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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 13:38

La couverture du livre "Révolutionnaires du nouveau monde" de Michel Cordillot

 

Luttes sociales, luttes écologiques : pourquoi ces luttes suivent-elles des voies si désespérément parallèles ? Le livre de l'historien Michel Cordillot, « Révolutionnaires du nouveau monde », ne répond pas plus à la question qu'il ne la pose. Mais l'actuel contexte américain, chargé en catastrophes industrielles, oblige à entrelarder sa lecture de questions annexes.

Cette extrapolation est très personnelle. Sinon, comment un ouvrage sous-titré « Une brève histoire du mouvement socialiste francophone aux Etats-Unis (1885-1922) » se trouverait-il chroniqué ici dans American Ecolo ? Le lien est ténu, mais pourtant solide. Il mêle émigration, intégration culturelle, immersion politique, constat écologique et social.


Le mazout engluant le golfe du Mexique relègue déjà aux oubliettes la mort des onze employés de la plate-forme pétrolière. A l'inverse, le sort des 29 mineurs de Virginie occidentale victimes d'un coup de grisou le 6 avril a encore une fois occulté les ravages de l'industrie du charbon sur l'environnement, notamment sur les montagnes des Appalaches.

Les populations les plus touchées par les pollutions sont toujours les déclassés, les minorités, les sans-grade. Aux Etats-Unis, il y a un terme pour cette situation particulière : « environmental justice ».

Il est vrai qu'à l'époque des agitateurs sociaux dont Cordillot raconte l'histoire, ces sujets-là n'étaient évoqués par personne. Maintenant, on sait : on ne devrait plus oublier l'écologie quand on se pique de social.

Les immigrés d'hier sont devenus l'élite

Aujourd'hui, les immigrés d'Amérique, héritiers naturels de ceux évoqués dans ce livre, travaillent rarement sur les champs pétroliers, gaziers ou dans les mines de charbon. Ces jobs sont réservés à une élite ouvrière locale, elle-même descendante d'immigrés européens, qui n'échangerait surtout pas son sort contre celui des Latinos cantonnés aux chantiers du bâtiment et des routes.


Leurs avantages sociaux ont été arrachés de haute lutte aux compagnies américaines par des hommes obstinés et courageux qui, dès la fin du XIXe siècle, surent s'organiser et faire plier propriétaires, patrons et gouvernement. Leurs conditions de vie étaient alors épouvantables.

La plupart de ces travailleurs venaient, seuls ou en famille, d'une Europe qu'ils avaient fuie en croyant trouver mieux en Amérique. Le livre rappelle un fait communément ignoré :

« Si les travaux historiques bien informés mentionnent, de manière souvent assez détaillée, le rôle joué dans l'histoire sociale des Etats-Unis par les immigrés de diverses origines (Allemands, Irlandais, Italiens, Juifs, Bohémiens, Finlandais ou encore Russes), ils restent en général désespérément muets sur celui des Français. »

Michel Cordillot connaît bien son affaire. Professeur à l'université Paris-VIII, il est un grand spécialiste des luttes politiques en général, et surtout de l'Amérique contestataire. C'est lui qui a coordonné et rédigé « La Sociale en Amérique », paru en 2002, sous-titré « Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux Etats-Unis, 1848-1922 ».

Un temps où le capitalisme était très sauvage

Ils ont été des dizaines de milliers de Français, Belges et Suisses à participer au peuplement post-industriel du nouveau monde. Sans compter les Canadiens de langue française contraints d'aller travailler « aux Etats » pour nourrir leurs familles.


Dans ce nouvel ouvrage, Cordillot raconte une histoire particulière : non pas celle de tous les immigrés francophones, mais celle des leurs qui militaient pour une révolution anarchiste, à une époque où le capitalisme américain était encore plus sauvage qu'aujourd'hui.


On a peut-être du mal à le croire aujourd'hui, mais ces anarchistes français étaient partis nombreux en Amérique du Nord. Ils voulaient renverser les rapports de force entre oppresseurs et opprimés et, accessoirement, libérer les femmes de leur joug. Au tournant du siècle, cependant, ils s'aperçoivent que :

« […] L'activisme anarchiste est voué à l'échec parce que trop isolé, et que seule une action collective peut produire ces améliorations immédiates dont les mineurs ont tant besoin. »

D'investissement syndical en création de coopératives et autres secours mutuels, de débats théoriques en collaboration et confrontation continue avec d'autres révolutionnaires américains, la grande majorité de ces militants se rendent à l'évidence : l'action politique, donc électorale, est essentielle pour changer la vie.

La religion omni-présente rend fous les Français

Au sein du nouveau Parti socialiste américain, créé en 1901, ils veulent conserver leur place spécifique de francophones. Certaines caractéristiques de la société américaine les rendent fous, comme cette manie de tout voir au travers du prisme religieux. En outre, bien peu des leurs entendent correctement l'anglais.


Ils sont aussi terriblement nostalgiques des débats théoriques très français. Ils reçoivent quelques journaux de France, mais surtout, ils ont leur propre presse. Plusieurs titres se succèdent, et celui qui dure le plus longtemps est « L'Union des travailleurs » : quinze ans de longévité, jusqu'à la Grande Guerre.


Le livre met en exergue l'histoire de Louis Goaziou, originaire des monts
d'Arrée en Bretagne, débarqué à Philadelphie en 1880 à l'âge de 16 ans,
locuteur de breton. Grâce à l'action communautaire, politique et journalistique proprement stupéfiante de cet ancien mineur devenu journaliste et imprimeur, Michel Cornillot et d'autres historiens ont pu chroniquer l'évolution politique et la vie quotidienne des francophones installés aux Etats-Unis.

Avec la Première Guerre mondiale s'achève la saga des révolutionnaires français du nouveau monde. Contrairement à leurs camarades d'origine allemande, bien plus nombreux dans les instances dirigeantes du parti et des syndicats, les francophones n'ont pas pu se résigner à rester pacifistes et neutres.

Oublier l'arrière-grand-père anarchiste ou socialiste

Beaucoup sont rentrés au pays. D'autres, comme Goaziou, ont poursuivi autrement leur œuvre militante, s'intégrant, à leur façon, dans la société américaine. Leurs descendants ont fini par oublier (ou voulu oublier) que leur ancêtre était un anar, un rouge, un socialiste bien avant la révolution russe.

Alors, ce lien avec les luttes écologiques, où est-il ? Je le vois sous-jacent, sous les thèmes de l'immigration, de l'énergie, de l'eau, des pollutions délirantes qui affectent certains territoires des Etats-Unis où vivent des millions d'hommes et de femmes.


Parce que les amis de Goaziou avaient en tête de combattre les injustices générées par le capitalisme sauvage, ils ont été réticents envers les syndicats de métier, corporatistes, attachés à défendre les intérêts particuliers d'un groupe, au détriment d'une vraie révolution sociale.

Ils avaient raison. La vision à court terme, celle du petit bout de la lorgnette, est aujourd'hui encore ce qui pourrit le progrès social et environnemental.


► « Révolutionnaires du nouveau monde » de Michel Cordillot - Editions Lux - 212 p - 13 euros

Photo : la couverture du livre « Révolutionnaires du nouveau monde » de Michel Cordillot

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 13:27
grenelle-du-capitalisme.jpg

Les résultats des listes Europe Écologie (EÉ) aux régionales ont relancé le débat sur la structuration et l’avenir du mouvement écologiste. Pour de nombreux protagonistes de la discussion, un stade de développement supérieur passe par une profonde mutation des Verts. Voire par leur liquidation…

 

Depuis longtemps, Daniel Cohn-Bendit ne fait pas mystère de sa préférence pour cette option radicale. Il a donc mené son offensive en deux temps  : d’abord, sans même attendre les régionales, en évoquant la possibilité d’une absence de candidat Vert au premier tour de l’élection présidentielle de 2012 en échange d’un accord avec le PS pour les législatives, garantissant une cinquantaine de circonscriptions aux écologistes.

 

Puis, le 22 mars, dès le lendemain des régionales, il a lancé un appel à constituer une «  coopérative politique  ». Concept des plus flous… sauf sur un point  : la fin des Verts  !


D’autres initiatives, complémentaires ou concurrentes, ont vu le jour comme les «  états généraux de l’écologie et de l’emploi  » pilotés par Eva Joly, Marie-Christine Blandin et Pierre Larrouturou ou encore un appel intitulé «  Europe Écologie à l’heure de l’affirmation  » impulsé par les eurodéputés d’Europe Écologie, notamment Jean-Paul Besset (ancien animateur de la fondation Hulot) et Yannick Jadot (ex-responsable des campagnes de Greenpeace).

 

Et, finalement, la riposte des Verts «  canal historique  » est venue sous forme d’une lettre de Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, se prononçant pour une mutation progressive des Verts, articulée à la mise en place d’un réseau informel et réaffirmant sa conviction que «  les Verts n’ont aujourd’hui ni vocation identitaire ni volonté de se dissoudre dans un ailleurs indéfini  ».

 

À l’évidence, c’est là le point litigieux. Pour ceux des animateurs d’Europe Écologie qui ne viennent pas de la tradition des Verts, «  prolonger la cohabitation entre un parti et un réseau reviendrait à se condamner au surplace, voire à la désagrégation  ». En filigrane est posé le problème de l’adhésion directe à Europe Écologie, de la constitution de collectifs de base et des règles à instaurer pour l’organisation des «  assises pour la refondation de l’écologie politique  », prévues pour l’automne. Et pour la désignation des candidats et candidates aux élections à venir, cantonales puis législatives…


On le voit  : après un succès électoral et politique, le débat au sein de la mouvance écologiste s’est essentiellement focalisé sur les questions organisationnelles. Pourtant, les questions d’orientation politique émergent  : bilan pitoyable du Grenelle de l’environnement, cautionné par les écologistes institutionnels  ; rapport de subordination ou d’autonomie par rapport au PS. Sans compter la volonté de «  lier la question environnementale et la question sociale  », affirmée par Duflot… mais qui peine à prendre consistance du fait de l’incapacité des Verts et d’EÉ à rompre même partiellement avec les contraintes du système capitaliste et productiviste.


François Coustal


* Paru dans Hebdo TEAN 53 (29/04/10).

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 13:23
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Le bilan et les perspectives du Front de gauche sont, entre autres, au menu du congrès d’étape que le PCF doit tenir en juin.


La direction du PCF vient de rendre publics les deux documents en discussion pour le «  congrès d’étape  » de juin. Le premier document adopté par le Conseil national (CN) par 69 voix contre 19 et 10 abstentions traite de la situation politique, du bilan du Front de gauche et des perspectives.

 

«  Faire grandir les résistances  » à la politique de Sarkozy et «  réussir le changement en 2012  » sont les deux axes de ce texte dont la perspective centrale se trouve bien résumée par Robert Injey, rapporteur du document au CN  : «  Nos premiers acquis avec le Front de gauche ne doivent pas nous faire perdre de vue notre ambition  : celle de la construction d’une majorité de changement. Y parvenir, c’est éviter le double écueil stratégique  : celui de l’enfermement de l’autre gauche et celui d’une gauche solidaire dont la solidarité serait celle de se taire et l’impossibilité de peser sur les choix.  »


Pour essayer de comprendre avec qui s’unir, le rapporteur fait le point de l’état de la gauche  : «  Une gauche, du NPA à Europe Écologie, traversée par des mouvements très contradictoires. Avec un PS qui se retrouve dans des conditions plus favorables mais où demeurent des contradictions entre des positionnements à gauche mais sans remise en cause sur les moyens du changement.  »


Voilà la seule critique que porte le document à la politique du PS. Dès lors, le positionnement est clair  : il s’agit pour le PCF d’être l’aile la plus radicale d’un gouvernement de la gauche plurielle.

 

Pour y arriver, le Front de gauche reste un outil mais il doit être capable de dépasser, comme le dit le document, la seule «  partie très politisée de la société  » qu’il a regroupée aux régionales et de se transformer en Front populaire  : «  Nous ne voulons pas faire travailler le Front de gauche comme un cartel ni comme un nouveau parti mais comme une démarche politique citoyenne et populaire ouverte.  » Il s’agit de répondre à Jean-Luc Mélenchon qui réclame la possibilité d’adhésions individuelles au Front de gauche.

 

Pour conclure, le PCF propose un débat programmatique avec les syndicalistes et militants associatifs avant d’aborder les candidatures, notamment celle de la présidentielle. C’est encore le président du Parti de gauche qui est visé pour avoir laissé entendre qu’il serait un bon candidat en 2012.


Pour résumer, disons que le PCF veut continuer de diriger un Front de gauche qui serait à gauche de la «  gauche solidaire  » dans un gouvernement commun et qu’à cette étape, il n’envisage pas de se rallier à une candidature de Mélenchon à la présidentielle. Ce sera soit un candidat du PCF soit un «  syndicaliste  » proche, soit, pourquoi pas, le ralliement à une candidature unique de la gauche.

 

On notera d’ailleurs qu’il n’est jamais fait mention dans le document, ne serait-ce qu’une fois, des noms des partenaires du Front  : Parti de gauche ou Gauche unitaire ou Parti communiste des ouvriers de France ou Alternatifs... Une absence significative.


Sur le deuxième document, il y a peu de choses à dire. C’est la nouvelle langue de bois pour dire qu’il faut un parti plus ouvert, plus pluraliste, plus démocratique, plus à l’écoute de la base, des nouveaux mouvements sociaux et des nouvelles technologies  : «  une transformation de notre travail de direction à tous les niveaux qui visent à démultiplier les champs et l’efficacité du militantisme local compris au sens large  »...

 

Bref, rien de nouveau pour faire revenir les quatorze membres de la direction qui ont démissionné et auxquels le CN, dans un appel solennel, demande de reconsidérer leur décision qui les amènent à vouloir dynamiser la Fédération pour une alternative sociale et écologique (Fase) au détriment du PCF...


Alain Krivine


* Paru dans Hebdo TEAN 53 (29/04/10).

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 13:19

Par Jean-Pascal van Ypersele le Dimanche, 02 Mai 2010 PDF Imprimer Envoyer

 

La cause « anthropique » des changements climatiques semblait entendue depuis le quatrième rapport d’évaluation du GIEC. Or, voilà que déferle une offensive climato-sceptique sans précédent. A-t-elle un fondement scientifique ? Y a-t-il de bonnes raisons d’être climato-sceptique aujourd’hui ?


 Jean-Pascal van Ypersele : Il y a certainement de bonnes raisons d’être climato-sceptique… Mais je ne pense pas qu’on puisse parler des climato-sceptiques en bloc, comme d’une catégorie. Il y a des distinctions à effectuer. Certains sceptiques défendent des intérêts bien établis. Leurs « bonnes raisons » d’être sceptiques sont évidentes. J’y reviendrai.

D’autres sceptiques veulent qu’on parle d’eux et pensent y parvenir en se campant à contre-courant. C’est le cas de Claude Allègre, dont les arguments n’ont ni queue ni tête. Enfin, il y a quelques personnes sans connaissance de la climatologie moderne mais qui ont un vernis de culture scientifique dans d’autres domaines et qui, sur cette base, s’autorisent des commentaires sans fondements. Pour le reste, il y a un débat permanent au sein de la communauté scientifique, notamment sur les raisons de la sensibilité plus ou moins élevée ou basse des modèles à tel ou tel paramètre, les nuages par exemple. Les incertitudes sont nombreuses et elles sont reconnues dans les rapports du GIEC. Il va de soi que ce débat est sain, le doute est essentiel aux progrès de la connaissance.


Vous évoquiez ces sceptiques qui défendent certains intérêts…


JPvY : J’assistais en novembre dernier à la présentation du rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) par l’économiste en chef de cet organisme. Selon les calculs de l’AIE, en cas d’accord ambitieux à Copenhague, les pays exportateurs de pétrole auraient perdu 4000 milliards de dollars d’ici à 2020. Il ne s’agit ici que du manque à gagner des pays de l’OPEP. Pour avoir une image complète des intérêts qui sont menacés, il convient de tenir compte aussi des multinationales du secteur pétrolier, ainsi que des autres énergies fossiles : charbon et gaz naturel. Les enjeux économiques sont donc colossaux. C’est dire qu’il y a des pays et des acteurs qui ne souhaitent pas que l’on réduise les émissions de gaz à effet de serre et qui font flèche de tout bois, en parfaite connaissance de cause mais sans aucun souci pour les conséquences. Il y a dans ces milieux des personnes sans aucune éthique et qui ont décidé d’alimenter le doute. Le doute est sain, je le répète, mais il est malsain de l’alimenter de façon démesurée. Or, c’est de cela qu’il s’agit.


Pouvez-vous donner un exemple de cette démesure ?


JPvY : Le volume II du quatrième rapport du GIEC comportait une erreur : dans le chapitre relatif à l’Asie, il était écrit que les glaciers himalayens auraient disparu en 2035, en l’absence de réduction des émissions. Les auteurs voulaient sans doute écrire « 2350 », pas « 2035 ». Il s’agit évidemment d’une erreur regrettable. Le GIEC l’a reconnue et corrigée. Nous faisons tout pour que de telles erreurs ne se reproduisent pas. Mais deux remarques s’imposent : 1°) la faute portait sur un élément qui n’était en rien capital du point de vue des fondements scientifiques des décisions à prendre à Copenhague (un élément qui ne figurait pas dans le résumé à l’intention des décideurs); 2°) reparler de cette erreur au moment précis du sommet et y consacrer des articles à la une des journaux, avec de gros titres sur plusieurs colonnes, était pour le moins démesuré. De tels choix éditoriaux sont sans aucun rapport avec l’importance de l’information. Ceci dit, ce n’est pas au GIEC d’aller plus loin dans l’analyse de ces choix et de ce qui les sous-tend. Il s’agit d’un problème politique et citoyen, nécessitant une analyse indépendante.


Comment expliquez-vous le succès populaire des sceptiques ?


JPvY : C’est très simple. Le film d’Al Gore était intitulé « Une vérité qui dérange ». C’est un mauvais titre car les scientifiques ne détiennent pas la vérité, ils la cherchent. « Climate science is settled » disent certains. Je ne suis pas d’accord. Le film aurait dû être titré « un message qui dérange ». Il dérange l’ordre établi, le monde tel qu’il est, l’économie telle qu’elle fonctionne, la société telle qu’elle est organisée… Il y a énormément de choses à changer si l’on veut stabiliser le système climatique. Dans un tel contexte, la tentation est grande d’ignorer le message. S’il devient trop visible, trop audible, la tentation est grande de le décrédibiliser. C’est ce que font les sceptiques liés aux intérêts établis. Ils savent que semer le doute est le meilleur moyen de réduire la détermination à agir dans le chef des décideurs politiques et économiques. En effet, pourquoi se donner du mal à réduire les émissions si les changements climatiques sont « an act of God » ?


Que le message dérange l’ordre établi, voila qui semble évident. Mais cela n’explique pas le succès populaire des sceptiques auprès des victimes de cet ordre établi…


JPvY : C’est que le message dérange non seulement les décideurs mais aussi les simples citoyens. La manière dont chacun d’entre nous fonctionne est en effet mise en question. Voyez ce bâtiment : Il a été construit en 1972, juste avant le premier choc pétrolier, et est équipé de simple vitrage. Mais cela dérange les gestionnaires de l’Université catholique de Louvain de devoir faire quelque chose. Il faudrait changer les châssis, changer les plaques qui sont en-dessous des fenêtres et qui contiennent de l’amiante : tout cela les dérange. On dit que l’amortissement de l’investissement est trop long mais il me semble tout de même que, depuis 1972, on aurait eu le temps de l’amortir, cet investissement…


Avec cet exemple, on reste dans la sphère des décideurs. Le cas des simples citoyens est différent. Comment expliquer le succès proprement populaire des sceptiques ? N’est-ce pas paradoxal dans ce contexte de crise et de chômage, quand on sait qu’une politique climatique ambitieuse créerait de nombreux emplois ?


JPvY : De nombreux citoyens se laissent prendre aux sirènes des sceptiques parce que le pouvoir politique n’a pas pris ses responsabilités. Si on laisse les citoyens tout seuls, sans informations, sans mesures d’accompagnement, la majorité d’entre eux ne peuvent que craindre les changements importants qu’implique la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Seule une minorité peut avoir une autre attitude, parce qu’elle dispose des moyens financiers pour faire les investissements nécessaires. Les responsables des craintes que la politique climatique fait naître chez les moins favorisés sont donc clairement les responsables politiques. Ils auraient dû prendre depuis longtemps une série de mesures pour interdire certaines pratiques, en rendre d’autres obligatoires, et surtout contrôler leur application effective. Notamment dans le secteur de la construction. Ils auraient dû réfléchir aux difficultés de celles et ceux qui n’ont pas de moyens et proposer des systèmes tels que le tiers payant, qui permet de concilier réduction des émissions, diminution des factures énergétiques, gain en termes de confort des habitations et équilibre des finances publiques.


Les négociateurs de Copenhague ne sont-ils pas comme les gestionnaires de l’UCL, qui savent à quoi s’en tenir et ne veulent pas prendre les décisions qui s’imposent, parce que ça les dérange, parce qu’ils ont une vision de court terme ?


JPvY : Je n’avais pas songé à cette comparaison mais je n’ai pas une vision si négative de l’accord de Copenhague. D’autres textes ont été adoptés. Quant au texte négocié par les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud, et soutenu par l’Union Européenne, le verre est à moitié plein et à moitié vide. Il était prévu que les différents pays communiquent leurs plans climat respectifs au secrétariat de la Convention cadre pour le 31 janvier. Les 120 pays qui ont rempli cette annexe représentent 80% des émissions mondiales. Ce n’est pas négligeable et c’est une première.


Oui, mais sur base de ces plans on peut projeter une augmentation de la température de 4°C environ d’ici la fin du siècle…


JPvY : En effet, c’est insuffisant, je suis bien d’accord. Mais ce qui est intéressant c’est que les pays en développement annoncent, d’ici 2020, des réductions relatives de leurs émissions de 25 à 30% par rapport au scénario de référence. Leurs plans climat se situent donc dans la partie haute de la fourchette mentionnée par le GIEC : une déviation de 15 à 30% par rapport aux projections.

 

Par contre, les réductions d’émission communiquées par les pays développés sont en moyenne de 15% en 2020 par rapport à 1990. Ce chiffre est à comparer aux 25 à 40% mentionnés par le GIEC comme condition pour ne pas trop dépasser 2°C de hausse de la température. Les pays développés, principaux responsables des changements climatiques, font donc la moitié ou moins de la moitié de l’effort qui leur incombe, tandis que les pays en développement font plus que ce qui est recommandé. Il y a là une contradiction qui a l’avantage d’être écrite noir sur blanc, sous le nez des négociateurs climatiques. Il me semble évident que cette contradiction va faire avancer le processus, de sorte que le texte adopté à Copenhague ne constitue pas le dernier mot de l’affaire. Pour être cohérents avec l’objectif de température qu’ils se sont assignés eux-mêmes, les objectifs des pays développés devront être adaptés à la hausse.


Par ailleurs, l’accord prévoit 100 milliards de dollars par an pour l’adaptation au niveau des pays du Sud à partir de 2020. Il y a beaucoup de points d’interrogation sur les modalités, la gestion, et d’autres questions, je le sais, mais on discute là de montants sérieux. L’enjeu est de continuer dans cette voie dans les mois qui viennent. Les pays en développement ont des raisons de se méfier et d’être exigeants, car il y a eu dans le passé beaucoup de promesses non tenues : les 0,7% du PIB pour l’aide au développement, les fonds pour la lutte contre le SIDA ou la malaria, les Objectifs du Millénaire pour le Développement… Il ne faut donc pas être naïfs : les 100 milliards annuels ne sont pas encore là. Les discussions à venir seront très difficiles, plus difficiles qu’à Copenhague car la confiance est perdue. Pour la reconstruire, les pays développés doivent consentir des avancées substantielles sur les deux plans : le financement de l’adaptation et la réduction des émissions.


Vous avez décrit vous-mêmes les énormes obstacles inhérents au système, notamment l’ampleur des surprofits dans le secteur des énergies fossiles. Quelle force sociale peut contraindre les gouvernements à passer outre ?


JPvY : Cela ne se fera pas tout seul, en effet. Je mentionnerai plusieurs éléments. Tout d’abord, la crise économique peut être un facteur de renforcement des engagements de réduction des émissions. Yvo De Boer l’a dit au Parlement européen : « tout le monde sait que pour l’Union européenne, réaliser les 20% sera ‘a piece of cake’ ». Les 30% en 2020 ne seraient pas si difficiles à atteindre. La Commission a d’ailleurs demandé une réévaluation des objectifs à la lumière de la crise économique. Je ne me réjouis évidemment pas de celle-ci, car elle a des effets sociaux dévastateurs. Mais le fait est que les émissions évitées l’ont été pour toujours. Un autre élément d’avancée possible pourrait être le progrès technologique. On ne sait pas de quoi l’avenir sera fait. S’il y a une percée permettant une baisse importante du prix du photovoltaïque, ou des agrocarburants de 3e génération, on pourrait avoir de bonnes surprises.

Un troisième élément est l’évolution possible au niveau du monde politique. Obama a fait passer la réforme du système des soins de santé aux Etats-Unis. Cette réforme est insuffisante, d’accord, mais il est passé au-dessus des résistances à partir d’une vision à long terme. Une percée du même genre au niveau du climat aurait d’énormes conséquences dans le monde entier. Vu le rôle clé des USA et leur responsabilité majeure, cela pourrait provoquer un effet domino, notamment au niveau de la Chine. Le quatrième élément est l’opinion publique. Mais je le cite en dernier lieu car je suis bien conscient du fait que la majorité de la population a aujourd’hui d’autres préoccupations, à plus court terme.


« Nature », dans un éditorial récent, a décrit le désarroi des scientifiques qui se sont crus invités à un débat et qui se retrouvent confrontés à des méthodes de voyous de la part des sceptiques. La revue appelle les chercheurs à riposter par les mêmes méthodes. N’est-ce pas dangereux ?


JPvY : « Science as a contact sport » est le titre d’un nouveau livre du climatologue Stephen Schneider. Le fait est que les scientifiques ont très peu l’habitude d’être pris dans des débats où on les agresse à coups d’arguments fallacieux sous-tendus par des intérêts socio-économiques. Il y a chez de nombreux scientifiques une certaine naïveté par rapport au débat politique, ce qui explique la surprise face aux attaques des sceptiques, y compris au sein du GIEC . La virulence et les moyens utilisés pour nous décrédibiliser en ont surpris plus d’un. Il n’est pas question de riposter avec les mêmes armes : les citoyens seraient légitimement amenés à conclure que les deux parties sont à renvoyer dos à dos. Les gens se diraient « tous pourris » et ne feraient rien. Ceci dit, recourir aux médias en choisissant soigneusement le moment, les termes employés, les arguments développés : rien de cela n’est malhonnête en soi.


Il y a actuellement au sein du GIEC une réflexion sur la stratégie de communication. Nous voulons nous aussi tirer parti de ce que les médias peuvent apporter, mais nous le ferons évidemment sur la base d’arguments honnêtes, fondés scientifiquement, en expliquant et en réexpliquant sans relâche, en faisan appel à la raison. Ce point est très important. L’emprise plus grande des sceptiques aux Etats-Unis n’est pas sans rapport avec le niveau plus bas de culture scientifique au sein de la population.

En Europe, on n’enseigne pas en parallèle la théorie de l’évolution et le créationnisme aux élèves. Si nous faisions autrement, nous perdrions à terme toute crédibilité. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je suis très réticent à exploiter des évènements graves ou catastrophiques pour dire : vous voyez, c’est à cause du changement climatique.


On connaît la tendance générale, on sait que les changements climatiques sont en marche, mais on ne peut pas dire avec certitude que telle canicule précise en est la preuve. Il faut rester plus prudent et éviter le sensationnalisme. Le problème climatique est déjà suffisamment grave comme cela.

Propos recueillis par Daniel Tanuro

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 13:11
predieu

 



Voir les signatairesSigner cette pétition Participer au forum Réagir à cette pétition Voir les signataires Voir la liste des signataires


A l'attention de : Mr Luc Chatel



A la rentrée 2010, l'Inspectrice d'Académie veut fermer trois clases de CLIS en Finistère (Paul Langevin à Brest, Plouzané et Kerjestin à Quimper).
Ces classes sont destinées à accueillir des enfants porteurs de handicaps. En fermant ces classes, Madame l'Inspectrice d'Académie obligera les familles à faire le choix entre un établissement privé payant ou un établissement public éloigné (au mieux Quimper s'il reste des places).

Nous, signataires, refusons ces fermetures, soutenons les actions des parents d'élèves et demandons l'annulation de cette décision.


Pour faire un lien vers cette pétition,

 

cliquez-ici


www.sauvonslesclis29.over-blog.fr

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 13:10
Déclaration unitaire des organisations de jeunesse : la retraite, une affaire de jeunes !



Le gouvernement s’est engagé dans une nouvelle réforme à marche forcée du système de retraites. « Je veux dire aux jeunes de 20 ans que c’est justement pour eux que nous faisons cette réforme », affirme le ministre du travail Eric Woerth. Nous ne sommes pas dupes de cette hypocrisie. Une nouvelle fois, ce qui est mis en place au nom des jeunes se fait sans eux, et surtout contre eux. En limitant le débat à l’acceptation pure et simple d’un nouvel allongement de la durée de cotisation, le gouvernement adresse aux jeunes un message implicite, mais clair : la retraite ce n’est plus pour vous ! Jeunes en insertion, salariés ou étudiants, c'est sur nous que reposera le financement du système de retraite dans les années à venir, et c’est nous qui subirons toute modification du système actuel. Nous refusons d’être les grands oubliés d’un débat qui nous concerne !


Jeunes, nous sommes attachés au droit à une retraite à 60 ans financée par répartition


Attachés à la solidarité entre les générations, nous souhaitons financer un système de retraite par répartition de haut niveau qui garantisse un niveau de pension permettant de vivre pleinement le temps de la retraite. Nous refusons que la retraite par répartition devienne un « filet de sécurité » a minima, insuffisant pour vivre. Nous refusons la logique d'une retraite basée sur la capitalisation individuelle, inefficace économiquement et inégalitaire socialement. Nous dénonçons la double peine que nous imposerait un nouvel allongement de la durée de cotisation ou un recul de l’âge légal de départ en retraite: nous finançons les pensions d'aujourd'hui, nous refusons d'avoir à épargner en plus pour nos vieux jours dans des fonds de pension qui peuvent être ruinés du jour au lendemain !


Un débat de société escamoté par une nouvelle opération comptable


Parce que la nature du système de retraite qui se met en place contribue à façonner la société de demain, nous refusons la volonté du gouvernement de réduire ce débat à une simple équation comptable. En se limitant à jouer sur la durée de cotisation, le gouvernement s’attaque directement à la solidarité sans aborder les véritables enjeux du système : garantie d’un taux de remplacement, pénibilité, allongement de la durée d’étude et d’insertion, chômage, inégalités hommes – femmes (Aujourd’hui le temps partiel subi, la précarité de l’emploi impactent fortement la retraite des femmes.), répartition du temps de travail et des richesses.


En instrumentalisant les analyses du COR (conseil d’orientation des retraites) pour imposer l’allongement de la durée de cotisation comme seule perspective, le gouvernement élude la question centrale de la répartition des richesses. Depuis 20 ans, la part de la richesse produite attribuée aux salaires ne cesse de diminuer au profit du capital.


Alors que notre pays n’a jamais été aussi riche, nous n'acceptons pas qu'il soit demandé à la jeunesse de travailler plus longtemps pour toucher une retraite moins importante, conduisant ainsi notre génération à vivre des conditions de retraites moins bonnes que celles de nos parents ! Il n’est pas acceptable que l’allongement de la durée de la vie soit synonyme de régression sociale.


Allonger la durée de cotisation ? Pour nous, c’est non !


Cela priverait les jeunes du droit à une retraite à 60 ans à taux plein. Pourquoi cet acharnement à reculer l’âge de départ en retraite quand le chômage des jeunes explose? L’augmentation des besoins de financement est une chance qu’il faut saisir. Nous refusons que le catastrophisme ambiant serve d’argument pour esquiver une nouvelle fois le débat sur la nécessaire augmentation des financements solidaires des retraites par répartition : taxation des stocks options et des revenus financiers, suppression du bouclier fiscal, élargissement de l’assiette des cotisations, suppression d’exonérations de cotisations. Si de nouvelles ressources doivent être immédiatement mobilisées, une véritable politique de l'emploi et de revalorisation salariale destinée à lutter contre le chômage et la précarité est également indispensable pour apporter les recettes nécessaires à la pérennité de notre système de retraite solidaire.


Le système de retraites doit prendre en compte l’évolution de la société !


Nous réclamons des réformes qui garantissent nos droits sociaux, et nous souhaitons faire évoluer le système pour mieux prendre en compte l’évolution de la société et pérenniser le système par répartition.

L’allongement de la durée des études et le recul de l’âge moyen d’entrée dans un emploi stable (27 ans) conduisent les jeunes à commencer à cotiser plus tard que par le passé. Nous exigeons :

• la validation des années d'études et de formation dans le calcul des annuités ouvrant droit à la retraite, afin d’offrir à chaque jeune la garantie de pouvoir étudier sans être inquiété par son avenir, même lointain ;

• la validation des périodes de stages, intégrée dans une véritable règlementation contraignante (rémunération à 50% du SMIC dès le premier mois, reconnaissance et encadrement dans la formation) ;

• la validation des périodes d’inactivité forcée, et la prise en compte la situation des jeunes en situation d’insertion professionnelle pour qui l'enchaînement de stages, de CDD, d’emplois à temps partiel, de périodes d’intérim ou de chômage conduisent à accumuler des droits à retraite très incomplets ;

En ignorant plus longtemps ces évolutions qui caractérisent notre génération, le gouvernement refuse de garantir aux jeunes qu’ils pourront à leur tour bénéficier d’une retraite solidaire à de haut niveau !


Les jeunes seront au rendez-vous du débat public pour affirmer que la retraite est l’affaire de tous !


Nous affirmons notre volonté d’agir ensemble dans les prochains mois afin de défendre l’exigence d’un système de retraites par répartition fondé sur la solidarité, qui garantisse à nos aînés comme aux générations futures une retraite de haut niveau à 60 ans.


Les jeunes refusent d’être les grands oubliés du débat qui s’ouvrent et exigent du gouvernement qu’il renonce à l’allongement de la durée de cotisation. Nous demandons à être associés aux discussions en cours.

Nous appelons à la création de comités jeunes locaux pour organiser la campagne au sein de la jeunesse. Nous appelons les jeunes à se saisir du débat sur les retraites, à participer aux initiatives de mobilisation.


Le gouvernement ne peut aborder le débat sur les retraites sans l’avis des générations directement concernées par cet enjeu social majeur : les jeunes d’aujourd’hui !


Organisations signataires :  

 

UNEF, UNL, FIDL, Sud Etudiant, LMDE, CGT, FSU, UEC, Attac Campus, JOC, Génération Précaire, MJS, MJCF, Jeunes Verts, JRG, Réseau jeunes du PG, NPA, Gauche Unitaire Jeunes, Branche jeune d’AL

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 13:06



 

 

 

 

 

Discret depuis son revers aux dernières élections régionales (3, 4 %), Olivier Besancenot sort de son silence. Au lendemain du 1er mai, le leader du Nouveau Parti anticapitaliste tend la main à Martine Aubry pour défendre ensemble la retraite à 60 ans. Contesté en interne, il souhaite mettre son poste de porte-parole du NPA en débat lors du prochain congrès en novembre.

 


Les défilés d'hier constituent-ils un succès ?


Olivier Besancenot. Ce 1er mai, C’est un premier round réussi dans le match qui s'annonce en faveur du maintien de la retraite à 60 ans. Mais c’est une journée qui appelle à des suites unitaires et radicales dans le courant du mois. L'urgence est d'établir un rapport de forces susceptible d'empêcher la réforme du gouvernement en construisant une mobilisation générale et prolongée des salariés.


Cela s'adresse à la CGT ?


A tout le monde. Si on lâche sur les retraites, alors le gouvernement aura les mains libres pour faire payer la facture de la crise à tous les salariés. Nous sommes donc partisans de la bataille unitaire la plus large.


Seriez-vous prêt à défiler au côté du PS et de Martine Aubry ?


Evidemment. En mars 2006, l’ensemble de la gauche politique et syndicale a bien réussi à faire reculer le gouvernement de Dominique de Villepin sur le CPE (contrat première embauche). Et si on recommençait ?

Si le PS a bel et bien arrêté son discours alterné· sur la retraite – un jour à 62 ans, un autre jour· à 60 ans -, alors oui, il n'y a aucune raison de ne pas lui tendre une main fraternelle. Le 6 mai à Paris, nous participerons avec Marie-George Buffet, Jean Luc Mélenchon et Cécile Duflot à un premier meeting commun pour sauver la retraite à 60 ans. Martine Aubry est la bienvenue à nos côtés.


L'unité dans les mobilisations est-elle plus facile aujourd'hui avec Aubry qu'hier avec Hollande ?


Jusqu'à présent oui. Avec Hollande, c'était le tout ou rien : soit on avalait leur programme, quitte à devenir un satellite du PS, et nous étions fréquentables, soit on refusait et nous étions les vilains petits canards. La direction actuelle du PS est peut-être un peu plus pragmatique.


Le ministre du Travail, Eric Woerth, a reçu François Bayrou, Martine Aubry, Marie-George Buffet et même Jean-Marie Le Pen. Pas vous : est-ce un regret ?


Franchement, le NPA ne gratte pas à la porte du ministère ... Même si cette concertation sur le dossier des retraites est la preuve que le gouvernement marche sur des oeufs, Eric Woerth est dans l'affichage.


Une amende de 150 € pour punir le port du voile dans l’espace public, est-ce juste ?


Le problème n'est pas l'amende, mais l'utilisation politicienne qui en est faite. La burqa opprime les femmes, mais toute loi serait inefficace et injuste. Qui seraient les grands gagnants ? Les plus extrémistes à droite et les intégristes religieux. Les perdants, ce sont les 4 millions de musulmans qui vivent en France et qui se sentent stigmatisés.


Vous dites n'avoir aucune indulgence, mais le NPA a bien présenté une candidate voilée aux régionales…


Elle ne portait pas la burqua. Dans les quartiers populaires, nos militants mènent une bataille pied à pied contre toutes les formes d'extrémisme. Et je continue de penser que le NPA a été une victime collatérale d'une campagne raciste et islamophobe.


L'aide de 120 milliards d'euros à la Grèce va-t-elle dans le bon sens ?


C'est comme vider l'océan à la petite cuillère ... L'affaire grecque est une totale hypocrisie, Ceux qui ont conduit à la crise actuelle sont les mêmes qui aujourd'hui prétendent vouloir sauver le pays. Les vrais coupables du chaos ne sont pas les Grecs, mais ceux qui mènent des politiques libérales. Ceux qui, depuis des années et à l'échelle du monde, multiplient les cadeaux fiscaux et les aides publiques aux plus riches. Résultat, les déficits grimpent, l'Etat s'endette et se retrouve pris à la gorge par une poignée de spéculateurs qui imposent des taux d'intérêt exorbitants. Il faut des remèdes de choc pour en sortir : un service public financier qui ait le monopole du crédit. Celui-ci serait capable de mettre au pas les banquiers et les spéculateurs.


Un scénario à la grecque est-il possible en France ?


C'est absolument envisageable. Il y a un effet domino en Europe. Contrairement aux discours officiels, la régulation promise par Nicolas Sarkozy a fait long feu. La France va droit dans le mur en klaxonnant.


Comment jugez-vous le plan d'austérité du FMI appliqué à la Grèce en contrepartie de son aide ?


Union européenne et FMI ont les mêmes remèdes : ils imposent au gouvernement grec de faire payer la facture à la population. Concrètement, ça veut dire baisse des salaires, recul de l’âge de la retraite. Comme quoi, les pouvoirs publics sont capables d'agir en matière de salaires, mais toujours à la baisse. Si le FMI avait basculé à gauche sous Dominique Strauss-Kahn, ça se saurait !


Martine Aubry propose aujourd'hui comme horizon la « société du bien-être » et du « care », c'est-à-dire du soin mutuel…


(Rires) Nous ne sommes pas des anti care (NDLR : se prononce comme antiquaire), mais, au-delà des slogans, qu'est-ce que c’est la société du bien-être? Le projet du PS, ce n'est pas le partage des richesses, ni celui du temps de travail. Le NPA est le seul à défendre un programme de rupture. Pour financer les retraites, le conseil d'orientation des retraites parle, dans le pire des scénarios, de 3 % du PIB en 2050. Ce n'est rien comparé aux 17 % du PIB qui partent dans les profits, souvent en dividende pour les actionnaires.


Après les élections régionales, vous avez disparu…


Dans les médias, c’est exact, mais j’ai continué à intervenir sur le terrain des combats quotidiens. Nous avons subi un revers électoral. Il faut avoir l'humilité et la décence d'assumer l'échec, de le digérer, de le comprendre pour faire en sorte qu'il devienne un mal pour un bien.


Certains au sein même de votre parti vous accusent de sectarisme…


Les qualificatifs de ce genre ne règlent pas le problème .. Depuis la création du NPA, des erreurs il y en a eu, je les reconnais : notre stratégie d'alliances pas toujours lisible, notre programme pas toujours audible. Et puis on a joué de la personnalisation. Un peu trop à mon goût ...


Souhaitez-vous rester porte-parole du NPA ?


On verra. Cette question est à l'ordre du jour de notre prochain congrès prévu en novembre. Ce que je souhaite, c'est que la future direction du NPA fasse émerger plusieurs porte parole.


Propos recueillis par Eric Hacquemand

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 13:02

Ouest-France / Bretagne / Quimper / A la une de Quimper
Social lundi 03 mai 2010

Cinq militants d’AC ! contre le chômage ont organisé une manifestation ce matin à Quimper, parking de la providence. À l’appel d’un mouvement national, ils lancent une « grève des chômeurs » afin de protester contre les radiations « abusives » de Pôle emploi. Une distribution de tracts est organisée ce lundi.

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 12:55


3 mai 2010 Le Télégramme


En septembre dernier, la fondation Abbé Pierre ouvrait son agence bretonne, à Rennes. Huit mois plus tard, Erwan Bretel, le responsable de la structure, dresse, «inquiet», le tableau du mal-logement dans la région.



Qu'est-ce que vous entendez par personne mal-logée?

 
Ce sont les gens qui sont à la rue. Mais aussi des personnes qui occupent des logements qui n'en sont pas. Soit parce qu'ils ne font pas 9 m², soit parce qu'il n'y a pas d'eau et/ou d'électricité. Le loyer de ces logements indignes (ou taudis) atteint souvent 350 € ou 400 €. Enfin, la nouvelle forme de mal-logement, c'est la précarité énergétique: lorsque votre facture dépasse 10% de vos revenus.

Combien de mal-logés la Bretagne compte-elle?

 
Je ne veux pas avancer de chiffres car de nombreuses données très différentes circulent. Je peux simplement indiquer qu'il y a environ 25.000 logements indignes dans la région ou que le 115 reçoit 2.400appels par an dans les Côtes-d'Armor. Mais pour avoir des statistiques fiables, il faut créer un observatoire du mal-logement qui regrouperait le conseil régional, les départements, l'Insee, la Drass, les agences d'urbanisme...

Quelles sont les particularités bretonnes en matière de logement?

 
La Bretagne est un territoire qui manque de logements sociaux.Pour cent résidences principales dans la région, il n'y a que 10,8 logements sociaux. En France, on est entre 16% et 17%. Mais, l'autre particularité de la région, c'est que les collectivités territoriales sont extrêmement volontaristes. Rennes Métropole par exemple, c'est 50 M€ par an d'aides à la pierre, alors que le budget de l'État sur ce point précis, c'est 500 M€.

Le retard de la Bretagne pourrait-il donc être comblé?


Le problème, c'est que ces collectivités volontaires sont très dépendantes des crédits d'État. Avec la réforme générale des politiques de l'État (RGPP), les conseils généraux, par exemple, ont moins d'argent. Et le risque, c'est que les collectivités s'engagent moins sur le financement de logements sociaux. Seulement, dans le même temps, les besoins augmentent en raison de la précarité grandissante.

 

En France, les courbes des expulsions, du nombre de logements indignes et des recours Dalo (Droit au logement opposable) sont en hausse. Mais celle de la construction de logements accessibles, en baisse. L'avenir peut être brutal. Notre rôle, c'est d'alerter les gens, d'être les porte-parole des sans-parole et, aujourd'hui, la question du logement, c'est une bombe à retardement.

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 12:52

3 mai 2010 - Le Télégramme


Vendredi, c'est avec un jour d'avance sur la fête du 1er-Mai que les employés de l'Association hospitalière de Bretagne, à Plouguernével, ont débrayé à l'appel de l'intersyndicale, pour protester contre les conditions de travail.


Cinq cent cinquante personnes des différentes structures de l'Association hospitalière de Bretagne (AHB) ont protesté, vendredi à Plouguernével, contre «les conditions de travail qui se sont fortement détériorées depuis quelques mois, avec des remplacements de personnels très limités. Toutes les qualifications sont concernées.

 

Il n'y a pas d'argent pour pallier les absences et les remplacements de personnels mais on en trouve toujours pour financer les audits, dont l'aboutissement est incertain.

 

En revanche, pour porter les revendications syndicales, en matière de salaires, devant le Fepah, la direction est des plus économes», ont avancé les syndicats qui appelaient le personnel au débrayage. «Pour compléter le tableau, la pression exercée, depuis quelque temps, par le service DRH et la DSSi ne fait qu'envenimer l'équilibre du climat social», ont-ils affirmé.

 

Six délégués syndicaux ont été reçus par le conseil d'administration et Georges Steppe, directeur général de l'AHB, qui «a convenu de les recevoir cette semaine. Nous allons étudier point par point toutes les revendications qu'ils nous ont exposées pour un retour rapide à la sérénité».

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