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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 10:36

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12 mai 2010 - Le Télégramme

 

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Le maire de Carhaix, Christian Troadec, va être entendu par la police judiciaire de Brest, le vendredi 21mai, sur demande du procureur de Morlaix.

 

Le parquet n'a pas souhaité commenter l'affaire, ni préciser les motifs de cette convocation.

 

Il s'agit toutefois des suites des mobilisations pour la défense de l'hôpital de Carhaix, au printemps 2008, où l'élu était en première ligne lors de manifestations devant la sous-préfecture ou la gare de Morlaix.

 

Christian Troadec avait déjà été entendu par les gendarmes de Châteaulin, en mars2009.

 

Joint hier, iI parle d'un «acharnement, deux ans après les faits. Nos manifestations ont été spectaculaires, certes, mais jamais violentes.

 

C'est une décision politique; on veut nous faire payer la victoire de 2008 devant le tribunal administratif».

 

Le Comité de vigilance de l'hôpital appelle d'ores et déjà les défenseurs de l'hôpital à se mobiliser, le 21 mai à 10h, devant les locaux de la police judiciaire, rue Frédéric-Le-Guyader, à Brest.

 

Note:

 

Cà c'est un vrai sujet d'étude pour les étudiants en droit : "L'indépendance de la justice"!

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 10:28

 

12 mai 2010 - Le Télégramme


Le conseil général du Finistère est le principal financeur, via l'aide personnalisée à l'autonomie, du réseau ADMR29 (*). Une fédération sous procédure de sauvegarde et 92associations (Le Télégramme d'hier). PierreMaille, son président, fait le point sur la crise qui la touche.



Que pensez-vous du rôle que tient l'Union nationale auprès de la fédération dans cette période de réorganisation?

 
Je n'ai pas d'avis là-dessus. Quand j'étais maire de Brest, nous avions demandé à des associations de s'affilier à des fédérations, à des réseaux, à de l'expérienceetc. J'ai défendu l'affiliation à des fédérations nationales. Au niveau de l'ADMR du Finistère, il me paraît indispensable qu'il y ait une fédération départementale.

Aviez-vous connaissance des filiales privées de l'Union nationale?


Non, je n'en avais pas connaissance. Je n'avais pas cherché à connaître non plus le fait que l'Union nationale ait des intérêts privés à défendre. Mais la question d'actionnariat (en référence à Filien ADMR, N.D.L.R.) et des dividendes, c'est autre chose.

Comment voyez-vous le rôle actuel de l'Union nationale à la fédération du Finistère?

 
En termes de transparence et d'information, je ne suis pas sûr que l'Union nationale ait un rôle constructif. Quand je lis dans les journaux qu'il y a des rendez-vous ratés, une absence d'information, j'estime que la situation n'est pas convenable. Il faut informer plutôt que dissimuler, et l'Union nationale est responsable du couvercle qui est mis sur ce dossier. Je suis étonné d'ailleurs de ne pas avoir été sollicité par les représentants des salariés depuis quelque temps.

Vous a-t-on présenté le plan de réorganisation du réseau?

 
Toujours pas. Nous sommes toujours sur la poursuite d'activité dans le cadre de la sauvegarde. On attend que le tribunal prenne une décision. Mais l'objectif est que l'ADMR fonctionne.

Avez-vous été surpris de l'écart dans les chiffres des deux derniers audits rendus par le cabinet Price?

 
Le 16avril, Me Robert (administrateur judiciaire, N.D.L.R.) nous a dit que la situation n'était pas au dépôt de bilan. Mais il y a toujours ce travail en chantier sur le plan social à la fédération, et l'écart existe toujours. Je pense que les associations ont plus de réserves qu'on ne le dit et que ces réserves ont été mobilisées. Nous, nous n'avons pas donné d'argent. Il n'y a pas de miracle dans les ressources. Me Robert nous a dit que le cabinet Muselier, expert comptable de l'Union nationale, travaille beaucoup avec le service du Trésor public, et que celui-ci serait favorable à ce que le conseil général du Finistère donne les 2M€ qui lui ont été demandés par l'ADMR (les associations locales sont redevables de 2,3M€ vis-à-vis de la fédération, N.D.L.R.). Il n'en est pas question. Ce n'est pas au Finistère de payer. Je préfère encore un placement en redressement judiciaire.

Qui va payer les trois audits coûteux (185.000€ l'acte selon la CFDT 29, syndicat majoritaire) commandés au cabinet Price?
C'est la fédération du Finistère, sûrement.

* Aide à domicile en milieu rural.

 

Note: Ce qui est inquiétant dans ce dossier, c'est que les personnes aidées et les personnels sont toujours bien là eux.  Comment peut-on laisser des boîtes privées récupérer  le marché ?

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 10:21

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12 mai 2010 - Le Télégramme


Stoppé en 2007, le démantèlement de la centrale nucléaire de Brennilis (29) pourrait bientôt reprendre. L'Autorité de sûreté nucléaire va proposer au gouvernement d'autoriser un démantèlement partiel. Elle envisage ensuite un démantèlement complet à partir de 2013.


Le 23décembre 1966, la centrale nucléaire des monts d'Arrée était la première à être mise en service en France. Mise à l'arrêt après 19 ans d'exploitation, elle devient aussi la première à faire l'objet d'un démantèlement. D'abord, de 1985 à 1992, EDF procède à l'évacuation des combustibles irradiés, à la vidange de circuits et au conditionnement des déchets destinés à être entreposés sur place, le coeur du réacteur devant rester également sur le site.

 

En 2003, changement de stratégie: EDF veut un démantèlement complet des installations -y compris le coeur nucléaire- et obtient, par un décret de 2006, l'autorisation de l'engager. Seize mois plus tard, ce décret est annulé pour une raison de procédure par le Conseil d'État, à la suite d'une requête de l'association «Sortir du nucléaire». Les opérations sont stoppées.

Un avis défavorable... pour le moment

En 2008, EDF a formulé une nouvelle demande d'autorisation de démantèlement complet. Elle semble avoir peu de chances d'aboutir. La commission d'enquête chargée d'instruire la demande a, en effet, rendu fin mars un avis défavorable. «L'Autorité de sûreté nucléaire(*) a recommandé au gouvernement de suivre cet avis», a annoncé, hier, Thomas Houdré(chef de division de l'ASN, chargé du contrôle du démantèlement de Brennilis).

 

La raison: «Il n'y a pas, aujourd'hui, de filière de traitement disponible pour le coeur nucléaire mais une telle filière est prévue pour 2013». La décision du gouvernement devrait être prise dans le courant de l'année et sera très vraisemblablement conforme à l'avis de la commission et de l'ASN. «Nous n'envisageons pas qu'il puisse en aller autrement», commente Hubert Ferry-Wilzcek (délégué de l'ASN Bretagne-Pays-de-la-Loire).

L'ASN tient au démantèlement complet

Pour autant, l'ASN tient à ce que ce démantèlement complet soit effectué à terme. «Nous avons recommandé à EDF de prévoir une nouvelle procédure», poursuit Thomas Houdré. «Elle pourrait être engagée dès 2011 et aboutir sur une décision en2013». La filière de traitement serait alors opérationnelle et prête à accueillir le réacteur.

 

D'ici là, l'ASN souhaite qu'EDF puisse poursuivre les opérations dites de «phase 2», qui consistent en un démantèlement partiel, au terme duquel il ne subsisterait sur le site que le coeur nucléaire de l'installation. «Nous écrivons en ce moment un projet de décret destiné à autoriser ce démantèlement partiel», fait savoir Thomas Houdré. «Nous allons le proposer sans tarder au gouvernement».

* Créée en 2006, l'Autorité de sûreté nucléaire est une autorité administrative indépendante. Elle est dirigée par cinq commissaires inamovibles et non renouvelables et compte 430 agents. Ses missions:la réglementation, le contrôle et l'information du public.

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 10:09

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A une fenêtre en Ecosse: un slogan de nos camarades du Parti Socialiste Ecossais (SSP)

 

Ils n'ont pas traîné ! Le 2 mai, un nouveau plan d'austérité impose une véritable catastrophe sociale aux salariés, aux jeunes, aux retraités et aux privés d'emplois grecs. Trois jours après le gouvernement français annonce le gel des dépenses publiques sur 3 ans. 


Après les Grecs, à qui le tour ? 


Les mesures annoncées par François Fillon s'attaquent directement aux plus pauvres, avec la baisse des aides sociales comme l'aide au logement ou l'allocation adulte handicapé. Il veut poursuivre la destruction des services publics avec le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite : 100.000 postes déjà supprimés depuis 2007 et environ 34.000 nouvelles suppressions par an pour les trois prochaines années.

 

Il dénonce des « niches fiscales », mais ne remet pas en cause le bouclier fiscal qui ne protège que les plus riches en leur évitant de payer plus de 50 % d'impôts. Toutes ces attaques viennent s'ajouter à la réforme des retraites, dont l'augmentation de l'âge légal de 60 à 63 ans dévoilée par le gouvernement.


La crise financière et économique continue et rebondit. Elle frappe durement le peuple grec et menace l'Espagne ou le Portugal. Et elle sert de prétexte au gouvernement Sarkozy pour imposer une politique d'austérité qui était déjà dans les tuyaux.


Toutes proportions gardées, cette politique obéit à  la même logique que le soi-disant plan de sauvegarde refusé par le peuple grec en grève générale. 

 

Nous n'avons pas à subir l'austérité, parce que nous n'avons à payer la dette !

On nous culpabilise en nous disant que nous sommes responsables de la dette de la France parce que nous dépenserions trop d'argent public. C'est faux !
La dette n'est pas due à trop de dépenses sociales, mais à des recettes insuffisantes. Depuis plus de 25 ans, les plus riches, les actionnaires et les grands groupes ne paient pas assez d'impôts.
Les vrais responsables de la dette sont les grandes entreprises qui profitent des exonérations de cotisations sociales et des subventions publiques ainsi que tous ceux qui bénéficient du bouclier fiscal.  Pour combler ce déficit, les états empruntent… aux plus riches qui encaissent les intérêts, 43 milliards cette année !
Quand, il y a quelques mois, les banques étaient au bord de la faillite à cause de leurs spéculations, les Etats les ont sauvées. Aujourd'hui, ces mêmes banques - qui font à nouveau des profits exorbitants - mettent les Etats en faillite.
Pour rembourser ces profiteurs, il faudrait se serrer la ceinture et accepter les sacrifices !

Nous ne devons rien aux spéculateurs, annulation de la dette ! 


Réforme des retraites ou plan d'austérité, c'est la même logique : faire payer la crise du système capitaliste par les populations.


Une seule réponse : un mouvement d'ensemble, une mobilisation générale.


C'est dans ce sens que nous devons préparer, toutes et tous, la grève du 27 mai appelée par les organisations syndicales.

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 11:13
Communiqué du NPA.

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A l'issue du séminaire gouvernemental, François Fillon a annoncé le gel des dépenses publiques sur 3 ans avec à la clef la révision à la baisse des aides sociales et à l'emploi, des économies sur les niches fiscales et sociales, mais sans remise en cause du bouclier fiscal, et la poursuite du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, notamment.


Ainsi, la crise financière et économique qui perdure, à cause des politiques libérales menées par les gouvernements de l'Union européenne, et frappe aujourd'hui durement le peuple grec, et peut-être demain l'Espagne ou le Portugal, sert de prétexte au gouvernement pour annoncer un politique d'austérité qui était déjà dans les tuyaux.


Madame Lagarde, ministre des Finances, avec beaucoup de cynisme, ose s'appuyer sur les agences de notation internationale pourjustifier ce plan d'austérité, et en remet une couche dans l'application de la RGPP qui est utilisée pour détruire les services publics et les emplois sous prétexte de rationalisation.


Nul doute que le gel des salaires dans la Fonction publique sera la suite logique de cette politique.


Une fois de plus, ce sont les salariés, la population qui devront payer pendant que les spéculateurs, les banquiers et autres privilégiés protégés par le bouclier fiscal, subventionnés quand ils crient au secours seront épargnés.


Aussi, pour le NPA cette annonce de François Fillon est un coup de poignard dans le dos des salariés et doit être combattu par de puissantes mobilisations unitaires.

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 11:09

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La crise grecque est une crise du système capitaliste et une crise de l’Union européenne, aujourd’hui menacée de dislocation. Le plan d’austérité imposé à la population par une sainte alliance du FMI, des gouvernements de l’UE et du gouvernement socialiste grec n’est d’ailleurs pas seulement une punition infligée aux travailleurs et aux retraités grecs mais l’annonce de plans d’austérité généralisés en Europe.

 

Les 100 milliards d’euros du plan de rigueur français de François Fillon le prouvent ! Ces éléments dramatiques dans leur application, parce qu’ils impliquent des coupes claires dans les dépenses publiques, la protection sociale et les revenus de la population, rappellent les fondamentaux de l’Union européenne que nous dénonçons depuis le traité de Maastricht de 1992.


L’Europe des 27 est aux ordres des marchés. Elle organise la concurrence, la compétition entre les peuples, les travailleurs, les systèmes fiscaux et sociaux d’Europe au plus grand profit des capitaux et des marchés. Avec une logique terrible de nivellement vers le bas.


Pour être plus compétitif que le voisin : diminuer les dépenses publiques et les impôts pour les plus riches, baisser constamment les « charges » pèsant sur les entreprises, le « fardeau » qui nuit à l’investissement des fortunes, fiscaliser le moins possible les bénéfices des entreprises. Désormais, les gouvernements européens sont passés à une autre étape. Inquiets d’un monde capitaliste qui change d’axe et se réoriente vers l’Asie et les puissances émergentes, les capitalistes européens tremblent de perdre ici même la compétition mondiale.

 

Dès lors les acquis sociaux accumulés par des décennies de luttes en Europe apparaissent comme des boulets dans la nouvelle donne mondiale du capitalisme. Un boulet dont il faut se débarrasser à coups de plans d’austérité, de remise en cause du droit à la retraite ou de baisses de salaire, pour mettre les travailleurs européens aux normes du strandard mondial.

 

La violence d’un tel plan implique aussi des regressions en termes de démocratie. Le FMI qui sévissait dans le tiers-monde frappe à la porte de l’Europe. Tout un symbole. L’Union européenne organisée par les traités successifs n’est pas un espace solidaire, mais une machine à détruire les acquis sociaux du mouvement ouvrier européen.

 

Cette Europe a été conjointement construite par les conservateurs libéraux et par la social-démocratie européenne. Celle-ci nous promettait l’Europe sociale au bout du chemin des déréglementations libérales. La crise grecque est l’heure de vérité. L’Europe du capital se construit contre l’Europe des peuples. Les Grecs n’ont pas d’autre choix que d’accepter la dictature du FMI et des gouvernements de l’UE.

 

Comme ceux-ci acceptent la dictature des marchés financiers qu’ils ont pourtant sauvés l’an passé de l’effondrement en s’endettant pour pouvoir les renflouer. Il fallait entendre un François Fillon nous expliquer que les agences de notation ne sanctionnaient pas la France. Des agences de notation que l’on connaît comme intrinsèquement liées aux Bourses et aux intérêts des marchés.

 

Dès lors, la dette grecque est l’occasion de justifier un plan d’austérité déjà dans les tuyaux, tant il est vrai qu’en France aussi, ce même gouvernement qui a multiplié les cadeaux aux plus favorisés veut désormais faire payer la facture de la crise à la population.


Jamais l’exigence d’une coordination des résistances, des mobilisations et des alternatives à l’échelle européenne n’a été aussi impérative. C’est la solidarité et le refus de payer la note qui doit s’exprimer partout en Europe. Le PS en votant le plan imposé à la Grèce, son volant français et son taux d’intérêt à 5 % vient d’adopter une position honteuse et révoltante.

 

Du directeur du FMI, le socialiste français Dominique Strauss Kahn, au gouvernement socialiste grec de Papandréou jusqu’à ce vote parlementaire français ; la ligne de partage qui traverse la gauche entre le « oui » au capitalisme dans toute sa brutalité et le « non », entre adaptation et résistance, se réactualise.

 

En Grèce comme en Europe, il s’agit de regrouper celles et ceux qui refusent les plans d’austérité, refusent de rembourser une dette qui n’est pas la leur mais le produit de 25 années de défiscalisation libérale des plus riches et des entreprises. Qui veulent une autre Europe : celle des peuples, de la solidarité et des coopérations, des services publics, des droits sociaux et démocratiques unifiés par le haut, d’une écologie sociale antiproductiviste… Bref ni l’acceptation docile des diktats de l’Europe des marchés ni le repli nationaliste mortifère de l’extrême droite.


Dès lors, une gauche anticapitaliste européenne pourrait défendre l’annulation des dettes, la nationalisation des banques européennes et la mise en place d’un service public bancaire européen qui aurait le monopole du crédit. Qui permettrait de prendre le contrôle de l’euro, de l’économie, d’imposer une autre répartition des richesses et de l’emploi, de développer des plans de reconstruction économique et sociale dans une logique de développement durable. Un changement de cap complet. Conditionné à l’engagement dans la mobilisation de millions d’hommes et de femmes révoltés. Là aussi les Grecs montrent la voie.


Pierre-François Grond

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 10:41
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Par Sophie Chapelle (11 mai 2010)


L’uranium importé du Niger alimente les réacteurs nucléaires hexagonaux. Les impacts de son extraction sur la santé des populations locales et l’environnement restaient encore peu connus. La publication, le 4 mai 2010, d’une étude de Greenpeace commence à combler cette lacune. Ses résultats laissent perplexes sur la stratégie d’Areva, géant français du nucléaire, en matière de « développement durable ».


En collaboration avec la Criirad, un laboratoire français indépendant spécialisé dans les mesures de radioactivité, et le réseau nigérien d’organisations non gouvernementales ROTAB, Greenpeace a accédé à proximité des villes minières où opère Areva. Sur place, l’ONG a prélevé des échantillons de sol, d’eau et d’air que la Criirad a ensuite analysés en France pour en mesurer la radioactivité. Résultat : la radioactivité dans ces zones habitées et les déchets produits par l’extraction minière sont « alarmants ».


Eau polluée à la radioactivité


Sur quatre des cinq échantillons d’eau analysés, et provenant de la région d’Arlit, la concentration en uranium est supérieure à la limite recommandée par l’Organisation mondiale de la santé pour l’eau potable. Pour Greenpeace, « les données historiques indiquent une augmentation progressive de la concentration en uranium au cours des 20 dernières années, ce qui peut être révélateur de l’impact des opérations minières  ».

 

Greenpeace a également trouvé plusieurs morceaux de ferraille radioactive sur le marché local d’Arlit, présentant des taux de radiation supérieurs à 50 fois les niveaux habituels. Or, les populations locales se servent de ces matériaux pour construire leurs habitations. Toujours selon le rapport, dans les rues d’Akokan, l’intensité des radiations est environ 500 fois supérieure aux niveaux normaux. « Une personne passant moins d’une heure par jour dans cet endroit serait donc exposée à une radiation supérieure au taux maximal annuel autorisé  ». Charmante attention à l’égard des populations locales !


Après qu’une partie des premiers résultats de l’étude aient été publiés fin novembre 2009, Areva a entamé le nettoyage d’endroits radioactifs dans un des villages miniers cités dans le rapport. Mais cela est loin d’être suffisant pour Greenpeace qui exige la mise en place de « contrôles permettant de garantir que les activités d’Areva respectent les normes internationales en matière de sécurité et l’environnement, et tiennent compte du bien-être des employés et des populations vivant à proximité des sites miniers ». L’ONG demande également « qu’une étude indépendante soit réalisée autour des mines et des villes d’Arlit et d’Akokan, suivie d’un nettoyage et d’une décontamination complète ».


Classée 480e parmi les 500 plus importantes multinationales mondiales, Areva puise abondamment depuis 40 ans dans les ressources minières du Niger pour alimenter les centrales nucléaires françaises. Aujourd’hui, ce sont les éléments essentiels à la vie même des populations à proximité des sites miniers qui disparaissent.

Sophie Chapelle

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 10:22


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Une réaction de RESF 64 à une action "identitaire" de censure dans la commune de Billère, à côté de Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques.

Le maire de cette importante commune de la banlieue de Pau avait fait peindre une fresque publique en soutien aux enfants étrangers arrêtés : le siège de la Police aux Frontières se situe sur le territoire de sa commune.

Le préfet des Pyrénées-Atlantiques avait porté plainte pour usage d’argent public aux fins de propagande "engagée". Le tribunal l’avait en partie suivi et avait ordonné que disparaisse l’objet du délit de solidarité.


Le groupuscule nazillon qui était déjà intervenu lors de l’inauguration publique de ce mur en tentant de la perturber, qui avait ensuite peint diverses âneries sur ce mur et signé "88", ce qui signifie "heil Hitler" dans la rhétorique de ces nostalgiques d’un triste passé, a recouvert la fresque d’une couche de peinture le 8 mai, anniversaire de la victoire contre le nazisme, en précisant :"C’est fait, Monsieur le préfet".


Liberté, égalité fraternité, solidarité. Voilà des mots et des valeurs qui sont insupportables pour le préfet des Pyrénées-Atlantiques qui les juge "engagés" et qui avait lancé une procédure contre le maire de Billère qui avait pris l’initiative de faire peindre une fresque murale pour exprimer la solidarité avec les enfants étrangers arrêtés.


Ces mêmes mots, compagnons de ces autres mots ou groupes de mots : justice, entraide, citoyens, enfants sans papiers, voire "identité", voilà qui est aussi insupportable au "bloc identitaire", groupuscule nazillon qui se vante de son exploit : censurer une expression artistique, le "mur de Billère", en précisant utilement : "c’est fait, Monsieur le préfet".


Cette dérive activiste est inquiétante. Nous n’aurions pas pu constater ce genre de comportement brutal, il y a quelques mois encore. La bride laissée sur le cou aux éléments les plus rétrogrades, racistes, étroits, violents du paysage politique, à l’occasion du "débat" sur l’identité nationale, confortés par des arrestations quotidiennes au faciès commises par des forces publiques, de l’expulsion de jeunes gens venus porter plainte ou de gamins poly-handicapés permet ce genre de dérives dont on sait pas trop où elles peuvent conduire dans le cadre d’une crise économique supportée exclusivement par la partie la moins favorisée de la société.


RESF 64 rappelle son souci constant pour la défense du droit des enfants des familles étrangères que les vicissitudes de la vie ont conduites chez nous. RESF 64 rappelle que notre société a davantage besoin de solidarité et d’amitié que de haine et de discrimination. C’est le sens de l’œuvre murale de Billère censurée.


Source : http://www.rezocitoyen.org/spip.php?article8821

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 10:15
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8 mai 2010

 

Presque tous les dirigeants politiques, qu’ils soient de la gauche traditionnelle ou de la droite, qu’ils soient du Sud ou du Nord, vouent un véritable culte au marché, aux marchés financiers en particulier.

 

Il faudrait plutôt dire qu’ils fabriquent une religion du marché. Chaque jour, une messe est dite pour honorer le dieu Marché dans chaque foyer muni d’une télévision ou d’une connexion internet, au moment où l’on rend compte de l’évolution des cotations en Bourse et des attentes des marchés financiers.

 

Le dieu Marché envoie des signaux par la voix du journaliste économique ou du chroniqueur financier. Ce n’est pas seulement vrai pour tous les pays les plus industrialisés, c’est vrai aujourd’hui pour la majeure partie de la planète. Que l’on soit à Shanghai ou à Dakar, à Rio de Janeiro ou à Tombouctou, on recevra les “signaux envoyés par les marchés”.

 

Par exemple, en Europe, tout un chacun saura le matin comment a évolué le Nikkei à la Bourse de Tokyo alors que quasiment personne n’est concerné : les rares personnes à l’être sont tenus au courant par d’autres biais que la radio d’information en continu…

 

Partout, les gouvernants ont procédé à des privatisations, on a créé l’illusion que la population pouvait participer directement aux rites du marché (en achetant des actions) et recevoir un bénéfice en retour dans la mesure où l’on a bien interprété les signaux envoyés par le dieu Marché. En réalité, la petite partie de ceux d’en bas qui ont fait l’acquisition d’actions n’ont aucun poids sur les tendances du marché.


Dans quelques siècles, peut-être lira-t-on dans les livres d’Histoire que, à partir des années 1980, un culte fétichiste a fait fureur. La montée en puissance du culte en question sera peut-être mise en relation avec deux noms de chefs d’Etat : Ronald Reagan et Margaret Thatcher.

 

On notera que ce culte a bénéficié dès le début d’une aide des pouvoirs publics (qui se sont inclinés volontairement devant ce dieu qui les privait d’une grande partie de leur pouvoir d’antan) et des puissances financières privées. En effet, pour que ce culte rencontre un certain écho dans les populations, il a fallu que les grands médias lui rendent hommage quotidiennement.


Les dieux de cette religion sont les Marchés financiers. Des temples leur sont dédiés qui ont pour nom Bourses. Seuls les grands prêtres et leurs acolytes y sont conviés. Le peuple des croyants est invité à communier avec les dieux Marchés par l’intermédiaire du petit écran de TV ou d’ordinateur, du journal quotidien, de la radio ou du guichet de la banque.


Jusqu’aux coins les plus reculés de la planète, des centaines de millions d’êtres humains, à qui on nie le droit de satisfaire leurs besoins élémentaires, sont conviés à célébrer les dieux Marchés. Au Nord, dans les journaux lus en majorité par les salariés, les ménagères, les chômeurs, une rubrique du type “où placer votre argent ?” est quotidiennement imprimée alors que l’écrasante majorité des lecteurs et lectrices n’a pas les moyens – ni parfois la volonté – de détenir la moindre action en Bourse.

 

Des journalistes sont payés pour aider les croyants à comprendre les signaux envoyés par les dieux.


Pour amplifier, dans l’esprit des croyants, la puissance des dieux Marchés, des commentateurs annoncent périodiquement que ceux-ci ont envoyé des signaux aux gouvernements pour indiquer leur satisfaction ou leur mécontentement. Le gouvernement et le parlement grecs ont enfin compris le message envoyé et ont adopté un plan d’austérité de choc qui fait payer ceux d’en bas.

 

Mais les dieux sont mécontents du comportement de l’Espagne, du Portugal, de l’Irlande et de l’Italie. Leurs gouvernements devront aussi apporter en offrande de fortes mesures antisociales.


Les endroits où les dieux sont susceptibles de manifester leurs humeurs avec le plus de poids sont Wall Street à New York, la City à Londres, les Bourses de Paris, de Francfort ou de Tokyo. Pour mesurer leur contentement, on a inventé des instruments qui ont nom Dow Jones à New York, Nikkei à Tokyo, le CAC40 en France, le Footsie à Londres, le Dax à Francfort. Pour s’assurer la bienveillance des dieux, les gouvernements sacrifient les systèmes de sécurité sociale sur l’autel de la Bourse. Ils privatisent, aussi.


Pourquoi a-t-on donné des atours religieux à de simples opérateurs ? Ils ne sont ni des inconnus, ni de purs esprits. Ils ont un nom, une adresse : ce sont les principaux dirigeants des deux cents grandes transnationales qui dominent l’économie mondiale avec l’aide du G7, la complaisance du G20 et des institutions telles que le FMI, revenu grâce à la crise sur le devant de la scène après une période de purgatoire. Il y a aussi la Banque mondiale et l’Organisation mondiale du commerce (celle-ci est assez mal en point, mais elle sera peut-être aussi à nouveau élue par les dieux).

 

Les gouvernements ne font pas exception : ils ont abandonné les moyens de contrôle qu’ils détenaient sur ces marchés financiers. Les investisseurs institutionnels (les « zinzins » : grandes banques, fonds de pensions, assurances, hedge funds…) qui les dominent ont reçu des gouvernements des milliers de milliards de dollars sous forme de dons ou de prêts qui servent à les remettre en selle après la débâcle de 2007-2008.

 

La Banque centrale européenne, la Réserve fédérale des Etats-Unis, la Banque d’Angleterre leur prêtent chaque jour, à un taux inférieur à l’inflation, des mannes de capitaux que les « zinzins » s’empressent d’utiliser de manière spéculative contre l’euro, contre les trésoreries des Etats, sur le marché des matières premières…


Aujourd’hui, l’argent peut circuler d’un pays à l’autre sans le moindre prélèvement d’impôt. Trois mille milliards de dollars circulent chaque jour dans le monde par-dessus les frontières. Moins de 2% de cette somme servent directement au commerce mondial ou aux investissements productifs. Plus de 98% servent à des opérations spéculatives principalement sur les monnaies, sur les titres de la dette, sur les matières premières.


Il faut mettre fin à cette banalisation d’une logique de mort. Il faut créer une nouvelle discipline financière, exproprier le secteur financier et le mettre sous contrôle social, taxer fortement les « zinzins » qui ont provoqué puis profité de la crise, auditer et annuler les dettes publiques, mettre en œuvre une réforme fiscale redistributive, réduire radicalement le temps de travail afin d’embaucher massivement tout en garantissant le montant des salaires… Face à cette religion du Marché, commencer à mettre en œuvre un programme fondamentalement laïc. Anticapitaliste, en somme…


Eric Toussaint



* Eric Toussaint, docteur en sciences politiques, préside le CADTM Belgique (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde, www.cadtm.org) ; auteur de Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010 ; coauteur avec Damien Millet de La Crise. Quelles Crises ?, Aden-CADTM-Cetim, Bruxelles-Liège-Genève, 2010.

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 10:02
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10 mai 2010

 

Dans la caractérisation de la dette grecque et dans les mots d’ordre la concernant, les associations et les partis des mouvements anticapitaliste et altermondialiste font preuve d’une grande prudence, confinant à la timidité.

 

Je vais chercher à expliquer pourquoi le mot d’ordre qui s’impose aujourd’hui est la répudiation (terme meilleur qu’annulation) de sa dette par la Grèce. Avec le soutien des salariés de tous les pays d’Europe, les travailleurs et la jeunesse grecque pourraient parfaitement l’arracher.

 

Le mot d’ordre vaut évidemment pour toutes les dettes publiques. Elle est la seule manière de mettre fin à ce qu’on nomme la « dictature des marchés », qu’il serait mieux de nommer la « soumission volontaire » des gouvernements, tant est flagrante leur démission complète face aux banques et aux fonds de placement financier, leur acceptation de se faire les relais et les exécutants des mesures voulues par eux.


L’exemple de la France permet d’expliquer les mécanismes usuriers de service des intérêts de la dette dont les Etats sont le pivot. L’endettement public a sa source dans le bas niveau et la faible progressivité de la fiscalité directe (impôts sur le revenu, le capital et le profit des entreprises) et dans l’évasion fiscale.

 

Le mécanisme en est simple : les gouvernements commencent par emprunter à ceux qu’ils renoncent à taxer, avant de les protéger ouvertement de l’impôt comme Sarkozy. Le service des intérêts opère ensuite un transfert de richesse au bénéfice des détenteurs des titres de la dette et en renforce chaque plus leur pouvoir économique et politique. Les « marchés », terme fétichisé derrière l’anonymat duquel se cache des institutions financières tout à fait précises, grandes banques, sociétés d’assurance et fonds de placement financier, peuvent dicter la politique du capital aux gouvernements qui peuvent se cacher derrière « l’obligation morale d’honorer les dettes ».


La montée de la dette a épousé le mouvement de la libéralisation financière. On voit qu’elle prend son essor seulement dans les années 1980. En France, dans les conditions politiques et institutionnelles de l’après Seconde guerre mondiale, le recours à l’endettement public était très limité. Tout change avec la libéralisation financière.

 

C’est l’introduction à partir de 1982-83, sous les gouvernements de l’Union de la gauche avec Fabius et Bérégovoy aux Finances, de mesures permettant le placement sur le marché obligataire spécialisé d’effets émis par le Trésor (ce qu’on nomme la « titrisation ») qui a fait faire un bond à la dette. Elle est passée de 20 % du PIB en 1980 à 35 % en 1990, avant que sa croissance ne s’accélère à partir de 1991 jusqu’à atteindre 60 % sous le gouvernement Juppé et presque 64 % en 2007.

 

L’indemnisation des nationalisations de 1980-81 a lancé le mouvement, cadeau fait aux grands groupes dont l’Etat socialisait les pertes antérieures et opérait la restructuration avant de les rendre très rentables au secteur privé. Puis sont venues les dépenses de la loi de Programmation militaire 1987-1991 (les Rafale et autres porte avions et sous-marins nucléaires) qui ont donné à la dette un nouveau coup d’accélérateur. A partir de la récession de 1991, l’effet conjugué de taux d’intérêts réels élevés et de la croissance lente, due aussi déjà à la mise en place de l’euro lance « boule de neige » de l’endettement qui porte le service des intérêts de la dette à un niveau très élevé. Le service des intérêts est la seconde dépense de l’Etat, après l’Education nationale (hors universités) et avant tous les autres ministères, y compris la Défense.


La déréglementation financière accrue de l’euphorie financière des années 2000 a accentué les effets de la fiscalité favorable au capital, de l’évasion vers les paradis fiscaux, la Suisse, le Luxembourg puis les paradis fiscaux plus exotiques et la délocalisation systématique des sièges sociaux des entreprises. Le rapport Pébereau de 2007 présente la concurrence fiscale comme un effet normal de la libéralisation des marchés, auquel les gouvernements n’ont pas d’autre choix que de s’adapter.

 

Les recettes fiscales diminuant et l’endettement étant une atteinte contre les générations futures, reste les coupes sombres dans les dépenses budgétaires et la « réforme de l’Etat » — réduction du nombre des fonctionnaires et démantèlement du statut de la Fonction publique. La dette est détenue par les banques, les sociétés d’assurance et les fonds de placement financier (les Hedge Funds). Fin 2003, les investisseurs français détenaient 56% de la dette et les étrangers 40%. En 2006, les chiffres se sont inversés. Fin 2009 la part détenue par les fonds étrangers était de 69,8%.


Dette publique des pays de la zone euro en % du Produit intérieur brut (PIB)

  2007 2008 2009* 2010** Accroissement
depuis 2007
Autriche 59,4% 62,5% 70,4% 75,2% 26,6%
Belgique 84% 89,6% 95,7% 100,9% 20,1%
Finlande - 33,4% 39,7% 45,7% 36,8%
France 63,8% 68% 75,2% 81,5% 27,7%
Allemagne 65,1% 65,9% 73,4% 78,7% 20,9%
Grèce 94,8% 97,6% 103,4% 115% 21,3%
 Irlande 25% 43,2% 61,2% 79,7% 218,8%
Italie 103,5% 105,8% 113% 116% 12,2%
 Pays-Bas 45,6% 58,2% 57% 63,1% 38,4%
Portugal 63,5% 66,4% 75,4% 81,5% 28,3%
Espagne 36,2% 39,5% 50,8% 62,3% 72,1%
Zone euro 66% 69,3% 77,7 83,6% 26,0%

* estimation ; ** prévision.

Source : Eurostat.


Pour la Finlande, le taux d’accroissement est calculé sur 2008

On voit que le niveau de l’endettement était déjà très élevé avant d’exploser à la faveur du sauvetage par Sarkozy des banques et des entreprises en 2008. Fin 2009, la dette publique française représentait 68% du PIB (proche comme le montre le tableau de la moyenne de la zone euro) et 12% du budget de l’Etat. En 2009, les intérêts payés aux banques et aux fonds de placement (43 milliards d’euros) a été plus élevé que les recettes de l’impôt sur les sociétés (35 milliards). Le service de la dette pèse vraiment de façon exclusive sur les salariés. En 2010, l’Agence France Trésor (le terme département du Trésor a été abandonné comme trop « ringard ») a déjà placé sur le marché des titres de la dette publique, 120 milliards d’euros de nouveaux titres, dont 60 milliards pour le seul mois de mars [1].


En Grèce, des traits de « dette odieuse » : corruption massive, achats d’armes, dépenses totalement improductives


Du triple fait de son origine dans le refus de taxer les hauts revenus, le patrimoine et les profits ; de ses liens très étroits avec les paradis fiscaux et la « concurrence fiscale » entre pays ; enfin de la destination d’une partie des dépenses (achat d’armes, opérations militaires en Afrique et en Afghanistan, répression dans les banlieues), la dette peut être caractérisée politiquement comme illégitime. Si on le fait, il faut agir de façon conséquente.

 

Entrer, comme le font tant d’économistes de gauche, dans la discussion de savoir si elle est trop élevée ou non, débattre de la manière de la gérer, c’est qu’ils le veuillent ou non, la légitimer. Depuis que la Caisse des dépôts a perdu le monopole du Livret A, que la petite épargne ne sert plus au financement du logement social et que les banques servent un taux intérêt inférieur à l’inflation, dire qu’il ne faut pas « oublier l’épargne des gens » placée dans les prêts à l’Etat, c’est se montrer aujourd’hui soucieux des intérêts des couches supérieures de cette « classe moyenne » si élastique, des couches qui ne sont pas forcées de dépenser tout ce qu’elles gagnent chaque mois.


Illégitime en France, la dette acquiert dans le cas de la Grèce des traits de « dette odieuse ». Le tableau montre qu’en 2007, à la veille de l’éclatement de la crise financière et économique mondiale, la dette grecque était déjà élevée en termes de pourcentage du PIB (94,8%), le chiffre de l’Italie étant supérieur. Le mécanisme de fond est celui qu’on vient de rappeler pour la France. Les politiques fiscales de baisse des impôts sur le revenu, le patrimoine et les sociétés), ont réduit les recettes budgétaires et créé un déficit public financé par l’endettement.

 

Mais la dette grecque a des traits de « dette odieuse », pour utiliser la caractérisation donnée à la dette des pays qu’on rangeait autrefois en bloc sous le nom de Tiers monde. Les sommes empruntées ont servi à organiser la corruption à très grande échelle.

 

On sait maintenant depuis plusieurs mois que le gouvernement du parti Nouvelle Démocratie et l’ancien Premier Ministre Costas Karamalis ont truqué les statistiques dans le double but de masquer l’ampleur de son clientélisme et de sauvegarder l’image économique de la Grèce auprès de l’Union européenne, de la BCE et des investisseurs. Aucune poursuite n’a pourtant été engagée à l’encontre de Karamalis. Là où l’utilisation des fonds est connue (sans que ne le soit les commissions occultes qui l’a accompagnées), on a affaire aux dépenses très élevées encourues par la tenue des Jeux olympiques en 2004 et surtout aux achats d’armes.


Les achats d’armes relèvent pleinement de la problématique des dettes odieuses. Les données préliminaires du rapport 2010 du SIPRI de Stockholm [2], qui est la plus importante source de données en la matière, révèlent que la Grèce a été un des cinq plus importants importateurs d’armes en Europe entre 2005 et 2009 [3].

 

L’achat d’avions de combat représente à lui seul 38 % du volume de ses importations, avec notamment l’achat de 26 F-16 (Etats-Unis) et de 25 Mirages 2000 (France), ce dernier contrat portant sur une valeur de 1,6 milliards d’euros.

 

Mais la liste des équipements français vendue à la Grèce ne s’arrête pas là, on compte également des véhicules blindés (70 VBL), des hélicoptères NH90, des missiles MICA, Exocet, Scalp et des drones Sperwer. Les achats de la Grèce en ont fait le troisième client de l’industrie de défense française au cours de la décennie écoulée. En 2008, ces livraisons ont atteint 261 millions d’euros. Sur son blog de Libération, un autre expert des ventes d’armes, Jean-Dominique Merchet, explique que «  la Grèce était en discussion avancée avec la France et Dassault pour acheter des Rafales à 50 millions d’euros pièce. Aujourd’hui, avec la situation actuelle, tout ça va tomber à l’eau ».


La France n’est pas le seul des grands producteurs d’armes (Etats-Unis, Russie, Grande Bretagne, France et Allemagne) à vendre à la Grèce des armes et donc à la pousser à accroître sa dette. L’Allemagne lui a aussi vendu entre 2005 et 2009 pour plusieurs milliards d‘euros d’équipement (chars Leopard, sous-marin Type 214, munitions).


Même si la relation se noue en Europe et non en Afrique ou en Amérique latine, la combinaison entre l’endettement externe contracté à l’égard de banques et des fonds de placement appartenant aux mêmes pays que les entreprises qui vous vendent des armes, relève d’un type de subordination caractéristique de l’impérialisme.

 

L’agence Public Debt Management Agency, citée par Natixis-Flash 2010 – 118, pages 5 et 6 détaille la détention de la dette de la Grèce par nationalité et par type d’institution. Des chiffres un peu différents ont été publiés par le banque britannique HSBC et d’autres encore par des sources françaises, parfaite illustration de l’opacité de la finance. Ici nous utilisons celles du service dirigé chez Natixis par Patrick Artus dont on cite, à juste titre, souvent les données. Par nationalité les investisseurs grecs détiendraient 29% de la dette, suivis des britanniques (23%), des français (11%) et des allemands (9%). La part des américains ne représenterait que 3%. Par type d’investisseurs, les fonds de placement financiers (Hedge Funds, gérants d’actifs et fonds de pensions) représentent 58% du total, devant les banques (45%), suivies de très loin par les banques centrales (5%).


Les médias français font grand cas s’agissant de la dette grecque de « l’exposition élevée au risque des investisseurs ». Le montant de la dette grecque est de 300 milliards d’euros en 2010. A titre de comparaison, les pertes en 2008 sur les effets « subprime » que les banques centrales et les gouvernements ont colmatées sans hésiter, ont avoisiné les 700 milliards d’euro.

 

On constate un fort contraste entre les chiffres publiés pour « justifier » auprès des Français le plan d’austérité imposé à la Grèce et les chiffres de très faible exposition au risque publiés par chaque banque individuellement : pour BNP Paribas, cinq milliards d’euros, auxquels s’ajoutent trois milliards d’engagements commerciaux sur des entreprises privées grecques ; pour la Société générale trois milliards d’euros plus une participation de 54 % dans la banque grecque Geniki ; pour le Crédit agricole 850 millions d’euros, dont 600 pour sa filiale grecque Emporiki ; pour Axa 500 millions d’euros. A titre de comparaison, ce sont 320 milliards d’euros qui ont été levés en octobre 2008 par le Trésor pour financer le sauvetage des banques et des grandes entreprises françaises.


Guerre sociale contre les travailleurs, nouvelle phase de la crise : moment qui appelle la réappropriation du mot d’ordre de répudiation de la dette


Au-delà des ces chiffres et de leurs divergences éventuelles, l’essentiel est ailleurs. Il est dans le mécanisme de financement de « l’aide au peuple grec » que le Parti socialiste est « fier » d’avoir voté en signe de « solidarité » et dans la brutalité du plan d’austérité que les députés et les sénateurs socialistes ont appuyé par leur vote. Les médias ont clamé que « la France aidait la Grèce ».

 

Le ministre du Budget Barouin a tout de suite précisé que « cette aide ne coûtera rien aux contribuables français ». Effectivement c’est de l’argent levé par le Trésor sur le marché à un taux d’intérêt d’environ 3% qui va être prêté à la Grèce à 5%. Ce taux sera inférieur à celui dépassant 11% que la Grèce a payé fin avril. « L’aide » en « solidarité » va donc enrichir encore les investisseurs financiers et renforcer donc de nouveau leur pouvoir social et politique.


C’est dans l’extrême brutalité des mesures qui ont été décidées et que le gouvernement a pour mission de tenter d’imposer sous la surveillance permanente de contrôleurs étrangers que les traits de dette odieuse de la dette grecque se manifestent peut-être par-dessus tout, ainsi que la relation de caractère parfaitement impérialiste entre pays débiteur et créanciers cristallisée par le rôle du FMI. Les mesures « négociées » par le gouvernement grec avec le FMI et la BCE incluent le gel des salaires et des retraites de la fonction publique pendant cinq ans et la suppression de l’équivalent de deux mois de salaire pour les fonctionnaires. En ce qui concerne les retraites, l’âge légal, actuellement de 65 ans pour les hommes et de 60 ans pour les femmes, va être lié à l’espérance de vie moyenne. La durée du travail pour avoir droit à une retraite pleine sera progressivement portée de 37 ans à 40 ans en 2015.

 

La base de calcul prendra en compte le salaire moyen de la totalité des années travaillées, et non plus le dernier salaire. Le taux principal de la TVA après être passé de 19 à 21%, est porté à 23%. Les taxes sur le carburant, l’alcool et le tabac augmentent pour la deuxième fois en un mois de 10%. L’Etat réduira ses dépenses de fonctionnement (santé, éducation) d’1, 5 milliards d’euros. La libéralisation des marchés des transports et de l’énergie va être accentuée ainsi que « l’ouverture à la concurrence » des professions fermées. Dans le secteur privé, le gouvernement va revoir la législation qui interdit aux sociétés de licencier plus de 2 % de leurs effectifs totaux par mois. La flexibilité du travail sera renforcée et les indemnités de départ diminuées.


Le caractère de dette odieuses que ces mesures révèlent tient aussi bien à la paupérisation des millions de Grecs qu’elles vont provoquer rapidement qu’à la certitude qu’ont les économistes tant soit peu indépendants de leur caractère fortement « pro-cyclique ». Elles vont enclencher des mécanismes de récession « supplémentaires », pour ainsi dire, à ceux que l’Union européenne connaît déjà, dont les effets seront si forts que le montant des intérêts nécessaires pour assurer le service de la dette ne sera jamais réduit vraiment. Il faudra passer tôt ou tard par un « aménagement » pour éviter le défaut de paiement.

 

Les souffrances que les salariés, la jeunesse et les couches populaires ont donc pour but d’opérer les ponctions tant qu’il est encore temps et aussi de démontrer la puissance politique des créanciers. In fine, les mesures imposées à la Grèce par l’entremise du FMI et de la Banque centrale européenne sont une démonstration par la finance de son pouvoir économique et politique que la crise financière et la récession économique a, pour l’instant au moins, renforcé.


En début d’article, j’ai utilisé les mots prudence et timidité. Trop d’articles se situent, me semble-t-il, sur le terrain des institutions européennes, de l’euro (« sortie de l’auro », « monnaie unique » ou « monnaie commune »), de la transformation de la Banque centrale européenne, etc. D’autres textes, comme la déclaration des trois CADTM, préconisent « la taxation des grands créanciers (banques, assurances, fonds spéculatifs… mais aussi particuliers fortunés) à hauteur des créances qu’ils détiennent », mais sans que ces créances soient annulées ou répudiées.

 

Les CADTM défendent « l’abolition de la dette extérieure publique des pays en développement », mais pas l’abolition de celle de la Grèce. Tout est à nous publie un article qui appelle à « refuser le ‘plan de sauvetage’ » sans prononcer les mots annulation ou répudiation, rappelant simplement que « les Islandais ont refusé de payer pour une faillite qui n’est pas la leur, lors d’un référendum en mars dernier. Il faut refuser de payer pour des dettes sans audit, transparence et débat sur ces dettes ». La déclaration de la Gauche radicale européenne du Premier mai n’en parle pas. Dans son tract « Contre la tyrannie des financiers » publié sur le site de A l’encontre, le MPS propose l’objectif de la « suspension du remboursement de la dette publique » (ce qu’on appelle aussi le moratoire).

 

J’ai défendu cette position dans L’Humanité il y a trois ans pour la France, mais aujourd’hui elle me paraît bien timide et insuffisante. L’article de Tout est à nous et le tract du MPS mettent en avant l’idée d’un audit public de la dette grecque. L’idée est intéressante à condition de lui donner un sens analogue au mot d’ordre classique de « l’ouverture des livres de comptes des entreprises ». Il serait donc nécessaire que soit précisé qu’il reviendrait aux syndicats et partis ouvriers de mener cet audit, que c’est à ceux-ci que la revendication s’adresse.


Une nouvelle étape de la crise économique et financière mondiale commencée en 2007 s’est ouverte. De la lutte sociale également, notamment en Europe. L’ampleur des manifestations et la violence des affrontements en Grèce, ainsi que l’annonce dans un nombre croissant de pays, le Portugal, l’Espagne, la France, la Hongrie, (la liste n’est pas limitative) de plans de coupure drastique des dépenses budgétaires, devraient inciter la gauche anticapitaliste et révolutionnaire à se réapproprier le vieux mot d’ordre de la répudiation de la dette.

 

C’était le mot d’ordre traditionnel du mouvement ouvrier. La répudiation de la dette contractée par l’Etat tzariste au cours de la révolution d’Octobre lui donné dans les années 1920 un écho et un prestige considérables. La crise mondiale en cours nous a rapprochés de certains aspects de la crise de 1929. Pourquoi la répudiation et non l’annulation ? Le terme d’annulation vaut pour la dette de pays très pauvres et très vulnérables. L’appel à l’annulation s’adresse aux pays créanciers. S’agissant aujourd’hui de la dette d’Haïti par exemple, c’est le mot d’ordre correct. S’agissant de l’Europe et des salariés et des secteurs de la jeunesse prêts à l’action dans notre continent, le mot d’ordre qui s’impose est celui exprimant le mieux le processus où les travailleurs se dressent face au capital et aux gouvernements qui en acceptent les ordres. C’est pour la répudiation de la dette que la gauche anticapitaliste et révolutionnaire doit militer.


François Chesnais


Notes

[1] Pour tous ces chiffres et d’autres encore, voir le site du Trésor : http://www.aft.gouv.fr/

[2] http://www.sipri.org/yearbook

[3] Voir l’article de Jean-Marie Collon dans son blog à http://alternatives-economiques.fr/

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