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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 09:16

20 février 2010

Olivier Doubre – Dans l’introduction de votre ouvrage, vous précisez l’avoir écrit avec « l’intention de combattre les caricatures symétriques » que l’on entend souvent sur les Arabes vis-à-vis de la Shoah. Quelles sont ces caricatures ?


Gilbert Achcar : Ces caricatures foisonnent dans la guerre de propagande qui a cours entre partisans d’Israël et pro-Palestiniens ou pro-Arabes. La caricature propagée par les partisans d’Israël présente les Arabes comme ayant été en majorité pro-nazis, en utilisant notamment la figure du trop célèbre mufti Amin Al-Husseini, dit « Mufti de Jérusalem ». Celui-ci s’est en effet réfugié en 1941 auprès des puissances de l’Axe et a passé le reste de la Seconde Guerre mondiale entre Berlin et Rome, en participant activement à la propagande de l’Axe en direction des mondes arabe et musulman, et en contribuant même à mettre sur pied deux unités bosniaques musulmanes de la Waffen-SS allemande.


Or, la caricature exagère considérablement le rôle réel du Mufti en lui attribuant une responsabilité directe dans le génocide juif, mais, ce qu’elle exagère surtout, c’est sa représentativité ou son impact dans le monde arabe, alors que beaucoup d’éléments tangibles montrent avec certitude que ses exhortations y ont eu très peu d’effets. A tel point que l’armée britannique a compté dans ses rangs bien plus d’Arabes de la seule Palestine que l’armée allemande n’a eu de combattants en provenance de l’ensemble des pays arabes.


De l’autre côté, on trouve sans surprise une tendance apologétique qui cherche à trouver des excuses à l’attitude du Mufti – ce que je récuse vivement puisqu’il ne saurait y avoir de circonstances atténuantes pour la collaboration avec une entreprise génocidaire en connaissance de cause. En effet, dans ses mémoires, le Mufti ne cache pas qu’il était au courant de l’entreprise génocidaire nazie, puisqu’il rapporte que Himmler l’a informé à Berlin, à l’été 1943, que 3 millions de Juifs avaient déjà été exterminés. C’est d’ailleurs pourquoi je signale que le témoignage du Mufti peut être considéré comme une bonne réfutation indirecte du négationnisme.


Vous abordez justement cette question du négationnisme, que l’on trouve du côté arabe aujourd’hui.


Sans qu’elle représentent, loin de là, l’ensemble de l’opinion publique des pays arabes ou même sa majorité, on constate en effet un recrudescence d’expressions négationnistes du côté arabe. Plutôt qu’un exutoire de l’antisémitisme, comme l’est le négationnisme occidental, les expressions arabes sont, dans la plupart des cas, des réactions que l’on pourrait qualifier d’épidermiques, c’est-à-dire superficielles et primaires, à « l’instrumentalisation » - pour reprendre l’expression de Pierre Vidal-Naquet – que fait l’Etat d’Israël de la Shoah pour se légitimer lui-même, légitimer ses actes et parer à toute critique.


Une distinction s’impose entre les attitudes antijuives que l’on peut trouver chez des Européens et qui sont une abjection pure et simple, et des expressions antijuives de Palestiniens qui subissent l’oppression terrible que l’on sait, de la part d’un Etat qui prétend agir au nom du « peuple juif ». Rien ne justifie évidemment quelque forme de judéophobie que ce soit, mais les deux attitudes ne peuvent raisonnablement être mises sur le même plan, de même que l’on ne saurait mettre sur le même plan l’antisémitisme d’un progromiste slave et le racisme anti-goyim d’un persécuté juif du Shtetl, ou le racisme anti-Noir d’un lyncheur blanc et le racisme anti-Blanc d’un opprimé noir. Or, trop souvent, on projette les termes de l’histoire européenne sur une situation complètement différente, qui est celle des Palestiniens dans les territoires. En réfutant les caricatures de tous types, j’essaie de contribuer à une meilleure compréhension réciproque, indispensable à un règlement pacifique et équitable du conflit israélo-arabe.


Dans la première partie du livre, intitulée « Le temps de la Shoah », vous passez en revue les différentes positions politiques dans le monde arabe sur la question juive et le régime nazi. Vous montrez alors que les positions franchement antisémites et prônant une véritable collaboration avec les nazis n’étaient pas les plus nombreuses à cette époque.


Comme pour tout ensemble de populations, les positions politiques sont très diverses dans le monde arabe, n’en déplaise à la caricature qui parle d’une attitude arabe au singulier.


J’ai distingué quatre grandes familles idéologiques au sein du monde arabe à cette époque : l’occidentalisme libéral, les marxistes, les nationalistes (tant de gauche que de droite) et le panislamisme intégriste réactionnaire. Parmi les trois premières, seule une frange marginale appartenant au nationalisme arabe de droite a eu des affinités avec l’Allemagne nazie, alors qu’un courant majeur du nationalisme arabe, comme le parti Baath, qui arrivera au pouvoir en Syrie et en Irak dans les années 1960, n’a eu aucune sympathie pour le nazisme dans les années 1930 et 1940.


Seul le panislamisme intégriste va développer de réelles affinités idéologiques avec le nazisme sur le terrain de l’antisémitisme à partir des années 1920, en rapport avec l’exacerbation des tensions entre Juifs et Arabes en Palestine.


Rachid Rida, que l’on peut considérer comme le premier théoricien de l’intégrisme islamique moderne, va élaborer un discours violemment antijuif en reprenant les ingrédients de l’antisémitisme occidental et en les mêlant à d’autres empruntés au corpus islamique médiéval – où l’on trouve des éléments antijuifs, certes, mais beaucoup moins que dans le corpus chrétien médiéval. Ses écrits vont devenir la matrice d’un discours que véhiculeront au cours des décennies suivantes les Frères musulmans ou d’autres courants intégristes musulmans, et dont on retrouvera l’écho dans la charte du Hamas de 1988.


Qu’en est-il, au « temps de la Nakba », du discours de Nasser et de celui de l’OLP après la fondation d’Israël ?


Le nassérisme a été une idéologie en construction permanente depuis l’arrivée de Nasser au pouvoir. Si l’on explore la masse de ses discours et déclarations, on ne trouve pas véritablement d’expressions antisémites.


Toutefois, à deux reprises, dans des entretiens sans cesse cités, mais qui sont plus l’exception que la règle, on verra Nasser, dans un cas, conseiller la lecture des « Protocoles des Sages de Sion » à un journaliste indien et, dans l’autre, émettre un doute sur le nombre de victimes du génocide juif dans un entretien avec un politicien allemand de droite. Ces deux expressions sont restées isolées, et le fait qu’en dix-huit ans de pouvoir Nasser n’ait fait que deux déclarations de ce type indique bien qu’il ne s’agit pas d’éléments centraux de sa pensée. Il avait de nobreux intellectuels dans son entourage, dont une bonne partie provenait du marxisme, et ceux-ci lui ont sans doute fortement déconseillé de répéter ce type de déclarations.


Quant à l’OLP, là aussi, le rôle des intellectuels, occidentalistes libéraux ou de gauche proches du marxisme, va être très important pour contribuer à faire assumer par l’organisation la reconnaissance de la Shoah et de la question juive européenne, sans que cela ne change rien son intransigeance sur la question palestinienne face à Israël. Edward Said, notamment, a fait partie de ceux-là, en participant fortement à l’élaboration de cette perspective qui considère que l’oppression des Juifs en Europe et son paroxysme, le génocide juif, constituent une leçon pour l’humanité tout entière contre toutes les oppressions xénophobes et racistes.


Il faut rappeler à cet égard que Yasser Arafat, pour essayer de réparer le tort fait à la cause palestinienne par le bon accueil réservé à Roger Garaudy dans certains pays arabes à la suite de sa condamnation en France pour ses positions négationnistes, avait formulé une demande pour visiter le musée de l’Holocauste à Washigton. Cette visite n’ayant pu se réaliser à cause de l’attitude hostile de la direction du musée, Arafat a finalement visité la maison d’Anne Frank à Amsterdam, ce qui a déclenché une controverse en Israël, mais a été très peu médiatisé en Occident – aussi peu que l’exposition sur la Shoah organisée par le village palestinien de Niilin en Cisjordanie, haut lieu de la lutte contre le mur de séparation israélien. Ces exemples sont pour moi révélateurs de l’image caricaturale du monde arabe que l’on construit à coup de déformations et d’omissions – renvoyant ainsi aux Arabes une image déplorable d’eux-mêmes, qui a des effets néfastes et qu’il faut impérativement combattre.



* Cet entretien a été conduit par Olivier Doubre et publié dans l’hebdomadaire français Politis.

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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 09:07
Par Eric Toussaint et Olivier Bonfond le Lundi, 22 Février 2010 PDF Imprimer Envoyer



Du 21 janvier au 2 février 2010, Eric Toussaint et Olivier Bonfond, militants altermondialistes, membres du Conseil International du FSM, de la coordination mondiale des mouvements sociaux et du réseau international CADTM[1] (Comité pour l’Annulation de la dette du Tiers Monde), ont participé à différentes réunions et activités internationales au Brésil : séminaire international des mouvement sociaux (réalisé à Sao Paulo du 21 au 23 janvier), camp international de la jeunesse à Novo Hamburgo, séminaire international intitulé « 10 années après : défis et propositions pour un autre monde possible » organisé à Porto Alegre du 25 au 29 janvier 2010 par le « Groupe de réflexion et d’appui au processus du FSM » composé de plusieurs organisations brésiliennes, notamment IBASE, Ethos et l’Instituto Paulo Freire, ainsi que l’assemblée des mouvements sociaux (Porto Alegre, le 29 janvier). Malgré une analyse très critique, Eric Toussaint et Olivier Bonfond pensent que le Forum Social Mondial peut encore jouer un rôle positif, mais sous certaines conditions.


Entretien.


Marga Tojo Gonzales : 10 ans après la naissance du slogan « un autre monde est possible », la majorité de l’humanité vit toujours dans des conditions infra-humaines, et, avec la crise financière internationale, la situation s’est encore dégradée. Les altermondialistes auraient-ils échoué ?


Olivier Bonfond : Lorsque la question est posée de cette façon, on doit reconnaître que le Forum Social Mondial et le mouvement altermondialiste en général n’ont pas réussi à changer véritablement le cours des choses. A la base de ces grands évènements que sont les forums mondiaux, il y avait l’objectif de transformer la société en quelque chose de mieux, où il y a plus de justice sociale, moins d’inégalités, où tous les citoyens ont leurs droits humains fondamentaux satisfaits.


Mais en réalité la question doit être posée autrement. Il s’agit de déterminer si le FSM et le mouvement altermondialiste ont joué un rôle positif dans la construction d’un rapport de force en faveur des exploités et des opprimés de la planète. La réponse est alors plutôt positive. Mais le FSM n’a rien de miraculeux et reste un processus en mouvement, avec ses faiblesses et contradictions. Il est aussi très « jeune » : le FSM n’a que 10 ans et le mouvement altermondialiste à peine plus, ce qui est très peu comparativement aux forces auxquelles ils s’attaquent, à savoir celles d’une oligarchie capitaliste internationale et de sociétés transnationales au service desquelles agissent de puissants instruments comme la Banque mondiale, le FMI, l’OMC, l’OTAN…


M.T.G. : A vos yeux, après 10 années de Forums, quel est l’acquis principal de ce mouvement ?


Eric Toussaint : Le FSM a joué un rôle très important à deux niveaux. Premièrement, dans la déligitimation du néolibéralisme comme seul modèle possible pour l’humanité. Bien sûr, la « bataille des idées » n’est pas finie et la logique de fatalité est encore très présente dans beaucoup d’esprits, mais le mouvement altermondialiste a pu démontrer et rendre visible la nécessité et la possibilité d’une alternative globale. Il a démontré la vanité de certaines affirmations en vogue comme par exemple l’expression « la fin de l’histoire » de Fukoyama ou encore « TINA » (There Is No Alternative) de Margaret Thatcher.


L’autre acquis très important du FSM est qu’il a permis, d’une part, la construction et le renforcement de réseaux internationaux, et d’autre part, la mise en connexion entre ces différents réseaux. Dans le cadre de la lutte contre le capitalisme mondialisé, cet aspect est fondamental. En effet, face à des stratégies et rapports de force qui ont pour conséquence d’isoler et/ou de mettre en concurrence les pays et les peuples, il est fondamental de dépasser le cadre national en proposant des alternatives globales, en construisant des liens de solidarité, mais aussi et surtout en coordonnant des stratégies d’action et des mobilisations internationales. Dans les premières années du forum, il est indéniable qu’il y avait une dynamique intéressante entre les forums, les mouvements sociaux, les différentes campagnes internationales sur des thèmes comme la dette, l’OMC, le militarisme, l’écologie, le féminisme,… et l’organisation de grandes mobilisations à l’occasion de réunions de la BM, du FMI, de l’OMC, du G8, de l’OTAN ou comme la puissante mobilisation mondiale de février 2003 contre les préparatifs de l’invasion de l’Irak.


M.T.G. : C’est donc moins le cas maintenant ? Êtes-vous de ceux qui pensent que le Forum Social Mondial s’essouffle ?


O.B. : C’est indéniable que le Forum a perdu de sa vitalité, de son utilité et en partie de sa légitimité (surtout à partir du FSM organisé à Nairobi en janvier 2007[2]). Les causes sont multiples : l’institutionnalisation du FSM, le renforcement de l’influence de grandes ONG disposant de grands moyens financiers, le goût d’une partie des délégations et des dirigeants du FSM pour les hôtels 4 ou 5 étoiles, l’incapacité à réellement « fusionner » les activités pendant les forums mondiaux (plus de 1500 activités en 5 jours lors du dernier FSM de Belém), la recherche de fonds auprès de grandes entreprises privées ou mixtes (Petrobras, la grande société pétrolière brésilienne dont 61% du capital est privé, la Fondation Ford, la multinationale CELTEL en Afrique,…).


L’évolution politique des dernières années a aussi pesé fortement. Il faut se rappeler que les deux principaux pays dans lequel le Forum s’est le plus ancré au début, le Brésil[3] et l’Italie, ont connu à partir de 2003 deux expériences gouvernementales qui ont fortement influé sur le cours du Forum social mondial : l’expérience de la présidence de Lula au Brésil et celle du gouvernement Prodi[4] en Italie. D’importantes forces qui étaient à la base de la création du Forum social mondial ont soutenu ou soutiennent encore ces gouvernements qui ont mené (ou mènent encore) des politiques social-libérales ou carrément néolibérales.


Il faut aussi dire que le FSM et le mouvement alter manquent de « victoires » sur le plan mondial. Heureusement, sur le continent latino-américain, la lutte contre l’ALCA (Accord de Libre Commerce des Amériques voulu par Washington) qui a vaincu en 2005 est à mettre en partie à son crédit. Mais si on aborde la scène mondiale, alors que le capitalisme traverse une crise de très grande ampleur, il n’y a même pas l’adoption d’une taxe sur les transactions financières afin de combattre la spéculation. Les aventures guerrières impérialistes continuent. Les putschistes honduriens sont toujours au pouvoir. Copenhague est un échec flagrant. Le fait que, sur le plan international, on n’ait pas remporté de victoire du mouvement produit un découragement parmi ceux et celles qui espéraient des résultats tangibles rapidement. A ce niveau, on peut dire que le FSM s’essouffle, dans le sens qu’il manque d’air ou de carburant pour faire passer à la vitesse supérieure.


E.T. : Il faut ajouter que la majorité de la direction du FSM a refusé d’évoluer vers un mouvement ayant la volonté de convoquer des mobilisations sur une plate-forme commune. Or sans volonté concertée de mobiliser sur le plan international, sans volonté de déterminer des objectifs communs à atteindre, il est difficile de progresser. Immanquablement, le FSM ressemble de plus en plus à un énorme marché à idées (et à propositions) qui ne débouche pas sur un combat commun pour réaliser certains objectifs.


Or nous avons besoin d’un instrument international pour déterminer des priorités en termes de revendications et d’objectifs à atteindre, un calendrier commun d’actions, une stratégie commune. Si le Forum ne le permet pas, il faut construire un autre instrument, sans pour autant éliminer ou quitter le Forum. Je pense qu’il a sa raison d’être. Mais puisqu’un secteur du FSM ne veut pas que celui-ci se transforme en instrument de mobilisation, il vaut mieux construire un autre instrument avec les organisations et les individus qui sont convaincus que c’est ce dont nous avons besoin. Cela n’empêcherait pas de continuer à intervenir activement dans le Forum. Je dis cela pour éviter une scission, un débat sans fin qui paralyse plus qu’il n’aide.


MTG : A quel nouvel instrument faites-vous allusion?


E.T. Il existe une proposition qui, à la vérité, a eu relativement peu de répercussion. Il s’agit de l’appel que Hugo Chávez a lancé fin novembre 2009 pour la création d’une Cinquième Internationale qui réunirait des mouvements sociaux et des partis de gauche[5].


Je pense que c’est, en principe, très intéressant. Ce pourrait être une perspective s’il y a une réflexion, un dialogue entre partis et mouvements sociaux : une Cinquième Internationale comme instrument de convergence pour l’action et pour l’élaboration d’un modèle alternatif[6]. Mais, selon moi, elle ne constituerait pas une organisation comme les Internationales antérieures qui étaient – ou sont encore puisque la Quatrième Internationale existe toujours - des organisations de partis avec un niveau de centralisation assez élevé. Je pense que la Cinquième Internationale ne devrait pas avoir un haut niveau de centralisation et ne devrait pas impliquer une auto-dissolution des réseaux internationaux ou d’une organisation comme la Quatrième Internationale.


Ceux-ci pourraient adhérer à la Cinquième Internationale en gardant leurs caractéristiques mais une telle adhésion démontrerait que tous les réseaux ou grands mouvements ont la volonté d’aller plus loin que des fronts ponctuels comme les coalitions sur le climat et la justice sociale, la souveraineté alimentaire, la dette... Nous avons des bannières communes entre beaucoup de réseaux et c’est positif. Mais s’il était possible d’arriver à un front permanent, ce serait mieux.


En employant cette expression, je suis déjà en train de donner un élément de définition. Pour moi, la Cinquième Internationale serait, dans la situation actuelle, un front permanent de partis, de mouvements sociaux et de réseaux internationaux. Le terme “front” implique clairement que chacun garderait son identité mais donnerait la priorité à ce qui unit pour atteindre des objectifs communs et faire avancer la lutte. Les derniers mois de 2009 et le début de 2010 ont démontré à nouveau la nécessité d’augmenter la capacité d’action collective car la mobilisation contre le coup d’Etat du Honduras a été totalement insuffisante.


C’est préoccupant parce que, comme les Etats-Unis appuient le coup d’Etat en légitimant les élections qui ont suivi[7], les forces putschistes du monde entier considèrent que c’est à nouveau une option raisonnable. Au Paraguay, par exemple, la discussion entre les putschistes tourne aurour de “Quand ?” et “Comment ?”. Ils sont convaincus qu’il faut un coup d’Etat à partir du Congrès National contre le président Fernando Lugo. Cela montre bien que la mobilisation à propos du Honduras a été insuffisante. Cela a aussi été le cas pour Copenhague et, maintenant, pour Haïti. La riposte à l’intervention des Etats-Unis en Haïti est également totalement insuffisante.


MTG : Que pensez-vous de l’évolution récente du FSM et plus particulièrement comment analysez-vous les forums de Porto Alegre et de Salvador de Bahia?


O.B. : L’élément le plus positif des activités réalisées à Porto Alegre en janvier 2010 a sans doute été le lancement d’une campagne internationale contre la présence de bases militaires sur le continent latino-américain. Cette campagne, « Amérique latine et Caraïbes : une région de paix. Non aux bases militaires étrangères ! », portée par une plateforme d’organisations très importantes[8], montre bien que le FSM, en tant qu’espace ouvert, peut encore permettre la concrétisation de campagnes mobilisatrices. Autre point positif : l’activité visant à préparer la mobilisation pour la « Conférence mondiale des peuples sur le changement climat et la défense de la Terre Mère »[9], qui aura lieu à Cochabamba du 19 au 22 avril 2010, a rassemblé beaucoup d’organisations.


Malheureusement, les éléments négatifs n’ont pas manqué, ni à Porto Alegre, ni à Salvador de Bahia. Il faut souligner premièrement la faible présence de mouvements sociaux (notamment des organisations indigènes qui avaient influencé positivement le FSM tenu à Belém en janvier 2009), et donc des débats largement dominés par des grandes ONG qui ne veulent absolument pas s’attaquer à la logique profonde du système capitaliste.


Ensuite, même si ce n’est pas nouveau, l’organisation de ces deux forums a été financée par des transnationales comme Petrobras. Petrobras est une entreprise mixte qui exploite le pétrole et le gaz notamment en Bolivie, en Equateur et au Brésil en provoquant des dégâts écologiques très graves. Lorsqu’on rappelle l’article 4 de la Charte des principes de Porto Alegre : « Les alternatives proposées au Forum Social Mondial s’opposent à un processus de mondialisation capitaliste commandé par les grandes entreprises multinationales et les gouvernements et institutions internationales au service de leurs intérêts. »[10], on comprend tout de suite où se situe le problème. D’autant plus que ces forums se sont caractérisés par une impressionnante présence du gouvernement Lula, tant au niveau du soutien financier, ce qui n’est pas nouveau non plus, qu’au niveau de la programmation dans les différentes activités. Dans toutes les activités auxquelles j’ai assisté, il y a avait à la table un représentant du gouvernement brésilien avec - vous vous en doutez-, un discours tirant un bilan positif du gouvernement Lula. Il y a là un vrai danger, à savoir qu’un forum social se transforme en un outil de légitimation d’un gouvernement qui mène une politique sociale libérale.


MTG : Justement, par rapport à cette question de la nature du gouvernement brésilien, certains médias ont fait écho à une forte polémique entre vous, Eric Toussaint, et Socorro Gomez représentante de Cebrapaz et membre du PCdoB. Vous avez déclaré que le Brésil était un impérialisme périphérique lors d’un débat sur le nouvel ordre mondial. Quelqu’un dans la salle, membre aussi du PCdoB vous a accusé notamment de jouer le jeu de l’impérialisme américain. Qu’avez-vous à dire là-dessus ?


E.T. : Le Brésil occupe une place singulière: avec une économie nationale qui représente à elle seule la moitié du produit intérieur brut de l’Amérique du Sud, il peut être considéré comme une puissance impérialiste périphérique, capable de déterminer une ligne politique indépendamment de Washington.


On peut appliquer le terme impérialisme à un pays comme le Brésil pour plusieurs raisons : ses entreprises transnationales (Petrobras, Vale Rio Doce, Odebrecht[11]) réalisent d’importants investissements à l’étranger au point d’y avoir un poids économique considérable et de pouvoir influencer les décisions politiques de gouvernements étrangers (c’est le cas au Paraguay, en Bolivie, en Equateur même si les autorités de ces pays tentent de récupérer la souveraineté sur leur économie ce qui entraîne des tensions avec Brasilia); ses entreprises exploitent au maximum les ressources et les travailleurs des pays où elles investissent ; le gouvernement de Brasilia met sa politique extérieure largement au service des intérêts des transnationales brésiliennes ; le Brésil essaye progressivement de se doter de forces militaires capables d’intervenir hors des frontières de manière permanente (le Brésil dirige la Minustah à Haïti[12]). Il convient d’ajouter le qualificatif périphérique au substantif impérialisme dans la mesure où le Brésil ne constitue pas un impérialisme dominant comparable aux Etats-Unis, aux principaux pays de l’Union européenne (ou à l’Union européenne comme telle) ou le Japon.


Le Brésil est à ranger dans la même catégorie que la Chine, la Russie et l’Inde avec lesquels il forme les BRIC’s (Brésil, Russie, Inde, Chine), cette catégorie inventée depuis une quinzaine d’années pour désigner les principales puissances périphériques capables d’exercer un poids politique et une influence économique que les puissances économiques dominantes doivent prendre en compte. Il faut préciser que le Brésil occupe dans ce quatuor la dernière place par sa taille économique et par le fait qu’il ne dispose pas d’armes nucléaires. A ce titre, on peut le rapprocher de l’Afrique du Sud.


Le Brésil et les Etats-Unis ont des intérêts divergents à plusieurs égards: les intérêts économiques de la bourgeoisie brésilienne en matière agricole et industrielle ne peuvent se satisfaire du protectionnisme des Etats-Unis ; la réactivation de la IVe flotte[13] et l’utilisation de bases militaires colombiennes et péruviennes par l’armée des Etats-Unis dérangent Brasilia qui ressent cela comme une volonté renouvelée de contrôle de Washington sur l’Amérique du Sud et en particulier sur la zone stratégique de l’Amazonie. Le récent déploiement de plus de 15.000 soldats étasuniens à Haïti où le Brésil dirige la force onusienne de la Minustah irrite également le gouvernement brésilien. Par ailleurs, autre source d’irritation de Washington à l’égard de Brasilia, Lula maintient de bonnes relations avec Cuba et le Venezuela, les deux principales bêtes noires des Etats-Unis dans l’hémisphère occidentale.


Il convient aussi de préciser que la caractérisation d’impérialisme périphérique ne dépend pas du parti politique qui est au gouvernement : que la droite ou la gauche soit au pouvoir importe peu. Le terme impérialisme semble à d’aucuns exagéré car il est associé à une politique d’agressions militaires. Il s’agit d’une vision étroite du terme impérialisme. Le désarmement de l’Allemagne ou du Japon (et la perte de ses colonies pour ce dernier) après la seconde guerre mondiale a-t-elle fait disparaître leur caractère impérialiste ?


Le principal précurseur dans l’utilisation du terme sous-impérialisme à propos du Brésil est l’économiste brésilien Ruy Mauro Marini[14], un des pères de l’école de la dépendance. Il s’exprimait de la manière suivante: “On peut considérer le Brésil comme la plus pure expression du sous-impérialisme, de nos jours.” Face à ceux qui s’opposaient à cette caractérisation, il a formulé des arguments qui, aujourd’hui, ont pris plus de force : « La politique expansionniste brésilienne en Amérique latine et en Afrique, en plus de la recherche de marchés, ne correspond-t-elle pas à l’intention de s’assurer le contrôle de sources de matières premières – comme les minerais et le gaz de Bolivie, le pétrole de l’Equateur et des colonies portugaises en Afrique, le potentiel hydroélectrique du Paraguay – et, plus encore, à fermer les possibilités d’accès aux mêmes ressources à de possibles concurrents comme l’Argentine? (...)


L’exportation de capitaux brésiliens, principalement via l’Etat (ce que nous montre Petrobras, convertie en Brazilian Petroleum, luttant pour entrer dans le cartel international du pétrole, ainsi que le développement constant des prêts publics à l’extérieur), mais aussi des capitaux associés à des groupes financiers pour exploiter les richesses du Paraguay, de la Bolivie et des colonies portugaises d’Afrique, pour donner quelques exemples, cela ne se présente-t-il pas comme un cas particulier d’exportation de capital dans le cadre de ce peut faire un pays dépendant comme le Brésil?” Il ajoutait un argument qui a été renforcé depuis qu’il l’a avancé: “il serait bon d’avoir présent à l’esprit le processus accéléré de monopolisation (via la concentration et la centralisation du capital) qui a eu lieu au Brésil ces dernières années, ainsi que l’extraordinaire développement du capital financier, principalement à partir de 1968.” Enfin, il concluait en affirmant que pour la gauche révolutionnaire, il est fondamental de prendre la mesure du sous-impérialisme : “Pour conclure cette préface, il faudrait réitérer l’importance de l’étude du sous-impérialisme pour le développement du mouvement révolutionnaire latino-américain”.


Lors du débat qui a eu lieu à Porto Alegre sur le nouvel ordre mondial, j’ai expliqué que les Etats-Unis étaient bien sûr la puissance impérialiste dominante et la plus agressive. Il n’y a pas de comparaison à faire avec le Brésil à ce niveau. J’ai aussi critiqué durement l’impérialisme de l’Union européenne. Cela n’empêche pas que le Brésil soit lui-même une puissance impérialiste avec les caractéristiques d’une puissance périphérique. Je préfère le terme « impérialisme périphérique » à « sous-impérialisme » car, depuis que Ruy Mauro Marini a pris la mesure du phénomène, il y a plus de trente ans, le Brésil a gagné en autonomie par rapport aux Etats-Unis. Au cours de la conférence, j’ai effectivement été critiqué par des membres du PCdoB[15] dont le parti appuie la politique de Lula.


En fait, au cours de notre séjour au Brésil, on a ressenti clairement de la part des partisans de Lula une attitude intolérante : ils ne veulent pas accepter de critiques à l’égard du gouvernement. Je précise que parmi les autres panélistes qui ont pris la parole au cours de ce débat sur le nouvel ordre mondial, Patrick Bond d’Afrique du Sud m’a très clairement appuyé sur la caractérisation du Brésil en tant qu’impérialisme périphérique. Il a expliqué que l’Afrique du Sud était dans la même situation que le Brésil et que les BRIC’s ne constituaient pas du tout une alternative.


M.T.G : Financé par des transnationales désireuses de se donner une image plus « verte » ou plus humaine, courtisé par les autorités politiques qui l’utilisent comme un outil de campagne électorale, certains pensent que le FSM est déjà totalement récupéré par le système et qu’on ne peut donc plus rien en attendre de bon. Quelle est votre position là-dessus ?


OB : Il est tout à fait possible que le FSM soit progressivement « absorbé » par le système capitaliste. Il n’y aurait rien d’étonnant à cela. Le capitalisme n’a plus rien à prouver quant à sa capacité à s’adapter et à récupérer à son compte les dynamiques créées au départ pour lutter contre lui. Le FSM, tout comme les ONG, mouvements sociaux et individus qui le composent, ne sont pas à l’abri du danger. Cependant, en tant que réseau radical, le CADTM pense que le FSM peut encore jouer un rôle positif comme lieu de débat sur des pistes alternatives pour assurer un authentique développement humain, basé sur la justice sociale et le respect de la nature. Le FSM doit en plus renforcer les convergences entre tous les mouvements qui veulent passer à l’action ensemble. Ces mouvements se mettront d’accord entre eux à l’occasion des activités du Forum. Par ailleurs, le CADTM poursuivra sa participation active à l’assemblée mondiale des mouvements sociaux (AMS) qui est née en janvier 2001 à Porto Alegre à l’occasion du premier FSM.


M.T.G. : Pouvez-vous nous rappeler en quelques mots en quoi consiste cette Assemblée des mouvements sociaux ? Par ailleurs, juste avant le Forum de Porto Alegre, vous avez participé à Sao Paulo à un séminaire mondial des mouvements sociaux. Qu’en ressort-il ?


OB : L’assemblée des mouvements sociaux (AMS) s’est développée dans le cadre du Forum social mondial. Elle a comme caractéristique principale d’être un espace ouvert qui vise la construction d’un agenda commun de mobilisations. Elle est composée d’un groupe varié de mouvements sociaux et de réseaux (Via Campesina, Marche mondiale des femmes, CADTM, Jubilé Sud, No Vox, des organisations syndicales, Alliance social continentale des Amériques, COMPA, ATTAC,…) qui ont des objectifs régionaux et nationaux spécifiques mais qui veulent lutter conjointement contre le capitalisme dans sa phase néolibérale, impérialiste et militaire, contre le racisme et le patriarcat.


Du 21 au 23 janvier 2010, à Sao Paulo, différents mouvements sociaux qui participent depuis plus ou moins longtemps à l’AMS, se sont réunis en séminaire afin de faire le point sur la nouvelle conjoncture internationale, mais aussi et surtout de voir comment organiser les différentes forces en présence et mieux les articuler afin de renforcer les luttes au niveau mondial. Les débats sur la conjoncture ont mis en exergue la gravité et le caractère multidimensionnel de la crise systémique qui s’impose en ce moment principalement par la militarisation et par la criminalisation des mouvements sociaux.


Au niveau de la stratégie d’action, la décision la plus importante a sans doute été de travailler à la réalisation d’un prochain séminaire de l’assemblée mondiale des mouvements sociaux en Afrique, plusieurs mois avant le FSM 2011 qui aura lieu à Dakar en janvier 2011. L’objectif est double. Premièrement, il s’agit de renforcer la communication et la coordination au niveau du continent africain, tout en gardant une perspective mondiale, puisqu’il s’agira bien d’une réunion internationale avec la présence de mouvements sociaux africains, américains, asiatiques et européens. Ensuite, il s’agit de dynamiser la mobilisation pour le prochain forum Social Mondial, et de faire en sorte que ce Forum ait un impact concret positif pour les mouvements sociaux et les luttes africaines.


[1] Pour plus d’infos sur le CADTM : www.cadtm.org

[2] Pour plus d’infos sur le bilan du FSM de Nairobi, voir http://www.cadtm.org/Forum-Social-Mondial-de-Nairobi et http://www.cadtm.org/Contribution-collective-aux-debats

[3] Le FSM est né en janvier 2010 au Brésil. Cinq Forums sociaux mondiaux y ont été organisés (2001, 2002, 2003, 2005 et 2009). Le secrétariat international du FSM est localisé au Brésil. Quant à l’Italie, c’est le pays où entre 2001 et 2003 le mouvement altermondialiste a organisé les plus grandes manifestations (en commençant par Gênes en juillet 2001 avec 500 000 manifestants contre le G8, le premier Forum social européen en novembre 2002 avec 60 000 délégué et une manifestation de 150 000 personnes, et les mobilisations contre l’Otan, contre la guerre en Afghanistan et en Irak entre 2001 et 2003).

[4] Prodi, ex président de la Commission européenne, a dirigé un gouvernement (avec notamment la participation des Démocrates socialistes et du Parti de la Refondation Communiste auxquels une grande partie des leaders du Forum social italien était liée) qui a mené une politique sociale libérale et a maintenu la présence de l’armée italienne en Afghanistan. Cela été suivi d’une déroute électorale de la gauche où les deux partis cités plus hauts ont été « laminés ».

[5] « La Rencontre internationale de partis de gauche, tenue à Caracas les 19, 20 et 21 novembre 2009, après avoir reçu la proposition du Commandant Hugo Chávez Frías de convoquer la Ve Internationale socialiste en tant qu’instance des partis, courants de socialistes et mouvements sociaux du monde entier, où nous pourrons harmoniser une stratégie commune de lutte anti-impérialiste, dépasser le capitalisme par le socialisme et l’intégration économique solidaire d’un nouveau genre, décide de valoriser ladite proposition au vu de sa dimension historique qui propose un nouvel esprit internationaliste » http://www.psuv.org.ve/files/tcdocumentos/engagement.caracas.pdf

[6] Zetnet a lancé un appel international pour une cinquième internationale qui recueille un certain succès. Voir en anglais et espagnol seulement : http://www.zcommunications.org/newinternational.htm

[7] Voir Eric Toussaint « Du coup d’Etat au Honduras aux sept bases US en Colombie : la montée de l’agressivité de Washington » www.cadtm.org/Du-coup-d-Etat-au-Honduras-aux

[8] Pour lire la déclaration et voir les organisations signataires : http://www.cadtm.org/America-Latina-y-el-Caribe-una

[9] web: http://cmpcc.org/

[10] Pour lire la Charte des principes du FSM : http://www.forumsocialmundial.org.br/main.php?id_menu=4&cd_language=3

[11] Selon une étude réalisée par la Columbia Law School en 2007, les 5 principales sociétés transnationales brésiliennes en termes d'actifs à l’étranger en 2006 sont Companhia Vale do Rio Doce, Petrobras SA, Gerdau SA, EMBRAER et Votorantim Participacoes SA. L'étude met en évidence le fait que le Brésil, grâces à ses transnationales, est le deuxième investisseur parmi les pays en développement en termes de flux d'investissements directs étrangers en 2006. En outre, les 20 principales transnationales brésiliennes ont des actifs à l’étranger d’une valeur de 56 milliards US $, ce qui équivaut à plus de la moitié du stock d'IDE du pays à l'extérieur. Ce top 20 produit et vend des biens et des services d'une valeur d'environ 30 milliards US $ à l'étranger et emploie 77.000 personnes. Environ la moitié se concentre sur leur région, l'Amérique latine. http://www.law.columbia.edu/media_inquiries/news_events...

[12] Depuis 2004, la MINUSTAH (Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti) sous commandement militaire brésilien occupe Haïti. La plupart des mouvements sociaux de gauche haïtiens exige le retrait de cette force militaire qui avant le tremblement de terre était composée d’un peu plus de 7000 soldats dont 1282 brésiliens. http://www.un.org/en/peacekeeping/contributors/2009/feb09_5.pdf

[13] Créée en 1943 afin de protéger les navires dans l’Atlantique sud, cette structure avait été abolie en 1950. Elle a repris officiellement du service le 1er juillet 2008.

[14] Ruy Mauro Marini, Subdesarrollo y revolución, Siglo XXI Editores, México, (quinta edición) 1974, capítulo 1, p. 1-25. La plupart de ses écrits sont disponibles en ligne: http://www.marini-escritos.unam.mx/

[15] PCdoB : Parti Communiste du Brésil

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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 08:59
castelao2zq

Le 9 février 2010, la Cour constitutionnelle fédérale allemande a rendu public son jugement sur le système Hartz IV, la réforme de l'assurance chômage mise en place par le gouvernement de Gerhard Schröder (1998-2005), qui reposait sur une coalition entre les sociaux-démocrates et les Verts.

Hartz IV avait consisté en deux points essentiels : d'une part, une réduction de la durée de versement des allocations de chômage (ramenée à 12 mois, au lieu de 36).

 D'autre part, la prestation versée aux chômeurs de longue durée (au-delà de 12 mois), qui se montait alors à environ 650 euros, avait été réduite à 345 euros à l'Ouest et 331 à l'Est.

Tout cela était accompagné de critères très choquants de vérification de la « fortune » des chômeurs. Ainsi le fait de posséder une voiture, ou d'être locataire d'un appartement, était pris en compte. Si la valeur de celle-ci (ou le montant du loyer) dépassait un certain montant, l'allocataire devait la vendre (ou quitter son logement), s'il ne voulait pas voir ses allocations baisser.

Cela ne facilitait certes pas la recherche d'un travail ! Et une armée de contrôleurs pouvait venir fouiller jusque dans les salles de bains pour vérifier s'il n'y avait pas deux brosses à dents, preuve que le chômeur disposait donc d'autres sources de revenus...

Tout cela avait entraîné des protestations importantes, et en particulier une vague de manifestations au moment de la discussion de ces mesures à l'été 2004. La justice, elle, a attendu cinq ans avant de prendre position.

Les juges considèrent donc aujourd'hui comme trop peu transparent le calcul des allocations aux plus démunis, dont dépendent plus de 6,7 millions de personnes, dont 1,7 million d'enfants. Et ils estiment que le barème des aides Hartz IV est « incompatible avec l'article 1, paragraphe 1, de la Loi fondamentale - qui tient lieu en Allemagne de constitution - qui garantit le droit à une existence digne ».

Les autorités doivent donc revoir le dispositif des aides d'ici la fin décembre 2010. Aussitôt des politiciens, comme le ministre des Finances Wolfgang Schäuble, ont dénoncé le coût que cela représenterait pour le budget et affirmé qu'une augmentation des aides risquait de dissuader les chômeurs d'accepter n'importe quel emploi !

 Ils ont oublié de préciser qu'en 2009, si l'État dit avoir déboursé 45 milliards d'euros au titre de Hartz IV, il a fourni 650 milliards d'aides et de garanties de tous ordres pour sauver les banques de la déroute financière qu'elles ont elles-mêmes engendrée.

D'autres estiment tout simplement que le jugement de la Cour constitutionnelle n'implique pas une augmentation des prestations, mais devrait conduire à « une meilleure prise en compte des besoins » des bénéficiaires. Autrement dit, le gouvernement devrait choisir un nouvel angle d'attaque... quitte à ce qu'il soit jugé inconstitutionnel dans cinq ans.

Henri MARNIER
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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 08:54
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Najlae, 19 ans, est élève dans un lycée professionnel près d'Orléans. Elle a fui le Maroc en 2005, pour échapper à un mariage arrangé, décidé par son père. Elle s'est réfugiée chez son frère dans le Loiret, un frère violent qui la maltraite. Mardi 16 février, après qu'il l'a violemment tabassée parce qu'elle a osé fumer, elle se réfugie chez la mère d'une amie.

Jeudi, elle dépose une main courante au commissariat de Montargis. Vendredi, le visage et le corps couverts d'hématomes, elle porte plainte à la gendarmerie de Château-Renard, près d'Orléans. Des gendarmes l'accompagnent à son domicile et récupèrent son passeport. À 15 h 30, elle est placée en garde à vue. En fin de soirée, elle est conduite en rétention. Le lendemain, samedi 20 février, à l'aube, elle est transférée vers Orly. Elle est expulsée et, en fin de matinée, un avion la débarque à Casablanca.

Quelle diligence dans l'ignominie ! Les mots manquent pour qualifier la saleté de toute cette affaire, la bassesse des responsables de la gendarmerie, de ce préfet dont l'attention n'a pas été retenue par les traces de violences sur le corps de la jeune fille mais... par son statut de « sans-papiers ». Une saleté encore renforcée par la mise en garde des gendarmes à la mère de l'amie chez qui Najlae s'était réfugiée : « Recueillir des personnes en situation irrégulière peut vous amener à des poursuites. Nous vous le disons à titre indicatif. »

Au soir de son élection Sarkozy déclarait : « Je veux lancer un appel [...] à tous les enfants et à toutes les femmes martyrisées dans le monde pour leur dire que la France sera à leurs côtés, qu'ils peuvent compter sur elle. » Et quelques mois plus tard, il réitérait : « À chaque femme martyrisée dans le monde, je veux que la France offre sa protection, en lui offrant la possibilité de devenir française. »

On constate aujourd'hui qu'il se fichait du monde.

Quoiqu'il en soit Najlae doit revenir en France et pouvoir reprendre ses études au lycée. Il y va de sa vie.

Sophie GARGAN
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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 08:49
parents d'eleves

Deux semaines de mobilisation, un acquis : notre cohésion


Au lycée Chérioux de Vitry-sur-Seine, après la réaction à l'agression d'un élève le 2 février et deux semaines de mobilisation pour obtenir le doublement des assistants d'éducation, les cours n'ont repris totalement que le 17. Ces deux semaines ont été édifiantes pour la petite centaine d'enseignants qui sont restés déterminés à ne pas reprendre les cours sans que rien ne change.

D'une part, beaucoup ont pris conscience du cynisme du rectorat et du ministère, qui ont reconnu que les moyens humains que nous revendiquions étaient légitimes, mais qu'il n'était pas question de faire un précédent et de voir des dizaines d'établissements mobilisés sous leurs fenêtres.

 Côté cynisme, ils se sont acharnés à proposer des postes de « médiateurs de la réussite », qui ont des contrats de vingt heures, payés au smic, d'un an renouvelable une fois, plutôt que des assistants d'éducation qui sont à 35 heures et ont des contrats pouvant aller jusqu'à six ans. Là aussi, cela en a édifié plus d'un : pour rectorat et ministère, il n'est pas question de créer des postes durables et qui leur coûtent plus cher.

Ils ont aussi, il est vrai, provoqué des crises de rire, par exemple lorsqu'ils ont proposé de nous envoyer un DRH censé nous aider à gérer les difficultés du lycée. D'après ce monsieur, le lycée Chérioux serait ainsi devenu « un laboratoire des nouvelles techniques de management dans l'Éducation nationale, importées de l'étranger ».

 Autre moment mémorable, de colère cette fois, quand le ministre Luc Chatel est sorti de la salle où il nous avait reçus pour que l'on continue à négocier avec ses collaborateurs... pendant que lui-même donnait sa conférence de presse affirmant que le ministère maintenait ses propositions initiales.

Après deux jours de mouvement, le rectorat avait accordé six médiateurs et deux postes d'assistants d'éducation sur les onze que nous réclamions. Mais la détermination à ne pas s'en contenter s'est manifestée jour après jour. Et il a fallu encore dix jours pour obtenir deux assistants d'éducation supplémentaires, confirmant ainsi que nous avions eu raison de poursuivre la lutte.

Ces quatre postes - qui ont tout de suite été pourvus - sont insuffisants pour assurer l'encadrement nécessaire, mais ils permettront dès la rentrée des vacances de février d'ouvrir enfin des salles de permanence surveillées dans chacun des bâtiments. De plus, nous avons obtenu que la rénovation de l'établissement - dont les plus anciens entendent parler depuis vingt-cinq ans ! - soit enfin confirmée par la région. Le temps de cette rénovation, qui va durer cinq ans, celle-ci s'est également engagée à installer des bâtiments provisoires. Ils serviront de foyer aux élèves qui n'ont aucun lieu couvert et confortable lorsqu'ils ont un trou dans leur emploi du temps.

Mais surtout beaucoup se réjouissent du mouvement en lui-même. Il a radicalement changé une ambiance qui, du fait de la dégradation des conditions de travail et du manque de réaction collective, était devenue parfois insupportable. Ces deux semaines ont permis de se connaître, fait disparaître des tensions, créé une cohésion. Les élèves aussi voient différemment les enseignants, certains n'en revenant pas que l'on se soit battu pour eux. Le lendemain de la reprise des cours, le mouvement a d'ailleurs été fêté autour d'un couscous géant... et tout cela donne des forces pour l'avenir.

Correspondant LO
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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 08:47
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Le jeudi 18 février a eu lieu à Paris la dernière manifestation des enseignants, avant les vacances scolaires de la zone. Quelque 5 000 enseignants de l'académie de Créteil se sont de nouveau retrouvés dans la rue pour crier leur colère contre les 16 000 suppressions de postes programmées pour la rentrée prochaine, alors qu'il est prévu d'accueillir 45 000 élèves supplémentaires dans le pays. Cette manifestation a rassemblé trois fois plus de grévistes que lors des manifestations précédentes, les jeudi 11 et mardi 16 février.

La grève s'était étendue non seulement dans les collèges et les lycées du second degré, touchant plus d'une centaine d'entre eux, mais également dans le premier degré, puisqu'elle a touché près de quatre-vingts écoles dont de nombreuses ont dû être fermées.

Une manifestation réussie devant le ministère...

La manifestation a été un franc succès : elle reflétait la diversité du mouvement et le caractère spontané d'une grève partie de la base, avec ses banderoles fabriquées à la hâte, ses slogans repris en chœur, ses chansons contre le ministre, sa bonne humeur et sa colère.

La banderole de l'assemblée générale des grévistes d'Ile-de-France, en tête à côté de celles des organisations syndicales, rappelait l'une des principales revendications de la grève : « Non aux suppressions de postes, non aux réformes ». L'un des slogans les plus populaires parmi les professeurs en grève, mais aussi parmi les lycéens présents, étaient : « Chatel, voleur ! Rends-nous nos postes ! », ou encore « Chatel, retourne chez L'Oréal ! On veut pas d'une école libérale ! » (Chatel étant un ancien DRH de chez L'Oréal). Enfin, dernier slogan très repris « Il nous faut 80 000 postes, du personnel et des formations ! » Et la chanson emblématique du mouvement, « Casse-toi Chatel », était reprise en chœur par les grévistes, voire fredonnée... par certains responsables syndicaux !

Jeudi 18 au soir, de nombreux grévistes envisageaient de reconduire le mouvement lors de la rentrée scolaire de l'académie de Créteil, le 8 mars prochain, espérant qu'entre-temps la réussite de la journée de grève et de manifestation entraînera la mobilisation des autres académies qui ont repris les cours à la fin de leurs périodes de congés.

... grâce aux « équipes mobiles de grève »

Depuis que le mouvement a démarré, le lundi 1er février, dans le collège et le lycée Henri-Wallon d'Aubervilliers, sur la base d'un ras-le-bol des conditions de travail qui se dégradent, des suppressions de postes qui se multiplient tous les ans, de la précarité qui s'installe à tous les niveaux de l'Éducation nationale, de nombreux enseignants ont perçu que la force de ce mouvement a été de partir de la base, d'être contrôlé par les grévistes qui, réunis en assemblées générales, ont organisé depuis le début son élargissement.

Par groupes de dizaines de grévistes, les « équipes mobiles de grève » se sont mises en place par établissement, par quartier, par ville. Tel professeur gréviste qui possédait un contact dans un autre établissement appelait un collègue, lui demandait d'organiser un petit comité d'accueil pour discuter avec dix, vingt, parfois trente grévistes venus du lycée d'à côté ou d'un peu plus loin. Tel autre organisait une visite dans son ancien lycée, en banlieue ou sur Paris.

C'est ainsi que la grève a fait tache d'huile. Le parti pris des grévistes de s'adresser aux autres collègues, du primaire comme du secondaire, avec des revendications unificatrices refusant les suppressions de postes, la précarité, et réclamant en même temps une embauche massive de personnel, a fait de ce mouvement naissant un mouvement compris et bien accueilli par les élèves, les parents d'élèves et la population, comme l'ont montré les nombreux gestes de solidarité à l'égard des grévistes.

De deux établissements scolaires mobilisés le 1er février, la grève en a touché 12 le 4 février, 45 le 9 février, 90 le 11 février et près de 180 le 18 février. La première manifestation a regroupé 200 grévistes, et la dernière, avant les vacances scolaires, près de 5 000 ! C'est un succès et un gage pour l'avenir, même si ce mouvement reste encore fragile et minoritaire au regard des établissements scolaires concernés par les revendications nationales qu'il porte.

Les organisations syndicales de l'enseignement appellent à une journée de grève nationale le vendredi 12 mars. Les grévistes sont conscients que, pour changer le rapport de forces pour contrer les mauvais coups du gouvernement, il faudrait que le mouvement se renforce dans les semaines à venir, s'étende et passe le cap d'une simple journée de grève nationale. Rendez-vous donc à la rentrée.

Correspondant LO
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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 08:40


La septième semaine de grève et de mobilisation des travailleurs de Total-Dunkerque contre la fermeture de la Raffinerie des Flandres a été marquée par l'extension du mouvement aux cinq autres raffineries du groupe Total en France.

Le 23 février, la CGT et les autres syndicats, Sud excepté, ont annoncé qu'ils appelaient à cesser le mouvement entamé à l'échelle nationale, mais le lendemain les travailleurs de Dunkerque ont voté sa poursuite. En effet Total a déclaré garantir durant cinq ans la pérennité de ses raffineries françaises, Dunkerque exceptée, ce qui revient à confirmer la fermeture de celle-ci.

L'appel des principaux syndicats et en particulier de la CGT, en interrompant un mouvement de solidarité à l'échelle de toutes les raffineries du groupe, laisse donc pour le moment les grévistes de Dunkerque seuls face à la direction.

Durant toute la semaine, les travailleurs des autres sites se sont montrés solidaires. Ils savent parfaitement que leur tour pourrait venir si Total maintient ses plans de raffinage. Ils se sont donc mobilisés par avance et tous ensemble.

Pour les grévistes de Dunkerque, cela été un soutien extrêmement important qui a renforcé leur détermination. De plus, la CGT avait décidé d'appeler deux raffineries d'Exxon-Mobil à rejoindre la grève car les mêmes menaces planent sur elles.

Total a un double langage avec la complicité du gouvernement. D'un côté, le directeur général, de Margerie, affirme que tous les 370 emplois Total de Dunkerque et ceux des 450 sous-traitants seront conservés dans le cadre d'une politique industrielle. De l'autre, lors de la réunion du dimanche 21 février, il n'a été question que de table ronde sur le raffinage, le bassin d'emploi de Dunkerque et la garantie d'un emploi chez Total, c'est-à-dire avec peut-être une mutation.

Les grévistes ont été satisfaits de voir le Comité central d'entreprise prévu le 29 mars, au cours duquel la direction devait donner son plan pour Dunkerque, être avancé au 8 mars. Mais pour les travailleurs en grève, il n'y a qu'une seule perspective : faire le grand arrêt prévu pour mars. Cette révision générale de la raffinerie est la condition même de la poursuite de son existence. La direction a déjà dépensé en achat de matériels 85 des 100 millions prévus pour ce grand arrêt qui emploiera jusqu'à 4000 personnes sur le site. Tout est donc prêt.

Quant aux projets de remplacement évoqués précédemment (centre d'assistance technique, école de formation, participation au terminal pétrolier avec EDF), la direction n'en parle même plus, ce qui montre le peu de sérieux de ses propositions !

Bien sûr, la direction de Total prétend qu'elle perd de l'argent avec le raffinage et qu'elle doit s'adapter à un marché excédentaire. Mais, même si c'est vrai, ce n'est certainement pas une raison pour supprimer jusqu'à 800 emplois à Dunkerque.

Elle a tout de même fait plus de 8 milliards de profit en 2009 et 56 milliards durant les cinq dernières années. Elle a l'argent nécessaire pour garantir les emplois, même si elle doit réduire un peu les profits distribués aux actionnaires. Ils n'en mourront pas. Mais les travailleurs, s'ils perdent leur emploi, eux, se retrouveront dans une situation insupportable.

Serge VIARD
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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 08:36
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Alternative Libertaire (AL), Les Alternatifs, Fase, Nouveau PartiAnticapitaliste (NPA), Parti de Gauche ( PG), Parti Communiste Ouvrier de France (PCOF).


Nicolas Sarkozy a confirmé son obstination à de réformer le système des retraites, lors du troisième sommet social qui s'est réuni le lundi 15 février. Même si le contenu de cette contre-réforme n'est pas encore connu, différentes pistes de régression sont dessinées. En particulier, les deux plus importantes sont l'allongement de la durée de cotisation et le recul de l'âge légal du départ à la retraite.


A cela s’ajoutent de nombreux coups portés aux droits du plus grand nombre : le passage de un million de personnes en « fin de droits » dont sont victimes les chômeurs et les précaires et qui les laissent sans ressource ; une réduction des effectifs de la Fonction publique et en particulier de l'Éducation nationale, immense plan social public ; la chasse aux personnes sans-papiers, familles et salariés ; la multiplication des fermetures d’entreprises de grands groupes qui font des profits immenses (Philips à Dreux, Total à Dunkerque) ; la poursuite de la contre-réforme Bachelot qui liquide des hôpitaux,


Sur tous ces fronts, des résistances se développent, comme celles des ouvriers de Total, des travailleurs et travailleuses sans-papiers en lutte pour leur régularisation, des enseignants, élèves et parents…

S'agissant des retraites, les signataires refusent ces nouvelles attaques annoncées contre les salariés et la population pour leur faire payer les frais de la crise. Les pensions de retraite sont déjà si basses ! Le recul de l'âge légal de départ ou l'allongement de la durée de cotisation aurait comme autre conséquence, notamment compte tenu de la situation globale de sous-emploi, la baisse du niveau des pensions, ce qui est inacceptable.


Alors que la productivité n’a jamais été aussi forte et que le temps de vivre aussi hors travail est une avancée considérable de civilisation.
Nous défendons le départ à la retraite à 60 ans à taux plein. D'autres choix sont possibles pour assurer le financement des pensions pour l'ensemble des salariés. Ils nécessitent une autre répartition des richesses en prenant sur les revenus du capital qui se sont accumulés au détriment de l’emploi et de la rémunération du travail.


Le débat sera lancé officiellement par le gouvernement de droite en avril pour déposer un projet de loi en septembre prochain ; d'ici là, il faut organiser les résistances.
Les organisations syndicales annoncent une journée de grève et de manifestation le mardi 23 mars. Nous la soutenons pleinement et ferons tout pour qu'elle soit une réussite.

A l'initiative de la fondation Copernic et d’ATTAC, un cadre unitaire a commencé à se réunir pour envisager les alternatives à construire. Nous y prenons toute notre place et appelons toutes les organisations politiques et sociales de gauche à s'y investir, à l’exemple de ce que nous avons réalisé pour la Poste afin de mener une campagne à la hauteur des enjeux.

Nous en appelons à l’ensemble des salariés et de la population pour en faire une grande démarche populaire et citoyenne.

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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 09:59

Communiqué NPA:


Que Bernard Poignant se rassure, derrière les deux noms qu’il « ne nomme pas », il y a beaucoup d’autres citoyens et électeurs qui n’en peuvent plus de sa politique socio-libérale.


Que ce soit les écoles ou l’eau, B. Poignant tourne le dos à la démocratie et à des solutions progressistes, justes et rompant avec les directives de la politique de Sarkozy pour les écoles et le monopole des grands profiteurs de l’eau, ressource naturelle.


A quoi cela sert-il d’agiter l’épouvantail de l’extrême gauche, de jeter l’opprobre sur des militants qui ont le seul tort d’exercer leur droit de citoyenNE et de ne pas être en accord avec la pensée unique … de B. Poignant.


Sommations ? Le terme est un peu fort et un peu guerrier ! D’ailleurs, il semble bien que parmi les colistiers du Maire, tous ne sont pas d’extrême gauche et pourtant nombres sont ceux qui sont troublés par sa méthode à propos de la fermeture des écoles et se sont prononcés aussi pour le retour de l’eau en régie publique.


Alors, restons calmes et surtout ne lâchons rien.

P° le NPA, Janine Carrasco, candidate de la liste VraimenTA Gauche conduite par Laurence de Bouard

Commentaires postés sur le site d'Ouest france

Navrant

de Laurent | mercredi 17 février 2010

M. Poignant tenterait-il de discréditer le mouvement de contestation en prétendant que deux personnes qui y seraient liées figurent sur des listes «d’extrême gauche» (OF du 16-02-2010) ?En tant que parent d’élève, défendant l’école du Petit Parc, et au-delà le service public, je n’apprécie pas du tout être assimilé à cette mouvance dont je ne fais pas partie et encore moins qu’il soit supposé qu’elle nous manipule.M. Poignant nous a rappelé, lors de ses voeux, que 67 % des Français ne faisaient plus confiance à leurs élus. Est-ce par ce genre de déclaration qu’il compte rétablir la confiance ? Qu’il continue comme cela et nous arriverons bientôt à 68 %.Ce n’est pas le FN ou quelques porteuses de burqa qui menacent la République, mais bien l’abstention, conséquente au mépris consenti par certains élus à l’égard des citoyens.

D’extrême-gauche, dites-vous ?

de Diane | mercredi 17 février 2010

Le maire dans un article d’OF d’hier accuse les parents engagés dans la défense des trois écoles menacées de fermeture, d’être de dangereux activistes d’extrême-gauche ! Les bras leur en tombent… Il ne manquait plus que cet argument fallacieux et nauséabond pour rendre encore un peu moins crédible la parole du maire sur cette question totalement dénuée de couleur politique. Le sondage grandeur nature que les parents et enseignants concernés effectuent chaque jour depuis décembre dans leurs quartiers, dans la rue, etc. le prouve : l’écrasante majorité des Quimpérois ne veut pas d’un centre-ville vidé de ses écoles, et se prononce pour des petites écoles de proximité. Le problème est très simple. Que le maire tente de le transposer sur un terrain de politique politicienne est non seulement absurde, mais surtout méprisant et arrogant à l’égard de la mobilisation citoyenne, fédératrice et bon enfant qui s’est spontanément organisée contre ce projet. Il ne s’agit que de sauver des écoles publiques, pas de faire la révolution.

Fermer des écoles, c’est la République qu’on ferme

de Mathieu | mercredi 03 février 2010

Les instits n’en peuvent plus. Des petites écoles de villes autour de Quimper comptent déjà des classes à 38 élèves. […] Vous ne pourrez pas accuser l’instit de faire du mauvais boulot car il est débordé, fatigué et dégoûté. Des enfants en difficulté sur Quimper, il y en a. Des parents qui comptent sur la SEULE psychologue de la ville, il y en a. Mais comment voulez-vous qu’elle fasse son travail correctement avec tous les enfants ? Pour avoir des résultats corrects il faudrait diminuer les effectifs à 15-20 par classe. Payer des postes d’assistantes de maternelle ou de primaire. JE sais, dans quel monde je vis ? Peut-être le vôtre.

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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 09:48
mercredi 24 février 2010

Beaucoup de monde, hier soir, dans plusieurs villes du pays, pour s'opposer au départ à 67 ans, au lieu de 65 ans. La fin d'une trêve sociale de six ans pour le gouvernement de José Luis Zapatero.

Un temps froid et humide, mais de la bonne humeur, hier soir, dans les rues de Madrid ou de Barcelone. Des vieux et des jeunes par milliers, descendus à l'appel des deux grands syndicats espagnols, la Commission ouvrière (CCOO) et l'Union générale des travailleurs (UGT).

« Voler les vieux, c'est obscène ! », chantaient les uns. « Grève générale ! », scandaient les autres, sous la bannière du syndicat indépendant Codaf. Vent debout, tous, contre le projet du gouvernement socialiste de reculer l'âge du départ à la retraite de 65 à 67 ans.


Fin de la lune de miel syndicats-gouvernement


Car trop c'est trop ! Restés relativement calmes depuis l'avènement du gouvernement socialiste, malgré la crise, les syndicats ont décidé de mettre fin à la lune de miel avec le gouvernement espagnol. En agitant le spectre de la mobilisation sociale, tellement crainte par l'exécutif, les syndicats espèrent convaincre le gouvernement de revenir sur son impopulaire projet.


Une proposition faite une semaine après l'annonce d'un plan d'austérité de 50 milliards d'euros en trois ans, visant à ramener le déficit public à 3 % du PIB en 2013 contre 11,4 % en 2009, sous la pression de Bruxelles. Et alors que le taux de chômage dans le pays flirte avec les 19 %.


Dans le défilé à Madrid, mais aussi à Barcelone, Valencia, Alicante ou Oviedo, outre les retraites, la question de l'emploi était aussi dans les têtes et dans les chants. Et ce sera sans doute encore le cas lors des prochaines manifestations qui animeront, jusqu'au 6 mars, les villes espagnoles.

Le gouvernement, très surveillé notamment par les marché financiers, pliera-t-il face à la rue ? Ou campera-t-il sur sa fermeté pour mettre en oeuvre toutes ses réformes ? Les manifestations d'hier font figure de test.


Dimanche, le ministre du Travail, Celestino Corbacho, a voulu prévenir : l'allongement de la durée du travail est incontournable au vu des prévisions statistiques. Car, si les tendances démographies se confirment, près d'un Espagnol sur trois sera âgé d'au moins 65 ans d'ici à 2049, le double de la proportion actuelle. De son côté, lundi, José Luis Zapatero a tempéré. Il aspire à un « consensus national ».


 

Avec Isabelle BIRAMBAUX (à Madrid).


Note du blogueur:

C'est assez amusant de voir comment on essaie de faire rentrer la réalité de l'Espagne dans nos peites boites bien françaises où tout est "français" et "national". A Barcelone, les citoyens espagnols sont catalans. La preuve tous ces drapeaux catalans (pas de rouge, dommage! quoique tous ces drapeaux catalans soient tenus par des "rouges").
Le NO c'est " a la jubilacio als 67 anys" catalanes et pas " a la jubilacion a los 67 años" espagnoles.
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diapo prisonnier palestine

Soirée prisonniers palestiniens

AFPS Brest

mardi 16 avril

20H30

Maison des syndicats

 

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Quimper Gourmelen

Rassemblement

vendredi 19 avril

8 h 45


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Fermez Cofrents

(pays Valencian)

 

 

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  Concert à Lannion

 

no nuk

 

Dimanche 28 avril

Brennilis

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Mardi 7 mai

 Yves-Marie Le Lay,

Président de

Sauvegarde du Trégor

  Douarnenez

Librairie l'Ivraie à 20h00

 

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st nnonon

 

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