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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 08:56


25 mai 2010 - Le Télégramme

 

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30 ans ont passé depuis les événements de Plogoff. Dans la mémoire collective, cette lutte contre le nucléaire et l'État a laissé des traces indélébiles. Aujourd'hui, la commune s'apprête à accueillir, sur ses terres, une vaste centrale solaire.


Plus de slogan antinucléaire ou insurrectionnel à l'entrée du bourg qui vient d'être réaménagée. Une municipalité qui n'a jamais commémoré la fin de la lutte et qui n'entend pas le faire pour le 30eanniversaire. Amélie Kerloc'h, l'ancienne maire, qui refuse de s'exprimer sur le sujet. Plogoff aurait-elle mis un mouchoir sur son combat contre la centrale? «Non. Les gens n'ont pas oublié. Ils considèrent simplement qu'ils ont fait ce qu'il fallait faire et ils ont tourné la page», commente Maurice Lemaître, le maire divers gauche de la commune, élu aux dernières municipales. «Le comité de vigilance existe toujours. Il veille, l'arme au pied».

Les affrontements: les anciens en parlent le plus


«Les jeunes ne sont pas franchement intéressés par ça. Ce sont les anciens qui en parlent le plus», témoigne Carlos, le tenancier du bar la Flambée, récemment arrivé de la région parisienne. C'est ici, sur le bord de la route qui mène à la Pointe du Raz, qu'on se retrouvait en 1980 après les charges épiques contre les gardes mobiles. Souvent, ceux qui y étaient, racontent aux plus jeunes comment ça se passait.

 

Certains sont assez nostalgiques. «Ils m'ont demandé de ne pas jeter les tables où ils avaient gravé leurs initiales lors des affrontements». Ce que Carlos a fait. Ses faits d'arme, Jean aime bien les raconter. Cet alerte retraité montait au front avec sa femme et ses enfants. «Parfois on partait au boulot sans avoir fermé l'oeil de la nuit. C'était dur mais on était persuadé qu'on allait gagner».

Des familles toujours écartelées


Selon ce couple, les partisans de la centrale étaient vraiment minoritaires. «Les pros et les anti se sont bouffé le nez dans certaines familles qui portent encore le poids de cette division», poursuit Jean. Des voisins aussi évitent de se parler sachant que les avis divergent de l'autre côté de la haie. Pour certains, ce projet de centrale faisait miroiter un avenir prometteur.


«Effectivement, en termes d'emplois c'était énorme. Rien que pour la construction, on prévoyait 3.000 personnes», détaille le maire. À l'époque, Plogoff comptait 2.000 âmes. «La population aurait été complètement broyée par cet apport extérieur». Elle en avait conscience et cet élément, comme l'hostilité au nucléaire, a été déterminant dans la lutte. Les années ont passé et la commune a poursuivi son déclin démographique pour atteindre les 1.500 habitants. «Il manque une industrie, une locomotive économique avance le tenancier de La Flambée.

«60% de la population a plus de 60 ans»


Ce constat, Maurice Lemaître le fait aussi. «Pendant longtemps, la commune était habitée en majorité par des marins d'État ou de commerce. Cette population a vieilli, sans avoir été renouvelée. «Résultat, maintenant 60% des habitants ont plus de 60 ans. La commune fait office de laboratoire pour la France de demain», plaisante à moitié le maire qui fait tout pour contenir une nouvelle hémorragie démographique. «On vient de lancer un programme de trente pavillons. L'ancienne école publique va être transformée en logements sociaux. On fait tout pour que les gens restent ou s'installent au pays».

 

Parallèlement le commerce local prospère. La pharmacie va être reprise, comme le bar-PMU et la boucherie-charcuterie. Pour financer ses chantiers, la commune bénéficie des retombées de la fréquentation de la Pointe du Raz, classée grand site de France. Chaque année, les parkings lui rapportent la coquette somme de 115.000 euros sur un budget global de 2M€. «Pas anodin, mais pas scandaleux», atténue le maire.

  • Didier Déniel

44. 000 panneaux solaires pour gommer le nucléaire

Contrairement à la pêche qui fait toujours vivre quelques familles ici, l'agriculture n'a jamais tiré la commune vers le haut. Pourtant, des paysans vivaient du produit de cette terre battue par les vents et ridée par le soleil. Le dernier vient de faire part de sa volonté de prendre sa retraite prochainement. Ces terres, comme les nombreux hectares désormais disponibles, ne tomberont pas dans l'escarcelle du conservatoire du littoral.

 

On devrait y aménager, l'an prochain, le premier grand champ solaire de Bretagne. Ce projet, piloté par le groupe NGI3E d'Amiens, couvrira de 10 à 15 hectares au lieu-dit Landrer, sur les hauteurs de la commune. 44.000 panneaux photovoltaïques y seront déployés à une hauteur de 80cm à 2m et profiteront des 1.180 heures de soleil annuelles dont bénéficie Plogoff. Ils produiront l'équivalent électricité d'une agglomération de 1.300 foyers, soit deux fois les besoins de la commune. L'électricité sera revendue à EDF.

«Un beau pied de nezà l'histoire»


Pour le maire qui pousse ardemment à la roue pour que ce projet voit le jour, c'est un beau pied de nez à l'histoire. «Pascal Billot, un des dirigeants de NGI3E, possède une maison sur la commune. Il nous en a parlé et on l'a suivi». Les parcelles seront louées plus de 1.500 euros l'hectare à l'année aux propriétaires. Elles seront entretenues par une centaine de moutons. De nombreux baux courant sur une vingtaine d'années ont déjà été signés. La commune et la communauté de communes tireront, elles aussi, un bénéfice de cette opération. Elles empocheront le produit d'une contribution économique territoriale. Plogoff n'est pas la seule commune du secteur à regarder de face le soleil. Goulien, elle aussi, est sur les rangs avec un projet plus grand. Dans quelques mois, le Cap Sizun pourra se targuer d'être autonome énergétiquement. Tout un symbole.

  • D.D.
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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 12:39

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 12:12

 

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 11:58

aff2000 total

mai 23, 2010 par maximecombes

En causant l’équivalent d’une marée noire par an, l’extraction et le raffinage de pétrole issu des sables bitumineux d’Alberta (Canada) est une véritable catastrophe écologique, sociale et humaine : déforestation des forêts boréales, utilisation de quantités d’eau et de gaz disproportionnées, rejets toxiques stockés pour des années sans protection, etc…


Total, déjà présent sur trois gisements, a annoncé qu’il investirait 15 à 20 milliards de dollars canadiens dans les années à venir pour que les sables bitumineux assurent 10 % de sa production totale.


A l’occasion de l’Assemblée Générale de Total, ce 21 mai, plusieurs initiatives (conférence de presse, projection-débat autour du flim H2Oil, action symbolique, etc…) soutenues par le collectif Urgence Climatique Justice Sociale ont été organisées pour exiger (voir dossier de presse) :


-          que les droits des populations locales impactées par l’exploitation des sables bitumineux soient respectés ;

-          que Total se désengage unilatéralement de l’exploitation des sables bitumineux en Alberta ou, si refus, que le gouvernement français l’y contraigne ;

-          que les établissements financiers cessent leurs investissements dans les sables bitumineux;

-          que l’Union Européenne distingue les hydrocarbures en provenance des sables bitumineux dans la mise en place de la Directive Carburant ;

-          que le Gouvernement du Canada respecte les engagements pris sous le protocole de Kyoto et s’engage sur de véritables politiques de réduction d’émissions de gaz à effets de serre.

-          que l’ensemble des pays du G20 s’engagent lors du prochain sommet de Toronto (Canada) à ne pas exploiter et/ou importer et consommer le pétrole issu des sables bitumineux afin de ne pas accroître les dérèglements climatiques en cours ;


A quelques jours de la rencontre intermédiaire de Bonn (31 mai – 11 juin), les pays développés doivent comprendre que seuls des actes concrets, contraignants et à la hauteur des enjeux permettraient de faire advenir « la confiance » qu’ils appellent de leurs vœux pour la reprise des négociations internationales. 

 

La question des sables bitumineux leur en offre l’opportunité : mettons fin au greenwashing des multinationales et des déclarations lénifiantes sans effet pour enfin s’engager sur le chemin de véritables solutions comme une régulation draconienne de la production de pétrole, notamment issus des sables bitumineux.



 

Sables bitumineux : l’UE, complice du Canada ?

mai 1, 2010 par maximecombes

Ce mercredi 5 mai se tient à Bruxelles un sommet UE-Canada. Les dérèglements climatiques sont au programme. Nous pourrions légitimement attendre de l’Union Européenne, en quête de leadership sur le climat, qu’elle interpelle vivement le premier Ministre canadien, Stephen Harper, qui sera par ailleurs l’hôte du prochain G20 (Toronto – 27 et 28 juin). En effet, le gouvernement canadien refuse toujours de s’engager sur de véritables politiques de réduction d’émissions de gaz à effets de serre (GES) tout en facilitant l’extraction du pétrole le plus polluant de la planète dans les sables bitumineux d’Alberta.


 

 

Ainsi, le Canada, et par son entremise les lobbies pétroliers, exerce une forte pression sur l’Union Européenne pour qu’elle ne soit pas trop stricte et sévère dans l’application de sa directive sur la qualité des carburants qui prévoit que les fournisseurs de carburant réduisent leurs émissions de 6 % d’ici 2020.

 

Alors que c’est déjà peu, leur objectif est d’empêcher que l’UE différencie les carburants en fonction des émissions de GES qu’ils suscitent, aussi bien par leur extraction que par leur utilisation. Le document de travail sur les modalités exécutoires de la directive qui affirmait noir sur blanc que le pétrole extrait des sables bitumineux est plus polluant[1] que le pétrole dit « conventionnel »[2] vient en effet d’être modifié (voir ici). C’est loin d’être anodin : appliquer le taux moyen au pétrole issu de ces sables reviendrait à légitimer leur extraction.

 

Alertés par des ONG européennes (voir ici), quelques députés européens ont pris des initiatives parlementaires (voir ici et ici).


Ce ne sera pas suffisant pour mettre fin à la catastrophe écologique, sociale et humaine (voir cet excellent article) que constitue l’extraction de ce pétrole, qui fait du Canada le deuxième pays en termes de réserves, derrière l’Arabie Saoudite, et le premier fournisseur des Etats-Unis. Sous la forêt boréale, ce sont 170 milliards de barils qui, pour être transformés en pétrole lourd, nécessitent des quantités d’eau indécentes (4 à 5 barils pour un de pétrole), de gaz naturel (un demi baril pour un de pétrole) et rejettent trois fois plus de GES que l’exploitation du pétrole « conventionnel ».

 

En causant l’équivalent d’une marée noire par an, ces pratiques détruisent la faune et la flore de manière spectaculaire tout en exterminant les populations autochtones victimes des maladies produites par la pollution des eaux, de l’air et des ressources issues de la pêche et de la chasse.


 

 

A l’occasion des Assemblées Générales des principales compagnies pétrolières européennes, des représentants de ces peuples sont en Europe pour interpeller l’opinion publique.

 

Ils multiplient pour cela les actions de rue, comme ici lors de l’AG de BP. De son côté, Total, déjà présent sur trois gisements, a annoncé qu’il investirait 15 à 20 milliards de dollars canadiens dans les années à venir pour que les sables bitumineux assurent 10 % de sa production totale. Lors de l’AG de Total le 21 mai prochain, plusieurs initiatives seront prises, en présence de représentants de ces peuples amérindiens. Plus d’informations à venir.


[1] 107 grammes de CO2 par mégajoule d’énergie produite

[2] 85,8 grammes de CO2 par mégajoule d’énergie produite

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 11:32

enrage

L'illustration c'est mon coup de gueule, elle n'engage pas Plenel! (le blog)


 

« Bouchareb, hors de France ! » Ce slogan a été repris en chœur, vendredi 21 mai, lors de la manifestation organisée par l'UMP, à Cannes, contre le film Hors la loi, réalisé par le Français Rachid Bouchareb.


Mediapart, parmi les premiers, s'est inquiété, documents inédits à l'appui, de ce qui se jouait derrière la polémique lancée par des parlementaires UMP contre le nouveau film de Rachid Bouchareb, Hors la loi, suite de Indigènes, primé à Cannes en 2007. Nous avions montré que, loin d'une improvisation tenant du mouvement d'humeur, l'opération avait été longuement mûrie, avec des démarches officielles commencées il y a un an auprès du ministère de la défense.


Les courriers que nous avions révélés prouvaient l'implication directe du gouvernement, à travers l'un de ses membres, Hubert Falco, mobilisant le Service historique de la défense (SHD) pour nourrir l'offensive du député UMP des Alpes-Maritimes, Lionnel Luca. Quel est donc ce pays si faible qu'il ne peut même plus assumer sa propre histoire ? Il suffit de lire les travaux des historiens français, d'écouter les témoignages recueillis il y a quinze ans par Mehdi Lallaoui ou de visionner le documentaire L'autre 8 mai 1945 pour connaître, avec ses nuances et ses contradictions, la vérité historique, car il y en a bien une, sur les événements de Sétif.


Cette défense par l'actuel pouvoir présidentiel d'une histoire d'Etat, mensongère et guerrière que l'on entend imposer à notre passé colonial, au lieu de le regarder tel qu'il fut, ombres et lumières mêlées, n'est pas un épisode anecdotique, porté par quelques nostalgiques. Elle est au ressort de la vision du passé et du monde qui, de longue date, anime cette présidence et dont les mots clés sont colonisation (positive), immigration (envahissante), islam (dangereux) et assimilation (obligatoire). C'est un passé mythifié et déformé qui est ici convoqué, mais dans l'espoir qu'il soit plein d'à présent, produisant un imaginaire actif.


En ce sens, l'opération contre Hors la loi est une illustration concrète de ce que signifiait le supposé débat sur l'identité nationale, lancé fin 2009 et, pour l'instant, en sommeil (mais l'Appel de Mediapart, lui, reste en éveil). Son imaginaire est de guerre et d'exclusion : d'une guerre perdue qu'il faudrait donc, un jour ou l'autre, effacer par une revanche ; d'une exclusion réclamée, pour faire de nouveau le tri entre bons et mauvais Français, Français véritables et Français d'occasion.


Si l'on en doutait, la manifestation organisée à Cannes, vendredi 21 mai au matin, en même temps que Hors la loi était projeté à la presse du Festival, en fit la démonstration. Dans la vidéo ci-dessous, à partir de 1 minute 38 secondes, vous entendrez donc distinctement le slogan « Bouchareb, hors de France ! » Serait-il de nationalité algérienne que cela ne changerait rien à la portée symbolique de ce mot d'ordre haineux, mais l'on précisera tout de même que Rachid Bouchareb, né le 1er septembre 1953 à Paris, est un citoyen français et qu'en 2007, il fut fait chevalier de la Légion d'honneur. La vidéo, donc (© lemonde.fr) :

 

 

Rapportant le même événement sous un angle complémentaire, deux autres vidéos, l'une du Figaro, l'autre de l'AFP, témoignent de ce qui, politiquement, est ici à l'œuvre : une tranquille fusion idéologique de la droite et de l'extrême droite, de l'UMP et du Front national. L'UMP Lionnel Luca et la FN Lydia Schénardi y font paisiblement tandem, dans l'ordre UMP-FN pour l'AFP et, inversement, FN-UMP pour Le Figaro :


 

 

Instrumentalisée sous François Mitterrand, la focalisation autour de la montée du Front national nous a fait oublier l'essentiel que, pourtant, nous enseignait toute notre histoire, de l'affaire Dreyfus aux guerres coloniales, en passant, ô combien, par Vichy : loin d'avoir jamais pu prétendre seule au pouvoir, l'extrême droite a toujours servi de levier pour extrémiser la droite.

 

Et le sarkozysme est en quelque sorte le précipité chimique de cette transgression politique. Il suffit de tendre l'oreille chaque fois que le pouvoir actuel discourt sur la nation, son identité supposée, sa gloire revendiquée, son passé héroïque, etc., pour comprendre qu'avec Nicolas Sarkozy, Maurice Barrès a pris sa revanche : « Pour permettre à la conscience d'un pays tel que la France de se dégager, il faut raciner les individus dans la terre et dans les morts » (La terre et les morts, Paris, La Patrie française, 1899).

 

Oui, Maurice Barrès, passé d'un socialisme vague à un nationalisme exacerbé, indéniablement talentueux et néanmoins antidreyfusard antisémite – le talent littéraire n'ayant jamais protégé de la crapulerie politique…

Le problème, c'est qu'à moins de devenir amnésiques ou, ce qui est plus à la portée des pouvoirs, d'imposer un mensonge d'Etat à la vérité historique, nous savons bien, ou plutôt nous savons encore, nous lisons toujours dans les livres d'histoire et nous continuons d'apprendre à l'école ou à l'université, que ce racinement-là conduit à d'immenses catastrophes et à d'incommensurables charniers. Rien de plus mortifère que cette quête de « mêmeté », selon le néologisme forgé par l'historien Marcel Detienne qui y revient dans un essai mordant dont la confrérie historienne ne sort pas indemne (L'identité nationale, une énigme, Folio Histoire).


D'où l'enjeu de l'histoire, d'où l'histoire comme enjeu, d'où cette bataille incessante menée par ce pouvoir, depuis 2007, sur le terrain de l'histoire, de sa mise en scène, de son récit édifiant, de ses cimetières et de ses héros, de son contrôle idéologique, de ses musées nationaux à venir, de ses représentations cinématographiques à défendre, etc. Après tout, Patrick Buisson, le premier idéologue du sarkozysme (avant même Henri Guaino), venu de l'extrême droite où il fit ses classes intellectuelles, n'est-il pas directeur général de la chaîne Histoire, canal télévisé vendu par la puissance publique à TF1 et dont la programmation offre une lecture historique clairement droitière, dans ses priorités éditoriales comme par le choix de ses invités.


Reste ce slogan « Bouchareb, hors de France ! », dont tous ceux qui veulent croire que le pire n'est jamais certain se diront, pour se rassurer, qu'il émaillait un défilé bon enfant d'un petit millier de personnes pas vraiment représentatives des générations futures. Or c'est bien, tout au contraire, cette indifférence ou cette relativisation qui nous alarme.

 

Comment est-il possible, pensable, acceptable que ces mots de haine aient été lancés dans une manifestation organisée par le parti présidentiel sans qu'ils aient suscité de commentaires indignés ou de réactions outragées ? Depuis qu'existe le Festival de Cannes, imaginé sur une idée du ministre du Front Populaire Jean Zay et institué après la Libération, depuis que se tient chaque année cet événement où la France est supposée accueillir le monde tout entier, recevoir sa diversité et sa pluralité, honorer ses imaginaires et ses mémoires, a-t-on souvenir d'une manifestation semblable, organisée par le parti au pouvoir pour inviter à l'exclusion ?


Quelle est donc cette défaite qui s'installe, celle-là même qui accompagne le peu d'émoi médiatique autour des profanations de symboles de l'islam de France (rien qu'en 2010, déjà : mosquée à Crépy-en-Valois, cimetières musulmans à Vienne et à Tarascon)? D'où vient ce profond renoncement qui va de pair avec notre silence insensible face à ce que ressentent toutes celles et tous ceux qui, comme nous, vivent, travaillent et étudient en France, mais qui, désormais, s'y sentent mal, de plus en plus mal, mal reçus, mal accueillis, malmenés, maltraités, parce que leur histoire familiale prend source au Maghreb, parce qu'ils sont de culture musulmane, parce qu'ils pratiquent leur foi en l'islam, parce qu'ils vont à la mosquée ou font leurs prières, parce qu'elles portent un foulard ou un voile? 


Et qu'avons-nous dès lors à dire à tous ces jeunes Français musulmans (rencontrés ces jours-ci sur Mediapart par Michaël Hajdenberg) qui assument et vivent leur foi dans la République et qui se sentent et se vivent de plus en plus stigmatisés, humiliés, discriminés? Oui, comment nous faire entendre d'eux si nous ne disons rien, si nous ne crions pas, si nous ne nous sentons pas concernés, visés, touchés quand ne serait-ce qu'un seul d'entre eux s'entend dire : « Hors de France ! »?


Un cri qui, pourtant, est une injure à la France. Il y a quelques semaines, lors d'une rencontre, non loin de Cannes, autour de Mediapart et de notre livre collectif à la FNAC de Nice, dont l'affluence était en elle-même un signe d'espoir, un employé de l'établissement est venu me saluer. Il n'était plus tout jeune, travaillait à la FNAC depuis pas mal de temps déjà et, surtout, venait du Maroc. Voici ce qu'il m'a dit et qui, je l'avoue, m'a laissé sans voix, les larmes aux yeux: « Ils nous disent : "La France, tu l'aimes ou tu la quittes". Mais, nous, la France, on l'aime. Et c'est elle qui nous quitte... »

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 11:04
Emprise islamiste, féminisme islamique, laïcité

Wassyla Tamzali répond à “Liberté” (quotidien algérien)


23 mai 2010

Dans cet entretien, la féministe algérienne revient sur des dossiers très sensibles de la place de la femme dans une société à culture musulmane qui, de surcroît, a vécu les pires formes de terrorisme islamiste.


Liberté : Mme Tamzali, vous êtes auteure d’un nouveau livre, Une Femme en colère…, pourquoi cette colère maintenant et pourquoi cette “lettre” aux Européens seulement que vous qualifiez de désabusés ?


Mme Wassyla Tamzali : Le titre d’un livre ne révèle pas tout, mais c’est vrai qu’il a mis le doigt sur un élément très important, celui de l’analyse et du discours développés aujourd’hui en Europe sur des questions qui touchent à l’islam. C’est une question fondamentale, pas seulement pour les Européens, mais également pour nous, parce qu’elle conditionne le dialogue Nord- Sud. Ce livre interroge en fait le rapport entre l’Occident et nous, aujourd’hui.

 

Mon lectorat le plus important sera sans doute le Maghreb et une catégorie d’Européens. C’est un livre qui prend la peine d’expliquer le féminisme maghrébin, la manière dont il s’est développé… Il donne des clefs pour comprendre peut-être les difficultés que nous avons à faire avancer la question des femmes à l’intérieur d’un certain nombre de démarches, qui sont amalgamées. Aujourd’hui, on considère qu’on peut être féministe islamique, ce qui me paraît un oxymore.


C’est-à-dire… ?


Le mouvement des féministes islamiques est né d’abord à Barcelone, en Europe. Il a été lancé par des converties qui trouvent des financements inhabituels ou qui ne sont pas à la mesure des financements que le mouvement féministe trouve. Ça, c’est la première question qu’on peut se poser. L’autre question de fond concerne la théorie développée par les féministes islamiques.


Celles-ci pensent qu’on peut trouver des droits des femmes à l’intérieur de la légalité coranique. Jusque-là, je suis d’accord. Pour beaucoup de femmes, la lecture du Coran leur a donné plus de droits que dans la vie réelle. Elles y trouvent le respect, des incitations morales… comme dans toutes les religions d’ailleurs. Mais le problème est de passer de l’incitation morale à une obligation juridique. Or, quand on passe à la partie juridique, on se rend compte qu’il y a des inégalités. Pour ce qui est du mouvement féministe, c’est un mouvement moderne, qui a été posé à l’intérieur d’un mouvement beaucoup plus grand, lequel interroge toute la société, l’humain, la vie…


Qu’est-ce qu’une femme ? Qu’est-ce qu’un homme ? Le mouvement féministe pose une vraie question philosophique, énigmatique et fondamentale, qui est de savoir qui sont les femmes en dehors des constructions imposées. Les femmes sont des mères, elles sont des épouses, elles sont des sœurs, mais qu’est-ce qu’elles veulent être ? Le mouvement des féministes islamiques ne se pose pas cette question fondamentale. Il trouve la réponse à l’intérieur du Coran, c’est-à-dire que la femme est un être complémentaire et soumis, dans la plupart de ses décisions de vie et de travail, à l’obéissance de son père, de son frère et de son mari. Cette image que l’on donne n’est pas une image féministe. La question existentielle est au cœur même du féminisme.


Justement, qu’est-ce qu’une femme en Algérie ?


Quand vous lisez les livres d’Assia Djebar vous trouvez des réponses. Quand vous regardez aujourd’hui la peinture des jeunes femmes peintres, vous voyez des réponses, c’est-à-dire qu’il y a une vraie recherche existentielle chez toutes ces femmes, qui cherchent à exprimer le cœur de leur personnalité et de leur liberté.


Tout cela est important, parce qu’on ne peut pas construire un pays sans avoir sur la table ce qu’il y a de mieux chez les hommes et chez les femmes.


Le foulard est-il compatible avec l’émancipation de la femme ?


Pour 90% des cas, le voile en Algérie est un réflexe à la violence de l’espace public. Après, il peut y avoir des expériences de spiritualité. Le rôle social du voile dans la société est, cependant, de mettre les hommes et les femmes dans des rôles séparés. Aujourd’hui, je vois avec tristesse s’installer en Algérie la culture du harem que je croyais détruite, c’est-à-dire la culture basée sur la ségrégation des sexes, sur la séparation des hommes et des femmes. La culture du harem est dans la rue, à l’université et dans les entreprises…


Dans votre dernier livre, vous estimez que l’islamisme politique n’a pas triomphé, mais vous soutenez également que l’islamisation des sociétés du sud de la Méditerranée est en train d’avancer. N’y a-t-il pas là contradiction ?


Vous qui vivez en Algérie, pratiquement 12 mois dans l’année, vous me posez la question ? Franchement, vous croyez que c’est une question ?


Oui, j’insiste…


L’islamisme politique, comme force ou comme danger politique, pris au sens de prise de pouvoir, par rapport à d’autres forces politiques du pays, n’existe plus… à mon avis. Par contre, l’islamisation du pays a été complètement victorieuse. Aujourd’hui, il y a très peu d’endroits, dans l’espace public, où les femmes surtout… et même les hommes peuvent exprimer une autre manière de vivre, avec une autre approche de l’islam. J’ai été élevée dans une famille musulmane, où les hommes et les femmes obéissaient à certaines règles.

 

Mais l’obéissance était tendue par un questionnement perpétuel. On est aujourd’hui dans une obéissance mortifère. La religion doit rester vivante, perpétuellement capable de répondre aux questions de société, mais pas par des interdits et des refus. La religion doit donc avoir cette capacité de répondre et d’apporter un message à une conscience qui pose des questions. Je pense qu’aujourd’hui, les jeunes croyants sont dans un grand désarroi…


N’êtes-vous pas en train de poser le problème des sociétés musulmanes qui n’ont pas encore fait leur mue pour entrer de plain-pied dans la modernité ?


Je ne dirai pas des sociétés musulmanes, mais des sociétés qui sont figées dans une conception très autoritaire de la religion, qui est en train de dériver, en même temps, vers un comportementalisme plutôt qu’une religion. Comme je l’ai déjà dit.


Dans votre livre, vous revenez souvent à la laïcité ; vous estimez qu’elle constitue une des clefs pour l’émergence d’une conscience musulmane. Pourriez-vous nous en dire plus ?


Le fondement éthique de la laïcité est la liberté de conscience. Dans le livre, je parlais de la laïcité en Europe, qui a oublié aujourd’hui les fondements et qui est devenue une promotion de toutes les religions. On ne s’interroge plus sur le contenu des religions, on laisse, si vous voulez, se développer toutes les religions.


Pour l’Algérie, je dirai que la laïcité n’a pas d’histoire ni de traditions. D’ailleurs, très peu de gens parlent de laïcité au sein des partis politiques, au niveau de la société civile. Je pense que la grande question aujourd’hui est de savoir si l’on peut être musulman croyant et avoir une conscience moderne.


Ce n’est pas à moi de répondre, c’est à l’histoire de nous répondre, parce que la modernité, ce n’est pas le téléphone mobile, ce n’est pas la voiture ni les usines… c’est vraiment la liberté individuelle, cette liberté existentielle. C’est dans ce processus de liberté qu’on reconstruit une conscience moderne de croyant. Les expériences existent ailleurs. Je pense qu’il faut libérer le savoir, tous les instruments de la connaissance.


Il faut libérer les hommes et les femmes, les libérer déjà politiquement, et puis, la liberté de conscience est quelque chose qui s’acquiert.


Interview par Hafida Ameyar



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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 10:52

manifestation-retraites 379

24 mai 2010 - Le Télégramme


La CGT, la CFDT, l'Unsa, la FSU, laCFTC et Solidaires appellent à des rassemblements, jeudi, à Brest, Quimper, Morlaix et Quimperlé, pour la défense de l'emploi, des salaires et des retraites.


L'intersyndicale invite aussi, jeudi, à des grèves et à des débrayages, afin que la mobilisation du 27 mai soit d'un «niveau exceptionnel pour faire entendre les revendications». «La question du financement des retraites est directement liée à celle de l'emploi et des salaires, affirme Gilles Phelep, de la CGT.

 

Or, le gouvernement se mobilise bien plus pour la finance que pour l'emploi». Les syndicats relèvent que le nombre de demandeurs d'emploi tend à retrouver son niveau de1999. «Le nombre de ruptures conventionnelles de cessations d'activité est en forte augmentation dans les petites et moyennes entreprises», constate Hervé Goachet, de la CFDT.

«Tour de vis» social

L'intersyndicale dénonce le futur «tour de vis» social du pouvoir, dont la politique de rigueur aura des conséquences, «y compris dans les collectivités territoriales où, pour la première fois, on entend même parler de suppressions d'emplois», souligne Jean-Roger Guiban, de l'Unsa. Les syndicats mettent en balance, d'un côté, cette politique de rigueur «imposée toujours aux mêmes» et, de l'autre, «l'allégement de la TVA de trois milliards d'euros pour les restaurateurs» ou «les 35 milliards d'euros d'aides accordés aux entreprises».

Fiscalité à «remettre à plat»

Mais, insiste Hervé Goachet, «les syndicats ne sont pas arc-boutés contre tout changement. Le constat sur le besoin d'agir pour les retraites est partagé. Nous payons des décennies d'inaction, y compris de la gauche, sur ce sujet. En revanche, nous avons des divergences avec le gouvernement sur les mesures à prendre.

 

L'urgence est de remettre à plat la politique fiscale de ce pays. Malheureusement, le gouvernement est plutôt parti pour reprendre les propositions du Medef, en choisissant un calendrier qui tombe, comme par hasard, juste avant les vacances et pendant le Mondial...».

 

Pratique Rassemblements jeudi, à 10h30, à Brest (place de la Liberté), Quimper (place de la Résistance), Morlaix (place de l'Hôtel de ville) et Quimperlé (place de Coat-Kaër).

  • Patrice Le Berre


Note: L'avis de la CFDT n'est pas le nôtre! Que signifie "des décennies d'inaction"? On aurait dû donner un tour de vis plutôt? Ce n'est qu'une affaire de répartition des richesses. Il faut privatiser de plus en plus pour offrir le plus de niches de profit aux capitalistes. En ce moment, après les transports, la santé et  l'école, il faut désorganiser le système de retraite pour constater sa faillite et l'offrir ce secteur (pour un euro symbolique ) aux assurances-retraites privées. (Qui risquent bien sûr la faillite et la perte des économies pour les retraités, mais c'est çà le capitalisme non?)

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 10:41


24 mai 2010 - Le Télégramme Lorient


Voilà deux ans qu'elle s'en est allée, dans sa centième année. Un siècle de combats, de résistance, d'émancipation, de recherche de la vérité. L'ethnologue Germaine Tillion est LE symbole de la femme engagée. Thème d'un colloque qui se tient cette semaine à Lorient durant trois jours.


En 1974, elle avait posé ses valises à Plouhinec (56), sur les rives de la Petite Mer de Gâvres. Ici, on parlait de cette petite femme discrète, qui s'occupait avec passion de son jardin, de son potager et de sa serre, comme de la secrétaire du Général de Gaulle. Il n'en était rien, même si elle avait effectivement rencontré le Général à quelques reprises lors de la guerre d'Algérie.

 

D'où ce surnom qui lui est resté très longtemps dans son refuge morbihannais où elle venait, les deux tiers de l'année, se plonger dans ses livres, documents et travaux de recherches. L'ethnologue était une insatiable travailleuse depuis qu'elle avait décidé, dès son adolescence, qu'elle voulait comprendre le monde qui l'entoure. Le monde, le grand, celui qui tourne parfois à l'envers. Mais aussi le monde, les gens, ceux qui vivent autour d'elle.

 

Comprendre pour témoigner rigoureusement. «Elle était d'une maniaquerie absolue de la précision», explique Patrice Le Borgnic, l'un de ses proches amis qui vit à Auray. «Parfois, lorsque nous avions de longues discussions, elle me coupait quand je parlais et me disait: vous êtes sûr de ce que vous dîtes? Vous avez recoupé vos informations? Si ce n'est pas le cas, ne le dîtes pas...»

 

Comprendre déjà. À 27 ans, en 1934, quand elle part dans les Aurès, en Algérie, pour étudier l'organisation de la société semi-nomade des chaouïa. Elle s'intéressera particulièrement à la place de la femme dans cette société. Comprendre encore. Quand, pendant la Seconde Guerre mondiale, résistante dans le réseau du Musée de l'Homme, elle est arrêtée sur dénonciation et déportée à Ravensbrück, avec sa maman Émilie qui y sera gazée.

 

Avec tous les risques que cela comportait dans l'enfer concentrationnaire, clandestinement, elle étudiait et notait chaque jour le fonctionnement de ce camp. Pour rendre compte, un jour, peut-être. Comprendre toujours. En 1954, pendant la guerre d'Algérie, elle observe, collecte des témoignages et prend position contre la torture...

Une oeuvre toujours d'actualité

«Toute sa vie aura été faite d'engagements», raconte Armelle Mabon, enseignante à l'Université de Bretagne-Sud et qui a voulu en faire le thème du colloque qu'elle organise à Lorient. «Des engagements forts: pour l'émancipation de la femme, pour le libre arbitre, la souveraineté, le droit de résister, ne pas avoir peur de dire non... Des engagements qui ont une résonance encore aujourd'hui, ce qui prouve la modernité de son oeuvre». Une oeuvre entièrement vouée au partage avec l'autre. Au partage du savoir.

 

Germaine Tillion disait au sujet de son métier: «Si l'ethnologie, qui est affaire de patience, d'écoute, de courtoisie et de temps, peut encore servir à quelque chose, c'est à apprendre à vivre ensemble». «Elle avait un respect absolu de l'autre», confie Patrice Le Borgnic, «qu'il soit paysan dans les Aurès ou à Plouhinec.

 

Elle attachait à chacun la même importance. C'était vraiment une grande dame». Une grande dame éprise de justice, pour qui la soif de la vérité était comme le sang qui coulait dans ses veines. C'est ce qui la faisait vivre. Elle disait d'ailleurs: «Je pense, de toutes mes forces, que la justice et la vérité comptent plus que n'importe quel intérêt politique». Une phrase qu'a dû méditer Pierre Mendès-France. Il parlait d'elle ainsi: «Je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui avait tant envie de convaincre».

  • Gaël Le Saout

lien vers la bio sur wikipédia

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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 12:28

 

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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 12:25

 

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