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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 12:37

jeudi 4 février 2010

"Et pourquoi pas des pauvres tant qu'on y est?" c'est par ce cri du cœur que Martine Aubry a commenté les dernières révélations sur les candidats du Nouveau Parti Anticapitaliste aux régionales de mars prochain. La veille déjà, elle avait estimé que la candidate voilée du Vaucluse avait "une tronche pas catholique". Aujourd'hui elle précise qu'elle n’aurait «pas accepté que sur les listes socialistes, il puisse y avoir un ouvrier» parce que «c’est une annonce d’une classe sociale qui doit rester du domaine privé et qui ne doit pas rentrer dans le champ de la République». «Quand vous êtes élu de la République, vous représentez tout le monde et vous n’avez pas besoin de montrer un signe ostentatoire qui relève du domaine privé. Donc tant que le PS sera le PS, il n'y aura pas de trace de cambouis sur nos listes!"


Ils se croient vraiment tout permis ces gens-là

Du côté de la majorité UMP, c'est le même son de cloche. Ainsi, Xavier Bertrand se déclare "choqué" et parle de "provocation" et "d'opportunisme électoral". "Dans notre démocratie, par tradition, ce sont toujours des hommes blancs, vieux et riches qui ont eu le pouvoir. Il est déshonorant et pour tout dire indécent de la part du NPA d'aller racoler des voix du côté des minorités. Mais l'extrême-gauche a t'elle encore de la dignité?"

Pas question, pourtant, pour Jean-François Copé de se laisser taxer de sectarisme. "Bien au contraire, l'UMP est un modèle d'ouverture". Et le député d'égrener la diversité du parti majoritaire : "Vous connaissez beaucoup de partis qui abritent à la fois des repris de justice tels Juppé, Balkany, Carignon, Tibéri, des homophobes comme Vanneste, des racistes comme Hortefeux, des handicapés comme Estrosi. Et je ne vous parle pas des catholiques intégristes et des fachos repentis. Hervé Novelli, un ex-FN, est même tête de liste. Alors les leçons de morale, pas pour nous, merci!" Et Brice Hortefeux de renchérir : "On a même mis quelques auvergnats en position non éligible. Mais attention, des auvergnats qui mangent du porc!"

Y'a même une charcutière au gouvernement

Du coup, la question électorale a fait son apparition dans le débat sur l'identité nationale. D'après le ministre de l'immigration Éric Besson, "l'abstention ne suffit plus à protéger la République de la menace des classes populaires. Nous n'aurons aucun tabou pour garantir la réélection de Nicolas Sarkozy". Et on évoque le retour du suffrage censitaire.

Le suffrage censitaire? Inutile, il y a les médias pour s'occuper de ça.
Le Blog de Jean-Pierre Martin
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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 08:46

Figure de la gauche israélienne et inlassable pourfendeur de l’occupation, Michel Warschawski a accordé un entretien à notre envoyé spécial à Jérusalem, Grogain. Le fondateur du Centre d’Information Alternatif y critique à mots très durs la politique israélienne, tout en revenant longuement sur son propre parcours. Ou quand l’histoire d’une vie recoupe celle d’un engagement.


mercredi 10 février 2010, par Grogain


Tout visiteur en Israël devrait impérativement se rendre au Centre d’Information Alternatif (AIC). Pour comprendre ce que signifie réellement la « propagande d’État » et ce que les médias israéliens occultent. Et, surtout, pour discuter avec son créateur, Michel Warschawski [1].


Juif né en France, Michel Warschawski est venu s’installer à Jérusalem à l’âge de 15 ans. Très vite, il s’est lui-même défini comme un militant anti-colonialiste, un engagement qui fait tâche dans la société israélienne : « Nous, on aime bien ce qui est ou blanc ou noir. Ce qui nous dérange chez vous, c’est que vous n’êtes ni l’un ni l’autre », lui a un jour déclaré un policier. Ainsi : rencontre avec un homme gris.



Quels souvenirs gardez-vous de votre enfance ?


Je suis né à Strasbourg, sur la frontière franco-allemande. Mon père était le grand rabbin de la ville. À cette époque, l’Alsace était un lieu particulier : en raison du Concordat, les institutions religieuses appartenaient à l’espace public ; mon père était donc fonctionnaire.

Pendant les quinze premières années de ma vie, je n’ai fréquenté que des Juifs. Toute ma vie se tenait dans le cadre de la communauté, entre la maison, l’école juive, le centre communautaire juif, la synagogue et mes copains juifs. La première personne non-juive que j’ai rencontré était un Arabe israélien qui avait une chambre dans la même cité U que moi, à Jérusalem. Il a fallu que je vienne en Israël pour rencontrer un non-juif pour la première fois !

J’ai donc grandi dans un milieu extrêmement fermé ; mais pas intellectuellement ni culturellement. Nous étions même très attachés aux valeurs de la République et à l’histoire française ; à la laïcité aussi, tout en étant très pratiquants. Le domaine de la foi devait rester dans l’espace privé – ce qui est un comble pour Strasbourg – et n’avait rien à voir avec les valeurs philosophiques et politiques qui nous ont marqué mes frères, mes sœurs et moi. Mes parents étaient très progressiste et l’anticolonialisme, l’antifascisme, l’antiracisme étaient des évidences pour nous. Mon père a même eu un blâme de l’État pour être sorti de son devoir de réserve le jour où il a publiquement soutenu l’indépendance de l’Algérie dans un sermon à la synagogue.


Mes parents ont vécu l’occupation. Mon père était résistant dans un maquis du Sud-Ouest. Ma mère, qui était juive, portait l’étoile pendant la guerre mais elle a pu étudier à Paris parce que son père était un ancien combattant. Elle a bénéficié d’un numerus clausus, droit accordé aux Juifs jusqu’en 44.
Les souvenirs de l’occupation étaient ainsi omniprésents dans notre enfance : on en parlait tout le temps. Ça a eu une grande influence sur mes choix, lorsque j’ai été confronté à l’occupation en 67. J’étais venu dans la "ville sainte" pour étudier le Talmud et je n’avais aucune conscience politique. J’ignorais l’histoire récente d’Israël, qui ne m’intéressait pas. Je savais qu’il y avait un conflit avec les Arabes, sans plus. Et voila que je me trouvais confronté à une occupation… Ce mot, "occupation", a tout de suite résonné en moi, même si, à cette époque, je pensais qu’Israël était la victime.


[2]

Pourquoi étiez-vous venu en Israël ?


J’étais un élève indiscipliné et je n’aimais pas le milieu bourgeois de Strasbourg. J’étais sous le regard permanent de la communauté, car j’étais le fils du rabbin. Et puis Jérusalem comptait les meilleures écoles talmudiques…


Surtout, ma famille et moi étions déjà venus - trois ans plus tôt - pour une année sabbatique. Nous étions tous tombés amoureux fous de Jérusalem. Une véritable épidémie ! Dès ce moment, j’ai su que je partirais un jour pour Jérusalem. Pas en Israël, à Jérusalem ! Là, il y avait toute une histoire, toute une spiritualité. Avant 1967, c’était une ville très différente d’aujourd’hui : très isolée, entourée d’ennemis, peu israélienne finalement. Elle ressemblait davantage à un agglomérat de bourgades juives d’Europe de l’Est et du Maghreb qu’à une ville moderne comme Tel Aviv. Aujourd’hui encore, Jérusalem est une ville qui se projette dans le passé et dans l’avenir mais pas dans le présent.


Aviez-vous l’intention de rester longtemps à Jérusalem ?


Pas du tout : je pensais rester quelques années pour étudier le Talmud puis rentrer en France. Mais l’amour de cette ville m’a retenu, et l’année 1967 m’a "naturalisé" israélien. Je me sentais partie prenante de la peur qui avait précédé la guerre, de l’émotion qui a suivi la victoire « miraculeuse » – j’y croyais à l’époque.


Quelle impression vous a fait la société israélienne à votre arrivée ?


J’ai véritablement rencontré la société israélienne à Tel Aviv. Je m’y promenais en 1965-66 avec mon cousin, un Israélien typique né dans cette ville. À l’époque, il n’y avait pas beaucoup d’activités culturelles : le grand sport consistait à faire des allers-retours sur l’allée principale et, à la rigueur, à s’acheter une glace. On appelait ça « se dizengoffer » – du nom de la rue Dizengoff. Il y avait beaucoup de monde, les gens se cognaient et je m’excusais à chaque fois. Tout d’un coup, mon cousin m’a dit : « Arrête de te conduire comme un youpin ». C’est-à-dire : comme un Juif de la diaspora, pas macho, trop poli. Ça a été très net pour moi : il m’a montré ce que je ne devais pas être, soit le "nouvel Israélien", l’antithèse du Juif de la diaspora.


Quels sont les évènements qui vous ont marqué ?


Juin 1967, d’abord, plus précisément une quinzaine de jours après la fin de la guerre. Mon père était venu avec une délégation de sa communauté pour se recueillir sur les lieux saints. Un jour, il m’a demandé de le remplacer et j’ai emmené son groupe à Hébron, en Cisjordanie. Je négociais une camelote quelconque avec un commerçant âgé qui me parlait comme un occupé parle à un occupant, alors que j’agissais comme le propriétaire des lieux… Je me suis regardé faire, et ça a été un véritable coup de poing dans le ventre.
Le même soir, je suis allé voir mon père. Et je lui ai dit qu’il y avait une occupation, et que c’était nous les occupants, alors que toute notre histoire avait été celle des occupés, des exclus, des réprimés, des victimes du racisme. Tout d’un coup, j’étais de l’autre côté… Et ce n’était pas une place que je pouvais assumer : être le pouvoir, le dominant était quelque chose que je n’arrivais pas à digérer.


Les premiers jours de la guerre du Liban, en 1982, m’ont également profondément marqué. Jusqu’alors, notre militantisme se situait à la marge : sur la question palestinienne, il y avait dans la société israélienne un large consensus, sans opposition ni mouvement de la paix. Jusqu’à ce qu’émerge - à ce moment - un mouvement plus ample, que nous sortions de la marginalité.
En 1982, j’ai refusé de rejoindre mon unité et j’ai fait de la prison militaire - comme beaucoup d’autres. Ça a été ma nouvelle naturalisation israélienne. Je me suis senti enfin capable d’être membre de cette société comme opposant, et non pas comme exclu ou marginal. Parce qu’il y avait un mouvement de masse en développement, qui rentrait dans une dynamique. Parce que je pouvais m’exprimer en tant que soldat, en tant que citoyen, et pas seulement en tant que gauchiste marginal.

Mais le moment que je considère comme sans doute le plus émouvant de ma vie s’est déroulé quand j’étais inculpé pour soutien à une organisation illégale. Mon procès durait depuis un certain temps. Un jour, un de ces militants palestiniens dont j’ai parlé auparavant, celui pour qui j’avais le plus d’amitié, qui avait une grande rigueur morale – il avait refusé deux fois d’être libéré car, selon lui, d’autres le méritaient plus que lui – est décédé, peu après après avoir été libéré en raison d’une grave maladie. Il était très aimé et respecté à Jérusalem. A l’enterrement, il y a eu une manif monstre et tous mes copains ont déserté le procès pour la rejoindre. Je suis resté avec les juges, mon père et ma femme (qui était aussi mon avocat) et on a demandé une interruption d’audience. C’est ainsi qu’on a pu participer à la manifestation qui passait sous les fenêtres du tribunal.


Quels souvenirs gardez-vous de votre expérience dans l’armée ?


En 1968, mon unité a été envoyée à côté de Bethléem, dans les Territoires occupés. Il y avait un couvre-feu qui durait depuis des semaines, mais des missiles avaient été envoyés sur Jérusalem depuis le côté palestinien. Le colonel nous a alors dit : « On est là pour faire craquer la ville, pour obtenir des informations sur ceux qui ont lancé ces missiles. ». Et ce jour-là, pour la première fois, j’ai refusé. Je suis allé voir mon colonel et je lui ai dit que je n’étais pas fait pour ça. Il m’a mis en détention pour deux heures, avant de me charger de la cuisine… J’ai finalement été réformé, ça m’a pris deux ans.


Comment avez-vous vécu le fait de vivre en marge ?


La meilleure manière de répondre à cette question est de parler de mes enfants. Mon fils est né en 1972, il a grandi dans l’ostracisme et l’isolement. Il était même honteux de nous avoir comme parents à cause de la pression sociale : dans la rue, dans les journaux, on était traité de fous dans le meilleur des cas, de traîtres dans le pire. D’autant que ma femme était très médiatisée parce qu’elle était une avocate défendant les Palestiniens. Elle était surnommée "la pute des Palestiniens" ou "la pute des terroristes". Quand il avait sept-huit ans, mon fils ne marchait jamais sur le même trottoir que sa mère… Depuis, il est devenu très bagarreur, il a appris à se défendre.
Ma fille est née en 1982, elle a grandi avec le sentiment que tout le monde était à gauche. 1982 a été une renaissance pour nous tous : nos manifestations drainaient du monde, on avait l’impression d’être devenus normaux.


La période d’isolement qui a précédé n’était pas problématique pour moi, mais elle l’était pour mon environnement. Même à Strasbourg, on disait à mon père : « Votre fils est un terroriste ! » Ce à quoi il répondait : « Je respecte toutes les valeurs de mon fils. Je ne regrette qu’une chose : c’est qu’il ne le fasse pas en tant que Juif pratiquant », parce que je n’étais plus religieux. Mon père a émigré en Israël à sa retraite, car ses enfants étaient ici. Il n’a pas loupé une session de mon procès. Interviewé par un journaliste sur ma supposé traîtrise, il a répondu : « Et nous, dans la résistance, on n’était pas des traitres ? »


Comment êtes-vous entré en relation avec la société palestinienne ?


Au sein du petit groupe que j’ai intégré en 1968, la première chose qu’on a faite après le début de l’occupation a été d’y chercher des partenaires qui pensaient comme nous. On les a vite trouvés et, avec le temps, des liens se sont tissés. On avait des contacts réguliers, on menait des actions communes pour protester contre la répression, pour manifester notre solidarité avec les prisonniers politiques. Il y avait aussi l’échange. Nous voulions comprendre. Et eux aussi voulaient savoir comment fonctionnait notre société. Dès le début de mon militantisme, ça a donc été la chose la plus naturelle.


Pendant mon procès, très médiatisé, les gens se sont étonné : « Qui sont ces gens ? Ils ne sont pas des terroristes, c’est bizarre. » À l’époque, une association israélo-palestinienne semblait invraisemblable… Lors d’une interview, alors qu’on venait de rencontrer l’OLP, le journaliste nous même a présentés comme les précurseurs du dialogue israélo-palestinien…
Mais ce n’était pas un évènement pour nous, c’était la normalité. On rencontrait les Palestiniens comme on le faisait avec les militants de mai 68 en France ou avec les révolutionnaires du Guatemala. On était des camarades, pas des Juifs conduisant une rencontre officielle. Nous n’avions pas de sentiment historique. Le seul moment particulier a été ma rencontre avec Arafat. Paradoxalement, je suis un des derniers militants israéliens à l’avoir rencontré. Non pas parce que j’avais quelque chose contre lui, mais parce que je n’ai jamais été très "rencontre formelle, poignée de mains et photo". Je trouvais que c’était une perte de temps… Mais quand il a été enfermé à la Muqata, j’y suis allé pour la première et dernière fois. Parce qu’il ne s’agissait plus de rencontrer un président mais un prisonnier. C’était un acte de solidarité. C’était triste. Très triste.


Quel regard portez-vous sur la société palestinienne ?


Depuis quarante ans, je pense être un des Israéliens qui la connaisse le mieux. À une époque, je dormais davantage en Cisjordanie que chez moi…
Pendant les réunions, les Palestiniens me disaient : « Reste avec nous, tu es l’un des nôtres. ». Mais j’ai toujours voulu montrer que j’étais un invité, et pas l’un d’eux. Mon choix était de militer en tant qu’Israélien, c’est là que je me sentais le plus utile. Et je n’aime pas faire semblant d’être Palestinien. C’est peut-être – avec la fainéantise – l’une des raisons pour lesquelles je ne parle pas arabe, même si je l’ai étudié pendant longtemps.


J’ai aussi été toujours conscient du regard colonial condescendant de celui qui a le pouvoir sur celui qui n’en a pas, même chez les gens de gauche. On peut facilement tomber dans le paternalisme ou - au contraire - dans le suivisme. J’essaie donc de rester modeste : je ne suis pas le mieux placé pour juger et apprécier. Je suis trop conscient de la mentalité coloniale qui nous touche tous, y compris les plus "pro-palestiniens".


Mais je ne vais pas éluder la question. J’ai évidemment un certain regard sur la société palestinienne : celle-ci est en mauvais état. À mon avis, on a sous-estimé l’impact néfaste de l’opération "Rempart" de Sharon dans les Territoires. On a vu le sang, les morts, les maisons détruites, mais il y avait beaucoup plus "grave" que ça : l’effet "Knock-Out". Les morts sont morts : c’est triste, mais c’est comme ça. Par contre, ceux qui restent sur pieds sont plus atteints que les morts. C’est une société cognée, groggy.


On sent quand même que cette société se reprend en main aujourd’hui, même si la reconstruction du mouvement national va prendre du temps. Nos camarades de la gauche palestinienne sont au début d’une réflexion sur la nouvelle donne, notamment par rapport à Obama. Et ils sont pour l’instant davantage réactifs - aux initiatives internationales et arabes - qu’actifs.
Mais si je devais faire un ultime bilan, je mettrais en avant la capacité de résilience. La société palestinienne n’est pas à genoux, elle fait le dos rond. Même les plus réalistes des cadres politiques, qui réalisent que l’avenir proche ne sera pas radieux, ne sont pas abattus.


Qu’est-ce qui n’a pas marché, au départ ?


Le sionisme se définit comme un mouvement de colonisation. Ce sont les mots qu’il utilise lui-même : "Yichouv", utilisé aujourd’hui pour "localité", se traduit littéralement par "colonie". Le sionisme s’est donné pour objectif d’établir un projet colonial de peuplement. Comme ce fut le cas en Australie ou en Amérique, là où on estimait qu’il s’agissait de terres sans peuple. Au 19e siècle, l’Europe voyait le tiers-monde comme une grande jungle, avec des indigènes certes, mais aussi des autruches, des chameaux et des palmiers. Cela faisait partie de l’environnement… En cela, le sionisme n’est pas différent des autres mouvements coloniaux.


Mais comme cette terre n’était pas sans peuple, il y a eu conflit. Au début, l’immigration ne gênait pas les Arabes sauf qu’ils ne comprenaient pas qui étaient ces Juifs avec une culotte courte, un chapeau idiot et parlant yiddish, si différents de ceux qu’ils connaissaient. C’est pour cela qu’ils dissociaient Juifs et sionistes. Les Juifs étaient ceux de Palestine. Il n’y avait donc pas de regard négatif au départ comme souvent au départ dans le monde colonial. Il y avait de la place pour tout le monde. Et puis, d’un coup, il y a eu ce projet agressif : « Pousse-toi que je m’y mette. » Le cœur du conflit, c’est la colonisation.


Vous avez dit qu’en arrivant en Israël, vous étiez « sûr de votre bon droit ». Pouvez-vous détailler ?


A l’époque, je ne savais pas qu’il y avait des Arabes. Enfin, je le savais vaguement. Pour moi, il y avait l’État d’Israël comme il y avait la France, l’Espagne… Je ne voyais pas le problème. À l’époque, on ne connaissait pas la dimension coloniale de ce conflit.


En 1967, est sorti un numéro spécial de la revue Les Temps modernes animé par Sartre lui-même. J’étais allé à l’une de ses conférences, comme un groupie fanatique. Dans ce numéro, il donnait la parole à des Juifs et des Arabes – à l’époque, le mot « Palestinien » ne s’était pas encore imposé. Il y avait, je crois, un article sur les tous premiers feddayins. Et surtout une introduction de Maxime Rodinson sur Israël et le fait colonial. Ce qu’il disait il y a 40 ans est encore pertinent aujourd’hui ; il n’y a pas à changer une ligne, c’est une excellente grille de lecture.


Quel est votre avis sur la question des réfugiés ?


C’est une question fondamentale, les réfugiés sont au cœur de ce conflit. Il n’y aura pas de solution tant que ce ne sera pas réglé, juste des trêves ou des cessez-le-feu.
Sur cette question, je reste très marginal, y compris dans le mouvement de la paix. Pour moi, il ne s’agit pas de reconnaître formellement le droit au retour, ni de seulement reconnaître nos torts pour qu’en échange ils ne reviennent pas. Tant qu’on n’aura pas réouvert nos portes aux Palestiniens, nous ne serons pas une société normale. Nous ne serons pas débarrassés des démons de la naqba [3].


Il y a cette peur dans l’inconscient collectif qui, fondamentalement, n’est pas tournée vers le nucléaire iranien ou les armées arabes. Nous existons par la négation de l’autre. Et l’autre est vivant. Ce n’est pas l’Indien d’Amérique. On ne peut pas supprimer les cauchemars qui hantent nos nuits avec des accords politiques. Cette angoisse existentielle sera présente tant que les Palestiniens ne pourront pas revenir. Il faut une véritable possibilité du retour et pas seulement la reconnaissance d’un droit. Évidemment, ça remet en cause la notion d’État juif…


Un an après la guerre à Gaza, l’objectif de cette intervention reste obscur. Qu’en pensez-vous ?


Honnêtement, je ne comprends pas le fossé gigantesque entre la brutalité des moyens mis en œuvre et la réalité de la menace. Personne ne pourra me convaincre que les quelques "pétards" envoyés depuis Gaza expliquent quoi que ce soit. Les dirigeants politiques et militaires israéliens n’ont jamais pris ça au sérieux et se foutent de Sderot : ils n’ont jamais vu une quelconque menace existentielle là-dedans.


Au fond, il peut y avoir plein de raisons… Nous nous étions cassés les dents au Liban et, comme à chaque fois, nous avons voulu faire croire qu’il s’agissait d’une erreur de parcours, que nous gardions notre pouvoir de dissuasion. Mais en agissant contre des citoyens, on a simplement montré notre brutalité…


L’intervention se situe aussi dans le cadre de la stratégie israélienne – qui n’est plus la stratégie américaine – de guerre globale et permanente néoconservatrice. Nous avons élu le père penseur de cette stratégie, Netanyahu, et nous sommes comme sous l’ère Bush, à estimer qu’il faut imposer l’hégémonie israélo-américaine sur le Moyen-Orient sans passer par des négociations. Qu’importe si cela s’est soldé par des échecs au Liban ou à Gaza… C’est pour ça que le discours du Caire d’Obama a fait transpirer les dirigeants israéliens, en raison des paroles d’apaisement vers l’Islam et de la fin de cette vision centrée sur "l’axe du mal". En Israël, c’est un avis largement partagé qu’Obama est une parenthèse. C’est un manque de respect envers le président d’un pays dont on est entièrement dépendant. Et c’est un mauvais calcul car même les Républicains n’aiment pas ça…


Quelles sont vos impressions quant à l’avenir du conflit israélo-palestinien ?


Gaza et les dernières élections sont un indicateur terrible d’un glissement vers l’extrême-droite. Israël est désormais une société néoconservatrice ayant subi un énorme recul par rapport à la période 1982-2000. Cette période correspondait à une phase d’ouverture, avec une société assez forte pour se décrisper. Il y avait une volonté de normalité, le processus d’Oslo était largement soutenu. Ce n’était pas seulement une ouverture politique, c’était aussi culturel : tout d’un coup, on parlait de 48, des réfugiés, de notre responsabilité. Ce n’était pas marginal, une grande partie de la société participait à ce débat. C’était un mouvement très majoritaire parmi les intellectuels, les médias, les universitaires. Et puis, en 2000, il y a eu une rupture historique.


Il ne faut pas sous-estimer le discours de Barak après Camp David stigmatisant la soit-disant ingratitude d’Arafat. Ce qui a été dévastateur, c’est la deuxième partie de ce qu’il a dit, lorsqu’il a « démasqué » les véritables intentions des Palestiniens et le plan diabolique d’Arafat derrière son prix Nobel, la modération de ses propos et le processus de paix. Dire qu’Oslo était l’antichambre d’Auschwitz était la manœuvre non-militaire la plus intelligente du point de vue de Barak. Il se posait en Zorro arrivant au bon moment pour nous sauver ! La reconquête ! En faisant ça, il a détruit ce que les Palestiniens avaient acquis en souveraineté et légitimité. Son discours a aussi mis à bas ce qui faisait la substance du mouvement de la paix qui cherchait le dialogue. On est revenu à la menace. Dans ces conditions, il fallait faire une guerre préventive, construire un mur, se protéger contre les barbares. Il y a eu un glissement du terrorisme qui est devenu terrorisme islamique. Le problème n’était plus Arafat mais les pays arabes, l’ensemble de la civilisation musulmane qui menaçait le monde libre. Voilà comment nous sommes revenus en plein choc des civilisations.


Tout le monde n’était pas d’accord avec cette vision des choses. Mais il y a eu le 11 septembre et tout le monde a dit : « Ils veulent nous massacrer ». Le retour à la normalité, vers la paix, s’est refermé. On est revenu à une société de droite.

Je partage malheureusement ce qu’a écrit le chroniqueur Gideon Levy dans Haaretz : la gauche est morte pour les vingt années à venir. J’espère qu’il se trompe et que ça ne durera que dix ans, mais j’ai peu d’espoir à court terme d’un retour à une période d’ouverture comme dans les années 1980. Maintenant, rien ne bouge. Il n’y a pas eu de mouvement pour la paix pendant Gaza. Ce n’est pas une surprise, mais une tristesse. A part un noyau dur, ce qui était un mouvement d’opinion pacifique modéré ne s’est pas exprimé. Le mouvement de la paix a cautionné la guerre, l’a justifiée.


Et quel est votre point de vue sur l’avenir de la société israélienne ?


L’ouverture de la politique va de pair avec l’ouverture de la société et vice-versa. Dans les années 1980, il y avait une réelle ouverture sociale. A l’époque, je commençais le journal par les pages culturelles. Il y avait une volonté de modernité. A cette époque, la cour suprême a entrepris un processus de rééquilibrage entre démocratie et sécurité, entre un peu moins de juif et un peu plus de démocratie, en terme de droits maritaux, d’homosexualité...


Depuis 2000, la société est devenue beaucoup plus raciste. Dans les années 1980, les jurisprudences de la cour étaient courageuses. Par exemple, la torture avait été interdite et les consignes étaient respectées. Depuis 2000, on ferme les yeux. On est en guerre et la cour suprême a changé ses jurisprudences. Maintenant, certaines formes de pression physique et modérée ( !) sont tolérées.

Notes :

[1] Qui avait déjà accordé un entretien à Article11, ici

[2] A droite, Max Warschawski, le père de Michel.

[3] La "Catastrophe". Terme utilisé par les Palestiniens pour parler des événements de 1948, notamment la défaite militaire.

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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 13:20

il est l'heure de se mobiliser !

L’'eau est un bien vital pour l'humanité qui n'’appartient à personne. Et le mode gestion de l'eau (production, distribution, assainissent) est une affaire trop importante pour laisser les élus décider seuls.

Au sein du collectif Brest/BMO « Pour une gestion publique de l'eau »*, nous pensons qu'il est urgent de porter ce débat sur la place publique. Pour une juste répartition de cette richesse, contre les appétits financiers, pour la préservation de cette ressource, pour une politique de l'équité face à celle du profit, nous voulons un retour à un service public de l’eau à Brest/BMO.


Tous et toutes sur le pont :

l'avenir de l'eau à Brest-BMO

se joue dans les semaines qui viennent.

Aujourd'hui, par son action, chacun-e d'entre nous peut contribuer à la campagne pour un retour à l'eau publique.


Nous vous appelons à faire circuler largement cet appel dans vos réseaux et vous donnons déjà deux rendez vous importants dans les semaines à venir :


  • lundi 01 mars, réunion ouverte à tou-te-s (20h30 au local de Solidaires, 2 rue Amiral Nielly, sur le Port de commerce). Organisation du travail de diffusion d'un tract du collectif, tiré à 30.000 exemplaires, à destination des foyers brestois et de BMO (si vous êtes partie prenante de notre action, que vous pouvez distribuer dans votre rue ou votre quartier, mais pas disponible pour cette rencontre, contactez nous par mail : contact@eau-publique-bmo.infini.fr

  • jeudi 29 avril : réunion publique (20h salle des syndicats, rue de l'Harteloire, en face du lycée) avec Danièle Mitterrand, Jean Luc Touly et Daniel Bosquet : Pourquoi une gestion publique de l'eau ? avec des retours d'expériences concrètes de retour en régie publique.


Nous contacter : contact@eau-publique-bmo.infini.fr


Signer la pétition et visiter notre site :

www.eaupublique.infini.fr


Membres du Collectif eau publique :

Des associations : Agir pour un Environnement et un Développement Durables (AE2D), Association pour le Contrat Mondial de l’Eau (ACME), Club Loisirs Action Jeunesse (CLAJ), Kan an Dour, Mais qu’est-ce que tu fabriques ?, S-eau-S, Solidarité Ecologie Plougastel, Souris Verte, Ti ar Bed, Vivre la Rue

Des syndicats : Solidaires (SUD CT29 …)

Des groupes politiques : Autre gauche BNC, Comité de Brest du Parti ouvrier indépendant, Démocratie Ecologie Solidarité, FASE29, Forum Civique de Plougastel, La gauche debout !, Les Verts du pays de Brest, Les Verts de Plouzané, MRC 29, NPA, Une autre gauche pour l’'avenir de Plouzané

Et des citoyen-ne-s

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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 10:44



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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 10:41



Réalisation : Camille de Casabianca
 et son héros réticent (Le Monde 9 février)

Après le Mur de Berlin, la Carte orange, le tour vint pour la Ligue communiste révolutionnaire d'être avalée par la marche du temps. Il se trouve qu'une cinéaste a sorti sa caméra à temps pour enregistrer les derniers jours de "la Ligue", comme la désignaient familièrement ses partisans et ses ennemis, jusqu'à ce qu'elle laisse la place au Nouveau Parti anticapitaliste (NPA).

Camille de Casabianca, qui a milité jadis dans les rangs de la Section française de la IVe Internationale, autre nom de la LCR, filme en toute sympathie.


Ce qui ne fait pas d'elle une naïve. Sa familiarité avec le sujet ne l'empêche pas non plus de s'étonner. Cette distance, d'autant mieux mesurée qu'elle résulte d'une histoire personnelle plus que d'un calcul intellectuel, fait de C'est parti une rareté : un film qui montre la politique en train de se faire lucidement et chaleureusement, à charge pour chaque spectateur d'en tirer des conclusions, théoriques ou pratiques.


C'est parti s'organise autour d'un leitmotiv, le grand ménage organisé dans les locaux de la LCR à la veille de la naissance du NPA, dont les images reviennent à intervalle régulier. Les vieux militants, dont le plus célèbre est Alain Krivine, et les plus jeunes, parmi lesquels on reconnaît Olivier Besancenot, balancent le vieux monde par les fenêtres : des kilos de papiers noircis de débats aujourd'hui abscons, des affiches de campagnes infructueuses, des fichiers mystérieux.


Pendant qu'on fait du passé table rase, la gestation du nouveau parti arrive à son terme. C'est là que l'on trouve les séquences les plus passionnantes du film. On y trouve un héros réticent, Olivier Besancenot, qui doit assumer sa position de vedette. Sa seule présence à une réunion garantit la présence des journalistes, qui par ailleurs ne s'intéresseront pas aux autres intervenants. Camille de Casabianca circule dans l'appareil de la LCR comme un poisson dans l'eau, et la plupart du temps son film donne la sensation d'être l'observateur invisible de la vie quotidienne des militants. Sauf quand le débat tourne autour du bon usage d'Olivier Besancenot. Dès qu'il est question de célébrité, les dés son pipés, et la conscience d'être filmé se manifeste. De ce point de vue, C'est parti apporte quelques éléments intéressants à la critique du star system.


Ex-"liguards"


Mais l'essentiel du contenu politique est ailleurs. Les éventuels accès de nostalgie des vétérans trotskistes sont régulièrement étouffés par les questions, les interventions des nouveaux militants. C'est là que l'on trouvera toutes les réponses aux questions que pose la présence d'une femme musulmane sur une des listes du NPA aux régionales.


On s'apercevra ainsi que ce récent épisode est l'aboutissement d'un processus engagé depuis quelque temps, et que les militants et militantes gauchistes, qui ont eu bien du mal jadis à prendre en compte le combat homosexuel, doivent aujourd'hui répondre à d'autres interrogations.

Plutôt tourné vers l'avenir, le film de Camille de Casabianca ne s'intéresse qu'incidemment aux nombreux ex-"liguards" qui peuplent aujourd'hui la vie publique française.


C'est Henri Weber, ancien directeur de l'hebdomadaire Rouge, aujourd'hui député européen socialiste, qui les représente dans un débat saisi à la Fête de L'Humanité. Le vétéran utilise tous les ressorts de la rhétorique trotskiste pour défendre le compromis. A ce moment, l'infinie polysémie du titre prend un sens ironique, presque méchant : "C'est parti, pour ne plus jamais revenir." L'instant d'après, le film reprend sa bonne humeur pour suivre les aventures incertaines de ceux qui n'arrivent toujours pas à ne plus y croire.




Film documentaire français de Camille de Casabianca. (1 h 24.)


Thomas Sotinel
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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 10:37
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qui ébranle l'identité du NPA (Le Monde du 10 février)

Ilhem Moussaid n'a que 21 ans. La jeune Avignonnaise voilée qui figure sur la liste du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) pour les élections régionales en PACA semble pourtant avoir supporté avec un grand sang-froid la tempête médiatique suscitée par sa candidature.


Dimanche 7 février, elle a tout de même douté, confiant dans un courrier interne adressé aux militants : "J'ai beaucoup de tristesse de voir huit ans de ma vie réduits à mon foulard, j'ai beaucoup de tristesse d'entendre que ma croyance personnelle est un danger pour les autres alors que je prône l'amitié, le respect, la tolérance, la solidarité et l'égalité pour tous les êtres humains." Son doute l'a même conduite à se demander si sa place pourrait durablement être au NPA.


Evidemment, dans un parti très laïque et féministe, la candidature d'Ilhem n'allait pas de soi. "La réaction des féministes, c'est cela le plus dur, relève la jeune fille, qui a clairement pris position pour la contraception et le droit à l'avortement. J'ai beau dire et expliquer que je ne suis pas opprimée, et je pense que cela se voit, il reste une incompréhension."


L'histoire commence lorsque l'ancienne Ligue communiste révolutionnaire (LCR), en voie de construire le NPA fin 2007-début 2008, accueille en son sein plusieurs membres d'une association de quartier d'Avignon, dont l'étudiante fait partie. L'Alliance de la jeunesse contre le racisme, l'exclusion et la violence (AJC-REV) dont l'acronyme laisse entendre une sympathique injonction qui fait sauter le pas à cette dizaine de jeunes, majoritairement musulmans. Car un parti, cela veut dire des moyens, une structure, un soutien. "


La politique avait déserté le quartier, il ne restait plus que du sécuritaire. Avec une association on pouvait mettre des pansements par-ci par-là, c'est tout", témoigne Abdel Zahiri, 30 ans, toujours bénévole dans un club de foot. Ilhem, comme les autres, prodigue de l'aide aux devoirs. "A 10 ans, certains ne savent toujours pas lire, il y a quand même quelque chose qui cloche dans ce système, non ?", glisse-t-elle.


Pourtant, avant l'exclusion scolaire ou sociale, ce sont les prises de position du NPA dans le conflit du Proche-Orient qui déclenchent chez Ilhem Moussaid l'envie de militantisme politique : défense de la Palestine et de Gaza contre Israël, Rwanda, Kosovo, elle est de toutes les manifestations. Nadia El Bouroumi, une avocate de 35 ans, amie de la famille Moussaid, rappelle aussi combien le contexte général a changé après le 11 septembre 2001. Le sentiment d'appartenance à la communauté musulmane se renforce devant ce qui est ressenti comme une montée de l'islamophobie.


"Je vais très bien !"


Jacques Hauyé, tête de liste NPA du Vaucluse, militant de longue date de la LCR, fait partie de ceux qui ont accueilli l'association des jeunes et Ilhem. Cet enseignant de 53 ans, professeur de physique, profondément laïque, a engagé un travail commun avec ces porteurs de traditions autres que la sienne. Les campagnes en faveur des Palestiniens ont scellé la confiance avec ces croyants musulmans.

Et puis, personne ne s'étant précipité sur cette tâche ingrate, Ilhem a proposé d'être la trésorière départementale du NPA, fonction qu'elle assure depuis un an.


Dès lors, et puisqu'il y avait accord sur les questions de fond - sauf sur ce "fichu foulard", comme disent certains militants -, pourquoi ne pas investir la jeune femme aux élections régionales ? En décembre 2009, elle s'était portée candidate : "C'est une décision difficile, qui nous a divisés. Chacun s'est déterminé en fonction de sa conscience, de son idéologie, de son histoire", raconte Jacques Hauyé.


La candidature provoque un vif débat au sein de la section locale. Le mélange de l'ancienne LCR et du nouveau NPA reste d'huile et d'eau. Certains tentent de convaincre Ilhem de retirer son foulard, en vain. Le débat est tranché par un vote majoritaire en faveur de sa candidature. Une "minorité" décide alors de se retirer de la campagne : "Les convictions religieuses doivent demeurer dans la sphère privée, expliquent les minoritaires dans un communiqué. Même si des camarades ont une interprétation progressiste de leur foi, que nous saluons, il n'empêche que les systèmes religieux demeurent de terribles instruments d'oppression."

"C'était pratiquement un acte d'expérimentation sociale, ajoute Jacques Hauyé. Et c'est aussi un moment particulier."


La révélation, dans la presse, de la candidature d'Ilhem en plein débat sur l'identité nationale et la fin des travaux du Parlement sur la burqa, ont créé un mélange explosif.

Mais si une majorité s'est finalement dégagée pour soutenir sa candidate voilée, c'est aussi pour qu'une nouvelle génération accède à des responsabilités. Une génération où le voile n'a plus le même sens qu'il y a dix ans. Comme le souligne Nadia El Bouroumi, conseillère municipale (PS) d'opposition à Avignon, "les musulmanes de ma génération essaient à tout prix d'être comme les autres. La génération d'Ilhem n'a pas de complexes". Elle la juge "militante, clairvoyante, cohérente".


Pierre Godard, la tête de liste régionale, n'était pas si confiant voilà quelques jours. "Ilhem a bien tenu le choc jusque-là, mais ma grande trouille, c'est de la péter. Elle a été projetée dans un truc d'une violence inouïe", dit cet habitué des luttes syndicales.


"Je vais très bien ! Je comprends qu'on veuille me protéger", sourit Ilhem. "Les valeurs que mes parents m'ont transmises, c'est l'égalité, la justice, la solidarité", explique la jeune femme, née au Maroc, dernière d'une famille de sept enfants. Exactement ce qu'elle prône dans la politique et dans la société. "La base de mes combats... c'est tout ce militantisme qui me construit", dit la candidate, qui conduit de front ses études de BTS de gestion et la campagne. Si ses mentors ont du souci à se faire, ce n'est pas pour elle.


Béatrice Gurrey
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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 09:42
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Février 1945 -


Il y a soixante-cinq ans, du 4 au 11 février 1945, se tenait en Crimée la conférence de Yalta, réunissant Roosevelt, président des États-Unis, Churchill pour la Grande-Bretagne et Staline pour l'URSS. Elle allait rester le symbole du partage du monde entre les puissances impérialistes d'une part et l'URSS d'autre part.

Dans les faits, ce ne fut qu'une entrevue, parmi bien d'autres pourparlers et marchandages, entre chefs d'État de puissances alliées contre l'impérialisme allemand, pour préparer l'immédiat après-guerre dans les pays libérés. Mais ce partage en zones d'influence tel qu'il avait été esquissé durant la conférence de Yalta allait perdurer quarante-cinq ans.

La fin de la guerre était proche, et une même crainte unissait les dirigeants impérialistes et Staline : celle de voir une explosion révolutionnaire balayer l'ordre établi, après les années de dictature, de guerre et de misère qu'avaient subies les peuples.

Ils n'avaient pas oublié la vague révolutionnaire de 1917-1919, qui s'était produite à l'issue de la Première Guerre mondiale. Leur crainte était d'autant plus grande qu'en Europe de l'Est, le retrait des troupes allemandes des pays qu'elles avaient occupés laissait un vide étatique, sans armée, ni police, ni administration. Et ce n'étaient pas les gouvernements fantoches réfugiés à Londres durant la guerre qui auraient eu la force d'écraser une révolution ouvrière, ni même de contraindre la population à produire pour reconstruire l'économie capitaliste.

EMPECHER TOUTE EXPLOSION REVOLUTIONNAIRE

La principale préoccupation des alliés était donc de faire régner l'ordre par une occupation militaire à la fin du conflit, en attendant que se reconstituent dans les pays libérés ou vaincus des appareils d'État nationaux capables de prendre le relais. Ils ne voulaient pas que se reproduise à grande échelle ce qui s'était passé en Allemagne en 1918, où une révolution ouvrière avait éclaté au moment de l'armistice, causant la chute du régime impérial.

Parallèlement aux discussions sur l'occupation, les pays impérialistes pratiquèrent dès 1943 une politique de terreur envers la population allemande (et plus tard japonaise) par des bombardements systématiques sur les grandes villes, ayant pour but de les vider de leurs habitants en faisant fuir les survivants vers les campagnes, afin d'empêcher toute organisation de la classe ouvrière qui aurait pu renverser les dictatures en place.

Pour empêcher une révolte des populations, ainsi que pour terminer la guerre au plus tôt, les États-Unis et la Grande-Bretagne avaient besoin de la collaboration de l'URSS, que l'attaque nazie de juin 1941 avait placée dans leur camp. Ils avaient besoin d'elle en tant que gendarme, et aussi de l'influence que le régime stalinien exerçait sur la classe ouvrière européenne et mondiale, au travers des Partis Communistes.

Même si la méfiance était grande entre dirigeants occidentaux et soviétiques, Staline avait donné suffisamment de gages de bonne volonté pour que les dirigeants impérialistes puissent compter sur son soutien. Certains de ces gages, comme la dissolution de l'Internationale Communiste en mai 1943 ou l'abandon de l'Internationale comme hymne officiel de l'URSS, n'étaient pas uniquement symboliques : ils étaient le signe que Staline ne faisait même plus semblant de se réclamer de l'internationalisme et laissait les travailleurs de chaque pays seuls face à leur bourgeoisie.

Par ailleurs, Staline avait montré qu'il respectait à la lettre les accords conclus lors de précédentes rencontres. Dans les Balkans, conformément avec ce qui avait été conclu avec Churchill, il laissa l'armée britannique massacrer les résistants communistes de l'ELAS quand celle-ci prit pied en Grèce fin 1944. En Italie, le dirigeant du PCI, Togliatti, accepta en avril 1944 de participer au gouvernement du maréchal Badoglio, qui avait contribué en 1922 à installer Mussolini au pouvoir, gouvernement mis en place par les Anglo-Américains dans le Sud, sous l'égide d'un roi qui s'était pourtant déconsidéré pendant la durée du régime fasciste. Togliatti fera plus tard rendre leurs armes aux partisans ayant lutté dans le Nord contre l'armée allemande.

LA CONFERENCE DE YALTA

En février 1945, au moment où s'ouvrit la conférence de Yalta, le recul des armées allemandes permettait de voir la fin de la guerre en Europe dans un avenir relativement proche, mais il n'en était pas de même en Extrême-Orient, où les États-Unis affrontaient l'impérialisme japonais avec leurs seules forces. En Europe même, le rapport des forces militaires ne jouait pas en faveur des Occidentaux. Alors que leurs armées étaient toujours bloquées à l'ouest du Rhin, après la contre-offensive allemande dans les Ardennes, l'Armée rouge avançait à grands pas en Europe de l'Est, et n'était qu'à une centaine de kilomètres de Berlin. Il devenait donc urgent pour les pays impérialistes de fixer avec l'URSS des positions communes sur l'Allemagne.

Deux points furent donc discutés : le tracé des zones d'occupation et le montant des réparations. Les dirigeants des trois pays, Roosevelt, Churchill et Staline, s'étaient déjà mis d'accord sur le fait qu'il fallait empêcher l'Allemagne de redevenir une puissance économique rivale et pour exercer directement le pouvoir à la fin de la guerre, par la reddition complète du régime nazi, le désarmement total et le démantèlement du pays en trois zones d'occupation : la Grande-Bretagne se voyait attribuer le nord-ouest du pays, dont la Ruhr industrielle, les États-Unis le sud-ouest, l'est du pays revenant à l'URSS.

À Yalta, il fut convenu « d'inviter » la France à participer à ce découpage, Staline obtenant que la part qui lui serait attribuée fût prélevée sur les zones occidentales. La capitale, Berlin, fut elle aussi divisée en quatre zones. En ce qui concerne les réparations demandées à l'Allemagne, une somme de 20 milliards de dollars, dont la moitié reviendrait à l'URSS, fut fixée comme « base de futures discussions », et il fut convenu par ailleurs des réparations en nature sous forme de saisie de machines, de prélèvements sur la production, et l'emploi de la main-d'œuvre allemande.

Le point qui souleva le plus de discussion fut celui des frontières de la Pologne. La frontière de l'est, qui laissait à l'URSS les territoires qu'elle avait avalés en 1939 à la suite de l'accord germano-soviétique, fut admise sans discussion, mais le tracé de celle de l'ouest posa plus de problèmes : tout le monde était d'accord pour qu'elle suive la ligne des fleuves Oder-Neisse... sauf qu'il existe deux Neisse en Pologne !

Staline, qui voulait un État polonais suffisamment grand pour faire tampon avec les pays occidentaux, tenait à ce que la Neisse occidentale serve de frontière, tandis que Churchill et Roosevelt optaient, eux, pour la Neisse orientale. Aucun compromis ne fut trouvé à Yalta, même si par la suite la proposition de Staline devait s'imposer. Celui-ci fit par ailleurs preuve de bonne volonté envers les dirigeants impérialistes en acceptant d'intégrer au gouvernement pro-soviétique de Pologne des membres du gouvernement en exil de Londres.

Les modifications de frontières décidées à Yalta allaient obliger des millions d'habitants à quitter les lieux où ils vivaient depuis parfois des générations. Les Allemands en particulier étaient chassés de tous les territoires de la zone d'occupation soviétique, en dehors de ce qui allait devenir la RDA. Ces déplacements de populations se firent dans des conditions dramatiques, au cours de l'hiver 1945-46. Mais pour Churchill c'était « la solution la plus satisfaisante ». « Je ne vois pas, disait-il cyniquement deux mois plus tôt, pourquoi il n'y aurait pas de place pour la population allemande de Prusse-Orientale et des autres territoires. Après tout, six ou sept millions d'Allemands sont morts durant cette guerre effroyable dans laquelle ils ont plongé toute l'Europe » !

Concernant la guerre en Extrême-Orient, en contrepartie de la promesse que l'URSS récupérerait des territoires perdus dans la guerre russo-japonaise de 1905, Staline s'engagea à déclarer la guerre au Japon dans les trois mois suivant la défaite de l'Allemagne, ce qu'il fit en août 1945... après la destruction d'Hiroshima et de Nagasaki par la bombe atomique.

Il fut aussi beaucoup question de « démocratie » et de la nécessité d'établir, « dès que possible, par des élections libres, des gouvernements qui soient l'expression de la volonté des peuples » dans les pays libérés, mais sans aucune précision sur ce « possible ».

La conférence de Yalta n'était qu'une étape dans les discussions menées entre les représentants des trois pays vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale. Mais elle officialisait la collaboration entre les États impérialistes et l'URSS stalinienne pour empêcher toute révolution et se partager la tâche du maintien de l'ordre existant, à l'échelle de la planète.

Marianne LAMIRAL
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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 09:24

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L’annonce de la candidature d’Ilhem Moussaïd a précipité une tourmente médiatique. Il ne s’agit pas évidemment ici de confondre, de quelque façon que ce soit, les charges violentes d’une grande partie de la classe politique avec les arguments qu’échangent militantes et militants du NPA, du mouvement social et féministe.

Sans surprise, l’affaire autour d’Ilhem a révélé les incompétences ou le manque d’objectivité de certains médias. Quand une radio de grande audience annonce que le NPA a fait le choix de présenter aux élections une « intégriste musulmane portant la burqa », on n’est plus dans l’info mais bien dans l’intox. Quoique l’on pense de sa candidature, il vaut mieux partir de la réalité. Ilhem porte un foulard et pas une burqa. Elle marque sa croyance religieuse, mais elle proclame son accord avec les principes fondateurs du NPA basés sur l’anticapitalisme, l’antiracisme, le féministe et la laïcité. Rien à voir avec l’intégrisme.


Les mêmes savent faire preuve de plus de nuance en faisant la différence entre Gaillot et Benoît XVI quand il s’agit des cathos.


Relayée par exemple par un Mélenchon mal inspiré, la thèse du « coup politique » a connu un certain succès. En réalité, la direction du NPA a été obligée de gérer dans l’urgence le contre-coup d’une secousse dont l’épicentre est localisé dans le Vaucluse. C’est le Figaro, relayé par tous les médias, qui a fait le choix de braquer les projecteurs sur une de nos 2000 candidat-e-s.


Les porte flingue de Sarkozy n’y sont pas allés de main morte. Ne concevant la communication politique que comme de la manipulation, Xavier Bertrand y a logiquement vu... la manip chez Olivier Besancenot. Nadine Morano a dénoncé « un coup médiatique contre les valeurs de la République ». Valeurs de la République auxquelles elle attribue tout de même un sens particulier quand tout récemment elle exhortait les « musulmans à enlever leur casquette », participant d’un climat islamophobe et raciste détestable. Le gouvernement est un expert en manipulations de toutes sortes. Le débat nauséabond sur l’identité nationale dont l’un des buts est de faire oublier le chômage, les licenciements, la crise écologique en est un exemple.


Pas de problème en revanche quand le chef de la meute, à la fois président de la République et chanoine de Latran, reçoit le Pape en grande pompe et lui tombe dans les bras ou quand il se signe en public dans le cadre d’un voyage officiel. Pas de problème non plus quand la très bigote et homophobe Boutin brandit la Bible à l’Assemblée nationale.


PS et PCF ne sont pas en reste. La socialiste Aurélie Filipetti nous invite à relire Marx. Ce ne serait pas mal qu’elle ne se contente pas de le feuilleter mais qu’elle le lise entièrement, ce qui lui permettrait de comprendre à la fois les causes profondes de la crise majeure du capitalisme et l’insipidité des réponses du PS.


Il faut par ailleurs rendre à Marx, ce qui est à Marx. Très utilisée, la citation « la religion est l’opium du peuple » est tronquée. En réalité, celui-ci disait : « La détresse religieuse est, pour une part, l’expression de la détresse réelle et, pour une autre, la protestation contre la détresse réelle. La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans cœur, comme elle est l’esprit de conditions sociales d’où l’esprit est exclu. Elle est l’opium du peuple. (...) L’abolition de la religion en tant que bonheur illusoire du peuple est l’exigence que formule son bonheur réel. Exiger qu’il renonce aux illusions sur sa situation c’est exiger qu’il renonce à une situation qui a besoin d’illusions ». On voit que l’idée est un brin plus sophistiquée.


Mais sur la question de la laïcité, on croit rêver ! N’est-ce pas le Parti socialiste qui a subventionné main dans la main avec le droite à coups de millions d’euros les écoles privées confessionnelles, notamment catholiques ? Faussement désintéressé, Pierre Laurent, le futur numéro 1 du PCF a déclaré ne pas vouloir se « mêler des affaires internes du NPA », mais pour ajouter immédiatement que les féministes de notre parti « ont sans doute dû être désarçonnées par ce type d’utilisation ».


Peut être faut-il y voir la marque de l’expérience quand on sait qu’à Échirolles (Isère) siège, pour le compte du PCF, une élue portant le foulard. Quant à Martine Aubry, elle ferait bien elle aussi d’être plus prudente car à Échirolles, il s’agit d’une majorité municipale d’union de la gauche et à Creil (Oise), c’est une élue socialiste qui est concernée. Vont-il demander leur démission ?
Au bout du compte, nous prenons la mesure de l’ensemble de ces attaques sans toutefois nous vivre comme une citadelle assiégée. Le NPA y fait face ensemble, tout en assumant un débat approfondi, aussi nécessaire que public.


Fred Borras

 

Besancenot. «Le NPA n'a pas de leçon à recevoir»

11 février 2010



Porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste, Olivier Besancenot est engagé dans un combat difficile, aussi bien en Ile-de-France, où il mène la liste du NPA, qu'au plan national.



Comprenez-vous le tollé déclenché, jusque dans les rangs du NPA, par la désignation d'une candidate qui porte le voile musulman?


Je comprends le débat. À l'occasion de notre prochain congrès, nous traiterons des questions du féminisme et de l'islamophobie. Mais nous n'acceptons pas les leçons d'une partie de la classe politique qui cherche à redorer son blason, alors qu'ils n'ont aucune leçon à nous donner. Dans toutes les régions, ce sont eux qui déversent des sommes faramineuses, l'argent de nos impôts, pour financer des écoles en grande majorité catholiques. La vraie laïcité consisterait à ce que l'argent public finance les seules écoles publiques. Sur ce terrain-là, nous n'avons de leçon à recevoir de personne. On assiste à une tentative d'instrumentalisation d'une candidate NPA sur 2.000 pour chercher à faire de notre parti une victime collatérale du débat sur l'identité nationale.

Le NPA sera présent dans 21régions. Vous présentez des listes autonomes dans onze régions. Dans les autres, vous êtes alliés tantôt à d'autres formations de la gauche radicale ou au Front de gauche. Où est la cohérence?


La cohérence, c'est que nous offrons partout la possibilité à ceux qui combattent la droite mais qui ne se reconnaissent pas dans les bilans des régions, de voter le plus à gauche possible. Nous souhaitons que les régions ne basculent pas dans le camp de la droite. En même temps, nous portons un regard critique sur ce qui a été accompli dans les 20 régions dirigées par le PS depuis 2004.

Quels sont vos objectifs en Bretagne?


Nous espérons mener en Bretagne une campagne dynamique. Notre liste, qui va au-delà des militants du NPA, montre que nous pouvons fédérer et rassembler afin de donner un prolongement politique aux luttes sociales comme celle de la SBFM.

Aucun sondage national ne vous crédite d'un score supérieur à 5% (la barre qui permet d'obtenir des élus dans les prochaines assemblées régionales). Est-ce le signe que le NPA peine à trouver son public?


Le seul sondage qui comptera, c'est celui qui sortira des urnes. À celles et ceux qui nous trouvent utiles et efficaces au quotidien, nous proposons de disposer demain de délégués du personnel, de vigies citoyennes au sein des assemblées régionales; ne serait-ce que pour exiger la nécessaire transparence à propos de l'utilisation des deniers publics. C'est quelque chose d'extrêmement important, et si nous parvenons à mettre un pied dans les instances régionales, ce sera vachement plus facile de le faire.

 

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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 09:18

mardi 9 février 2010 (13h24)


Depuis plusieurs mois, des autocollants des "Jeunesses identitaires", tags et affiches xénophobes pullulent dans le Tregor (nord Bretagne). En novembre dernier, la boutique d’un petit commerçant (kebab) a été barbouillée de graffitis nauséabonds à Guingamp.


A proximité une inscription "zone identitaire" a été relevée.

Il s’agit donc d’une campagne de haine orchestrée par un même groupe d’extrême-droite : les "Jeunesses Identitaires".


Qui sont-ils ?


En 2002 était dissous le groupe "Unité Radicale", dont l’un des sympathisants avait tiré à la carabine sur Jacques Chirac, alors président.

Deux des dirigeants de ce groupe, Fabrice Robert et Guillaume Luyt, ont par la suite participé à la création du "Bloc identitaire", auquel sont liées les "Jeunesses identitaires". Certains "identitaires" sont passés par le Front national de Jean-Marie Le Pen et par le MNR de Bruno Mégret.


Mêlant des thématiques anticapitalistes et anticonsuméristes à une mise en avant des cultures locales et de l’écologie, les membres de cette mouvance se retrouvent surtout autour du racisme, particulièrement celui dirigé vers les arabes.


Leur objectif est de s’implanter localement : pour ce faire, ils ont acquis une propriété sur la commune de Guerlesquin qui leur sert de base d’activités. L’acheteur, Philippe Millau, a été porte-parole du MNR pour la Bretagne.

Réagissons !


Nous ne pouvons accepter que des inscriptions, affiches et autocollants racistes défigurent les routes et les villes du Tregor, ni que l’attachement légitime à la culture bretonne soit instrumentalisé pour une logique de haine.

La politique de l’Etat français consistant à lier les thèmes de l’identité et immigration n’est peut-être pas pour rien dans cette affaire : les opinions racistes s’expriment de plus en plus librement.


Certaines affiches malsaines restant longtemps en place, nous avons décidé de réagir par une action d’élimination de leur propagande.

Dans le Trégor comme ailleurs, à bas le racisme !


DISUJ ! - CBIL

Coordination pour une Bretagne Indépendante et Libertaire


Plus d’images : http://www.cbil.lautre.net/

Article dans le ouest-torch :

http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Les-Bretonnants-cachent-des-ecrits-racistes_42314-1254569-pere-tous_filDMA.Htm



 
Disuj - CBIL
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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 09:00

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Les salariés de la fonderie de Bretagne (ex-SBFM) implantée à Caudan ont ressorti les banderoles syndicales cet après-midi.

 


Réunis en assemblée générale, par le délégué CGT Pierre Le Ménahès, ils ont décidé de débrayer entre 15 h et 16 h, à l’issue de la réunion. Toute l’équipe de jour, environ 120 personnes, a pris part au mouvement. Motif du mécontentement : l’annonce de la direction de geler les embauches et les salaires au moins jusqu’en 2012. Actuellement, l’effectif de la fonderie, reprise en octobre, par le groupe automobile Renault est passé sous la barre des 500 salariés.


Selon Pierre Le Ménahès, d’ici deux ans, si les départs en retraite liés au plan amiante ne sont pas remplacés, ils seront moins de 400. Selon lui, les bonnes conditions pour la production de pièces automobiles ne sont plus réunies à la fonderie.


Des assemblées générales sont encore prévues ce soir, pour les équipes de nuit, et demain matin. Elles pourraient également déboucher sur des débrayages.


Source : http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Caudan.-Premier-debrayage-depuis-la-reprise-a-la-fonderie-de-Bretagne_6346-1259210-fils-tous-Une_filDMA.Htm

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