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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 09:06

22 février 2010 à 18h02 (Le Télégramme)


L'Unef vient de publier une étude portant sur les règles d'examens des universités françaises. L'organisation étudiante dénonce 12 établissements "hors-la-loi" et pointe du doigt 38 pôles d'enseignements supérieurs accusés de "mauvaises pratiques".


Brest en fait partie. En cause : l'absence de compensation annuelle des notes.


Les règles encadrant la tenue des examens et les modalités d'obtention d'une année universitaire ne sont pas identiques partout en France. L'Unef, association étudiante, regrette cette diversité. Elle crée "des inégalités et des injustices"  sur le territoire, explique Thierry Lecras, vice-président de l'organisation.

Onze universités sans rattrapage


Onze universités françaises seraient- même "hors-la-loi". Avignon, Toulouse-I, Bordeaux-I, Poitiers, Montpellier-II, Nîmes, Montpellier-III, Angers, Aix-Marseille-III, Rouen et la Réunion n'organisant pas de session de rattrapage. L'Unef demande à Valérie Pécresse "faire rentrer ces universités dans la légalité" ou menace de saisir le tribunal administratif. 

Brest dans le club des 38


L'organisation étudiante" s'inquiète également des "mauvaises pratiques" de 36 des 83 universités françaises. Brest fait partie de cette liste noire. Pourquoi ? "Parce que la compensation annuelle des notes n'est pas appliquée", explique Thierry Lecras. Comme dans 40 % des universités du territoire.

En cause : la compensation annuel des notes


La compensation annuelle des notes permet à un étudiant de valider son année grâce à sa moyenne générale. Exemple : s'il obtient 8 de moyenne au premier semestre et 12 au second, il ne redoublera pas. Sans ce système, il doit repasser certaines matières avant d'obtenir son diplôme ou son sésame pour l'étape supérieure. 

Un simple appel à Valérie Pécresse


L'Unef mène ce combat parce qu'elle considère qu'un "examen ne doit pas être une sanction mais doit permettre la progression de l'étudiant". Thierry Lecras souhaite également une harmonisation des règles pour supprimer les inégalités. C'est un appel à Valérie Pécresse. Aucunement contraignant. Les universités ayant gagné en autonomie dans ce domaine depuis la réforme LMD de 2002, rappelle Thierry Lecras. 

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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 09:04
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 08:31


V endredi 16 octobre, Jacques Auxiette, président PS de la région Pays-de-Loire, ouvre la campagne des régionales pour le PS à Rezé, près de Nantes. Les militants de l’Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport (Acipa) ne peuvent manquer ce premier meeting. Ils sont cinq avec une banderole. Le service d’ordre PS ne fait pas dans le détail : les militants sont saisis, violemment expulsés de la salle, injuriés et traînés par terre1.


Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (NDLL) est une vieille lubie productiviste : De Gaulle voulait cet aéroport dans les années 1960 pour y faire décoller le Concorde vers les Amériques. Mais le projet a été relancé dans les années 1990, sous la « tendre férule » du député maire PS de Nantes, Jean-Marc Ayrault.

Pourtant, Nantes a déjà un aéroport, au sud, avec une piste accueillant 2 millions de voyageurs annuels alors que sa capacité est de 6 millions.


Semaines de résistance


Il y a pourtant une potion magique que notre député-maire ne peut plus goûter : la résistance des villages concernés par le projet d’aéroport, menée par l’Acipa.


Depuis la semaine de résistance et le camp Climat d’août dernier, réunissant les partis de la gauche radicale, l’université d’été des objecteurs de croissance et plus de 500 participants au camp climat, l’opposition au projet fait parler d’elle jusque dans les colonnes de la presse nationale. Un coup de projecteur que n’ont pas apprécié Ayrault et Auxiette, mais également nos camarades productivistes du PCF 44. Jusqu’à mars 2010, ce sont des semaines de résistance qui s’ouvrent pour les opposants au projet.

Ayrault rameute les troupes et sort les lapins du chapeau.


Il confirme la disparition en 2015 de l’aéroport actuel et défend celui de NDDL avec l’argument « vert » de la fin de l’étalement urbain : l’actuel aéroport deviendra alors une ressource foncière pour la construction immobilière.

Ayrault lance la grande offensive sur le thème du rapprochement avec les grandes capitales bretonnes et surtout Rennes : l’aéroport de NDDL est décrit comme la clef de voûte de la création d’un grand pôle européen, compétitif et innovant.


Ménagement du territoire


Les conséquences du futur aéroport, outre la disparition d’un bocage remarquable et de l’agriculture locale, seront bien l’étalement urbain autour des axes routiers qui accompagneront la construction de l’aéroport, un développement des zones industrielles incontrôlé et la multiplication des pôles de compétitivité, qui nuiront par ailleurs à l’économie de l’ouest de la Bretagne. Nous sommes dans la droite ligne du projet ultralibéral européen d’aménagement de l’espace communautaire, basé sur la concurrence entre les régions.


Le combat mené par l’Acipa a mis en lumière la question de l’aménagement du territoire : face à un projet faramineux (son impact est deux fois plus important que les grands aéroports européens qui drainent 15 millions de voyageurs), hors de coût (les 555 millions d’euros initialement prévus deviendront largement plus d’un milliard), Notre-Dame-des-Landes met en évidence la problématique de la planification écologique, de la portée réelle des besoins économiques et sociaux, de la concertation entre les habitants et les acteurs sociaux et économiques et les responsables politiques.

Personne n’est capable d’assurer que cet aéroport a un avenir. Il s’agit bien d’un coup de poker qui ruinera d’abord des milliers de citoyens. Alors oui, pour toutes et tous les militants du NPA, l’aéroport c’est NON


1. Les militants de l’Acipa, victimes des nervis du PS, ont déposé une plainte.

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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 08:29

Le gouvernement poursuit la libéralisation des services publics au détriment de l'intérêt général, des agents et fonctionnaires et des usagers. Le Services Public est non seulement le premier employeur, et notamment de précaires, mais il est également devenu le premier licencieur.

 

Les contre-réformes qui touchent l'hôpital, la poste, l'éducation, les systèmes de protection sociale et de retraites, EDF, la SNCF, les services de l'Insee, de la Météo, de l'Office national des forêts… répondent à une même logique globale et cohérente qui se répercute aux niveaux régional et local.

C'est dans le cadre du changement de mode de production et de consommation, d'un changement social, écologique et démocratique de la société, que se pose la question des services publics, non seulement de leur défense mais aussi de la création de nouveaux.


Ainsi dans le cadre des compétences (élargies en 2004) attribuées aux régions, nous développerons des services publics répondant à l'ensemble des besoins du plus grand nombre, des travailleur-e-s, des chomeur-e-s, des femmes tout en respectant les contraintes environnementales et écologiques :

> service public de la petite enfance avec ouverture de crèches et garderies publiques dans tous les quartiers des villes et zones rurales

> service public du 3ème age avec des maisons et des aides aux personnes

> soutien (retour ?) à un service public de distribution du courrier tel que la poste avec maintien de tous les bureaux de poste.

> dans le cadre du schéma régional de transport, développement du service public avec augmentation du maillage ferroviaire et mise en œuvre d'une réelle gratuité

> service public de santé prenant en compte toutes les problématiques de prévention (maladies infectieuses transmissibles, contraception) par la réalisation d'équipements sanitaires

> service public de l'environnement avec des réalisations écologiques (production-distribution de l'énergie, distribution de l'eau, dépollution) avec un pouvoir réel d'intervention et de sanction des pollueurs

Ces créations et développements de services publics nécessiteront des embauches et entraineront des décisons budgétaires qui mettraient en œuvre la récupération des subventions versées aux grands groupes qui licencient.

Nous remettrons les services publics et la fonction publique (territoriale) au centre d'une perspective sociale et écologique en interagissant avec l'ensemble des usagers et en soutenant les prises de décisons collectives au serrvice du plus grand nombre.

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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 20:42
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Nos candidats: Hubert Casel, Josette Brenterch, Estelle Tico, Michelle Le Roux, Alain Jolivet...
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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 10:45



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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 10:42



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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 10:39
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Pour conserver les retraites par répartition sans augmenter la durée de cotisations, des solutions existent.


Le grand débat sur la réforme des retraites est donc lancé. Quel contraste dans l’attitude des adversaires !


Le gouvernement, de Darcos à Sarkozy en passant par Fillon, pilonne la ligne rouge des 60 ans avec la volonté d’augmenter le nombre de trimestres nécessaire à l’obtention de la retraite pleine et entière. Leurs solutions auraient des conséquences claires : abaissement des pensions, aggravation des inégalités entre hommes et femmes, entre ceux qui pourront prendre des complémentaires via les compagnies d’assurance et ceux qui n’en auront pas les moyens, notamment parmi les jeunes.


En face, Hollande prend la relève d’Aubry : « Oui, il va falloir allonger la durée de cotisation en fonction de ce qu’on sait de l’espérance de vie. L’espérance de vie s’allonge, il faut allonger la durée de cotisation ».


Quant aux organisations syndicales CGT-CFDT-CGC-Solidaires-UNSA, elles déclaraient le 8 février : « elles exprimeront leur volonté que toutes les conditions soient créées pour un vrai débat. Nous sommes bien face à un choix de société. C’est notamment la question des solidarités intergénérationnelles qui est posée... n’accepteront pas une mascarade de concertation... ne se laisseront enfermer ni dans un calendrier ni dans un débat qui ne prendraient pas en compte l’ensemble des questions, notamment le niveau des pensions, l’emploi, le financement, la pénibilité. »


Croient-elles vraiment que c’est en discutant longuement et démocratiquement avec le Medef et ses porte-parole au gouvernement, qu’on empêchera les profonds reculs ?


Le mot « répartition », base du système actuel, n’est même pas prononcé ! Pourquoi ne pas affirmer nos revendications incontournables : retrait de toutes les réformes depuis 1993, âge de départ à 60 ans, 37,5 annuités de cotisations, taux de remplacement au moins égal aux 75 % du meilleur salaire net et au Smic ?


Quant aux moyens, contre la religion des profits, une seule exigence : déplacer le rapport profit/salaires des 10 % perdus en 20 ans vers les salaires. Augmentation de salaires et des cotisations patronales, suppression du chômage, régularisation des sans-papiers (pour lesquels les patrons ne payent évidemment pas de cotisations), voilà qui fournira l’essentiel.
Les confédérations préparent une journée de mobilisation le 23 mars.


Devant le rouleau compresseur du patronat et du gouvernement, cela ne suffira pas. Nous devons prendre en charge la contre-offensive contre les idées reçues et mettre en place dès maintenant un front unitaire dans les entreprises, dans les quartiers, afin de construire le rapport de forces qui seul peut empêcher un nouveau recul, dramatique, de société.


Robert Pelletier

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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 10:36

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L'annonce de Total de la fermeture de la rafinerie des Flandres a lancé une forte mobilisation de l'ensemble des salariés du groupe. Nous faisons le point avec Benjamin Desjardin, salarié à la raffinerie de Normandie à Gonfreville l'Orcher.


NPA: Peux-tu expliquer les raisons de la grève actuelle ?


« Depuis mercredi 18 février, les salariés des raffineries, centre de dépôts et des établissements de production de Total en France sont en grève en solidarité avec les collègues de la raffinerie des Flandres (à Dunkerque) avec arrêt total de la production de carburant depuis jeudi soir dans les raffineries.
Toute cette mobilisation a pour origine l’arrêt depuis septembre 2009 de la raffinerie dunkerquoise, suite à une supposée diminution des consommations françaises alors qu’on y fait parvenir des produits de l’étranger déjà raffinés.
Ils se sont mis en grève illimitée suite aux rumeurs médiatiques patronales en janvier sur la fermeture de la raffinerie dunkerquoise afin d’avoir des réponses de la direction générale.


Les autres raffineries se sont mises en grève par solidarité avec leurs collègues. Ils se sont donnés rendez vous à Paris au siège social le 1er février, le jour du CCE mais sans réponse claire de la direction et un calendrier lointain, malgré une forte mobilisation de milliers de salariés de Total de toute la France avec appui de ceux des entreprises dunkerquoises et d’Exxon. Suite à cela les salariés de dunkerque ont posé un ultimatum à la direction au 15 février pour redémarrer la raffinerie, sans quoi ils l’exécuteront eux même. Le mardi 16, ils ont donc investi le site malgré la présence de la police privée patronale en nombre qui a réussi à blesser quelques salariés, et les autres raffineries se sont mises en grève de 48 heures par solidarité.
De plus, le groupe Total a prévu également de fermer ou vendre des dépôts, ce qui a mené à une grève plus importante. »


NPA: Comment se déroule le mouvement ?


« Le mouvement de grève se passe dans un climat serein, malgré les pressions patronales et hiérarchiques habituelles sur les salariés gréviste. La grève est appuyée par l’intersyndicale CGT, FO, SUD et CFDT. Le syndicat des cadres CGC nous ayant abandonné, sans surprise. Les prises de paroles sont effectuées à chaque relève pour informer de la situation et consulter les salariés qu’ils soient en quart ou de journée. Les salariés sont toujours très nombreux à poursuivre le mouvement à chaque relève depuis le début de la grève. »


NPA: Comment vois-tu la suite du mouvement ?


« La balle est désormais dans le camp de la direction générale et leur silence ne fait que durcir le mouvement de grève totale.
Le ton s’est d’ailleurs endurci depuis jeudi soir à cause du mutisme face aux exigences fixées par les salariés de Total. De plus, à l’heure où je vous parle, les salariés d’Exxon, également inquiets de leurs avenirs, nous rejoindraient dès lundi dans le mouvement.
Il faut savoir que la discrétion de leur part n’est pas innocente, en effet, le gouvernement, à l’approche des élections régionales, fait pression afin qu’une réunion ne s’y tienne qu’après ces scrutins. On pourra craindre une forte recrudescence des suppressions d’emplois en général en France suite aux élections, et ce serait valable pour le groupe Total si nous ne nous sommes pas mobilisés en ce moment.
Les conditions fixées par la majorité des syndicats et par les salariés sont les suivantes :

  • Départ immédiat des vigiles du site de Flandre
  • Engagement écrit de la direction du groupe pour retraits des plaintes, aucune pression sur les salariés de Flandre et d’où que soient les salariés grévistes.
  • Dispositions pour permettre le maintien du contrat de travail Total en cas de cession.
  • Tenue d’une table ronde nationale sur l’avenir du raffinage et l’indépendance énergétique du pays (gouvernement).
  • Tenue d’une table ronde sur dunkerque pour la pérennité du site des Flandres et du bassin Dunkerquois. (réalisation du grand arrêt d’entretien prévu initialement en mars, redémarrage...)
  • Respect des IRP et du code du travail, et engagement sur un plan d’investissement pour l’ensemble des sites, donnant une vision claire de la stratégie de l’entreprise.
  • Obtention, au-delà des expertises au niveau français, d’une expertise européenne sur l’avenir du raffinage. »
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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 10:25

Raffinerie de Dunkerque


Par Julien Brygo (25 janvier 2010)


Le groupe Total envisage de fermer la raffinerie des Flandres, près de Dunkerque, pour délocaliser son activité en Arabie Saoudite. Laissés sur le carreau, les salariés bloquent l’usine depuis le 12 janvier et attendent dans l’inquiétude d’être fixés sur leur sort. Les élus locaux, impuissants, jurent qu’ils ne laisseront pas faire. Et Total fait miroiter aux salariés des reconversions dans les énergies renouvelables, tout en délocalisant ses émissions de CO2 pour augmenter ses profits et pouvoir polluer plus tranquillement.


Reportage.




C’est une petite brève parue dans Le Figaro qui a provoqué la colère des ouvriers. À Mardyck, dans le Nord, les 385 salariés de la raffinerie Total, les 450 entreprises de sous-traitance (soit plus de 600 travailleurs, dont beaucoup en intérim), ainsi que les ouvriers des usines situées autour de la raffinerie se sont pris un coup sur la tête. « Pour le moment rien n’est encore officiel, mais Total s’apprête à trancher pour sa raffinerie des Flandres, située à la périphérie de Dunkerque », écrit Le Figaro.


« Rien d’officiel » ? « Tout est prêt, l’usine est prête à être démontée. On nous a dit de finir nos dossiers et de cesser les projets », témoigne un ingénieur, loin de la raffinerie. Il confirme ainsi que des quatre hypothèses avancées par la direction (maintien du site, fermeture, mise en cocon ou transformation en dépôt), celle de l’arrêt définitif est plausible. « Ils veulent fermer la raffinerie des Flandres car elle n’est pas assez rentable. Il y a deux ou trois ans, les bénéfices étaient encore conséquents, mais avec la chute de la consommation d’essence, qui est bien réelle, le groupe perd de l’argent avec cette unité. » Produisant 7 millions de pétrole brut par an, celle-ci est la dernière construite en France, dans la foulée du premier choc pétrolier de 1973. La décision de Total sera prise le 1er février.


Le groupe Total, dont la raffinerie des Flandres était en « arrêt conjoncturel » depuis le 15 septembre dernier, a donc choisi le quotidien de Serge Dassault pour « tester » la réaction syndicale à une éventuelle fermeture de cette unité. Le lendemain de cet « indiscret », repris instantanément par l’AFP puis par les radios, les salariés de la raffinerie des Flandres entrent en grève. Ils sont suivis par les salariés de la quasi-totalité des six raffineries françaises de Total. Habituellement dociles, les salariés de Mardyck, syndiqués à moins de 20%, sont indignés par le « flou » dans lequel les patrons les laissent. 300 d’entre eux ont décidé le 13 janvier d’envahir des locaux de la direction. Ils n’auront droit qu’à de belles phrases : « la situation n’est pas simple et l’analyser prend du temps (…). Je me sens désemparé face à votre cri du cœur, mais non, je n’ai aucune réponse », leur a répondu Éric Guillotin, le directeur du site [1].


« Faire plus de fric, un point c’est tout. »


Les salariés savent que les réserves de pétrole diminuent, mais que l’« or noir » sera exploité pendant encore plusieurs décennies. Ils savent que l’avenir du raffinage en France est plus que jamais compromis. Ils savent aussi que le groupe Total a réalisé en 2008 des bénéfices records : 12,2 milliards d’euros. Le prétexte du « manque de marges » est assez difficile à digérer.


« En trente-cinq ans de travail ici, je n’ai jamais vu une direction aussi autiste », confie Didier Demuyter, l’ancien secrétaire de la CGT, aujourd’hui retraité. « Christophe de Margerie, directeur général de Total, est le financier de Desmaret : son objectif est de faire plus de fric, un point c’est tout. » Pour l’ancien syndicaliste, la décision de Total est directement liée aux futures taxes dont devront s’affranchir les groupes les plus polluants. « Total ne veut pas payer les taxes écologiques européennes qui lui tomberont bientôt dessus, comme la taxe carbone. L’entreprise préfère aller là où on extraie le pétrole brut et où les charges sont les moins élevées, pour conserver et augmenter ses marges. » Didier Demuyter déplore les effets indirects de cette fermeture pour le tissu économique local. « Ça aura un coût terrible pour la région. Total est extrêmement lié aux entreprises du coin et, mine de rien, l’entreprise finançait beaucoup de projets. Ça va faire mal au tissu économique mais aussi social [2]. » À Dunkerque, 20 000 emplois sont liés à cette industrie.


Lutte des classes et développement durable


« Il y a dix ans, on disait que Total faisait 7 à 8 milliards de bénéfices. Mais c’étaient des francs. Aujourd’hui le groupe fait 12 milliards de bénéfices, mais ce sont des euros ! Jusqu’où ira cette logique du profit à tout prix ? », s’indigne Marcel Croquefer, délégué CGT Chimie. Il a réussi à faire entrer quelques 60 salariés de Total et d’autres entreprises dans les locaux de la Communauté urbaine de Dunkerque (CUD) pour exiger un moratoire sur l’avenir de la raffinerie. Face à eux, en ce 19 janvier, dans la salle de conférence aux couleurs blafardes, quatre pros de la politique locale. Tous au service de Michel Delebarre, maire de Dunkerque depuis 21 ans, président de la CUD, député (PS), sept fois ministre (entre 1984 et 1993)…


Le « prince » de Dunkerque a son dada : les énergies renouvelables et le développement durable. Alors que Dunkerque détient le record de la plus grande densité de sites Seveso en France (15 !) et du nombre de cancers professionnels, mais aussi un nombre impressionnant de victimes de l’amiante [3]. En 1996, la ville signait la Charte d’Aalborg (Charte adoptée par les participants à la Conférence européenne sur les villes durables d’Aalborg, Danemark). En 1997, Dunkerque a accueilli la première centrale éolienne française de production d’électricité, à Mardyck. Un champ de 45 hectares, capable d’alimenter une ville de 15 000 habitants et géré par… le groupe Total.


Ce soir-là, à la CUD, tous les amis de Michel Delebarre ont juré « partager les analyses des syndicats de Total ». L’un promet de « manifester avec les syndicats le 1er février à La Défense  », un autre de « distribuer des tracts avec les syndicats ». Et de railler ces « patrons-terroristes », selon l’expression de Marcel Croquefer (CGT). Au micro de Delta FM, la radio locale, Claude Nicolet, assistant parlementaire du député Christian Hutin (groupe Socialiste, Radical, Citoyen), parle de son côté de raffermir les liens « des partis politiques de gauche avec le mouvement ouvrier » et se demande si la « lutte des classes n’est pas en train de refleurir à nouveau dans un merveilleux bouquet, mais qui ne profite qu’à quelques-uns ». On est à deux doigts de chanter l’Internationale. Les élus se savent impuissants face à un groupe comme Total, mais dans leurs mots et leurs regards, font semblant d’être du côté des ouvriers. Total fera ce qu’il a décidé de faire. Dunkerque est ainsi : colonisée par l’industrie qui fait la pluie et le beau temps, quoi qu’en disent les « élus du peuple ».


Réactions en chaîne


« On est tous des pères de famille, on a tous des crédits sur le dos et Total n’ose même pas nous avouer à quelle sauce on va être mangés, alors qu’ils le savent déjà », dénonce un salarié. En face de la raffinerie, sur un des quinze sites Seveso que compte le port, des palettes et des pneus brûlent. La fumée lèche les vitres des bureaux de la direction, qui redoute une séquestration. Les portraits des dirigeants de la société sont détournés sur des affiches du film Asterix & Obélix (« ça va être votre fête ! ») et le visage moustachu de Christophe de Margerie est incrusté dans le corps d’un nabab aux tétons percés de boucles d’or et au torse couvert de médailles clinquantes. « Non, pas d’argent pour les victimes de la raffinerie des Flandres », indique la légende. La petite phrase fait référence à l’attitude du groupe Total qui a fait appel de sa condamnation pour délit de pollution dans l’affaire de l’Erika [4]. Les cargaisons de brut, en 1999, avaient été chargées dans cette raffinerie, avant de se répandre sur les côtes bretonnes.



Pour beaucoup, le « choix » se fera entre chômage et mutation au sein du groupe, chez Total ou ses gros sous-traitants comme GDF Suez ou Vinci. Si la raffinerie devient un dépôt, ce seront quelques dizaines d’emplois tout au plus qui seront conservés. Dunkerque a déjà connu une longue période de chômage partiel avec ArcelorMittal, Ascométal, Valdunes, Tim... Et une vague impressionnante de suppressions d’emplois industriels en 2009 (Betafence, Aluminium Dunkerque - groupe Rio Tinto, Rexam, Isocab - groupe ThyssenKrupp...). La crise a fortement impacté cette ville industrielle : le chômage y a augmenté de 17 % entre mars 2008 et mars 2009. La fermeture de la raffinerie aura un impact réel sur les entreprises du tissu industriel dunkerquois, déjà fragilisé par une année de crise financière. Polimeri Europa (polyéthylène et plastiques), ArcelorMittal (acier), Lesieur (huiles)… Beaucoup d’usines avaient bâti des synergies avec la raffinerie. Il va désormais leur falloir trouver du « jus » ailleurs. Ce qui aura forcément un impact sur leurs comptes.


Solaire, éolien, hydrolien, biomasse... combien d’emplois au final ?


D’autres évoquent un avenir avec les énergies renouvelables. Le groupe Total, via la filiale Total Energie (possédée à 35% par Total et 45% par EDF), participe au capital de deux sociétés spécialisées dans le photovoltaïque : Photovoltech produit des cellules photovoltaïques à partir de silicium cristallin et Tenesol des systèmes photovoltaïques. Du coup, comme les dirigeants ont évoqué une « activité parallèle » pour les victimes de son plan social, les salariés sentent le vent du « durable » souffler dans leurs oreilles. « On a quand même une belle façade maritime ici, les énergies renouvelables, parlons-en ! Il y a l’éolien, mais il parait que c’est pas beau dans le paysage. Il y a l’hydrolien (éoliennes de mer qui fonctionnent avec les courants marins), mais les fonds marins sont déjà encombrés avec les câbles. En fait, il y a toujours quelque chose qui ne va pas. On ne sait pas ce qui va se passer mais on a l’impression qu’on ne va pas finir notre carrière dans le raffinage », souffle un agent instrumentiste qui a barré au feutre rouge le mot « Total » sur son manteau d’hiver.



Christophe, 37 ans, calaisien d’origine, travaille à l’inspection de la raffinerie depuis dix ans. Son métier consiste à superviser la distillation du pétrole brut dans les grandes cheminées de production. En haut, c’est le GPL, au milieu, le gazole et en bas, restent les résidus retraités qui sont revendus à des dizaines d’entreprises avoisinantes, comme Polimeri, Lesieur. « Le pétrole, il y en a encore, dit-il. On ne conteste pas le fait que les stocks diminuent et que l’or noir est de plus en plus rare. Mais que l’on ne vienne pas nous dire qu’il n’y en a plus et que c’est à cause de ça qu’on se retrouve sur le carreau. Dans ce cas-là, pourquoi est-ce que Total construit une méga-raffinerie à Jubail ? » Le groupe pétrolier a lancé en 2006 la construction de la « méga-raffinerie » du XXIe siècle, dans la ville de Jubail, en Arabie Saoudite. Un investissement de 9,6 milliards de dollars, en partenariat avec Saudi Arabian Oil Company (Saudi Aramco). Avec une capacité de 400 000 tonnes par jour, cette unité, qui doit entrer en fonctionnement fin 2011, permettra à Total de continuer à raffiner du pétrole, plus près des lieux d’extraction... Tout en tenant des discours « écologiques » en France.


Délocaliser la pollution et les émissions de CO²


Pour Total, qui reste un des plus gros pollueurs français de la planète, avec ArcelorMittal et EDF (tous trois sont présents dans le port de Dunkerque), l’opération pourrait bien ressembler à du green-washing. Ou du moins à un contournement des règlementations internationales : fermer des raffineries en France, où le groupe est soumis depuis le protocole de Kyoto à des « droits à polluer » concernant les émissions de CO², pour les délocaliser en Arabie Saoudite, pays qui n’est pour l’instant pas concerné par les quotas d’émissions de gaz à effet de serre. Cela permet en tout cas au groupe de continuer à marteler un discours éco-responsable aussi inique que mensonger : « Tout en poursuivant la croissance de ses activités, Total a la volonté de contribuer à l’effort international de lutte contre le changement climatique. Le Groupe s’inscrit dans l’esprit du protocole de Kyoto sur le long terme et poursuivra les efforts réalisés pour atteindre ses objectifs volontaires de maîtrise des émissions de gaz à effet de serre », peut-on lire dans un document mis en ligne par le groupe. « L’esprit  » du protocole de Kyoto (s’échanger des droits à polluer) convient donc assez bien à Total, qui polluera moins en France, mais davantage en Arabie Saoudite, en toute légalité.


« On n’a qu’une terre, non ? C’est pas comme un ordinateur qu’on peut débarrasser d’un virus ! », s’insurge Christophe. Accepter une mutation à Jubail ? « Pour rien au monde  », répond-il, la face rougie par les lancers de pneus dans le brasier. « Imaginez-vous : on est des centaines à avoir notre vie ici, nos femmes ont des emplois ici, on a des crédits sur le dos, pour la voiture, la maison... et on nous demande d’aller travailler sur un site complètement parqué, en vase clos, comme les vieilles cités industrielles, le tout sous barrage militaire ? Non merci ! » Pour lui comme pour ses collègues, une seule solution : forcer Total à revenir sur sa décision, en continuant de bloquer les entrées et les sorties de produits pétroliers.

Julien Brygo

Notes

[1] La Voix du Nord, 13.01.10

[2] Le sponsoring du Basket Club Maritime (BCM), l’aide à l’association Les papillons blancs, association philanthropique de Dunkerque… le pétrolier a toujours aimé se poser en faiseur de bien, à l’image des grandes entreprises paternalistes, Péchiney et consorts, qui ont émaillé l’histoire de la cité nordiste. Dernière opération de lavage d’image : la rénovation de la façade des Bains dunkerquois, un bâtiment centenaire à l’entrée de la ville.

[3] La ville compte au moins 700 victimes de l’amiante, rien que chez les dockers. La Communauté urbaine est aussi celle qui touche, en France, le plus d’argent issu de la taxe professionnelle. Malgré ce sombre tableau, Dunkerque accueillera en mai prochain la 6e Conférence européenne des villes durables.

[4] Le jugement sera rendu fin mars 2010

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L'autre grenelle de la mer

 

Le blog de solidarité avec

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Revolution arabe 

 

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diapo prisonnier palestine

Soirée prisonniers palestiniens

AFPS Brest

mardi 16 avril

20H30

Maison des syndicats

 

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Quimper Gourmelen

Rassemblement

vendredi 19 avril

8 h 45


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Fermez Cofrents

(pays Valencian)

 

 

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  Concert à Lannion

 

no nuk

 

Dimanche 28 avril

Brennilis

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robertbelle5mai13DZ

 

 

Mardi 7 mai

 Yves-Marie Le Lay,

Président de

Sauvegarde du Trégor

  Douarnenez

Librairie l'Ivraie à 20h00

 

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st nnonon

 

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