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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 09:06

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Alors que le mouvement de grève, diversement suivi mais tenant bon dans de nombreux secteurs, en était à son 14ème jour, le matin du lundi 19 avril, sur RMC, Didier Le Reste, secrétaire de la fédération CGT des cheminots, déclarait : « Je pense aujourd'hui sincèrement que les assemblées générales qui vont se réunir vont, dans un certain nombre d'endroits, décider de suspendre le mouvement. »

Quelle que soit la façon dont la direction du syndicat tente de justifier ces propos, on ne peut pas dire qu'ils constituaient un encouragement à poursuivre et élargir la grève, à deux jours seulement de la rencontre annoncée entre la direction de la SNCF et les organisations syndicales.

Mais depuis le début de ce mouvement, il est bien difficile de savoir ce que veut la direction de la CGT. Ses appels à la grève reconductible n'ont concerné le 6 avril que les agents de conduite et les contrôleurs ; puis les autres secteurs ont été appelés à des journées de grève isolées, non reconductibles. L'ensemble des cheminots qui voulaient faire grève étaient en fait couverts depuis le 6 avril par le préavis national pour une grève reconductible déposé par Sud-Rail.

Les problèmes ne manquent pas et les cheminots de la quasi-totalité des secteurs sont concernés par les suppressions de postes, un encadrement à l'affût, des salaires qui n'augmentent pas, l'inquiétude pour l'avenir face à la réorganisation de la SNCF et les projets de privatisation de certaines activités, la nouvelle réforme des retraites qui se pointe à l'horizon. Mais ce n'est pas pour autant qu'il est facile de se mettre en grève, sans avoir une idée claire de l'objectif à atteindre.

 

Or la direction de la CGT a martelé qu'il ne s'agissait par ce mouvement que d'obtenir d'abord et avant tout de « véritables négociations » sur une liste de revendications de six pages, lors de la rencontre du 21 avril avec la direction. Et surtout, même si Didier Le Reste répète aujourd'hui qu'« un mouvement de grève, ça ne débute pas en appuyant sur un bouton », le mouvement a été lancé par la fédération CGT sans aucune consultation ni des militants ni des cheminots en général, sans préparation, sans discussion.

 

Dans ces conditions, ce qui a été remarquable, c'est que ce mouvement ait tenu, se soit étendu, et qu'aujourd'hui il existe encore des secteurs qui tiennent bon, conscients que s'il doit y avoir rencontre entre direction et syndicats, il dépend des travailleurs, de leur mobilisation, qu'il n'en sorte pas que parlottes sans contenu.

La grève est peut-être en train de se terminer, mais les discussions entre cheminots quant à la façon de mener sérieusement un mouvement d'ensemble, en concertation et sous la direction et le contrôle de ceux qui le font, ne font sûrement que commencer.

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 09:00

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Le Mouvement de la Paix comité du Morbihan appelle au rassemblement de l'Ile Longue à Crozon, port du fret, le dimanche 25 avril pour le désarmenent nucléaire.


Ce rassemblement fait suite à la campagne de la flamme de l'abolition de l'arme nucléaire en vue de la conférence de révision du traité de non-prolifération à New-York du 3 au 25 mai .

Programme :

         12h: pique-nique 
         14h : intervention de Colin Archer du bureau international de la Paix qui sera
également à New York et des 9 participants bretons à cette conférence
         15h :  marche pour le désarmement

Co-voiturage à 10h dimanche matin parking de la Maison pour tous à Hennebont.

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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 12:03

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L'ennemi qui fait trembler l'europe n'a pas toujours été les femmes musulmanes voilées!

Avant c'étaient les hommes (avec aussi des chinois ou vietnamiens ).

 

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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 11:30
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15 février 2010

 

Présidente de l’association féminine Tighri Ntmettouth de Tizi Ouzou, Nabila Djahnine est assassinée dans la matinée du 15 février 1995. Elle avait 29 ans. Elle est issue d’une famille populaire de Bejaïa, qui lui a enseigné l’ouverture d’esprit et l’a mise en contact avec le monde militant. Elle se radicalise très vite quand la vague obscurantiste qui submerge le pays menace d’emprisonner sa propre vie. Elle rejoint le PST vers la fin des années 80.


Etudiante à Tizi ouzou, elle contribue à la fondation du Syndicat national des étudiants algériens qui s’était constitué après la grande grève générale de 87. Elle prend une part active au travail de construction du deuxième séminaire du Mouvement Culturel Berbère, en 1989, qui fit émerger le MCB comme acteur essentiel de l’ouverture politique.


Membre de la commission femmes de son parti, elle est parmi les membres fondatrices de l’AEF (association pour l’émancipation de la femme) et construit l’association de Tizi ouzou, Tighri ntmettouth (le cri de la femme) qui essayait de faire parvenir le message de l’émancipation jusqu’aux villages les plus enclavés sans déserter les étudiantes de Mdouha ou les travailleuses.

Membre de la direction de ville de Tizi ouzou, elle n’hésitait pas à faire face à une société particulièrement conservatrice.


Elue à la direction du PST en mai 1991, elle s’investit activement dans les débats consécutifs à la victoire électorale du FIS et se retire de son parti au courant de l’année 92 pour se consacrer à son activité féministe locale et à son travail d’architecte.


Après le meurtre de la jeune Katia Bengana, lycéenne de Meftah, tuée le 28 octobre 1994 pour avoir refusé le diktat vestimentaire des intégristes, le lâche assassinat de Nabila a eu un impact considérable parmi celles qui n’avaient pas déserté l’Algérie dangereuse des années 90.


Car elle était de celles qui ont continué à vivre, à circuler, à travailler, à militer refusant d’abandonner les espaces que les femmes avaient conquis dans une Algérie qui restait dominée par le conservatisme patriarcal,

Elle était de celles qui avaient continué à rêver à haute voix d’un avenir meilleur qui bannisse l’oppression des femmes mais qui abolisse aussi l’exploitation sociale et l’oppression politique.


A Katia, à Nabila, à ses adorables parents tous deux morts de tristesse quelques mois après leur fille, et à celles qui ont résisté et tenu à leurs valeurs malgré la peur, nous disons merci pour la part de notre liberté que vous avez préservée. Nous leur devons aussi de continuer le combat contre l’oppression.


Nabila tighri inem naslat, ton cri nous l’avons entendu.

 

 PST (Algérie)




Hommage à Nabila Djahnine

de Hmimiche Ait-Mouloud


mardi 7 février 2006, par OULD HAMOUDA Tassadit


11 années déjà depuis le lâche assassinat de Nabila Djahnine. Elle reste toujours vivante dans le coeur de ceux qui l’ont connue et côtoyée.

Originaire de Bgayet, Nabila Djahnine entame ses études universitaires dans les années 80 à l’Universite de Tizi-ouzou et décroche son diplôme d’architecture en 1989. Nabila a pris part à tous les combats : Elle était membre des comités de Cités et d’Instituts.


Elle a de tout temps été présente et eut un rôle actif dans le M.C.B (Mouvement Culturel Berbère).


Pour défendre ses idées politiques et la classe ouvrière, elle milita dans le P.S.T (Parti Socialiste Des Travailleurs).


Etant revoltée par la situation précaire des femmes, elle passa le plus de ses dernières années à côté de celles-ci. C’est ainsi qu’elle créa en 1989 l’Association "Tighri n Tmettut"(le cri de la femme).


Nabila fut présidente de cette association jusqu’au 15 Fevrier 1995 : jour de son assassinat.


Nabila était la soeur,l’amie et la camarade de toutes et tous ceux qui l’ont connue.


Elle était pleine de vie et un de ses sourires suffisait pour apaiser les peines.

Elle aurait pu s’installer ailleurs et avoir une vie simple et régulière mais elle a choisi de rester au pays au milieu de ses semblables qui avaient besoin tant de gens pleins de coeur et convaincus comme elle.


La lutte pour les causes justes était sa raison de vivre. Elle a tout donné - jusqu’à sa vie - pour un monde meilleur, Un monde où la femme ne sera plus une machine à reproduction, un monde où tout un chacun se sentira être humain à part entière.

JPEG - 15.3 ko
manifestation des femmes

Nabila a été assassinée parcequ’elle a fait de sa vie un defi :

. Un defi lancé à un régime lequel pendant des décennies a confisqué les libertés collectives et individuelles. Un defi aux obscurantistes qui veulent imposer leur dictat par la terreur et la desolation.

. Un défi, en s’imposant par son sacrifice dans une société impardonnable envers toutes et tous ceux qui par leurs actions ou projets progressistes dénoncent une morale réactionnaire teintée d’excès de religion.

. Un défi, en s’insurgeant contre la discriminatioin et le sectarisme sous toutes ses formes.

. Un défi, en refusant le fatalisme dans lequel veulent nous noyer le systeme archaique et sa progéniture fasciste.

. Un défi aux fanatiques qui violent et mutilent les femmes qu’ils enlèvent sous les yeux de leurs enfants et/ou familles impuissants.

. Un défi en étant une éternelle assoiffée de liberté.

Onze ans après, la même douleur : Nabila nous a été ravie comme tant d’autres qui ont fait de leur vie un combat.

Nabila a laissé un vide sans fin dans les coeurs de ceux qui l’ont connue et milité à ses côtés.

Nabila ! rien n’a pu et ne pourra arrêter ton combat et rien n’a pu et ne pourra briser l’amitié que tu as tissé autour de toi.

Tu es toujours vivante parmi nous.
Ton sourire nous manque.


Hmimiche n Tassaft.


Un jour la Colombe...

Cette fureur de vouloir peindre tout silence.
Cette amertume de ne pouvoir arriver

Ce rêve d’achever les caricatures en instance.
Cette asphyxie qui a fini par dissoudre -dans la douleur-l’idée

Ce besoin de crier jusqu’à parfaite raisonnance.
Cet étouffement qui paralyse toute raison d’espérer

Cette rage de voir la flamme s’éteindre en toute innocence.
Cette souffrance de ne pouvoir l’attiser

Ce néant où le monde baigne trainant son inconscience.
Ce monde... Qu’est-ce ce monde où les colombes nous sont ravies.

Février 1996 - Hmimiche.
(1 an après son assassinat)

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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 11:21
Dossier: Autour de la Conférence des Peuples de Cochabamba sur le climat; Indianisme, Marxisme et Ecologie
Par H. Blanco, D. Marca, F. Gaudichaud, A.G. Linera le Mardi, 20 Avril 2010 PDF Imprimer Envoyer

 

 

À l’occasion du Sommet des peuples sur le changement climatique à Cochabamba et de la journée de soutien  à cet événément organisée par Climat et Justice Sociale à Bruxelles, nous publions un dossier sur la thématique de l’indianisme, de la lutte écologique et du marxisme. Depuis plusieurs années, les peuples originaires et leurs organisations sociales et paysannes d’Amérique latine sont en effet à la pointe de la lutte contre la mondialisation capitaliste et pour la préservation de leurs ressources naturelles convoitées par les oligarchies locales, les multinationales et les puissances impérialistes (LCR-Web).

Pour un référendum mondial contraignant sur le changement climatique

Par Demetrio Marca

Changeons le système capitaliste et pas le climat! Tel est le mot d'ordre avancé par la mobilisation d'hommes et de femmes, d'organisations et de mouvements sociaux à l'échelle planétaire.


Cette lutte contre le changement climatique permet de générer une conscience anticapitaliste, car c'est ce dernier qui est la cause de la destruction de la planète, de par sa logique d'accumulation du capital et des richesses dans les mains d'une minorité au travers de l'exploitaiton sans merci des ressources naturelles de la planète.


Après l'échec du Sommet de Copenhague, le président bolivien Evo Morales, soutenu par les pays membres de l'ALBA (Alliance bolivarienne des peuples) a lancé l'invitation à une Conférence mondiale des peuoles sur le changement climatique à Cochabamba, Bolivie.


L'événement représentera la légitimisation des exigences des peuples face aux conséquences du changement climatique qui les affectent tous les jours. Cette légitimité sera un point d'appui pour les initiatives prises par des gouvernements progressistes en faveur d'une résolution proposant des mesures radicales et anticapitalistes contre le changement climatique lors du Sommet des Nations Unies qui se tiendra en décembre 2010 à Mexico.


L'exploitation des ressources naturelles par les multinationales capitalistes provoque une dégradation constante de l'environnement. En conséquence, nous subissons le réchauffement global, l'altération de la couche d'ozone par les émissions de gaz à effet de serre, les mouvements sismiques, l'apparition de nouvelles maladies inconnues qui se transforment en pandémies, les manipulations génétiques... Ces dégradations font aujourd'hui sentir régulièrement leurs effets; hausses des températures, pluies excéssives et innondations, sècheresses provoquant la mort du bétail et des cultures...


La proposition de la Bolivie d'organiser un référendum contraignant dans tous les pays du monde, en faveur d'une réponse profondément anticapitaliste au changement climatique, doit être soutenue. Les différents mouvements sociaux qui participeront à la Conférence de Cochabamba doivent mobiliser pour qu'un tel référendum contraignant se déroule dans chacun de leur pays et pour en porter le résultat à l'Assemblée générale des Nations Unies.

En outre, pour rétablir l'équilibre entre l'humain et la nature, pour les dommages causés à la Terre-Mère soient punis et corrigés, on doit créer un Tribunal International de Défense de la Terre-Mère, une instance qui serait chargée de faire justice dans les délits commis par les pays et les entreprises qui provoquent des désastres naturels et l'altération de l'équilibre climatique mondial.


La culture de la relation réciproque (l'« Ayni ») de l'Humain avec la Nature, la culture de l'équilibre humain-environnement, propre aux sociétés primitives, millénaires et collectivistes du monde, et particulièrement dans l'espace andin amazonique, permet de générer une conscience de lutte pour la préservation de l'environnement et des équilibres naturels.


Le leadership du président Evo Morales dans ce domaine ne fait pas de doute, sa contribution à la lutte pour les droits de la Terre-Mère (Pachamama) est un tangible. Le Sommet des peuples contribuera au processus de maturation d'une conscience anticapitaliste à l'échelle mondiale. Cette proposition permet de mettre à l'agenda des mouvements sociaux et anticapitalistes du monde – prolétaires, paysans ou des nations originelles – leur contribution au renversement du capitalisme.


La rencontre de Cochabamba doit être le point de départ d'une lutte mondiale pour la survie de l'humanité, pour l'élimination des causes qui provoquent le déséquilibre climatique, en premier lieu la surexploitation indiscriminée des ressources naturelles par le système capitaliste. Elle doit être le début d'une unification et d'une centralisation des luttes, en créant une coordination mondiale des mouvements sociaux sur ce terrain.


Les organisations sociales, les syndicats ouvriers, les mouvements des nations originelles, les intellectuels progressistes, nous avons tous la mission de soutenir de manière militante cet objectif afin de rétablir, à partir des besoins des peuples, la relation de réciprocité et d'équilibre entre l'humin et la nature, pour instaurer le droit à la Terre-Mère et pour renverser le système capitaliste à l'échelle planétaire.


Demetrio Marca


Demetrio Marca est activiste et dirigeant des mouvements sociaux des personnes déficientes en Bolivie, membre du collectif « Souveraineté Sociale Insurrectionnelle » et militant de la IVe Internationale. Traduction de l'espagnol pour le site www.lcr-lagauche.be

 


 

lire la suite du dossier

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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 11:18

"Solutions locales pour un désordre global"

« Les films d'alertes et catastrophistes ont été tournés, ils ont eu leur utilité, mais maintenant il faut montrer qu'il existe des solutions, faire entendre les réflexions des paysans, des philosophes et économistes qui, tout en expliquant pourquoi notre modèle de société s'est embourbé dans la crise écologique, financière et politique que nous connaissons, inventent et expérimentent des alternatives. »
Coline Serreau

Dépassant la simple dénonciation d'un système agricole perverti par une volonté de croissance irraisonnée, Coline Serreau nous invite dans « Solutions locales pour un désordre global » à découvrir de nouveaux systèmes de production agricole, des pratiques qui fonctionnent, réparent les dégâts et proposent une vie et une santé améliorées en garantissant une sécurité alimentaire pérenne.

Caméra au poing, Coline Serreau a parcouru le monde pendant près de trois ans à la rencontre de femmes et d'hommes de terrain, penseurs et économistes, qui expérimentent localement, avec succès, des solutions pour panser les plaies d'une terre trop longtemps maltraitée.

Pierre Rabhi, Claude et Lydia Bourguignon, les paysans sans terre du Brésil, Kokopelli en Inde, M. Antoniets en Ukraine... tour à tour drôles et émouvants, combatifs et inspirés, ils sont ces résistants, ces amoureux de la terre, dont le documentaire de Coline Serreau porte la voix.

Cette série d'entretiens d'une incroyable concordance prouve un autre possible : une réponse concrète aux défis écologiques et plus largement à la crise de civilisation que nous traversons.

 


 

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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 11:08

Critique

Docu. En 1971, Daniel Ellsberg, analyste au Pentagone, dévoile un rapport secret sur le Vietnam. Le début de la fin pour le Président.

Par ISABELLE HANNE

L’homme qui a fait tomber Nixon documentaire réalisé par Judith Ehrlich et Rick Goldsmith, Arte, 20 h 35.


Henry Kissinger l’avait désigné «homme le plus dangereux des Etats-Unis». Richard Nixon, lui, s’était contenté de «son of a bitch». Le crime de Daniel Ellsberg ? Avoir livré à la presse américaine, en 1971, un rapport classé secret-défense de 7 000 pages sur la guerre du Vietnam. C’est l’affaire des «Pentagon Papers». Ou comment les citoyens américains ont appris que tous leurs présidents, depuis presque vingt ans, leur avaient menti pour poursuivre une guerre qu’ils savaient perdue d’avance.


A l’origine, Ellsberg est pourtant au cœur de la puissante machine de guerre bureaucratique à l’œuvre aux Etats-Unis. Ancien marine, brillant analyste employé comme conseiller par le Pentagone, il a un rôle crucial dans les premiers bombardements massifs au Vietnam. Jusqu’à ce que la lecture de ces rapports militaires, qui dévoilent les motivations réelles de la présence américaine dans le pays, et la rencontre avec une fervente pacifiste viennent ébranler les convictions de l’employé modèle.

 

Pendant des nuits entières, avec l’aide de ses enfants, «Dan» photocopie, page par page, les 47 volumes des dossiers du Pentagone. Il transmet des copies aux sénateurs antiguerre qui n’en font rien, trop frileux. Pourquoi prendre le risque d’être taxé d’ennemi de la nation ?

 

Désemparé, Ellsberg contacte Neil Sheehan, un journaliste du New York Times, qui décide de publier l’intégralité du rapport - «l’équivalent de trois exemplaires d’Autant en emporte le vent» ! En rendant publics les mensonges de tous les locataires de la Maison Blanche, de Eisenhower à Nixon, Ellsberg passe de patriote convaincu à désobéissant civil. Ces révélations font l’effet d’une bombe : le conseiller, dont le but était d’arrêter une guerre injustifiée et barbare, devient, en quelques jours, l’homme le plus recherché en Amérique, le traître à abattre.


Censure.


La présidence et ses aides de camp décident de répliquer sur tous les fronts. L’ancien consultant du Pentagone est poursuivi pour huit chefs d’accusation, dont vol, conspiration et espionnage, passibles de cent quinze ans de prison… Tout est fait pour le discréditer devant le tribunal : son dossier personnel est même volé chez son psychanalyste.

 

Le New York Times écope d’une interdiction préventive de publication. Mais Ellsberg a arrosé de copies 17 groupes de presse. Tour à tour, le Washington Post, le Boston Globe, le LA Times publient des parties du rapport, rendant impossible sa censure par l’administration Nixon. Cette défense collective du premier amendement de la Constitution est une véritable déclaration d’indépendance de la presse américaine à l’égard de l’exécutif. Et l’arrêt de la Cour suprême qui suivit, établissant que la sécurité nationale ne justifie pas la censure préalable, est fondateur de la liberté de la presse aux Etats-Unis.


Paranoïa. 


L’homme qui a fait tomber Nixon livre les témoignages francs et éclairés des acteurs de cette histoire. Des récits forts, surtout quand Ellsberg raconte, très ému, le jour où tout a basculé pour lui. Le documentaire utilise d’incroyables archives sonores, notamment celles des conversations privées du Président - il veut «écraser ces putains de journalistes», «coincer cet enfoiré» (Ellsberg), tout en mettant une branlée au Vietnam, «ce pays de merde»

 

L’homme qui a fait tomber Nixon est un portrait de l’Amérique des années 70, ses magouilles politiques et ses mouvements pacifistes. C’est aussi un portrait de «Dan», devenu, depuis cet épisode, un activiste pour la paix et la justice sociale, considéré par beaucoup comme quelqu’un qui «a changé l’histoire de son pays». Mais surtout, le documentaire se regarde comme un thriller palpitant, qui dévoile au fur et à mesure un scandale bien plus énorme que le Watergate.

 

Quel extraordinaire scénario que cette histoire de fonctionnaire zélé qui fait passer sa conscience, ses principes, avant sa carrière et son pays ! Mais ses révélations explosives n’ont pas empêché la réélection de Nixon en 1972… Contrairement à ce qu’avance le titre français du documentaire, il ne fut pas directement «l’homme qui a fait tomber Nixon». En revanche, ses révélations ont exacerbé la paranoïa du Président, provoquant indirectement le scandale du Watergate et sa démission. Et neuf mois plus tard, la fin de la guerre du Vietnam.

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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 10:46

Des soldats, des dockers des chantiers navals, des ouvrières des usines textiles, des travailleurs du bâtiment, des habitants des bidonvilles, tous marchant au coude à coude.

 

Partout des drapeaux rouges, partout des poings levés vers le ciel, partout des oeillets enfoncés dans les canons des fusils. Une masse compacte de dizaines de milliers de personnes force son chemin à travers les petites rues étroites avant de déboucher sur les grands boulevards en face des ministères. Et partout des chansons antifascistes et des slogans mille fois répétés "A bas le fascisme!", "Les soldats seront toujours aux côtés du peuple!", "Dehors la canaille, le pouvoir à ceux qui travaillent!".


Tout cela se passe à Lisbonne, capitale du Portugal, il y a exactement trente ans, le 25 avril 1974. Et c'est comme un coup de tonnerre qui résonne dans un ciel bleu parce que personne ne se serait attendu à ce que le régime en place s'effondre aussi vite. Car le Portugal est dirigé par un régime fasciste depuis un demi-siècle. Les partis d'opposition sont interdits, les seuls syndicats autorisés sont contrôlés étroitement par l'Etat. Ce régime fasciste ne contrôle pas seulement le Portugal mais un immense empire en Afrique où les colonies d'Angola, du Mozambique et de Guinée-Bissau fournissent des profits abondants aux grandes sociétés portugaises. Mais les colonies sont aussi le point le plus faible du régime car il est enlisé depuis des années dans une guerre contre des mouvements de libération qui veulent conquérir l'indépendance pour leurs pays.


L'ivresse de la liberté


Ce 25 avril 1974, les habitants de Lisbonne se réveillent avec le bruit de tanks patrouillant dans les rues et de la musique militaire à la radio. Que veulent ces militaires? La réponse vient quand la radio commence à passer des chansons anti-fascistes. Les gens sortent dans les rues et fraternisent avec les militaires. Ensemble ils abattent les statues et les symboles du régime fasciste et arrêtent les informateurs de police les plus détestés. Le dictateur Caetano s'est enfui, le Portugal est libre. Un nouveau gouvernement est formé qui associe militaires et dirigeants du Parti Populaire Démocratique (droite «modérée») et des partis de gauche hier encore clandes-ins, le Parti Socialiste, le Parti Communiste et le Mouvement Démocratique Populaire.


Si l'armée s'est soulevée contre le régime, c'est parce qu'elle se rend compte qu'elle ne pourra pas gagner la guerre dans les colonies. Mais audelà les analyses divergent. Le chef du nouveau gouvernement, le général Spinola, est un vieux militaire de droite qui a servi le régime pendant des décennies. En accord avec les dirigeants des grandes entreprises, il veut remplacer la domination directe par un système plus souple où le pouvoir dans les colonies passerait à des mouvements financés par la CIA et qui accepteraient de maintenir un lien étroit de dépendance avec le Portugal, et est prêt pour cela à continuer la guerre encore un temps. Par contre, les 400 jeunes officiers qui ont organisé le coup d'Etat et pris le nom de Mouvement des Forces Armées (MFA), veulent mettre fin immédiatement à la guerre et ils ne voient qu'une seule manière de le faire: remettre immédiatement le pouvoir aux véritables mouvements de libération, le MPLA en Angola, le FRELIMO au Mozambique et le PAIGC en Guinée-Bissau.


Les tensions au sein du gouvernement vont donc rapidement se durcir, et pas uniquement sur cette question. Car les travailleurs de Lisbonne et des zones industrielles du sud du pays n'entendent pas attendre patiemment que le nouveau pouvoir leur accorde des libertés par en haut. Ils entament des actions dans les entreprises pour virer les directeurs et les cadres associés au pouvoir fasciste. Cette «purge» se traduit en pratique par le remplacement de beaucoup de structures de direction par des comités élus.


En juin, une vague massive de grève démarre dans les grands chantiers navals Lisnave et s'étend rapidement à tout le pays. Les travailleurs veulent avant tout en finir avec les bas salaires et les conditions déplorables sous lesquelles ils ont dû travailler sous le fascisme.


Le gouvernement condamne ces grèves et envoie la police pour les briser. Mais cela ne suffit pas à briser la combativité ouvrière et les secteurs les plus militants commencent à se rapprocher des petits partis de la gauche révolutionnaire.


Pour la grande bourgeoisie, il est temps de mettre fin à toute cette agitation et de faire marche arrière en installant au pouvoir un gouvernement autoritaire de droite. Deux tentatives de coup d'Etat le 28 septembre 1974 d'abord, puis le 11 mars 1975 visent à donner à Spinola les pleins pouvoirs. Mais ces tentatives contre-révolutionnaires rencontrent une opposition importante dans la base de l'armée. La majorité des jeunes sousofficiers et des soldats, craignant que la réussite de ces coups d'Etat se traduisent par une continuation de la guerre et leur envoi en Afrique, font échouer les actions de la droite.


Cette résistance est encouragée par l'intervention de dizaines de milliers de travailleurs qui quittent leurs entreprises et descendent dans la rue, fraternisent avec les soldats et les convainquent de retourner leurs armes contre les officiers de droite.


La montée révolutionnaire


L'échec des tentatives de coup d'Etat discrédite tous ceux qui sont liés de près ou de loin avec à celles-ci. Spinola et les officiers qui l'ont suivi sont virés de l'armée. Les syndicats occupent les sièges des banques qui ont soutenu les putschistes et forcent le gouvernement à nationaliser celles-ci. En quelques semaines, plus de la moitié de l'industrie est nationalisée!


Un an après le renversement du régime fasciste, le Portugal est méconnaissable. Le 25 avril 1975, anniversaire de la Révolution des Oeillets, les premières élections sont un triomphe pour le Parti Socialiste (38% des voix) et le PPD (26,5%) tandis que le Parti Communiste obtient 12,5% et les diverses formations à gauche du PCP se partagent 8%.


Mais ces résultats ne reflètent pas la profondeur de la radicalisation sociale qui se développe partout. Plus de 300 firmes sont dirigées par des commissions de travailleurs élues. Sur leur modèle, des commissions de quartiers, de locataires,... fleurissent un peu partout. Le MFA se radicalise et sa majorité de gauche soutient ces initiatives populaires. Des manifestations réunissent plusieurs dizaines de milliers de personnes contre le chômage, contre l'OTAN, pour le contrôle ouvrier sur les entreprises,... La police ne fonctionne quasiment plus. Le grand patronat a quasiment perdu tout contrôle sur les médias. Republica, un des principaux quotidiens de Lisbonne, et Renascensa, une radio qui appartenait à l'Eglise, sont dirigées par des commissions de travailleurs proches de la gauche révolutionnaire.


Le gouvernement est divisé. Le PS s'oppose de plus en plus durement au Parti Communiste et aux initiatives populaires. Le MFA riposte en publiant un document-guide qui se prononce pour le regroupement des commissions de travailleurs et de quartiers avec les délégués des casernes et le MFA et la formation en commun d'Assemblées populaires. La bourgeoisie et le PS dénoncent là une «manoeuvre totalitaire». Leur objectif commun est désormais de s'opposer à tout prix à ce pouvoir populaire en gestation. Le 10 juillet, le PS et le PPD quittent le gouvernement. La polarisation politique est de plus en plus forte.


Durant tout l'été, la droite et le PS passent à l'offensive. L'Eglise lance une campagne farouchement anti-communiste dans le nord du pays, rural, catholique et plus conservateur, qui se traduit par l'incendie ou la mise à sac de dizaines de locaux du PC et de l'extrême-gauche. Le PS organise des meetings de masse à Porto et à Lisbonne pour dénoncer le danger d'une «dictature communiste».

 

Au sein du gouvernement, le centre de décision est passé aux mains de militaires proches du Parti Communiste, mais ils rencontrent une forte résistance. Car au sein du MFA aussi, les courants proches de la droite et du PS se regroupent tandis que se crée un nouveau mouvement «Soldats Unis Vaincront» qui regroupe des simples soldats et des sous-officiers de gauche et veut s'engager à fond dans la perspective du Pouvoir Populaire.


Le 25 août, 100.000 personnes manifestent à Lisbonne sur l'initiative de l'extrême-gauche que le PCP est obligée de suivre. Cette manifestation est le point culminant de la mobilisation populaire. Mais elle ne permet pas de dépasser les divergences et les faiblesses politiques de la gauche.


Le PCP, un des derniers partis communistes ouvertement pro-soviétiques et staliniens d'Europe, privilégie le noyautage du gouvernement et de l'armée dans l'espoir d'arriver à une prise du pouvoir «par le haut» comme ce fut le cas en Europe de l'Est après la deuxième guerre mondiale. S'il mobilise les travailleurs, c'est pour faire pression sur ses partenaires gouvernementaux et pas pour les préparer à construire leurs propres organes de pouvoir à partir des Commissions. Et, aux moments décisifs, le PCP préfère conclure des compromis avec les partis «modérés» plutôt que de développer l'action directe des travailleurs.


Quant à la gauche révolutionnaire, elle est extrêmement divisée. Certains maoïstes, fidèles aux consignes chinoises, se sont ouvertement alliés au PS et même à l'Eglise contre le PC. D'autres organisations, au contraire, cherchent avant tout à faire pression sur le PC pour l'entraîner plus à gauche. Les organisations les plus sérieuses sont actives dans le mouvement pour développer le Pouvoir Populaire, mais, dans les faits, elles tendent à se reposer sur les officiers les plus à gauche pour diriger la lutte. Aucun parti ne met comme perspective centrale l'unification des multiples Commissions de Travailleurs et de Quartier pour développer un véritable contrepouvoir par en bas, ce qui serait le seul moyen de détacher du PC et même du PS les dizaines de milliers de militants combatifs qui se reconnaissent encore dans ces partis et de les gagner à une perspective révolutionnaire d'affrontement avec le pouvoir capitaliste.


L'initiative change de camp


Après le 25 août, la droite reprend son offensive et le gouvernement est de plus en plus isolé. Le 25 novembre 1975, les officiers «modérés» exploitent ces faiblesses de la gauche. Ils prennent l'initiative, imposent l'état d'urgence et envoient les troupes qu'ils contrôlent pour «restaurer l'ordre» dans la capitale. Ils misent sur le fait que le PCP préférera négocier et que la majorité des officiers de gauche reculera devant l'affrontement. Le processus se révèle exact: la désorientation des principales forces de gauche permet à un millier de soldats commandés par la droite de passer de caserne en caserne pour désarmer les régiments les plus à gauche!


La voie est maintenant libre pour que le PS et la droite entreprennent de détruire peu à peu toutes les conquêtes réalisées par les travailleurs au cours des mois précédents. La plupart des entreprises nationalisées sont rendues à leurs propriétaires, les médias sont repris en mains, les Commissions de travailleurs vidées de tout pouvoir, les syndicats affaiblis, les salaires baissés.

Le Printemps des Oeillets aura duré un peu plus d'un an et demi. Pendant cette période, le Portugal a montré à quel point les travailleurs peuvent se mobiliser pour prendre le contrôle de la société et la réorganiser sur des bases socialistes. Mais il a montré aussi le prix à payer pour l'absence d'un parti révolutionnaire et d'une stratégie capable de relever ce défi.

 

Note:

 

Article du CIO (comité pour une internationale ouvrière), dont le SP (Socialist Party) a un député européen à Dublin et dont la "Gauche Révolutionnaire" est membre du NPA.

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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 09:57

3383-34--R-volution-des-oei.jpg 1er Mai 1974

Le 25 avril 1974, à l'aube, une colonne de dix blindés légers et de douze camions occupait la place des ministères, à Lisbonne. En quelques heures, sans tirer un coup de feu, ces quelques centaines d'hommes obtenaient le ralliement des forces envoyées contre eux. La population leur faisait cortège malgré les appels à ne pas descendre dans la rue.

Le chef du gouvernement, Marcello Caetano, assiégé à l'état-major de la gendarmerie, se rendait et transmettait ses pouvoirs au général Spinola, «afin que le pouvoir ne tombe pas dans la rue». Le régime avait vécu. Dans la nuit, la foule faisait libérer les centaines de prisonniers politiques.

Ainsi s'écroula une dictature qui s'était maintenue près d'un demi-siècle.

Quarante-huit ans de dictature


En 1926, un coup d'État militaire avait donné tous les pouvoirs à Salazar. Catholique dévot, conservateur fanatique, il avait mis en place une dictature en prenant modèle sur Mussolini.

Au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, le régime de Salazar voulut montrer à l'extérieur une façade plus présentable. L'opposition bourgeoise était à demi tolérée. Il y avait des élections, avec parfois des candidats d'opposition, souvent des militaires de haut grade.

Par contre, dans les milieux populaires, aucune organisation indépendante n'était tolérée. Les revendications paysannes étaient réprimées par la gendarmerie. La police se chargeait des grèves.

Le PC fut le seul parti d'opposition à maintenir une présence militante. Il le paya d'arrestations, d'assassinats de militants et de dirigeants.

Ce qui caractérisait le Portugal, c'était l'arriération sociale et économique. L'industrie resta longtemps rudimentaire, avant de se développer lentement à partir des années 1960. L'agriculture stagnait, aussi bien les grands domaines du sud que les petites exploitations familiales du nord.

Les ressources budgétaires provenaient en bonne partie des colonies africaines, Angola, Mozambique, Guinée-Bissau. Les firmes portugaises y pillaient les matières premières et les réexportaient vers les pays industriels.

Dans ces colonies des guérillas indépendantistes se développèrent au début des années 1960. Ces guerres diminuèrent les profits coloniaux, grevèrent le budget et imposèrent à la jeunesse quatre ans d'un service militaire risqué. Une partie des mobilisables s'expatriait, en particulier vers la France, pour échapper à la fois à la misère économique et à la sale guerre coloniale.

Salazar mourut en 1971. Caetano lui succéda. Mis en échec en Afrique, le régime se discréditait. L'opposition estudiantine se faisait bruyante, malgré la répression. Il y eut des grèves importantes, un syndicalisme indépendant naissait.

Dans ce contexte et pour sortir le pays de l'enlisement dans les guerres coloniales, le général Spinola, un des plus hauts gradés de l'état-major, ancien commandant en chef en Guinée et homme de droite, proposa l'octroi d'un statut d'autonomie aux colonies africaines. Il fut destitué.

Dans le même temps des officiers subalternes créaient un organisme clandestin, le Mouvement des Forces Armées (MFA).

En mars 1974, trois jours après la destitution de Spinola, le MFA décida la marche sur Lisbonne d'un régiment de chars qui tourna court. Le même scénario se répéta le 25 avril, mais cette fois avec succès.

1974-1975: l'armée en ébullition


Spinola mit en place un gouvernement provisoire dans lequel figuraient des socialistes... et des communistes. C'était une première depuis 1947 dans un pays occidental.

Spinola était pourtant un anticommuniste convaincu. Mais il savait que les militants du PC constituaient la seule force organisée dans la classe ouvrière et parmi les paysans, et donc la seule capable de canaliser la mobilisation populaire. En effet la chute de la dictature avait entraîné une politisation de toute la société. Le 1er mai 1974, un demi-million de personnes enthousiastes manifestèrent à Lisbonne

Le Parti Socialiste, créé depuis peu dans l'émigration, manquait d'implantation. Les partis de droite en étaient à se constituer, et étaient surtout suspects de liens avec le régime déchu. Pour contrer les risques de débordement, les sommets de l'armée firent donc appel au PC, avec l'accord tacite des dirigeants impérialistes, américains en particulier.

Le PC joua son rôle. Il s'employa à persuader la population de faire confiance au gouvernement.

Mais très vite, deux politiques s'opposèrent, dans ce gouvernement et dans le pays. L'une, défendue par le PS, avait comme perspective la mise en place d'un régime parlementaire classique, qui risquait fort d'être incapable de réaliser rapidement les réformes que les militaires les plus radicaux jugeaient indispensables au développement du pays.

Ceux-ci souhaitaient un régime capable de moderniser le pays dans l'intérêt général de la bourgeoisie, en passant au besoin au-dessus de certains intérêts particuliers. Une telle politique nécessitait de pouvoir compter sur un appui populaire. Le PC, sachant que la première option ne lui donnerait qu'un rôle secondaire, joua cette carte et, s'alignant sur les militaires radicaux, mit en avant «l'alliance de l'armée et du peuple».

Le MFA joua un rôle de plus en plus grand dans la vie politique. En juillet 1974, quatre de ses membres entraient au gouvernement, s'opposant à Spinola qui démissionna en septembre, remplacé à la tête de l'État par un autre général, Costa Gomes.

L'armée se politisait de plus en plus. Le MFA s'élargissait aux sous-officiers, puis aux simples soldats. Le MFA, constitua un Conseil de la Révolution, officiellement chargé de superviser le gouvernement.

Ce fut le début d'une vague de nationalisations et d'une accélération de la réforme agraire dans les grandes propriétés de l'Alentejo. En quelques semaines, plus de mille entreprises furent expropriées. Beaucoup de bourgeois prirent le chemin de l'Espagne, de la France ou du Brésil. Leurs demeures furent occupées par les mal-logés. Les régiments les plus politisés prêtaient leur concours, pour briser la résistance des propriétaires. Cette politisation croissante des soldats posait à la bourgeoisie portugaise un problème grave, car elle pouvait craindre de ne pas pouvoir compter sur son armée pour intervenir en cas de besoin contre les masses populaires.

L'opposition PS-PC se transporta à l'intérieur du MFA, où une aile "modérée" se distingua des radicaux. Dans le nord du pays, le PS, l'Église et la droite menaient une violente campagne anticommuniste. Ils utilisaient aussi la rancœur des rapatriés des colonies accédant à l'indépendance

En novembre 1975, le gouvernement dut affronter une série de grèves, en particulier dans le bâtiment et chez les fonctionnaires. Les travailleurs du bâtiment obtinrent 40% d'augmentation de salaire après avoir bloqué deux jours durant l'Assemblée et le gouvernement. Mais cette victoire précéda de peu la reprise en main de l'armée.

Le 25 novembre, à la suite d'une série de provocations de l'état-major, la caserne des parachutistes de Tancos, en rupture avec l'état-major et se proclamant «au service du peuple et de la révolution socialiste», fut occupée sans combat par une unité «sûre». Les militaires les plus radicaux furent limogés ou même arrêtés.

Le balancier, qui depuis un an et demi allait dans le sens de la radicalisation, repartait dans l'autre sens.

Et depuis 1975


Le coup de force du 25 novembre 1975 ne fut que le début d'une longue période de normalisation. Des mois agités de 1974-1975, le Portugal avait hérité de lois sociales souvent en avance sur le reste de l'Europe, d'un vaste secteur nationalisé, de grandes propriétés agricoles aux mains de coopératives paysannes, de syndicats puissants.

La tâche des gouvernements successifs consista dès lors à réduire le poids des organisations ouvrières, à grignoter les avantages obtenus par les travailleurs, à réduire l'espace des coopératives agricoles et des entreprises nationalisées, par des moyens législatifs ou judiciaires aussi bien que par la répression.

Durant trois décennies toutes les combinaisons politiques se réalisèrent: gouvernements socialistes homogènes, majoritaires ou minoritaires, gouvernements PS en alliance avec la droite, gouvernements de droite.

Mais tous ont mené la même lutte constante contre la classe ouvrière, les lois sociales, les nationalisations, les coopératives agricoles, la Sécurité sociale, les salaires, les retraites, la protection des chômeurs.

Aucun d'entre eux n'a touché à un des pires héritages de l'ancien régime: la corruption, qui pourrit l'administration, la police, la gendarmerie, la justice, l'armée.

Pourtant, petit à petit le pays s'est modernisé. Le poids social de l'Église a diminué, même si elle a réussi jusqu'ici à interdire aux femmes la liberté de l'avortement ( ce qui est fini Note du blog). Le niveau de vie a augmenté, même s'il reste bien inférieur à celui de l'Espagne ou de la France.

L'objectif des capitaines qui ont fait tomber la dictature en avril 1975 a donc en partie été réalisé. Mais la grande bénéficiaire de ces progrès a été la bourgeoisie. C'était dans la logique des choses, puisque ni le Parti Socialiste, bien sûr, ni le Parti Communiste, chacun s'abritant derrière les militaires de son choix, n'ont un seul instant défendu une politique autonome pour la classe ouvrière.

Vincent GELAS
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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 09:52

21 avril 2010 Le Télégramme


Dans une lettre adressée à FrançoisMarc, vice-président du conseil général du Finistère, le collectif Vigilance29 fait part de ses inquiétudes sur le projet internet Wimax du département.


Vigilance 29 (*) a réagi à l'article intitulé «Haut débit, le Finistère fait-il le bon choix? », paru le 7 avril, en adressant une lettre à François Marc, vice-président du conseil général du Finistère. «Nos craintes quant aux risques sanitaires présentés par les technologies utilisant les hyper-fréquences sont ainsi confirmées et nous sommes consternés de constater que le conseil général a fait le choix de l'offre (Axione-ETDE) faisant la plus grande place à la technologie Wimax.

 

Dans notre courrier du 28 août 2009, nous faisions part de nos inquiétudes sur les technologies sans fil et leur impact sur la santé et l'environnement. Vous n'en avez pas tenu compte». «L'appel d'offres du conseil général semblait pourtant contenir des critères de développement durable, poursuit le collectif. Il est extrêmement préjudiciable que ces critères n'aient pas inclus la variable sanitaire». Et le collectif de brandir les conclusions de l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnementqui a préconisé la diminution de l'exposition des populations aux rayonnements électromagnétiques.

Risques sanitaires graves

Cet organisme a relevé que l'exposition de cellules humaines à ces rayonnements affectait leur mécanisme d'apoptose (mort programmée des cellules). «Vous faites le choix d'exposer les populations à des risques sanitaires graves, accuse le collectif.

 

Si nous pensons que vous assumerez votre choix, en terme de responsabilité, pénale éventuellement, nous ne souhaitons pas être victimes de cette exposition. Sur le plan technique, l'alimentation en haut débit par la voie hertzienne n'est pas satisfaisante. Sa continuité est mise à mal par temps de pluie ou de brouillard et la confidentialité des données échangées n'est pas assurée». En conclusion, le collectif demande au conseil général d'organiser des consultations publiques dans les bassins de population concernés.

* Ce collectif réunit une dizaine d'associations du département.

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