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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 09:34


3 avril 2010

Nous publions ci-dessous des informations et considérations sur le plan mal nommé de « solidarité avec la Grèce », présenté ce dimanche 2 mai 2010 par le Premier ministre « socialiste » George Papandréou à Athènes.


Plus qu’un plan de sauvetage accordé par l’Europe au nom de la solidarité, le programme adopté dimanche par l’Union européenne (UE) et le FMI tient lieu de punition pour les Grecs. Angela Merkel s’en cache à peine : l’aide que va consentir l’Allemagne à la Grèce sont assorties de telles conditions que la leçon va servir d’avertissement pour tous les autres pays, qui ont oublié la rigueur maastrichienne. « Ils voient que le chemin imposé à la Grèce, sous les termes stricts du FMI, n’est pas facile, aussi vont-ils tout mettre en œuvre pour s’éviter cela », pronostique-t-elle dans un entretien au journal populaire Bild am Sonntag.


Car le grand FMI est de retour. Pour ceux qui soutenaient que l’institution internationale avait compris les désastres qu’il avait créés en Afrique et en Amérique du Sud et avait changé, le plan d’aide à la Grèce vient infliger un cruel démenti. Toutes les vieilles recettes libérales y figurent : démantèlement de la protection sociale, abaissement des salaires, privatisation, fiscalité sur la consommation. Et elles sont désormais avalisées par l’Union européenne.


Acculé à la dernière extrémité financière, le premier ministre grec, Georges Papandréou, a été réduit à tout accepter. En contrepartie d’une aide de 100 à 130 milliards d’euros sur trois ans, dont 45 milliards dès cette année, le pays se voit imposer un plan d’austérité sans précédent. L’Etat s’engage à réaliser 30 milliards d’euros d’économies sur trois ans pour ramener le déficit public, actuellement de 13,6% du PIB, sous le seuil européen de 3% d’ici fin 2014. « Ce sont des sacrifices durs mais nécessaires (...) sans lesquels la Grèce ferait faillite », or « éviter la faillite est la ligne rouge nationale » a insisté le premier ministre grec.


Mais est-ce si sûr que la Grèce, avec ce plan, évitera la faillite ? Car tout ce programme est injuste socialement, dangereux économiquement. Il fait reposer l’essentiel des efforts sur les salariés, et sur le démantèlement des règles sociales. Ainsi, l’âge minimum du départ en retraite sera désormais à 60 ans. Les cotisations porteront à l’avenir non plus sur 37 mais 40 ans, et calculées sur l’ensemble des salaires d’activité et non plus sur le dernier salaire.

 

Les salaires de la fonction publique comme les retraites seront gelés et toutes les indemnités réduites voire supprimées. Les primes de 13e et 14e mois, ce qui correspond aux congés pays plus le treizième mois en France, seront supprimées pour tout salaire au-dessus de 3000 euros. En deçà, une prime forfaitaire de 1.000 euros sera instaurée.


Dans le secteur privé, un nouveau salaire minimum pour les jeunes et les chômeurs longue durée sera instauré, un succédané du CPE en quelque sorte. [Contrat première embauche pour les moins de 26 ans avec exonération de cotisations patronales durant trois ans et possibilité de licenciement sans motif au cours de sa période de « consolidation » ; le CPE, proposé sous Chirac en 2006, a été retiré suite à la mobilisation des jeunes]. La loi sur les licenciements, qui interdit à toute entreprise de licencier plus de 2% de ses salariés par mois, va être assouplie. Les indemnités de chômage seront aussi revues à la baisse.


Déflagration économique


Côté dépenses, l’ensemble des investissements publics va être réduit. Mais là encore les réductions vont plus toucher les prestations sociales (éducation, hôpital) que la défense. Naturellement, le FMI et l’Europe ont exigé des privatisations qui concerneront en priorité les transports et l’énergie [1]. Côté recettes, la TVA, c’est-à-dire l’impôt qui frappe aveuglément toutes les populations, est appelée à la rescousse.

 

Elle sera portée de 21 à 23% sur l’alcool, le tabac et les carburants. En revanche, rien sur l’impôt sur le revenu, rien sur le patrimoine et les immenses exonérations dont bénéficie l’église orthodoxe grecque, rien sur la fraude et l’évasion fiscale [2], plaie endémique de la Grèce. Officiellement, dans ce pays, les fonctionnaires et les ouvriers, dont les revenus sont déclarés, gagnent plus que les médecins, les pharmaciens ou les banquiers.


A l’injustice de ce plan pourrait s’ajouter le risque de déflagration économique. Car dans les pays où le FMI a imposé une telle purge, l’austérité s’est malgré tout doublée d’une respiration financière : la monnaie a été dévaluée, allégeant d’un seul coup la charge des dettes, et parfois l’endettement a été renégocié. Ce qui avait permis non pas d’alléger la charge imposée aux populations, mais de préserver au moins quelques capacités de rebond à l’économie du pays.


Or, là rien de tel. La Grèce restant dans l’euro, il lui est impossible de dévaluer ou de jouer sur ces taux d’intérêts. Quant à une restructuration de la dette, l’Europe a, par avance, indiqué que « ce n’était pas une option ». Il ne saurait être question de demander des sacrifices au monde financier : les institutions financières européennes sont très engagées en Grèce [3]. Elles détiennent environ les deux tiers de la dette publique grecque, estimée à 300 milliards d’euros. Toute renégociation de l’endettement se serait donc traduite par des pertes pour les banques européennes.


Mais il y a pire encore. Non seulement les dettes passées ne sont pas allégées, mais l’Europe va faire payer son aide au prix fort. On touche ici aux limites des dysfonctionnements de la zone euro. Comme il est interdit (par le traité de Maastricht) à la Banque centrale européenne (BCE) de prêter directement à la Grèce, ce sont les pays de la zone euro qui vont lui prêter de l’argent un par un. Ces prêts bilatéraux seront consentis autour de 5% [4]. Comme l’a élégamment souligné la ministre des finances, Christine Lagarde, dans un entretien au Journal du dimanche du 26 avril : « Cet emprunt ne va rien coûter aux contribuables français. Il va même nous rapporter environ 150 millions d’euros par an. »


Récession prolongée


Pour les banques, cela rapportera encore plus. Car ce sont elles qui vont prêter aux Etats de la zone euro au taux du marché, après s’être financées à 1% auprès de la BCE. Ainsi, les banques et les Etats vont se faire de l’argent sur la quasi-faillite grecque. A ce prix, le mot solidarité a-t-il encore un sens dans l’UE ?


Déjà, de nombreux analystes pensent que la Grèce ne résistera pas à tant de contraintes. Le plan de rigueur, doublé d’une augmentation de la fiscalité sur la consommation, risque de plonger le pays dans une récession prolongée. Le ministre des finances, Georges Papaconstantinou, a reconnu, dès dimanche 2 mai 2010, que le plan d’austérité imposé par l’Union européenne allait miner la croissance future.


Selon ses prévisions, la récession ne sera pas de 2% du PIB comme prévu antérieurement mais de 4% du PIB cette année et 2,6% en 2011. Au mieux. « Nous serons en récession dans les prochaines années, ce qui signifie que nous allons devoir courir encore plus vite pour réduire le déficit », a-t-il prévenu.

 


Plus de récession, plus d’économies, plus de chômage, moins de rentrées fiscales et en face des charges de la dette qui vont peser de plus en plus lourd : le cocktail est détonant. « L’endettement va devenir très vite insupportable », a prévenu Nouriel Roubini, qui préconise une restructuration rapide de la dette avant que la situation ne devienne incontrôlable. L’avertissement a bien évidemment été ignoré.


Après avoir fermé les yeux pendant des années sur les dérapages grecs, l’Europe, entraînée par l’Allemagne, a l’impression de ramener Athènes à la vertu. Son plan pourrait au contraire ouvrir la voie à une implosion économique majeure et à tous les aventurismes politiques.


Martine Orange


(mis en ligne sur A l’encontre le 3 mai 2010)



Une austérité généralisée


Présentation de A l’encontre :

 

Les médias et les diverses institutions gouvernementales européennes ont rebaptisé la crise capitaliste qui a explosé dès 2007 comme étant, aujourd’hui, une « crise budgétaire » ou « une crise de la dette souveraine ». Cette dénomination possède l’avantage d’effacer des radars de ladite analyse économique une des racines de la crise : l’énorme redistribution, au cours des deux dernières décennies, de la richesse créée (ladite « valeur ajoutée ») en faveur des sommets des classes dominantes au détriment des salarié·e·s.


La « crise des dettes souveraines » implique, selon la doxa néolibérale, que la priorité « économique » comme « politique » soit la suivante : des coupes dans les dépenses publiques – sociales en priorité – pour « éviter l’effondrement » grâce à l’obtention « d’un nouvel équilibre budgétaire ».

De la sorte, « on » oublie qu’une partie de l’endettement public ne serait pas à cette hauteur sans « l’aide aux banques pour les sauver » dès 2008, sans les injections diverses attribuées à des secteurs économiques, sans les pertes fiscales provoquées par la récession de 2008-2009, sans le sous-financement d’assurances sociales, sans la défiscalisation accrue des hauts revenus et du capital.


Cela au moment où s’effectuait une distribution de deniers publics (en réalité des impôts) en faveur des détenteurs des « dettes souveraines » (les détenteurs des obligations d’Etat). Donc, en partie, ceux qui sont défiscalisés et jouissent des niches fiscales ou autres « forfaits fiscaux ».

La contention des salaires et les coupes sociales, voilà une qui doit réjouir actuellement les « milieux financiers », quitte à ce que la « zone euro » soit replongée dans la récession, avec un chômage à la hausse, une précarité accrue…Il devrait avoir là un élément de réflexion pour les « socialistes » helvétiques qui envisagent le salut dans l’Union européenne (UE) dont les institutions actuelles représentent, en fait, une sorte de syndicat de banquiers et de transnationales qui dictent – sous le nom d’emprunt : « les marchés » – les politiques des gouvernement peu souverains.


Nous publions l’article ci-dessous en tant qu’élément utile d’information sur les politiques d’austérité en cours et qui s’annoncent. (Réd.)

*****

Sombre 1er mai ! Dans toute l’Europe, les participants au défilé risquent de n’avoir qu’une angoissante question en tête : quelle rigueur va leur être imposée ? Quelles renonciations sociales vont-elles être exigées ? Les premiers échos du plan grec encore en discussion donne la mesure de ce qui pourrait bientôt être la norme dans toute l’Europe : une politique de déflation sociale et d’austérité généralisée.


Alors que le gouvernement grec avait déjà gelé les salaires de la fonction publique, suspendu les recrutements, annoncé un recul de l’âge de la retraite, augmenté les taxes sur les carburants et l’alcool, le FMI et l’Europe, sous l’impulsion de l’Allemagne, exigent de nouvelles restrictions.

 

Au menu de ce qui semble déjà acquis, suppression des 13 et 14es mois de salaires pour la fonction publique, nouveau recul de l’âge de la retraite qui serait porté de 53 ans à 67 ans, hausse de la TVA et d’autres taxes indirectes, réduction de toutes les autres dépenses publiques. La potion se veut radicale pour contraindre le gouvernement grec à réduire son déficit de 10 points de PIB d’ici à 2012. Un remède de cheval dans un pays à l’économie déjà anémiée et qui ne souffre d’aucune inflation.


Les marchés, rassurés par cette intervention brutale du FMI, soufflent. Ils sont d’autant plus sereins désormais que la panique financière, cette semaine, a tétanisé les gouvernements européens. Pour éviter de se retrouver dans la même impasse que la Grèce, tous prennent les devants et se proposent de faire du FMI sans le FMI. Sus aux déficits, aux dépenses publiques, aux droits sociaux. C’est à qui aura le plus grand brevet de rigueur pour éviter de se trouver sous les feux des marchés et perdre la précieuse notation qui ouvre l’accès aux capitaux.


Sans attendre, le premier ministre portugais [« socialiste »] José Socrates a passé, dès le lendemain de la dégradation du Portugal [par l’agence de notation Standard &Poor’s], un accord avec le parti social-démocrate [droite conservatrice] de Pedro Passos Coelho, la principale force d’opposition du pays, pour renforcer le programme d’austérité afin d’apaiser les inquiétudes des investisseurs.

 

Dans la nouvelle mouture, le gouvernement envisage de ramener son endettement de 9,4% à 2,8% du PIB d’ici à 2013. Pour y parvenir, il prévoit une réduction drastique des dépenses publiques, qui devraient à elles seules représenter la moitié des mesures d’austérité.


Dans la fonction publique, les salaires et les recrutements sont appelés à être totalement gelés pendant au moins trois ans. Les investissements publics seront réduits, passant de 4,9 à 2,9% du PIB, les programmes de défense sont promis à une réduction de 40%. Un programme de privatisations de 6 milliards d’euros est prévu, dont 1,5 milliard dès cette année. Les impôts sur le revenu augmenteront. Mais les recettes fiscales dans leur ensemble ne représentent que 15% du plan.


L’Espagne, qui elle aussi est inscrite sur la liste des pays menacés, avait annoncé un programme d’économie avant la crise grecque afin de réduire son endettement. Le gouvernement prévoit de réduire ses dépenses de 50 milliards d’euros sur trois ans. Les recrutements dans la fonction publique seront gelés. Une réforme des retraites est en préparation, faisant passer l’âge légal de départ à la retraite de 65 à 67 ans. Mais ces mesures ne sont plus jugées suffisantes par les marchés. Pour l’instant, le gouvernement [« socialiste »] de José Luis Zapatero, qui est confronté à un chômage de plus de 20%, refuse de renforcer la rigueur. Mais les pressions, jusqu’à présent discrètes, pourraient s’accentuer s’il campe dans son refus.


L’euro, un corset de fer


Tirant argument de tout ce qui se passe autour de la Grèce et de l’euro, le gouvernement français trouve une nouvelle justification pour accélérer la réforme des retraites. Le triple AAA accordé à la dette française pourrait vite se retrouver menacé, si la France ne bouge pas, commence-t-on à murmurer à l’Elysée.

 

Le premier ministre, François Fillon, a enfoncé le clou en indiquant que l’Europe ne pourrait pas continuer ainsi « sans une harmonisation sociale et fiscale ». Alors, la retraite pour tous et partout à 67 ans, comme cela semble être devenu la norme européenne par alignement sur l’Allemagne ? Par contre, il n’est fait aucune allusion au bouclier fiscal, ni aux niches fiscales [1], encore moins aux trois milliards concédés en pure perte aux restaurateurs [baisse de la TVA peu répercutée sur les prix des repas]. La rigueur ne semble devoir être que sociale, jamais dans la saine gestion des deniers publics.


La déflation sociale est-elle donc devenue désormais le cœur de la politique de l’Europe ? Asphyxiés par les dettes, liées à la crise, à la baisse des rentrées fiscales et au sauvetage du secteur financier, les gouvernements n’ont guère d’autres choix, s’ils se refusent, comme depuis deux ans, au moindre changement par rapport au monde financier. Et plus encore face au dogme d’une fiscalité allégée pour les plus riches et les entreprises, qui a appauvri systématiquement les Etats depuis trente ans.


Si tous ces paramètres restent identiques, l’euro se révèle être un corset de fer dans cette période de crise : les pays n’ont aucune possibilité de dévaluer, de jouer sur les taux, d’utiliser l’inflation. Dès lors, la seule arme qu’il leur reste est l’ajustement social, une dévaluation interne qui ne dit pas son nom.


C’est la politique qu’a mise en œuvre l’Allemagne avec succès à partir de 2002 dans le cadre de son Agenda 2010, soutenue par tous les partis politiques et les syndicats, font remarquer certains analystes. Et cela a été un succès, soutient le gouvernement allemand qui demande désormais que la même rigueur soit appliquée aux autres. Mais les structures comme les circonstances sont différentes.

 

D’abord, l’Allemagne a une industrie très qualifiée, de forte valeur ajoutée et très exportatrice. Ce qui n’est pas le cas de toutes les économies européennes. Ensuite, ce programme d’ajustement faisait suite à de forts dérapages liés à la réunification et il a été mené pendant une période d’expansion de l’économie mondiale. Le coût social, malgré tout, en a été très élevé. Enfin, l’Allemagne a été gagnante car elle a été la seule à mener ce programme. Ses excédents commerciaux ont été nourris par les déficits de l’Europe, qui lui a assuré 75% de ses débouchés. Qu’adviendra-t-il à l’Europe, et même à l’Allemagne, si l’ensemble de l’économie européenne plonge dans la déflation ?


Car cette politique est déjà à l’œuvre en Irlande, en Lituanie, en Lettonie, en Roumanie, en Hongrie depuis un an, avec ou sans le FMI. Qu’a-t-elle donné ? En Lituanie, le gouvernement, bien que n’étant pas dans la zone euro, a décidé de laisser sa monnaie arrimée à la monnaie européenne, malgré la crise. En contrepoint, les dépenses publiques ont été réduites de 30%, les salaires des fonctionnaires dans les mêmes proportions, les retraites de 11%. La TVA est passée de 18 à 21%, la fiscalité de 15% à 20%.


Résultat ? Le taux de chômage a grimpé de 10 à 14%, l’économie s’est effondrée de 15%. Cette dernière a regagné quelques points de compétitivité mais s’engage dans sa troisième année de récession consécutive. Les écoles, les hôpitaux, manquant de crédits, sont totalement désorganisés, certains ont dû fermer. Surtout, le taux de suicides monte en flèche et l’émigration s’accélère à un rythme impressionnant. Comme en Islande.


Le précédent du plan Laval


Membre à part entière de la zone euro, l’Irlande a opté en avril 2009 pour une cure d’austérité sans précédent pour faire face à la crise et à l’ascension vertigineuse de son endettement (12,5% du PIB). Là encore, tous les efforts ont porté d’abord sur les dépenses publiques. Les effectifs de la fonction publique ont été abaissés, tout comme les salaires (moins 7,5%) et les retraites.

 

Une hausse générale des impôts sur les revenus a été adoptée : + 2% pour les salaires minima ; + 8% pour les salaires les plus élevés.

En revanche, pas question de toucher à la vache sacrée irlandaise : l’impôt sur les sociétés qui lui a permis d’attirer de nombreuses multinationales qui ont organisé une fraude fiscale généralisée au sein de l’Europe au travers des prix de transfert. L’impôt sur les sociétés est donc resté à 12,5%. « L’Irlande fait exactement ce qu’il faut », se félicitaient alors de nombreux gérants de fonds d’investissement. C’est une des raisons qui expliquent aussi l’extrême mansuétude dont font encore preuve les marchés financiers à l’égard de ce pays, en dépit de ses finances dégradées.


La situation, en dépit de la purge imposée, ne s’est guère améliorée. Le pays a connu en 2009 une récession record : moins 7,1% du PIB. Elle devrait se prolonger cette année, les experts tablant sur une chute d’au moins 1%. Là encore, les organismes sociaux sont totalement désorganisés, le chômage enfle et la population commence à gronder. Et l’Etat a dû à nouveau voler en urgence au secours d’une de ses banques sur le point de s’effondrer. [Il s’agit de l’Anglo Irish Bank qui doit être à nouveau recapitalisée, après avoir été nationalisée en 2009 ; selon le Financial Times, le système bancaire irlandais a besoin de 81 milliards d’euros pour être débarrassé de ses « actifs toxiques », en grande partie liés à l’immobilier].


C’est le début d’une spirale dépressive qui guette aussi la Grèce. Faute de débouchés et de soutien, l’économie s’effondre, l’Etat voit diminuer encore ses recettes, et proportionnellement les dettes prennent un poids démesuré, bientôt insupportable. C’est aussi l’avertissement qu’a lancé l’économiste Nouriel Roubini le vendredi 30 avril 2010, dans le Financial Times. « Le plan A (tel qu’il est conçu par le FMI et l’Europe pour aider la Grèce) fait courir le risque d’une faillite désordonnée et d’une crise financière. » Mieux vaudrait, selon lui, restructurer la dette grecque, conduire un plan d’ajustement budgétaire pour les pays périphériques [Irlande, Grèce, Espagne, Portugal et Italie] de la zone euro, accompagné par une aide plus importante de l’Union européenne et du FMI, enfin engager des baisses de taux et une stimulation de la demande en Allemagne.


Sera-t-il entendu ? Pour l’instant, ce que l’Europe, sous la dictée des marchés financiers, préconise n’est ni plus ni moins qu’une resucée du plan Laval de 1935 [un des rares budgets en équilibre] au niveau européen. Pour ne pas dévaluer le franc et le laisser arrimé au bloc or, afin de préserver la « rente », celui-ci imposa alors une diminution de 10% des salaires et des retraites, augmenta les impôts, décréta une chute des prix. A la fin de l’année 1935, le budget de l’Etat était à l’équilibre – comme le souhaitent aujourd’hui ceux qui veulent rendre le déficit inconstitutionnel – mais l’économie française s’était totalement écroulée. On connaît la suite. A la fin de la guerre, Winston Churchill jugea que la non-remise en cause des dogmes financiers de l’époque, les parités fixes par rapport au bloc or, furent parmi les pires erreurs de l’Europe dans les années 1930.


Martine Orange



Notes

[1] Pour rappel, le nouvel aéroport construit pour les Jeux Olympiques de 2004 est resté aux mains de la société allemande Hochtief ; les chantiers navals Hellenic ont passé sous le contrôle du groupe ThysseKrupp ; OTE (télécoms grecs) sont propriété de Deutsche Telekom et Olympic Airways de Lufthansa. Parions que le capital allemand, entre autres, a des visées sur quelques privatisations. (Réd).

[2] L’hebdomadaire Sonntag.ch, du 2 mai 2010, rappelait (page 27) que les dépôts – non déclarés – des fortunes privées grecques dans les banques helvétiques étaient estimés à quelque 36 milliards de francs. (Réd.)

[3] The Economist et d’autres sources avaient estimé que les banques suisses et autres investisseurs institutionnels helvétiques étaient en possession d’environ 60 milliards de la dette publique grecque. La Banque nationale suisse (BNS) et la Banque des règlements internationaux (BRI) a rectifié devant certaines questions pressantes. Une grande partie de cette somme se trouvait sur les livres de compte d’une banque grecque établie à Genève et qui a déménagé au Luxembourg (Tages-Anzeiger, 30 avril 2010, p.9) (Réd.)

[4] Des prêts avec un intérêt de 5% au moment où la récession va se prolonger en Grèce – avec une chute en 2010 et 2011 de quelque 3,5% – ne peuvent qu’aboutir à un alourdissement relatif du « poids de la dette » et donc une ponction encore accrue sur les salarié·e·s grecs, avec la déflation sociale qui en découle. (Réd.)


* Articles publiés sur le site Mediapart avec des notes et présentaion de la rédaction de A l’encontre.

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 09:27


5 mai 2010

Une enseignante grecque de 42 ans, mère de deux enfants reçoit un salaire de 1120 euros par mois, soit 1601 francs. Depuis mars 2010, un bonus de 208 euros (400 francs suisses), pour ses diplômes en langues étrangères, lui a été enlevé : « On va aussi me retirer l’allocation que je perçois pour les enfants. ». Elle conclut : « Ce n’est pas moi qui ai vidé les caisses de l’Etat, pourquoi devrais-je les remplir ? » Syndiquée, elle déclare au quotidien français La Croix (4 mai 2010) qu’elle « fera grève le mercredi 5 mars et chaque fois qu’il le faudra ».


Un universitaire de Thessaloni que rapporte que son fils a perdu son emploi dans une société d’informatique : « On lui a dit : soit tu acceptes de travailler pour nous en tant qu’entrepreneur libre, soit c’est la porte. » Traduisez : « Tu travailles quand on a besoin, avec toutes les obligations. Nous ne payons aucune charge sociale. » Un système qui gagne tous les pays européens, avec en tête le Portugal. Il y est baptisé : « les reçus verts ». Quelque 25% des Portugais sont des « travailleurs indépendants ». Les employeurs refusent de leur faire de vrais contrats de travail, même le secteur public fonctionne ainsi.


L’offensive brutale menée contre les salarié·e·s en Grèce – sous la houlette du FMI (présidé par le « socialiste » Dominique Strauss-Kahn), des instances de l’Union européenne (UE) et du gouvernement « socialiste » de George Papandreou (PASOK) – s’inscrit dans le cadre général d’une politique du Capital qui relève de la « guerre de classes ».


Le 23 avril 2010, l’économiste de la Banque Natixis, Patrick Artus, écrivait : « Dans un environnement de croissance faible, cette remontée des profits des entreprises est due davantage à la compression des coûts qu’au redressement des chiffres d’affaires. Une question importante pour les investisseurs est donc de savoir si on peut durablement avoir un équilibre économique de croissance modeste et de profitabilité forte avec des bénéfices par action en hausse rapide. Ceci s’est observé dans le passé au Japon et en Allemagne, et semble s’installer dans de nombreux autres pays. La question centrale est celle de l’acceptabilité politique et sociale d’une déformation durable du partage des revenus au détriment des salariés. »


On ne peut être plus clair : l’attaque contre les déficits publics et la dette constitue une des facettes et un des moyens d’accroître le taux d’exploitation des salarié·e·s. Ainsi sera assuré le maintien d’une redistribution de la richesse produite en faveur d’une petite minorité sociale dominante : une sorte d’oligarchie financière. Cette dernière dicte ses conditions. Dès lors, le « vote des marchés » – des banques, des assurances, des fonds d’investissement – possède un poids 100 fois plus grand que le « vote des citoyens ».


Chef économiste du groupe Axa (assurance française qui a absorbé la Winterthur), Eric Chaney, désigne ce qu’il entend par dépenses publiques : « les masses salariales des fonctionnaires et les dépenses sociales. » Un seul vrai problème : « l’acceptabilité politique et sociale » de cette hausse massive du taux d’exploitation ! Laurence Boone, économiste de la Banque Barclay, l’explique ainsi à propos de l’austérité brutale infligée aux salarié·e·s de Grèce : « Le vrai test pour les marchés ce sera la grève générale prévue mercredi, dont l’ampleur montrera si le corps social grec adhère ou refuse le plan d’austérité. » (La Tribune, 4 mai 2010).


C’est donc sur le terrain de l’affrontement entre Capital et Travail que sont mesurés, d’une part, la possibilité d’engranger des gains par les « investisseurs » et, d’autre part, la capacité de maîtriser les conditions sociales et politiques du durcissement de l’exploitation.


Les travailleurs et travailleuses de Grèce – et des autres pays d’Eu rope – vont-ils subir la « cure d’amaigrissement » sans réagir ? Ou vont-ils s’y opposer avec une vigueur suffisante pour mettre en échec des objectifs que se fixent le patronat, les banques, les assurances, les fonds d’investissement ? Tous se déguisent sous le terme général : les « marchés ». L’enjeu se situe donc à l’échelle de l’Europe. Une offensive brutale et similaire à celle appliquée en Grèce est déjà à l’œuvre au Portugal et en Espagne.


Etant donné la désinformation de la presse, un rappel est utile. Quels sont les éléments constitutifs du plan d’austérité exemplaire – dans le sens de « modèle » pour d’autres pays – infligé, en Grèce, aux salarié·e·s des secteurs publics et privés, aux personnes privées d’emploi, aux retraité·e·s ? Ce plan – décidé le 2 mai 2010 et nommé « des larmes et du sang » – se déroule ainsi :


• Durant 5 ans, les salaires et les retraites de la fonction publique seront gelés.


• La diminution des primes (Noël et Pâques) et du 13e et 14e salaire équivaut pour un salaire mensuel « pré-rigueur » de 1200 euros dans le public (1716 francs) sur 14 mois à une perte de 3000 euros (4290 francs). Résultat : un revenu annuel de 19734 francs au lieu de 24024 !


• Le taux principal de la régressive TVA passe à 23%, après avoir été passé, en mars, de 19% à 21%. Les taux minimaux (sur les biens dits de première nécessité) augmentent aussi. Les taxes portant sur le carburant – un des plus chers en Europe –, le tabac et l’alcool seront augmentés de 10%, pour la seconde fois.


• Les propriétaires d’un bien immobilier – ils forment 80% de la population – seront touchés par la hausse de l’impôt foncier.


• D’ici 2013, l’âge légal de départ à la retraite est porté pour les femmes à 65 ans (60 ans actuellement), comme pour les hommes. La limite de 67 ans est déjà mentionnée. Pour avoir une retraite complète, même misérable, il faudra avoir cotisé 40 annuités (et non plus 37). Les 13e et 14e mensualités sont supprimées, avec une « compensation » de 800 euros par an pour celles inférieures à 2500 euros.


• Plus important : le montant de la retraite sera calculé sur la base de l’ensemble des salaires de toute la vie active. Avec les très bas salaires d’entrée « dans le marché du travail », le chômage, le tassement salarial à venir, il en découle une baisse des retraites futures évaluée entre 45% et 58%.


• Les dépenses de fonctionnement dans les secteurs de la santé et de l’éducation seront réduites de 1,5 milliard d’euros ; ce qui va accroître l’espace pour les cliniques et les écoles privées et accentuer encore plus la discrimination sociale.


• Les investissements publics seront réduits du même montant, ouvrant encore plus grande la porte aux privatisations dans des secteurs décisifs, privatisations dont ont déjà profité des transnationales allemandes, en particulier.


• La législation du travail sera encore affaiblie pour ce qui a trait aux licenciements, au salaire d’engagement pour les jeunes, etc. Toute austérité brutale aboutit, à moyen terme, à une attaque certaine contre les droits syndicaux.


• Les mesures contre l’évasion fiscale ne toucheront pas les plus hauts revenus. Comme « par miracle » seulement 5000 citoyens grecs déclarent un revenu annuel supérieur à 100 000 euros (143 000 francs). Rien d’étonnant, dès lors que les experts estiment à 36 milliards de francs, les fonds grecs déposés « illégalement » dans les banques helvétiques (Sonntag.ch, 2 mai 2010, p. 27).


• Par contre, les dépenses d’armement (2,8% du PIB en Grèce, contre 1,3% pour l’Allemagne) ne seront pas touchées, car pour ce qui est des acquisitions elles se concentrent sur des achats d’armes aux entreprises françaises et allemandes.


Un tel plan accompagné d’une « aide » de 130 milliards sur trois ans à un taux d’intérêt de 5% va plonger la Grèce dans une longue récession : -4% en 2010 et au minimum -3,5% en 2011. Ce qui signifie : difficultés encore accrues pour payer les intérêts, hausse du chômage, paupérisation et nouvelle vague de « rigueur ».


Ce plan d’austérité – qualifié frauduleusement « d’aide à la Grèce » – a aussi pour fonction de renflouer des banques de l’UE. En effet, les banques françaises détiennent 75,17 mil liards de dettes grecques ; les allemandes 45 milliards ; les britanniques 15,08. Si le 19 mai 2010, la Grèce ne pouvait rembourser l’emprunt de 8,09 milliards arrivant à échéance, le défaut sonnait à la porte, avec des pertes pour les banques. Les pays de l’UE et le FMI renflouent donc les banques.


Ces dernières ont aussi des engagements importants sur l’Espagne : respectivement 219,6 mrds, 237,9 mrds et 114,13 mrds. Pour servir les banques – déjà sauvées une fois en 2008 – la Banque centrale européenne (BCE) va accepter qu’elles déposent en pension auprès d’elle des obligations grecques, même si elles sont considérées par les agences de notation comme « pourries ». Contre ces dépôts (collatéral), les banques pourront se refinancer auprès de la BCE à un taux de 1% ! Une véritable aubaine.


La mobilisation des travailleurs et travailleuses de Grèce – qui devrait être rejointe par celle de leurs frères et sœurs d’Europe – peut s’appuyer sur des objectifs alternatifs.

Ils commencent par :

• la suspension du remboursement de la dette publique ;

• un audit public pour repérer la part de la dette liée à des opérations frauduleuse (exemple : Siemens a graissé la patte des dirigeants grecs pour le système de surveillance lors des Jeux olympiques de 2004) ;

• la « relocalisation » fiscale des grands groupes en Grèce, qui sont exilés dans les paradis fiscaux ;

• l’échange d’informations sur les fonds déposés en Suisse ;

• la fin des privilèges accordés au grand propriétaire foncier qu’est l’Eglise orthodoxe. Etc.


Dans leurs mobilisations, les salarié·e·s grecs peuvent établir une « feuille de route » qui devienne un fil rouge d’une mobilisation sociale à l’échelle de l’Europe.


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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 09:21


 

La bande annonce et les dates de projections en Bretagne de son documentaire

"Sous les pavé, la terre"


Tous les films de Thierry :

 

http://www.dailymotion.com/kruger44


Le documentaire de Thierry Kruger et Pablo Girault sorti en 2009 'Sous les pavés, laTerre" sera à l'affiche dans la région en ce moi de mai 2010. Le synopsis est à lire après la bande annonce.
11 mai
cinéma Le Club à LOCMINE (56) à 20h15 en présence de Thierry Kruger
12 mai
cinéma Breiz à ROSTRENEN (22) à 20h30
13 mai
cinéma Jeannes d'Arc à GOURIN (56) à 20h00
27 mai
cinéma Emeraude à DINAN (22) à 20h30 en présence de Thierry Kruger

Documentaire environnementaliste, «Sous les pavés, la Terre» survient, dans un contexte devenu très déprimé, comme une bouffée d'esprit rebelle, mais sans caricature ni vaine orientation.

Naviguant entre constats alarmants et propositions concrètes dans les domaines de l'agriculture, du transport et de l'habitat, ce film incite à la réflexion de chacun d'entre nous et, plus encore, à une profonde refondation de nos modes de vie.

Paysans, artisans, scientifiques, philosophes et politiques. Ce film expose leurs combats, face aux sarcasmes de leurs pairs, aux pesanteurs des administrations, à la frilosité des banques et des assurances, aux lobbys ne voulant renoncer à leurs confortables avantages.

Dates et lieux des projections sur www.brutprod.com

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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 13:07

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Face à la menace de l’ancien occupant turc, Athènes refuse de rogner dans ses dépenses militaires.


Par JEAN QUATREMER Envoyé spécial à Athènes


Les milliers de manifestants de gauche qui ont parcouru les rues du centre de la capitale grecque, hier, défendaient leur salaire et leur retraite. Mais aucun slogan du style «Nos salaires, pas des militaires».

 

Pourtant, les mesures d’austérité - visant à économiser 30 milliards d’euros sur trois ans afin de ramener le déficit budgétaire de 14% à 3% d’ici à 2014 - ont curieusement omis de tailler massivement dans l’un des plus importants budgets militaires de la planète (rapporté à la richesse du pays bien sûr). Car, en Grèce, il est quasiment intouchable. «On ne s’en rend pas compte en Europe de l’Ouest, mais nous vivons sous la menace permanente de la Turquie», explique Filios Stangos, journaliste pour la télévision publique.


De fait, interroger les citoyens grecs sur l’armée vous vaudra, sauf au sein de la gauche radicale, des regards étonnés. Si beaucoup conviennent que la Grèce a un vrai problème avec sa pléthorique fonction publique (800 000 fonctionnaires pour 11 millions d’habitants), rares sont ceux qui sont prêts à remettre en cause la course aux armements avec la Turquie : «Tous les jours, on a droit à une provocation d’Ankara, soupire Maria, qui dirige une PME de cosmétiques. Un jour c’est un avion qui viole notre espace aérien, le lendemain c’est un bateau turc qui s’égare dans nos eaux territoriales. On ne sait pas ce que l’armée turque est capable de faire.»


Malades. Rançon de cette inquiétude diffuse à l’égard de l’ancien occupant, les dépenses militaires de la Grèce (6 milliards d’euros), rapportées au PIB, restent les plus élevées de l’UE et au deuxième rang de l’Otan, après les Etats-Unis : 2,8% du PIB aujourd’hui, contre 1,7% en moyenne dans les autres pays européens de l’Alliance atlantique, même si on est désormais loin des années 80 où elles dépassaient les 5%. L’armée grecque, c’est 100 000 hommes et femmes pour l’armée de terre, 18 800 pour la marine et 26 800 pour l’armée de l’air, soit 2,9% de la population active contre 1,1% dans les autres pays de l’Otan.


Cependant, le gouvernement Papandréou a reconnu qu’une rationalisation n’était peut-être pas une mauvaise idée. Ainsi, le budget de la défense pour 2010 prévoit tout de même une diminution de 10,8% des dépenses de fonctionnement, ce qui a déjà entraîné des «mouvements sociaux» : la semaine dernière, les pilotes de l’armée de l’air, faute d’avoir le droit de grève, se sont tous déclarés malades pendant vingt-quatre heures pour protester contre les coupes dans leur salaire. Les dépenses d’armement ont, elles aussi, été revues à la baisse : - 9% en 2010. «La Grèce a différé de nombreux achats mais si elle veut rester au niveau de la Turquie, elle va devoir investir davantage dans les prochaines années», souligne un diplomate européen.


U-Boot. Le plus cocasse, c’est que faute d’industrie nationale, Athènes doit importer massivement (c’est même le 5e importateur mondial en matière de défense) à la plus grande joie, notamment, de la France et de… l’Allemagne. Cette dernière, si prompte à lui donner des leçons de bonne gestion, n’a pas hésité à lui vendre, en 2009, six U-Boot 124, des sous-marins dont Athènes n’est d’ailleurs pas satisfait, pour la modique somme de 2 milliards d’euros.

 

La France est aussi sur les rangs pour placer des frégates FREMM, produites avec l’Italie, et, bien sûr, son Rafale. Autant dire que Paris et Berlin préfèrent voir le budget de la fonction publique fondre plutôt que mettre en péril les exportations de leur industrie militaire. On comprend aussi pourquoi la Grèce est l’une des militantes les plus actives d’une défense européenne : «Le jour où on aura la certitude que les soldats allemands et français viendront mourir pour défendre nos îles face aux Turcs, alors, ce jour-là, on diminuera notre budget militaire», ironise le journaliste Filios Stangos.

 

Note:

 

A part les remboursements d'emprunts qui vont rapporter sur le dos des travailleurs grecs, il ne faut surtout pas oublier ces dépenses militaires qui vont dans les poches des fabriquant d'armes U boot allemands et frégates françaises. 


Il ne faudrait pas négliger non plus un fait historique: la Grèce a toujours été du côté de la Serbie dans le dépeçage des Balkans, alors que l'Allemagne a suscité, puis soutenu militairement les nationalismes Slovène puis Croate. Il n'y aurait pas comme une revanche?


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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 13:04


09

crise financière,

crise des états

Grèce,

la violence et l'âpreté du capitalisme dans la grande crise

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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 12:58

 

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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 10:46

 

 

 

Catastrophe écologique


Par Sophie Chapelle (3 mai 2010)


La plus grande plateforme pétrolière du monde, Atlantis, exploitée par BP dans le Golfe du Mexique, comporterait de nombreux défauts techniques. Selon le site d’information indépendant Truthout et des ingénieurs ayant travaillé pour BP, en cas de problème, ce forage pourrait provoquer demain une marée noire encore pire que celle qui menace aujourd’hui les côtes de Louisiane.


 

 

 

L’équivalent de 5.000 barils de pétrole continuent de se déverser chaque jour dans le Golfe du Mexique à cause de l’incapacité de British Petroleum (BP) de colmater son forage [1]. La gigantesque marée noire qui menace les côtes de Louisiane, du Mississipi, d’Alabama et de Floride est donc alimentée sans discontinuer depuis l’explosion du 20 avril de la plateforme pétrolière « Deepwater Horizon », qui a causé la mort de 11 salariés et provoqué le naufrage de la plateforme. La polémique enfle depuis les révélations du Wall Street Journal qui pointe les insuffisances du système de sécurité de la plateforme.


Deepwater Horizon était en effet dépourvue de vanne de sécurité pouvant être déclenchée par impulsion acoustique depuis un navire proche de la plateforme. Cette mesure est obligatoire pour l’exploitation pétrolière off-shore proche de pays comme la Norvège ou le Brésil. Dans une lettre du 29 avril, le démocrate Henry Waxman, président du Comité de l’énergie et du commerce à la Chambre des représentants, demande au président de BP Amérique, Lamar McKay, de fournir au Comité des copies des rapports d’inspections des vannes de sécurité de l’ensemble de ses plateformes. Une enquête fédérale est également en cours.


Plus grave : selon le site d’information indépendant Truthout, BP risquerait de provoquer d’autres catastrophes massives dans le Golfe du Mexique. En ligne de mire, Atlantis, la plus grande et plus profonde plateforme de pétrole et de gaz naturel du monde, située à environ 300 kilomètres au sud de la Nouvelle-Orléans. Lancée fin 2007, son forage descend à une profondeur de 2.150 mètres. Grâce à un « lanceur d’alerte » travaillant pour le pétrolier britannique, le site Truthout s’est procuré des correspondances internes évoquant les insuffisances du système de sécurité de la plateforme Atlantis. On apprend ainsi que les schémas techniques « ne sont pas complets » et que « cela pourrait mener à des erreurs catastrophiques de l’opérateur ».

Soudures sous-marines non conformes

En mai 2009, Max Sawer, un ingénieur texan ayant travaillé sur Atlantis, constate que 85 % des 2.108 instruments de contrôle et de commande des canalisations n’avaient pas été soumis à une validation des ingénieurs. 95 % des soudures sous-marines d’Atlantis ne seraient pas certifiées. « Si elles rompaient, la marée noire serait trente fois pire que celle générée par l’explosion de Deepwater Horizon », prévient le site d’information. Le 26 mars dernier, le Service fédéral de la gestion des ressources minérales a lancé une enquête sur les schémas de procédés et d’instrumentation d’Atlantis et attend dans les jours à venir un rapport détaillé. Le coût des mises à jour du système de sécurité d’Atlantis est évalué à 2 millions de dollars par la source de Truthout.


BP se voit régulièrement infliger des amendes. Selon le Service fédéral de la gestion des ressources minérales, « BP a été condamné à 75.000 $ d’amendes en 2003 pour ne pas avoir mis en adéquation la pression de l’eau avec l’un des systèmes de protection contre le feu d’une plateforme, ainsi que 80.000 $ d’amendes pour avoir évité les alarmes de sécurité indicatrices des dangers de la haute pression ». La responsabilité de BP est également engagée lors de l’explosion, en 2005, de la raffinerie de Texas City, qui a tué 15 personnes et en a blessé 170. Le groupe pétrolier a dû payer 135 millions d’euros au gouvernement américain. La société a aussi été mise en cause pour la pollution de Prudhoe Bay, en Alaska, en 2006. « Les imprudences de BP dans le projet Atlantis sont l’exemple manifeste de la manière dont une entreprise développe un modèle défectueux avec l’adoption de standards industriels minimums en matière de sécurité environnementale et des travailleurs », estime l’ingénieur Max Sawer, dans Truthout. Pour le premier trimestre 2010, BP vient d’annoncer une augmentation de 135 % de ses profits, soit 6 milliards de dollars.

Sophie Chapelle



 

Lettre du démocrate Henry Waxman, président du Comité de l’énergie et du commerce à la Chambre des représentants, adressée au président de BP Amérique, Lamar McKay.

PDF - 66.3 ko

Notes

[1] Voir leur communiqué en Anglais du 30 avril.

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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 10:35

Pot-d-adieu

Par Nolwenn Weiler (5 mai 2010)


Vous l’ignorez sans doute mais « la mise au point des pesticides de synthèse commercialisés aujourd’hui est de plus en plus fine alors que les pesticides naturels utilisés par l’agriculture biologique (…) ont un spectre souvent beaucoup plus large les rendant parfois potentiellement plus dangereux. »

 

En clair : les pesticides de l’industrie chimique seraient plus sains que les insecticides ou fongicides naturels, comme le purin d’ortie.


Ce sont les députés et sénateurs de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques qui l’assurent haut et fort ! Leur dernier rapport, remis à l’Assemblée nationale le 29 avril dernier, est ainsi truffé de croustillantes affirmations.

 

On apprend notamment que « l’usage des produits phytopharmaceutiques (l’expression consacrée au sein de l’industrie chimique) est, d’ores et déjà, très sérieusement limité et encadré par les réglementations européenne et nationale (et) par les organisations professionnelles ».

 

Il est aussi écrit que les agriculteurs « utilisent à bon escient les quantités les plus faibles possibles de produits phytopharmaceutiques nécessaires à la production de notre alimentation.  » Précisons que l’un des auteurs du rapport, le député UMP de la Manche Claude Gatignol est l’un des ardents défenseurs des OGM.


Sachez enfin que « par le biais de la formation et de l’information, l’agriculture conventionnelle tend à céder le pas à l’agriculture raisonnée  ». Laquelle agriculture, bénie par le gouvernement actuel, est très soutenue par l’industrie phytosanitaire. Nul doute que ces informations impartiales, et très pointues, vont éclairer les députés occupés à voter le Grenelle 2, qui décline la mise en application du Grenelle 1.

 

Ce même Grenelle de l’environnement qui envisageait alors (à l’automne 2007) de diviser par deux la quantité de pesticides utilisés d’ici 15 ans.

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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 10:33
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4 mai 2010

 

Soheib Bencheikh, ancien grand mufti de Marseille, ex-membre du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), dirige actuellement l’Institut Supérieur des Sciences Islamiques, basé à Marseille. À rebours des prêches islamistes dénonçant l’homosexualité comme une abomination et une dépravation morale importée de l’Occident, il fait partie de ces voix, trop souvent couvertes par les vociférations des intégristes, qui prônent un islam tolérant, loin des clichés et des fantasmes.



Que dit l’islam sur l’homosexualité ?


Soheib Bencheikh – Quasiment rien : ce thème y est pratiquement inconnu. Le Coran n’en parle pas, hormis dans un passage très succinct et repris de la Bible où il est question de Lot et de Sodome ; et encore, le récit se contente de réprouver l’« immoralité » des habitants de Sodome, sans préciser quelles sont leurs pratiques. Seuls les hadiths affirment que le Prophète aurait condamné la pratique homosexuelle, mais leur fiabilité est beaucoup plus incertaine que celle du Coran : ce sont en effet des adages qui ont été attribués au Prophète entre un siècle et demie et deux siècles et demie après sa mort, et qui sont donc influencés par une théologie déjà établie et une morale déjà construite.


Selon vous, il ne faut donc pas se référer à la charia, qui prévoit la mise à mort des homosexuels ?


La charia n’est pas une loi divine et immédiatement applicable ; elle relève d’un travail humain, et non de Dieu. C’est une œuvre de déduction et d’intuition qui s’inspire du Coran mais également d’autres sources humaines et naturelles, y compris l’usage, l’intérêt… C’est un mot générique qui qualifie une intention : celle d’être en conformité avec une éthique ou une loi selon sa foi. Mais la charia n’est codifiée nulle part. C’est forcément une interprétation, car en dehors du Coran, tout ce que nous savons est le produit de l’intelligence et de la réflexion humaines.

 

Ce que vous mentionnez relève en vérité du droit musulman tel qu’il a été défini par l’une ou l’autre des grandes écoles de l’islam : hanafite, malékite, hanbalite, chaféite, etc. Ces écoles s’inscrivent dans un contexte historique et social qui est celui d’une société tribale et clanique. L’ennui, c’est que musulmans comme non-musulmans distinguent peu ces différentes conceptions que sont la charia, le droit musulman, la jurisprudence… Il est exact que le droit musulman condamne très sévèrement la pratique homosexuelle, mais en se basant sur quoi ? Sur rien, ou presque.


Il n’y a donc pas de contradiction entre le fait d’être musulman et celui d’être homosexuel ?


Bien sûr que non : on peut tout à fait être à la fois homosexuel et musulman, jouir de tous les droits et s’acquitter de tous les devoirs d’un croyant.


Pourquoi alors les intégristes développent-ils un rejet aussi violent de l’homosexualité ?


En raison de la société patriarcale et du machisme qui prévalent sur les deux rives de la Méditerranée, aussi bien chez les Siciliens que chez les Algériens. Toutefois, l’homosexualité active est presque tolérée dans l’usage, en tout cas mieux considéré que l’homosexualité passive.


Quelle serait alors votre propre interprétation, en tant que théologien, des rapports entre homosexualité et islam ?


Pour moi, le fait que le texte ne dise rien, ce silence de Dieu, est en soi une législation au même titre que les commandements. Dieu est sensé être omniscient, et le Coran est décrit comme le livre qui n’a rien oublié. Ce n’est donc pas pour rien qu’il ne parle pas d’homosexualité : s’il ne la mentionne pas, ce n’est pas aux hommes de l’interdire. De surcroît, contrairement à une certaine tradition chrétienne, qui voit d’un mauvais oeil la pratique sexuelle, l’islam précise que l’accomplissement du désir sexuel participe à l’équilibre de l’être. Donc j’estime que cette question de l’homosexualité ne concerne ni le théologien ni le juriste, qui n’ont pas à s’intéresser à l’intimité des êtres ou à ce qui se passe dans leur chambre à coucher.


Propos recueillis par Romain Vallet




* Paru sur Hétéroclite :


http://www.heteroclite.org/index.ph...

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NPA QUIMPER - dans LGBT
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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 10:16

902390_nono_298x224.gif Nono dans le Télégramme du 6 mai


S'en prendre aux familles pauvres

Un projet de loi concocté par un député UMP vient d'être déposé, reprenant la vieille lune des politiciens réactionnaires : prétendre combattre l'absentéisme des élèves de collège ou de lycée en suspendant les allocations familiales versées à leur famille.

En légère augmentation, particulièrement dans les lycées généraux et surtout professionnels, les absences non justifiées des jeunes élèves devraient, selon le scénario du député auteur du projet, donner lieu à ce qu'il appelle un « carton jaune » dès quatre demi-journées d'absence dans le mois, soit un avertissement par l'inspecteur d'académie. Si le fait se renouvelait, ce dernier sortirait le « carton rouge », en demandant à la Caisse d'allocations familiales de suspendre les allocations versées pour l'enfant. Celles-ci reprendraient si l'élève cesse ses absences et si... l'ordre de reprise des versements ne se perd pas en chemin.

Ce projet n'a rien d'une nouveauté. Les associations de parents d'élèves rappellent qu'un arsenal de lois existe déjà, notamment au niveau du Conseil général, sans effet sur les élèves « décrocheurs ». L'une d'elles, la FCPE, note même qu'en Grande-Bretagne, où les parents peuvent subir de lourdes amendes, voire des peines de prison, il n'a pas été constaté de baisse de l'absentéisme des élèves.

 

Alors, à quoi servirait de faire subir « une violence financière forte et même très forte pour certaines familles », comme le dénonce le SIA, le Syndicat des inspecteurs d'académie, à des parents déjà en difficulté, à une mère qui élève seule ses enfants ? À leur faire subir une double, une triple peine, à ajouter à la précarité sociale, à la difficulté d'éduquer un enfant, une ponction sur les revenus ?

 

Les allocations familiales ne sont pas destinées à récompenser les « bons parents » : il s'agit en fait de salaire différé censé compenser les charges liées à la présence d'enfants. De quel droit un gouvernement qui supprime des dizaines de milliers de postes d'enseignants et autres adultes, qui rend donc l'école plus difficile pour tous, travailleurs et élèves, s'octroierait-il la place - purement honorifique - du redresseur de torts  ?

La réponse est dans l'empressement de tous ces politiciens à étaler ce volet de leur démagogie sécuritaire. Après Sarkozy, lors de la prise de fonctions du nouveau préfet de Seine-Saint-Denis, voilà que Xavier Bertrand, le chef de l'UMP en personne, est venu présenter la menace de suspension des allocations familiales comme « la » mesure, « efficace » et « équilibrée » contre cette « première marche d'un parcours délinquant ». Mesure qui, avec la nouvelle loi, ne serait « plus soumise à la mauvaise volonté des Conseils généraux notamment ceux qui sont à gauche », ajoute le père du projet.

Il est difficile d'être plus clair : la motivation de ces gens-là n'a rien à voir avec l'intérêt des jeunes scolarisés en difficulté !

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