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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 20:31



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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 14:17

Campagne . L’ex-socialiste profite des régionales pour tester l’unité et la popularité du Front de gauche.


Par LILIAN ALEMAGNA


Jean-Luc Mélenchon, à Paris le 21 janvier

Jean-Luc Mélenchon, à Paris le 21 janvier (Gonzalo Fuentes / Reuters)

A le voir en campagne, on le croirait candidat. A défaut d’être tête de liste en Ile-de-France pour ces élections régionales, voilà Jean-Luc Mélenchon transformé en VRP pour soutenir les listes du Front de gauche, l’alliance de son Parti de gauche (PG), du PCF et de petites formations de la gauche radicale.


Hier au Salon de l’agriculture à Paris et en Picardie. Aujourd’hui à Nîmes et Marseille. La campagne 2010 est-elle un tour de chauffe avant 2012, pour celui qui souhaite une candidature unique Front de gauche à la présidentielle ? «Si c’est un tour de chauffe, c’est pour les régionales», rétorque Corinne Morel-Darleux, secrétaire nationale au PG.


«2012 n’est pas l’objectif de cette campagne», ajoute François Delapierre, numéro 2 du parti. Certes. Mais pour le député européen, le défi est alléchant. Et l’homme avoue son intérêt : «Evidemment… finit-il par glisser. J’ai surtout envie de finir le travail commencé.»


Contrairement à Oskar Lafontaine en Allemagne, Jean-Luc Mélenchon n’a pas réussi, après sa sortie du Parti socialiste, à construire la grande formation qu’il souhaitait avec les communistes. Mais avec ce Front de gauche, il «vise le sommet de l’Etat» et souhaite «ramener sur le devant de la scène le socialisme historique».


Fuyant jusqu’ici la question, la secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet a précisé la semaine dernière que les communistes discuteront d’une possible étiquette commune Front de gauche lors de leur congrès prévu en juin. Question ardue à régler au sein de l’appareil communiste. Le député André Gerin a déjà qualifié d’«effacement du Parti communiste français» le risque de voir le PCF se ranger derrière l’ex-socialiste.


Pour autant, Jean-Luc Mélenchon joue prudent. «Il ne faut pas brûler les étapes. Si aux régionales, nous sommes en dessous du résultat des européennes [6,5%], c’est fini ! L’attelage pour 2012 est terminé !» prévient-il. Même en cas de bon score, l’ex-socialiste se garde de dévoiler comment ce «candidat unique» pourrait être choisi. Le vocable «primaires» est un gros mot. Et l’échec de la tentative d’une candidature antilibérale en 2007 reste en mémoire de ce côté-ci de la gauche. «C’est possible qu’il se choisisse tout seul», sourit Mélenchon.


D’où, outre le soutien aux listes régionales, un certain intérêt pour lui de sillonner dans cette campagne une bonne quinzaine de régions. «Il faut brasser. Remettre les nôtres et les communistes en confiance. Réconforter, encourager»,explique-t-il. Et de brosser dans le sens du poil le «peuple communiste» dont il espère un soutien le moment venu. 

 

«Front de gauche, Parti de gauche… non. Tout ce que les gens connaissent, c’est Jean-Luc Mélenchon», observe Laurent Levard, responsable au PG. «Il est vécu comme une alternative, poursuit François Delapierre. Comme quelqu’un qui veut gouverner le pays et pourrait le faire.»


En attendant, Jean-Luc Mélenchon se soucie de démontrer la crédibilité de son parti. Dans les allées du Salon de l’agriculture, il ne «fait pas du tourisme», pas très «cul des vaches», il «est plutôt formation, Inra, syndicats». Il dit vouloir «confronter»,«tester» les propositions du PG en la matière : relocalisation de certaines productions, souveraineté alimentaire, garantie de prix minimum pour les producteurs…


«Ce matin c’était l’agriculture, demain l’industrie, après autre chose», explique-t-il dans le train vers la Picardie. Dans ses meetings, l’ex-ministre de Lionel Jospin cite en exemple Hugo Chávez, Evo Morales, et affûte ses arguments pour «la longue marche commencée». Avec 2012 dans l’objectif.

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 10:08



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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 10:06



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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 10:03
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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 09:51
Maroc photos169au4

C'est à Copenhague, en mars 1910, que les militantes de l'Internationale Ouvrière et leur dirigeante Clara Zetkin, au nom des femmes membres des partis socialistes du monde entier, décidèrent d'organiser une journée internationale des femmes. De même que, tous les 1er mai, les prolétaires de tous les pays étaient appelés à manifester ensemble, les femmes manifesteraient chaque année, en mars, pour défendre leurs propres revendications, et avant tout le droit de vote et l'égalité.

Cette prise de position des partis ouvriers en faveur de l'égalité homme-femme n'était pas une simple pétition de principes, mais une réelle préoccupation militante, assortie de la création d'organisations spécifiques, d'organes de presse, de réunions publiques fréquentes, etc. Au point que l'année suivante, en 1911, l'Internationale put comptabiliser un million de manifestantes en Europe à l'occasion de la journée de la femme.

COMMUNISME ET FEMINISME


Dès le début du mouvement communiste, Marx et Engels avaient naturellement pris position pour l'égalité des sexes. Ils s'opposèrent aussi aux préjugés contre le travail des femmes, alors fréquents dans le mouvement ouvrier. En effet, au milieu du 19e siècle, bien des militants, constatant que l'entrée des femmes sur le marché du travail tirait les salaires vers le bas, se prononçaient pour l'interdiction pure et simple du travail féminin et, adoptant les idées de la classe dominante, prétendaient que la place des femmes était à la maison.

 Pour les communistes au contraire, l'émancipation des femmes dépendait de leur indépendance économique, et donc de leur accès au travail, notamment salarié. Le développement du capitalisme, en envoyant à l'usine des millions de femmes, créa une situation irréversible, donnant ainsi rapidement raison dans les faits à Marx, Engels et leurs partisans. À la fin du 19e siècle les femmes constituaient une grande partie du prolétariat et une de ses fractions les plus opprimées.

Le fait que la classe ouvrière ne pouvait pas se battre, et encore moins vaincre, sans les femmes, devint alors une évidence pour la majeure partie des ouvriers organisés. Cela fut mis particulièrement en lumière dans l'ouvrage du dirigeant socialiste allemand Bebel, La Femme et le Socialisme, paru en 1879, qui fut le livre le plus lu dans le mouvement ouvrier de cette époque. Bebel y démontrait que l'oppression des femmes est liée à l'apparition de la propriété privée et que, par conséquent, leur émancipation et une réelle égalité des sexes ne pourraient s'établir que dans le cadre d'une société sans propriété et sans classes sociales, par la victoire du socialisme. Ce qui n'empêchait pas, au contraire, la lutte quotidienne pour l'amélioration immédiate du sort des femmes. Un programme qui, sous ses deux aspects, garde toute son actualité.

LE FEMINISME OUVRIER

Les féministes des classes bourgeoises se battaient à l'époque, à juste titre, pour que les femmes obtiennent le droit de vote, ne soient plus sous la tutelle de leur mari et accèdent aux professions réservées aux hommes de leur milieu : médecin, avocat, professeur d'université, etc.

 Mais les femmes prolétaires avaient encore bien d'autres revendications à faire valoir : la hausse des salaires, ne serait-ce que pour éviter à une partie des jeunes filles ouvrières de devoir se prostituer, et à toutes d'être obligées de se soumettre à leur époux ; la protection des femmes enceintes et des accouchées, pour qu'elles ne soient pas purement et simplement renvoyées de leurs usines ; le droit à l'éducation et à la formation professionnelle, jusque-là réservées aux hommes ; la fin de l'esclavage ménager et de la double journée de travail, à l'usine puis au foyer. Pour faire aboutir cette dernière revendication, les socialistes comptaient sur le progrès technique, la collectivisation des tâches ménagères et l'éducation des hommes.

Lier l'émancipation de la femme au socialisme, tenter d'organiser le prolétariat féminin, lui proposer des cercles d'éducation traitant de tous les sujets, faire entrer des ouvrières dans les syndicats et les partis socialistes, y compris aux postes dirigeants, combattre sans relâche les préjugés sexistes dans la classe ouvrière, ainsi s'entendait le « féminisme ouvrier ». Il constituait alors la doctrine, l'attitude générale du mouvement socialiste, et résultait en grande partie de l'activité de militantes comme Clara Zetkin. Ces féministes ne traitaient pas du « problème féminin », terme qu'elles récusaient, mais de la situation et des revendications des femmes prolétaires et ce, dans la perspective de la révolution socialiste.

En 1914, alors que les dirigeants de la plupart des partis socialistes trahissaient l'internationalisme et appuyaient l'effort de guerre de leur propre bourgeoisie, Clara Zetkin lançait, au nom des femmes socialistes, un appel aux femmes de la classe ouvrière, leur enjoignant de rester fidèles à l'internationalisme et d'être les dépositaires de l'idéal socialiste. Et en effet, ce furent les femmes de la classe ouvrière qui relevèrent les premières le drapeau, en manifestant dès 1915 à Berlin et en se mettant en grève en Russie en février 1917.

LA REVOLUTION RUSSE


Le « féminisme ouvrier » s'était répandu parmi les ouvrières russes qui, dès 1913, organisaient clandestinement des réunions pour célébrer la journée de la femme et discuter de la révolution, du socialisme et de l'émancipation des femmes. En 1917, à l'occasion de cette journée - en février suivant le calendrier russe - les ouvrières de Petrograd se mirent en grève et manifestèrent pour le pain, la paix et le retour des hommes du front. Elles entraînèrent à leur suite l'ensemble des travailleurs dans un mouvement qui déboucha, à travers deux révolutions, sur la victoire d'Octobre.

Le régime issu de la révolution russe fut le premier non seulement à instituer l'égalité complète entre les hommes et les femmes sur tous les plans, mais à mettre en avant une politique active et concrète pour que la loi s'applique dans la réalité. L'État ouvrier ouvrit des crèches, des restaurants communautaires, fit construire des immeubles équipés de cuisines et de buanderies collectives, favorisa l'éducation des femmes, de l'école élémentaire à l'université. Dès les années 1920, des femmes russes étaient médecins, ingénieurs, commissaires politiques aux armées et, évidemment, ministres. Et c'est par décision du Conseil des commissaires du peuple, présidé par Lénine, que la journée internationale des femmes fut placée précisément le 8 mars, pour commémorer l'action des ouvrières de Petrograd.

Cette date, devenue une institution dans ce qui était le Bloc de l'Est, fut reprise en 1977 par l'ONU, puis par la plupart des pays.

UN COMBAT TOUJOURS INDISPENSABLE

Entre-temps, dans l'URSS de Staline, la condition des femmes reculait et le mouvement ouvrier tendait à gommer l'émancipation des femmes de son programme réel. En France par exemple, ce ne fut pas le gouvernement de Front Populaire élu en 1936 qui accorda le droit de vote aux femmes, mais celui de De Gaulle en 1945. De même, le droit à la contraception puis à l'avortement furent conquis, en 1967 et 1975 sous des gouvernements de droite, sous la pression des féministes.

À l'évidence, aujourd'hui encore, l'émancipation des femmes est loin d'être un acquis. Les préjugés machistes, la discrimination au travail et l'esclavage ménager restent la règle, y compris dans les pays développés. En France, l'an passé, 160 femmes ont péri sous les coups de leur compagnon. Le développement des préjugés réactionnaires constitue de surcroît une menace pour les droits des femmes de ces pays dits « avancés ». Quant aux femmes des pays pauvres, elles restent opprimées, humiliées, exploitées, souvent usées par les grossesses à répétition et réduites à l'esclavage domestique. Privilège des femmes, elles peuvent être, suivant les barbaries locales, coutumières ou politiques, battues, voilées, excisées, infibulées, brûlées vives, répudiées, enfermées, violées, mariées de force. Mais elles ne se soumettent pas, comme le montrent celles qui, aux quatre coins du monde, se battent courageusement contre ces exactions.

Même officialisée par les pouvoirs publics, la journée du 8 mars reste une occasion de montrer sa solidarité avec toutes ces combattantes, connues ou obscures.

Paul GALOIS
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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 09:45
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Les travailleurs n'ont pas à payer la crise


Mercredi 24 février, en Grèce, la grève générale contre les mesures d'austérité du gouvernement, organisée par les deux confédérations syndicales du public (Adedy) et du privé (Gsee) a été un succès. Des dizaines de milliers de manifestants - de 30 000 à 50 000 - sont descendus dans les rues d'Athènes et bien d'autres dans les grandes villes, dont 7 à 10 000 à Thessalonique, dans le nord du pays.

Les pancartes et les slogans affirmaient : « Nous ne paierons pas leur crise. », « Il faut taxer les riches », « Ne touchez pas à notre Sécurité sociale ». Un fonctionnaire interviewé pendant la manifestation déclarait : « Je fais grève contre les réductions de salaire (...) parce que l'argent a été volé par d'autres et que c'est nous qui allons payer. »

La participation des travailleurs des services publics a été particulièrement importante. Les transports aériens, maritimes et ferroviaires étaient paralysés ; des écoles, des tribunaux, des administrations, des musées étaient fermés ; les journalistes étaient également en grève et les banques, les hôpitaux fonctionnaient au ralenti.

 Les travailleurs de l'État sont en effet les premiers visés par les mesures d'austérité. C'est sur eux que le gouvernement peut agir immédiatement, et il ne s'en prive pas. Il s'attaque à l'emploi : dans l'enseignement, il ne prévoit que 3 000 embauches au lieu de 6 400 en 2009, son objectif général est de ne remplacer dans la fonction publique qu'un départ en retraite sur cinq. Il s'attaque aux salaires : les primes ou allocations baisseront de 10 % sauf les allocations familiales, avec effet rétroactif au 1er janvier 2010.

Mais tous les travailleurs sont concernés par cette attaque contre les services publics, par le biais du manque de personnel mais aussi parce qu'un projet antérieur a déjà prévu de transférer les dépenses d'aide sociale, d'éducation, de santé aux collectivités locales. On connaît ce genre de « réformes » qui mènent directement à l'augmentation des impôts locaux et à la dégradation des services publics.

Pour les impôts directs, les sommes soumises à dégrèvement vont diminuer de moitié, de 12 000 à 6 000 euros, et les impôts indirects ont déjà augmenté sur les boissons, le tabac, les téléphones mobiles et les carburants.

Quant aux retraites, elles étaient déjà dans la ligne de mire du gouvernement, qui avait décidé de faire passer l'âge moyen de départ de 61 à 63 ans. Il vient d'annoncer que d'ici 2013 tous les départs anticipés seront supprimés et les mises en retraite uniformisées. Cela pénalise entre autres les femmes, et en particulier les mères de famille d'enfants encore mineurs, qui bénéficiaient de quelques avantages.

Chaque semaine apporte un nouveau paquet de mesures, que le gouvernement présente comme une nécessité absolue pour faire face aux problèmes imminents, comme le refinancement de 20 milliards d'euros de la dette arrivant à échéance en avril-mai. Le Premier ministre socialiste, Papandréou, appelle « les hommes et les femmes de Grèce à faire corps avec la cause commune qui est de sauver le pays » et en conclut que « Tout le monde dit oui » !

Le grève du 24 a montré qu'en fait un bon nombre au moins disent « non ». Les syndicats, du privé comme du public, dont la direction appartient au Pasok, le parti de Papandréou, n'ont pu que se démarquer, en réclamant surtout que le gouvernement n'en fasse pas plus. Mais le 2 mars ce gouvernement a annoncé non seulement le projet sur les retraites, mais des coupes dans le quatorzième mois des fonctionnaires. Le syndicat du secteur public, Adedy, a appelé à des débrayages de quatre heures le 8 mars et à une grève générale le 16 mars.

On ne peut dire si les travailleurs s'en saisiront pour entamer une riposte d'ampleur contre ces attaques violentes, qui risquent de faire basculer dans la misère une grande partie de la population. Ce serait la seule solution et, pour cela, les ouvriers, les employés, tous les salariés du public comme du privé ne peuvent compter que sur leurs propres forces. Mais elles sont grandes.
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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 09:15


A Sartrouville (78), le lycée privé Jean-Paul II a bénéficié des aides maximales du Plan Banlieue. Quand son voisin du public ne récupère que quelques chiches heures de tutorat.


À Sartrouville (78), une banlieue parisienne de classes moyennes, trône sur les bords de Seine, le lycée Jean-Paul II, un établissement catholique privé flambant neuf. De rares grandes résidences et le Château de Maisons-Laffitte cernent l’établissement, de part et d’autre de la Seine. A part ça, rien à l’horizon. La ligne de bus même s’arrête à quelques cinquantaines de mètres du bahut. Drôle d’endroit pour un lycée. Baies vitrées, lignes épurés, grilles semblables à celles d’un parking extérieur, les locaux eux-mêmes semblent illustrer quelque chose… La pureté religieuse ? C’est en tout cas du tout neuf.

Mix de sous

Le lycée, qui accueille aujourd’hui 150 élèves de seconde, a été inauguré en grandes pompes en octobre dernier, par Mgr Aumonier, l’Evêque de Versailles, grand patron de l’enseignement catholique en France, et Olivier Roucher, Directeur diocésain de l’enseignement catholique. En présence notamment de Jean-Paul Huchon, Président du Conseil régional, et d’Alain Boissinot, Recteur de l’Académie de Versailles. Surprenant mélange ! Qui s’affiche aussi dans les financements que perçoit Jean-Paul II.

La région a participé à hauteur de 70% (soit 1,36 millions d’euros) à la construction du lycée. Il a aussi reçu près d’1 million d’euros de la part de la mairie, une initiative originale puisqu’elle ne respecte pas la loi Gobelet du 30 octobre 1886. Autre privilège, Jean-Paul II bénéficie de l’appellation “sous contrat d’association avec l’Etat” alors qu’un établissement privé ne peut recevoir de fonds publics qu’après 5 ans d’existence. Grâce à ce passe-droit, le ministère de l’Education Nationale finance cinq postes d’enseignants du lycée !

Mais surtout, notre établissement s’inscrit dans la Dynamique Espoir Banlieue, portée par la Secrétaire d’Etat chargée de la politique de la ville, Fadela Amara.

Le Plan Banlieue, pourtant relativement peu pourvu en budget (environ 800 000 euros pour 2010), a même sorti sa bourse pour aider le lycée. L’équivalent de 145 heures d’enseignement !

A côté, le seul lycée public de Sartrouville, Évariste-Galois, mal réputé dans le coin, depuis les “émeutes” des années 1990, a lui aussi droit à des aides. Minimes celles-ci, puisqu’elles se concrétisent par le seul tutorat de 65 élèves.

Autre bizarrerie, ni Fadela Amara, ni son cabinet, que Bakchich a contacté, n’étaient au courant qu’ils versaient cet argent ! Car c’est le très catho Xavier Darcos, ex ministre de l’Éducation nationale, qui, quand la Dynamique Espoir Banlieue a été lancée en 2008, a demandé que celle-ci finance des postes du privé.

Que le cœur du projet éducatif de Jean-Paul II soit « un chemin de Vie éclairé par l’Évangile à la suite du Christ et en son nom », ne semble pas gêner le ministère de l’Éducation. La pastorale comme composante de l’Identité nationale ?

 

 

 

 

Source : http://www.bakchich.info/Plan-banlieue-Sartrouville-version,10056.html

 

Note du blogueur: C'était dans notre série: La vraie bonne laïcité républicaine c'est quand PS (et alliés plus à gauche gauche)  filent plein de pognon aux cathos mais savent rester fermes sur les principers avec les musulmans, non mais ho!

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 08:49
e.jpg Logo des féministes "lutte de classe"

Formation–Féminisme

250px-CommunePostcardMarch-May1871

 Journal "Les Pétroleuses" (référence aux femmes de la Commune de Paris 1871, ci-contre propagande versaillaise ) lien

cahiers feminisme

Journal "Les Cahiers du Féminisme" ( LCR) lien



Plan d’exposé présenté au NPA : le nous, dans cet exposé fait référence soit à la majorité des féministes de la LCR, soit plus largement aux militantes « féministes-luttes de classe ». Cet exposé a servi de base à une discussion lors de la première réunion nationale NPA sur le féminisme. Le nous du NPA est en train de se construire...



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 I/ Introduction et définitions

Dans cet exposé nous allons essayer de faire deux choses : d’une part tenter de comprendre le paradoxe suivant : le courant « féministe luttes de classe » a été probablement l’un des courants les plus actifs du mouvement féministe contemporain et pourtant il est très peu connu et reconnu non seulement par les grands médias comme la TV mais également par les jeunes chercheur-e-s ; d’autre part en conclusion nous essaierons de réfléchir sur quelques propositions pour sortir de notre isolement.

Par courant « féministe luttes de classe », nous entendons un courant qui lie étroitement la lutte pour l’émancipation des femmes à celle de tous les opprimés.


1) Dans l’histoire


- Olympes de Gouge
- Flora Tristan
- Les militantes socialistes de la 2e, puis de la 3e internationale s’inscrivent également dans cette tradition, de même que « le mouvement des femmes libres » au moment de la guerre civile espagnole(cf. Femmes et mouvement ouvrier, J. Heinen and co).. On peut retrouver en partie cette tradition parmi les femmes syndicalistes qui créeront la CFDT en 1964 ainsi que les militantes d’Antoinette dans la CGT.


2) Néanmoins de grandes différences existent entre ces militantes et celles de l’après 1968.


- Des différences sur le plan théorique d’abord : contrairement aux militantes de l’ancienne génération nous ne faisons pas découler l’oppression patriarcale de l’apparition de la propriété privée et plus précisément du capitalisme. L’oppression des femmes a préexisté à cette organisation sociale même si le capitalisme a utilisé et utilise l’oppression des femmes à son profit. (cf. exposé sur l’origine de la domination ....).

- Conception différente du mouvement pour l’émancipation des femmes : le mouvement « autonome ».

Nous distinguerons 4 phases dans l’histoire du mouvement féministe en France.

 II/ 1970-1980 : phase d’expansion et de grandes conquêtes.

1) Avant 1968

- La droite, catholique et antiféministe
- le féminisme discrédité par le stalinisme
- des débats au sein du mouvement syndical,
- le Planning familial


2) Conditions d’émergence de ce mouvement

- hausse de la scolarité des filles
- croissance du salariat féminin
- découverte d’une nouvelle technique de contraception (la pilule) et d’avortement : la méthode « Karman »
- Mai 68 et la politisation de la jeunesse
- le décalage entre les promesses d’égalité pour les filles et la réalité : les filles considérées comme au service des hommes, dans la famille, la sexualité, la vie politique etc.

Le nouveau mouvement féministe est s’est né d’abord dans les couches sociales les plus diplômées des femme, les femmes des milieux populaires étant plutôt sous l’influence soit du PCF, soit du catholicisme.

 

cahiers2 1981


3) Les différents courants issus du mouvement féministe des années 1970

Il faut noter qu’à l’époque tous les courants du féminisme se situent dans une perspective générale et partagée d’un changement de société considéré comme prochain.

- le féminisme de la différence : la « féminitude », valorisée comme créativité spécifique des femmes fondée sur leurs capacités reproductives

- le féminisme « radical » : le travail domestique analysé comme la base matérielle de l’exploitation économique de toutes les femmes quelles que soient leurs appartenances sociales ; les femmes constituent une classe exploitée par les hommes ; l’oppression patriarcale profite économiquement et directement à tous les hommes, de la même manière ; refus de toute alliance avec des mouvements sociaux mixtes.

- le féminisme « luttes de classe » : toutes les femmes sont opprimées mais pas de la même manière, l’exploitation de classe traditionnelle (opposant capital/travail) interférant avec l’oppression patriarcale. Nécessité de combiner l’action autonome du mouvement féministe avec l’action unitaire avec d’autres mouvements sociaux, avec celle notamment du mouvement ouvrier. Cette orientation trouvera un écho non négligeable parmi les salariées des banques, de la poste etc. entraînant le développement de groupes femmes d’entreprises et de commissions femmes syndicales et de nombreux débats dans le mouvement syndical jusqu’à la fin des années soixante dix. Cf. la conférence des femmes travailleuses de 1977 de la CGT ; A développer

- Les caractéristiques du nouveau mouvement féministe, après 1968.


4) Les thèmes de lutte principaux

- liberté et gratuité de l’avortement et de la contraception, liberté de disposer de son corps (liberté sexuelle et choix d’orientation sexuelle, le mouvement de libération homosexuel faisant son apparition par ailleurs).

- luttes contre les violences

- critique de la division traditionnelle du travail dans la sphère domestique et le monde professionnel.

- affirmation que « le privé est politique »

- autonomie du mouvement des femmes


5) le rôle de la LCR.

- L’Alliance marxiste révolutionnaire (AMR, dirigeant "Pablo") lance le 1er manifeste « féministe-luttes de classe » : Sortir de l’ombre..

- Après des débats houleux, la LCR apporte son soutien au mouvement féministe « autonome », en 1971-1972.

- La LCR contribue à l’animation du courant féministe « luttes de classe », en participant à des revues proches d’elle (ex. Les Pétroleuses link), en essayant de tourner les groupes femmes vers les campagnes de masse ; présence dans des structures unitaires comme le Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception (MLAC).

- Contribution au débat théorique (cf. plus haut) et politique. Par exemple nous avons défendu une certaine idée de l’autonomie du mouvement des femmes différente de celle des féministes radicales pour lesquelles l’autonomie était synonyme de séparatisme et de non mixité systématique.

- 1977 : création par les féministes de la LCR de la revue Les Cahiers du féminisme. Ce n’est que progressivement que cette revue sera considérée par la direction de l’organisation comme une revue de la Ligue. Elle sera publiée entre 1977 et 1998, (avec quelques mois d’interruption en 1980). * Pour connaître les positions de la LCR, cf. brochure L’oppression des femmes et la lutte pour leur émancipation publiée en 2000, disponible sur internet sur le site Europe solidaire sans frontières : www.europe-solidaire.org.


6) L’influence des militantes « F. luttes de classe » dans le mouvement syndical

- dans la CFDT
- dans la CGT

 

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 III/ 1981-1995 : le mouvement féministe sur la défensive (alternances gauche/droite cf. annexe 2)

1) Le féminisme légitimé

En 1981, l’arrivée de la gauche au gouvernement se traduit par la création d’un Ministère des droits de la femme dirigé par Yvette Roudy et la promulgation de plusieurs lois en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes. En 1982, sous la pression du mouvement féministe, une loi permet le remboursement de l’avortement et en 1983, une loi sur l’égalité professionnelle est votée. Faute de sanctions pour les entreprises, elle sera très peu appliquée.


2) Offensive néolibérale

La politique du Ministère des droits de la femme peut être considérée comme une « vitrine » : elle masque la politique économique et sociale du gouvernement qui favorise ouvertement le temps partiel et décide la création d’une allocation parentale pour le troisième enfant équivalente aux minima sociaux (1985), mesure qui sera étendue ensuite par la droite pour le deuxième (1994), puis le premier enfant. Pour faire reculer le chômage, les femmes les moins qualifiées et les moins payées sont incitées à se retirer du marché du travail pour élever leurs enfants à la maison, pendant trois ans. Parallèlement les modes de garde individuels pour les moins de trois ans sont encouragés au détriment des crèches collectives. Ainsi, en 1994, la droite à nouveau majoritaire, crée l’allocation de garde d’enfants à domicile (AGED) qui permet un allègement d’impôts très important pour les couches sociales privilégiées. La gauche revenue au gouvernement ne la supprime pas.


3) -dans les syndicats, les oppositions de gauche sont réprimées tant à la CFDT qu’à la CGT :


- l’affaire d’Antoinette , Georgette Vacher et l’UD CGT du Rhône.


4) Les luttes :

Face à l’austérité, à l’apathie des directions syndicales et à leurs divisions, les salariés des deux sexes entrent en lutte et s’organisent dans des « coordinations » :

- Après les étudiants en 1986, ce sont les cheminots qui entrent en lutte en 1988.

- et fait totalement nouveau, plusieurs luttes de femmes salariées du tertiaire se développent entre 1989 et 1993 et s’organisent au plan national dans des coordinations : infirmières, institutrices, impôts, assistantes sociales. Ces luttes restent malgré tout très isolées.


4) Le mouvement féministe


Face à cette offensive contre le droit à l’emploi des femmes et des médias qui laissent entendre que les femmes n’ont plus à se plaindre, qu’elles ont tout obtenu, le mouvement féministe est divisé et sur la défensive. Doit-il ou non se laisser annexer par le Ministère des droits de la femme ou garder son indépendance ? Plusieurs militantes féministes se laissent séduire... Les féministes lutte de classe et celles de la LCR notamment pèsent de tout leur poids dans le sens inverse, en développant la solidarité avec les luttes des femmes salariées, en cherchant à développer de nouvelles luttes (contre le temps partiel imposé par exemple ou contre l’entrave l’IVG etc.), en cherchant à maintenir un cadre unitaire national et multithématique..


- 1982 : grande initiative unitaire (Assises sur les femmes au travail et le droit au travail des femmes), sous l’impulsion du courant « féministe lutte de classes » : 2000 personnes rassemblées, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, des féministes du Mouvement pour le Planning familial, des syndicalistes féministes de différents syndicats, des militantes féministes de différentes associations, pour interpeller le gouvernement de gauche sur sa politique. Cette initiatives est boycottée par une partie des féministes, sous prétexte que cette initiative est mixte ...  Après cela, il y a plusieurs années d’atomisation et de repli du mouvement féministe dans des associations spécialisées par thème ou locales. Néanmoins, face à des évènements graves (plusieurs viols de femmes dans les transports en commun sans réaction du public) et l’offensive des commandos d’extrême droite à l’entrée des hôpitaux ou des cliniques pour tenter d’empêcher les femmes d’avorter, des militantes « féministes lutte de classe », membres ou non de notre organisation créent différentes associations pour relancer l’activité féministe unitaire :


- 1985 : création, avec des militantes du Planning, du Collectif féministe contre le viol. Leur action, conjointement à celle d’autres associations comme l’AVFT (Association contre les violences faites au femmes au travail), aboutira à une série de circulaires et de lois sur la question des violences : contre les abus sexuels sur les enfants (1989) ; contre le harcèlement sexuel (1992), contre les violences domestiques.

- 1989 : création de l’association « Elles sont pour », à l’occasion de la célébration du quarantenaire de la publication du livre de Simone de Beauvoir : Le deuxième sexe.

- 1990 : création de la CADAC (Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception) qui réunira le Planning Familial, l’Association nationale des centres d’orthogénie, etc. Cette association, grâce à son travail de vigilance et de mobilisation contre les commandos d’extrême droite, obtiendra en 1993 une loi créant un délit d’entrave à l’IVG. Et surtout une amélioration de la loi sur l’avortement (2001 ) : délai pour l’IVG de 14 semaines au lieu de 12 ; possibilité pour les mineures d’avorter sans l’autorisation des parents à condition d’avoir un autre adulte comme référent etc.


5) La parité en politique

- 1992 : en France, publication du livre de Françoise Gaspard (PS) et d’Anne Le Gall : Au pouvoir citoyennes, Liberté, égalité, Parité. En Europe, au sommet d’Athènes (novembre), des personnalités féminines de gauche et de droite se prononcent pour une représentation paritaire des hommes et de femmes dans les assemblées élues.

- 1993 : le 10 novembre, un manifeste signé par 288 hommes et 289 femmes est publié dans le journal Le Monde en faveur de la parité. Pendant plusieurs années, la question de la parité sera le seul sujet qui trouvera un écho, dans les grands médias.

Au terme de ce débat, un nouvel alinéa sera introduit dans le préambule de la Constitution, et adopté en 2000 : il précise : « La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats et fonctions ». Par ailleurs, une nouvelle loi électorale prétend introduire la parité des candidatures pour les élections à un tour et à la proportionnelle. Pour les grandes élections, comme celle de l’Assemblée nationale, les partis sont sanctionnés financièrement s’ils ne respectent pas la parité. En 2002, le PS et l’UMP (la droite) ont préféré payer des amendes. En France, il y a 77 femmes à l’Assemblée nationale sur 577 sièges, soit 12 % de femmes !


6) le rôle de la LCR :

A travers la revue Les Cahiers du féminisme notamment et ses militantes dans différentes associations ou syndicats, la LCR interviendra pour faire reconnaître le fait que le féminisme n’est pas dépassé, qu’au contraire la mobilisation des femmes est indispensable sur tous les terrains pour défendre leurs droits. En 1987, une grande fête est organisée pour les dix ans des Cahiers du féminisme en présence de personnalités féministes de différents courants et associations ; ce qui témoigne du rôle charnière que nous avons joué au cours de cette période difficile.

 IV/ 1995- 2002 : un nouveau cycle de luttes ; le mouvement ouvrier et les autres mouvements sociaux en recomposition chaotique.

Après de nombreuse manifestations très dynamiques contre les commandos d’extrême droite et la mise sur pied d’un gouvernement de choc par Chirac, après son élection à la présidence de la république en mars 1995 dans lequel l’Opus dei était directement représenté, démarrage d’un mouvement social de très grande ampleur.

- 24 novembre 1995 : 40 000 personnes dans la rue, pour le droit à l’emploi des femmes, contre les attaques des commandos d’extrême droite, contre l’ordre moral, à l’initiative de la CADAC, à l’appel de plus de 140 organisations, (associations, partis, syndicats). Grande manifestation à Paris où se mêlent plusieurs générations de femmes, mixte, et très unitaire : pour la première fois le PCF et la CGT appellent à cette manifestation aux côtés des associations féministes.

- Novembre-décembre 1995 : grand mouvement de grève

- 1997 : 2000 personnes (une majorité de femmes) participent aux Assises pour les droits des femmes : création du Collectif national pour les droits des femmes (CNDF).

- mars 1997 : la gauche redevient majoritaire à l’assemblée nationale.

- novembre 1997 : le CNDF organise une manifestation pour le droit à l’emploi des femmes, contre le temps partiel imposé, pour la baisse du temps de travail pour tous et toutes, dans le contexte de la mise en place des lois Aubry pour la réduction du temps de travail à 35 h (RTT).

- 1998 : premières journées féministes de formation intersyndicale qui rassemblent de 3 à 400 personnes, chaque année.

- 2000 : la Marche mondiale des femmes contre les violences et pauvreté donnent lieu à plusieurs manifestations en France et en Europe et à la création, sur le plan international, d’un réseau d’informations et de solidarités qui s’inscrira dans les débats des Forums sociaux mondiaux..

 V/ 2002-2006 : anciens et nouveaux obstacles

1) Le contexte politique général

Dans ce cadre, certains militant-e-s peuvent être tenté-e-s de considérer le féminisme comme un luxe inutile


2) Le mouvement féministe

les féministes sont confrontées à d’autres difficultés :

- L’illusion de l’égalité : illusion très courante chez les jeunes scolarisées, avant l’entrée sur le marché du travail, sauf pour les jeunes lesbiennes ou les jeunes femmes descendantes de parents migrants.

- De nouveaux courants réactionnaires sont apparus :

a) réapparition de courants différencialistes
b) le « postféminisme » :
c) le courant queer en France et ses ambiguïtés
d) le féminisme bourgeois :

- De nouvelles divisions :

2003 : grande manifestation unitaire le 8 mars pour soutenir l’action des filles de banlieues, l’association Ni putes, Ni soumises fait son apparition ... 2003-2004 : le débat sur le voile fait rage...


Depuis, certaines féministes prétendent lutter contre un « ennemi principal » :

- Pour les unes, la lutte contre « l’islamophobie » est prioritaire (collectif féministe pour l’égalité etc. ).

- Pour d’autres la lutte contre les intégrismes religieux est devenue prioritaire (cf. l’association « Ni putes, ni soumises » crée en 2002, ou le mouvement français pour le Planning familial, ou l’UFAL (Union des familles laïques etc.).

- Sous l’impulsion des féministes de la LCR, le CNDF a refusé de prendre position pour ou contre la loi, pour éviter de se diviser. Par contre il a décidé de mener plusieurs combats de front : pour la laïcité, contre le racisme, contre l’ordre moral, contre les politiques libérales, contre les inégalités économiques et sociales et les discriminations subies par les femmes des milieux populaires et/ou de parents immigrés.


Dans le CNDF, nous avons insisté sur la nécessité de prendre en compte la pluralité des oppressions et de leurs effets combinés et cumulatifs.


La tenue d’une rencontre intitulée « Alternatives féministes » en décembre 2005 à l’initiative du CNDF a permis de faire le point sur les difficultés rencontrées ces dernières années dans le militantisme féministe, mais cela n’a pas encore permis de trouver les forces pour surmonter les nouveaux défis qui s’offrent aux féministes :

1) Comment assurer le renouvellement des générations ?

2) Comment faire lien en particulier avec les jeunes femmes dans les quartiers populaires ? Comment lutter contre le « virilisme » de certains garçons des banlieues en situation d’échec sur de nombreux terrains, sans tomber dans des dénonciations récupérables par le discours sécuritaire ?

3) Comment accéder aux médias ouverts aux « post-féministes » qui ont comme première cible les militantes féministes considérées comme « ringardes ».

4) comment favoriser le travail conjoint du CNDF et de la Marche mondiale des femmes en France sur le mode de la complémentarité et non de la concurrence ?. etc.

 

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 Conclusion : un mouvement féministe autonome, large et unitaire toujours indispensable

Il faut constater que si le mouvement « féministe lutte de classe » a réussi à maintenir une continuité des luttes et d’une réflexion sur les luttes féministes, il n’a pas réussi à développer une véritable organisation de masse féministe, fonctionnant démocratiquement et capable de publier une presse féministe susceptible de s’adresser à des jeunes femmes des milieux populaires. Par ailleurs, le CNDF s’est partiellement vidé de sa substance, chaque courant de la gauche ou de l’extrême gauche impulsant sa propre association : le PS, « Ni putes, ni soumises » et le Planning familial, le PCF « femmes solidaires » ; nous sommes à peu près les seules à chercher à construire un véritable cadre unitaire que ce soit dans le CNDF(sans y parvenir) et la Marche mondiale.


Rien ne nous permet de prédire, ce que seront les prochaines années pour le mouvement féministe mais il y a un besoin urgent d’une publication susceptible d’agréger de nouvelles militantes dans une perspective « féministe-luttes de classe »...


La préparation unitaire de la journée du 17 octobre montre toutes les potentialités existantes.


Josette Trat


A lire : L’article de Josette Trat, publié dans Femmes, Genre, Féminisme, dans la petite collection Les Cahiers de Critique Communiste, aux éditions Syllepse en 2007, p. 9-32

 

 

Pour continuer:


"Entre néolibéralisme et ordre moral, les féministes divisées"

: lien



* Publié sur le site NPA31 :
http://www.npa31.org/feminisme/lhis...

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 08:39

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Par Daniel Tanuro le Jeudi, 04 Mars 2010


 


Nous reproduisons ci-dessous le rapport oral présenté par notre camarade Daniel Tanuro au 16e congrès de la Quatrième Internationale sur le projet de résolution «Le basculement climatique capitaliste et nos tâches». Cette dernière résolution a été adoptée à l'unanimité, moins trois abstention, par les congréssistes.


Trois milliards d’êtres humains manquent de l’essentiel. La satisfaction de leurs besoins nécessite une production accrue de biens matériels. Donc une consommation accrue d’énergie. Celle-ci, aujourd’hui, est à 80% d’origine fossile, et par conséquent source de gaz à effet de serre qui déséquilibrent le système climatique.


Or, nous ne pouvons plus nous permettre de déséquilibrer le climat. Nous ne sommes probablement plus très loin d’un « point de basculement » (tipping point) au-delà duquel des phénomènes incontrôlables et irréversibles à l’échelle humaine des temps risquent de s’engrener qui pourraient conduire à ce que l’humanité n’a jamais connu et que la planète n’a plus connu depuis 65 millions d’années : un monde sans glace. Un monde dans lequel le niveau des mers monterait de 80 mètres environ par rapport au présent.


La disparition totale des glaces n’est certes pas pour demain : le processus pourrait prendre jusqu’à mille ans. Mais l’engrenage pourrait se mettre en route dans vingt, trente ou quarante ans et entraîner une hausse du niveau des mers de plusieurs mètres avant la fin du siècle.


Pour l’empêcher, il s’agit de réduire radicalement les émissions de gaz à effet de serre, donc de se passer complètement de combustibles fossiles en deux ou trois générations.


Se passer de charbon, de pétrole, de gaz naturel ? C’est possible : le potentiel technique des énergies renouvelables est suffisant pour prendre le relais. Mais en pratique, dans le laps de temps très court dont nous disposons, la transition énergétique n’est envisageable que si elle va de pair avec une importante réduction de la consommation d’énergie. Une réduction tellement importante qu’elle ne peut être acquise seulement par la hausse de l’efficience énergétique : une réduction de la production matérielle et du transport de matières est nécessaire.


Ceci suffit à comprendre et à faire comprendre que l’humanité est confrontée à un défi gigantesque. Un défi d’une nature totalement nouvelle, et qui dominera le 21e siècle. Un défi qui contribue à déterminer les conditions d’intervention des marxistes révolutionnaires et du mouvement ouvrier en général.


Ce double défi, le capitalisme ne peut pas le relever. Ni sur le plan social, ni sur le plan environnemental. Plus exactement : il ne peut pas le relever d’une manière qui soit acceptable pour l’humanité (je reviendrai plus loin sur ce que cela implique). La raison de cette incapacité est la même sur les deux plans : le capitalisme n’a pas pour but la production de valeurs d’usage pour la satisfaction de besoins humains finis, mais la production potentiellement infinie de valeur par des capitaux nombreux et concurrents, établis autour d’Etats rivaux.


Un capitalisme sans croissance est une contradiction dans les termes, disant Schumpeter. La dématérialisation relative de la production est certes une réalité, mais elle est plus que compensée par l’augmentation de la masse de marchandises produites.


Cette dynamique d’accumulation constitue la raison fondamentale pour laquelle le « capitalisme vert » est une illusion, au même titre que le « capitalisme social ». Il y a des capitaux verts, sans aucun doute, il y en a même de plus en plus, et ils génèrent de belles plus values. Mais ils ne remplacent pas les capitaux sales : ils s’ajoutent à ceux-ci, et les seconds, parce qu’ils dominent, déterminent les rythmes, les choix technologiques et les modalités d’introduction des premiers.


Le passé récent ne laisse aucun doute à ce sujet. Voyez Barack Obama : lors de la campagne présidentielle, il avait promis de faire payer les pollueurs pour soutenir massivement les énergies vertes (150 milliards de dollars en 10 ans) et aider les plus défavorisés à supporter le renchérissement de l’énergie. Cette politique était censée créer cinq millions d’emplois. Mais la crise des subprimes est passée par là et, de toutes ces intentions, il ne reste rien.


Aux USA comme dans l’UE, les pollueurs recevront les droits de polluer gratuitement, les vendront avec profit et les factureront aux consommateurs.

La politique climatique capitaliste renforce les capitalistes qui détruisent le climat. Ainsi s’exprime la force des lobbies patronaux de l’énergie fossile et des secteurs qui y sont liés, tels que l’automobile, la construction navale, l’aéronautique, la pétrochimie et d’autres. Ceci confirme l’analyse marxiste selon laquelle les monopoles ont la capacité de freiner la péréquation des taux de profit. Dans le cas des combustibles fossiles, cette capacité est d’autant plus forte qu’elle s’ancre dans la propriété des gisements, des mines etc., donc dans la rente foncière.


Le résultat s’étale sous nos yeux : dans tous les pays, les plans climat ne représentent même pas la moitié de ce qui serait nécessaire en termes de réduction des émissions de GES. De plus, ces plans creusent les inégalités sociales et s’accompagnent d’une fuite en avant dans des technologies dangereuses : l’énergie nucléaire, la production massive d’agrocarburants et la capture séquestration géologique du CO2 (censée rendre le charbon « propre »).


C’est dans ce cadre général qu’il faut voir la pantalonnade de Copenhague : la conférence ultra-médiatisée qui devait accoucher d’un nouveau traité international contraignant et ambitieux pour prendre le relais du Protocole de Kyoto s’est terminée en déroute : sans objectifs chiffrés, sans échéances, sans même une année de référence pour mesurer les réductions d’émissions. D’ailleurs, Copenhague pourrait bien marquer un tournant vers une politique encore plus dangereuse que celle du Protocole. Par l’accord qu’ils ont conclu, en effet, les 25 grands pollueurs se sont largement soustraits à la pression scientifique du GIEC et au principe des responsabilités communes mais différenciées. C’est un accord de maquignons entre l’impérialisme et les nouvelles puissances capitalistes montantes, qui se sont partagé l’atmosphère sur le dos des peuples, des travailleurs et des pauvres du monde entier.


Il est fort à craindre que la Conférence de Cancun en décembre confirme ce tournant. Dans ce cas, sur base des actuels plans climat nationaux, on peut projeter un hausse de la température moyenne de surface comprise entre 3,2 et 4,9°C en 2100 (par rapport au 18e siècle).


Il faut se méfier d’un catastrophisme aux accents eschatologiques. Certains discours apocalyptiques, en effet , n’invoquent l’urgence que pour plaider les sacrifices et escamoter la responsabilité capitaliste. Mais il ne fait aucun doute qu’une hausse de température de 4°C entraînerait de véritables catastrophes sociales et écologiques.


Il s’agit ici de prendre l’exacte mesure de la menace. Ce n’est pas l’avenir de la planète qui est en jeu, ni la vie sur Terre, ni même la survie de l’espèce humaine. A part la chute d’un astéroïde, un accident nucléaire de grande ampleur est probablement la seule chose qui puisse menacer la survie de notre espèce. Le changement climatique, en tout cas, ne la menace pas. Mais il menace d’aggraver sérieusement les conditions d’existence des 3 milliards d’hommes et de femmes qui manquent déjà de l’essentiel. Et il menace la survie physique de quelques centaines de millions d’entre eux, celles et ceux qui sont le moins responsables du réchauffement.


Mike Davis, dans « Génocides tropicaux », a décrit en détail les horribles famines qui firent des dizaines de millions de victimes à la fin du 19e siècle. Ces famines étaient le résultat combiné d’un épisode El Nino exceptionnel et de la formation du marché mondial des produits agricoles. C’est à la répétition de tragédies de ce genre que nous devons nous attendre. A ceci près que le drame, cette fois, sera dû entièrement à la soif de profit du grand capital, en particulier des secteurs monopolistes basés sur les combustibles fossiles.


Ceci nous permet de préciser en quoi consiste l’incapacité du capitalisme de faire face au défi. « Il n’y a pas de situation sans issue pour le capitalisme », disait Lénine. En effet. Mais l’issue, cette fois, risque d’être particulièrement barbare.


Il est évident que la crise écologique et la crise sociale sont une seule et même crise : la crise du système capitaliste. L’expression « crise écologique » est trompeuse : ce n’est pas la nature qui est en crise, mais le rapport entre la société et la nature. Ce n’est pas le climat qui est en crise, et sa perturbation n’est pas due à « l’activité humaine » en général : elle est due à un certain mode de cette activité, historiquement déterminé, basé sur les combustibles fossiles.


La crise écologique, en d’autres termes, n’est rien d ’autre qu’une manifestation de la profonde crise systémique du capitalisme.


Il est absolument évident que satisfaire le droit au développement et les besoins sociaux en général tout en réalisant les gigantesques réductions d’émission qui sont nécessaires dans les quarante ans n’est envisageable que si l’on adopte une perspective anticapitaliste radicale.


Esther Vivas reviendra sur nos tâches politiques dans la seconde partie de ce rapport. Je me contenterai ici de citer les principales mesures qui s’imposent : supprimer les productions inutiles ou nuisibles ; planifier la transition vers un autre système énergétique ; implanter les sources renouvelables et développer l’efficience énergétique indépendamment des coûts (en fonction de la rationalité thermodynamique, pas du profit) ; transférer massivement et gratuitement les technologies propres aux peuples du Sud, via le secteur public des pays concernés ; mettre sur pied un fonds mondial pour l’adaptation aux effets du réchauffement dans les pays pauvres ; soutenir l’agriculture paysanne contre l’agrobusiness ; relocaliser une partie substantielle de la production, notamment agricole ; redistribuer les richesses en ponctionnant les revenus du capital ; réduire radicalement le temps de travail et les cadences, sans perte de salaire, avec embauche compensatoire ; exproprier les secteurs de l’énergie et du crédit….


On nous dit «  c’est plus facile à dire qu’à faire. » Sans aucun doute, mais la première chose à faire… c’est de le dire. Et c’est ce que nous devons faire en premier lieu, en tant qu’Internationale : le dire. Cela ne nous isolera pas, au contraire. La lutte contre le changement climatique donne une crédibilité tout à fait considérable à l’alternative anticapitaliste. L’ampleur même du problème, sa globalité, son urgence, l’injustice monstrueuse des conséquences prévisibles : tout cela permet d’introduire par en-haut et en termes très simples la nécessité d’une rupture radicale avec la production généralisée de marchandises.


Vu l’énormité des enjeux, c’est beaucoup plus qu’un choix politique qui est posé : un choix de civilisation. A travers le danger climatique, le capitalisme nous offre une possibilité de réhabiliter le communisme pour ce qu’il est vraiment : un projet de civilisation digne de ce nom. Le projet d’une communauté humaine autogérant les ressources naturelles communes de façon rationnelle et prudente, pour permettre à toutes et tous de vivre bien - « bien vivir ». Face aux projets vaguement antilibéraux, la lutte contre les changements climatiques conforte notre choix d’une ligne clairement anticapitaliste, ainsi que notre refus de toute participation à des gouvernements de gestion du capitalisme.


Stratégiquement, la lutte pour le climat ne se distingue pas pour nous de la lutte générale des exploités et des opprimés. Elle ne peut être menée à bien que par ceux-ci : la classe ouvrière, les jeunes, les femmes, les pauvres, les petits paysans, les peuples indigènes. La classe ouvrière est appelée à y jouer un rôle majeur, car elle seule peut jeter les bases d’un autre mode de production dans lequel elle décidera ce qui est produit, comment, pourquoi, pour qui et en quelle quantité.


En même temps, c’est peu dire que le combat environnemental en général, climatique en particulier, est difficile à introduire dans le mouvement ouvrier. Cette difficulté résulte de la situation des travailleurs en tant que classe la plus exploitée, coupée de ses moyens de production, coupée en particulier de la nature comme moyen de production, et qui voit ces moyens de production appropriés par le capital se dresser face à elle comme des forces hostiles.


La conclusion qui en découle est que la possibilité d’écologiser la lutte de classe est fonction de la lutte de classe elle-même. Plus les travailleurs seront battus, atomisés, démoralisés, plus ils verront la défense du climat comme une menace, et plus la classe capitaliste sera en mesure d’utiliser effectivement la protection du climat comme un prétexte pour les attaquer davantage. Dans un tel contexte, la conscience écologique ne peut progresser que sous la forme aliénée du déchirement intime entre le consommateur convaincu de sa nécessaire sobriété et le producteur angoissé par la perte de son emploi.


A l’inverse, plus les travailleurs auront de succès dans leurs combats, plus ils gagneront de confiance en leur force, plus ils seront capables de prendre en charge la question écologique en y apportant collectivement, en tant que producteurs et que consommateurs de leur propre production, les solutions anticapitalistes indispensables.


Un meilleur rapport de forces des exploités et des opprimés est la condition nécessaire d’une solution anticapitaliste à la crise climatique, donc d’une solution tout court. Mais cette condition nécessaire n’est nullement suffisante, et ne permet pas de renvoyer à plus tard le combat pour l’environnement. En effet, outre son urgence, la question écologique possède un certain nombre de spécificités telles que la formation d’une conscience de classe anticapitaliste se heurte ici à des obstacles encore plus grands que dans d’autres domaines.


Il en découle trois conclusions :


Premièrement, l’importance de la construction d’un outil politique, un parti politique anticapitaliste capable de proposer des analyses de la double crise sociale et écologique. Rarement la nécessité d’un parti et d’une Internationale révolutionnaire comme intellectuel collectif aura été aussi flagrante ;


Deuxièmement, l’importance d’un programme de revendications permettant de lier concrètement les dimensions sociales et écologiques de la crise capitaliste. Le point clé ici est que la crise climatique, en donnant une actualité nouvelle à l’idée d’une alternative globale de société, réhabilite du même coup la notion du programme de transition capable de jeter un pont entre la situation actuelle et cette alternative globale ;


Troisièmement, l’importance des dialectiques sociales pour aider l’avant-garde ouvrière à jouer son rôle. Ce n’est pas par hasard que les paysans, les peuples indigènes et la jeunesse sont aux premières lignes dans la mobilisation sociale pour le climat. Les jeunes luttent pour leur avenir, contre une société monstrueuse dont les responsables savent ce qui est en cours mais laissent faire.


Quant aux paysans et aux peuples indigènes, à la différence des travailleurs, ils ne sont pas coupés de leurs moyens de production, en particulier de la terre. Face à un système capitaliste qui les a condamnés à mort, ils ont compris que la lutte climatique fait partie de leur lutte d’ensemble et confère à celle-ci un formidable surcroît de légitimité.


« Les paysans et les paysans peuvent refroidir la planète que l’agrobusiness réchauffe » disait un communiqué de Via Campesina un peu avant Copenhague. Les travailleurs aussi peuvent refroidir la planète. En produisant pour les besoins, pas pour le profit, en réduisant radicalement le temps de travail, etc. La convergence des mouvements sociaux peut les aider à prendre conscience de la force énorme qu’ils représentent. De là notamment l’importance de la conférence de Cochabamba convoquée par Evo Morales.

En adoptant ce projet de résolution, la Quatrième Internationale se dira écosocialiste.


Certains refusent cette étiquette en disant : « à quoi bon, le socialisme suffit ». Parmi les adversaires de l’écosocialisme, il y a ceux pour qui rien n’a changé, qui refusent que le pur schéma de la Révolution d’Octobre soit pollué par la question écologique. Ils ne sont pas, que je sache, présents dans nos rangs. Par ailleurs, il y a des camarades qui, tout en admettant la nouveauté radicale de la combinaison du social et de l’écologique, considèrent l’écosocialisme comme une concession inutile à l’écologie politique. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit.


On peut discuter longuement l’existence ou non d’une écologie de Marx. Personnellement, je crois Marx beaucoup plus écolo que nous ne l’avons dit. Mais l’essentiel n’est pas là.


L’essentiel est que tous les courants marxistes ont raté la question écologique, que certains continuent à la rater et que tous gardent des difficultés à y répondre de façon convaincante.


Se dire écosocialistes, c’est d’abord une manière de dire « nous avons compris » ou, à tout le moins, « nous savons que nous devons comprendre quelque chose que nous n’avons pas compris ». C’est une nouvelle étiquette sur la bouteille, un peu comme la nouvelle chemise que Lénine recommandait d’enfiler. Une nouvelle étiquette peut être utile.


Mais l’écosocialisme est plus beaucoup qu’une étiquette. Quoique le concept soit encore en chantier, on peut indiquer une série de points sur lesquels il se différencie substantiellement du socialisme tel que des générations de militants l’ont conçu, et tel que notre courant l’a conçu.


Le point de départ est que stabiliser le climat implique un autre système énergétique. Pas seulement d’autres technologies pour produire du courant, de la chaleur ou du mouvement, mais aussi une autre agriculture, une autre rationalité et une autre organisation spatiale. La construction de ce système nouveau sera forcément une tâche de longue haleine, nécessitant la destruction de l’appareil productif capitaliste. La prise du pouvoir politique n’est que le point de départ de ce bouleversement.


Le nouveau système énergétique à construire implique nécessairement la décentralisation de la production de courant - condition nécessaire notamment à l’utilisation rationnelle de la chaleur - et la relocalisation d’une part la production. Décentralisation et relocalisation sont parfaitement compatibles avec le projet d’un socialisme mondial, et indispensables à son autogestion démocratique. Cependant, il est peu contestable que ces deux préoccupations ne surgissent pas spontanément de notre tradition programmatique, qui insiste plutôt sur la planification mondiale de la production et des échanges.


Une autre problématique nouvelle concerne l’importance du travail vivant. Notre programme fait une large place à la nécessité d’investir du travail vivant dans les services tels que les soins aux personnes, l’enseignement, la santé, etc. Cette problématique ne nous est donc pas étrangère. Mais, pour tous les autres secteurs, nous nous en remettons à l’idée que les machines et les robots permettront de libérer au maximum les producteurs de la charge du travail physique.


Cette idée doit être remise en cause, car les soins aux écosystèmes nécessitent une intelligence et une sensibilité qui ne peuvent être apportés que par le travail humain. C’est particulièrement évident dans le cas de l’agriculture : pour « refroidir la Terre », comme dit Via Campesina, il faut remplacer l’agrobusiness par une agriculture organique paysanne ou coopérative. Cela passe forcément par un plus grand investissement en travail humain (ce qui ne signifie ni le retour à la houe ni la fin du progrès, mais une autre forme de progrès).


Enfin, la conception même de la nature mérité d’être réexaminée. Dans le contexte de la crise écologique capitaliste, en effet, le marxisme ne peut plus se contenter de voir la nature du seul point de vue de la production, c’est-à-dire comme un stock de ressources, une plateforme de travail et une décharge pour les déchets. Nous devons apprendre à voir la nature aussi du point de vue de la nature elle-même, du point de vue des grands échanges de matière et des conditions de fonctionnement des écosystèmes, qui déterminent en dernière instance les conditions de vie de l’humanité. Il y a de précieuses indications à ce sujet chez Marx, il s’agit de s’en saisir et de les développer.


Sur tous ces points, la résolution ne fait qu’ouvrir un chantier théorique sur lequel l’Internationale devra revenir. Mais il est important de faire signe dès maintenant, de montrer que nous sommes en mouvement. A Copenhague, en décembre, une brèche s’est ouverte. Pour la première fois, une mobilisation de masse sur les questions environnementales globales a pris le caractère d’une lutte sociale contre le système en place : « Change the system, not the climate », « Planet not profit ». Ce mouvement internationaliste va s’amplifier. Il nous offre des potentialités considérables. Une tendance anticapitaliste ne nous a pas attendus pour s’y développer. Nous devons la renforcer.


Daniel Tanuro, le 25/2/2010

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Quimper Gourmelen

Rassemblement

vendredi 19 avril

8 h 45


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Fermez Cofrents

(pays Valencian)

 

 

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  Concert à Lannion

 

no nuk

 

Dimanche 28 avril

Brennilis

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Mardi 7 mai

 Yves-Marie Le Lay,

Président de

Sauvegarde du Trégor

  Douarnenez

Librairie l'Ivraie à 20h00

 

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