens.

Christophe Oberlin:

« Trois fois par an, depuis 9 ans, je me rends à Gaza avec mes équipes. C'est pour travailler, mais à chaque fois, on prend un peu la température de l'opinion et on voit cette opinion se modifier au fait des mois et des années. Et actuellement la température de l'opinion à Gaza n'est pas très bien retranscrite dans nos médias.


Le grand clivage, le décalage s'est constitué très précisément à partir de février 2006, quand le Hamas a gagné les élections. Instantanément, l'aide de l'Union européenne a été stoppée. Lors de cet arrêt de l'aide, une partie de ceux qui soutiennent les Palestiniens n'ont protesté que très mollement, car finalement, l'arrivée au pouvoir du Hamas ne correspondait pas à l'idée que certains se font de leur idéal politique, et on a vu une partie du mouvement de solidarité à la Palestine se retirer doucement ou se ramollir.

 

Et c'est une tendance qui s'est accélérée lorsque le Hamas a pris le pouvoir en juin 2007. Là on a vu apparaître un clivage, et même plus : dans l'argumentaire d'une partie de ce mouvement pour la Palestine anti-Hamas, on retrouve bien souvent quelque chose qui peut constituer une alliance objective avec la partie du Fatah qui est franchement collaboratrice et qui aujourd'hui a basculé pratiquement du côté israélien et américain.

Énorme propagande anti-Hamas

Je me souviens d'avoir été reçu dans un petit village où j'avais soigné un certain nombre de blessés. C'est le nouveau maire Hamas et l'ancien maire Fatah qui m'ont reçu tous les deux, la main dans la main, on a fait le tour des popotes, on est allé voir la grand-mère, ils ont fait la prière ensemble, autrement dit, la société palestinienne est une société profondément islamisée. Et cette séparation de pouvoir politique et religieux qui chez nous est un peu une doctrine rigide, là-bas, c'est un peu différent.

 

Mais il n'est pas question pour le Hamas de participer à un régime politique qui ne soit pas un régime démocratique. Les lois fondamentales sont respectées, les élections (un homme, une femme, une voix; on est élu, on gouverne; on est battu, on rentre chez nous). Il n'est pas question qu'il y ait un pouvoir qui se rajoute au pouvoir politique habituel. Donc c'est un parti qui est bien entendu empreint de valeurs religieuses, mais je dirais de ce que ces valeurs religieuses ont de positif, c'est-à-dire l'éthique, le respect des droits de l'homme, l'égalité, tout ce qui fait la vraie démocratie.


Il y a une énorme propagande anti-Hamas. Il y a très peu de voix qui s'expriment en français pour dire quel est le vrai programme du Hamas. Pourtant ce programme est écrit. Il y a eu un programme électoral en 14 points en février 2006 avant les élections parlementaires, que le Hamas a remporté très largement. D'ailleurs nous l'avions prévu, c'était inscrit dans l'ambiance de l'opinion. Et à la suite de la prise du pouvoir du Hamas en juin 2007 aussi, il y a eu un programme très précis dont personne ne parle.

 

C'est là une partie de la propagande, parce que ce programme est parfaitement démocratique. Alors il y a une propagande en face et moi je souffre quand une partie du mouvement de soutien à la Palestine embraye et en rajoute. Il y a quelques jours on m'a dit: "Le Hamas a supprimé les fêtes chrétiennes, le Hamas réprime la population chrétienne". Je sais que mon ami Mohammed Rantissi a passé avec sa femme les fêtes de Noël avec les petites sœurs de Jésus à Gaza ! Il y a des petites sœurs de Jésus à Gaza qui font un travail social remarquable depuis plus de 30 ans et elles travaillent comme toutes les religieux chrétiens dans les pays musulmans, c'est-à-dire qu'elles sont acceptées à condition de ne pas faire du prosélytisme. C'est la même chose en Algérie.

Travailler le dimanche…

Quand on dit: "Des fêtes chrétiennes sont supprimées", qu'est-ce qui se passe à Gaza ? Il y a le vendredi, le grand jour des musulmans, qui est chômé l’après-midi. Le samedi est chômé également. Alors le dimanche ? Ce qu'on me dit là-bas, c'est qu'on est sous siège : est-il raisonnable dans un pays qui est soumis au pire des sièges que les administrations, les écoles, les hôpitaux soient arrêtées de fonctionner deux jours et demi par semaine? Donc la décision n'est pas encore prise me dit-on, mais il est clair qu'on souhaite travailler le dimanche.


On m'a interrogé sur le fait que les garçons et les filles seraient séparés à l'école et que ce serait une disposition nouvelle : ça m'a fait rire, parce que c'est pas nouveau. Ca a toujours été comme ça. Alors je ne porte pas un jugement, je dis simplement, regardons-nous. Il y a pas très longtemps, la séparation entre garçons et les filles étaient la situation dans nos écoles et là-bas ce n'est absolument pas une disposition nouvelle prise par le Hamas.

Il faut un vrai travail de journaliste

Je n'ai pas entendu au cours de mes soirées tête-à-tête avec des responsables politiques Fatah ou indépendants qu’il y ait aujourd’hui des prisonniers politique dans les prisons de Gaza. Je ne dis pas qu'il n'y en a pas, je n'en sais rien, il y a un vrai travail de journaliste à faire, mais des vrais journalistes. C'est très difficile pour des vrais journalistes, des journalistes à peu près indépendants, pour entrer dans Gaza. Il faut avoir une accréditation israélienne. Donc c'est filtrée. Bien des fois il y a eu des "journalistes" envoyés là-bas qui en réalité étaient chargés de donner des renseignements aux Israéliens de façon à permettre des assassinats ciblés ou des arrestations, donc le vrai travail de journaliste n'est pas fait à Gaza, en tous cas par les occidentaux.

Une bonne administration à Gaza

L'une des questions importantes c'est la sécurité. Avant 2005, quand il y avait des colonies à l'intérieur de la bande de Gaza, il n'y avait pas de sécurité, parce que les colonies étaient interfacées, intercalées, enclavées avec une énorme zone de contact avec la population palestinienne et il y avait des tirs toute la nuit, parfois toute la journée, il y avait toujours un risque de se prendre une balle perdue, donc il n'y avait pas de sécurité. Il y avait d'ailleurs énormément de passants, de femmes qui étendaient leur linge qui ont été tuées et notamment à la frontière égyptienne avec les tours israéliennes ; il y a eu des massacres sur la ville de Rafah. Un de mes élèves, le docteur Samir Al Jazy, a été tué chez lui un soir, une balle qui est passée par la fenêtre et qui venait d'une tour israélienne.


Depuis que les colonies ont été évacuées, tout ceci a disparu et on a vu revenir l'insécurité sous une autre forme et je l'ai vécu. C'est dans la période entre le moment où le Hamas avait gagné les élections parlementaires et la prise de pouvoir en juin 2007: février 2006-juin 2007, un an et demi. J'ai fait plusieurs missions à ce moment-là. Là il y avait une véritable insécurité car il y avait effectivement deux polices dans la rue.

 

J'ai vu arriver dans la bande de Gaza des pick-ups chargés de soldats et d'armes toutes neuves, j'ai vu des blindés légers dans la bande de Gaza, donc il y avait une véritable insécurité que nous avons vu disparaître du jour au lendemain à la suite de la prise de pouvoir par le Hamas, le mi juin 2007. Nous avons fait une mission début juillet 2007 et à ce moment-là, il n'y avait pas de coups de feu, on pouvait se promener à pied dans la rue le soir sans aucun problème.


Cette sécurité institutionnelle, organisée persiste jusqu'aujourd'hui et en même temps on assiste au moins visuellement à une bonne administration: les routes ont été dégagées, les trottoirs sont refaits, des carrefours en rond points pour éviter que les voitures ne roulent trop vite, il y a une véritable organisation, il y a des gens qui nettoient la rue, les rues sont propres et on voit qu'il y a une volonté aussi d'essayer de mettre une bonne partie de la population au travail (80% sont au chômage).

 

Des quartiers entiers sont démolis, ont été écrasés sous les bombes en janvier 2009, la plupart de ses bâtiments totalement détruits – j'ai été très surpris en janvier 2010 – sont coupés en petits morceaux et récupérés pour la reconstruction. Des centaines de jeunes récupèrent du sable sur la plage de Gaza en prévision de la reconstruction. C'est un peu à la Chinoise, quand on n'a pas de moyens, on utilise les moyens humains et on voit que toute cette population est au travail. Ce sont des signes d'une administration qui fonctionne.


Un élément aussi sont les fonctionnaires, ceux qui ont un salaire régulier, étant donné que les entreprises privées ont énormément de difficultés à vivre, il y a des familles entières qui vivent du salaire des fonctionnaires. Là aussi il y a un jeu qui est extrêmement pervers joué par le Fatah, par l'Autorité palestinienne. Les fonctionnaires qui travaillent voient leur salaire coupé par Ramallah. Un policier par exemple m'a dit qu'il ne travaille pas, parce que s'il travaillait, son salaire serait coupé. Il reste donc chez lui à ne pas travailler. J'ai constaté la même chose chez un médecin, ce qui est beaucoup plus grave. Il nous a dit que s'il allait à l'hôpital pour travailler, son salaire serait coupé.


Là aussi, la propagande anti-Hamas s'est fait des gorges chaudes du remplacement des enseignants à l'école et des médecins à l'hôpital, mais il est clair que si un enseignant ne vient pas faire ses cours, il faut que quelqu'un le fasse à sa place. Et on entend rarement critiquer cette politique de sape de l'Autorité palestinienne.

L'embargo n'est pas efficace

Dix ans de siège, d'embargo en Irak ont été une catastrophe qui a d'ailleurs contribué exactement à l'effet inverse de ce que souhaitaient les Américains, c'est-à-dire à monter définitivement et pour une génération voir d’avantage la population irakienne contre les Américains. Et bien là l'embargo a exactement le même effet, c'est-à-dire qu'il accentue tous les jours un peu plus le fossé entre la population palestinienne et le monde occidental. En plus cet embargo sur le plan des salaires n'est pas efficace, tout simplement parce que l'argent vient d'ailleurs.

 

Les Palestiniens n'ont pas besoin de l'argent européen ou américain. Ce n'est pas nouveau d'ailleurs, ils disaient la même chose en 1948: "Nous voulons des accords politiques, nous sommes des citoyens du monde, nous avons une dignité, nous ne sommes pas des mendiants." Les conférences d'Annapolis et d'autres sont ressenties comme totalement grotesques. Je me souviens bien à la fin des bombardements en janvier 2009, alors qu'on parlait de la « reconstruction de Gaza », il y avait l'unanimité autour de moi pour dire: "Nous ne voulons pas d'argent, c'est complètement secondaire".


D'abord on voit une véritable volonté d'organisation de l'alimentation de la population. On le voit au niveau de produits qui viennent encore d'Israël. Il y a quelques dizaines de camions qui passent chaque jour pour un 1 million cinq cents mille habitants. Avant l'embargo, c'était 300 camions par jour. Il y a une lutte entre l'Autorité de Gaza et les Israéliens pour qu'on n'introduise pas n'importe quoi dans la bande de Gaza. Les Israéliens essayent d'envoyer les produits périssables ou quand ils ont des surplus. Et quand ça ne correspond absolument pas aux besoins de la population, il y a une protestation. Un moment donné, ils avaient absolument besoin du blé pour faire de la semoule, qui est quand même la base de l'alimentation, tandis que des produits agricoles en surplus en Israël arrivaient à Gaza.


On ne le dit pas assez, mais les Israéliens ont besoin de la Palestine pour écouler un certain nombre de produits et un certain nombre de producteurs israéliens ne sont pas du tout satisfaits de cet embargo.

Les prix montent, y compris avec les produits israéliens, car souvent ce sont des produits de mauvaise qualité qui ont été stockés à l'air sous la pluie. Il y a 10% de pertes, ce sont des pertes répercutées sur les prix et donc globalement les prix dans les petites boutiques ont augmenté de 30% au cours de l'année qui s'est écoulée. Ca se voit au terme de chiffres d'affaires et il y a donc beaucoup de gens qui n'ont pas les moyens de faire face à cette augmentation.


L'administration est également présente au niveau de l'organisation à l'intérieur de la bande de Gaza. Les colonies évacuées, c'est 30% de la surface de Gaza qui a pu être rendu à l'agriculture et l'idée étant l'autosuffisance – quels sont les produits que nous n'arrivons pas à importer ? Essayons de les produire - Donc il y a une production avec des vaches laitière, il y a de la pisciculture qui a été crée et puis toute une série de produits agricoles strictement concentrée sur les produits qui manquent. Et là actuellement il y a un énorme développement de cette région, il y a des centaines d'hectares qui sont cultivés et qui arrivent au stade de la production et qui se développent à toute vitesse avec un système d'irrigation par goutte à goutte, et ça fonctionne très bien.

Tunneliers enregistrés

Les tunnels ne sont pas des initiatives individuelles incontrôlées, c'est au contraire parfaitement contrôlé. Le maire de Rafah et son conseil municipal qui nous ont reçu, nous ont fait visiter ces tunnels. Tous les tunneliers sont enregistrés officiellement au niveau de la mairie de Rafah avec le nom du propriétaire. Les conditions de rémunération des employés sont précisées en particulier parce que c'est un travail qui est dangereux. Il y a des tunnels qui se sont effondrés, qui ont été bombardés, qui ont été gazés. En cas de blessure ou de décès d'un employé du tunnel, les indemnisations de la famille sont prévues dans ces contrats.


Et donc ces tunnels, il y en a plusieurs centaines, de très grand calibre. Ils fonctionnent à plein rendement. Par exemple en ce qui concerne l'essence: on ne trimballe plus l'essence dans des bidons, il y a des véritables pipes lines et l'essence est quatre fois moins cher qu'en Israël.


Et n'est pas du tout fini avec le « mur souterrain » égyptien, parce que ce mur est vraiment quelque chose de très curieux même sur le plan conceptuel. Ce mur est une espèce de barrière métallique qui au lieu d'être à l'extérieur est planté dans le sol sur une vingtaine de mètres de profondeur. Donc il est très clair que ceux qui sont capables de construire des tunnels d'un kilomètre, ceux qui ont été capables de faire tomber le mur lorsqu'il était à l'extérieur – souvenez-vous, c'était en janvier 2008, le mur extérieur sur la route Philadelphie a été renversé sur plusieurs kilomètres en une journée – il est clair que les gens qui sont capables de faire ça sont parfaitement capables d'ouvrir un coffre-fort et donc de percer un mur métallique souterrain. Ils sont capables de creuser en dessous. Et ce qui m'a été dit encore ces jours-ci, c'est que ce mur n'a eu que très peu d'effet - bien qu'il soit pratiquement terminé – sur les flux entre l'Egypte et la bande de Gaza.


On peut s'interroger aussi d'ailleurs sur quelque chose de très curieux, c'est que quand on voit du côté Gaza des camions entiers se charger de ciment avec des palettes de ciment qui extraient le ciment, une palette tous les trois minutes, il y a 10 sacs de ciment de 50 kilos, ça fait quand même 500 kilos toutes les trois minutes qui remontent du sol et les camions qui sont chargés à toute vitesse, on ne peut pas s'empêcher de penser que les mêmes camions arrivent de l'autre côté dans le paisible village de Rafah Egypte et que ces camions entiers déchargent leur produit et que finalement il ne se passe rien. Quel besoin y a-t-il de faire un mur souterrain, alors qu'aux yeux de tout le monde les produits arrivent du côté de Rafah. Ca veut dire quoi? Ca veut dire qu'il n'y a aucune autorité du côté de Rafah Egypte pour empêcher tous ces camions d'arriver.


On pouvait savoir d'emblée que la construction de ce mur souterrain serait inefficace, alors pourquoi l'a-t-on construit? Est-ce que ce n'est pas finalement une espèce d'habillage psychologique pour l'opinion internationale. Les Israéliens ne sont pas présents physiquement à Rafah au passage entre Rafah et l'Egypte, mais tous les documents d'identité de ceux qui passent dans un sens ou dans l'autre sont transmis aux autorités israéliennes.

Passer à la vitesse supérieure

Les Palestiniens de Gaza attendent des internationaux qu'ils passent à la vitesse supérieure en ce sens qu'ils ne se contentent pas comme moi d'être de simples témoins ou de simples visiteurs qui viennent, qui prennent trois photos et qui après en parlent dans un petit milieu. Ils attendent beaucoup des actions au niveau juridique car au fond, ce qu'ils demandent c'est la justice, tout simplement.

 

Et il y a des organismes qui sont là pour ça. Donc ils attendent énormément des tribunaux concernant les crimes de guerre, ils attendent énormément de l'inculpation de dirigeants israéliens convaincus de crimes de guerre, ils attendent beaucoup de choses du boycott des produits israéliens car pour eux, il n'y a que par une inversion des pouvoirs de force qu'Israël acceptera de venir à la table de négociations. Car je vous rappelle que la première demande du Hamas c'est des négociations immédiates, directes, sans intermédiaires avec Israël. »

Partager cet article
Repost0
30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 09:40

 

 

29 mai 2010 à 18h57 - Le Télégramme


 

« Nous n’avons jamais vu ça ». Nathalie Goldfarb et Dominique Petit, respectivement directrice adjointe et directrice du multi-accueil de Ménimur, à Vannes (56), parlent d’une seule et même voix. Dans leur viseur, un projet de décret remontant au début du dernier mois de février et concocté par Nadine Morano, secrétaire d’État à la famille. Pour faire simple, le gouvernement « veut augmenter les effectifs des enfants dans les crèches et diminuer le personnel qualifié les encadrant », résume Christine Le Guennec, auxiliaire de puériculture à Vannes.


Quand, aujourd’hui, « trois professionnelles s’occupent de quinze enfants âgés de 3 mois à 3 ans », ce même trio passerait à « 20 bambins » sous sa responsabilité. D’où des « dégradations des conditions de travail », tranche Christine Le Guennec, dans un contexte « où le personnel n’est plus remplacé, comme partout ».


Un slogan : « Pas de bébés à la consigne ! »


Les parents avaient été conviés à ce rassemblement, où deux banderoles ont été déployées une heure durant, dont l’une reprenait le slogan de cette autoproclamée journée de « déferlante nationale de la petite enfance » : « Pas de bébés à la consigne ! ». Une bonne trentaine de personnes ont finalement répondu à l’invitation, malgré la pluie persistante.


Laurence Ema, venue avec sa petite Lilou, 2 ans, n’était pas loin d’être la seule mère de famille à avoir fait le déplacement. Pour elle, sa présence semblait évidente : « Quand mes enfants ont été en âge d’être gardés, je me suis battue pour avoir une place en crèche. Car on y trouve des gens de métier qui ont des compétences et de l’expérience ». C’est au multi-accueil de Tohannic, l’un des cinq placés sous la coupe de la ville, sans compter les quatorze places dépendant de la municipalité à la crèche les Câlins bleus, au centre hospitalier Bretagne-Atlantique.


 « Une prestation qui va forcément s’appauvrir »


Laurence Ema n’en reste pas là : « Il faut arrêter de vouloir acheter du personnel au rabais. On tend vers une prestation qui va forcément s’appauvrir ». D’accord avec elle, les professionnelles de la petite enfance avaient commencé à se mobiliser dès le projet de décret : soit quatre journées « exceptionnelles » de grève en autant de mois. Pour prendre un exemple, la ville de Vannes propose environ 220 places dédiées à l’accueil des moins de 3 ans, occupées à 92 % (les structures associatives et privées ne sont pas comptabilisées).


David Robo, adjoint au maire en charge des affaires sociales, dresse le tableau : « Nous sommes à un personnel qualifié pour six enfants, qu’ils marchent ou non. La moyenne nationale pour les deux catégories est de 6,5. Nous nous trouvons au-dessus des exigences du précédent décret, celui de 2000. Il n’y a donc pas d’inquiétude à avoir ». Qu’en est-il des autres communes de l’agglo ?

Partager cet article
Repost0
29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 15:28

 

Partager cet article
Repost0
29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 15:25

retraites-ps-quatre183.jpg

 

 

Malgré les attaques de la droite contre la prétendue démagogie des propositions du PS, celles-ci entérinent bien les précédentes contre-réformes qui ont déjà vidé de son contenu la retraite à 60 ans.


Le Parti socialiste a donc fini par annoncer ses propres propositions sur les retraites. Elles vont de l’amélioration de l’emploi des seniors, à la retraite « à la carte » et à l’accroissement des recettes par l’augmentation des cotisations et la taxation de certains revenus du capital, des bonus, des stock-options, de la participation et de l’intéressement.

 

Mais, bien sûr, ce qui a perturbé les conditions du débat public naissant sur les retraites est le maintien proclamé de l’âge légal de la retraite à 60 ans et le report au-delà de 2020 d’une éventuelle augmentation du nombre d’annuités de cotisation nécessaires. Il n’en fallait pas plus pour que la droite dénonce la démagogie du PS et son goût immodéré pour les augmentations d’impôts. La contre-offensive gouvernementale a immédiatement été lancée sur le thème : le PS prétend « taxer le capital », mais comme cela ne suffira pas, ce sont les « couches moyennes » qui vont payer…


Les propositions du PS sont loin de constituer, du point de vue du monde du travail, une réponse à la hauteur. En particulier, préconiser la retraite « à la carte » ne peut conduire qu’à individualiser les situations et, donc, à ruiner les garanties collectives. La création d’un compte retraite individualisé est d’ailleurs l’un des moyens préconisés par les experts patronaux pour saper les bases d’un système solidaire fondé sur les droits collectifs.


Mais le refus de toucher à l’âge légal – laborieusement obtenu par l’aile gauche du PS – constitue une brèche dans le dispositif prévu par le gouvernement et le Medef et montre l’absence de consensus à ce sujet, même parmi les « partis de gouvernement ». Et, du coup, cela légitime le débat et la recherche d’autres solutions : si même le PS dit qu’on peut éviter de modifier la limite des 60 ans… Or, bien que le gouvernement ait choisi de distiller au compte-goutte les éléments de sa « réforme » dans l’espoir de désamorcer tout mouvement social, il apparaît de plus en plus que ses principales « solutions » sont bien le report de l’âge légal et une nouvelle augmentation du nombre d’annuités.


Pour autant, il ne faut pas se tromper sur l’objectif réellement visé : compte tenu du niveau de chômage global et, plus particulièrement, de celui des seniors, le but d’un report de l’âge légal de la retraite et, surtout, de l’augmentation des annuités n’est pas principalement de faire « travailler plus longtemps », mais de laminer les pensions via le système de décote. Cette remarque permet de relativiser quelque peu le caractère radical des propositions du PS !

 

En effet, pour justifier son report au delà de 2020 de toute mesure d’âge, les dirigeants socialistes évoquent l’augmentation d’ores et déjà prévue des annuités. Intéressant ! Ils entérinent donc définitivement les réformes Balladur (1993) et Fillon (2003) qu’ils avaient – très mollement ! – combattues. Et dont ils continuent, à juste titre, de dénoncer les effets sur « le niveau des pensions qui ne cesse de se dégrader ». Mais, on l’aura compris, il n’est plus question de revenir sur les dispositions imposées par les différents gouvernements de droite qui ont déjà vidé le droit à la retraite à 60 ans d’une grande partie de son contenu…


Mais, c’était encore trop pour certains responsables socialistes, toujours prompts à débusquer ce qui, dans le discours tenu par le PS, pourrait s’écarter de l’orthodoxie social-libérale. Et Dominique Strauss-Kahn s’est donc rappelé au bon souvenir de ses camarades en fustigeant le « dogme » de la retraite à 60 ans…


François Coustal

Partager cet article
Repost0
29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 15:23

aubryjmb.jpg

La notion de « care » est apparue aux États-Unis dans les années 1980. Ce concept comprend de multiples dimensions contrairement à l’utilisation qu’en fait Martine Aubry. Pour celle-ci, le care se limiterait à la maladie et à la dépendance.

Le 2 avril dernier, Martine Aubry se prononçait sur Mediapart en faveur d’une « société du bien-être et du respect, qui prend soin de chacun et prépare l’avenir ». Cette société que la première secrétaire du Parti socialiste appelle de ses vœux se voudrait le socle idéologique d’une « gauche solide sur ses valeurs » et la réponse face « au matérialisme et à l’individualisme ». La société du « care » dont il est question serait, selon la maire de Lille, la société « du soin mutuel : la société prend soin de vous, mais vous devez aussi prendre soin des autres et de la société ».
 


Le mot care, traduit en français généralement par soin, attention, sollicitude ou encore « concernement » est apparu dans le sillage de la deuxième vague du féminisme américain à partir des travaux de la psychologue Carol Gilligan. Ce concept anglophone désigne tout à la fois un souci, une attention portée à autrui (to care about) et le fait de s’occuper, de prendre soin de quelqu’un, de quelque chose (to take care of). Cette perspective qui a pris le nom de care, permet de réévaluer toute une série d’activités généralement mises à l’écart, ignorées, voire méprisées, et souvent reléguées à la sphère privée ou intime et qui sont le lot des femmes d’une part, et de tous les « outsiders » du pouvoir, d’autre part.


Même si le concept n’est pas neuf et date des années 1980, son introduction dans le débat public national est une première. Il est vrai que tant les féministes que les chercheurs français n’ont jamais été séduits par ce concept, à la différence du monde anglo-saxon où le livre de Carol Gilligan, In a different voice1, a été un best-seller et demeure la référence pour plusieurs générations de militantes.


Mais son utilisation dans le débat français par Martine Aubry soulève plusieurs questions. Et la première est bien celui du choix des mots : ainsi Patricia Paperman et Sandra Laugier2, rares spécialistes de ce concept en France, ont refusé de traduire le care en français. Elles cherchaient en fait à en garder les multiples dimensions et échapper ainsi à toute réduction qui porterait vers le soin ou l’expression de sentiments et d’émotions. Martine Aubry en le traduisant par « soin mutuel, bien-être », tombe justement dans ce que les auteures cherchent à éviter et laisse penser que c’est un concept limité à la maladie et la dépendance.

 

La question centrale du care est sa volonté manifeste de donner du pouvoir à ceux et celles qui n’en ont pas, principalement en revalorisant tout un ensemble d’activités de la sphère privée et du monde du travail qui sont marginalisées par la société capitaliste. Dans ce sens, la conception de l’individu, qui n’est pas un simple être juridique mais un parcours, une histoire, des sentiments, permet de penser l’égalité, le travail ou la citoyenneté. La première secrétaire du Parti socialiste n’arrivera pas à nous faire croire que son parti est capable de mettre du care dans le politique, surtout après avoir fait, et depuis longtemps, le choix du marché et des puissants..


Wassim Azreg


1. Une voix différente, collection Champs, Flammarion.
2. Paperman P. & Laugier S. (dir.), Le souci des autres. Éthique et politique du care, éditions de l’EHESS, « Raisons Pratiques », 2005.

Partager cet article
Repost0

Contactez le NPA du Finistère

 

faou

 

UNE-190.JPG

 

cgt-gg.jpg

 

affiche_Peillon_Fioraso_BAT_0_0.preview.jpg

 

encart npa taille normale

 

 

nukleel-nam-bo-ket.jpg

accueil
*

Brest

06 42 22 96 37

brest.npa@gmail.com

 

Quimper

06 59 71 42 21

quimper.npa@gmail.com
 

Le blog sur les

questions maritimes

L'autre grenelle de la mer

 

Le blog de solidarité avec

les camarades arabes

Revolution arabe 

 

fermoez-fesse.jpg

Recherche

Actions !

Pour plus de détails voir les liens: 

 

diapo prisonnier palestine

Soirée prisonniers palestiniens

AFPS Brest

mardi 16 avril

20H30

Maison des syndicats

 

sortir-copie-1.jpg


manifestants-hopital-SUD-copie-1


Quimper Gourmelen

Rassemblement

vendredi 19 avril

8 h 45


foto2-205-ebf3f

 

Fermez Cofrents

(pays Valencian)

 

 

laniion.jpg

  Concert à Lannion

 

no nuk

 

Dimanche 28 avril

Brennilis

anti-r-1-r-copie-1.jpg

 


robertbelle5mai13DZ

 

 

Mardi 7 mai

 Yves-Marie Le Lay,

Président de

Sauvegarde du Trégor

  Douarnenez

Librairie l'Ivraie à 20h00

 

nddk.jpg

 

yy.jpg

 

st nnonon

 

grece.jpg