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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 13:15

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 12:46

 

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 09:53
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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 09:35

Quand le capitaine Barril relayait les basses besognes de l'État français

À l'occasion du 16e anniversaire du massacre des Tutsi par le régime hutu du Rwanda, débuté en avril 1994, la revue XXI, dont un des animateurs, Patrick de Saint-Exupéry, est l'auteur de livres dénonçant le sale rôle joué par l'État français dans ce massacre, revient sur celui de l'ex-officier de gendarmerie Barril qui, après avoir s'être tristement illustré dans différentes affaires (la fabrication de fausses preuves contre des militants irlandais en 1982, les écoutes téléphoniques clandestines demandées par Mitterrand entre autres) avait entamé une carrière de mercenaire.

À partir de 1989, Barril a donc vendu ses services à plusieurs dirigeants africains : Éyadéma du Togo, Houphouët-Boigny de Côte-d'Ivoire, Mobutu du Zaïre, Lissouba du Congo-Brazzaville et son rival Sassou Nguesso, Patassé du Centrafrique, etc. Selon un ancien agent de la DST, cité par la revue, il aurait participé, en 1995, à une tentative d'assassinat de l'opposant togolais Olympio. C'est aussi Barril qui a formé et entraîné les milices de Sassou Nguesso, parmi les plus violentes d'Afrique, qui ont violé, torturé et tué des milliers de personnes.

Dès 1989, Barril se met au service, moyennant finances, du clan dirigeant hutu, celui d'Agathe, la femme du président Habyarimana, un clan qui trouve son mari trop modéré vis-à-vis des Tutsi. C'est Grossouvre, conseiller de Mitterrand pour les basses ouvres, qui a introduit Barril auprès du clan hutu. Il leur vend d'abord du matériel de sécurité et des armes puis se charge de la protection des dirigeants hutu et de l'infiltration des rangs de la rébellion FPR conduite par Paul Kagamé, actuel président du Rwanda.

Deux missions où Barril réussit à peu près aussi bien que lorsqu'il était au GIGN, puisque l'avion du président Habyarimana est abattu le 6 avril 1994 et que la rébellion FPR finit par l'emporter !

On sait que la chute de l'avion présidentiel donna le coup d'envoi du génocide des Tutsi. Et pendant les mois qui suivirent, Barril se comporta en bon petit soldat du clan des massacreurs mais aussi de l'État français.

Il s'est démené pour accréditer la thèse que l'attentat était l'ouvre du FPR, exhibant au journal d'Antenne 2 une fausse boîte noire attribuée à l'avion abattu... qui n'avait qu'un enregistreur de vol ! Cette baudruche s'est dégonflée mais, avec d'autres, Barril a continué d'accuser le FPR, soutenant même qu'il n'y avait pas eu un génocide des Tutsi mais un génocide des Hutu !

À la fin du génocide, Barril mit sur pied une armée de mercenaires pour tenter d'empêcher le FPR de l'emporter. Il fut aussi le fournisseur d'armes du régime hutu aux abois. Tout cela était connu des services secrets français et le gouvernement français n'y trouvait rien à redire car Barril le relayait alors qu'il ne pouvait plus livrer d'armes du fait de l'embargo décrété par l'ONU.

Ce Barril a donc été bien utile à l'éphémère clan hutu comme à l'État français qui a depuis accueilli Agathe Habyarimana et quelques-uns de ses complices. On suppose que c'est pour cela qu'en juin 1994, il n'y a pas eu d'objection à verser le capitaine de gendarmerie Barril dans la réserve avec le grade de commandant.

Jacques FONTENOY

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 09:28

  le tiers-mondisme, un espoir évanoui

Bandung (Bandoeng en néerlandais, quand les Pays-Bas colonisaient l'Indonésie) est le nom d'une ville de l'île de Java, où s'est tenue du 18 au 24 avril 1955 une conférence convoquée par la Birmanie, Ceylan, l'Inde, l'Indonésie et le Pakistan. Y participèrent plus de mille représentants de vingt-neuf États d'Asie, d'Afrique et du Moyen-Orient, mais aussi une trentaine de mouvements nationalistes anticolonialistes, comme le Front de libération nationale d'Algérie, le néo-Destour de Tunisie ou l'Istiqlal du Maroc. Se trouvèrent ainsi réunis, entre autres, Nehru (Inde), Sukarno (Indonésie), Chou Enlai (Chine) et Nasser (Egypte).

En Europe occidentale, cette conférence était regardée avec sympathie par tous ceux qui partageaient les idées naissantes du tiers-mondisme (c'est trois ans auparavant que l'économiste Alfred Sauvy avait lancé l'expression de « Tiers Monde » pour désigner un ensemble de peuples longtemps colonisés qui, comme le Tiers Etat pendant la Révolution française, souhaitaient devenir « quelque chose »).

En 1955, une trentaine de pays asiatiques et africains, qui avaient été des colonies ou des semi-colonies des puissances impérialistes, étaient devenus indépendants. Au lendemain de la conférence de Genève qui, en 1954, venait de mettre fin à la guerre coloniale menée par l'État français en Indochine, ces États déclaraient vouloir accélérer le processus d'indépendance des colonies restantes.

Parmi les vingt-neuf États présents à Bandung, quinze venaient d'Asie, neuf du Moyen-Orient et seulement cinq d'Afrique (le Ghana, l'Éthiopie, le Liberia, le Soudan et la Libye), car la plus grande partie de ce continent restait sous le joug colonial.

Les cinq États organisateurs avaient pris position contre les essais nucléaires, la politique des blocs et le colonialisme. La présence de Nehru, qui avait succédé à Gandhi, rassurait les grandes puissances, car elles connaissaient sa modération. Mais le véritable animateur de Bandung fut le Premier ministre chinois Chou Enlai, que les États-Unis présentaient alors comme un communiste fanatique, mais qui prôna une conférence pluraliste et multi-ethnique.

 

Quand le Premier ministre cinghalais expliqua qu'on ne pouvait se contenter de dénoncer le colonialisme franco-britannique mais qu'il fallait aussi se mobiliser contre l'Union soviétique en Europe orientale, il déclencha un tollé. Chou Enlai protesta publiquement, mais dans la coulisse, il réconforta l'orateur conspué en lui disant qu'« il y avait des choses intéressantes dans son intervention », posant des jalons qui se révéleraient utiles après la rupture sino-soviétique de 1964.

Chou Enlai amorça aussi en direction des États-Unis, à propos de Formose (Taïwan aujourd'hui), une manouvre qui devait se concrétiser au début des années 1970, laissant entendre que la question de Taïwan (l'existence de deux Chines) pourrait se régler pourvu que Washington ne s'obstine pas dans son soutien à Tchang Kaï-chek. En même temps, il n'afficha qu'un soutien discret au Nord-Vietnam, comme s'il n'était pas pressé que celui-ci récupère le Sud-Vietnam.

La conférence peina à trouver une position commune face aux deux blocs car les uns (Irak, Iran, Japon, Pakistan, Philippines et Turquie) étaient liés aux États-Unis, les autres (Chine, Vietnam du Nord) aux Soviétiques, tandis qu'un troisième groupe (Inde et Égypte) prétendait à une position de neutralité, toute relative puisque, juste avant de venir, Nasser avait fait emprisonner des militants communistes égyptiens. La conférence condamna en termes vagues la colonisation, l'impérialisme, l'apartheid et appela les pays colonisés à lutter pour leur indépendance, mais en leur proposant de privilégier la négociation à la lutte armée.

L'envoyé du quotidien Le Monde, Robert Guillain, ne s'y trompa pas : « On écrit déjà en Europe et en Amérique que c'est la conférence de la révolte, révolte asiatique et africaine, révolte anti-blanche. Je crois vraiment que ce n'est pas cela. Voilà une révolte qui, vue de près, n'apparaît pas si farouche, des révoltés plus radoucis qu'on ne pense. (...) Cette fête en brun, jaune et noir, où les visages blancs sont absents, est bien un événement de notre époque... Mais c'est précisément une fête bien davantage qu'un complot. (...) La conférence afro-asiatique assure, par la voix de ses organisateurs, qu'elle ne veut pas être un rassemblement racial, une machine de guerre contre l'Occident. »

L'année suivante Nasser, Nehru et le président yougoslave Tito évoquèrent le « non-alignement », souvent associé à Bandung. Il faudra attendre la conférence de Belgrade en 1961 pour officialiser une formule qui prétendait alors offrir une alternative aux deux blocs.

Cinq ou dix ans après Bandung, les succès de la révolution cubaine ou de l'indépendance algérienne pouvaient nourrir des illusions tiers-mondistes. Cinquante-cinq après, elles se sont évaporées. La grande majorité des États du Tiers Monde, y compris ceux qui se présentaient comme de farouches défenseurs de l'indépendance nationale, voire du socialisme, se sont alignés sur l'impérialisme qu'ils prétendaient combattre.

À de très rares exceptions, ils n'affichent même plus l'ambition d'apporter un peu de bien-être à leur peuple. Pour la plupart, ils ont démantelé ou achèvent de démanteler ce qui était étatisé dans leur économie, espérant ainsi s'intégrer au sein de l'économie mondiale comme fournisseurs de matières premières ou comme sous-traitants des multinationales, et tant pis si leurs populations payent au prix fort ce réalignement par un surcroît d'exploitation.

Jacques FONTENOY

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 09:25

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Les manifestations de colère d'habitants menacés d'expulsion en Charente-Maritime et en Vendée ont obligé une brochette de ministres, autour de Jean-Louis Borlo, à se rendre sur place, mais sans rien promettre d'autre qu'un examen au cas par cas.

Outre le mépris du gouvernement, qui n'a daigné consulter ni les habitants ni les maires des communes concernées pour définir les zones noires où les maisons doivent être détruites, les sinistrés dénoncent aussi l'inégalité de traitement dont ils sont victimes. La délimitation des zones noires d'expropriation ne semble pas en effet obéir qu'à des critères topographiques, comme l'altitude des terrains par rapport à la mer : elles épousent parfois des frontières de classe.

Ainsi l'île de Ré, pourtant largement inondée, et même coupée en trois îles comme au Moyen Âge, est quasiment exempte de zone noire, et de grands travaux sont en cours pour la protéger par des digues. Dans un même temps, des zones moins inondées sont vouées à être rasées. Les habitants n'ont obtenu que de fausses explications, comme une prétendue volonté d'éviter des zones « peaux de léopard ». Une habitation entourée de maisons inondées doit être rasée, même si elle a été épargnée par les flots. Mais en quoi cela justifie-t-il que des zones entières de riches villas sur l'île de Ré soient exemptées ?

Dominique Bussereau, intervenu sur France 3 le 14 avril pour nier tout favoritisme dans la définition des zones noires, dut cependant reconnaître que « les choses sont très différentes » selon qu'il s'agit d'un terrain coûtant 1 million d'euros les 3 500 mètres carrés sur l'île de Ré ou de terrain à 3 euros le mètre carré.

En fait, nul besoin de piston pour pareille injustice. On trouve une explication dans une loi faite sur mesure pour protéger les plus riches. Selon une circulaire de février 2005, on ne peut procéder à une expropriation que si « le coût estimatif de l'acquisition est moins élevé que celui des autres moyens envisageables de sauvegarde et de protection des populations ».

 

C'est parfaitement clair : un lotissement de modestes pavillons situé sur une zone où le terrain est bon marché sera détruit, car une digue coûterait plus cher que leur rachat. Mais construire une digue pour protéger de riches villas, même peu nombreuses, sera jugé valable si ces villas coûtent plus cher que la digue.

Les plus riches protégés, les plus modestes chassés : voilà le tracé des « zones de solidarité », nouveau nom dont le gouvernement vient de rebaptiser les « zones noires ».

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 09:22

mais révèle que le patronat a largement de quoi financer le système

Le dernier rapport du Conseil d'orientation des retraites (COR), tel qu'il a été répercuté par les médias, a frappé, tant il semblait épouser la propagande alarmiste du gouvernement qui veut imposer, d'ici la fin de l'été, la réforme des retraites souhaitée par le patronat. Mais, à trop vouloir prouver, le même rapport offre aussi des arguments à ceux qui estiment qu'il y aurait une autre façon de poser le problème des retraites que d'en faire peser tout le poids sur les classes populaires.

Créé en 2000, quand Jospin était Premier ministre, le COR associe parlementaires, représentants du patronat, des syndicats, de l'État et experts, mais il est placé sous l'autorité du Premier ministre et son président est nommé par le Conseil des ministres. En 2003, sous Raffarin, ses missions ont été précisées dans une loi qui a consacré et élargi son rôle de haut-parleur des orientations du gouvernement et de l'État.

Il lui est demandé de décrire les évolutions à moyen et long terme des systèmes de retraite, de chiffrer les besoins de financement et de faire connaître la façon dont les autres pays ont traité la question. Dans son dernier rapport, le huitième, le COR a fait du zèle, prétendant faire de la prospective à quarante ans !

Ce rapport pèche sur bien des points. S'il réajuste à 7 % le poids du chômage, contre 4,5 % dans ses rapports antérieurs, trahissant ainsi le fait que le gouvernement n'a pas l'intention de s'attaquer sérieusement au chômage, d'autres paramètres sont oubliés : il considère par exemple la population active stable jusqu'en 2050, avec une proportion identique de femmes, et semble ignorer qu'en 2007 le taux de fécondité est passé de 1,9 à 2,1. Mais on y trouve aussi de bonnes surprises.

Un des scénarios retenus par le COR a séduit le quotidien de droite Le Figaro, qui le juge le plus crédible. Le COR estime qu'en 2050 le besoin de financement des régimes de retraite serait de 115 milliards en euros constants (ce qui signifie qu'on ne tient pas compte de l'inflation dans cette période).

Ce montant, vu son importance, semble justifier la réforme du financement, telle que la prône le gouvernement, qui tourne autour des pistes de l'allongement du temps de cotisation et/ou de l'augmentation des cotisations des salariés, mais omet celle de l'augmentation de la part patronale ou de la taxation des profits patronaux.

Or le rapport précise que ces 115 milliards représenteraient 3 % du produit intérieur brut. En revanche, cela indique un PIB supérieur à 3 800 milliards de dollars, double du PIB actuel ! L'argent ne manquerait donc pas pour financer, outre les retraites, l'assurance-maladie, des augmentations de salaire, des réductions de temps de travail, l'amélioration des services publics et les investissements productifs, à condition toutefois de ne pas laisser les actionnaires s'emparer de la meilleure part de ce pactole !

Le patronat, trouvant sans doute l'affichage du chiffre du COR trop modeste, préfère faire savoir que, sans réforme, il y aura un « déficit cumulé de 2 600 milliards en 2050 ». Mais si on parle de déficit cumulé, il faudrait alors le comparer à quarante ans de PIB cumulé : on retombe alors sur les mêmes minuscules 3 % évoqués par le COR !

Autre mauvaise nouvelle pour le patronat et son gouvernement, c'est la croissance de la productivité dans les quarante ans à venir. Dans ses déclarations alarmistes, le gouvernement explique : « En 2010, il y a 1,8 cotisant pour un retraité ; il n'y en aura plus que 1,2 en 2050 et nous ne pourrons plus financer les retraites ». Sur ce point, le rapport du COR estime que la productivité augmentera de 1,5 % par an. En conséquence, dans les quarante prochaines années, la productivité sera multipliée par 1,8. Cela signifie que 1,2 cotisant de 2050 produira alors autant que 2,2 cotisants d'aujourd'hui et donc déjà plus que le 1,8 actuel !

Au-delà des querelles de chiffres, la question des retraites, comme toutes les revendications des travailleurs, est une question politique. La bourgeoisie française est riche. Ses caisses ne sont pas vides. Les mensonges véhiculés par les pseudo-experts et le gouvernement ont pour seul objectif de faire croire à la population que c'est à elle, et à elle seule, de faire des efforts supplémentaires pour toucher, au bout du compte, des pensions diminuées par rapport à celles de ces dernières années. Mais tant qu'à faire un effort, mieux vaudrait se mobiliser pour imposer que les retraites soient financées par ceux qui accaparent les fruits du travail humain, c'est-à-dire les classes possédantes, les banquiers et les industriels.

Jacques FONTENOY

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 09:20

humour noir mamie

Dans une interview parue dans Le Monde des 18-19 avril, François Hollande confirme qu'il se pose en candidat socialiste pour l'élection présidentielle de 2012 et prend position dans le débat sur la réforme des retraites.

L'ancien premier secrétaire du Parti Socialiste, pour se distinguer du gouvernement, lui reproche de ne vouloir « jouer que sur un seul paramètre : l'allongement de la durée de cotisation » qui, dit-il « ne résorbera pas le déficit d'un coup ». Mais, par-delà ces réserves purement verbales, on a bien du mal à distinguer ses positions de celles de la droite.

Il insiste sur le fait que le Parti Socialiste n'a « pas besoin d'en promettre tant et plus », manière de dire que le PS n'a pas besoin de s'engager pour mener campagne, et qu'il suffit de se servir de l'antisarkozysme qui grandit dans l'opinion pour gagner la présidentielle. Du coup, il se garde de promettre quoi que ce soit à qui que ce soit, ni aux retraités, ni aux futurs retraités.

Il se réfère, tout comme Sarkozy, aux diagnostics du Conseil d'orientation des retraites (le COR), rappelant pour s'en glorifier que cet organisme a été mis en place par un socialiste, Lionel Jospin. Quel exploit, en vérité !

François Hollande s'associe au chour de ceux qui prétendent que le financement de la retraite serait menacé par l'allongement de l'espérance de vie et évoque, pour faire face aux échéances du futur, de taxer, sans autres précisions, les stock-options, l'intéressement et la participation, mais aussi - et en fait surtout - d'augmenter les cotisations des salariés.
Et il réussit ce tour de passe-passe d'affirmer, dans un seul paragraphe, qu'il ne faudrait pas revenir sur l'âge de la retraite fixé à 60 ans, car cela pénaliserait, dit-il, les salariés « obligés de cotiser plus longtemps et pour une espérance de vie à la retraite plus courte». Et il ajoute dans la foulée qu'il faudrait « allonger la durée de cotisation en fonction de l'allongement de l'espérance de vie et de la pénibilité », pour aboutir à la conclusion que « si nous vivons plus longtemps, nous travaillerons plus longtemps ». Comprenne qui pourra ! Mais derrière de tels propos tarabiscotés, il y a la claire affirmation qu'il entend placer ses pas dans les empreintes de la droite, dont la politique est de satisfaire les volontés patronales.

Hollande n'est pas seul, au PS, à tenir des raisonnements de la même eau. Manuel Valls et quelques autres nous expliquent qu'il faudrait que droite et gauche s'unissent dans une véritable union nationale sur les retraites. Mais, au sein du même parti, Benoît Hamon et d'autres par exemple font entendre un autre son de cloche qui peut sembler opposé. Ce type d'opposition est fréquent au sein du Parti Socialiste. Mais il serait bien imprudent de se fier à ces clivages, souvent à géométrie variable.

Si le PS accède en 2012 à la gestion des affaires du pays, comme il y aspire, sa face gauche et sa face droite se confondront en un seul et même profil, le profil du bon gestionnaire qu'il a toujours su être dans le passé, responsable des intérêts de la bourgeoisie, le profil qu'adoptent à l'avance les Hollande, Valls et Cie.

Vincent GELAS
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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 09:17

 

Ces dernières semaines, les femmes travaillant à Hassi Messaoud, dans le sud de l'Algérie, sont de nouveau victimes de violences de la part d'hommes constitués en bandes. Le visage masqué, munis d'armes blanches ou de bâtons, ils assaillent les femmes à leur domicile, volant leurs maigres biens et mettant les appartements à sac, avant de les humilier, de les brutaliser ou de les violer.

Les victimes de ce déchaînement de violence assortie d'insultes et de menaces sont des femmes seules qui, pour subvenir aux besoins de leur famille, sont venues à Hassi Messaoud chercher un emploi auprès d'une des nombreuses entreprises étrangères qui y sont implantées.

 

Si elles vivent ici, dans des logements misérables et sous une température de 60°, c'est bien parce que c'était leur dernier recours. Les salaires y sont plus élevés mais, surtout, le chômage important qui frappe l'ensemble du pays leur barre la route à tout emploi décemment rétribué dans le Nord. En outre, à cause du Code de la famille d'inspiration islamiste adopté en 1984, qui fait de la femme algérienne une éternelle mineure en matière de mariage, de divorce ou de succession, celle-ci peut se retrouver sans aucune ressource du jour au lendemain pour vivre et faire vivre ses enfants, lorsqu'elle a été abandonnée par son mari.

Victimes d'agresseurs influencés par les islamistes, qui leur reprochent aussi de voler le travail des hommes, les femmes molestées ne reçoivent aucun appui des autorités. Certaines, qui sont allées porter plainte dans un commissariat, se sont entendu dire : « Que voulez-vous que l'on fasse ? Retournez chez vous. Ici, c'est dangereux pour les femmes comme vous » ! Quand ce n'est pas : « Savez-vous qui sont ces jeunes ? Qui vous dit que moi, le policier, je ne suis pas avec eux ? » De son côté, la justice met toute la mauvaise volonté possible pour rechercher et poursuivre les auteurs de ces violences, même lorsqu'ils sont connus.

En 2001, après un prêche enflammé d'un imam appelant à châtier les « femmes perdues » de Hassi Messaoud, plusieurs centaines d'hommes avaient monté une expédition punitive contre les femmes d'un quartier. Plusieurs dizaines de femmes avaient alors été lapidées, torturées, violées, enterrées vivantes.

 

À ce jour, les victimes de ces actes de barbarie n'ont toujours pas obtenu réparation, tandis que de nombreux agresseurs, souvent des notables, vivent tranquillement chez eux. Deux femmes qui, malgré les obstacles voire les menaces de mort, continuent à se battre pour que justice leur soit rendue, ont témoigné dans le livre Laissées pour mortes de ce que fut cette nuit d'horreur, de l'inertie des autorités censées les protéger, ainsi que plus généralement de la condition de la femme algérienne.

Près de dix ans après ces faits, des brutes réactionnaires continuent à agresser des femmes sous le seul prétexte que ce sont des femmes et qu'elles travaillent pour vivre.

Marianne LAMIRAL

Nadia Kaci, qui a recueilli et transcrit les témoignages de Rahmouna Salah et Fatiha Maamoura, victimes des islamistes le 13 juillet 2001 à Hassi Messaoud et qui se battent encore pour obtenir justice, sera présente à la Fête de Lutte Ouvrière pour présenter le livre Laissées pour mortes - Le lynchage des femmes de Hassi Messaoud.


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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 09:09

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La justice couvre les crimes franquistes

Le 7 avril dernier, la plus haute cour de justice espagnole, le Tribunal suprême, a retenu la plainte déposée par des organisations d'extrême droite et inculpé le juge Baltazar Garzon pour délit de prévarication -c'est-à-dire d'abus de pouvoir - qu'il aurait commis en 2008.

À cette époque, en tant que juge de la plus haute cour pénale d'Espagne (dite Audiencia nacional), il s'était déclaré compétent pour enquêter sur les crimes commis pendant la guerre civile (1936-1939) et la dictature franquiste (1939-1975).

 

Ses déclarations, qui brisaient la loi du silence concernant la violence et l'ampleur de la répression menée par les troupes puis le régime franquistes, qui frappa des dizaines de milliers de personnes, avait suscité une levée de boucliers dans les milieux de droite, politiques comme judiciaires.

 

Tous ceux qui depuis des décennies ne voulaient pas que la vérité sur cette période soit connue invoquaient, et invoquent toujours, la violation de la loi d'amnistie d'octobre 1977, selon laquelle nul ne pouvait être poursuivi pour des crimes politiques commis dans le passé pendant cette période longue de quarante ans, à l'exception des actes terroristes. C'est sous la pression du parquet qu'en 2008 le juge Garzon avait fini par renoncer à sa démarche, laissant le soin des enquêtes sur les « disparus du franquisme » aux tribunaux locaux.

Aujourd'hui, cette affaire rebondit parce que le Tribunal suprême envisage de juger voire de condamner Garzon, en s'appuyant sur une des multiples plaintes déposées contre lui par des organisations comme Manos Limpias (Mains Propres), un syndicat judiciaire dont le président est un ex-dirigeant du parti d'extrême droite Fuerza Nueva (Force Nouvelle) et de la Phalange, historiquement impliquée directement dans ces crimes. Voilà qui en dit long sur le camp dans lequel se rangent la haute magistrature et les forces politiques de droite espagnoles.

Le juge Garzon n'est pas un petit juge. C'est un haut fonctionnaire qui centralise à la Cour pénale suprême aussi bien les dossiers de terrorisme, de criminalité organisée que ceux concernant les crimes contre l'humanité. Si ce « super-juge », comme il est souvent désigné, est connu pour ses enquêtes sur les crimes contre l'humanité (il avait obtenu en 1998 l'arrestation de Pinochet, l'ex-dictateur chilien présent à Londres), il l'est aussi pour être un des responsables de la lutte impitoyable contre les séparatistes basques, en particulier ceux de l'ETA. Mais en brisant « le pacte du silence » concernant les crimes du franquisme, il a osé faire ce qu'aucun magistrat espagnol avant lui n'avait osé.

Le bras de fer juridique continue donc entre d'un côté Garzon et les associations de défense des droits de l'homme, et de l'autre ce que les classes dirigeantes espagnoles comptent de plus réactionnaire. Aujourd'hui dans l'opposition, le Parti Populaire (le PP) dirigé par Rajoy se reconnaît dans ces positions les plus réactionnaires.

 

Plus de trente ans après la fin de la dictature, le PP s'appuie sur tous ceux qui, d'une façon ou d'une autre, ont profité du régime. Et il se montre d'autant plus agressif qu'il est empêtré lui-même dans des affaires de corruption impliquant un nombre non négligeable de ses dirigeants. Alors il n'hésite pas à harceler et à porter plainte, en particulier contre le juge Garzon, qui est chargé aussi d'instruire ces scandales.

Hélène GRILLET


Espagne : les leurres de la loi d'amnistie de 1977

Le « pacte du silence » ou « pacte d'oubli » est cet accord tacite scellé par l'ensemble des partis politiques espagnols dans les années qui suivirent la mort de Franco pour ne pas remettre en cause le passé.

En 1975, Franco avait, juste avant sa mort, désigné le roi Juan Carlos comme son successeur. Mais, après quarante ans de dictature, une grande partie de la classe politique avait compris que la libéralisation organisée du régime était le meilleur choix pour les intérêts de la bourgeoisie, qui comptait d'ailleurs intégrer la Communauté européenne. Elle agit donc pour opérer une transition en douceur, une « transition démocratique », comme elle l'a appelée.

Les forces politiques issues du franquisme, ralliées à une évolution vers un régime parlementaire, négocièrent avec les partis de gauche. On ouvrit les prisons, les exilés purent revenir en Espagne, les crimes politiques furent amnistiés. Il fallait, disait-on, « oublier » pour assurer l'avenir. Effacer le passé et ses atrocités commises par l'État franquiste.

 

Le dernier parti politique à être légalisé fut le Parti Communiste Espagnol, en avril 1977. En juin, des élections furent organisées, auxquelles tous les partis politiques purent participer. L'Assemblée constituante ainsi élue vota la loi d'amnistie de 1977, celle qui est évoquée aujourd'hui. La plupart des groupes - et tous ceux de gauche - votèrent cette loi qui constituait, selon eux, un instrument de « réconciliation nationale ». Elle visait en réalité à garantir la paix sociale pour la bourgeoisie.

En contrepartie des mesures d'amnistie déjà en vigueur, la loi était destinée à instaurer l'impunité pour les actes de violence institutionnelle effectués sous la dictature. En réalité, elle interdisait de juger les crimes franquistes. Ce fut donc une sorte de « point final » sur ce passé qu'acceptèrent les dirigeants de gauche, déjà prêts à faire allégeance à la monarchie intronisée par Franco.

Cette transition permit le passage sans dérapage d'une dictature à un régime parlementaire présentable, sans même que les dirigeants des principales institutions civiles et militaires héritées de la dictature soient écartés. La gauche, au gouvernement ou pas, a continué à cautionner cette politique. En 2001 Felipe Gonzalez, ancien président socialiste du gouvernement espagnol, la justifiait en ces termes : « Nous avons décidé de ne pas parler du passé. Si c'était à refaire, (...) je le referais. »

 


Espagne : la « récupération de la mémoire historique » contre la loi du silence.

La position du juge Baltazar Garzon n'est pas isolée. Depuis une dizaine d'années, les voix sont de plus en plus nombreuses à se faire entendre pour faire connaître la vérité sur le passé. Que ce soit les victimes oubliées de la période du franquisme, ou leurs familles, il y a de plus en plus de personnes et d'associations qui exigent que justice soit faite pour une réparation morale ou économique de cette dictature.

 

Les témoignages, les récits se sont multipliés dans la presse. Les victimes ou leurs descendants ont commencé à s'organiser. L'Association pour la récupération de la mémoire historique (ARMH), en hommage aux 114 266 victimes recensées à ce jour, disparues entre 1936 et 1951, entreprenait en août 2002 une action en justice internationale pour pousser les autorités espagnoles à prendre en charge les exhumations des fosses communes et permettre aux familles d'enterrer dignement leurs morts.

Mais rien n'a été fait. Les députés se sont satisfaits, trois mois plus tard, de voter à l'unanimité une déclaration condamnant l'insurrection militaire du 18 juillet 1936. Quant aux socialistes, de retour au gouvernement, ils ont simplement promulgué en 2007 une loi sur la mémoire historique qui laissait le soin aux familles de se débrouiller pour retrouver leurs morts. C'est dans ce contexte que le juge Garzon avait accepté la requête de ces familles de pouvoir mettre à jour 19 fosses communes. Cet appui qu'il apporte en tant que haut fonctionnaire de l'État à un mouvement qui fait éclater au grand jour les crimes du passé vaut au juge Garzon la hargne de ceux qui ont profité de la loi du silence et cherché à enterrer la mémoire.

H. G.

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Le blog sur les

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Le blog de solidarité avec

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diapo prisonnier palestine

Soirée prisonniers palestiniens

AFPS Brest

mardi 16 avril

20H30

Maison des syndicats

 

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Quimper Gourmelen

Rassemblement

vendredi 19 avril

8 h 45


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Fermez Cofrents

(pays Valencian)

 

 

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  Concert à Lannion

 

no nuk

 

Dimanche 28 avril

Brennilis

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robertbelle5mai13DZ

 

 

Mardi 7 mai

 Yves-Marie Le Lay,

Président de

Sauvegarde du Trégor

  Douarnenez

Librairie l'Ivraie à 20h00

 

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st nnonon

 

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