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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 12:33

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Le gouvernement s'attaque à  l'accueil collectif des enfants de moins de 6 ans en augmentant le taux d'accueil en surnombre des crèches et en favorisant le recrutement de personnels sous diplômés en lieu et place des puéricultrices et autres éducateurs– trices de jeunes enfants.

 

Par ailleurs, une loi envisage de généraliser les Maisons d'Assistantes Maternelles où jusqu'à quatre adultes auront chacun la charge de quatre enfants sans être formés dignement à l'encadrement de groupes et sans qu'aucune forme de contrôle sérieux ne puisse rassurer quant à la sécurité des enfants. Cette dégradation du service public de la petite enfance préfigure une privatisation appelée de ses vœux par une directive européenne.


Une journée nationale de mobilisation est prévue ce samedi 29 Mai organisé par collectif « Pas de bébé à la consigne » qui regroupe associations professionnelles et syndicats de la petite enfance, du secteur social et de l’Éducation nationale, associations de parents d’élèves et familiales.

 

Un rassemblement festif est programmée à 12h  place de la Liberté à Brest avec un pique nique.  Le NPA soutient ce mouvement et souligne sa volonté d'œuvrer en faveur d'un service public d'accueil de la petite enfance

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 07:57

 

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 07:54

 

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 07:48

Le volcan la Soufrière, en Guadeloupe (Sybarite48/Flickr)

 

Claude Allègre est un personnage imprévisible. Il n'a pas répondu en justice aux attaques particulièrement nombreuses sur son livre, se laisse comparer à Jean-Marie Le Pen, mais décide de poursuivre l'hebdomadaire Politis qui tire à 30 000 exemplaires pour une tribune parue en juin 2009 (oui, il y a presque un an), parce qu'elle évoquait l'affaire du volcan de la Soufrière, premier épisode de la guerre avec le célèbre vulcanologue Haroun Tazieff.


Tout juste nommé directeur de l'Institut de physique du globe, en 1976, Claude Allègre aurait surestimé le risque pour les populations voisines du volcan guadeloupéen, en demandant et obtenant leur évacuation… pour rien, puisque le volcan n'est pas entré pas en éruption.

La tribune dans Politis, signée par sept personnalités du monde économique et scientifique, met en cause l'éthique d'Allègre à travers l'épisode de la Soufrière, pendant lequel le scientifique a été accusé de manipulation de données.


Haroun Tazieff avait été condamné en 1990 pour diffamation pour avoir dit qu'Allègre avait inventé la présence de « verre frais » dans les cendres de l'éruption, dans le but de maintenir l'état d'urgence, plus favorable à l'octroi de crédits pour l'université.

Denis Sieffert, directeur de la publication de Politis, remarque que cet épisode volcanique est « fondateur dans la carrière de Claude Allègre, c'est le moment où il commence à prendre des libertés avec la science et à entrer en politique. »

Une affaire « relativement incompréhensible »

La tribune, publiée alors que le nom d'Allègre circulait pour une éventuelle nomination au gouvernement, termine par une mise en garde :

« Avant de nommer Claude Allègre à de hautes fonctions liées à la science, on voudrait se persuader que le président de la République n'a aucune crainte de voir son poulain verser à nouveau dans de semblables dérives… »

Claude Allègre n'hérite d'aucun maroquin ministériel mais publie en février un livre « L'imposture climatique » (Plon) dont les ventes sont estimées, au dernier recensement, à 130 000 exemplaires.

Cet opus donne lieu à un pamphlet du journaliste de Libération Sylvestre Huet : « L'imposteur, c'est lui - Réponse à Claude Allègre » (Stock), réponse méthodique à chacun des arguments du pourfendeur des thèses sur le réchauffement climatique. Le livre déclenche une pétition de centaines de climatologues qui en appellent à leurs tutelles pour faire taire le bruyant Claude Allègre.

Pour le directeur de la publication de Politis, Denis Sieffert, convoqué devant le juge jeudi dernier avec les sept signataires de la tribune, cette affaire est « relativement incompréhensible ». Le journaliste a deux hypothèses :

« La première, c'est qu'il ne nous aime pas depuis très longtemps, parce que sur les OGM, le nucléaire et l'écologie en général, on pense à l'opposé de lui et de ses thèses scientistes.

La seconde est que cette tribune lui a nui à un moment où il était ministrable, que Fillon et Sarkozy se sont dit en nous lisant “encore un personnage à emmerdement”. »

Allègre « n'est pas procédurier »

Claude Allègre n'a pas souhaité s'exprimer sur cette poursuite en diffamation et a laissé son attachée de presse en expliquer la logique :

« Les propos sur la Soufrière ont déjà été condamnés il y a bien longtemps. Politis a repris ces propos et Allègre a décidé de ne pas les laisser passer. Mais Dieu sait qu'il est pas procédurier, il est très au-dessus de ça, d'ailleurs les attaques sur son bouquin il s'en fout, il n'a pas de temps à perdre avec ça. »

Reste à comprendre pourquoi Claude Allègre n'a pas demandé de droit de réponse. A Politis, on s'étonne :

« Normalement, on commence comme ça et si on n'obtient pas gain de cause, on va en justice. »

La plainte a été déposée dans le délai des trois mois suivant la publication de la tribune, mais la procédure a été longue et les sept scientifiques et le directeur de la publication n'ont été convoqués en vue de leur mise en examen que ce mois-ci.

L'avocat de Claude Allègre, maître Michel Pezet, assure que son client « n'a rien contre Politis, le journal n'est que le support, il n'est pas dans la ligne de mire. » N'empêche qu'il pourrait être mis en danger s'il était condamné à de lourds dommages et intérêts. Et qu'il a du coup lancé une pétition de soutien, déjà signée par 5 000 personnes depuis jeudi (3750 visibles sur le site de la pétition, les autres en attente de validation).

Photo : le volcan la Soufrière, en Guadeloupe (Sybarite48/Flickr)

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 07:31
mercredi 26 mai 2010 Ouest France

Les manifestants défileront jeudi derrière une banderole unitaire. Un service minimum est organisé dans les écoles.

Emploi, salaires et retraites

L'intersyndicale CGT-CFDT-CFTC-Unsa-FSU-Solidaires a bon espoir de réussir la mobilisation de jeudi prochain pour les retraites : « L'impression est plutôt favorable, confie Marie-Annick Le Berre (CGT). Il y a pas mal d'entreprises où des heures ou des préavis de grève ont été déposés. »


Formellement, la manifestation qui se rassemblera à 10 h 30, place de la Résistance, portera sur l'emploi, les salaires et les retraites : « On ne peut pas distinguer la question des retraites du niveau de l'emploi, observe Philippe Benjamin (Solidaires). Même si le thème des retraites est plus prégnant dans l'actualité. »


« Si le nombre de manifestants n'est pas énorme, il faudra regarder le nombre de grévistes, avertit Guy Barré (FSU). C'est parfois différent compte tenu des problèmes de garde d'enfants ou autres... »


Service minimum


La Ville de Quimper met d'ailleurs en place dans les écoles publiques un « service minimum » pour les enfants dont l'enseignant est gréviste si 25 % au moins des enseignants de l'école se sont déclarés grévistes.

Les familles qui souhaitent en bénéficier doivent s'inscrire en mairie centre ce mercredi de 11 h 30 à 18 h. Le service sera ouvert, en priorité, aux familles monoparentales exerçant une activité ainsi qu'aux familles dont les deux parents travaillent. Les temps périscolaires du soir et la cantine seront par ailleurs fermés jeudi. Situation école par école sur le site de la mairie ou par téléphone : 02 98 98 89 46.

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 07:23

Pot-d-adieu

 

24 mai 2010 à 18h00 - Le Télégramme


Il est dans le collimateur des apiculteurs. Le maïs traité avec l'insecticide Cruiser est, selon eux, à l'origine d'une forte mortalité des abeilles. À Kervignac (56), Gilles Lanio monte au créneau.


 

Il a tout perdu ou presque. Il ne lui reste qu'une quarantaine de ruches. En l'espace d'un an ses colonies d'abeilles ont disparu. Un phénomène de dépopulation qu'il avait du mal à expliquer jusqu'ici. Aujourd'hui il pointe du doigt le maïs enrobé avec l'insecticide Cruiser. Gilles Lanio est apiculteur à Kervignac, vice-président de la fédération d'apiculture Bretagne, Pays-de-la-Loire et président du syndicat des apiculteurs du Morbihan.


«Depuis longtemps je soupçonnais la présence de maïs Cruiser dans le secteur pour expliquer une telle mortalité. J'ai même appris qu'en 2008, des expériences avaient été menées en plein champ à proximité de chez moi, sans en être informé». Depuis jeudi dernier Gilles Lanio ne décolère pas. Par hasard il a découvert que la Cecab, coopérative agricole de Saint-Allouestre qui commercialise ledit maïs, menait, avec un agriculteur, un test sur un champ voisin de sa maison et de ses ruches. «Je les ai pris sur le fait, en train de semer le maïs».


Pour l'apiculteur, le Cruiser agit comme un neurotoxique. «À son contact les abeilles perdent la mémoire et ne retrouvent plus leur ruche. Or une abeille est incapable de vivre seule, elle doit être en colonie». En Allemagne le Cruiser est homologué sur la betterave et le colza mais plus sur le maïs. En Italie, son utilisation est également interdite sur le maïs.

650.000 hectares de maïs Cruiser


Laurent Peron, directeur de la communication de Syngenta-France se défend, bien évidemment, de commercialiser un produit phytosanitaire dangereux pour les abeilles. «Nous avons une autorisation de mise sur le marché qui a été renouvelée cette année par le ministère de l'Agriculture. Nous n'avons pas eu de plainte depuis que le Cruiser est en vente, il y a cinq ans, après dix ans de recherche. Le Cruiser, c'est le produit phytosanitaire qui a fait l'objet du plus grand nombre d'études d'impact sur les abeilles. En 2008 et 2009 ce sont 650.000 hectares de maïs traité Cruiser qui ont été semés et aucune colonie d'abeilles n'a été mise en danger».


Chez Syngenta, on admet, en revanche, «des disparitions de ruches, mais les causes sont multiples». Laurent Peron évoque la présence d'un acarien ou encore d'une maladie, la nosémose, qui affaiblit l'abeille. «L'alimentation peut être en cause. À certaines périodes de l'année, les abeilles n'ont plus rien à manger».

Ces explications, Gilles Lanio les connaît et n'y accorde guère de crédit : «C'est un produit hautement toxique. D'ailleurs, au moment des semis les agriculteurs doivent prendre des précautions. Il doit travailler sous protection, porter un masque et une combinaison. Enfin, il faut semer par vent faible». Ce que confirme de site internet de Syngenta.

«40% de l'alimentation dépend des abeilles»


Preuve, pour l'apiculteur, que le Cruiser n'est pas tout à fait inoffensif. Selon certains scientifiques la molécule du Cruiser serait même 5.400 fois plus toxique que le DDT, premier insecticide moderne. «Or, 40% de l'alimentation humaine dépend des abeilles. 20.000 espèces de végétaux n'existent que grâce à la pollinisation des abeilles», rappelle l'apiculteur.

  • Laurent Marc
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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 07:20


26 mai 2010 - Le Télégramme


Elle est encore très loin des soucis financiers de sa voisine du Finistère. Mais l'Association d'aide à domicile en milieu rural (ADMR) des Côtes-d'Armor doit tout de même batailler pour boucler son budget.


Difficile de faire plus calme! Hier soir, l'assemblée générale de l'ADMR 22 s'est déroulée sans accroc à Ploufragan. Très loin de la crise que traverse actuellement son homologue finistérienne (*). Pourtant, la fédération costarmoricaine regarde, elle aussi, ses finances de manière très attentive. La baisse des aides de l'État et les restrictions budgétaires au conseil général rendent le contexte très délicat. «Si nous regardons dans le rétroviseur de ces derniers mois, nous avons tous les ingrédients pour alimenter un certain pessimisme», reconnaît Anne-MarieBriand. La présidente de l'ADMR 22 pense à l'annonce du conseil général des Côtes-d'Armor de ne plus augmenter son engagement financier «en raison d'un contexte de crise».

Accrocher le bon wagon

Une situation qui n'est pas simple à gérer pour l'ADMR. Elle, qui regroupe 29 associations locales et vient en aide à 2.400 familles, personnes âgées ou handicapées grâce à 250 salariés et 200 bénévoles, ne sait pas encore précisément de quels financements elle va pouvoir bénéficier en 2010. «Pour nos budgets, les décisions arrivent à leur terme mais elles ne sont pas à la hauteur de nos besoins et nous sommes en phase de négociation», précise Anne-Marie Briand. Cette dernière se veut toutefois optimiste. Car, selon elle, l'association se trouve sur le quai d'une gare avec devant elle, le train de l'État et celui du département. Et l'ADMR doit accrocher le bon wagon «parce qu'à l'aiguillage attendent celles et ceux pour qui nous existons: les familles, les enfants, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées en perte d'autonomie ou l'ayant déjà perdue».

* Confrontée à des difficultés financières, l'ADMR 29 est placée sous mesure de sauvegarde depuis cinq mois.

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 10:16
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Un casier vierge, des papiers en règle et des tests urinaires pour entrer dans un bac professionnel public.

Le lycée professionnel et technologique régional L’Estaque est un établissement situé dans l’un des quartiers les plus populaires de Marseille : le plus au nord des quartiers nord.

 

Ce lycée d’insertion qui accueille des publics difficiles propose depuis 2006 un bac professionnel sécurité prévention qui prépare aux métiers de la sécurité : pompier, police, personnel pénitencier ou vigile. Durant les deux années de formation, les élèves font des stages chez les pompiers, dans la police, dans la police des airs et des frontières…

 

Or, cette année, les rectorats des académies accueillant ce bac (et le CAP correspondant) ont donné l’autorisation de mettre en place des entretiens préalables avec les futurs élèves afin de donner une bonification de 8 000 points à ceux qui sauront satisfaire à quelques critères. Une partie des enseignants a immédiatement dénoncé une sélection à peine déguisée.
En effet les critères sont scandaleux et discriminants.

 

Dans le domaine des capacités physiques, sachant que l’on s’adresse à des enfants de 14 à 15 ans, il faut désormais mesurer au minimum 1, 60 mètre, avoir une bonne vue, pouvoir faire des pompes (dix pour les garçons, cinq pour les filles). Ces critères ne sont pas les mêmes selon les académies.


À cela s’ajoute un entretien sur les motivations. Quelles questions seront posées ? Comment mesure-t-on la motivation des candidats ? Comment mesure-t-on le dynamisme d’un candidat assis sur sa chaise ? Autant de questions posées par les élus CGT, à qui l’on a répondu : « ce sera la surprise ! » Comment lutter contre les possibles délits de faciès ? Les inspecteurs répondent : « Faites confiance à vos collègues ! » Or, dernière surprise, dans les jurys sont présents des policiers et des pompiers appelés « partenaires ».


Enfin, si le candidat a répondu à toutes ces attentes, il doit encore constituer un dossier avec un extrait de casier vierge, avoir des papiers en règle… et à son entrée en première, il devra faire un test urinaire pour détection de substances illicites1.


Finalement, une cinquantaine d’élèves sur 248 dossiers obtiennent les 8 000 points. La sélection a eu lieu ! Aucune possibilité d’appel, aucun recours possible.


Ainsi apparaissent des filières dites « d’élite » dans un lycée qui, à la prochaine rentrée, verra son nombre d’heures d’enseignement diminué alors que le nombre d’élèves augmente.


Emmanuelle Johsua (Tean)

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 09:17

 

 

Médecine du travail


Par Agnès Rousseaux (25 mai 2010)


En France, plusieurs milliers de salariés, dans l’industrie ou la recherche, sont exposés aux nanoparticules. Sont-ils suffisamment protégés et informés ? La médecine du travail peut-elle dépister d’éventuelles pathologies pulmonaires ou cancers liés aux nanomatériaux ? Il faut se rendre en Suisse pour le savoir : la Suva, première caisse d’assurance pour les travailleurs suisses, a publié des recommandations sur la manipulation des nanoparticules. Entretien avec le docteur Marcel Jost, chef de la division Médecine du travail.

 


 

 

Plusieurs milliers de salariés français pourraient être directement concernés, en particulier dans la chimie, l’industrie automobile, la sidérurgie ou le ciment : « Selon l’état actuel des connaissances, on ne peut pas exclure que certains nanomatériaux présentent un risque pour la santé », prévient la médecine du travail suisse. Des spécialistes y étudient depuis cinq ans l’évolution des nanotechnologies et leurs possibles effets sur la santé des salariés qui les manipulent.

 

Basta ! a interviewé en exclusivité les médecins du plus important organisme d’assurance-accidents obligatoire du pays : la Suva [1] assure près de 110.000 entreprises, soit 2 millions d’actifs en Suisse. Cette entreprise indépendante assume entre autres les tâches de médecine du travail, de prévention et de médecine des assurances. Son conseil d’administration est composé de représentants des employeurs et des salariés, ainsi que du gouvernement helvétique.


C’est le docteur Marcel Jost, Médecin-chef de la division Médecine du travail de la Suva, qui a répondu à notre interview, avec le concours du Dr Claudia Pletscher, cheffe du secteur Prévention en médecine du travail, et du Dr Marc Truffer, directeur de la division Sécurité au travail pour la Suisse romande.


Basta ! : Depuis combien de temps la médecine du travail suisse s’intéresse-t-elle aux nanotechnologies et quels sont les risques potentiels ?


Dr Marcel Jost [2] : Les nanoparticules et les particules ultrafines sont absorbées avant tout par les voies respiratoires. Elles peuvent être à l’origine de réactions inflammatoires. Les nanotubes de carbone ont une structure similaire à celle des poussières fibreuses telles que l’amiante.

 

Plusieurs études expérimentales conduites chez l’animal ont été publiées : elles montrent que ces nanotubes de carbone ont un effet cancérigène, pour autant que la géométrie et la taille de leurs fibres leur permettent de pénétrer dans les poumons [3] et que ces fibres soient biopersistantes. Depuis 5 ans, la division médecine du travail de la Suva suit étroitement l’évolution des nanotechnologies et la littérature dans ce domaine. Dans les pays environnants, les responsables de la médecine du travail suivent également de près cette évolution.


Une entreprise qui utilise des nanoparticules est-elle obligée de le déclarer ? Peut-on savoir combien de salariés sont concernés par cette exposition ?


  Il n’y a pas d’obligation pour les entreprises de déclarer l’utilisation de nanoparticules, en Suisse. Afin de déterminer le nombre de travailleurs susceptibles d’être exposés aux nanoparticules, la Suva a cofinancé une étude scientifique de l’Institut universitaire romand de Santé au Travail (IST). C’est une première mondiale. Ce nano-inventaire se fonde sur une enquête représentative réalisée auprès d’un échantillon de 1626 entreprises [4]. Les résultats montrent qu’en Suisse, 1.300 travailleurs réalisent des opérations mettant eu œuvre des nanoparticules [5]. Cela concerne 600 entreprises (soit environ 0,6%) du secteur industriel.


Dans quels secteurs les nanotechnologies sont-elles présentes ?


La plupart de ces entreprises se trouvent dans l’industrie chimique, mais aussi dans les secteurs du commerce en général, de l’électrotechnique, des équipementiers de l’industrie automobile, du traitement de surfaces ou du traitement de pierres, céramique et verre. Les volumes travaillés de nanoparticules sont généralement faibles. En Suisse, il n’y a que peu d’entreprises qui utilisent les nanoparticules en grande quantité, à l’échelle de la tonne.


Quels sont aujourd’hui les principaux procédés de production de nanoparticules, et comment les travailleurs peuvent-ils être exposés à ces nanoparticules ?


Les nanoparticules sont généralement produites par des processus de combustion puis de condensation de matière. Sous forme de poudre, ces particules sont utilisées depuis des années comme additif dans des formulations et pour des revêtements de surface. Les situations dangereuses se rencontrent majoritairement lors de la manipulation de ces poudres. Il s’agit principalement de l’exposition des voies respiratoires à des nanoparticules dispersées dans l’air ambiant autour du poste de travail.


Comment mesure-t-on la présence de nanoparticules ? Peut-on évaluer l’exposition des travailleurs aux nanoparticules et avoir une vision fiable des risques encourus ?


Des appareils de mesures complexes sont nécessaires pour évaluer le niveau d’exposition des travailleurs et contrôler l’efficacité des mesures de protection. Les appareils utilisés jusqu’ici - type « Scanning Mobility Particle Sizer » (SMPS) - étaient volumineux, énergivores et peu conviviaux pour une utilisation mobile aux postes de travail. Un nouvel appareil de mesure a été mis au point avec l’aide de la Suva [6]. Il peut être transporté dans un sac à dos et permet de fournir, pour la première fois, des valeurs d’exposition individuelle à chaque poste de travail. Sa fiabilité est largement suffisante pour évaluer les risques d’exposition pour le travailleur, qui varient parfois d’un facteur 1000 entre deux postes de travail.


Établir des valeurs limites d’exposition pour les nanoparticules synthétiques est difficile. Il existe de très nombreux types de nanoparticules présentant des toxicités diverses et encore peu connues. L’effet des nanoparticules peut varier considérablement, en fonction de leurs tailles en plus de leurs propriétés physico-chimiques. Les études réalisées à ce jour ne permettent pas de définir de relations dose-effet claires pour les nanoparticules. L’objectif de la Suva est de publier des chiffres de référence pour certaines nanoparticules en 2011. Aucune valeur limite n’a encore été publiée à l’échelle internationale [7].


Quelles sont les mesures de protection existantes pour les travailleurs ?


Sur le plan de la protection des travailleurs, notre nano-inventaire montre que les entreprises ont tendance à se concentrer sur les équipements de protection individuelle des travailleurs. L’expérience montre que des mesures techniques, telles que le confinement et l’aspiration à la source, permettent d’obtenir une protection plus efficace et durable. Notre objectif est donc de « mettre des masques aux machines » et non aux travailleurs ! En 2006, la Suva était l’un des premiers assureurs contre les accidents et maladies professionnels en Europe à publier des recommandations concrètes sur l’exposition aux nanoparticules aux postes de travail. Aujourd’hui, l’Institution italienne pour l’assurance contre les accidents du travail (INAIL) a repris les différents documents de notre site internet.


Les lacunes d’information sur les produits utilisés constituent un autre problème. Certaines entreprises utilisent des nanoparticules sans même en avoir conscience. Même si la situation est plutôt rare, il faudrait légiférer sur ce sujet. Un « devoir de déclaration » est évoqué dans le plan d’action national développé par la Confédération suisse. Une déclaration du producteur est déjà possible sur la fiche de données de sécurité du produit.


Comment s’opère le suivi sanitaire des travailleurs exposés aux nanotechnologies dans le cadre de leur travail ? Ces salariés bénéficient-ils d’un suivi spécifique par les médecins du travail ?


Les médecins du travail de la Suva s’emploient à contrôler les entreprises pour déterminer s’il existe une exposition aux nanoparticules. La Suva a développé en 2009 un programme pour les travailleurs exposés, qui comprend une anamnèse ciblée, un examen clinique, des analyses biologiques, un contrôle de la fonction pulmonaire, un électrocardiogramme ainsi qu’une radiographie cardio-thoracique en alternance. Ces examens s’adressent aux travailleurs exposés aux nanoparticules et aux nanotubes dans le cadre de la recherche, des laboratoires, d’études pilotes et de la production. Mais il n’existe pas à ce jour de test de dépistage spécifique des maladies qui seraient provoquées par des nanoparticules.


Selon votre organisme, « aucune étude pratiquée sur des travailleurs exposés aux nanoparticules et atteints de maladies professionnelles spécifiques n’a encore été publiée à ce jour dans les pays occidentaux ». Pensez-vous que les entreprises et les pouvoirs publics consacrent suffisamment de moyens aux études toxicologiques nécessaires pour améliorer la protection des travailleurs ?


De très nombreux projets de recherche sur les risques des nanoparticules et des nanotubes de carbone sont réalisés et soutenus, tant au niveau national qu’international. La Suva subventionne de tels projets. Elle apporte en outre son soutien au développement de nouveaux instruments de mesure. Ceci étant dit, il faut rappeler que c’est la pratique régulière d‘examens de prévention en médecine du travail et leur exploitation qui représente un instrument essentiel pour la détection précoce des éventuels effets délétères des nanoparticules chez les travailleurs exposés.


Vous évoquez la possibilité de « lésions tardives dues à une exposition aux nanoparticules en l’absence de mesures de protection appropriées ». Risquons-nous un nouveau scandale sanitaire comme celui de l’amiante ?


Compte tenu de la géométrie de leurs fibres et de leur biopersistance, il est possible que les nanotubes de carbone aient des effets similaires à ceux des fibres d’amiante. Mais les enseignements tirés de l‘expérience avec l’amiante ont conduit la Suva à suivre précocement les développements dans le domaine des nanotechnologies. Nous avons défini des mesures de protection pour faire en sorte que l‘exposition aux nanoparticules et aux nanotubes de carbone demeure aussi faible que possible.

 

Les principes ALARA (as low as reasonnably achievable, aussi faible que cela est raisonnablement faisable), bien connus en matière de prévention, de même que la prudence en matière de manipulation des nanoparticules, ont ainsi fait la preuve de leur efficacité. Grâce à cette approche et moyennant une information transparente sur les risques et les mesures de protection à prendre, nous voulons éviter que l’histoire ne se répète.


Les instituts technologiques suisses sont très actifs sur le plan international et mènent de nombreux projets dans les nanotechnologies. Les organismes internationaux donnent également lieu à des échanges concernant la protection des travailleurs. On peut citer les programmes et réseaux internationaux NanoSafe et NanoImpactNet qui se préoccupent activement des aspects de sécurité et de santé. L’ensemble de la communauté internationale a pris conscience de la nécessité d’éviter un effet de non-acceptation dû à des lacunes de communication et d’évaluation des risques, similaire à celui observé avec les OGM. 


N’y a-t-il pas un paradoxe entre les mesures de protection préconisées pour les salariés exposés, et l’absence de protection des consommateurs, qui se retrouvent en contact avec les nanoparticules, voire même en ingèrent dans leur alimentation ?


En matière de protection des salariés, on s’intéresse surtout à l’inhalation des nanoparticules et à leur possible effet délétère sur les voies respiratoires et les poumons. Des effets toxiques systémiques sont aussi possibles après l‘absorption de nanoparticules au niveau des alvéoles et leur passage dans les vaisseaux pulmonaires. Les nanoparticules qui atteignent la peau, via des cosmétiques par exemple, n’agissent pas sur les voies respiratoires. Mais on ignore encore si de telles nanoparticules peuvent être absorbées par une peau intacte en quantités significatives. La réglementation des nanoparticules dans les articles de consommation courante en Suisse ne relève pas de la compétence de la Suva.


Propos recueillis par Agnès Rousseaux

Notes

[1] Schweizerische Unfallversicherungsanstalt

[2] Médecin-chef de la division Médecine du travail à la Suva, avec le concours du Dr Claudia Pletscher, cheffe du secteur Prévention en médecine du travail, et du Dr Marc Truffer, directeur de la division Sécurité au travail pour la Suisse romande

[3] Ce qui correspond selon la définition de l‘Organisation mondiale de la Santé à une longueur supérieure à 5 μm, un diamètre inférieur à 3 μm, un rapport longueur/diamètre supérieur à 3:1.

[4] 947 ont retourné le questionnaire dûment rempli, ce qui correspond à un taux de réponse de 58,3%.

[5] Près d’un salarié du secteur industriel suisse sur 1.000. En France, selon l’INRS, entre 2.000 et 4.000 travailleurs étaient exposés aux nanoparticules en 2007, ainsi que 7.000 chercheurs en laboratoire.

[6] Un détecteur de particule (Elektrodiffusionsbatterie EDB), mis au point en collaboration avec l’Institut für Aerosol- und Sensortechnik der Fachhochschule Nordwestschweiz (IAST)

[7] Aux États-Unis, le National Institute of Occupational Safety and Health a proposé une valeur indicative de 0,1 mg/m3 pour les particules de dioxyde de titane. En Grande-Bretagne, une référence de 0.01 fibres/ml est recommandée pour les nanotubes et nanofibres de carbone. Cette valeur correspond à la valeur limite en Suisse des fibres d’amiante pouvant pénétrer dans les poumons.

Lire aussi :

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 09:15



Longtemps une partie de l’intelligentsia française a dédaigné Noam Chomsky. Malgré cela - ou bien à cause de cela ? - ses analyses critiques et radicales sont de plus en plus populaires en France. Ainsi la conférence débat organisée par le Monde diplomatique, le samedi 29 à 16 heures à la Mutualité, affiche complet depuis plusieurs semaines. Pour les conférences au Collège de France et les interventions organisées par le CNRS, il sera bien difficile de faire entrer tout le monde !




Aussi,

Sur France Inter :

 


Dès le lundi 31 mai à 15 heures, Là-bas si j’y suis présentera de larges extraits de la conférence du samedi à la Mutualité ainsi que des autres interventions de Noam Chomsky dans les jours suivants, notamment un entretien Chomsky et Jacques Bouveresse, mais aussi des rencontres avec des jeunes des « quartiers sensibles », un débat avec des syndicalistes français…

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Mardi 7 mai

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  Douarnenez

Librairie l'Ivraie à 20h00

 

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